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 Pourquoi les Somaliens capturent des navires

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Orwelle



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MessageSujet: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Mer 29 Avr - 12:11



Les visées du Pentagone sur l’Afrique
par Abayomi Azikiwe

Après que trois Somaliens ont été exécutés et qu’un quatrième a été blessé, puis capturé dans l’océan Indien, le 12 avril, un chef des prétendus pirates a juré de venger la mort de ces jeunes hommes qui avaient gardé prisonnier durant cinq jours le capitaine américain d’un cargo, le Maersk Alabama.

Le capitaine Richard Phillips avait été relâché dans le même temps que l’armée américaine et les médias traditionnels applaudissaient à la mort des Somaliens, déclarant que ces actions étaient amplement justifiées. Le Maersk Alabama n’a jamais été capturé par les Somaliens, même si le capitaine est resté aux mains des pirates durant cinq jours. Le capitaine n’a pas subi les moindres sévices durant ces cinq jours et, plus tard, le navire a accosté au port kenyan de Mombasa, dans l’est de l’Afrique.

Le 13 avril, depuis la ville côtière d’Eyl, Abdi Garad, un porte-parole du groupe de Somaliens qui a tenté de s’emparer du navire danois de 17.000 tonnes, le Maersk Alabama, à quelque 450 kilomètres de la côte, déclarait à l’Agence France Presse (AFP) :

« Les menteurs américains ont tué nos amis après qu’ils eurent accepté de libérer l’otage sans rançon. Mais je vous dis que cette affaire va entraîner des représailles et que nous allons traquer tout particulièrement les citoyens américains qui se trouveront dans nos eaux territoriales. »
Et Garad de poursuivre :

« Nous intensifierons nos attaques bien au-delà même des eaux territoriales de la Somalie et, la prochaine fois  que nous attraperons
des citoyens américains (…), qu’ils n’espèrent pas la moindre pitié de notre part. »

Garad prétendait qu’après avoir laissé tomber la demande de rançon, les Somaliens avaient demandé que le capitaine Phillips fût transporté sur un navire grec appartenant au groupe.

Jamac Habeb, un Somalien de 30 ans résidant à Eyl, déclarait dans Inside Somalia, le 13 avril : « Dès maintenant, si nous capturons des navires étrangers et que leurs pays respectifs tentent de nous attaquer, nous tuerons nos otages. Les forces américaines sont devenues notre ennemi numéro un. »

Un autre Somalien, Abdulahi Lami, disait dans le même article que les pirates ne se laisseraient pas intimider par les actions militaires américaines dans l’océan Indien. « Chaque pays sera traité de la façon dont il nous traite. À l’avenir, ce sera l’Amérique qui va pleurer et se lamenter. Nous allons exercer des représailles pour la mort de nos hommes. »

Selon les rapports officiels émis par l’armée américaines, des snipers (tireurs d’élite) postés sur le vaisseau de guerre USS Bainbridge ont tué trois Somaliens après avoir suivi de leurs mouvements durant plusieurs jours. On dit que le plan prévoyant de tuer les Somaliens avait été approuvé par le président Barack Obama.

La marine de guerre américaine a prétendu que les snipers ont fait feu sur les Somaliens au moment où la vie de Phillips a été mise en danger. « Ils pointaient des AK-47 sur le capitaine », a déclaré le vice-amiral William Gortney, qui dirige le commandement central de la marine américaine. Sa déclaration, faite lors d’un briefing du Pentagone au Bahreïn, a été rapportée par Al Jazeera le13 avril.

Toutefois, cette version des événements a été remise en question par les Somaliens qui soutiennent les captures de navires. Ils prétendent que les trois jeunes hommes ont été tués après avoir accepté de débloquer l’impasse et de libérer Phillips. Cette opération a eu lieu deux jours seulement après que des opérations similaires eurent été menées par les commandos militaires français*, lesquels ont pris d’assaut un yacht capturé par des Somaliens, opération qui s’était soldée par la mort d’un des otages français.

