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 La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale

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Orwelle



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MessageSujet: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Dim 30 Aoû - 12:24


Gustave Doré, Gargantua enfant

Capital humain

"Capital humain constitue un oxymore saugrenu imposé par cette novlangue contemporaine qu’est le discours néolibéral. Comme si le capital, ce monstre froid, cette accumulation de travail mort, qui ne doit de survivre qu’au fait de vampiriser en permanence le travail vivant, tandis qu’il voue quelques milliards d’individus à la pauvreté et au chômage, pouvait avoir quoi que ce soit d’humain ! Les économistes, les gestionnaires, les hommes politiques, mais aussi les simples quidams qui osent user de cette expression disent en fait toute l’inhumanité d’une conception du monde dans laquelle tout et tous doivent mesurer leur existence à l’aune de la seule valeur importante et à laquelle il faut se soumettre : la valeur marchande."
Alain Bihr, professeur de sociologie à l’université de Franche-Comté, auteur de La Novlangue néolibérale. La rhétorique du fétichisme économique

La novlangue néolibérale

Résumé
Le discours néolibéral colonise actuellement les scènes médiatiques et politiques. Pour entendre la vérité en l'écoutant, il suffit d'en inverser les termes. Chacun d'entre eux apparaît alors soit comme un mot-valise qui passe son contraire en contrebande, soit comme un mot-écran qui fait obstacle à l'usage de son contraire, soit même comme les deux à la fois.

Le discours néolibéral se révèle ainsi un nouvel avatar de cette perversion discursive pour laquelle Orwell a créé le néologisme de novlangue, quand il a entrepris de représenter l'univers totalitaire dans son célèbre roman 1984. Polémiquer contre ce discours n'implique pas cependant de sacrifier la rigueur de l'analyse. Au contraire, l'arme de la critique n'est jamais aussi acérée et ne fait jamais autant de mal à l'ennemi que lorsqu'elle recourt au concept.

En renouant avec la critique marxienne du fétichisme économique, dont la fécondité théorique est ici une nouvelle fois illustrée, il est possible de mettre en évidence l'essence religieuse de ce discours. Ce dernier n'hésite pas à proposer d'immenses sacrifices humains pour assurer la survie de la marchandise, de l'argent, du capital, du marché, de la société civile, de l'Etat, de la propriété privée, etc., autant de rapports sociaux réifiés et déifiés devant lesquels il se prosterne comme devant autant d'idoles barbares.




Petite VIDEO de présentation par Alain Birh.

La rhétorique néo-libérale fait dire aux mots le contraire de ce qu'ils veulent dire, notamment les mots liberté, égalité, individualité, propriété, libéralisation, mondialisation, réforme.

Pour ce faire, elle utilise deux procédés :
1. L'inversion du sens.
Le mot est perverti. L'égalité, c'est l'inégalité : le maintien, le renforcement et la reproduction des inégalités sociales.

2. L'obstruction au maniement d'autres concepts.
On parle de la dette publique, des caisses qui sont vides. Mais le crédit public n'est jamais mentionné.

Or s'il y a dette, il y a forcément créancier.
La créance néo-libérale est un mécanisme par lequel des gens échappant à l'imposition avancent sous forme de prêts à l'Etat les impôts que cet Etat s'est interdit à lui-même de prélever.

Cette rhétorique néo-libérale est en rapport avec un contenu de pensée : ce que Marx appelait le fétichisme économique. L'économie capitaliste est un monde religieux, dont les divinités sont des rapports sociaux réifiés (et déifiés). Réifiés parce qu'ils prennent la forme de choses : l'argent, la marchandise, le capital. Des choses créées par les hommes, mais autonomisées par rapport aux hommes au point qu'elles leur apparaissent comme des choses surhumaines, et même surnaturelles, auxquelles des sacrifices humains doivent être rendus. Les hommes eux-mêmes doivent se sacrifier. C'est le coeur de la critique marxienne. Les hommes en sont arrivés à devoir se sacrifier à leurs propres oeuvres.

La rhétorique néo-libérale, dans cette procédure d'inversion de sens et d'occultation de sens, est le discours qui opère de manière à légitimer totalement ce fétichisme économique : croyance que les hommes ont à se sacrifier corps et âme à leurs propres oeuvres autonomisées, et figurant à leurs yeux comme des fétiches, des objets investis ou censés investis de puissance surnaturelle.

Il s'agit donc de pratiquer un désenvoûtement idéologique. La gauche française et européenne s'est laissée elle-même envoûter en participant de ce culte rendu à ces fétiches économiques.

Les sacrifices humains rendus à des objets tels que des marchandises, des monnaies, le capital, c'est ne pas du tout de la rhétorique.
Quand le FMI exige et obtient que pour sauver le cours d'une monnaie, on taille dans des budgets sociaux, dans des subventions à des produits de première nécessité, dans des budgets d'éducation nationale, de protection sociale, et voue ainsi des centaines de millions d'hommes à la pauvreté et à la misère, c'est un sacrifice humain à des objets autonomisés, réifiés sous forme de marchandises, d'argent et de capital.
C'est le discours néo-libéral d'accompagnement de ce type de politique.




Novlangue

Créé par Georges Orwell dans son roman 1984, ce néologisme désigne la langue qui désapprend à penser. Par exemple, « Ce que l’on a appelé l’abolition de la propriété privée signifiait en fait la concentration de la propriété privée entre beaucoup moins de mains qu’auparavant, mais avec cette différence que les nouveaux propriétaires formaient un groupe au lieu d’une masse. » Il renchérit : « Le langage politique est destiné à donner l’apparence de la solidité à ce qui n’est que du vent. »

Afin d’éviter toute contradiction, la novlangue n’en est pas moins l’incarnation de la double pensée : une « contre-réforme » visant à faire voler en éclats des acquis sociaux devient une « réforme » contre les privilèges.

S’opposant à l’ancilangue (langue ancienne), la novlangue (nouvelle langue) n’est pas à proprement parler une simplification du vocabulaire, mais le remplacement de mots par d’autres jusqu’à ce que des concepts considérés comme subversifs par le pouvoir disparaissent véritablement.
http://civitas.blog.tdg.ch/archive/2009/02/16/la-novlangue-et-le-regret-de-la-langue-de-bois.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Dim 30 Aoû - 13:19



Le Mythe du « trou de la Sécu »

L'auteur de ce livre, Julien Duval, parle à propos du "trou de la Sécu", de mythe, et aussi de "croyants" et d'opération de communication.

L’expression « trou de la Sécu » est une sorte d’« obstacle verbal » qui « pousse à une pensée autonome » et tend à fournir « une fausse explication à l’aide d’un mot explicatif ».

En effet, les médias évoquent toujours un "déficit" mais ne chiffrent jamais le crédit ou besoin de financement.

Depuis 2002, les gouvernements de droite martèlent que le système actuel donnerait lieu à des « fraudes » de plus en plus nombreuses et que les assurés comme les médecins dépenseraient sans compter. Il fut ainsi beaucoup question ces derniers temps de « surconsommation de médicaments », de « nomadisme médical », d’« examens médicaux injustifiés », d’« arrêts de travail abusifs »... sans parler de la « bobologie »

Le montant absolu du déficit, auquel les médias s’en tiennent généralement, paraît colossal. Mais, rapporté aux sommes en jeu, il ne correspond pas à une part considérable de l’ensemble des recettes du régime général : même en 2005, où il atteint un niveau sans précédent, il n’en représente que 4,3 %. La même année, pour le budget de l’État, le rapport du solde aux recettes s’élève à 18 %. De même, on peut noter qu’en 2005 les besoins de financement de la Sécurité sociale ne constituent que 7,3 % de l’ensemble des besoins des administrations publiques.

www.betapolitique.fr/Le-mythe-du-trou-de-la-secu-Julien-01362.html

Dans l'optique d'Alain Bihr, on pourrait dire que ce "déficit" est un mot-écran destiné à légitimer la mise à mort de la Sécurité sociale (donc le sacrifice des humains qui en ont besoin) voulue par les gouvernements de droite libérale.
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Mar 8 Sep - 20:46



Depuis dix ans, le MEDEF nous ment

Le Mouvement représente-t-il les entreprises ou les patrons ? Retour sur une OPA lexicale.

