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 LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles

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Orwelle



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MessageSujet: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 21 Mar - 10:31


Bernard Gensane, professeur de Civilisation britannique à l’Université de Poitiers

LRU : A LIRE
À propos du "Cahier des charges" des universités

"Si vous croyez que la clé de la liberté se trouve derrière une loi injuste qu’il suffit d’abolir, dites-vous que cette loi a été inscrite de votre propre main sur votre propre front". (Khalid Gibran)

Je voudrais m’arrêter un instant sur un document que tous les collègues n’ont pas encore lu, un document plus important, à mes yeux, que le texte de la loi car il permet de nous imprégner de l’esprit même de la contre-réforme et, concrètement, de savoir de quoi l’avenir sera fait.

On trouve le Cahier des charges à l’adresse suivante : ( https://www.igf.minefi.gouv.fr *). Ce texte est signé conjointement par des hauts fonctionnaires de l’inspection générale des finances et par des hauts fonctionnaires de l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Ces éminences, dont le statut est, pour le moment, en béton, ont donc rédigé un document qui vise à privatiser, à financiariser l’université. Je peux vous assurer que ces huit personnes ont mis, non seulement tout leur zèle dans la rédaction de ces pages, mais encore toute leur jouissance.

Ce qui est très frappant, au premier abord, c’est que ce document ne parle jamais d’enseignement, mais de « gestion budgétaire et financière », de gestion des ressources humaines (l’expression " ressources humaines " vient de l’entreprise privée et n’avait pas cours il y a trente ans dans l’administration publique), de « gestion immobilière » (les universités vont devenir des agences immobilières stricto sensu et certains de nos collègues - contre primes sonnantes et trébuchantes - ont déjà enfilé l’habit d’agent immobilier), et enfin de « pilotage et de relation avec la tutelle ».

Alors que Madame Pécresse, et les médias qui la relaient, parlent d’« autonomie » des universités, ce document prouve que d’autonomie, il n’y en aura jamais plus. Tous les établissements seront en effet surveillés, en temps réel, par le panopticon du ministère, dans un constant mouvement d’action et de rétroaction. Le Cahier des charges permettra « d’apprécier la capacité des universités à assumer les nouvelles compétences prévues par la loi et à en tirer le plus grand parti ». Chaque université devra donc s’auto-évaluer en permanence, s’évaluer par rapport aux autres, tandis qu’elle sera, comme toutes les autres, évaluée par l’administration centrale en fonction de critères qui seront, on va le voir, de moins en moins universitaires. Toute décision du conseil d’administration sera « approuvée par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du ministre chargé de l’enseignement supérieur ».

Les personnels universitaires (enseignants, administratifs et techniques) ne seront plus rétribués par l’État, mais par les établissements eux-mêmes. Le document présente ce changement comme une « liberté » puisque le fléchage central des crédits diminuera. Le hic, c’est que la « fongibilité » des crédits sera « asymétrique » (il faut être au moins inspecteur général des finances pour inventer une expression aussi naturaliste qu’opaque). En aucun cas, en effet, l’enveloppe accordée aux personnels ne pourra être majorée. Elle pourra, en revanche, être diminuée au profit des crédits de fonctionnement et d’investissement. Vous pouvez faire toute confiance aux trois-quarts des présidents de la CPU, qui réclamaient cette loi depuis des années, et qui l’ont largement inspirée (ils ont donc toute l’objectivité nécessaire pour en parler), pour faire des économies « inévitables » (aucune ironie de ma part : elles seront inévitables) aux dépens de la rétribution des personnels. En clair, les personnels en place risqueront d’être moins payés, tandis que les personnels à recruter, dans la mesure où l’emploi sera « librement déterminé » par les établissements, se verront offrir des contrats (ce sera le cas, dès l’année prochaine, pour les personnels BIATOSS de rang B voulant passer rang A) " personnalisés ", globalement à la baisse dans la mesure où les avancements de carrière ne seront plus du tout garantis. Si cette catégorie de personnel a tout de suite fait l’objet d’un traitement de faveur, c’est parce qu’elle sera au centre de la " gouvernance " (autre vocable de l’entreprise privée), et donc d’une nécessaire docilité. Les universités devront recruter - aux dépens du personnel enseignant, par exemple - de nombreux personnels de gestion. En effet, la « fonction financière » des établissements sera tellement importante et délicate que des cadres nombreux et de bon niveau seront nécessaires. Ce n’est pas dans le texte, mais je vous fiche mon billet que ces personnels auront pris le pouvoir dans les universités avant dix ans. La tâche de ces experts sera ardue. Il leur faudra prendre en compte l’exécution budgétaire passée et la répartition des crédits entre unités budgétaires. Ils devront suivre pas à pas le déroulement de l’exécution budgétaire, effectuer un bilan annuel, maîtriser l’exécution budgétaire, optimiser celle-ci en réorientant les crédits en cours d’année et en limitant les reports de crédits.

Les universités disposant, en principe, d’une masse budgétaire double de celle actuellement à leur disposition, elles devront éviter de voter des budgets en déséquilibre, négocier sur des bases objectives le volet financier de leurs contrats pluriannuels, et « apprécier si elles sont capables de supporter dans la durée le coût de leurs décisions de gestion, notamment en matière de ressources humaines ou en matière immobilières ». Ces deux ressources figurant dans la même phrase, on sent bien que, dans l’esprit de nos éminences, les cerveaux ne compteront pas plus que les briques. C’est pourquoi les universités devront réaliser chaque année des « analyses financières rétrospectives et prospectives », en évaluant « le coût à court et moyen terme » de leurs décisions importantes.

La comptabilité des établissements aura été « remise à plat ». Le diagnostic des comptes devra être « de qualité », en particulier dans le domaine patrimonial. Pour « tirer le plus grand bénéfice de la réforme » (on ne parle toujours ni d’étudiants, ni d’enseignants, ni de recherche), les établissements devront limiter au maximum la part des crédits considérés comme fléchés, c’est-à-dire (à noter que les auteurs n’utilisent jamais " c’est-à-dire ", mais " i.e. ") dont l’emploi « n’est pas fixé par l’université mais par le financeur ». Une part des crédits sera évaluée en fonction « d’une appréciation de la performance des composantes », et pas seulement en fonction « du nombre d’étudiants ». Ouf ! Nous sommes à la page 6 du Cahier. Nos hauts fonctionnaires se souviennent brutalement qu’il existe des étudiants, mais ils en parlent à regret, de manière négative. Qu’en sera-t-il, dans les faits, de la gestion des ressources humaines ? Trois articles du « nouveau Code de l’éducation » (954 1, 2 et 3) sont capitaux. Le conseil d’administration définira la répartition de service des personnels enseignants et de recherche. Le conseil d’administration pourra créer des «dispositifs d’intéressements permettant d’améliorer la rémunération des personnels ». Le Président de l’Université (lui seul) pourra recruter « pour une durée déterminée, des agents contractuels pour occuper des fonctions techniques ou administratives de catégorie A » ou « pour assurer par dérogation [?] des fonctions d’enseignement et de recherche ». Les articles que je viens de citer ont été pensés pour faire disparaître la fonction publique de l’enseignement supérieur , comme c’est le cas dans de nombreux pays d’Europe et d’ailleurs. Tout président pourra, dans le secret de sa conscience, récompenser « le mérite et l’implication des personnels ».

Chaque fin de mois, les personnels seront rétribués par un établissement qui devra « sécuriser le processus de paye ». Le payement pourra faire l’objet d’une « procédure de paye à façon », « prestation payante proposée par le Trésor Public », ou d’une « paye interne », qui serait une « solution prudente ». Comme pour toute entreprise privée, le «pilotage » de la masse salariale va « devenir un enjeu essentiel pour les universités ». Les universités devront se doter d’un « logiciel de pilotage » (avec un pilote pour piloter, j’imagine), elles devront analyser finement les « effets volume » ( ?), les « effets prix » ( ?). Les auteurs du Cahier sachant pertinemment que les universités risquent de n’avoir ni les compétences financières ni les compétences techniques pour accomplir ce travail, ils suggèrent qu’elles « mutualisent » cet effort, car « il serait dommage que les universités se préparent en ordre dispersé à affronter un défi (je suis déçu : j’attendais " challenge ") qui se présentera partout dans les mêmes termes. Il existe d’ailleurs un Guide pratique du pilotage de la masse salariale (voir le site performance-publique.gouv).

* Le site de l'Inspection Générale des Finances n'est plus accessible, mais le rapport est téléchargeable ici :
Cahier des charges établi en vue de l'élargissement des compétences des universités prévu par la loi relative aux libertés et responsabilités des universités
http://ancmsp.apinc.org/IMG/pdf/IGF_IGAENR_cahier_des_charges_08oct.pdf


Dernière édition par Orwelle le Mar 25 Mar - 16:56, édité 1 fois
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Orwelle



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MessageSujet: SUITE   Ven 21 Mar - 10:33

À propos du "Cahier des charges" des universités (suite)

Il faut attendre la page 10 pour que les auteurs du Cahier abordent la dimension « qualitative » de la réforme. Pour les inspecteurs, qualité signifie avant toute chose « redéploiement ». En fonction des « besoins », bien sûr, en recrutant largement, à l’extérieur, des personnels enseignants titulaires (tant qu’il en restera, il suffit d’aller voir ce qui s’est passé à France Télécom, à La Poste ou à EDF), ainsi que des personnels non enseignants non titulaires, chaque université pouvant jouer « sur les modalités et les volumes de recrutement, sur les modalités de rémunération, de promotion et de carrière, de représentation, de régime horaire et de congés ». Tiens, tiens, pourra-t-on nous expliquer ce que les congés (de maternité, par exemple) ont à voir avec la rémunération et la promotion des personnels ?

Les présidents pourront récompenser les plus méritants. Ils pourront « concentrer les primes [?] sur un nombre raisonnable [sic] de bénéficiaires ». Ce qui permettra d’« élever » le montant des primes. Les primes pourront être modulées « en fonction de la manière de servir ». Vous avez bien lu : " servir ". Oui, il conviendra d’être les fidèles serviteurs de l’Université rénovée. Concernant la gestion immobilière, les universités pourront « aliéner tout ou partie de leur patrimoine ». Elles seront forcément conduites à le faire. Elles auront besoin de cache-flot (je m’initie au langage de l’Inspection Générale). Elles se retrouveront dans la situation, par exemple, de France Télécom qui vend ses bâtiments pour avoir du cache-flot et qui, l’instant d’après, les loue car il faut bien se loger. Avant de vendre, les universités pourront faire appel à des expertises privées pour évaluer leurs biens. Pour les universités, connaître en temps réel leur valeur patrimoniale impliquera un suivi de tous les instants, et l’obligation d’entrer dans une logique capitalistique et marchande afin de faire fructifier leurs biens. Mais il est clair que, dans l’esprit des rédacteurs du Cahier des charges, les établissements finiront, à terme, par vendre leur immobilier (« traduire dans les comptes la diminution progressive de la valeur des biens de l’université »). Ils vendront, simplement parce que Arrow l’université française possède un formidable patrimoine que le privé convoite depuis longtemps (mais il y a loin de la poubelle de Toulouse le Mirail - invendable en l’état - à l’ancienne faculté de droit de Poitiers), et qu’elle ne pourra pas garder éternellement parce que les établissements devront désormais « supporter les charges budgétaires liées aux amortissements », jusqu’à présent à la charge de la collectivité nationale.