Mohammed Adow, un correspondant travaillant pour Al Jazeera, déclarait dans le même rapport : « On dit que les forces américaines ont attaqué la canot de sauvetage au moment où les pirates s’attendaient à un échange diplomatique (…) et qu’ils ont capturé le dernier pirate sur un de leurs navires se trouvant dans ces eaux. »

Lors d’autres faits qui ont contribué à accroître les tensions dans la région, deux hélicoptères américains ont survolé à très faible altitude les installations portuaires du port de Harardhere, dans le nord-est de la Somalie, le 12 avril. L’armée américaine prétend que cette zone constitue une base pour les opérations de piraterie menée contre des navires se déplaçant dans le golfe d’Aden.
Des résidents locaux de la zone ont cru que les hélicoptères américains voulaient effectuer un raid aérien sur le port. Selon un journaliste somalien, « les pêcheurs ont décidé de ne pas pêcher ce matin-là, à cause des hélicoptères ; ils avaient peur ». (Inside Somalia, 13 avril)


Ce qui se cache derrière l’escalade de la « piraterie »

Ces derniers mois, des pirates somaliens ont prétendu que des sociétés européennes déchargeaient des déchets toxiques au large de la côte de la Corne de l’Afrique. Un navire ukrainien qui avait été capturé, puis relâché par les Somaliens avait reçu plusieurs millions de dollars en paiement de la part de ses propriétaires, de l’argent dont on dit qu’il a été utilisé pour nettoyer les saletés qui ont été larguées dans la zone.

Dans une déclaration rapportée par Al Jazeera le 11 octobre, Januna Ali Jama, un porte-parole des pirates somaliens, a affirmé que la rançon acquise a servi de moyen « pour réagir aux déchets toxiques qui ont été continuellement largués sur le littoral du pays depuis presque 20 ans. »
Jama, qui vit dans la région semi-autonome de Puntland, poursuivait : « La côte somalienne a été détruite et nous croyons que cet argent n’est rien, comparé à la dévastation que nous avons vue sur les mers. »

Dans le sillage du tsunami de la fin 2004, des preuves se mirent à apparaître, confirmant de telles activités de largage illégal dans la région. Le Programme des Nations unies pour l’environnement rapporta que le tsunami avait rejeté de vieux fûts rouillés contenant des déchets sur les rivages du Puntland, qui faisait officiellement partie de la Somalie avant l’effondrement, en 1991, du gouvernement de  Mohammad Siad Barre soutenu par les Occidentaux.

Dans le même article déjà cité, un porte-parole du PNUE, Nick Nuttall, informa Al  Jazeera que c’est lorsque les barils rouillés furent ouverts par le force des vagues que les déversements, qui duraient depuis de nombreuses années, furent révélés.

« La Somalie a été utilisée comme décharge pour des déversements dangereux qui ont débuté au début des années 1990 et se sont poursuivis tout au long de la guerre civile qui a frappé ce pays. Les compagnies européennes estimaient que c’était très bon marché de se débarrasser des déchets au prix ridicule de 2,50 dollars la tonne, alors que les dépôts de déchets en Europe réclament des montants de l’ordre de 1000 dollars la tonne », déclara Nuttall.

Nuttall poursuivait en disant qu’il y avait « bien des sortes différentes » de déchets. « Il y a les déchets radioactifs d’uranium. Il y a le plomb et des métaux lourds comme le cadmium et le mercure. Il y a également des déchets industriels et des déchets d’hôpitaux, des déchets chimiques, et la liste est encore longue. »

Depuis que les conteneurs ont atteint le littoral, il y a eu une augmentation considérable de diverses maladies parmi la population, notamment des symptômes tels des saignements oraux et abdominaux, des infections cutanées et autres maladies.

