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 Main basse sur les retraites

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Orwelle



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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Ven 10 Sep - 16:14


Retraites, un trésor impensé
www.monde-diplomatique.fr/2010/09/FRIOT/19637


Pourquoi nos « élites » ignorent-elles que le PIB double en 40 ans ?
www.legrandsoir.info/Retraites-Pourquoi-nos-elites-ignorent-elles-que-le-PIB-double-en-40-ans.html



À partir des retraites, imaginer un salaire à vie

Dans « Le Monde diplomatique » de septembre, le sociologue Bernard Friot affirme que la logique actuelle du système de retraite, loin d’être obsolète, comme on voudrait le faire croire, mériterait au contraire d’être étendue, et permet d’imaginer une société où le travail serait libéré à la fois du marché de l’emploi et de l’emprise de la finance. Il détaille ici sa proposition. [extraits]

1. Le débat sur la nature de la pension : revenu différé ou salaire continué ?

Dans le champ du travail, les réformateurs européens s’inspirent davantage des pays scandinaves que des pays anglo-saxons, peut-être parce que leur modèle est plus apte à sauver la mise d’un capitalisme en crise.

C’est ici qu’il importe de sortir de l’opposition binaire entre répartition et capitalisation. Ceux qui s’opposent à la promotion de la capitalisation en « défendant la répartition » pensent que la répartition est l’alternative à la capitalisation. C’est oublier qu’il y a des formes contradictoires de régimes en répartition, et que la répartition peut être la condition de la capitalisation. Il faut donc se garder d’une opposition à la réforme qui serait menée « en défense de la répartition » sans préciser laquelle ! Répartir, c’est une technique : on transforme immédiatement des contributions en prestations, sans passer par l’épargne. Ce contenant peut avoir des significations très différentes selon son contenu, et c’est pourquoi la question centrale est : que répartit-on ? Sont en conflit aujourd’hui le salaire et le revenu.

L’enjeu actuel des réformateurs est de passer du salaire continué, qui est la réalité de la plupart des systèmes de pension en Europe, au revenu différé, qui caractérise les réformes italienne et suédoise des dernières années. On est toujours en répartition, mais elle a complètement changé de sens. Voyons comment s’exprime cette contradiction aujourd’hui entre :
— la pension comme revenu différé : « J’ai cotisé, j’ai droit (à récupérer mes cotisations passées par le biais des cotisations actuelles des actifs) » et
— la pension comme salaire continué : « J’ai une qualification, j’ai droit (au salaire à vie) ».

Soit (revenu différé) c’est la solidarité entre générations qui est au cœur des représentations de la retraite. L’emploi, le marché du travail, sont les seules institutions légitimes pour transformer les activités en travail.

Soit (salaire continué) le retraité est enfin titulaire de sa qualification, exprimée dans le caractère irrévocable de son salaire. Il n’a plus besoin de passer par l’emploi pour travailler, le salaire à vie est l’institution qui abolit le marché du travail et convertit les activités utiles en travail.

Les 13% du PIB affectés aux pensions correspondent à la valeur attribuée au travail des pensionnés. Ce qui distingue un retraité d’un employé, ce n’est pas la génération (selon une naturalisation de la caractéristique biographique qu’est l’âge, comme le fait le capitalisme pour le genre, la nationalité, etc.), c’est le fait que le retraité travaille parce qu’il a un salaire à vie, alors que l’employé travaille parce qu’il a un emploi. Alors que le discours générationnel invente un rapport social imaginaire dans de dramatiques distinctions entre salariés, le salaire continué met à nu le rapport social capitaliste en le subvertissant et en montrant que l’emploi et la propriété lucrative peuvent être dépassés par le salaire universel.

On ne le répétera jamais assez : les réformateurs poursuivent un projet politique sous couvert d’impératifs gestionnaires, et c’est sur les enjeux politiques de la réforme que la controverse doit porter, à condition de voir ce qu’a de révolutionnaire le déjà-là de la pension comme salaire continué.

2. En quoi le salaire à vie se différencie-t-il du projet de revenu minimum garanti ?
guerre des mots

Poser le salaire comme un revenu a été une entreprise fondamentale des économistes, classiques et plus encore néo-classiques.

droit de propriété lucrative
Accumuler des titres financiers me donne le droit de ponctionner, sous forme de monnaie, le produit d’une partie du travail d’autrui.

L’abolition ou le renforcement de ce droit est au cœur de la contradiction entre salaire et revenu. Car la naturalisation de ce rapport social particulièrement violent qu’est la propriété lucrative repose, depuis l’invention de l’économie politique et plus particulièrement depuis sa dérive en science économique, sur l’assimilation du salaire à un revenu

mettre travail et capital sur le même plan et de naturaliser le droit de propriété lucrative en lisant toute ressource comme ce que l’on tire d’un capital lors d’un échange marchand.

Marx a fait une critique décisive de cette saga des économistes en posant le salaire comme le prix de la force de travail et le profit comme l’extraction de la survaleur non pas sur un marché mais lors de la production

Le revenu minimum garanti s’inscrit dans cette représentation aliénée.
il ne s’agit pas d’un droit salarial
Il s’agit au contraire d’un droit au revenu minimum
Loin d’être amoindri comme le prétendent ceux qui estiment que le premier chèque donnera un pouvoir de négociation face aux employeurs, le marché du travail sera renforcé par cette allocation forfaitaire qui fera partie, avec le droit individuel à la formation, le droit à un régime complémentaire de santé et le droit au reclassement, de la panoplie des « droits portables » que les travailleurs transporteront avec eux de job en job, panoplie flexicuritaire qu’esquisse le catastrophique accord de janvier 2008 dit « de modernisation du marché du travail ».

Le salaire universel l’est au double sens de pour tous (chacun, de sa première entrée dans un collectif de travail à sa mort, a droit à une qualification et au salaire irrévocable qui va avec) et pour tout (l’investissement est financé par une part socialisée du salaire, ponctionnée sur la valeur ajoutée par une cotisation économique). Il se substitue au marché du travail et au droit de propriété lucrative. C’est un droit politique qui récuse l’imposture du capital comme acteur économique et qui qualifie les personnes, les posant comme les seules productrices et faisant des producteurs des acteurs politiques. Le salaire universel donne au travail la charge politique que le capitalisme lui refuse.
http://blog.mondediplo.net/2010-09-08-A-partir-des-retraites-imaginer-un-salaire-a-vie


UTOPIA
Le mouvement Utopia réfléchit depuis longtemps à la centralité de la valeur travail et à la question du revenu universel.
Mouvement politique, UTOPIA porte ses idées, au Parti Socialiste, chez les Verts, au Parti de Gauche et plus largement, dans l'espace public, en France et dans le monde.
www.mouvementutopia.org/blog/

Appel pour le revenu de vie
http://appelpourlerevenudevie.org/

« L'utopie ne signifie pas l'irréalisable, mais l'irréalisé. L'utopie d'hier peut devenir la réalité » Théodore Monod
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Ven 24 Sep - 21:19



Retraites : une réforme tout bénef... pour les assureurs !