Restent le pilotage et les relations avec la tutelle . On a beau être autonome, on n’en est pas moins tenu de fournir une « information régulière », après s’être doté « d’instruments d’audit interne et de pilotage financier et patrimonial selon des modalités fixées par décret ». Pour être efficace, il conviendra d’élaborer « un schéma directeur des systèmes d’information », accompagné d’un « renforcement des fonctions techniques et politiques dédiées [sic] au système d’information ». Dans la mesure où les établissements seront surveillés en temps réel, il sera possible « d’adapter les objectifs et le programme de travail de l’Agence de mutualisation des universités et établissements ». Comme on sait, par ailleurs, que la recherche sera elle aussi pilotée par Paris, les conséquences de la nouvelle loi seront la disparition d’un grand nombre d’établissements ou, à tout le moins, de parties d’entre eux, le regroupement autoritaire d’universités qui auront réussi à préserver provisoirement leur intégrité, et la constitution d’énormes pôles, non pas d’excellence, mais de rentabilité. Cette masse considérable d’informations à fournir (nos hauts fonctionnaires, nourris de culture française, utilisent le terme reporting, trouvé, j’imagine, dans leur lecture du Financial Times) au ministère impliquera, je l’ai dit, le recrutement d’une armée de clercs, des contractuels, cela va sans dire. Les universités joueront leur existence dans une sorte de Bourse (aussi rationnelle que les " Stock Exchanges " que nous connaissons déjà). Elles ne s’en sortiront que si elles offrent une « sécurisation juridique et financière » de leur fonctionnement.

Il aurait suffi, il y a quelques mois, qu’une poignée de conseils d’administration se sabordent et boycottent la Loi Pécresse (un seul vient de le faire tout récemment). L’histoire aurait basculé en faveur des défenseurs du service public, de la vraie mission de l’Université qui n’est pas de faire des affaires, de coller au train du patronat en fournissant, loin de tout projet humaniste, des compétences sans aucune réflexion critique, de marchandiser le savoir et de précariser tous ses personnels. Nos présidents ne pouvaient prendre cette initiative. Ils veulent être réélus. Un coup de pied dans la fourmilière, et ils auraient dû faire une croix sur des lendemains qu’ils croient enchanteurs et qui ne le seront pas. Maîtres en leur demeure, recevant des émoluments assurément plus élevés qu’aujourd’hui, ils devront cependant filer doux devant les vrais détenteurs du pouvoir.

Il y a beaucoup plus préoccupant que les calculs tactiques des présidents d’université. Les universités européennes sont entrées dans un processus d’« économie de la connaissance », pour reprendre une expression officielle de Bruxelles. Qui dit économie dit compétition, raréfaction, renchérissement de ces connaissances. Le premier chapitre du Cahier des charges, celui qui commande le reste, s’intitule, je le rappelle, « la gestion budgétaire et financière ». Ce qui sous-entend clairement que les universités vont devenir des entreprises, mais non des entreprises industrielles vendant (ou achetant) des brevets ou des diplômes, ce qui serait déjà un pur scandale : elles seront des entreprises financières , ce qui est une horreur. À très court terme, les droits d’inscription des étudiants vont exploser. Lorsque la loi était encore en discussion, les responsables des syndicats étudiants s’étaient polarisés sur ces droits, sans regarder plus loin que le bout de leur nez. Exclamation Madame Pécresse leur avait donné momentanément satisfaction pour obtenir leur neutralité bienveillante. Que ces responsables aillent observer ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis : comme leurs parents victimes des taux de crédit immobiliers, des milliers d’étudiants ne peuvent plus rembourser les sommes considérables empruntées pour financer leurs études.

Concluons : l’objectif de cette loi et de son Cahier des charges est de détruire l’université française en tant qu’outil de formation et d’émancipation afin de la soumettre - classement de Shanghai oblige - aux desiderata du CAC 40 . Pour faire entrer en application un projet, une loi aussi réactionnaires, il fallait interdire tout espace de contestation en réduisant le poids du conseil d’administration, en introduisant des chefs d’entreprise en tant que tels dans les instances dirigeantes, en réduisant l’influence des personnels et des étudiants. Ce déni de démocratie coupera à jamais l’Université de la citoyenneté, du politique au sens noble du terme. Les marchés apprécient déjà.

Bernard Gensane
20 12 2007
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58210
https://www.igf.minefi.gouv.fr/sections/les_rapports_par_ann/2007/


Arrow Bataille sur le trésor immobilier des universités parisiennes

21 03 2008
http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/21/bataille-sur-le-tresor-immobilier-des-universites-parisiennes_1025989_823448.html


Dernière édition par Orwelle le Sam 22 Mar - 7:53, édité 1 fois
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 21 Mar - 10:49

albino
Valérie Pécresse, ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche :
Arrow «Le vrai problème, c’est la question du logement» clown

http://www.liberation.fr/actualite/societe/316912.FR.php
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mar 25 Mar - 16:59



La recherche française amorce une réorganisation contestée

"Découper pour mieux régner." C'est ainsi que l'association Sauvons la recherche analyse la réorganisation, décidée par le gouvernement, des deux principaux organismes publics de recherche français : le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).

L'objectif, dénonce le biologiste Alain Trautmann, membre du conseil d'administration de l'association, est d'"augmenter l'efficacité du pilotage de la recherche par le politique" en "découpant les organismes en instituts plus petits et encore plus dociles". Avec pour résultat de "réduire l'indépendance – pourtant très relative – de la direction de ces organismes".

Le CNRS et l'Inserm ont en effet reçu de leurs ministères de tutelle (recherche pour le premier, santé et recherche pour le second) des feuilles de route qui, en termes similaires, leur enjoignent de "repenser profondément" leur organisation interne.

S'agissant du CNRS, la ministre de la recherche, Valérie Pécresse, lui demande de "substituer aux départements scientifiques actuels une structuration en grands instituts nationaux de recherche". Cela, justifie-t-elle, afin d'"améliorer la lisibilité et la prévisibilité de son action". Cette réforme devra être mise en place dans le cadre du plan stratégique que l'établissement doit adopter d'ici à l'été.

Une telle réorganisation serait lourde de conséquences pour le CNRS, dont l'activité est aujourd'hui organisée en six départements scientifiques (mathématiques, physique, planète et Univers ; chimie ; sciences du vivant ; sciences humaines et sociales ; environnement et développement durable ; sciences et technologies de l'information et de l'ingénierie), auxquels s'ajoutent deux instituts nationaux (physique nucléaire et physique des particules ; sciences de l'Univers).

Dans une lettre adressée aux cadres de l'établissement, sa présidente, Catherine Bréchignac, et son directeur général, Arnold Migus, reprenant à leur compte les desiderata du gouvernement, font valoir "les excellents résultats scientifiques" des deux instituts nationaux dépendant du CNRS. Tout en soulignant que, par nature, des instituts ont "une autonomie de fonctionnement supérieure à celle des départements scientifiques".

MISE EN GARDE

Selon certains chercheurs, c'est précisément là que se trouve le danger : celui de la transformation du CNRS en holding d'instituts dont l'autonomie affaiblirait la capacité de l'organisme à mettre en œuvre une politique scientifique coordonnée. "Ce serait perdre ce qui fait l'originalité et la richesse de cet établissement, c'est-à-dire son interdisciplinarité", s'inquiète Philippe Blache, directeur du Laboratoire parole et langage (CNRS-université de Provence).

Les six cents patrons de laboratoire qui se sont réunis, le 4 mars au Collège de France, pour donner un coup de semonce au gouvernement, ont mis en garde contre "le risque d'éclatement du CNRS", qui s'apparenterait, selon eux, à un démantèlement déguisé.

Le cas de l'Inserm, dont les laboratoires ne sont pas regroupés en départements scientifiques, est différent. Son directeur général, André Syrota, doit soumettre à son conseil d'administration, jeudi 27 mars, un nouveau schéma d'organisation autour de huit instituts thématiques : neurosciences, neurologie, psychiatrie ; génétique et développement ; cancer ; maladies infectieuses ; cœur, métabolisme, nutrition ; immunologie, hématologie, pneumologie ; santé publique ; sciences et technologies pour la santé.

L'objectif majeur du gouvernement n'est pas ici de procéder à un "saucissonnage", mais de faire de l'Inserm la plaque tournante de toute la recherche biomédicale française. "Il faut en finir avec le morcellement des structures qui, alors même que nous avons d'excellentes équipes, nuit à notre système de recherche en santé, plaide Valérie Pécresse. La méthode qui consiste à créer, pour chaque nouveau programme – sur le sida, le cancer ou la maladie d'Alzheimer –, une nouvelle agence a atteint ses limites." L'ambition, poursuit la ministre, est de mettre en place "un acteur puissant, capable d'orienter la stratégie et de coordonner les moyens de l'ensemble de la recherche biomédicale, avec un rôle de leader en Europe".

Les futurs instituts de l'Inserm prendraient ainsi la main sur les travaux que mènent aujourd'hui en parallèle, dans les sciences du vivant, d'autres organismes comme le CNRS, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) ou l'Institut de recherche pour le développement (IRD).

Ces restructurations suscitent pour l'instant, chez les scientifiques, davantage d'interrogations que de mobilisation, même si une quinzaine de syndicats de chercheurs appellent à des rassemblements, le 27 mars, devant les sièges parisiens du CNRS et de l'Inserm. Elles interviennent – c'est ce qui leur donne une dimension politique dépassant le simple réaménagement technique – alors que le gouvernement a confirmé sa volonté de transformer les grands organismes, jusqu'alors opérateurs de recherche responsables de leur politique scientifique, en agences de moyens gérant des personnels et des équipements. Le CNRS et l'Inserm ne sont que les premiers sur la liste.

Pierre Le Hir

Deux organismes majeurs

Le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Présent dans toutes les disciplines scientifiques, il regroupe 26 000 agents, dont 11 600 chercheurs et 14 400 ingénieurs, techniciens et administratifs. Ces agents travaillent dans 1 260 laboratoires, le plus souvent cogérés avec des universités. Budget 2007 : un peu plus de 3 milliards d'euros.
www.cnrs.fr/
www.cnrs.fr/cnrs-images/multimedia/ausonius/


L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Dédié à la recherche biologique, médicale et en santé publique, il compte 13 000 agents, dont 6 000 chercheurs. Ils sont répartis dans 335 laboratoires, dont 80 % sont implantés dans des centres hospitalo-universitaires. Budget 2007 : environ 600 millions d'euros.
www.inserm.fr/fr/

http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/03/25/la-recherche-francaise-amorce-une-reorganisation-contestee_1026932_3244.html#ens_id=1026933
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 9 Mai - 13:00



Les enseignants du supérieur se joignent à la grève du 15 mai

Après les enseignants du primaire, du secondaire, du public, du privé, les lycéens et les étudiants, il ne manquait plus qu’eux : les chercheurs et les universitaires se joindront à la grève le 15 mai, journée d’action dans la fonction publique. Réunis en intersyndicale, ils réclament notamment «l’arrêt du projet de dissolution des organismes de recherche et leur vente à la découpe» et «l’amélioration du statut du fonctionnaire». Les cinq grandes fédérations d’enseignants ont appelé à la grève, ainsi que les deux syndicats lycéens, trois organisations étudiantes et sept associations. Même les enseignants du Snalc, plutôt à droite, débrayeront. «La politique éducative du gouvernement se résume à une politique d’économies budgétaires», accusent-ils. La FEP-CFDT, principal syndicat du privé, sera de la partie, critiquant les réductions de moyens et les programmes du primaire. Le 18 mai, la FSU appelle en outre à une manifestation nationale. Avant une nouvelle journée d’action, le 24 mai.

www.liberation.fr/actualite/societe/325416.FR.php
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 21 Mai - 23:59



Pécresse soulève un tollé de protestations

Le SnesSup-FSU vient de lancer un appel à un rassemblement demain devant le siège du Cnrs, à Paris.
Motif : l'interview de Valérie Pécresse, la ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur, dans Le Monde, hier.
La ministre y annonçait une "réorganisation du Cnrs" en Instituts. Mais décidait, d'emblée, que les sciences de la vie et l'informatique - soit près du tiers des chercheurs de l'organisme - seraient exclus de cette réorganisation. Et que la "coordination nationale des sciences de la vie" serait hébergé à l'Inserm, l'institut national de la santé et de la recherche médicale. Quant à celle des sciences informatiques, elle se ferait "avec l'INRIA".

Cette déclaration est moins surprenante par son contenu, en phase avec des déclarations antérieures, que par son calendrier. Demain, doit en effet se tenir une réunion du Conseil d'Administration du Cnrs qui devait se pencher sur le plan stratégique du Cnrs. Puis, début juin et le 19 juin, le Conseil Scientifique du Cnrs et son Conseil d'Administration devaient se prononcer sur cette réorganisation. La ministre a donc court-circuité toute l'institution. D'où le tollé syndical. Une situation "abracadabrantesque", s'indigne Yves Langevin, président de la conférence des section du Comité national de la recherche scientifique.