Le 27 octobre 1998, Denis Kessler et Ernest-Antoine Seillière ont eu la cynique idée de faire une OPA… lexicale. Grâce à leurs petits soins, le syndicat des patrons (CNPF) s’est muté sans coup férir en Mouvement des Entreprises de France (MEDEF). C’est plus clean, plus moderne, mais surtout plus opaque. (...)

Contrairement à ce que nos deux génies du verbe tentent de nous faire avaler, « entreprise » n’est pas synonyme de « patron ». L’entreprise associe différentes « parties prenantes » pour produire des biens ou des services, c’est un regroupement hétérogène de moyens. Si c’est d’abord une affaire d’hommes, au pluriel et souvent au féminin [...] C’est aussi un agrégat d’éléments matériels...

Dans leur OPA, ni Denis Kessler, ni le baron Seillière n’ont eu envie de prendre en compte le sort des employés, ouvriers, et autres sous-développés. L’entourloupette s’est faite au seul profit de ses fondateurs. C’est qu’il faut préserver le patronat. Heureusement, le Medef est là pour ça. Et à chaque petite augmentation du Smic, il râle : on va ruiner l’entreprise, ces augmentations entraînent des « charges supplémentaires, qui handicapent la compétitivité de nos entreprises ». En revanche la hausse des revenus des dirigeants, en général beaucoup plus conséquente, n’a, du point de vue du Medef et de ses cerveaux, aucune incidence sur la compétitivité de la France.

In fine, cette OPA n’avait que deux objectifs : D’abord, de tirer parti, à la fin des années 1990, du regain d’affection des Français pour l’entreprise. Mais aussi et surtout, de créer la confusion, au bénéfice de ses auteurs.

Mais, de stock options en parachutes dorés, le discours est devenu de moins en moins audible. Et pour en avoir plus encore, les patrons se sont cachés derrière l’entreprise, sans provoquer, à l’époque, beaucoup de remous.

Le hic, c’est que les conséquences de cette OPA, aujourd’hui, sont dramatiques. Cette « aventure collective », typique des entreprises japonaises et allemandes contemporaines, est rendue impossible en France. A cause, justement, de l’OPA de Denis Kessler et de son pote Seillière. (...)

1er septembre 2008
www.bakchich.info/Depuis-dix-ans-le-MEDEF-nous-ment,04855.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Mar 3 Nov - 23:05



Si même les mots nous abandonnent

Ce matin sur France-Inter, j’ai entendu le chroniqueur Bernard Guetta citer longuement (et avec son ton de "je sais tout et je daigne partager une parcelle de mon intelligence avec vous") l’article d’un ancien haut-fonctionnaire de l’administration Bush, qui parlait de l’Iran. Citer comme source d’information un haut-fonctionnaire, sans prendre de précautions, il faut le faire. Citer un haut-fonctionnaire US, sans ricaner, ça craint. Citer un haut-fonctionnaire US parlant de l’Iran, sans porter un masque, c’est l’exploit. Mais citer un haut-fonctionnaire US de l’administration Bush parlant de l’Iran, il suffit de s’appeler Guetta.

Et vous me demandez encore d’où vient cet étrange sentiment que plus rien n’a de sens dans nos médias ?

Imaginez un monde où même le langage serait soumis « aux lois du marché ». Un monde où régnerait une régulation naturelle du vocabulaire par « la main invisible ». Un monde où les mots n’auraient de valeur qu’en fonction de « l’offre et la demande ». Un monde où il n’y aurait plus d’Angelys, plus de Belmont, plus de Stellard, mais juste des « poires ». Imaginez.

- Je n’aime pas les Angelys .
- Ah ? Tu n’aimes pas les poires ?
- Si, j’aime les Stellard .
- Tu viens de dire que tu n’aimais pas les poires !
- Non, j’ai dit que je n’aimais pas les Angelys.
- Les Angelys, les Stellard, ce sont des poires !

Un monde où seul un happy few connaîtrait le sens d’Ariane, de Belle du Havre et de Tentation, les autres se contentant de dire « pomme ». Imaginez ce monde de libre concurrence où « pomme », « poire » et même « banane » seraient à leur tour supplantés par le plus rentable « fruit ». Imaginez.

- Je n’aime pas les pommes.
- Ah ? Tu n’aimes pas les fruits ?
- Si, j’aime les bananes.
- Tu viens de dire que tu n’aimais pas les fruits !
- Non, j’ai dit que je n’aimais pas les pommes.
- Les pommes, les bananes, ce sont des fruits !

Dans un tel monde, la résignation serait tentante. Soupirer et passer à autre chose vous épargnerait moult empoignades stériles. Mais comme vous n’êtes pas fait pour ce monde au rabais perpétuel, vous persistez et vous arrivez même parfois à faire comprendre que ça y’en être une pomme, ça une poire, là une banane, et le gros là y’en a s’appeler pastèque. Compris ? « Ben ouais, des fruits. T’aimes pas les fruits, c’est bien ce que je disais ».

Dans un tel monde, le taux de criminalité crèverait le plafond.

Un monde où l’ignorance - feinte ou sincère - serait la règle, où celui qui sait parfaitement de quoi il parle, serait sans cesse sommé de s’expliquer, non, pire encore, de se justifier.

Ce monde là serait un monde fait pour les bonimenteurs et escrocs en tous genres qui se glisseraient en profitant de la confusion. Un monde où les mots prendraient le sens qu’on aura bien voulu leur donner selon les circonstances et les enjeux. Imaginez.

- Tu manges quoi ?
- Un fruit.
- On dirait une pomme.
- T’en veux ?
- Fais voir. Y’a marqué « Monsanto » dessus. Et ça n’a pas tellement un goût de pomme.
- Bah... du moment que ça a le goût de fruit...
- Tu ne vas pas manger ça ?
- Ben si. A la fin, j’adore sucer le noyau.
- Il n’y a pas de noyau dans une pomme.
- Et ça, c’est quoi ?
- ...
- Mince. Il est tombé dans ses pommes.

Imaginez un monde où le mot d’esprit serait mieux côté que le mot juste. Où le mot juste se verrait remplacé par juste un mot. Où l’idée ne serait qu’un emballage et le concept une denrée rare. Où la confusion serait mieux entretenue qu’une autoroute à péage.

Un monde où le méchant « prisonnier politique » céderait sa place au gentil « terroriste emprisonné ». Un monde où le sauvage « torture » serait remplacé par le civilisé « interrogatoire poussé ». Un monde où le vilain « flicage » se verra avantageusement remplacé par le plus soyeux « sécurité ». Un monde où le barbant « philosophe » céderait la scène au plus sexy « Bernard-Henry Lévy ». Un monde où le concept trop tortueux de « gauche » serait violenté puis délaissé en faveur de « Parti Socialiste ». Un monde où les criminels financiers de haut vol ne feraient même plus l’effort de s’en cacher. Un monde où une puissance violente et meurtrière se verrait couramment requalifiée de « démocratie ».