En toute discrétion, pendant l'été, plusieurs députés ont déposé quelques subtils amendements à la nouvelle loi sur les retraites. Objectif : généraliser la retraite par capitalisation. Et tant pis si l'exemple américain vire au cauchemar.

Ce n'est un secret pour personne. Les pensions des retraités baissent. Et elles continueront de baisser. Encore et encore. A tel point qu'Aviva, sixième assureur mondial, affirme que les 27 pays de l'UE devront trouver 1.900 milliards d'euros pour assurer une "retraite décente" à ses citoyens qui prendront leur retraite entre 2011 et 2051. Dont 243 milliards pour la France. Ainsi, Aviva estime que le Français moyen devra épargner 8 000 euros par an pour compléter sa retraite future. Une aubaine pour les assureurs...

Amendements à buts très lucratifs

Un journaliste du site miroirsocial.com s'est penché sur le texte de la nouvelle loi sur les retraites. Et devinez ce qu'il y a trouvé : quelques discrets amendements, déposés sans tambour ni trompette, destinés à développer les "plans d'épargne collectifs pour la retraite" (PERCO) et les "plans d'épargne-retraite populaire" (PERP). Créés par Fillon en 2003, ces fonds de pension investis en Bourse sont abondés par le salarié, selon ses moyens, et son employeur, selon sa volonté. Avec en général une contrepartie : le gel des salaires. Et donc une baisse des cotisations du régime général, comme le souligne le Canard Enchainé de cette semaine. Une façon discrète de transférer des fonds du système par répartition vers la capitalisation individuelle...

Modernité, quand tu nous tiens...

Jusqu'à présent, les PERCO étaient réservés aux grandes entreprises. Un amendement propose de les généraliser aux PME. Un autre suggère d'y affecter la moitié des sommes versées au titre de la participation. Un troisième demande aux entreprises offrant une retraite chapeau à leurs dirigeants de créer systématiquement un PERCO à destination de leurs salariés. Et enfin, un dernier propose à ceux qui n'auraient pu profiter de leurs RTT de les reverser sur un fonds d'épargne retraite. Bref, tout est fait pour que la retraite par capitalisation se généralise, alors qu'elle restait jusqu'à présent une exception.

Un Sarkozy peut en cacher un autre

En 2009, les plans de capitalisation représentaient près de 10 milliards d'euros de cotisations, sur les 230 versés au régime général. C'est peu, mais déjà beaucoup pour un produit aussi jeune. Et les nouvelles mesures ne manqueront pas d'accélérer encore le mouvement. Une catastrophe, pour les salariés. Une opportunité, pour les assureurs, qui multiplient les offres d'assurance retraite par capitalisation. Ainsi, le groupe Malakoff-Mederic, dont le PDG, Guillaume Sarkozy, n'est autre que le frère de notre président... s'apprête à lancer son offre PERCO. Ça marche comme ça chez les Sarkozy : Nicolas réduit les montants des pensions de retraite pendant que Guillaume propose des complémentaires aux salariés les plus aisés.

Oncle Sam floué...

Pourtant, la retraite par capitalisation est une catastrophe. Une récente étude universitaire US montre qu'il manque 6.600 milliards de dollars aux Américains pour maintenir leur niveau de vie pendant leur retraite, soit 45% du PIB des Etats-Unis. Excusez du peu ! Les fonds de pension US sont dans une situation financière abracadabrantesque. Ceux des 100 premières entreprises américaines accusent un déficit de 460 milliards de dollars. A ce jour, les retraités américains ne sont pas sûrs de recevoir le fruit de leur épargne. Un exemple de modernité, à suivre de toute urgence...

Napakatbra
24 septembre 2010
www.lesmotsontunsens.com/retraites-tout-benef-pour-les-assureurs-7980

Avec la crise, c'est tout le système de retraites par capitalisation qui vacille
www.lemonde.fr/la-crise-financiere/article/2008/10/29/le-krach-boursier-menace-les-retraites-dans-de-nombreux-pays_1112372_1101386.html

Mais ça appartient à un passé révolu : octobre 2008 !

Comme la titrisation :

«Chaque jour, les banques consentaient un prêt à 10h00 du matin, le revendaient à 17h00 le soir, prenaient la commission, le déstockaient, le mettaient dans ce qu'on appelle un SPV et mutualisaient ce mauvais risque.» Lors de l’émission de TV «Face à la crise», le 5 février 2009, Nicolas Sarkozy n’avait, à l’époque, pas de mots assez durs pour vilipender cette technique considérée comme le détonateur de la crise financière.

Pourtant le gouvernement a donné son feu vert à la multiplication des opérations de titrisation. Alors que cette technique financière a été l'un des détonateurs de la crise, les banques ont réussi à obtenir la titrisation de leur créances nées des Partenariats public privé. Un mélange explosif.

La loi «régulation bancaire et financière» (sic, ça ne s’invente pas), votée en juin 2010, prévoit ainsi la création des «Sociétés de financement à l’habitat», structure titrisant les créances immobilières des banques.
www.marianne2.fr/Avec-la-titrisation-a-la-francaise,-Madelin-veut-contourner-Maastricht_a195782.html

Capital et crise : haro sur les retraites
www.mondialisme.org/spip.php?article1465
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Mer 29 Sep - 16:55



Entre 440 et 530 millions d'euros
La réforme des retraites coûtera cher à l'Unedic


La réforme des retraites aura un coût compris entre 440 et 530 millions d'euros pour l'assurance chômage, révèle le quotidien économique La Tribune. Le journal s'appuie sur une étude interne de l'Unedic calculant l'impact de la réforme et du recul de l'âge de départ à la retraite (62 ans en âge légal, 67 ans avec des taux pleins) sur les comptes de l'organisme gérant les allocations chômage au sein de Pôle emploi.

[…] personnes âgées de 60 ans. Ces personnes devront, après la mise en place de la réforme, attendre normalement deux années de plus pour toucher leur retraite – soit deux années supplémentaires d'allocations en cas de chômage.