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/05/pcresse-soulve.html
http://www.liberation.fr/actualite/politiques/327363.FR.php


Pécresse est la fille de Dominique Roux, nommé président de Bolloré telecom en janvier 2007 et l'épouse de Jérôme Pecresse, directeur général adjoint d’Imerys, numéro un mondial des minéraux de spécialité.
Valérie Pécresse représente les intérêts des grands industriels par rapport à la recherche et aux universités.

La ministre présente donc une proximité avec des intérêts privés et de groupe importants, qui paraît incompatible avec l'exercice au plus haut niveau de l'Etat de fonctions dans un domaine susceptible de concerner directement ces intérêts. Demander la démission de Valérie Pécresse ne relève donc en rien de l'attaque personnelle.

http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=83487
http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Roux
www.imerys.com/scopi/group/imeryscom/imeryscom.nsf/pagesref/SCMM-6ZFN6E?opendocument&lang=fr


Valérie Pécresse favorable à l’évaluation des professeurs par les étudiants
www.studyrama.com/article.php3?id_article=31509

Appel : Pas de CNRS sans Sciences humaines et sociales
www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1867
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Dim 22 Juin - 12:56



Projet de réforme "Horizon 2020"
www.cnrs.fr/cnrs2020/IMG/pdf/Plan_Strategique_CNRS_CS_16_juin_2008_080613.pdf

Les chercheurs du CNRS se mobilisent

Bertrand Monthubert, président de SLR, exhorte les chercheurs à la "résistance" contre "une avalanche de réformes non concertées qui signent la mort définitive du service public d'enseignement supérieur et de recherche".

Les syndicats ont empêché la tenue du conseil d'administration qui devait avaliser la réforme de l'organisme.

Des milliers de chercheurs ont défilé le 19 juin entre le siège du CNRS et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à Paris.
Les fédérations avaient appelé à bloquer le conseil d'administration et à occuper les délégations régionales du CNRS. Le CA, qui devait avaliser la réforme, a été reporté sine die.
La présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, a réagi en déclarant que le texte passera "une fois qu'on aura une majorité" et "que cela bougera avant l'été".

www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/06/19/les-scientifiques-font-barrage-a-la-reorganisation-du-cnrs_1060072_3244.html

Freezing au Salon de la Recherche et de L'Innovation
www.dailymotion.com/video/x5q479_freezing-au-salon-de-la-recherche-e_news
http://ptutoy.over-blog.net/article-20470978.html

Derrière cette réforme se cache une volonté du pouvoir de contrôler politiquement la recherche et de supprimer l’autonomie des chercheurs. Normalement, l’Etat définit de grandes orientations pour la recherche et les laboratoires s’organisent ensuite de façon autonome. Le gouvernement veut aujourd’hui casser cette autonomie en réservant les financements aux projets considérés comme prioritaire. Mais ce sont souvent des pistes de recherches non prévues qui s’avèrent riches en découvertes. Seul le chercheur sur le terrain peut s’en rendre compte.

Nous sommes passés en quelques années de la quatrième place mondiale en termes de financements publics à la quinzième. Nous nous débrouillons malgré tout, tant bien que mal, avec l’argent que nous recevons: nos articles sont cités, nous avons des prix et des récompenses internationales. Mais il est clair qu’à force de rogner sur les budgets, la recherche française risque de s’appauvrir.

Bertrand Monthubert, président de "Sauvons la recherche"

www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20080619.CHA3120/letat_veut_controler_politiquement_la_recherche.html

Alors qu'on veut morceler le CNRS en une demi-douzaine d'instituts,
le projet Campus Universitaire Paris Centre voit le jour.


L'Institut d'Etudes Politiques de Paris (IEP ou Sciences Po), où enseignent un certain nombre de « hauts fonctionnaires » et dont des activités telles que les cours de formation continue s'adressent très largement au secteur privé, est un établissement dirigé par le conseiller d’Etat Richard Descoings, membre du Siècle d’après Marianne et invité à la réunion de 2006 du groupe de Bilderberg d’après Acrimed. Sciences Po vient de mettre en ligne un communiqué commun avec les Universités Paris Descartes (Paris V), Paris Diderot (Paris VII) et l’Observatoire de Paris annonçant un « nouveau projet intitulé Campus Universitaire Paris Centre, dans lequel les axes pédagogiques et scientifiques propres à ces établissements seront présentés accompagnés d’un programme « d’amélioration et de développement de la vie étudiante » commun à tous les établissements parisiens qui déposeront un dossier ». On peut lire sur le site de l’IEP de Paris :
« Deux grandes Universités multidisciplinaires et deux Grands Etablissements unissent ainsi leurs moyens et leurs forces pour constituer, au cœur de la capitale, un ensemble universitaire d’envergure mondiale, articulé autour d’un projet scientifique faisant dialoguer de manière innovante et dynamique les sciences humaines et sociales et les sciences expérimentales. »

Il s’agit donc d’une véritable fédération d’universités qui, à l’opposé des instituts envisagés pour le CNRS, se met en place dans le cadre d’un véritable processus de fusion.

La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse est d’après Wikipédia, « la fille de Dominique Roux, professeur d’université et président de Bolloré Télécom. (....) mariée (...) à Jérôme Pécresse (directeur général adjoint d’Imerys, numéro un mondial des minéraux de spécialité) » et le fait que les intérêts de L’Oréal, Nestlé et Bolloré Télécom dans la recherche correspondent précisément aux secteurs du CNRS à l’avenir le plus incertain.
Dans de telles conditions, et sans vouloir formuler aucune mise en cause personnelle, ne peut-on malgré tout s’interroger sur l’apparence d’impartialité et d’indépendance de l’ensemble de ces « réformes » ?

Commentaire du 20 juin 2008 - 12h37
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article67869
www.educpros.fr/detail-article/h/969e043bf7/a/operation-campus-sciences-po-rejoint-le-projet-paris-centre.html

www.20minutes.fr/article/238303/Bordeaux-Les-chercheurs-du-CNRS-a-terre-pour-defendre-leurs-laboratoires.php

4ème Colloque en anglais des Doctorants première année EDSG
12 doctorants, introduits par un modérateur, ont disposé de 15 minutes pour présenter leur avancement de thèse en anglais. Ce colloque d'anglais a permis, grâce à Michelle Mielly, de sensibiliser les doctorants à la manière de faire américaine concernant la présentation d'un travail de recherche...
www.cerag.org/spip.php?article190

http://horsagcslogo.chez-alice.fr/ cyclops
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Lun 30 Juin - 10:15



Sciences dures et pouvoir militaro-industriel
La dictature des experts

Extraits d'un texte du groupe Oblomoff :

Plateforme critique de la recherche scientifique

Le modèle de la science conserve aujourd’hui une grande force, image d’universalité et de puissance dans un contexte de dérèglement climatique et de délabrement social globalisé. Un domaine où, quand tout s’écroule parailleurs, ça continue d’avancer.

Certes, un corpus de connaissances rigoureusement établi sera toujours indispensable, tout comme l’élaboration de techniques au service des-communautés humaines. Mais tout cela est très marginal au sein de ce que l’on appelle aujourd’hui la Recherche, et sert le plus souvent à justifier le reste.

Nous dénonçons la collaboration active des chercheurs avec les pouvoirs militaires et industriels qui les financent, définissent leurs objectifs et utilisent les connaissances et les techniques issues des laboratoires. Cette collaboration remonte aux origines de la science moderne : les progrès des sciences ont toujours entretenu d’étroites relations avec ceux des techniques de guerre. Mais elle a connu un saut quantitatif et qualitatif décisif avec la Seconde Guerre Mondiale.

La volonté de savoir est l’alibi qui sert à faire accepter la course à l’armement et la compétition économique internationale.

À l’heure où ce goût pour la puissance vient clore tout questionnement sur le monde, nous tenons à dénoncer les mythes qui viennent légitimer ou occulter cette collaboration :

Le mythe du Progrès... la modernisation a causé un tel désastre écologique que les choses les plus élémentaires sont maintenant devenues du luxe : eau et air purs, alimentation saine, végétation.

Dans le cas de la science, la vision progressiste de l’histoire se berce encore de l’idée que toute avancée des connaissances est intrinsèquement bonne...

Il est pourtant urgent de comprendre que les dégâts induits par la frénésie scientifique sont souvent irréversibles. Principale responsable de leur multiplication, la technoscience ne pourra rien (ou si peu) face aux radiations, aux cyclones ou aux cancers, qui sont et resteront des catastrophes. Prétendre les résoudre par des solutions techniques revient à s’enfermer dans une fuite en avant absurde.

Le mythe de la « Recherche publique » dessine l’image d’une recherche qui obéirait à des critères fondamentalement différents de ceux de la recherche privée. Or les deux sont depuis longtemps inextricables, tant au niveau de l’organisation et du financement des programmes que du type de questionnement en vigueur.

Depuis ses débuts, la science moderne consiste essentiellement à produire des faits à partir de machines : c’est une technoscience. Le mouvement même des techniques et des savoirs rend aujourd’hui insensée la croyance en une science qui serait pure connaissance, à côté d’une science dite « appliquée ». Dans les sciences dures, les faits sont informulables en dehors de tout l’appareillage technologique qui les sous-tend...

Les progrès de la science ont d’eux-mêmes confirmé l’inanité de cette religion de substitution : la science, aussi avancée soit-elle, n’atteindra jamais l’objectivité absolue et ne fournira pas de réponse aux interrogations fondamentales de l’être humain.

À rebours de tous les projets politiques, de gauche ou de droite, qui souscrivent encore à ce projet de maîtrise totale du vivant et ne proposent que de s’y engouffrer un peu plus, nous pensons que le point de départ de toute réflexion politique devrait résider dans ce double constat :

L’effondrement
de plus en plus rapide des conditions biologiques de notre survie, et corrélativement, la mainmise de la technoscience sur la survie et la reproduction de tous).

la raison critique et la sensibilité, aussi atrophiées soient elles aujourd’hui, nous rendent malgré tout irréductibles à du bétail, des marchandises ou des machines. C’est en nous appuyant, entre autres, sur ces facultés, que nous pourrons maintenir une indépendance critique, et cultiver des réflexions et des savoir-faire qui ne donnent pas prise aux États, aux industries et à leurs marchandises. S’en prendre à la Recherche signifie se placer à côté de tous ceux et toutes celles qui essaient de se réapproprier leur vie.

Tant de choses sont à faire pour mener une telle offensive :

recenser, actualiser et mettre en commun les critiques de la science moderne, pour rompre avec la spécialisation et l’isolement qui ont cours dans les laboratoires.

Comprendre comment des mouvements de contestation forts dans les années 1970, comme par exemple les luttes contre la recherche militaire ou le nucléaire, se retrouvent aujourd’hui complètement anéantis, noyés sous le déferlement technologique.

Diffuser cette critique de la Recherche et du monde industrialisé partout où il est encore possible de faire entendre une voix discordante, et mettre fin, là où l’on peut, à l’insupportable impunité de l’obscurantisme scientiste. Dénoncer sans ambiguïté toutes les procédures pseudo démocratiques (forums hybrides, conférences de citoyens, sondages sur internet...) qui consistent à faire valider par le plus grand nombre des décisions déjà prises, et qui, par-là, intègrent, neutralisent et discréditent la critique.

Être partout, en somme, où se déploie la dictature ordinaire de la vérité des experts, afin de rappeler les vérités dont ils s’agit, quelles usurpations et quel type de monde ils défendent.

La question n’est pas de rapprocher la science du citoyen, mais de casser la logique de l’expertise, de dénoncer le mensonge de la neutralité de la recherche et d’empêcher la science contemporaine de contribuer, au jour le jour, à détruire la politique, la remplaçant par une affaire technique.