« Nous [le PNUE] avons prévu de sortir une déclaration scientifique circonstanciée et fouillée sur l’ampleur du problème. Mais, en raison des
niveaux élevés d’insécurité sur les côtes et dans les eaux somaliennes, nous sommes incapables de sortir une déclaration adéquate
à propos de l’ampleur du problème »
, poursuivait Nuttall. Néanmoins, Ould-Abdallah a déclaré que la pratique de déversage illégal de déchets toxiques se poursuivait dans la région. « Ce qui est plus alarmant encore, ici, c’est qu’on y déverse également des déchets nucléaires. Les déchets d’uranium radioactif sont à même de causer la mort de ressortissants somaliens et de détruire complètement l’océan. »

Mohammed Gure, président du Somalia Concerned Group, a déclaré dans le même article publié par Al Jazeera que l’impact social et environnemental de ces déversements de déchets toxiques se fera sentir durant des décennies.
« La côte somalienne faisait vivre des centaines de milliers de personnes pour qui elle représentait une source de nourriture et un gagne-pain en général. Aujourd’hui, une grande partie en est presque détruite, principalement de la faute de ces prétendus ministres qui ont vendu leur nation en vue de se remplir purement et simplement les poches. »

D’autres facteurs impliqués dans l’exploitation de la Somalie ont trait au fait que la voie maritime du golfe d’Aden voit passer des milliards de dollars de marchandises chaque semaine. Pratiquement rien de ces fonds n’est utilisé au profit du peuple somalien, qui souffre toujours du sous-développement résultant de l’ingérence américaine dans ses affaires internes.

L’administration Bush a financé et organisé une invasion du pays par l’Éthiopie, pays allié à l’Occident, en décembre 2006. En raison d’une résistance opiniâtre, l’armée éthiopienne s’est retirée du pays en janvier 2009. La formation d’un nouveau gouvernement de coalition n’est pas parvenue à incorporer au régime tous les diverses groupements politiques somaliens.

Par conséquent, des troupes ougandaises et burundaises continuent à stationner dans  la capitale, Mogadishu, sous l’égide de l’African Union Mission to Somalia (AMISOM – Mission de l’Union africaine en Somalie). Le principal groupe de résistance, Al-Shabab, continue à réclamer le retrait des troupes de l’Union africaine avant d’accepter d’entrer dans le gouvernement de coalition dirigé par le président Sheikh Sharif Ahmed.

Le nouveau gouvernement à Mogadishu, approuvé par les États-Unis, a applaudi à l’opération lancée contre les pirates somaliens le 12 avril. « Nous sommes très heureux de cette action et de son résultat », a déclaré le ministre des Affaires étrangères Mohamad Abdullahi Omaar. « Je ne suis pas surpris, et personne ne le sera, des actions du gouvernement américain en vue de sauver ses citoyens et d’assurer leur sécurité », a-t-il déclaré à l’adresse de l’agence Reuters, le 13 avril.

Il faut s’opposer à la présence accrue de l’armée américaine

Des rapports récents émanant de la Maison-Blanche indiquent que l’administration Obama est divisée à propos de la façon d’appliquer sa politique étrangère dans la Corne de l’Afrique. Certains éléments veulent une approche plus diplomatique du problème de la piraterie ainsi qu’un effort concerté pour amener davantage de nations européennes et asiatiques à patrouiller dans les eaux du golfe d’Aden et dans l’océan Indien.

Toutefois, d’autres conseillers de la Maison-Blanche veulent une implication plus directe de l’armée américaine sur le territoire de la Somalie et au large de ses côtes. L’incident récent avec le Maersk Alabama a activé l’envoi de navires de guerre supplémentaires dans la région de l’océan Indien (Washington Post, 12 avril).

Selon les chiffres révélés par le Bureau maritime international, au moins une douzaine de cargos et plus de 200 membres d’équipage sont aux mains des pirates somaliens dans la région. Dans un même temps, les combats en territoire somalien se poursuivent entre les combattants de la résistance d’Al-Shabab et les forces de l’AMISOM forces, lesquelles opèrent de concert avec les troupes loyales au nouveau gouvernement de coalition de Mogadishu.