UNE FACTURE QUI GRIMPE VITE

En cas de taux d'emploi inchangé (il est de 17 % en moyenne pour la tranche d'âge 60-64 ans), la facture de l'Unedic pourrait vite grimper. Le scénario prévoit un impact net pour l'assurance chômage qui s'élèvera à 230 millions d'euros en 2015, 480 millions en 2016, avant de se "stabiliser" à 530 millions d'euros à partir de 2017. […]

La publication de ce document interne apportera des arguments aux opposants à la réforme des retraites, pour qui l'emploi des seniors est la première priorité. Elle intervient également alors que doivent débuter, en novembre, les négociations entre les syndicats et le patronat concernant une nouvelle convention d'assurance chômage. Elle doit remplacer le système actuel d'indemnisation des chômeurs, qui arrive à son terme en mars 2011.
www.lemonde.fr/societe/article/2010/09/28/la-reforme-des-retraites-coutera-cher-a-l-unedic_1416837_3224.html

Le nouveau président de l'UNEDIC ne veut pas de vieux dans sa petite entreprise !

En pleine période de grève sur les retraites, Laurence Parisot demande, à tort et de travers, de reculer l'âge légal de départ à la retraite pour tout le monde à 63 ans et demi, malgré un taux d'inactivité des 55-64 ans de plus de 60%. Et l'on apprend que le nouveau président de l'UNEDIC n'emploie aucun senior dans sa société. Les hasards et les coïncidences...

Pas logique, mais compréhensible. Car le gouvernement a clairement laissé entendre que, l'UNEDIC étant maintenant bénéficiaire en raison de la baisse du nombre de chômeurs indemnisés, il serait bientôt possible de récupérer le bénéfice de l'Union pour financer le déficit de la caisse des retraites. Ce qui ne plait pas du tout au MEDEF, qui ne tient pas à voir s'échapper le pactole, comme le souligne Marianne. D'où cette annonce tonitruante de Laurence Parisot, qui souhaite sincèrement - n'en doutons pas - aider le gouvernement à réhabiliter la valeur "travail" en rallongeant la durée de cotisation. Et tant pis si la collectivité y perd. Tant pis si les ouvriers arrivent à l'heure de la retraite physiquement et moralement anéantis. Tant pis... Pourvu que l'argent reste entre de bonnes mains !

Parce que l'emploi des seniors... Moins de 40% des 55-64 ans occupent un emploi, 50% des gens sont au chômage dès 58,5 ans, et tous les voyants sont au rouge. Selon les dernières enquêtes de la DARES, seulement un patron sur deux est prêt à embaucher un senior, même s'il éprouve des difficultés à embaucher. Certes le "CDD seniors" devait régler le problème, mais seulement 20 malheureux contrats avaient été signés fin 2007, depuis sa mise en place en août 2006 ! […]

Geoffroy Roux de Bézieux, patron de Virgin Mobile et nouveau patron de l'Unedic, n'emploie que très peu de seniors... aucun en fait, pour être précis, zéro ! […]

24 mai 2008
www.lesmotsontunsens.com/roux-de-bezieux-le-nouveau-president-de-l-unedic-ne-veut-pas-de-seniors-dans-sa-petite-entreprise


Le nombre de chômeurs indemnisés a augmenté de 12,8% en un an

Pôle Emploi dénombre 2.572.900 chômeurs indemnisés en France. Le nombre de personnes en formation ou en reconversion indemnisées a bondi de 36,1% sur un an.
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20100406.OBS1987/le-nombre-de-chomeurs-indemnises-a-augmente-de-12-8-en-un-an.html
www.impots-utiles.com/l-unedic-table-sur-plus-de-300000-chomeurs-supplementaires-cette-annee.php


Les agents débordés de Pôle emploi manifestent leur colère
www.lafusionpourlesnuls.com/article-32620419-6.html
http://cgtanpe77.unblog.fr/tag/fusion-anpeassedic
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Ven 8 Oct - 23:42


Gérard Larcher, président du Sénat

Retraites : le Sénat vote le report de l'âge légal de 60 à 62 ans
L'article 5 a été adopté par 186 voix contre 153.

Le report de 60 à 62 ans de l'âge légal de départ à la retraite a été définitivement adopté vendredi 8 octobre 2010 par le vote au Sénat de cette mesure phare de la réforme des retraites.

Par 186 voix contre 153, le Sénat a voté l'article 5 du projet de réforme des retraites, sans le modifier par rapport à la version adoptée par l'Assemblée nationale en septembre, rendant ce vote définitif.

Dénonçant la fin de la retraite à 60 ans instituée en 1982 par François Mitterrand, les sénateurs de gauche ont appelé à une forte mobilisation mardi lors de la journée d'action syndicale.

«Lorsque nous sommes arrivés au pouvoir, nous avons tout de suite proposé la retraite à 60 ans. Cela a été un immense espoir. De toutes les revendications ouvrières, cela a été la plus importante. Cela restera dans l'histoire sociale de la France», avait plaidé pendant le débat le sénateur PS Pierre Mauroy, Premier ministre de François Mitterrand en 1982.
www.liberation.fr/societe/01012295193-retraites-le-senat-vote-le-report-de-l-age-legal-de-60-a-62-ans

À l’automne 1983, l’âge légal de la retraite vient de descendre à 60 ans.

Les préretraites se multiplient, façon de masquer le chômage. Et dans les enquêtes d’opinion, une majorité de Français parient encore sur un nouvel abaissement... à 55 ans !
Alors, que faire pour balayer cet optimisme – et faire entrer les retraites dans l’ère libérale ?
les lobbys patronaux partent fleur au fusil : l’Institut de l’Entreprise recommande, en 1985, une « retraite à la carte » plutôt qu’une « retraite couperet » [...]

Une manne pour la Bourse
C’est qu’en cette décennie 80, la Finance triomphe. Il faut que les retraites passent également sous sa coupe. Edouard Balladur, alors ministre de l’Économie et des Privatisations, s’y emploie, en 1987, avec son Plan Epargne Retraite [...]

-36 % pour les pensions
En 1993, Edouard Balladur – le mentor de Nicolas Sarkozy – revient à la charge, comme Premier ministre cette fois : durant l’été, les salariés du privé passent de 37 ans et demi de cotisations à 40. La pension n’est plus calculée sur les dix meilleures années, mais sur les vingt-cinq. Et son montant ne suit plus l’évolution des salaires, mais des prix. Des mesures qui, d’après les économistes de l’IRES, produisent une diminution des retraites de 36 %. Autant que les salariés combleront – s’ils le peuvent – grâce à leurs banquiers et leurs assureurs…

Voilà les retraites partiellement « privatisées ».