Dans un tel monde imaginaire on verrait éclore des situations ubuesques (*)

Un monde d’une telle médiocrité intellectuelle que, si l’on n’y prend garde, pourrait voir fleurir un jour des échanges normalement inimaginables, tels que celui-ci :

- Je suis antisioniste
- T’aimes pas les juifs ?

Si un tel monde devait advenir, un monde où même les mots nous auraient abandonnés, c’est que les futurs hommes du passé que nous sommes auront échoué.

Viktor Dedaj
« une fois l’avenir passé, le futur n’est plus très loin. »
16 octobre 2009
www.legrandsoir.info/Si-meme-les-mots-nous-abandonnent.html


La logique de destruction du savoir à l’oeuvre dans notre société
www.agoravox.fr/tribune-libre/article/non-monsieur-santini-ne-tuera-pas-50172

La culture générale c’est la liberté
www.libertepolitique.com/culture-et-societe/5058-la-culture-generale-cest-la-liberte-

Un extrait du film 1984 sur la déculturation et la destruction des mots, à mettre en parallèle avec l’abaissement programmé des niveaux d’études (allègement des heures d’enseignement, allègement des programmes, etc.) et des savoirs dans les réformes en cours…
http://911nwo.info/category/education/
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Mer 4 Nov - 19:41

Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots.



L’extrême-droite comme si vous y étiez

Que le combat pour la démocratie passe d’abord par les mots ; qu’il faille, inlassablement, mener cette lutte, dérisoire, dirait-on, pour conserver son sens au langage que nous partageons et leur réalité à ces valeurs que nous défendons : les jours sombres que nous traversons et qui nous attendent nous rappellent à ce devoir essentiel. Avant de brûler les livres on commence toujours par brûler les mots.

Le sarkozysme n’est pas la droite classique. L’idéologie qui l’anime n’est pas celle que nous connaissions. Le discours qu’il développe n’est en rien celui que nous entendions, avec tant de variantes pourtant, de De Gaulle à Chirac, en passant par Pompidou ou Giscard d’Estaing. Le vocabulaire qu’il utilise - avec soin - n’est pas celui de la droite républicaine. Son dictionnaire ordinaire emprunte de plus en plus au langage de l’extrême droite et ce langage - qui s’impose insidieusement grâce à l’empire et l’emprise médiatique du système - nous habitue progressivement au pire.

Même si les livres d’histoire et de sciences politiques ne le présentent pas ainsi, l’un des actes fondateurs de notre démocratie est, en 1981, la suppression de la peine de mort. Nous avons abandonné pour de bon l’un des derniers oripeaux de la barbarie. Dans sa course éperdue à l’électorat et aux idées lepénistes, Nicolas Sarkozy n’arrête pas de tutoyer cette peine de mort et de jouer avec cette abolition fondatrice.

Dans la stratégie ordinaire du discours paradoxal, tout est dit pour nous rapprocher de l’idée que cette peine est envisageable, quitte au dernier moment à se draper vertueusement dans un discours abolitionniste auquel plus personne ne croit. L’utilisation permanente du mot “monstre” pour désigner les auteurs des crimes les plus graves fait partie de cette dérive perverse du vocabulaire. On exclut ainsi ces hommes de l’humanité ordinaire : inutile de chercher à les ramener un jour parmi nous - ce qui, au-delà de la nécessaire sanction, est la mission première de la justice -, nous sommes dans la logique de l’élimination. Dire d’un homme qu’il est un “monstre”, c’est tuer l’homme en lui.

Le traitement de la délinquance sexuelle offre à présent l’occasion d’une nouvelle et très grave dérive. Là aussi, tout commence par les mots. Il existe, parmi toutes les possibilités de traitement de cette criminalité, une option médicale à base de traitement hormonal. Un médecin, peut, dans certains cas bien précis et avec un luxe de précaution - notamment dans le respect absolu du secret médical - le prescrire avec l’accord du patient. Que le patient soit un condamné ne change rien à ces principes.

Nicolas Sarkozy se bat depuis des années - bien avant d’être nommé président de la République - pour que ce traitement soit imposé de force à ceux que l’on nomme les délinquants sexuels. Il a été puissamment aidé par ces termes, employés à dessein, de “castration chimique”. Ces mots sont faux. Le traitement est évidemment réversible. Mais le mot “castration” permet de faire le lien immédiat avec la castration dans son sens propre, à savoir l’ablation physique. À la répéter inlassablement, l’idée germe insensiblement qu’une atteinte physique est possible. Et tous ceux qui, en public, essaient de rectifier cette dénomination impropre et dangereuses passent pour des puristes inconséquents. Il n’a pas fallu longtemps pour que Michèle Alliot-Marie, le nouveau garde des sceaux, franchisse le pas et évoque franchement la castration physique. “Pour l’instant, reconnaît-elle, la castration physique est interdite en France, mais elle existe ailleurs. Je pense que cela mérite une analyse et qu’aujourd’hui la question de la castration physique peut se poser et être débattue, y compris au Parlement”.

Combien de dizaines de milliers de bulletins de vote seront-ils gagnés par ces propos qui donnent la nausée ? Dans ce concours d’inhumanité, quelle sera la prochaine idée qui permettrait de satisfaire nos pulsions primaires de vengeance et de mort ? Non, rassurez-vous, la peine de mort n’est pas encore là. Pas tout à fait. Nous aurons droit à des dénégations indignées - mais brèves - pour tenter de gagner sur tous les tableaux. Mais l’essentiel est là : l’idée que l’on peut toucher au corps du condamné. Que l’on peut le punir dans sa chair. Qu’il doit expier physiquement. Un germe malsain de plus est déposé dans notre démocratie. Il produira ses effets plus tard, si nous ne réagissons pas vigoureusement en refusant avec la dernière vigueur toute idée de “castration”, en dénonçant le subterfuge des mots et cette noire démagogie.

Eric Besson, lui, avec le zèle touchant des ultimes convertis, tentant de faire oublier ses anciennes et virulentes dénonciations du sarkozysme, avoue sans pudeur qu’en exécution des consignes du président de la République, il cherche à récupérer les voix de l’extrême-droite. Il veut, dit-il, “la mort” du Front National. La paradoxe est que cet homme qui se disait de gauche et se dit à présent de droite, patauge dorénavant non seulement dans les idées mais les pratiques de l’extrême droite. Enfermer des enfants dans des centres de rétention, expulser des jeunes scolarisés, détruire des familles, faire vivre dans l’angoisse des dizaines de milliers d’hommes, de femmes, d’enfants, simplement “coupables” de n’avoir pas de papiers, mobiliser en permanence et pervertir l’appareil d’Etat dans des tâches purement électoralistes, renvoyer des étrangers par charters dans des pays en guerre.... voici la réalité de cette politique nauséabonde. Utiliser la souffrance d’êtres humains pour asseoir son pouvoir aujourd’hui et le conserver demain. Dévoyer les valeurs de la République pour fortifier un clan. Mais il faut, là encore, tordre le cou aux mots pour légitimer ce combat déloyal.