Groupe Oblomoff
http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=35542

Des drones français au Tchad
http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/06/des-drones-fran.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Lun 30 Juin - 10:18



2 juin 2006
Grenoble inaugure le premier pôle européen dédié aux nanotechnologies
Baptisé Minatec, le principal centre européen de recherche en nanotechnologies a ouvert ses portes le 2 juin à Grenoble.
www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39355179,00.htm

9 juin 2006
L'après-manif de Grenoble contre les nanotechnologies
Lucas et samuel sont convoqués au tribunal de Grenoble le lundi 19 juin à 14h00, où ils seront jugés pour "avoir participé volontairement à un attroupement après sommations et dispersion".
http://lenumerozero.lautre.net/spip.php?article921

5 juin 2007
NANOTECHNOLOGIES : LYON REJOINT GRENOBLE
Recherche. Fini les microtechnologies, place aux nanos (0000 000 001 mètre).
www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=1401

14 janvier 2008
Nanotechnologies : Nicolas Sarkozy veut un grand programme pour la France.
Toulouse en ligne de mire avec Paris et Grenoble.
www.midenews.com/fr/presse/article/lire?id=1585

Nanobiologie, nanomatériaux, nanoélectronique. L’ensemble de ces trois champs s’articulent les uns aux autres avec plus ou moins d’intensité et de distance. Ils ont un impact important sur les modalités d’organisation de l’activité industrielle qu’ils mobilisent dans la zone concernée. En effet, la nanobiologie est essentiellement structurée autour de nombreuses petites entreprises et des grands groupes pharmaceutiques, alors que les activités industrielles concernées par la nanoélectronique s’organisent, pour l’essentiel, autour de très grands groupes, quelques petites entreprises et des grands équipements partagés.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Nanotechnologie

http:// avdil.gtri.gatech.edu/RCM/RCM/DroneProject.html

Arrow Pièce et Main d'Oeuvre
Site de bricolage pour la construction d'un esprit critique grenoblois
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 2 Juil - 21:35

La représentante de l'Union des Maquignons de la Politique a dû reculer



La refonte du CNRS est lancée

Le conseil d’administration du CNRS, que la mobilisation des chercheurs avait empêché de se tenir le 19 juin, a adopté hier un projet de réforme amendé qui entérine le principe d’une structuration en instituts disciplinaires chargés d’encadrer les laboratoires.

Le CNRS est actuellement organisé autour de six départements scientifiques, qui regroupent souvent plusieurs disciplines, et deux instituts nationaux pour la physique nucléaire et les sciences de l’univers. Le plan stratégique Horizon 2020 affirme que «toutes les disciplines actuellement représentées au CNRS ont vocation à y rester et à se structurer en instituts», selon un communiqué du CNRS. Il doit redéfinir les relations entre le plus gros organisme de recherche français et les universités qui deviendront autonomes et renforcer «la dimension pluridisciplinaire au niveau de la direction générale»

www.liberation.fr/actualite/politiques/336279.FR.php

Le plan stratégique présenté au Conseil d'administration

Sur {sciences²} , le blog de Sylvestre Huet

Petits extraits des commentaires

Ce texte prévoit que toutes les disciplines du Cnrs ont vocation à s'organiser sous la forme d'Instituts dont les directions et les budgets dépendront de la direction générale du Cnrs et non de décisions et nominations ministérielles.

Vendredi 27, Valérie Pécresse a envoyé une lettre à Gilles Boetsch, le président du Conseil scientifique du Cnrs où elle mettait par écrit cet engagement : "toutes les disciplines doivent être traitées avec une égale dignité et organisées de manière homogène en instituts". Et "tous ces instituts du CNRS ont par ailleurs vocation à assurer des missions nationales et à prendre toute leur part dans la nécesssaire coordination qui doit se mettre en place avec les autres organismes de recherche lorsque les champs disciplinaires sont partagés".

L'objectif de Sarkozy, de démanteler les organismes de recherche, verser leurs personnels aux Universités, et les transformer en pures Agences de moyens, c'est-à-dire en distributeurs de crédits à des équipes sur appels d'offres, aboutirait à un suicide programmé de la science française puisqu'il n'existe pas de solution de remplacement au Cnrs.

Cet éclatement programmé devait aboutir à un cloisonnement supplémentaire en lieu et place de l'interdisciplinarité et du regrouppement de scientifiques d'origines diverses autour d'un objet commun d'étude ou d'action, mode présenté partout comme l'avenir de la science.

cyclops Par une astuce de langage, Pécresse transformait cet éclatement en développement de la place du CNRS dans le pilotage du système de recherche national, alors même que son (mauvais) traitement budgétaire indique bien qu'on veut la réduire.

"La manip était tout de même cousue de cable blanc. En gros : laissons les scientifiques du Cnrs élaborer ce qu'ils veulent comme stratégie et prospective scientifique et après on file l'argent à l'ANR dont la direction entièrement nommée par le ministre et dénuée de conseil scientifique comme d'obligation de tenir compte des avis des Instituts nationaux du Cnrs fera ce qu'elle voudra."

Le démantèlement du CNRS est suspendu, mais les menaces persistent.

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/06/demain-le-conse.html

Les Usuriers Massacreurs du Public sont bien stupides pour croire qu'il est facile de tromper des chercheurs. Maudits Pignoufs !
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mar 2 Sep - 15:26



Limogeage au CNRS

Hier, Marie-Françoise Courel, la directrice du département SHS (sciences humaines et sociales) annonçait son limogeage par la présidente du Cnrs. Immédiatement, tous les directeurs scientifiques adjoints du département ont présenté leur démission "par solidarité"... tous sauf un, le médiéviste Bruno Laurioux, illico nommé "directeur par intérim". Ce matin, la direction du Cnrs annonce cette nomination, ainsi que celle d'un comité de sélection, présidé par l'historien Marc Fumaroli (...)

Pour Philippe Blache, directeur du laboratoire Parole et Langage (Aix), ce limogeage pourrait préparer une issue "catastrophique pour la recherche" du débat sur l'avenir des sciences humaines et sociales au Cnrs.

Après la biologie et l'informatique, les SHS sont donc ciblées. Marie-Françoise Maurel avait en effet engagé une concertation avec les directeurs de laboratoires, afin d'aboutir à une proposition d'Institut National des SHS conservant le périmètre du Cnrs et améliorant son fonctionnement. L'arrêt brutal du processus montre que le gouvernement, et s'inquiète maintenant Philippe Blache, avec l'appui de la direction du Cnrs, n'entend pas négocier la future place des SHS mais imposer son point de vue.

Dans ce cadre, décapiter les SHS, puisque Bruno Laurioux n'aura manifestement d'autre fonction que de signer les bons de commande, prive les scientifiques d'un représentation auprès de la direction du Cnrs et du gouvernement, relève d'une bonne tactique. Déjà, une pétition de directeurs de labos des SHS circule pour protester contre cette décision.

Une volonté qui s'inscrit dans une perspective du démantèlement du Cnrs comme organisme pluridisciplinaire, couvrant l'ensemble de la recherche, au profit d'Instituts spécialisés, dénués d'une direction commune effectuant des arbitrages en allocations des ressources, et organisant les actions de recherches transversales, entres les différents champs scientifiques.

Pour Philippe Blache, l'enjeu est clair : "Si le Cnrs perd son caractère pluridisciplinaire, il n'a plus de raison d'être, et on se retrouvera avec des Instituts disciplinaires cloisonnés". Une logique qui lui semble à rebours de l'évolution de la science, à l'image de son laboratoire où "des spécialistes du langage travailllent avec des informaticiens et des biologistes". Il n'a échappé à personne qu'un tel dispositif permet en outre au pouvoir politique de saper une structure qui a souvent permis un minimum d'autonomie du milieu scientifique vis à vis des gouvernements. (...)

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/09/cnrs-catherine.html#more
http://qui.quen.grogne.free.fr/n-obs/Sauvons-la-recherche-contre-la-reforme-du-CNRS.php

L'Urticante Menteuse Pathologique en action :
http://latelelibre.fr/index.php/2008/05/pecresse-et-les-cerveaux-francais/
www.libetoulouse.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/06/03/ups001_1.jpg
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 7 Jan - 8:46



Accord de reconnaissance de diplômes du Vatican par la France

Cet accord vise à "faciliter la lisibilité des diplômes délivrés par des établissements catholiques en permettant la reconnaissance d'un niveau universitaire qui facilitera aux étudiants leur poursuite d'études, les universités conservant leur liberté de reconnaître ou non ce niveau de diplôme".

Les deux ministères ont rappelé que "sont visés par cet accord les diplômes canoniques délivrés par les universités catholiques et les établissements d'enseignement supérieur dûment habilités par le Saint-Siège, ainsi que les diplômes ecclésiastiques directement délivrés par les facultés ecclésiastiques sous l'autorité du Saint-Siège".

De son côté, l'Union nationale des étudiants de France parle dans un communiqué diffusé d'une "décision prise en catimini", qui "constitue la mise en application du discours de Latran de Nicolas Sarkozy, qui regrettait que l'Etat 'répugne à reconnaître la valeur des diplômes des établissements d'enseignement supérieur catholique'".

"Cet accord foule aux pieds les principes laïcs de la République et de l'enseignement supérieur et ouvre une brèche dans le monopole public de délivrance des diplômes nationaux", estime l'UNEF.

Pour le syndicat étudiant, "si les établissements privés catholiques ont le droit de disposer de leurs formations propres, l'Etat a le devoir de garantir des règles nationales claires aux diplômes nationaux en termes d'absence de sélection, de modalités d'évaluation, d'adossement des formations à la recherche, et de garanties d'indépendance des savoirs".

"En permettant une reconnaissance automatique de ces diplômes canoniques ou de théologie, l'Etat renonce à toute évaluation scientifique de leur contenu, jusqu'à présent du ressort de jurys rectoraux ou effectué par le biais de conventions avec une université publique", ajoute l'UNEF.

L'UNEF affirme en outre que "le processus européen de Bologne, non contraignant pour les Etats, n'impose nullement une telle reconnaissance automatique et se trouve pris en otage par la volonté présidentielle de réchauffer les relations entre la France et le Vatican".

http://fr.news.yahoo.com/3/20090106/tfr-diplomes-france-vatican-unef-56633fe.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 14 Jan - 17:41



La « nouvelle criminologie » et les projets de contrôle de la recherche sur la « sécurité intérieure »
Dramatiser l’insécurité pour militariser les questions de sécurité

Laurent MUCCHIELLI nous met en garde : les universités et le CNRS sont aujourd’hui saisis du projet de création d’une « nouvelle criminologie » française émanant du pouvoir politique actuel et s’inscrivant dans un programme plus vaste de mise sous tutelle de la recherche sur les questions de sécurité et de justice pénale. Ce projet ne présente pas les garanties requises en termes de cohérence intellectuelle et scientifique, d’indépendance de la recherche et d’existence de débouchés pour une telle formation universitaire.

Sous l’égide d’un Conseil supérieur de la formation et de la recherche stratégique rattaché fonctionnellement au Premier Ministre mais dont les orientations seront fixées par le chef de l’Etat, Alain Bauer*, propriétaire de la société privée de conseil en sécurité AB Associates – mais se présentant comme « criminologue », Pierre Tournier, directeur de recherches au CNRS, et Xavier Raufer, journaliste qui a obtenu récemment un doctorat de géographie, proposent un projet dont les orientations fondamentales visent la réorganisation de la recherche sur la « sécurité intérieure », qui semblent des plus dangereuses pour l’avenir de la recherche publique.

Le rapport Bauer par le biais du « terrorisme », de la « criminalité organisée » et de la « sécurité globale » (mentionnée 43 fois dans le rapport !), s’ingère dans l’organisation de l’enseignement et de la recherche en matière de délinquance et de justice pénale. De même, il ressort d’un projet diffusé en juillet 2008 par M. Tournier qu’il s’agit de centraliser les données, les financements incitatifs de recherche, la formation universitaire et la réalisation de la recherche.

Pareil projet pose d’abord un problème de conception. Ce que l’on y nomme « criminologie » consiste à réduire l’étude de la délinquance et du domaine pénal aux dangers du monde et aux nouvelles menaces.