Une fois créée cette division, cette inégalité entre public et privé, les gouvernements plaideront avec constance pour « aligner » les modes de calcul… sur le moins favorable aux travailleurs : plan Juppé en 1995, réforme Fillon en 2003, régimes spéciaux en 2008. Et aujourd’hui, rebelote : Nicolas Sarkozy veut à nouveau reculer l’âge de la retraite. Pas franchement pour que les salariés travaillent plus longtemps : il faudrait des emplois, pour ça. Mais de quoi faire baisser le montant des pensions. Et ouvrir un peu plus le marché aux assurances privées...

Habillage de gauche
Contre les retraites, c’est la droite qui a porté les coups les plus durs. Mais loin de rompre avec la logique balladurienne, les socialistes l’ont confortée – et habillée. En 1989, Pierre Bérégovoy transforme ainsi le PER en PEP - Plan d’Epargne Populaire - et se déclare « pour la retraite par capitalisation ». En 1997, de même, Dominique Strauss-Kahn, alors ministre de l’Economie, préparera des « fonds de pension à la française » - rebaptisés « fonds partenariaux ». « Partenaire » et « populaire » : en deux adjectifs, le capitalisme devient « solidaire »…
www.fakirpresse.info/articles/349/les-retraites.html

Cette réforme [Balladur], opérée au cœur de l’été sans aucun débat national, n’a pas seulement allongé la durée des cotisations de 37,5 à 40 annuités. Elle a surtout sérieusement dégradé les pensions en changeant leurs méthodes de calcul. Résultat : de 1994 à 2010, le taux de remplacement du dernier salaire par la première pension du régime général a été réduit de 12 points, selon le premier rapport du Conseil d’orientation des retraites.
http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2010/01/26/sarkozy-plus-cest-gros-plus-ca-passe-suite/

« A la fin des soupes que nous faisons pour les gens à la rue, qui voyons-nous arriver ? note Patrick Dugoix, délégué général d’Emmaüs. Des personnes âgées qui viennent récupérer la fin de la soupe pour manger. Ça, ça n’existait plus. Avec la réforme des retraites Balladur en 95, qui produit ses effets quinze ans plus tard, la pauvreté des personnes âgées est en train de remonter. »

«La seule chose que je n’accepterai pas, c’est qu’on abaisse le niveau des pensions. Elles sont trop basses.» Sarkozy, janvier 2010.
http://dechiffrages.blog.lemonde.fr/2010/02/17/indecente-dramatisation-de-la-question-des-retraites/

Les niches fiscales et sociales pour les entreprises coûtent 172 milliards d'euros à l'État
www.20minutes.fr/article/606035/economie-les-niches-fiscales-sociales-entreprises-coutent-172-milliards-euros-etat
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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Ven 15 Oct - 5:46


Guillaume Sarkozy, futur bénéficiaire de la réforme des retraites ?

Selon Médiapart, le frère du président vise le pactole du marché de la retraite complémentaire privée. Et prépare pour cela une alliance avec des acteurs semi-publics.

Le site d'information Médiapart affirme jeudi 14 octobre que la réforme des retraites pourrait favoriser les intérêts du groupe Malakoff Médéric, dont le délégué général n'est autre que Guillaume Sarkozy, le frère du chef de l'Etat.

Selon Médiapart, la réforme "va conduire à l'asphyxie financière des grands régimes par répartition" et sera donc "propice à l'éclosion de ces grands fonds de pension qui n'étaient pas encore parvenus à s'acclimater en France, à quelques rares exceptions près". Parmi les opérateurs privés d'ores et déjà sur les rangs, figure le groupe Malakoff Médéric.

Des alliés puissants

"Il ne s'agit pas que d'une coïncidence. Mais bien plutôt d'une stratégie concertée en famille", écrit Médiapart, "l'un assèche les régimes par répartition tandis que l'autre pose les fondements du système par capitalisation". Le site ajoute : "Guillaume Sarkozy a engagé son entreprise dans une politique visant à en faire un acteur majeur de la retraite complémentaire privée. Et il a trouvé des alliés autrement plus puissants que lui, en l'occurrence la Caisse des dépôts et consignations (CDC), le bras armé financier de l'État, et sa filiale la Caisse nationale de prévoyance (CNP). Ensemble, tous ces partenaires vont créer, le 1er janvier prochain, une société commune qui rêve de rafler une bonne part du marché qui se profile."

"Cette société n'aurait jamais vu le jour sans l'appui de l'Élysée", écrit Médiapart. En effet, la Caisse des dépôts et consignations est une institution publique présidée par un parlementaire. Pour sa part, la Caisse nationale de prévoyance (CNP) est une filiale de la Caisse des dépôts et consignations, de la Banque postale et du groupe Caisses d'Épargne, lui-même présidé par François Pérol, ancien secrétaire général adjoint de l'Élysée.

En outre, la Caisse des dépôts gère le Fonds de Réserve des Retraites. "Pourquoi la CDC se lance-t-elle dans pareille aventure pour faire le jeu du système adverse, celui par capitalisation ?", demande Médiapart. "Et pourquoi, de surcroît, le faire avec une entreprise dont le patron est le frère du chef de l'État ?"

L'enjeu n'est pas mince. Le marché pourrait représenter "40 à 100 milliards d'euros" : en fonction de l'aspect final de la réforme, les Français connaîtront une baisse plus ou moins considérable du taux de remplacement, c'est-à-dire du montant de la pension rapporté au salaire, et donc se précipiteront sur les systèmes de retraite complémentaire. Médiapart publie notamment un "business plan" confidentiel, qui fixe pour objectif une part de marche de "17%" d'ici dix ans.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101014.OBS1278/guillaume-sarkozy-futur-beneficiaire-de-la-reforme-des-retraites.html
www.mediapart.fr/journal/france/121010/retraite-la-joint-venture-des-freres-sarkozy-contre-les-regimes-par-repartitio


"Tiens revoilà Pérol, l’homme scandaleusement blanchi de l’accusation de prise illégale d’intérêt par Jean-Claude Marin, procureur de Paris. La Sarkozie est un petit monde…
Comme disait Don Corleone, la famille, c’est sacré !"
www.plumedepresse.net/guillaume-sarkozy-veut-faire-main-basse-sur-largent-des-retraites-complementaires/
http://archives.plumedepresse.net/spip.php?article1216
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Orwelle



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MessageSujet: Merci C H I M U L U S   Ven 15 Oct - 9:13


Où est passée la réforme des retraites des parlementaires ?

[…] Face aux mouvements de contestations qui luttent, manif après manif, contre la réforme des retraites appliquée à tous, sauf aux élus, les parlementaires vont-ils se sentir obligés de modifier leur régime ?