L’appellation de ce ministère d’identité nationale est une honte permanente, une opération de grossière propagande qu’il nous faut dénoncer chaque jour. Sans que jamais ne s’installe le renoncement. La dernière trouvaille est d’engager un vaste débat sur ce qu’est l’identité nationale. Les préfets, qui ont pourtant d’autres chats à fouetter, vont être requis pour cette opération de campagne électorale. Il n’est d’autre réponse que de refuser catégoriquement cette dérisoire opération de marketing politique, refuser le piège de ces mots détournés. Le plus triste est qu’Eric Besson lui-même avait, il y a si peu de temps, en janvier 2007, parfaitement analysé cette imposture qu’il met aujourd’hui en oeuvre. Son livre, “Les inquiétantes ruptures de M. Sarkozy”, était, et reste, une des meilleures descriptions de ce qu’est le sarkozysme. Disséquant le nouveau nationalisme prôné par son adversaire de l’époque, il écrivait : “En fait, sous la fausse bonne idée (reprendre les voix du Front National), les propos de Nicolas Sarkozy renvoient à une période que l’on croyait révolue, celle où la droite républicaine n’était pas au clair avec l’extrême droite”.

Eric Besson veut un débat où l’on ne se paye pas de mots ? Qu’il commence par s’y inviter lui-même, qu’il nous explique et nous commente ces pages lumineuses où il dénonçait un populisme inquiétant qui flatte le peuple et attise ses peurs en dérivant chaque jour un peu plus vers la droite extrême. Ou si cette image lui fait trop honte, qu’il parle réellement de ce qu’est et sera l’immigration. Qu’il parte par exemple du rapport 2009 du Programme des Nations unies pour le développement (PNUD) qui vient d’être publié : "Lever les barrières : mobilité et développement humains". Qu’il explique à l’opinion publique que l’immigration profite non seulement au migrant, mais aussi aux pays de départ et d’accueil. Ou qu’il évoque les migrations climatiques qui vont radicalement changer la donne de tous ces problèmes. Ou qu’il parle honnêtement de sa politique en matière d’asile en expliquant que les chiffres qu’il avance pour vanter la générosité de la France ne sont pas de son fait : ils résultent de la jurisprudence des juges de cour nationale du droit d’asile. Chaque année, infirmant les décisions de l’OFPRA, ces juges courageux et consciencieux accordent, à eux seuls, plus d’asiles que l’administration ! Cessons de mêler le mot “France”, les couleurs du drapeau ou le chant d’un hymne de liberté, à ce qui fait chaque jour notre honte et notre souffrance. Si débat il doit y avoir, qu’il soit sur les valeurs de notre démocratie, sur le glissement progressif vers un Etat-limite dans lequel l’appareil d’Etat est mis au service d’une idéologie mortelle pour nos libertés.

Serge Portelli, magistrat et vice-président du Tribunal de Paris
03 11 2009
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article93461



Serge Portelli est l'auteur de :
· Ruptures, d'abord diffusé sur internet, mars 2007, puis édité sous le titre Nicolas Sarkozy, une République sous très haute surveillance, éditions L’Harmattan, mai 2007.
· Récidivistes. Chroniques de l'humanité ordinaire, Grasset, 2008

Le débat sur l'identité nationale souhaité par le gouvernement va être étendu à l'école, a annoncé le ministre de l'Education nationale Luc Chatel.
http://fr.news.yahoo.com/4/20091104/tts-france-identite-ca02f96.html
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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Sam 14 Nov - 20:47


CNR, Mai 68 et socialisme visés en douce par le manipulateur

[VIDEO]
Analyse du discours de sarkozy face aux enseignants-chercheurs le 22/01/09
par Jérôme Cabot, docteur en langue et littérature françaises, Maître de conférences à l’Université Jean-François Champollion à Albi.

www.dailymotion.com/video/xagio2_chapitre-03-nicolas-sarkozy-orateur_news cyclops
www.politique.net/2009021102-greve-des-enseignants-chercheurs.htm
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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Lun 12 Avr - 2:45



«Projet Apache» : les ruses de Sioux de l’extrême droite

[...] Depuis Janvier, d’étranges autocollants fleurissent dans les rues parisiennes : un Indien d’Amérique aux couleurs bleu blanc rouge se détache sur un arrière-plan composé de la cathédrale de Paris, du Sacré-Cœur et de la tour Eiffel. Un visuel inhabituel ponctué d’un slogan étonnant et signé par un mystérieux «Projet Apache» : «Pour ne pas finir comme eux !». Tous les ingrédients du buzz sont en place : une image à la mode, un message de teasing, et surtout une question intrigante : qui se cache derrière ce mystérieux Projet Apache ?

La deuxième vague d’autocollants est plus claire sur ses orientations politiques. Lancée en même temps que les affichages «anti-minarets» du FNJ (Front National de la Jeunesse), le nouvel autocollant représente une carte de France couverte du drapeau algérien appuyant un slogan plus agressif : «Wesh cousin, tu kiffes l’Algérie, Retournes-y !». Un lien vers le site projet-apache.com permet d’identifier l’origine de la campagne : les jeunes identitaires parisiens et franciliens. (...)

Brouillage idéologique et ruses de Sioux

Cette nouvelle stratégie de communication s’appuie sur une tentative d’ouverture aux idées écologistes, antiracistes et anti-capitalistes dans une ambiance conviviale prônant la «dégustation collégiale de bières locales (Vexin ou Gatinais) le long d’un comptoir en zinc». Le brouillage des pistes continue par la reprise de concepts habituellement avancés par des groupuscules d’extrême gauche. (...)

Guerre des gangs en terre de communication

Une manœuvre de diversion et de communication efficace pour le Projet Apache, représenté par une cinquantaine militants dont les références aux idées traditionnelles de l’extrême droite identitaire sont évidentes.

Le combat politique se porte désormais sur le terrain des héritages symboliques et des méthodes de communication. Dans la lettre ouverte du SCALP 87, une longue description des coutumes des Apaches anarchistes et romantiques du début du XXe siècle vient remplacer l’argumentaire politique pour aboutir à une constatation désabusée : «les identitaires et tous ceux qui à l’extrême droite essayent de s’approprier le nom de cette bande, de souiller sa mémoire, n’ont rien d’Apache. Néanmoins ils ont en commun la pratique : le vol de notre histoire et de notre héritage».

Mais cette méthode est aussi le constat d’une faiblesse structurelle. Le blog Politrash se fait l’écho du malaise dans la jeunesse d’extrême droite : «Le seul credo des zids [identitaires], c’est la com’, la com’ et encore la com’. Certains appellent ça le combat culturel, d’autres se demandent quel intérêt ça peut avoir».

En se cachant derrière un héritage rebelle et gauchisant, les identitaires en mal de notoriété dévoilent leur incapacité à porter un message cohérent, durable et approuvé par une partie de l’opinion. Une stratégie de communication attrayante et fuyante apparaît alors comme le seul moyen de faire passer un discours rejeté. Et la dernière vague de communication passée, les Apaches redeviendront citrouille.

Sébastien Claeys
7 avril 2010
www.gaucherepublicaine.org/respublica/%C2%AB-projet-apache-%C2%BB-les-ruses-de-sioux-de-l%E2%80%99extreme-droite/1940


Quelques exemples de captation de combats, relayée par radio-courtoisie.over-blog.com :

Touche pas à mon Net
ww.touchepasamonnet.com/

Café décroissance de printemps
6/04/2010: Le mercredi 14 avril 2010, de 20h00 à 23h00. Le thème du café décroissance sera : «Du champ à l’assiette». Venez discuter avec nous, autour d’un café ou d’une bière, des intiatives […]
http:// paris.novopress.info/5341/cafe-decroissance-de-printemps/

Anti-pub : le tribunal relaxe les «Déboulonneurs» !
2/04/2010: 02/04/10 – 14h30 PARIS (NOVOpress) – C’est une première nouvelle positive dans la lutte contre l’imposition publicitaire. Des membres du collectif anti-publicité des «Déboulonneurs» […]
http:// paris.novopress.info/5327/anti-pub-le-tribunal-relaxe-les-%C2%AB-deboulonneurs-%C2%BB/

On trouve même des "MAQUISARDS", résistants identitaires.
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Après l'homme qui rit dans les cimetières, il ne manquait plus que ça au Dauphiné !
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Lun 19 Juil - 3:21


Joseph Goebbels

L’emprisonnement du langage

Le langage, les mots, priment sur tout le reste. Ils façonnent notre perception du monde qui à son tour, influe sur tous nos actes.