Le 13 avril, Garowe Radio rapportait que trois personnes avaient été tuées en deux jours à la suite de tirs de mortier dans la capitale Mogadishu. « Des rebelles supposés ont tiré au moins dix obus de mortier sur le port principal de la capitale somalienne Mogadishu, le 11 avril. »
Le rapport faisait également remarquer :

« Les rebelles islamistes ont juré de faire la guerre contre le gouvernement intérimaire du pays de la Corne de l’Afrique. Des témoins et des travailleurs du principal port de mer de Mogadishu ont déclaré que les troupes du maintien de la paix de l’AMISOM avaient bloqué les routes à proximité du port et qu’elles avaient pénétré dans les quartiers voisins au moment de l’accostage d’un navire. »
Le rapport poursuivait :

« Il y avait beaucoup de soldats de l’AMISOM dans notre secteur (…) au sommet des bâtiments et ils ne nous ont pas autorisés à quitter nos habitations, a déclaré un témoin. Les travailleurs portuaires ont déclaré que le navire avait déchargé du matériel militaire lourd, y compris des véhicules, et que ce matériel a ensuite été acheminé vers les bases de l’AMISOM à Mogadishu. »

En s’appuyant sur ces rapports et sur l’orchestration par l’administration américaine de l’élimination des trois Somaliens, il est d’une importance vitale que les forces pacifistes et anti-impérialistes des États-Unis insistent sur le fait qu’une plus grande implication militaire américaine dans la région ne créera pas une situation politique plus stable en Somalie et dans la Corne de l’Afrique.

En fait, l’histoire l’a prouvé, le rôle de l’impérialisme américain dans la Corne de l’Afrique a créé une instabilité et un sous-développement plus importants encore dans la région. C’est suite à la politique de l’administration Bush à l’égard de la Somalie qu’est apparue la pire des crises humanitaires que connaît aujourd’hui le continent africain.
Au cours de la période actuelle, les forces progressistes doivent exiger une suppression du militarisme dans la Corne de l’Afrique et insister sur le droit à l’autodétermination de la région ainsi qu’à des réparations pour les peuples de la Somalie et de la Corne de l’Afrique dans son ensemble.

13 avril 2009
Traduit par Jean-Marie Flémal pour Investig'Action.
Source: Workers

www.michelcollon.info/index.php?view=article&catid=6%3Aarticles&id=2020%3Apourquoi-les-somaliens-capturent-des-navires&option=com_content&Itemid=11

*Affaire du Tanit :  le président de la République a donné son feu vert à l'assaut
www.rue89.com/2009/04/24/affaire-du-tanit-letrange-silence-du-gouvernement  

19 oct 2013
Des éléments d'une brigade de la Big Red One (la 1er DI) s'entraînent actuellement au Kansas pour ses prochains déploiements africains.
http://lignesdedefense.blogs.ouest-france.fr/archive/2013/10/19/la-1ere-division-d-infanterie-s-entraine-pour-l-afrique-1047.html

La stratégie du Pentagone dans le monde (carte)
http://geocedille.files.wordpress.com/2011/09/new_map_l.jpg
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Mer 13 Mai - 16:57



Pirates somaliens : la France nage dans l'illégalité totale

Au cours de plusieurs expéditions successives menées par les forces françaises opérant dans le cadre de l'opération Atalante, ou sur mission spécifique du gouvernement, les marins et les commandos français ont intercepté une vingtaine de pirates, qui sont actuellement incarcérés en France, dans les prisons de Rennes et de Fresnes.

Ils sont emprisonnés, alors qu'aucune loi ne leur est vraiment applicable !

En vertu de la loi de 1825, seuls les tribunaux maritimes seraient compétents. Mais ces institutions ont été supprimées.

En clair, aucun texte ne permet de traiter les pirates et la piraterie. On ne peut pas tirer sur les embarcations montées par les pirates, on ne peut pas les arrêter ni les retenir. Comme on n'est pas en état de guerre avec la Somalie, on n'a pas le droit d'effectuer des tirs sur des véhicules ou des personnes circulant sur la terre ferme.
Or les marins et les commandos français ont :

1. tiré sur des embarcations hors des cas de légitime défense ;
2. tiré sur des véhicules circulant sur la terre ferme ;
3. retenus prisonniers les pirates qui ont été transférés en France.