Petit rappel : la retraite parlementaire est particulièrement favorable. Ici pas de départ à 65 ou 67 ans. Non. Jusqu'à récemment, le parlementaire pouvait toucher sa retraite dès 55 ans, à 60 ans désormais. Surtout, le député ou le sénateur a l'immense avantage de pouvoir bénéficier du « taux plein » (plus de 5 000 euros) après seulement 22 ans de (double) cotisation.

Mais ce n'est pas tout. L'élu sexagénaire a en effet le droit de toucher sa retraite tout en travaillant à temps plein. On l'a vu récemment avec les ministres les plus âgés du gouvernement Fillon qui cumulaient, jusqu'à ce que le scandale les pousse à y renoncer, leur salaire ministériel (14 000 euros) et leur retraite de député.

Exemple de la petite pension de Jacques Chirac

Avant eux, le président Mitterrand comme le président Chirac cumulaient allègrement leur indemnité de chef d'État avec leurs différentes retraites d'élu. Car non seulement l'ancien parlementaire peut cumuler salaire et retraite, mais il peut aussi cumuler les retraites.

La loi considère que les différentes fonctions électives constituent des activités différentes. Et donnent donc droit à des retraites différentes.

Reprenons donc l'exemple de Jacques Chirac, ancien parlementaire certes, mais aussi ancien conseiller général de Corrèze. Et ancien maire de Paris. Et, bien évidemment, ancien président de la République…

Une petite pension de 15 000 euros TTC à laquelle il faut ajouter sa retraite de haut fonctionnaire (il ne l'a pas été longtemps mais la loi, jusqu'à très récemment, l'autorisait à cotiser même s'il n'exerçait pas son activité) et son salaire de membre du Conseil constitutionnel.

Ajoutons, c'est un détail, que ses retraites d'élu local sont exonérées d'impôt et de CSG.

Des privilèges que, visiblement, l'exécutif paraît peu pressé de faire disparaître. Et que les parlementaires ne semblent pas trouver injustes. La pénibilité de la charge et la précarité de l'emploi sont, sans rire, mis en avant par bien des élus.

Vincent Quivy
www.rue89.com/argent-elus/2010/10/12/ou-est-passee-la-reforme-des-retraites-des-parlementaires-170798

Un rapport financier de l’assemblée nationale datant de 2007, étudié par Bakchich, permet de comprendre le régime de pensions des députés.
Quel est le montant de leurs retraites, mais surtout, d’où proviennent-elles ?
À 12 %, des cotisations des députés, selon le rapport financier, qui met également en avant que le budget de l’assemblée nationale paye 31 % des retraites versées aux députés. Les 57 % restants, soit près de 38 millions d’euros, sont aux frais des cotisations des contribuables. En tout, ce sont plus de 60 millions d’euros qui sont dépensés chaque année pour financer les retraites des députés.
Avec une moyenne de 2 400€ par député en retraite, soit plus du double de la moyenne des travailleurs.
http://latelelibre.fr/index.php/2010/05/la-question-a-debo-10-retraites-des-parlementaires/

1er juillet 1909
"La droite considère que les pouvoirs publics ont mieux à faire que de s’occuper de la vieillesse des ouvriers et préfère que nous fassions des efforts pour les industries et leurs employés actifs. Elle prétend que l’épargne individuelle est plus efficace que ce régime obligatoire que nous mettons en place et qui coûtera cher aux patrons."
Clémenceau
http://ilyaunsiecle.blog.lemonde.fr/2009/07/01/1er-juillet-1909-ce-qui-se-trame-sur-les-retraites/
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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Dim 17 Oct - 23:28



Assemblée nationale
RÉFORME DES RETRAITES - (n° 2770)
AMENDEMENT N° 249 Rect.

présenté par M. de Rugy, M. Yves Cochet, M. Mamère et Mme Poursinoff

« APRÈS L'ARTICLE PREMIER, insérer l'article suivant :
Le Gouvernement présente au Parlement, avant le 31 décembre 2010, un rapport établissant la situation des régimes spécifiques de retraite des membres du Gouvernement et des parlementaires et définissant les conditions d'un alignement rapide et effectif de la situation de leurs régimes spécifiques sur le régime général, visant notamment à un encadrement strict des pensions reversées, tant dans leurs possibilités de cumuls que dans leurs montants. »

Rejeté le 3 septembre 2010
www.assemblee-nationale.fr/13/amendements/2770/277000249.asp

"La réforme des retraites, c'est pour tout le monde [...] "Bien évidemment le système de retraite des parlementaires sera réformé, comme celui des ministres, d'ailleurs [...]. Le monde politique doit être exemplaire et plus exemplaire que le reste de la société"
Éric Woerth, le 28 avril 2010.
http://dai.ly/9W3Lqz cyclops
www.lepost.fr/article/2010/04/29/2053837_ces-retraites-de-ministres-et-de-parlementaires.html

Députés, leur retraite peut bien attendre…
Bakchich TV / 11 novembre
C’est chose faite, la réforme des retraites est parue au Journal Officiel. Pour celle des députés, il faudra être plus patient, elle ne s’appliquera qu’à la prochaine législature, en mai 2012.
www.bakchich.info/Deputes-leur-retraite-peut-bien,12376.html
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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Sam 13 Nov - 2:26


10 novembre 2010
Sarkozy a promulgué la loi sur la réforme des retraites


«Le chef de l’État n’a pas perdu de temps. Mardi, le Conseil constitutionnel validait le texte. Mardi, le président promulguait la loi. Mercredi matin, le Journal officiel publiait les 118 articles. »

Décidément, après les journaux de France 2 muets sur la question, personne ne parle-t-il donc des 13 articles inclus dans le texte, réformant la médecine du travail et rejetés par le Conseil constitutionnel ?

Réaction tonitruante du socialiste Gérard Filoche sur sa page Facebook, sous la forme de trois messages successifs : « Le type du Fouquet’s qui allait chercher des enveloppes chez Bettencourt a promulgué la loi scélérate de pillage des retraites, de nuit », suivi de « c’est la nuit, à la sauvette, que la loi de pillage de 30 ans d’acquis en matière de retraite a été promulguée », et enfin « Jamais la plaie ouverte de ce coup de force anti-démocratique, contre 75% de la population et contre le plus grand mouvement social de l’histoire de ces 40 dernières années, ne se refermera tant que cette loi Sarkozy scélérate de pillage des retraites ne sera pas abrogée et tant que son auteur ne sera pas chassé ».