Un bilan tendancieux de l’existant
Le rapport Bauer est insultant pour la communauté scientifique : il qualifie la recherche française de "trop politisée, entraînant un dépérissement de la pensée". Il est vrai que ce jugement vient d’une commission dénuée elle-même, par sa composition, de légitimité scientifique. Il est vrai également qu’elle juge à l’aune de la conception qu’elle se fait de la « criminologie » et d’une prose qui n’a jamais franchi la barrière du comité d’évaluation d’une vraie revue scientifique. Il est vrai enfin que l’on ne voit pas quel crédit accorder à des « experts » à la fois juges et parties qui déploient un plaidoyer pro domo au service de leurs intérêts particuliers. Il est en tous cas frappant de lire pareil jugement au moment où, dans le domaine pénal, de grands réseaux et projets scientifiques européens sont à pilotage français.

Vers la pensée unique
Comme le montrent les expériences étrangères, confier à une administration unique le soin d’organiser toute la recherche dans un domaine est un modèle obsolète. La tendance est au contraire à la constitution de réseaux. Ce serait une catastrophe scientifique que de faire dépendre la recherche de la bienveillance d’un organisme engoncé dans une conception obsessionnelle de ce que la « science criminologique » doit produire. (...)

Les Universités françaises doivent-elles vraiment se fixer comme priorité la création d’une discipline supplémentaire sans cohérence scientifique et aux débouchés hypothétiques, développée dans le cadre de projets visant au contrôle politique de la production de connaissances ? Nous – chercheurs au CNRS, enseignants chercheurs à l’Université ou dans des EPST assimilés, travaillant tout ou partie sur des sujets liés à la question de la criminalité et de son contrôle social – pensons que c’est une mauvaise idée, qui sert manifestement des intérêts et des projets qui ne sont pas d’abord ceux de notre communauté scientifique et qui pourraient même menacer l’identité et l’indépendance de la recherche publique.

www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article2317

* http://sarko-verdose.bbactif.com/politique-social-f1/sarkozy-machiavel-et-la-strategie-politique-t159.htm

Les normes

A l'automne 2006, la France a publié un décret établissant les normes techniques que doivent satisfaire les caméras de surveillance dans les espaces publics. Les installations doivent offrir, selon leur type d'utilisation, une définition minimale de 704 x 576 pixels (environ 0,5 mégapixel) ou permettre un grossissement d'une partie d'image sur un enregistrement détaillé avec une définition minimale de 90 x 60 pixels. En outre, le décret requiert un taux de rafraîchissement d'au moins 12 images par seconde.

Arrêté du 26 septembre 2006 portant définition des normes techniques des systèmes de vidéosurveillance

www.mobotix.com/fre_FR/region/index/fre_FR/?URL=Soci%c3%a9t%c3%a9/Nouvelles/Nouvelles-2007/D%c3%a9cret-fran%c3%a7ais-sur-les-cam%c3%a9ras-de-surveillance
http://www.vigineo.fr/arrete_du_26_septembre_2006_normes_video-surveillance.html
http://www.vigineo.fr/legislation-videosurveillance.php


Sécurité et liberté

Comment concilier le besoin de sécurisation au respect des libertés ? En pratique, le processus d'autorisation des systèmes de vidéo surveillance nécessite encore d'être clarifié :

- Une autorisation dépend de l'autorité des Préfets selon la loi 95-73 du 21.01.95 (orientation et programmation relative à la sécurité, sur la vidéo surveillance),

- Une autre autorisation est sous le contrôle de la CNIL selon la loi 78-17 du 06.01.78 modifiée 2004-801 du 06.08.2004 (relative à l'informatique, aux fichiers et libertés).

- La CNIL a rappelé au ministre de l'intérieur par sa lettre du 15.04.2008, l'obligation de statuer en Conseil d'Etat et après avis de la CNIL, compte tenu de l'évolution des techniques numériques, tant en capture d'images qu'en enregistrement, qu'en capacité d'analyse, et de reconnaissance.

http://securite.reseaux-telecoms.net/actualites/lire-la-video-surveillance-en-phase-de-demarrage-en-france-18838.html

Mais quand on voit le pouvoir et les moyens de la CNIL...

Sous l’œil myope des caméras

Pour améliorer de façon significative la sécurité quotidienne, l’efficacité de la vidéosurveillance n’est plus à démontrer. « Des expériences étrangères l’ont largement prouvé, notamment au Royaume-Uni. » C’est ainsi que Mme Michèle Alliot-Marie, ministre française de l’intérieur, justifiait son intention de faire passer le nombre de caméras de surveillance sur la voie publique d’un peu plus de vingt mille à soixante mille (1).
Avec plus de quatre millions de caméras, le Royaume-Uni constitue la référence obligée des responsables politiques prêts à bondir sur le tremplin de l’insécurité. Mais il offre également un terrain d’enquête privilégié aux chercheurs, dont les travaux s’acharnent à montrer l’inefficacité de la vidéosurveillance pour lutter contre la criminalité.

Septembre 2008
www.monde-diplomatique.fr/2008/09/LE_BLANC/16294


Juteux marché

En France, la surveillance des espaces publics fut légalisée par M. Charles Pasqua en 1995 et, depuis 1997, mille cent quarante-deux communes ont reçu l’autorisation d’installer des caméras. Une bonne partie du Fonds interministériel de prévention de la délinquance (FIPD) est aujourd’hui consacrée à ce chantier.
Estimé à 1,1 milliard d’euros en 1997, le marché européen de la vidéosurveillance a connu une croissance de 10-15 % par an depuis dix ans (3). Elle s’observe également en France, où le chiffre d’affaires des entreprises de vidéosurveillance est passé d’un peu plus de 350 à 751 millions d’euros entre 1996 et 2006 (+ 111%) (4). Les coûts d’installation d’un équipement de voie publique sont estimés à 30 000 euros par caméra, auxquels s’ajoutent 6 000 euros de frais annuels de fonctionnement.

(3) www.urbaneye.net/results/ue_wp15.pdf
(4) Inhes, « La vidéo protection. Conditions d’efficacité et critères d’évaluation », Saint-Denis, juillet 2008, p. 59.

www.monde-diplomatique.fr/2008/09/LE_BLANC/16297
http://fr.wikipedia.org/wiki/Institut_national_des_hautes_%C3%A9tudes_de_s%C3%A9curit%C3%A9

SINOVIA SAS est le leader français spécialisé dans la supervision des équipements urbains et industriels. Parmi ses concurrents : le Groupe Martec, Cril Technology (Groupe Alyotech), PGES, Cossilys21...
w ww.achats.defense.gouv.fr/-L-annuaire-des-industriels-
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 14 Jan - 17:45



Naïveté, fanatisme, narcissisme et régression

Il est maintenant acquis que la vidéosurveillance n’a qu’un effet marginal sur la criminalité – voire un effet négatif, si on la compare, en termes d’investissement financier, à d’autres mesures telles que l’amélioration de l’éclairage public ou le recrutement et l’équipement des forces de police.

C’est principalement – et paradoxalement – la croyance fanatique en la toute-puissance des caméras qui explique que celles-ci soient aussi inefficaces.

C’est en effet parce que l’on conçoit les caméras comme un “remède miracle” à la délinquance que l’on procède massivement à leur installation en s’abstenant de s’interroger sur les mécanismes précis grâce auxquels ce miracle doit opérer.

l’aspect humain des réseaux de vidéosurveillance est tellement négligé que la difficulté des opérateurs à reconnaître “un comportement suspect” provoque des tensions avec les services de police... Par ailleurs, il n’est pas exceptionnel que chaque opérateur soit chargé de surveiller individuellement une quinzaine de caméras. Le rôle minimal que tient la médiation humaine dans l’exercice de la vidéosurveillance témoigne ainsi d’une “forme naïve de déterminisme technologique” ; autrement dit, il semble l’on attende des caméras qu’elles s’utilisent toutes seules. (...)

La vidéosurveillance ne menace donc pas tant les espaces privés que l’espace public. Si “pour pouvoir contribuer à l’intégration sociale, les espaces partagés doivent être perçus comme attrayants, sûrs, accueillants et inviter à l’exercice d’une vaste gamme d’activités”, alors les caméras sont des outils de désintégration sociale. Elles délimitent un territoire caractérisé par une fermeture de l’espace public via sa soumission à des normes et intérêts privés. Les capacités fantastiques que l’on prête aux caméras témoignent d’ailleurs du plaisir narcissique qui accompagne cet acte d’appropriation, c’est-à-dire, des pulsions régressives qui animent le développement de la vidéosurveillance.

Noé Le Blanc
14 décembre 2008
www.journaldumauss.net/spip.php?article441


Sarkozy, le président sécuritaire à Orléans : demandez le programme
www.libeorleans.fr/libe/2009/01/sarkozy-le-prsi.html

Une histoire du petit Nicolas

Le petit Nicolas déménage à la campagne et achète un âne à un vieux fermier pour 100 Euros...
Le fermier doit livrer l'âne le lendemain mais justement le lendemain ......
- Désolé fiston, mais j'ai une mauvaise nouvelle : l'âne est mort.
- Bien alors, rendez-moi mon argent.
- Je ne peux pas faire ça. J'ai déjà tout dépensé...
- OK alors, vous n'avez qu'à m'apporter l'âne.
- Qu'est-ce que tu vas faire avec .....?
- Je vais le faire gagner par un tirage au sort à une tombola.
- Tu ne peux pas faire tirer un âne mort comme lot !
- Certainement que je peux. Je ne dirai à personne qu'il est mort.
Dans sa situation, le fermier se dit qu'il ne peut pas vraiment refuser.
Il amène donc l'âne au petit Nicolas.
Un mois plus tard, il revient voir le petit Nicolas :
- Qu'est devenu mon âne mort ?
- Je l'ai fait tirer au sort. J'ai vendu 500 billets à 2 Euros : ça m'a fait une recette de 1.000 euros !!
- Et personne ne s'est plaint ?
- Seulement le gars qui a gagné...... Mais je lui ai rendu ses 2 Euros et il n'a pas fait d'histoires !
Nicolas a vieilli et il est devenu président de la République...
Pour gagner plus, il s'est toujours entouré d'ânes et continue à entuber tout le monde....

http://politique.jecontacte.com/discussion-75885-Le_petit_nicolas_et_l_ane/1.html

Exemple, Fréderic Lefebvre, invité le 06/01/09 de Jean Jacques Bourdin sur RMC et BFM TV, qui veut expliquer le web 2.0 :
www.dailymotion.com/video/x7y3lm_flefebvre-et-le-web-20_news
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Orwelle



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MessageSujet: Comme l'avait prévu Bernard Gensane, cf. post du 21 mars à 08:33   Mer 14 Jan - 21:07


Le château de Ferrières (77)

Les universités parisiennes appelées à vendre leur patrimoine immobilier

Pécresse suggère que le fruit de ces ventes, qui pourraient rapporter plusieurs dizaines de millions d'euros, serve à créer une fondation sur la "vie étudiante" destinée à améliorer le quotidien des étudiants parisiens.

"Soixante-trois appartements rue Jacob et rue de Lille, en plein Paris chic, le château Richelieu en Touraine, le domaine de Ferrières en Seine-et-Marne, la villa Finaly à Florence qui date du XVe siècle, une forêt, des vignes et deux propriétés sur la charmante petite île de Bréhat (Côtes d'Armor)", le parc immobilier des universités parisiennes s'apparente à un véritable inventaire à la Prévert...

www.lemonde.fr/societe/article/2009/01/14/les-universites-parisiennes-appelees-a-vendre-leur-patrimoine-immobilier_1141510_3224.html
www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/01/13/01016-20090113ARTFIG00696-les-universites-parisiennes-pourraient-vendre-des-immeubles-.php



Le parc du château de Ferrières

Commentaires

pierre a.
La ministre propose-t-elle une vente à la découpe des universités, en commençant par nous parler d'améliorer les conditions étudiantes ?
A t-il échappé aux journalistes qu'il existe dans la loi d'autonomie une règle de la propriété des brevets pour l'hébergeur des laboratoires ? Ainsi on peut sous n'importe quel prétexte vendre à un acheteur privé industriel les brevets d'un labo. Notons d'autre part que le parc immobilier des grandes universités anglaises autofinance, ou presque, ces universités.

alex
On va refaire le grand exploit de l'Imprimerie nationale. Vendue par l'Etat pour une bouchée de pain, puis rachetée deux fois plus chère...