[...] Une loi sur la « force de mer » devrait régler toutes ces questions. Vaste programme. En attendant, pour le moment la situation des pirates interceptés relève de la plus complète illégalité. Plus exactement d'une totale absence de légalité, ce qui n'est pas mieux.

www.rue89.com/philippe-madelin/2009/05/11/pirates-somaliens-la-france-nage-dans-lillegalite-totale
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Lun 19 Oct - 8:46



"Abdullah Hassan, 39 ans, dirige le groupe des « gardes-côtes » depuis trois ans.
Ancien pêcheur, il gagne aujourd’hui 350 000 dollars par an.
De quoi mettre sa famille à l’abri du besoin
et réinvestir dans du matériel plus sophistiqué."
(le Figaro)

Qui, dites-moi, qui écume et pille la mer au large de la côte est de l'Afrique ?
Qui transforme de modestes pêcheurs en "dangereux" combattants ?
Qui fournit des armes à ces "guerriers" malgré eux ?

On affame le pêcheur, on le pousse à se révolter, à passer à la criminalité,
on lui fournit les armes, le plus souvent à crédit parce que, à terme, cela rapportera plus
-une Kalachnikov à 200$ coutera finalement au Somalien 270 280$-

Lors des combats, on évite de faire des victimes ;
bien au contraire on relâche les prisonniers le plus vite possible
ou on les remet aux "autorités" somaliennes (ce qui revient au même)
afin que le circuit soit de nouveau alimenté.
Il faut bien justifier l'accroissement du budget du sieur Morin.
C'est amusant la bataille navale
surtout quand les forces en présence sont bien équilibrées.

Vous pouvez lire la relation des exploits de
"nos marins courageusement engagés dans une lutte implacable contre les terroristes"
dans le Figaro.

http://mopopopo.canalblog.com/archives/2009/10/12/15377350.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Dim 20 Fév - 21:51


Somalie : « pirates » ou pêcheurs en lutte ?

Moins souvent évoquées par la presse des pays du Nord que les mésaventures des otages, les conditions de vie des « pirates » somaliens et de leurs concitoyens rèvèlent qu’ils sont avant tout des pêcheurs en lutte contre le pillage occidental de la pêche et la décharge de déchets toxiques. Dans cet article retenu par le Projet Censuré 2010, la réalité des conséquences du chaos politique persistant en Somalie n’apparaît pas seulement sous l’aspect de la piraterie : en effet même l’ONU y fait depuis longtemps preuve de négligence quant aux traités en vigueur sur les déchets toxiques.

La communauté internationale a condamné avec force les pirates-pêcheurs somaliens et leur a déclaré la guerre, tout en dissimulant derrière un voile de discrétion les opérations des flottes qui se consacrent à la pêche illégale non déclarée et non réglementée.

Ces flottes en provenance du monde entier pratiquent la pêche furtive et déchargent des déchets toxiques dans les eaux somaliennes depuis la chute du gouvernement de ce pays, il y a dix-huit ans.
Lorsque le gouvernement somalien s’effondra, en 1991, les intérêts étrangers saisirent l’occasion pour entreprendre le pillage des richesses alimentaires marines de la nation et faire de ses eaux échappant à toute surveillance la décharge des déchets nucléaires et toxiques.

[…] Les bateaux IUU puisent chaque année dans les eaux somaliennes des fruits de mer et des poissons pour une valeur globale de 450 millions de dollars : ils privent ainsi la population somalienne, l’une des plus pauvres du monde, d’une source inestimable de protéines et ruinent les pêcheurs, privés de leur gagne-pain. […]

Le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE) a signalé que le tsunami [en 2004] a poussé des conteneurs oxydés, pleins de déchets toxiques, jusqu’aux terres du Puntland, dans le nord de la Somalie. « Les déchets sont de natures diverses : on y trouve des résidus radioactifs d’uranium, pour l’essentiel, mais aussi du plomb, des métaux lourds comme le cadmium et le mercure, ainsi que des déchets industriels, hospitaliers et chimiques : de tout ! »

Nuttall précise que depuis que les conteneurs ont échoué sur des plages, des centaines d’habitants de la côte sont tombés malades, souffrant d’hémorragies abdominales et buccales et d’infections de la peau, entre autres maladies. « Ce qu’il y a de plus alarmant, ce sont les déchets nucléaires.
Les résidus radioactifs d’uranium menacent les Somaliens de mort et détruisent totalement l’océan »

Ahmedou Ould-Abdallah, envoyé de l’ONU pour la Somalie, assure que dans les faits, le pétrole a contribué à la guerre civile qui dure depuis dix-huit ans dans ce pays, car pour décharger leurs déchets, les compagnies paient les ministres du gouvernement et / ou les leaders des milices.
[...]