« Selon l’Insee, un ouvrier non qualifié a aujourd’hui une espérance de vie à 35 ans plus faible de neuf années par rapport à un cadre de la fonction publique, rappelle Carine Fouteau sur Mediapart. La différence est encore plus grande en prenant en compte l’espérance de vie en bonne santé : un cadre de 35 ans peut espérer vivre encore 34 ans sans incapacité, contre 24 ans pour un ouvrier. En un quart de siècle, l’écart entre les deux groupes a augmenté de 16%, notamment sous l’effet, au cours de la période récente, de la hausse des différences de revenus en France, entre les très riches et les très pauvres. » « Les personnes vivant moins longtemps sont en effet plus particulièrement pénalisées par le relèvement progressif de l’âge de la retraite », écrit dans Le Monde Nicolas Marquès (Institut économique Molinari), ce qui conclut parfaitement l’extrait précédent. Mais la réforme des retraites gouvernementale, qui pénalise ainsi les plus modestes et refuse de taxer les revenus de la spéculation et les stock-options (des riches) « est juste », comme s’en félicitait hier soir sur France 2 Madame la marquise Morano.
www.plumedepresse.net/le-kiosque-permanent-de-plumedepresse/
www.mediapart.fr/journal/france/051110/ouvriers-et-cadres-de-moins-en-moins-egaux-devant-la-mort
www.lemonde.fr/idees/chronique/2010/11/02/la-penibilite-un-compromis-bancal_1434107_3232.html

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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Mer 24 Nov - 16:48

Déjà méprisés, les Français financent par leurs impôts une Propaganda Staffel chargée de les tromper.


Réforme des retraites : une com' d'approximations et d'omissions

Garance, Isabelle, José et Jérôme sont les héros de la réforme des retraites. Si vous écoutez la radio, leur histoire est censée vous toucher et vous faire prendre conscience de la justice et de la justesse de la réforme. Décryptage des quatre spots radio de la troisième vague de communication lancée par le gouvernement pour promouvoir la loi promulguée par Nicolas Sarkozy le 10 novembre 2010.

Garance, 58 ans, profitera de la progressivité de la loi

Dans le premier spot, Garance, née en 1952, va prendre sa retraite à 60 ans et se demande ce que la réforme va changer pour elle.

Une jolie voix off rappelle que l'âge légal de départ en retraite est désormais porté à 62 ans. Mais de façon progressive, « au rythme de quatre mois par ans ». Grâce à cette progressivité, Garance pourra donc partir à la retraite à 60 ans et 8 mois. (Écouter le son)

Jusque-là, rien d'anormal. Simple rappel de la loi. Le spot choisit de parler d'une personne qui ne devra pas partir à 62 ans mais à 60 ans et 8 mois grâce à la progressivité.

Pourtant, pour illustrer plus correctement la réforme des retraites, mieux vaut donner l'exemple des cas majoritaires. Ceux qui, après 2018, ne pourront partir qu'à 62 ans en ayant cotisé 41 ans et un trimestre.
Selon un responsable de la CFDT, la voix off s'enthousiasme d'une injustice :

« On s'appuie sur un cas particulier d'une personne qui a 58 ans. Et on ne parle pas des conséquences très injustes pour ceux qui ont commencé à travailler tôt, qui devront cotiser plus longtemps. »

Isabelle, 51 ans, caissière, pourra cesser de travailler à 60 ans

Le deuxième spot est encore plus « contestable » selon les syndicats :

« Isabelle, 51 ans : “Je suis caissière depuis l'âge de 21 ans. À cause de mon travail, j'ai développé des problèmes de santé. Est-ce que ce sera pris en compte pour ma retraite ? ” »

La douce parole gouvernementale assure à Isabelle que la réforme prend en compte les situations de ceux qui ont un travail pénible :

« Elle reconnaît aux salariés atteints d'une incapacité physique de 10% liée à leur travail le droit de partir à la retraite à 60 ans. Isabelle pourra donc partir à la retraite à 60 ans. » (Écouter le son)

On comprend par là que le gouvernement a intégré la pénibilité du travail dans sa réforme. Mais Gérard Rodriguez, conseiller confédéral en charge des retraites à la CGT, relève deux omissions :

« Cette femme n'aura pas automatiquement 10% d'incapacité physique. On peut souffrir au travail et ne pas être considéré comme ayant une incapacité de plus de 10%. Car à 10% d'incapacité, on est déjà sérieusement diminué.

Ensuite, le spot oublie une précision importante. Lorsqu'on se situe entre 10% à 20% d'incapacité, c'est une commission ad hoc qui évalue si l'incapacité est directement liée au travail ou pas. Si ce n'est pas le cas, la personne échappe aux dispositions dérogatoires qui lui permettent de partir à 60 ans. »

Même si une personne a de nombreux problèmes de santé, rien ne dit qu'elle puisse bénéficier du droit de partir à la retraite à 60 ans. Et les conditions d'incapacité seront probablement beaucoup plus rigides.

Selon un responsable de la CFDT, il y a trois conditions à remplir pour qu'une personne bénéficie des conditions d'incapacité :

* une incapacité à 10% doit être établie ;

* la personne doit être exposée à des facteurs de risques professionnels ;

* un lien de causalité entre l'incapacité et les facteurs de risques professionnels doit être établi.

Et il faut ajouter à ça une précision que le spot ne donne pas : les effets de la pénibilité d'un travail peuvent ne pas se caractériser par une maladie effective, mais diminuer tout de même l'espérance de vie d'un travailleur.

Un phénomène particulier risque notamment de se produire, selon Gérard Rodriguez : « On va voir fleurir les incapacités à 9% ou à 19% [au-delà de 20%, la régime d'incapacité est automatique, il n'est pas déterminé par une commission, nldr]. »

José a 42 ans et, « à condition d'avoir suffisamment de trimestres », partira à 60 ans

José, 42 ans, qui a commencé le travail à 17 ans, demande dans le troisième spot quand il pourra partir à la retraite. La réponse se veut plutôt évasive :

« La réforme des retraites prend en compte la situation des salariés ayant commencé à travailler avant 18 ans. Ils pourront continuer de prendre leur retraite à 60 ans, voire avant, à condition d'avoir suffisamment de trimestres. Dans le cas de José qui a commencé à travailler à 17 ans, il pourra prendre sa retraite à 60 ans. » (Écouter le son)

Pour Gérard Rodriguez, le flou réside dans le nombre de trimestres cotisés :

« Aujourd'hui, on ne connaît pas le nombre de trimestres que ceux qui ont commencé tôt à travailler devront valider. Car c'est un décret qui doit le préciser prochainement. Et on peut penser que le nombre de trimestres à cotiser pour les carrières longues sera très élevé. »

Pour la CFDT, une personne qui commence à travailler à 17 ans devra probablement cotiser 43 ans au lieu de 41 ans aujourd'hui.