Dans les 25 techniques de désinformation décrites sur le site www.vigli.org [1], beaucoup sont basées sur l’usage particulier de mots, d’expressions et mettent en évidence l’influence subtile, mais énorme, du langage sur nos psychismes.

Des groupes informés de cette toute-puissance des mots peuvent utiliser le langage pour influencer la population.

En 1992, l’International Food Information Council (IFIC) des États-Unis s’inquiète de la perception qu’a le public des biotechnologies alimentaires (exemple : OGM, nanotechnologies). Un vaste programme de recherche sera donc mis en place pour déterminer comment parler au public de ces technologies. Les recommandations du groupe de travail concerneront surtout le vocabulaire qu’il convient d’employer.

Des mots seront retenus pour leur charge positive et il sera fortement conseillé de s’en tenir à ceux-là. Par exemple : beauté, abondance, enfants, choix, diversité, terre, organique, héritage, métisser, fermier, fleurs, fruits, générations futures, travailler fort, amélioré, pureté, sol, tradition, entier.

D’autres, par contre, seront à proscrire absolument, notamment : biotechnologie, ADN, économie, expérimentation, industrie, laboratoire, machine, manipuler, argent, pesticides, profit, radiation, sécurité et chercheur [2].

Normand Baillargeon, dans son livre «Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle» [3], consacre tout son premier chapitre au langage : connotations positive ou négative, dénotations, imprécisions délibérées, ambiguïtés, accentuation, mots-fouines, jargon, pseudo-expertise, paralogismes formels, informels, généralisation, homme de paille

Le pouvoir du langage est énorme, d’autant plus grand lorsque les gens sont maintenus dans l’ignorance d’un tel pouvoir sur eux et dans l’ignorance de toutes ces techniques. Sans s’en rendre compte, nos esprits sont l’enjeu d’une gigantesque bataille des mots, dont le but est la domestication de nos pensées.

«Il n’y a plus de pauvres, mais des gens de condition modeste, plus d’exploités mais des exclus, plus de classes mais des couches sociales.» [4]. Ces pirouettes linguistiques ne sont pas anodines, jamais. Elles ont toutes un objectif, celui de modeler nos pensées et de nous contrôler à notre insu.

«Nul n’est plus esclave que celui qui se croit libre sans l’être.» [5].

Véritable petit guide pratique écrit en 1928 par le neveu étatsunien de Sigmund Freud, Propaganda, une livre d’Edward Bernays, expose cyniquement et sans détours les grands principes de la manipulation mentale des masses ou de ce que Bernays appelait «la fabrique du consentement» [6].

Noam Chomsky le résume bien : «La propagande est à la démocratie ce que la violence est à un Etat totalitaire.»

La propagande, le maniement de toutes les techniques de manipulation des masses par le langage et par le contrôle de l’image, permet à un Etat totalitaire de rester perçu comme une démocratie, tout en étant plus sévère, plus intrusif et plus impitoyable que la pire des dictatures.

C’est bien le cas des Etats-Unis, qui arrivent encore à se faire voir dans le monde comme un modèle de liberté, de tolérance et de chance pour tous, alors que depuis le 11 septembre 2001, dans les faits, ils ont suspendu les droits civiques de leurs habitants, permettent des arrestations arbitraires et des emprisonnements sans jugements [7], ont légalisé la torture, exportant même ses équipements en Europe [8], et encouragent l’usage de tasers [9] y compris sur des enfants, des femmes enceintes ou des vieillards [10].

Ici encore le langage a toute son importance. C’est lui qui domestique véritablement, beaucoup plus que n’importe quelle arme, nos esprits.

Le mot torture est remplacé par l’élégante et tolérable, presque noble, expression : technique virile d’interrogatoire.

"Lorsque vous vous lèverez pour votre liberté, nous nous lèverons avec vous." Dans son discours d’investiture, jeudi 20 janvier 2005, George W. Bush aura prononcé quarante-deux fois le mot "liberté".

Des mots vidés de leur sens mais conservés, martelés, pour l’impact qu’ils ont sur la plupart de gens ignorants du pouvoir des mots et inconscients de leur emprisonnement.

«A force de répétitions et à l’aide d’une bonne connaissance du psychisme des personnes concernées, il devrait être tout à fait possible de prouver qu’un carré est en fait un cercle. Car après tout, que sont «cercle» et «carré» ? De simples mots. Et les mots peuvent être façonnés jusqu’à rendre méconnaissables les idées qu’ils véhiculent» [11].

Transformer un cercle en carré rien que par le pouvoir des mots ?

C’est de Joseph Goebbels, ministre nazi de l’information et de la propagande, un grand connaisseur de la question.

«L’effet le plus puissant [de la propagande nazie] ne fut pas produit par des discours isolés, ni par des articles ou des tracts, ni par des affiches ou des drapeaux, il ne fut obtenu par rien de ce qu’on était forcé d’enregistrer par la pensée ou la perception. Le nazisme s’insinua dans la chair et le sang du grand nombre à travers des expressions isolées, des tournures, des formes syntaxiques qui s’imposaient à des millions d’exemplaires et qui furent adoptées de façon mécanique et inconsciente.» [12]

Pour Viktor Klemperer, professeur juif, survivant de la période nazie, le IIIe Reich n’a forgé que très peu de mots, mais il a «changé la valeur des mots et leur fréquence […], assujetti la langue à son terrible système, gagné avec la langue son moyen de propagande le plus puissant, le plus public et le plus secret.»

Nos gouvernants, experts, présentateurs TV et journalistes, guides autoproclamés, ne font pas autre chose.

Ainsi peut-on vendre à ses peuples une guerre contre le terrorisme, une guerre sans fin, une guerre contre la grippe, une guerre préventive, et tout en la maintenant, tout en l’accentuant, être gratifié du Prix Nobel de la Paix, et tout en assassinant des civils, tout en détruisant l’habitat de populations affamées par des blocus, tout en torturant en usant de techniques qui n’ont rien à envier à celles de l’Inquisition, être quand même perçu comme le pays de la droiture et du bien.

C’est la répétition de mots choisis, l’association à des thèmes généraux positifs (héroïsme, patriotisme), et le recours aux émotions primaires (colère, chagrin) afin de court-circuiter la raison qui sont mises à profit.

Ce sont les tournures précises, les expressions, les mots eux-mêmes qui constituent la composante principale de tout cet arsenal de manipulation.

S’il faut diaboliser un ennemi que l’on se prépare à attaquer, chaque mot sera choisi soigneusement pour ses connotations négatives.

C’est surtout dans le quotidien, dans la vie de tous les jours, que les mots, expressions, tournures sont travaillés, utilisés pour nous faire accepter notre esclavage, nous faire consentir à des sacrifices injustes, nous faire tolérer notre exploitation ignoble par cette minorité de profiteurs qui arrivent à se faire passer pour indispensables et compétents.