Martine D.
En voilà une bonne idée ! Et à qui vendra-t-on ? Les biens concernés font logiquement partie du patrimoine national, et il serait décent de leur éviter ce qu'on a vu récemment : des firmes étrangères achetant des châteaux pour les dépouiller et vendre leur contenu à l'encan ou à des dictateurs de tous poils qui ne les ont pas entretenus ou pire encore !

Si le Sénat ne s'était pas penché sur le sort de la maison de Monnet à Giverny, elle serait en ruines alors qu'elle est un des hauts lieux du tourisme culturel de masse, et fait vivre le village. Voici un modèle à suivre, et il y en a d'autres ! Ne pas confondre économies et braderie des biens de l'état, cad les nôtres !


Le grand escalier du château de Ferrières

Patrimoine immobilier des Universités de Paris

La Chancellerie des Universités de Paris assurent la gestion des biens des universités de Paris I à Paris XIII, héritage de l’ancienne Université et des anciennes facultés de Paris.
Ces biens comprennent un ensemble immobilier situé à Vézelay (département de l’Yonne), la Villa Finaly sur la Colline de Fiesole à Florence (Italie), le domaine de Richelieu (qui va être partiellement réhabilité par le conseil Général d’Indre et Loire) et le château de Ferrières (Seine et Marne), de style Renaissance italienne, avec son parc à l’anglaise de 132 ha.

www.chateaudeferrieres.sorbonne.fr
www.sorbonne.fr/document155.html


Mais qui donc va acheter ces biens ? Lagardère, Bongo, un frère de Sarkozy ?

Pécresse prévoit d'évaluer les enseignants-chercheurs tous les quatre ans
www.lemonde.fr/societe/article/2009/01/14/les-enseignants-chercheurs-seront-evalues-tous-les-quatre-ans_1141536_3224.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 17 Jan - 12:00


Image Oblomov

sarkozy fait créer une chaire de criminologie pour Alain Bauer

Sur proposition du ministère de l'Enseignement supérieur, le Conseil de perfectionnement du Cnam (Conservatoire des Arts et métiers) vient d'approuver, à une courte majorité (14 voix contre 12), la création d’une chaire de criminologie sous la responsabilité d'Alain Bauer. Une belle sinécure permettant de percevoir pour moins d’une centaine d’heures par an, un salaire de professeur d’université, le tout pour un poste à vie. En ces temps de crise, ce n'est pas forcément à négliger, même pour un cumulard.

Pourtant, on ne peut pas dire, à découvrir la somme des activités de l’impétrant, qu’il avait vraiment besoin de ce nouveau poste. Alain Bauer est d’abord le patron d'une société de conseil en matière de sécurité et de gestion de crise, un business en progression notoire. Un job qui devrait le prendre à plein temps lorsque l’on constate la liste impressionnante de ses clients sur le site de cette société, AB associate

www.marianne2.fr:80/Bauer-nomme-au-Cnam-par-decret-sarkozyste_a173756.html

w ww.abassoc.com/
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 31 Jan - 7:10



Université et Recherche : le Nobel de physique Albert Fert critique sévèrement Sarkozy et Pécresse

Depuis qu'Albert Fert a décroché le prix Nobel de Physique, en octobre 2007, Nicolas Sarkozy et Valérie Pécresse lui filent le train. Objectif : que cet élégant physicien soutienne publiquement les réformes du système de recherche et d'enseignement supérieur décidées par l'Elysée.

Débonnaire, prudent en politique, de caractère plutôt gentil et passionné surtout de physique (et de jazz), Albert Fert a longtemps laissé dire un Président qui prétend que son histoire scientifique donne raison à ses réformes.

Pourtant, le jour de l'annonce de son Nobel, alors qu'il siégeait en Conseil Scientifque du Cnrs, il avait déjà indiqué qu'il ne se laisserait pas manipuler. C'est ainsi que j'avais publié dans Libération le lendemain de la nouvelle du Nobel, cette phrase, malheureusement prémonitoire d'Albert Fert : "En cette période de transformation de notre système de recherche, j'ai envie de dire à notre ministre Valérie Pécresse d'éviter une approche idéologique, qu'il faut absolument garder la capacité de coordination, d'élaboration d'une stratégie nationale du Cnrs dont l'Agence nationale de la recherche (ANR) n'est pas dotée". Ce que dit ce Nobel, c'est aussi que si la recherche est importante pour l'économie, elle commence par des travaux fondamentaux qu'il faut ensuite transférer de manière fluide vers les entreprises (..) "Désolé, je dois vous quitter, monsieur Sarkozy m'appelle".

Aujourd'hui, Albert Fert me transmet un texte qu'il signe avec trois autres scientifiques de renom. Précis, argumenté, ce texte critique durement la politique de Nicolas Sarkozy et de Valérie Pécresse, tant pour la recherche que pour l'Université. Les scientifiques et les universitaires y verront un encouragement à leur action en cours contre ces réformes, qui pourrait prendre la forme d'une grève dure à partir de lundi prochain. Le blog Science2 publie ce texte avec l'accord de ses signataires. Le voici ci dessous et en pdf.

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/files/tribune_albert_fert.pdf

Réforme des universités et de la recherche : des discours aux actes

Par :
Bruno Chaudret, chimiste, membre de l’Académie des sciences, directeur de recherche, Albert Fert, physicien, prix Nobel 2007, professeur, Yves Laszlo, mathématicien, professeur, Denis Mazeaud, juriste, professeur.

Depuis des mois, le gouvernement proclame sa volonté de réformer le système de l’enseignement supérieur et de la recherche pour le hisser au meilleur niveau mondial.

De nombreux représentants de la communauté scientifique, parmi lesquels des signataires de ce texte, ont manifesté un grand intérêt pour ce projet et ont proposé de nombreuses pistes de réflexion. Le ministère les a pieusement écoutés pour ensuite ne tenir aucun compte de leurs suggestions et remarques. Et les orientations finalement retenues, souvent en contradiction avec le but affiché, sont extrêmement préoccupantes.

Ainsi, alors que l’objectif affiché est l’excellence de nos universités et de notre recherche, alors que Mme Pécresse a proclamé sa volonté de porter nos meilleurs établissements aux premiers rangs du fameux classement de Shanghai, comment comprendre que les réductions d’effectifs annoncées touchent notamment les universités les mieux placées dans ce classement ?

(...)
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/01/universit-et-re.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Lun 2 Fév - 10:00



Chers étudiants, voici pourquoi je ne donnerai pas vos notes

Par Nicolas Guillet, maître de conférence en droit à l'université du Havre

Alors que les universités s'apprêtent à entamer ce lundi un blocage de durée indéfinie, Rue89 a demandé à Nicolas Guillet, un de ses internautes, d'expliquer pourquoi il s'apprête comme ses collègues à faire la grève des notes.
En proposant une tribune, il a expliqué que les enseignants havrais "bloquent le système en ne réunissant pas les jurys", "perturbent Pécresse par l'envoi des notes à son adresse e-mail puis par envoi postal".
Précisant que certains profs faisaient même téléphoner leurs étudiants au cabinet de la ministre de l'Enseignement supérieur et de la recherche, il a proposé de publier le courrier qu'il destinait à ses élèves, dont certains commençaient à râler.


Chères étudiantes, chers étudiants,

Depuis l’affichage de l’envoi des notes à la ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, j’entends -et mes collègues également- monter une forme d’étonnement, d’inquiétude, voire d’exaspération parmi vous.

Le syndicat UNI (habituel cache-sexe universitaire de l’UMP) a même distribué un tract pour tenter de vous convaincre de l’absurdité de notre action… Je vais donc tenter de vous démontrer en quoi cette action n’est non seulement pas absurde mais qu’elle est au contraire parfaitement légitime et légale.

Une action à la fois légale...

D'abord, notre action est tout à fait légale. En effet, la décision de renvoi des jurys d’examen comme celle d’envoi des notes à la ministre Valérie Pécresse ont été décidées par le conseil de département de Droit, repris par d’autres conseils et probablement votée vendredi prochain par le conseil d’UFR des affaires internationales, et d’autres encore. Il s’agit de nos instances représentatives, y compris les vôtres puisque vous y avez des délégués.

De même, si la grève est votée, je rappelle qu’elle est un droit constitutionnel ; il appartiendrait à chaque enseignant et personnel administratif de faire grève ou non. Donc toute action de perturbation induite par la cessation concertée du travail serait légale.

... et légitime

Ensuite, notre action est tout à fait légitime. En effet, depuis plusieurs années (processus de Bologne, LMD…), mais singulièrement avec l’entrée en vigueur de la LRU et les "réformes" actuelles, nous assistons à une lente descente de l’université publique française vers la marchandisation : on ne pense plus "pédagogie" mais "crédits ECTS"; on ne pense plus "transmission du savoir" mais "acquisition de diplôme "; on ne pense plus "esprit critique" mais "insertion professionnelle".

Sans parler de la bureaucratisation rampante qui fera bientôt passer le Gosplan et le plan quinquennal soviétiques pour une aimable plaisanterie !

Bref, une université radicalement nouvelle apparaît, centrée sur l’utilitarisme, placée dans une concurrence exacerbée entre formations supérieures. Mais sans les moyens de lutter : l’Etat se désengage financièrement, et il n’est pas question d’augmenter les frais d’inscription, ce qui pénaliserait l’accès de toutes et tous à l’enseignement supérieur public.

Pas contre toute réforme... mais contre celle-ci

Je ne dis pas qu’il faut conserver le système universitaire en l’état, ni que la professionnalisation est inutile. Je dis seulement que la pente actuelle est dangereuse parce qu’elle ne permettra pas aux étudiants de réussir. Prenons un exemple : le taux d’échec en première année. Le gouvernement dit que c’est inacceptable ; nous sommes d’accord.

Mais quels moyens a-t-on pour y remédier ? Très peu en réalité : impossible de créer une "propédeutique" pour que les étudiants fassent leurs "humanités" ; impossible de mettre en place des systèmes d’acquisition des connaissances et de la méthodologie par petits groupes -tout simplement parce que nous n’avons ni les moyens humains ni les moyens financiers d’actions que nous avons pourtant débattues, par exemple au sein du conseil de département de droit l’année passée.

La réalité est donc le "service minimum"… et le "double discours" : d’un côté, la proclamation de "l’excellence", de l’autre la baisse des moyens d’enseigner ! (Et la même logique se décline dans tous les services publics…)

A terme, en poursuivant dans cette voie, l’enseignement et l’éducation publiques seront profondément affaiblis, en contradiction totale avec la logique républicaine qui s’est construite notamment depuis la Révolution française.

Vous n'êtes pas des otages dans ce mouvement, vous en êtes acteurs

La question est donc politique : étudiantes, étudiants, que voulez-vous ? Voulez-vous une université qui vous ouvre au monde, qui vous fasse réfléchir tout en vous apportant les connaissances indispensables à votre insertion dans le monde professionnel ?

Ou bien voulez-vous un sous-enseignement, coupé de la recherche scientifique, destiné à faire de vous une main-d’œuvre d’autant plus malléable qu’elle n’aura pas été habituée à réfléchir ?

En conséquence, faut-il vous arrêter au constat de votre problème immédiat (l’impossibilité d’avoir vos notes) ou bien penser l’action actuelle dans une réflexion d’ensemble ? Pensez-vous d’ailleurs sérieusement que des enseignants-chercheurs, dont la vocation est de vous servir, puissent songer à vous nuire ?

Aussi je conclus sur l’argument selon lequel vous seriez "pris en otage"… Je pense qu’il faut justement être sérieux et que manier sans précaution cette expression est une insulte à celles et ceux qui ont été véritablement soumis à la menace de mort par prise d’otage : les résistants et les civils pendant la Seconde Guerre mondiale, Florence Aubenas ou Ingrid Bétancourt plus récemment.