Le spot passe également sous silence une condition importante : pour partir à 60 ans, le travailleur de 17 ans doit travailler sans interruption jusqu'à sa retraite. Avec un taux de chômage des 15-24 ans de 23% au premier trimestre 2009 selon l'Insee, l'exemple de José risque de se faire rare.
Jérôme, 28 ans, dont un an et demi de chômage : la réforme améliorera sa retraite

Enfin, dans le quatrième spot, Jérôme, 28 ans, s'inquiète car il a été au chômage avant de travailler. La réponse se veut rassurante :

« La réforme des retraites améliore la retraite des personnes qui ont connu des périodes de chômage. Grâce à la réforme, Jérôme ne sera pas pénalisé au moment de la retraite. Sa période de chômage sera entièrement validée. » (Écouter le son)

Selon la CFDT, « cette annonce est tout simplement fausse. On ne peut pas faire croire que la réforme va améliorer la situation de ces personnes ».

C'est là qu'il y a la plus grosse confusion pour Gérard Rodriguez :

« On ne peut pas être au chômage quand on n'a jamais travaillé. Quand on est primo-demandeur d'emploi, on n'est ni un chômeur non-indemnisé (on n'a pas le droit à quatre trimestres validés automatiquement), ni un chômeur indemnisé.

Comment, de ce fait, pouvoir valider des trimestres alors que la loi ne le prévoit pas explicitement pour ces primo-demandeurs d'emploi ? Là-dessus, le gouvernement est très confus. Et cela se retrouve dans le spot. »

Avant, pendant et après le vote de la loi, le gouvernement veut que chaque Français perçoive les bienfaits de cette réforme. Et pour cela, il y met les moyens. Le NouvelObs.com révélait en juillet que la campagne publicitaire du gouvernement sur les retraites a coûté plus de 7 millions d'euros. Combien de temps va encore durer cette campagne ? Le ministère du Travail n'a pas voulu donner suite à nos appels.

David Perrotin
www.rue89.com/2010/11/24/reforme-des-retraites-une-com-dapproximations-et-domissions-177500
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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Mer 1 Déc - 3:30


Didier Zuili

Retraite : la Banque de France bloque la «joint-venture» des frères Sarkozy
Par Laurent Mauduit

Grâce à l'appui discret de l'Élysée, et le renfort de la CNP, société partiellement contrôlée par l'État, Guillaume Sarkozy espérait créer un champion privé de la retraite complémentaire. Selon les informations de Mediapart, il vient toutefois d'essuyer un camouflet : son projet n'a pas reçu l'agrément de la Banque de France. [Extraits]

Voici le message interne communiqué, jeudi, aux salariés de la CNP : « Projet Epargne Retraite : point de situation au 24 novembre 2010 – Au cours de ces derniers mois, notre projet de création d’une société commune d’épargne salariale et d’épargne retraite a franchi bien des obstacles. Sa réalisation est en effet soumise à 19 conditions dites “suspensives”, concernant notamment nos instances réglementaires (Autorité de Contrôle Prudentiel, Autorité des Marchés Financiers, Direction générale de la Concurrence, Trésor, Direction générale des Finances publiques). Nous constatons malheureusement aujourd’hui que l’Autorité de Contrôle Prudentiel n’a pas agréé en l’état le transfert dans la Société commune de certains portefeuilles. La levée des conditions suspensives ne peut donc pas être réalisée avant la fin de l’année 2010. De ce fait, les transferts de portefeuilles et de personnels ne sont désormais plus possibles au 1er janvier 2011. »

L’histoire commence en 2006.

Pour Guillaume Sarkozy, c’est une aubaine. Le voilà soudainement délégué général d’un groupe financier peu connu du grand public mais financièrement puissant et qui compte dans le microcosme du capitalisme parisien. C’est ainsi, au titre de la participation au capital que détient Médéric, que Guillaume Sarkozy fait son entrée en 2008 au conseil de surveillance du groupe Le Monde, conseil qu’il doit quitter, en cet automne 2010, après le bouclage du rachat du quotidien.

C’est à cette époque que prend forme l’idée d’une association entre Médéric et la Caisse des dépôts et consignations (CDC), en vue de créer une « joint-venture », une co-entreprise si l’on préfère, dont l’ambition est de jouer un rôle majeur dans les années à venir sur le marché de la retraite complémentaire.

La CNP a beau être un groupe beaucoup plus puissant que Médéric, le schéma est accepté sans discussion : c’est une joint-venture à 50/50 qui est esquissée. Cette parité a beau préfigurer une gestion paralysante de la nouvelle structure et surtout faire la part belle à Guillaume Sarkozy, elle est au cœur du projet.

La Banque de France refuse son agrément

Par la suite, le schéma initial sera amendé. La CDC ne sera plus impliquée directement dans le projet de joint-venture mais seulement par le biais de la CNP. Mais rien ne semblait plus devoir faire capoter le projet, qui devait entrer en vigueur à compter du 1er janvier 2011, avec à la clef des transferts très importants de personnels vers la société commune.

Quand Mediapart a révélé les détails du projet, l’affaire a fait beaucoup de vagues. Car dans le tumulte de la réforme des retraites, syndicats et opposition ont fait à Nicolas Sarkozy d’innombrables reproches. Tout particulièrement celui de faire porter le poids de l’effort quasi exclusivement au monde du travail et presque pas au capital. Mais, dans le flot des griefs, il en est un qui a été rarement adressé au chef de l’État : celui de vouloir déstabiliser le système de retraite par répartition – l’un des pivots du modèle social français –, et de faire le jeu du système individuel de retraite par capitalisation – l’un des ressorts du capitalisme anglo-saxon.

Or, beaucoup de grands opérateurs privés intervenant dans le domaine de la protection sociale, dont le groupe Malakoff Médéric, sont convaincus que la réforme des retraites, telle qu’elle se dessine, va conduire à l’asphyxie financière des grands régimes par répartition. Et serait propice à l’éclosion de ces grands fonds de pension qui n’étaient pas encore parvenus à s’acclimater en France, à quelques rares exceptions près, comme Prefon, un fonds de capitalisation destiné à la fonction publique.

Le projet est donc venu confirmer le double langage de Nicolas Sarkozy qui, côté cour, a juré son attachement aux régimes par répartition mais qui, côté jardin, a donné son aval à ce projet d’association, impliquant la CNP, une société dont la CDC est le principal actionnaire.