Petit tour non exhaustif d’expressions modernes…

Elite n.f. (ancien p. passé de élire). Petit groupe considéré comme ce qu’il y a de meilleur, de plus distingué. D’élite : qui se distingue par de grandes qualités. Elite sportive, scientifique…

Très souvent, ce terme est employé dans notre société pour désigner ces personnes qui nous gouvernent ou ces privilégiés, immensément riches par naissance ou pillage, ces patrons, PDG, directeurs, CEO, puissants à la tête de toutes ces multinationales et corporations, habitués de clubs divers (Aspen Institute, Bilderberg Group, Trilatérale…), lesquels échappent à tout contrôle démocratique.

Ce qu’il y a de meilleur, de plus distingué…

Les seuls mots qui leur correspondent et qui reflètent la réalité sont :

Maffia (ou mafia) : association criminelle d’envergure, comparable par sa structure et ses procédés à la Mafia, organisation criminelle dont les activités, exercées par des clans familiaux soumis à une direction collégiale occulte, reposent sur une stratégie d’infiltration de la société civile et des institutions. Péjoratif : groupe occulte de personnes qui se soutiennent dans leurs intérêts par toutes sortes de moyens.

Caste : Groupe social qui se distingue par des privilèges particuliers, un esprit d’exclusive à l’égard des autres.

Clique : Groupe de personnes qui s’unissent pour intriguer ou nuire.

Associer un terme positif, élogieux même, à son image permet de détourner toutes les qualités liées à ce terme à son avantage. Ces gens n’ont rien d’une élite. Ce sont des mafieux.

Ministère de la santé

«Les inventeurs de maladies» de Jörg Blech, et surtout «La guerre des médicaments» du Dr Dirk Van Duppen, vous apprendront que la santé, et tous les acteurs qui gravitent autour, est bien plus un business de la maladie.

Nos vies, nos santés sont des marchandises et les institutions officielles (ordre des médecins, des pharmaciens, agences de médicaments) et gouvernementales sont là pour intimider ou punir les soignants qui voudraient sortir des rangs, et pour légaliser cette prise en otage ignoble de nos santés. Lui donner du crédit.

Le dernier épisode, l’hystérie vaccinale à propos de la pandémie grippale fantasmée par les plus grands laboratoires de vaccins, montre bien à qui va l’allégeance des gouvernements [13].

Pas à vous qui les placez pourtant là où ils sont.

Ne parlez plus de Ministère de la Santé, hormis en Pologne peut-être, mais bien de Ministère de la Maladie.

Ministère de la défense

Harold Pinter nous le dit assez justement :

«L’administration américaine est un animal sauvage et sanguinaire. Les bombes sont les seuls mots qu’elle sait utiliser.»

Quand ce ne sont pas des vaccins.

Les Etats-Unis, mais pas seulement, ont une Défense très meurtrière.

Ministère de la Guerre est plus approprié.

Sécurité nationale

Ce mot est sorti à toutes les sauces et fait partie des expressions favorites de nos élites, pardon, de nos mafieux, membres des cliques et castes qui nous gouvernent.

C’est pour nous vendre leurs lois anti-terroristes, donner carte blanche à leurs Ministères de la Guerre, et faire imposer par leurs Ministères de la Maladie leur principe de précaution.

La Sécurité Nationale est en réalité la Sécurité des Multinationales, des firmes privées et de leurs patrons tout-puissants.

Mais par ce terme, les mafieux arrivent à persuader les petites gens qu’ils ont à cœur leur sécurité.

Ma préférée est la très actuelle cure d’austérité

Cure n.f. (lat. cura, soin). Traitement par un procédé, un médicament comme on dirait d’une cure d’amaigrissement ou de désintoxication.

Quel bel emballage pour finalement vous dire que c’est vous, petites gens, qui allez payer pour le renflouement des banques irresponsables et arrogantes, tout en continuant, vous avez intérêt, à rembourser à ces mêmes banques vos prêts immobiliers qu’elles vous ont octroyé avec de l’argent qu’elles n’avaient pas.

Allez comprendre.

Laissez cela aux élites, pardon, aux mafieux, membres de tous ces clubs, cliques et castes.

Beaucoup se diront sans doute qu’avec un nom pareil, cette austérité (recul de l’âge des retraites, gel voire diminution des salaires, atrophie de la fonction publique, diminution des pensions) est nécessaire et ne peut faire que du bien.

Les mots, correctement choisis, les tournures de phrases, les expressions, arrivent à nous faire gaiment supporter notre esclavage. Ils arrivent même à nous faire croire que nous ne sommes pas esclaves, mais libres.

«Petit cours d’autodéfense intellectuelle», «LQR la propagande au quotidien», «Propaganda», tous les trois, vous coûteraient beaucoup moins qu’une place pour un des matchs de la Coupe du Monde Football, j’en suis certain.

Une chose n’est dangereuse que lorsque nous ignorons son pouvoir de nuisance.

Pascal Sacré

P.S. : A tous les écrivains du Grand Soir, et d’ailleurs, n’utilisez plus jamais ces mots, élite, ministère de la santé, ministère de la défense, sécurité nationale, cure d’austérité dans vos écrits, et joignez vos efforts pour dépister toutes ces chaînes invisibles, tentatives sournoises de domestiquer nos esprits, au quotidien.
www.legrandsoir.info/L-emprisonnement-du-Langage.html

Sources :
[1] http://www.vigli.org/desinfo.htm
[2] S. Rampton et J. Stauber, Trust Us, We’re Experts, chap.3.
[3] Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle, Normand Baillargeon, Lux Editeur, 2006. [4] LQR, la propagande du quotidien, Eric Hazan, Editions Raisons d’Agir, 2006, Dos de Couverture.
[5] Johann Wolfgang Von Goethe
[6] Propaganda, Comment manipuler l’opinion en démocratie, Edward Bernays, Editions La Découverte, Zones, 2007.
[7] Environ une personne sur 100 est actuellement incarcérée aux Etats-Unis. http://www.futurquantique.org/?p=4700
[8] http://www.futurquantique.org/?p=4718
[9] Le Taser : instrument de torture moderne : http://www.futurquantique.org/?p=273
[10] Don’t Taze My Granny ! http://www.lewrockwell.com/blog/lewrw/archives/60261.html
[11] Petit Cours d’Autodéfense Intellectuelle, Normand Baillargeon, Lux Editeur, 2006, p. 19.
[12] LTI, la langue du IIIe Reich, carnets d’un philologue, traduit par Elisabeth Guillot, 1996.
[13] H1N1 : Le contrat de la Honte : http://www.mondialisation.ca/index.php?context=va&aid=19020

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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Jeu 13 Jan - 1:35


La crise vue par France 2

France 2 a consacré toute sa soirée de mardi à la crise. Bonne idée. Mais quel résultat !

On aurait pu s’attendre à une enquête en profondeur, même sous la forme d’un documentaire, à la manière de la BBC. On a eu droit à ce que le journalisme dominant en France nous offre le plus souvent : la surface des choses, le monde tel qu’il va avec ce qui frappe l’attention, sans jamais aller au fond des problèmes, aux causes et aux acteurs porteurs de ces causes. On nous a fait vivre la crise comme une sorte de fatalité, un tsunami économico-financier. Que peut-on contre un tsunami ?


Voici les commentaires que m’inspire cette émission :

1) en 1984, on avait eu « Vive la crise » avec un Yves Montand qui, par haine du communisme qu’il avait accompagné si longtemps, s’était complètement rallié au libéralisme dominant (on est peu après le « tournant de la rigueur » en France) allant jusqu’à donner raison à Reagan. C’était, à peu de choses près, « vive la crise qui nous débarrasse de l’Etat ».