Vous n’êtes justement pas des otages, bien au contraire, vous êtes -tout comme nous sommes- les acteurs de la défense et de la promotion de l’université française en général et de l’université du Havre en particulier !

www.rue89.com/2009/02/01/chers-etudiants-voici-pourquoi-je-ne-donnerai-pas-vos-notes-0
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MessageSujet: Désintellectualisation du monde   Ven 6 Fév - 6:55



Marcel Gauchet : «Nous nous opposons à une réforme absurde»

Le philosophe fait partie des enseignants de l'Ecole des hautes études en sciences sociales qui ont décidé de "changer le programme", en donnant des cours sur la réforme qu'ils contestent.
VIDEO cyclops
www.dailymotion.com/video/x89sz9_marcel-gauchet_news
Pas de grève, mais des cours contre la réforme de l'université. C'est le mouvement "Changeons le programme" lancé par les enseignants de l'Ecole des hautes études en sciences sociales (EHESS), un des lieux symboliques de la recherche française en sciences humaines.

Le philosophe et historien Marcel Gauchet a rejoint le mouvement et a donné mercredi une conférence sur "La redéfinition du savoir sous le néo-libéralisme". Interviewé par LibéLabo, il donne son sentiment sur la réforme en cours et sur les enjeux de l'université.

On peut retrouver de longs extraits de sa conférence sur le site de Sauvons la recherche.

www.liberation.fr/societe/0601622-marcel-gauchet-nous-nous-opposons-a-une-reforme-absurde

Marcel Gauchet : "En état de légitime défense..."

Dans le cadre de l'opération "Changeons le programme", Marcel Gauchet a prononcé aujourd'hui à l'EHESS un réquisitoire argumenté contre le programme de réforme gouvernemental des universités. Le philosophe montre comment ces projets, loin de corriger les erreurs du système, conduiront inéluctablement à les aggraver.

Arrow Séminaire de Marcel Gauchet, "La redéfinition du savoir sous le néo-libéralisme", amphithéâtre, 105, bd Raspail, 4 février 2009 (extraits audio, 67 min.). cyclops

Jean-Luc Gréau est dans l'assistance.

www.slru.ehess.org/index.php?post/2009/02/04/en-etat-de-legitime-defense

www.slru.ehess.org/index.php?post/2009/02/02/Changeons-le-programme-1

La discussion continue ailleurs
URL de rétrolien : www.slru.ehess.org/index.php?trackback/26


Trois réformes
Les principales réformes touchant l’université depuis l’élection de Nicolas Sarkozy :

11 août 2007. La loi LRU sur l’autonomie des universités est adoptée après une vague de protestations. Les pouvoirs des présidents sont sensiblement renforcés.

2 juillet 2008. Les grandes lignes de la réforme de la formation des enseignants sont présentées en conseil des ministres.

31 octobre 2008. Valérie Pécresse divulgue son projet de révision du statut des enseignants-chercheurs.
www.liberation.fr/societe/0101316187-trois-reformes
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 6 Fév - 7:38



L’université sous conditions

par Anne Berger, professeur de littérature française et d’études de genre à l'Université Paris 8 Vincennes à Saint-Denis et Professor of French Literature, Department of Romance Studies à Cornell University.
http://philosophie.blogs.liberation.fr/noudelmann/2009/02/luniversit-sous.html

Commentaires de Mathieu Lavarenne (ML) :
Analyse très juste.
Une précision importante à propos de la culture du résultat* qui touche depuis peu l'ensemble des ministères : éducation nationale (il faut faire du chiffre : taux de réussite, même au détriment du niveau...), intérieur (statistiques de la délinquance); immigration (nombre de reconduites...); etc.
Ne mettons pas tout sur le dos de Sarkozy ! Ce serait exonérer un peu rapidement les socialistes qui ont voté en décembre 2001, certes avec le RPR, mais sous gouvernement Jospin, la LOLF (Loi Organique de Loi de Finance). C'est la plus profonde réforme des 50 dernières années, et nous n'en parlons pas assez.
C'est justement cette loi fondamentale qui nous a fait passer de la logique de moyens à la logique de résultats, sur le modèle anglo-saxon.

Quand Sarkozy arrive en 2003 au ministère de l'intérieur, il est juste le premier à mettre cette réforme en application.
Et Sarkozy président ne fait que poursuivre le mouvement lancé par le PS (accordons à ce dernier la circonstance peu atténuante de la naïveté).

Premier niveau :
LOLF - réformes du lycée, du lycée professionnel, du baccalauréat, de l'école primaire... - Performance, statistiques, indicateurs chiffrés, logique de "résultats"...

Deuxième niveau :
Union européenne - Objectif éducation et formation 2010 - Traité de Lisbonne

Troisième niveau :
OMC - AGCS (Accord Général sur le Commerce des Services, dont l'éducation)...

Sachant, qu'en l'état, le troisième commande au deuxième qui commande au premier. Ce qui est une inversion de la logique républicaine.

http://lavarenne.canalblog.com/archives/europe/index.html

http://www.r-c-r.org/spip.php?article240

Rédigé par: ML
le 02/02/2009

*Thème du séminaire de Marcel Gauchet (cf. ci-dessus)

SCIENCE, ARGENT ET POLITIQUE
www.alapage.com/-/Fiche/Livres/9782738011008/science-argent-et-politique-dominique-pestre.htm

« La loi Pécresse et le modèle américain » par Anne E. Berger
http://firgoa.usc.es/drupal/node/38268
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 6 Fév - 8:39



La Bande Passante
présente

Universités, le grand soir
Réfutations II

(68’)

Un film de L'Autre campagne et Sauvons la recherche Paris
Réalisé par Thomas Lacoste


Visionnez le film et soutenez l’initiative sur www.labandepassante.org/universite-grand-soir.php

Régulièrement les gouvernements de droite comme de gauche rêvent de prendre le contrôle sur l'Université et de transformer la Recherche en un vaste bureau d'études. Cette fois l'attaque est particulièrement brutale. Profitant de la crise profonde qui frappe des établissements universitaires dépourvus de moyens et confrontés à un afflux sans précédent d'étudiants, le gouvernement souhaite instaurer un système inégalitaire, localiste, autocratique, de plus en plus dépendant de la commande publique et privée.

Dans ce film chercheurs, enseignants, syndicalistes viennent démonter les pièges d'une réforme rétrograde et rappeler quelles sont les conditions de production et de transmission d'un savoir universel accessible au plus grand nombre qui devraient guider une réforme réellement progressiste de l'Université.

Faire circuler
Nous vous invitons à faire connaître, circuler et projeter le film Universités, le grand soir.
Ce film peut être repris sur les sites, blog, etc. Nous vous demandons cependant une seule mention obligatoire :

"Pour soutenir cette initiative et les futurs films, vous pouvez acheter le DVD 12€ (frais de port inclus)
par paiement en ligne sur le site www.labandepassante.org/universite-grand-soir.php
ou par chèque à l’ordre de L’Autre association, 3 rue des Petites Ecuries, F-75010 Paris.
Merci de nous informer de toutes initiatives publiques afin que nous relayons l'information sur nos différents sites."

Pour toute demande d'information : info @labandepassante.org

www.dailymotion.com/video/x1urdt_refutations-2
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 11 Fév - 18:21



Les luttes de l'enseignement supérieur sont celles de l'éducation toute entière

[...] Ne nous y trompons pas ! Il y a une grande cohérence entre les attaques portées aux statuts des enseignants-chercheurs et le processus de «masterisation» de la formation et du recrutement des enseignants des 1er et 2nd degré largement rejeté à raison par la communauté universitaire.

En instaurant, par la modification du décret de 1984, la « modulation de service » des Enseignants Chercheurs, l'enseignement deviendrait une variable d'ajustement budgétaire au détriment de la qualité de la formation des étudiants et de la recherche.

En démantelant le CNRS et les organismes de recherche, en supprimant encore un millier de postes en 2009, en dénaturant le travail des chercheurs, le gouvernement poursuit la mise en concurrence des individus, mais aussi celle des universités entre elles. Tout cela au bénéfice d'intérêts privés de court terme qui cherchent à générer du profit plutôt que de répondre à l'intérêt général.

En sapant les bases des concours pour devenir enseignant et en supprimant les IUFM, le gouvernement substitue à la qualification des futurs professeurs de simples compétences qui visent à les précariser. Si l'on ajoute à cela la réforme du lycée que Sarkozy entend mettre en place en 2010, on voit déjà se profiler, après celle des universités, l'autonomie des établissements du second degré et la fin d'une éducation nationale comme des diplômes nationaux.

S'il arrivait à ses fins, le bon élève Sarkozy recevrait sans nul doute pour cela les félicitations de ses collègues signataires du traité de Lisbonne qui veulent libéraliser et ouvrir à la concurrence l'éducation en commençant par l'enseignement supérieur !

François Cocq
Lundi, 09 Février 2009
http://lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=article&id=466&Itemid=116


A.G.C.S. : un engrenage infernal
(Extraits)

A.G.C.S. ... Ces quelques lettres devraient normalement faire frémir tout citoyen attaché au maintien de services publics de qualité dans les secteurs de l’eau, de l’énergie, de la santé, de la culture, du transport, des services postaux, des télécommunications et bien sûr de l’éducation. Ces domaines clés de la vie en société sont en effet menacés par l’ Accord Général sur le Commerce des Services ( A.G.C.S. ) ; un accord signé et cautionné par nos gouvernements dans le cadre de l’ Organisation Mondiale du Commerce ( O.M.C. )

La signature de l’AGCS par une centaine de pays en 1994, est le fruit d’un long travail de sape des firmes multinationales auprès des gouvernements entamé dans le cadre du G.A.T.T., au début des années 80. Les Etats-Unis et la Commission Européenne se sont alors très vite convertis aux joies du commerce international déréglementé.

Qu’est ce que l’ A.G.C.S. ?

Ce traité traduit tout simplement l’ engagement de nos gouvernements à libéraliser jusqu’à l’extrême, l’ ensemble du commerce international des services : ainsi, nos gouvernements ont comme l’affirment les considérants 2 et 3 du texte, ainsi que son article 19, pour objectif d’ « élever progressivement le niveau de libéralisation du commerce des services ».

Selon l’ accord, « les services comprennent tous les services de tous les secteurs, à l’exception des services fournis dans l’exercice du pouvoir gouvernemental » ( article 1 ) [...] Dès lors, l’ A.G.C.S. s’applique bien à la totalité des services à l’exception notable de la défense, de la justice et de l’administration des pouvoirs locaux et centraux.

Trois règles générales sont ensuite imposées par l’ A.G.C.S à tous les Etats membres de l’ O.M.C :

- Le traitement de la nation la plus favorisée et la transparence.
La première règle oblige chaque pays à accorder à tous les fournisseurs de tous les Etats membres un traitement identique à celui qu’il accorde au fournisseur de service de l’un d’entre eux. [...]

- La réglementation intérieure
Nos gouvernements entendent enfin se soumettre à des « disciplines » en matière de lois et de réglementations ; celles-ci ne devant en aucun cas être « plus rigoureuses qu’il est nécessaire » pour éviter que ces réglementations ne constituent « des obstacles non nécessaires au commerce des services » ( article 6 ).
L’ O.M.C. a déjà identifié certaines de ces réglementations : des limitations à la redevance pour l’eau, le gaz ou l’électricité pour des personnes nécessiteuses, les exigences qualitatives, le salaire minimum garanti ...

Par le biais de cet accord, les Etats prennent donc des engagements en ce qui concerne la libéralisation d’un service donné. Or, un engagement est irréversible. En effet, selon l’article 21 de l’ A.G.C.S., si un Etat avait le malheur de revenir sur ses engagements et allait par-là même à l’encontre du « toujours plus de libéralisation », il devrait négocier des compensations financières avec l’ensemble des 143 autres pays membres de l’ O.M.C.

Si aucun accord n’était trouvé, l’ Organe de Règlement des Différends ( O.R.D. ) réglerait le litige.