L’ONU a trahi ses propres principes et fait la sourde oreille aux demandes somaliennes et internationales pour mettre un terme à la dévastation ininterrompue des ressources marines somaliennes et à la décharge de déchets toxiques.

Tel est le contexte dans lequel ont surgi ceux qu’on a appelés les « pirates »

On s’accorde à dire que dans un premier temps, ce sont de simples pêcheurs somaliens qui ont pris leur canot à moteur pour tenter de dissuader les incursions de bateaux qui déchargeaient leurs déchets et pêchaient à la traîne, ou au moins leur faire payer un « impôt ». Ils s’étaient eux-mêmes donnés le titre de « Gardes-côtes volontaires de Somalie »

Un des leaders des pirates, Sugule Ali, a expliqué pour sa part qu’il se proposait de « mettre fin à la pêche illégale et au largage de déchets dans nos eaux…
«Nous ne nous considérons pas comme des bandits de la mer. Nous considérons que les bandits, ce sont eux, ceux qui pêchent, déversent des déchets illégalement et portent des armes dans nos eaux nationales. » […]

Jeffrey St. Clair
www.voltairenet.org/article167002.html

Voir ce documentaire (en langue anglaise) sur les déchets toxiques jetés en Somalie par les compagnies maritimes italiennes. Deux journalistes de la péninsule enquêtant sur ces trafics dans ce pays africain furent assassinés à Mogadiscio.
www.youtube.com/watch?v=-lM7VCIuCXI cyclops
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MessageSujet: Re: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Jeu 24 Fév - 16:51


49 migrants somaliens morts dans le naufrage de leur embarcation

Quarante-neuf migrants somaliens qui tentaient de gagner le Yémen ont péri dans le naufrage de leur embarcation dans le Golfe d'Aden, a indiqué le ministère de l'Intérieur, alors que l'ONU affirmait jeudi que trente corps avaient été repêchés.

Selon un communiqué du ministère yéménite, l'accident s'est produit mardi au large de la province de Chabwa (sud) et l'un des rescapés qui a pu gagner la côte à la nage a alerté les autorités.

Un responsable du Haut-Commissariat des Nations unies pour les réfugiés (HCR) à Aden, qui a requis l'anonymat, a indiqué à l'AFP que 30 corps avaient été repêchés et que les recherches d'éventuels survivants se poursuivaient.

Selon ce responsable, le rescapé a affirmé que 55 personnes se trouvaient à bord du bateau des Somaliens qui tentaient de gagner clandestinement le Yémen.

Le naufrage, qui s'est produit à quatre milles de la côte, était probablement dû à «de forts vents qui soufflaient et ont fait chavirer l'embarcation», d'après le ministère.

Chaque année, des dizaines de milliers d'Éthiopiens et de Somaliens fuient leur pays en proie aux violences ou aux difficultés économiques pour tenter de se rendre en bateau au Yémen, où ils espèrent trouver une vie meilleure.

Beaucoup d'entre eux meurent à bord d'embarcations en mauvais état et souvent bondées.

Début janvier, les garde-côtes yéménites avaient retrouvé les corps de 28 migrants africains qui tentaient de gagner clandestinement le Yémen.