Cette année, un titre qui frise la provocation : « Fric, krach et gueule de bois, le roman de la crise », comme s’il s’agissait d’un polar ! Avec le souci d’aborder le sujet, mais sans aller à la racine du problème.

2) j’ai trouvé le film introduisant le débat très dans le ton « il y a des méchants capitalistes qui dénaturent le capitalisme, mais le capitalisme est dans l’ordre naturel des choses ».

3) cette tonalité sera d’ailleurs celle de toute la soirée. Avec les méchants à Wall Street et à Pékin. On a beaucoup parlé de Wall Street, on n’a pas dit un mot de Francfort. On a cité Pékin à plusieurs reprises, on n’a pas une seule fois cité Bruxelles.

4) à part quelques propos en fin d’émission de Cohen sur les différents capitalismes selon les pays européens, laissant sous-entendre que les politiques auraient encore la main, ce qui parcourt cette soirée, c’est que le pouvoir politique ne peut rien.

5) précisément, sans doute à dessein, le grand absent de cette soirée, c’est le rôle des politiques dans la crise : le choix des gouvernements quand ils soutiennent le FMI et ses plans d’ajustement structurel destructeurs des politiques sociales, de santé et d’éducation, le choix des gouvernements quand ils négocient la création de l’OMC dont il n’a pas été dit un seul mot, le choix des gouvernements européens quand ils soutiennent l’acte unique européen*, le traité de Maastricht et le TCE/traité de Lisbonne.

Evidemment, aborder ces choix aurait contraint de rappeler, par exemple, la loi de Giscard d’Estaing interdisant au Trésor d’emprunter à la Banque de France et obligeant de recourir aux banques privées et à leurs taux d’intérêts prohibitifs, cause véritable de l’endettement ou encore la loi de déréglementation financière proposée par Bérégovoy et votée par une majorité soutenant le gouvernement Fabius ou enfin la disparition de tout secteur public financier suite aux décisions de D. Strauss-Kahn et de L. Jospin, etc. Un tel rappel n’aurait pas été politiquement correct.

Aborder le rôle des politiques aurait nécessité de reconnaître que la mondialisation néolibérale, la dérégulation financière, la totale liberté de circulation des capitaux inscrite dans les accords de l’OMC et dans les traités européens, tout cela relève de décisions politiques.
Pas un mot de tout cela hier soir.
On a affirmé que « la finance est devenue son propre objet », comme si cela était un phénomène naturel inévitable ; on n’a pas dit que cela fut rendu possible par les décideurs politiques, libéraux de droite et de gauche.

6) alors que le mouvement altermondialiste crie casse-cou depuis 1998 et la campagne internationale pour le rejet de l’accord multilatéral sur l’investissement (AMI), une abomination défendue à l’OCDE par Strauss-Kahn, alors que ce mouvement a dénoncé les dangers des accords de l’OMC depuis la conférence ministérielle de Seattle de 1999, alors qu’il demande depuis la création d’Attac un encadrement des transactions financières, alors que la crise révèle la pertinence des critiques formulées, en particulier en 2005, à l’encontre de plusieurs dispositions des traités européens, tout ce que l’émission nous a montré, en guise de Cassandre, c’est Bruxley Borne, une obscure américaine qui a mis en garde contre les dangers de certaines pratiques financières. Comme si l’essentiel s’était passé entre Washington et Wall Street.

7) par contre, on a entendu des expressions comme « économie verte », « social business », « destruction créatrice » autant d’oxymores qui veulent faire croire qu’à côté des méchants banquiers il y en a des gentils, à côté des capitalistes pollueurs il y en a des propres, à côté des destructeurs d’emplois il y a des patrons dont le but premier est de créer des emplois !

8 ) on a évidemment eu droit, de la part d’Eric Orsenna (préfacier de Pascal Lamy, le patron de l’OMC) au discours social-démocrate sur la capacité de corriger les abus du capitalisme avec des « exemples positifs « et aussi avec la culpabilisation des Français « incapables de s’adapter « ; c’est Orsenna qui donne comme exemple de succès français les deux entreprises françaises qui sont au monde « les meilleures sur l’eau », deux multinationales prédatrices des droits des peuples à l’accès libre à l’eau qui partout où elles sévissent rendent l’accès à l’eau plus cher, fournissent une eau de moins bonne qualité et n’entretiennent pas les réseaux qu’elles ont achetés. Ce qu’Orsenna s’est bien gardé de rappeler.

9) heureusement, il y a eu deux témoins : Xavier Mathieu qui a soulevé le scandale des entreprises qui font du bénefice et néanmoins licencient ou délocalisent, qui a rappelé à quel point aujourd’hui les patrons se réfugient dans l’anonymat et qui a exprimé la colère qu’engendrent les souffrances du capitalisme. Julianne Charton, la jeune lycéenne, qui fut la seule à dénoncer des choix politiques : la casse des services publics et le démantèlement de l’enseignement public. Ces deux témoins furent le seul parler vrai de cette soirée.

Bref, une émission qui, comme d’hab, s’en tient à l’écume des choses. Mais pouvait-on espérer autre chose de Pujadas ?

Raoul Marc Jennar
mercredi 12 janvier 2011
www.jennar.fr/index.php/la-crise-vue-par-france-2/


*Acte unique européen

Libre-circulation des capitaux en Europe : la responsabilité socialiste
Avec l'Acte unique européen (ou traité de Luxembourg), Thatcher a fait admettre en 1986 à l'Europe la liberté totale de circulation des capitaux non seulement entre États de l' Union européenne, mais avec tous les autres pays de la planète.

Il restait alors un dernier petit verrou, qui a permis de faire avaler la pilule, l'obligation de procéder préalablement à une harmonisation fiscale : préalable dont Kohl a réussi à imposer la suppression en 1989

Cerises sur le gâteau, c'est la Commission européenne de Bruxelles (organisme technocratique, et non pas politique) qui a reçu pour mission de veiller à cette libre circulation des capitaux, et la Cour de justice européenne a décrété que le droit communautaire européen primait sur les droits nationaux de chaque pays.

Dès lors, plus rien ne pouvait plus empêcher les délocalisations industrielles en masse, ni les hedge funds basés dans des paradis fiscaux de sévir en toute liberté, ni la titrisation des créances pourries américaines d’envahir les avoirs des banques européennes et d’y exporter leur crise.
www.marianne2.fr/Libre-circulation-des-capitaux-en-Europe-la-responsabilite-socialiste_a201306.html
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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Jeu 13 Jan - 5:09


Franck LEPAGE : Inculture(s) ou le nouvel esprit du capitalisme

Petits contes politiques et autres récits non autorisés [Vidéos]

[…] Un philosophe aujourd’hui oublié, Herbert Marcuse, nous mettait en garde : nous ne pourrions bientôt plus critiquer efficacement le capitalisme, parce que nous n’aurions bientôt plus de mots pour le désigner négativement. 30 ans plus tard, le capitalisme s’appelle développement, la domination s’appelle partenariat, l’’exploitation s’’appelle gestion des ressources humaines et l’’aliénation s’appelle projet. Des mots qui ne permettent plus de penser la réalité mais simplement de nous y adapter en l’approuvant à l’’infini. Des « concepts opérationnels » qui nous font désirer le nouvel esprit du capitalisme même quand nous pensons naïvement le combattre... Georges Orwell ne s’était pas trompé de date ; nous avons failli avoir en 1984 un « ministère de l’’intelligence ». Assignés à la positivité, désormais, comme le prévoyait Guy Debord : « Tout ce qui est bon apparaît, tout ce qui apparaît est bon. »