Alors pourquoi les autorités de tutelle ont-elles refusé de donner leur agrément à l’opération ? C’était l’obstacle auquel nul n’avait songé, car dans le capitalisme de connivence français il est rare que l’on contrarie les vœux de l’Élysée. C’est pourtant ce qu’a fait l’Autorité de contrôle prudentiel (ACP), une autorité de contrôle pour ce type d’opérations, qui est placée sous l’autorité de la Banque de France

Le communiqué mis sur l’intranet de la CNP est trop elliptique pour que l’on comprenne la raison de ce refus d’agrément. Compte tenu des actifs transférés dans la société commune, celle-ci ne présente-t-elle pas toutes les garanties de solidité financière pour jouer le rôle auquel elle prétend dans ce domaine de la retraite complémentaire ? Et si le dossier a été mal ficelé, qui en porte la responsabilité : la direction de la CNP, Guillaume Sarkozy ? Mediapart a interrogé de nombreux acteurs de ce dossier mais le silence est de rigueur. Impossible de savoir si l’affaire est enterrée ou simplement différée.

www.mediapart.fr/journal/france/251110/retraite-la-banque-de-france-bloque-la-joint-venture-des-freres-sarkozy
http://siteinfosecusante.free.fr/spip.php?article1390


LES FRERES SARKOZY ET SEVRIENA
Sevriena, filiale commune de Malakoff Médéric et de CNP Assurances.
http://dutron.wordpress.com/2010/10/28/bataille-des-retraites-freres-sarkozy-sevriena-calcul-d%E2%80%99un-enfant-de-sixieme-position-de-la-vieille-gauche-et-decroissance/
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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Jeu 30 Déc - 0:35


Guillaume Sarkozy : encore un échec !
Malgré les appuis dont il dispose, le patron du groupe Malakoff Médéric, Guillaume Sarkozy, vient d'essuyer un nouvel échec : la Caisse nationale de prévoyance renonce à créer avec lui une société commune dans le domaine de la retraite complémentaire.
www.mediapart.fr/journal/france/181210/guillaume-sarkozy-encore-un-echec

Retraites complémentaires : le projet de Guillaume Sarkozy enterré
Solidité financière insuffisante

Le projet a d'abord été suspendu par l'Autorité de contrôle prudentiel, une autorité de régulation sous la tutelle de la Banque de France en raison d'une solidité financière insuffisante. La CNP a ensuite décidé d'enterrer le projet. Un tract de la CFDT de la Caisse nationale de prévoyance indique : "Suite à la décision du conseil d'administration de la CNP, l'ambitieux projet se retrouve réduit à une équipe d'une vingtaine de personnes chargées de mener un test du marché retraite pendant 18 mois. Les réseaux CNP Trésor et Médéric Conseil vendront une nouvelle gamme aux PME. En fonction des résultats du test sera prise la décision ou non de création début 2013 d'une entreprise joint-venture commune."
http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20101220.OBS5028/retraites-complementaires-le-projet-de-guillaume-sarkozy-enterre.html

Retraite : CNP Assurances et Malakoff Médéric poursuivent leurs travaux

Les deux groupes ont fait savoir lundi qu'ils n'avaient pas abandonné leur partenariat dans le domaine de l'épargne retraite, malgré l'impossibilité de le faire dans les délais prévus.

Le site «Mediapart» croyait savoir lundi que le projet avait et «purement et simplement enterré» par la CNP. En réponse, les deux groupes affirment qu'ils «ont décidé de poursuivre ce partenariat dont l'intérêt stratégique demeure».

La CNP et Malakoff indiquent qu'ils vont s'atteler à trois chantiers opérationnels : la conception d'une nouvelle gamme de produits et services destinés aux salariés des entreprises et distribués sous une marque commune ; l'élaboration d'un système d'information unique dans le domaine de l'épargne retraite ; le rapprochement de leurs activités épargne salariale. Ils prévoient de faire «un premier bilan opérationnel courant 2012».
www.lesechos.fr/entreprises-secteurs/finance-marches/actu/0201018611164-retraite-cnp-assurances-et-malakoff-mederic-poursuivent-leurs-travaux.htm

Le projet CNP – Malakoff Médéric sous une nouvelle forme

Mediapart ne se trompait pas forcément, puisque le projet ne devrait plus être une société commune détenue à 50-50 par les deux entités, mais un « partenariat commercial classique » comme l’écrit l’Agefi dans son édition du 21 décembre.

CNP Assurances et Malakoff Médéric ont prévu de « procéder rapidement à la réalisation de trois chantiers » faisant suite à la décision des conseils d’administration des deux groupes « de poursuivre ce partenariat dont l’intérêt stratégique demeure ».
Selon l’Agefi qui cite une source syndicale, Guillaume Sarkozy, aurait expliqué aux salariés le 17 décembre dernier que le projet de coentreprise pourrait être présenté au conseil d’administration le en juin 2012, pour un lancement en janvier 2013.
http://pro.news-assurances.com/blog/partenariat-le-projet-cnp-%E2%80%93-malakoff-mederic-sous-une-nouvelle-forme/0169173972
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MessageSujet: Re: Main basse sur les retraites   Jeu 17 Nov - 10:00


L’erreur funeste de la retraite à 60 ans : le menteur Sarkozy plombé par les archives
[Vidéo]

[…] Lors de son discours sur la fraude sociale, mardi [15 novembre 2011], le chef de l’État a affecté l’air catastrophé qu’il aime à prendre quand il parle de l’incurie de ses prédécesseurs : «Deux décisions qui ont été prises ont eu des conséquences catastrophiques sur la compétitivité de la France. La première c’est celle du début des années 1980, quand on a fait croire aux Français que l’on pouvait passer l'âge de la retraite de 65 ans à 60 ans. On a menti aux Français. Tout le monde le savait et cette décision a été prise en niant les réalités.»

[…] on a envie de se repasser ce savoureux débat de 1993 entre Nicolas Sarkozy et DSK, où le futur Président ne dit rien de tel puisqu'il affirme d'abord que son parti, le RPR, n’a «pas l’intention, bien sûr, de remettre en cause la retraite à 60 ans» (3’55’’), mais surtout que lui personnellement, a voté pour : «J’ai voté pour le RMI et pour la retraite à 60 ans, que les choses soient claires» (5’40’’).

Ce qui est d’autant plus amusant que Sarkozy n’a été élu député qu’en... 1988, soit cinq ans après l’ordonnance du 26 mars 1982 fixant l’âge légal de la retraite à 60 ans. Et qu'il n'a donc rien voté du tout.

http://desintox.blogs.liberation.fr/blog/2011/11/lerreur-funeste-de-la-retraite-%C3%A0-60-ans-sarkozy-plomb%C3%A9-par-les-archives.html
www.youtube.com/watch?v=hJL7ZtZ-RIs

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