Selon le Haut-Commissariat de l'ONU pour les réfugiés, le nombre de personnes fuyant l'instabilité dans la Corne de l'Afrique en direction du Yémen a augmenté de 50% en 2009, atteignant le nombre record de 74.000, en empruntant la voie migratoire «la plus intensément utilisée et la plus meurtrière au monde».
ww.liberation.fr/monde/01012321948-49-migrants-somaliens-morts-dans-le-naufrage-de-leur-embarcation

Une grande carte
http://q.liberation.fr/photo/id/250341
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MessageSujet: Re: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Lun 16 Avr - 13:25


Somalie, poubelle toxique et nucléaire
(CC: Français, English, Portuguese, Dutch, Greek, Italian)
www.youtube.com/watch?v=3tmmXURFNVY&feature=share cyclops

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MessageSujet: Re: Pourquoi les Somaliens capturent des navires   Sam 19 Oct - 1:36



Tanit : les trois pirates somaliens condamnés à 9 ans de prison

Aaccusés d'avoir pris en otages les occupants du voilier Tanit au large de la Somalie en 2009, trois Somaliens ont été condamnés vendredi 18 octobre 2013 à neuf dans de prison ferme chacun, après deux 2h30 de délibérations.

Mohamed Mahamoud, Abdelkader Osmane Ali et Mahamoud  Abdi Mohamed, âgés de 26 à 31 ans, ont été reconnus coupables de détournement  de navire par violence ou menace, arrestation, enlèvement, séquestration ou  détention arbitraire de plusieurs personnes dont un mineur de moins de 15 ans, commis en bande organisée.

Les peines sont identiques pour les trois accusés, comme l'avait demandé l'avocat général, Brigitte Ernoult-Cabot.  L'un des trois pirates comparaissait pourtant libre.

Parti de Vannes (Morbihan) en février 2009 pour un voyage à but humanitaire, le voilier Tanit se trouvait à 900 km des côtes somaliennes avec Florent Lemaçon, son épouse Chloé, leur fils de trois ans et demi et deux autres équipiers à son bord, lorsqu'il a été abordé par un groupe de cinq pirates somaliens.

Deux d'entre eux ont été tués lors de l'assaut des forces françaises, qualifié "d'opération hasardeuse" par l'avocat de la famille, qui a dénoncé le délai d'un an avant que la justice française ne reconnaisse officiellement que la balle ayant tué le skipper avait été tirée par un membre du commando.

Se disant anciens éleveurs nomades ou pêcheurs, poussés par la misère vers les agglomérations où ils ont rencontré les commanditaires d'actes de piraterie, les trois accusés, Mohamed Mahamoud, Abdelkader Osmane Ali et Mahamoud Abdi Mohamed se sont présentés comme de simples exécutants.
Ils ont tous les trois exprimé des regrets sur l'issue tragique de la prise d'otages. L'un d'eux a expliqué qu'il était parti en mer arme à la main comme s'il allait "braquer une banque".
http://lci.tf1.fr/france/justice/tanit-les-trois-pirates-somaliens-condamnes-a-9-ans-de-prison-8294670.html

"SURVIVRE"
Les trois Somaliens, Mohamed Mahamoud, Abdelkader Osmane Ali et Mahamoud Abdi Mohamed, âgés de 26 à 31 ans, se sont présentés comme des "exécutants", des jeunes désœuvrés, affamés, qui ont cédé à la tentation d'une vie plus facile. Ils ont expliqué, aidés tant bien que mal par les traducteurs tout au long du procès, s'être sentis "redevables" envers l'homme qui les avait recrutés après leur avoir offert nourriture, qat ou encore vêtements. Ce suspect n'a pas été extradé.

"Ce qu'ils veulent, ce n'est même pas vivre, c'est survivre", a affirmé dans sa plaidoirie l'avocat Me Fabian Lahaie, qui rappelle qu'à son arrivée en France, son client, qui mesure 1,80 mètre, pesait 40 kg.

Les avocats de Mohamed Mahamoud et Abdelkader Osmane Ali ont aussi plaidé que lors d'une première intervention des commandos français, leurs clients avaient lâché leurs armes et levé les bras, et qu'ils étaient prêts à se rendre – ce qu'ont confirmé les ex-otages.
http://www.lemonde.fr/societe/article/2013/10/18/proces-du-tanit-les-pirates-somaliens-condamnes-a-neuf-ans-de-prison_3499380_3224.html
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Pourquoi les Somaliens capturent des navires
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