Franck Lepage, magistral, la gorge nouée, relate l’histoire de l’’éducation populaire, son rôle de prophète de la culture qu’’il a été obligé de quitter pour cultiver des choux en Bretagne... pour notre plaisir. Deux heures d’éveil et de partage. Après une petite pause, une animation sur les « mots langue de Bois » permet dans le droit fil du spectacle, de s’’approprier le message ludiquement Chacun peut d’abord compléter les mots du spectacle par un mot qui l’’aliène dans son travail ou qui l’’oblige à mentir dans son métier… Ensuite, on pourra s’’exercer au discours langue de bois soit en « jouant à l’’anticolloque », soit par un jeu d’écriture : Quelle phrase de mon milieu professionnel (ou associatif) symbolise simplement notre soumission collective aux « mots propres de la pensée Unique » ? Que les spectateurs peuvent ensuite échanger entre eux… et dire si cela fait résonnance pour eux…
[…]
http://tvbruits.org/spip.php?article981
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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Sam 17 Déc - 9:47


Groupama tente d''associer le régime rétrograde de Vichy à la Sécurité sociale

Dans cette période de remise en cause des réalisations du Conseil national de la Résistance (CNR) et en particulier de l'œuvre du ministre communiste Ambroise Croizat, une tentative de réécriture de l’histoire semble en cours.

Groupama, dans une publicité pour la promotion de sa complémentaire santé, affirme que le régime de Vichy aurait été à l'initiative de la Sécurité sociale. Cette « info insolite » est un outrage à la solidarité.

Groupama, auquel les réformes sarkozystes des retraites et, demain, celle de la Sécurité sociale assurent des gains juteux, voudrait donc lier le régime répressif et rétrograde de Vichy à la sécurité sociale.

Il n’en est pourtant rien.
Cette idée, formidable et progressiste, décision courageuse et ambitieuse d’Amboise Croizat a été créée en 1946 pour reconstruire un pays brisé par la collaboration.

La solidarité, la protection sociale sont des idées d’avenir et parce que nous plaçons l’Humain d’abord, nous ne laisserons pas la droite ni l'extrême droite l'offrir en pâture aux appétits financiers et spéculatifs.

Cette publicité est un scandale et un affront à ceux qui ont résisté et reconstruit la France après le ravage de la guerre.

Parti communiste français
www.humanite.fr/fil-rouge/groupama-nassociera-pas-le-regime-retrograde-de-vichy-a-la-securite-sociale-pcf

La SA Groupama sauvée par l'État, via la Caisse des Dépôts et Consignations
L'État a offert 300 millions d'euros à Groupama

sous la forme d'actions de préférence, mais sans droit de vote.
http://sarko-verdose.bbactif.com/t310p15-il-etait-une-fois-la-cdc-confrerie-de-delinquants-en-col-blanc#5510

Ambroise Croizat le bâtisseur de la Sécurité sociale

Ambroise Croizat est un homme politique français, né le 28 janvier 1901 à Notre-Dame-de-Briançon (Savoie) et mort le 11 février 1951 à l'hôpital Foch de Suresnes. Il fut l'un des fondateurs de la Sécurité sociale et du système des retraites en France. Il fut également secrétaire général de la Fédération CGT des travailleurs de la métallurgie.

Ouvrier métallurgiste à treize ans, député communiste du Front populaire, il participe à l’élaboration, dans la clandestinité, du programme du Conseil national de la résistance qui débouche, à la Libération, alors qu’il est ministre du Travail, sur la création de la Sécurité sociale. La ville de Paris lui a rendu hommage en inaugurant une place à son nom en 2009.
www.legrandsoir.info/Ambroise-Croizat-le-batisseur-de-la-Securite-sociale-l-Humanite.html
http://fr.wikipedia.org/wiki/Ambroise_Croizat



Une place Ambroise Croizat a été inaugurée à Paris le 2 décembre 2009.
www.ftm-cgt.fr/spip.php?article1032

Le député-maire de Carcassone a été sollicité pour qu'un espace de la ville porte le nom d'Ambroise-Croizat. « Oui, car au-delà de la mémoire, il y a l'histoire, et plus particulièrement l'histoire sociale. Regardez aujourd'hui comment on tend à instrumentaliser l'histoire et à la vider de son contenu social », souligne Xavier Verdejo, responsable du conseil scientifique de l'Institut d'histoire sociale (IHS) CGT de l'Aude.
Le premier ministre du Travail et de la Sécurité sociale de l'histoire de France vient tout juste d'être retenu dans le dictionnaire.
www.ladepeche.fr/article/2011/12/15/1240111-la-cgt-interpelle-les-elus-au-sujet-d-ambroise-croizat.html
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MessageSujet: Re: La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale   Sam 17 Déc - 10:31


«Travailleurs» ! «Travailleurs» !
Ou comment l'extrême droite laboure le champ sémantique de l'extrême gauche.
[Vidéo]
www.liberation.fr/politiques/06014565-travailleurs-travailleurs


Marine Le Pen pille le vocabulaire du Front de gauche

Jean-Luc Mélenchon (Front de gauche) a estimé lundi que Marine Le Pen (FN), lors de son meeting à Metz le dimanche 11 décembre, n'avait fait que « piller » le vocabulaire du Front de gauche alors que « tout ce qui intéresse la vie quotidienne des travailleurs ne la concerne pas ».

« Madame Le Pen est en panne de public, en dépit de la gonflette que lui assurent médias complaisants et les horrifiés de service », « mille personnes seulement pour son premier meeting de campagne !", écrit le candidat du Front de gauche à l'Élysée, sur son blog www.jean-luc-melenchon.fr.

La candidate du FN « a compris ce qu'est le fond de l’air devant la catastrophe qui s’avance. Elle s’avance donc sur les mots qui couvrent l’attente. La voilà qui parle de ‘révolution’. Oui mais attention ! On devine qu’il ne s’agit pas de ‘révolution citoyenne’ ni de révolution socialiste, bien sûr. Il s’agit de ‘révolution nationale’ », poursuit-il, y voyant une « reprise du label du régime du maréchal Pétain ».

Pour l'eurodéputé, elle « pille à grande échelle le vocabulaire et les références du Front de gauche : révolution, nuit du 4 août, porte-parole des ‘invisibles’ ».

« Nous comprenons l’intention : disputer le terrain à la seule force politique présente dans les entreprises et les quartiers populaires qu’est notre Front de gauche ». « La bataille est engagée entre elle et nous », « nous allons rendre visible aussi son déguisement », que ce soit sur l'augmentation du Smic, le blocage des loyers, ou la taxation des revenus du capital dont elle ne parle pas, affirme-t-il.

« Tout ce qui intéresse la vie quotidienne des travailleurs ne la concerne pas. Les tenants du système ont bien compris son utilité : ils font donc la promotion d’une Le Pen qui serait devenue la représentante des classes populaires. Cette nouvelle assignation injurieuse du peuple est une sorte de resucée de la vieille antienne ‘plutôt Hitler que le Front populaire’ », « plutôt le Front national que le Front de gauche », conclut M. Mélenchon.
www.google.com/hostednews/afp/article/ALeqM5jZQIF6aafO8RF3NmH4tF_CZ07Mlw?docId=CNG.12d738fc045c40f7c3183a20418bcf5a.221
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La novlangue. Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale
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