La conclusion de cette partie est limpide : libéraliser le commerce international des services de façon floue, globale et extrême comme le texte de l’ A.G.C.S. le sous-tend, cela revient à privatiser l’ensemble des services et à en faire des marchandises censées être rentables.

Nos gouvernements ont cautionné le fait que toute intervention publique fussent-elles destinées au bien commun, sera soumise à des sanctions internationales pour le pouvoir public concerné.

En prenant l’exemple de l’ Education Nationale en France, un service public en concurrence avec le secteur privé donc concerné par l’ A.G.C.S., si le commerce international est libéralisé dans ce domaine ( hypothèse apparemment insensée mais on l’ a vu, tout à fait cohérente ), une entreprise privée d’« éducation » pourra attaquer l’ Etat français devant l’ O.R.D. et aura en toute logique, gain de cause. La France devra privatiser son système public d’éducation.

Le cas de l’enseignement supérieur européen

Les Etats-Unis ont demandé à l’ Union d’ouvrir l’enseignement supérieur à la libéralisation du commerce international « façon A.G.C.S. ».

On sait aussi que les hauts fonctionnaires de l’ U.E. et surtout des chefs d’ Etat et de gouvernement ne seraient pas contre cette marchandisation de nos universités. Dès lors, il n’ est pas aberrant de considérer que l’ enseignement supérieur public est actuellement en grand danger et pourrait être sacrifié avant 2010.

La réforme LMD adoptée il y a deux ans avait pour origine la déclaration des ministres européens de l’ Education à Bologne. Ne parlent-ils pas dans cette déclaration de "rechercher une meilleure compétitivité" ( internationale ) de nos universités ? Le projet d’autonomie des universités en France, qui proclame l’ entrée en force du privé dans nos facs, est toujours à l’ ordre du jour.


Faire du monde une mosaïque de zones « hors A.G.C.S. »

De plus en plus, des collectivités territoriales, des établissements publics et des associations adoptent une motion déclarant leur « zone hors A.G.C.S. ». Ainsi, la région Nord-Pas de Calais s’ est déclarée « zone hors A.G.C.S. » par l’ intermédiaire du Conseil Régional. L’ université Montpellier 2 en a fait de même. Nous aussi, déclarons nos villes et nos universités « hors A.G.C.S. » afin d’ interpeller l’ensemble de l’ opinion publique sur la marchandisation prochaine de tous les services !!!

source:www.attac.org

http://sud-etudiant.univ-lille1.fr/spip.php?article17

L'OMC a remplacé le GATT en 1994
http://fr.wikipedia.org/wiki/Accord_g%C3%A9n%C3%A9ral_sur_le_commerce_des_services

* Défense : qui fournit à part Dassault, Bouygues et/ou TOTAL ?
* Justice : qui construit des prisons, à part Bouygues ?
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 11 Fév - 18:32



A la veille de l'ouverture du sommet de l'OMC, la Norvège affirme que l'eau n'est pas une marchandise.
www.indymedia.be/nl/node/805


Vous trouverez ici un rapport en français intitulé "Ouvrir les robinets à Bruxelles" qui démonte les activités de lobbying de Véolia Environnement. Particuliérement édifiant... et interpellant.
www.agcs-gats.org/data/pdf/origine.php?lng=fr&pdfdocid=71

Sur le blog de Jacques Boulesteix, astrophysicien
Suppressions de postes dans la recherche en 2009…
http://boulesteix.blog.lemonde.fr/2008/07/

Les articles de l’AGCS qui amputent
la démocratie et la souveraineté des peuples


Article II : Traitement de la nation la plus favorisée

1. En ce qui concerne toutes les mesures couvertes par le présent accord, chaque Membre accordera immédiatement et sans condition aux services et fournisseurs de services de tout autre Membre un traitement non moins favorable que celui qu’il accorde aux services similaires et fournisseurs de services similaires de tout autre pays.

Article III : Transparence

1. Chaque Membre publiera dans les moindres délais et, sauf en cas d’urgence, au plus tard au moment de leur entrée en vigueur, toutes les mesures d’application générales pertinentes qui visent ou affectent le fonctionnement du présent accord. (…)

Article VI : Réglementation intérieure

1. Dans les secteurs où des engagements spécifiques seront contractés, chaque Membre fera en sorte que toutes les mesures d’application générale qui affectent le commerce des services soient administrées d’une manière raisonnable, objective et impartiale.

4. Afin de faire en sorte que les mesures en rapport avec les prescriptions et procédures en matière de qualifications, les normes techniques et les prescriptions en matière de licences ne constituent pas des obstacles non nécessaires au commerce des services, le Conseil du commerce des services élaborera, par l’intermédiaire des organismes appropriés qu’il pourra établir, toutes disciplines nécessaires. Ces disciplines viseront à faire en sorte que ces prescriptions, entre autres choses :

a) soient fondés sur des critères objectifs et transparents tels que la compétence et l’aptitude à fournir le service ;

b) ne soient pas plus rigoureuses qu’il n’est nécessaire pour assurer la qualité du service ;

c) dans les cas des procédures de licences, ne constituent pas en soi une restriction à la fourniture du service.


www.urfig.org/



http://horsagcslogo.chez-alice.fr/actions.html cyclops

http://fr.wikipedia.org/wiki/Zone_hors_AGCS
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 25 Fév - 18:23



Renforcement de l’inégalité des chances à l'ENA

Pour atteindre ce but, Eric Woerth et André Santini ont fait un "cadeau" aux élèves : le classement de sortie sera supprimé.

Les administrations recruteront donc sur dossiers, non anonymes.

C'est l'élimination probable des élèves issus du troisième concours ou du concours interne, plus âgés, moins « souples », ayant derrière eux un passif d’anciens cadres dans le privé ou d’anciens fonctionnaires. Autres laissés pour compte : les "basanés" et les nombreuses femmes, trentenaires et plus, qui passent le troisième concours, contractant des prêts pour faire face aux va-et-vient incessants vers Strasbourg.

Resteront donc en lice les fils à papa, peut-être moins bien notés mais bien blancs et à l'échine jeune donc bien souple.

www.bakchich.info/Operation-seduction-a-l-ENA-de.html


Vive la République !
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 8 Avr - 20:42



La coordination nationale des universités répond au VRP Sarkozy

Lors de son voyage en Provence, hier, naboleon s’est exprimé sur les universités et la recherche. Pour marteler qu’il ne «reviendrait jamais sur l’autonomie des universités».

Voici la réponse que vient de lui faire la Coordination nationale des universités :

«Quoique moins méprisantes dans la forme que son discours du 22 janvier, les déclarations de Nicolas Sarkozy du 7 avril 2009 révèlent la même conception mercantile de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche. Si, pour Nicolas Sarkozy, les études ne servent qu’à «créer de la valeur ajoutée», les universitaires en lutte continuent d’affirmer que l’université n’est pas une entreprise et que le savoir n’est pas une marchandise. Là où Nicolas Sarkozy parle de «valeur ajoutée», nous parlons de valeurs républicaines : droit à la connaissance pour tous, droit de choisir sa filière sans discrimination financière ni territoriale, droit de s’engager dans des études qui n’ont aucune rentabilité immédiate mais qui sont d’une valeur essentielle pour la société. Là où Nicolas Sarkozy parle «d’accélérer la commercialisation des brevets», nous lui opposons la nécessité, pour les générations futures, de préserver une recherche fondamentale forte et libre des dictats du marché. Quand Nicolas Sarkozy estime que l’autonomie des universités est préférable au fait de «se retrouver au ministère pour qu'on vous dise d'un bureau parisien ce qu'on doit faire », nous tenons à rappeler que les universités n’ont jamais autant reçu de directives émanant des Ministères que depuis le vote de la loi LRU (sigle qui signifie pourtant «liberté et responsabilité»).

Si Nicolas Sarkozy est de bonne foi en annonçant que «donner l'autonomie aux universités, c'est leur faire confiance», alors qu’il fasse enfin confiance à la communauté universitaire qui dénonce, dans un mouvement inédit par sa durée et son intensité, les conséquences désastreuses de ces projets de réforme. Or, la politique actuelle a conjugué, jusqu’à présent, irresponsabilité et inefficacité, autoritarisme et ignorance des problèmes posés.

Le monde de l’enseignement et de la recherche n’est pas hostile à toute réforme. Mais il conteste une logique d’économie budgétaire et de mise en concurrence systématique des institutions, des équipes et des individus, qui met en péril la création et la transmission des savoirs. A la concurrence et à la rentabilité à court terme, il préfère l’émulation, la coopération et la liberté de recherche. A l’autoritarisme et à la concentration des pouvoirs, il préfère la collégialité et le gouvernement par les pairs. Aux nommés, il préfère les élus. L’Education Nationale, de la Maternelle à l’Université, doit continuer à transmettre connaissances et culture gratuitement, sur tout le territoire, pour garantir la traduction dans les faits de nos idéaux républicains. Ce printemps 2009, pour défendre ces valeurs, le monde de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche est dans la rue.»

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/04/la-coordination.html?cid=152047263#comment-152047263

Nicolas Sarkozy, la destruction de l’Université et le choléra mental du journal Le Monde

Quand Nicolas Sarkozy s’est lancé dans ce qu’il est convenu d’appeler la “réforme” des Universités, il a bien évidemment choisi de reprendre la méthode qui lui était déjà familière et qui avait fait ses preuves en termes de capacité de nuisance, de négation de la démocratie et de piétinement du pacte social.

Assisté d’une Dame Pécresse que sa totale méconnaissance du monde de la recherche et de l’enseignement supérieure qualifiait plus que tout autre pour cette tâche, Notre Président n’a donc pas montré la moindre hésitation.

Pour “réformer”, il fallait tout d’abord n’engager aucune consultation et s’empresser d’oublier ceux qui font tourner la boutique. Car dans ce pays, on ne “réforme” par une institution, on “réforme” contre elle.

Ensuite, il fallait désinformer. Pour salir. Salir l’institution elle-même, salir ceux qui y travaillent, salir ceux qui y étudient et s’y forment. On parviendrait ainsi à mettre en place l’unique levier de gouvernement employé dans ce pays depuis le grand malheur de mai 2007 : désigner une catégorie de la population à la vindicte du bon peuple, lancer quelques sondages aux questions convenablement orientées et utiliser les beuglements des micros-trottoirs pour justifier la suppression, au choix, des archaïsmes, des privilèges, du bouclier fiscal, des rigidités, des paresses, des incompétences, des inutilités, des gaspillages…

[...]
www.le-grand-barnum.fr/nicolas-sarkozy-la-destruction-de-luniversite-et-le-cholera-mental-du-journal-le-monde/#more-1154



Les enseignants-chercheurs se foutent du "Monde"

Lassé de voir leur mouvement caricaturé par le quotidien du soir, le mouvement des enseignants-chercheurs a décidé de passer à l’attaque et de taper là où ça fait mal.

Après en avoir longuement débattu en interne, Le Monde, qui devait publier aujourd’hui un article sur le divorce entre « le grand-quotidien-de-référence » et le mouvement des enseignants chercheurs, a fait machine arrière. Histoire, sans doute, de ne pas donner une tribune à ceux qui l’attaquent. En marge de leur mobilisation contre les réformes Pécresse, le mouvement des enseignants chercheurs mène en effet un autre combat. Celui contre la désinformation menée, selon eux, par Le Monde au sujet de la réforme de l’université.

Depuis quelques semaines, les listes de discussion des opposants à Pécresse bruissaient de propositions de mesures de rétorsion contre le journal. Finalement écartée, une occupation du journal avait même été envisagée jeudi soir, en fin de manifestation.
http://bellaciao.org/fr/spip.php?article83592

Lettre ouverte à nos amis des Universités
« Charte de bonne conduite à l’égard des médias »
www.acrimed.org/article3115.html

Sarkozy et l’université - La revanche personnelle d’un cancre
www.betapolitique.fr/Sarkozy-et-l-universite-La-24150.html?tri=comments

Tour de vis policier dans les manifs universitaires
www.rue89.com/2009/04/08/tour-de-vis-policier-dans-les-manifs-universitaires
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