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 LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles

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Orwelle



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MessageSujet: Urticants Mensonges de Perroquets   Jeu 23 Avr - 20:05



Enseignant-chercheur : le statut validé

Université . Les opposants crient à la provocation et estiment que le nouveau décret menace leur indépendance.

Le décret modifiant le statut des enseignants-chercheurs, au cœur de la crise, a été validé hier par le gouvernement en pleines vacances de Pâques. Déjà entériné la veille par le Conseil d’Etat, il va donc s’appliquer à partir de la rentrée 2009 aux quelque 57 000 enseignants-chercheurs (professeurs d’université, maîtres de conférences). Le texte est «parfaitement conforme aux attentes de la communauté universitaire», s’est félicité le Premier ministre, François Fillon. clown
C’est un peu vite dit. Les opposants ne désarment pas. Et appellent à une nouvelle journée de mobilisation mardi. Pour eux, loin d’avoir été «réécrit» comme l’affirme le gouvernement, le nouveau décret menace l’indépendance des enseignants-chercheurs. Retour sur les points de discorde.

La «modulation» toujours aussi contestée

Le décret donne le pouvoir aux présidents d’université de «moduler» le service des enseignants-chercheurs - en augmentant par exemple leurs heures d’enseignement au détriment de leur temps consacré à la recherche ou à l’inverse en le diminuant, mais ce devrait être plus rare. Un enseignant-chercheur a un «service» annuel de 1 607 heures de travail, dont 128 heures de cours magistraux ou 192 heures de TD (travaux dirigés) ou de TP (travaux pratiques). Il faut y ajouter les heures de préparation, la recherche, le suivi des étudiants, les charges administratives, etc.

[...] c’est là où le bât blesse : la «modulation» va être avant tout un outil de gestion budgétaire. Dans la plupart des cas, elle va déboucher sur une surcharge d’enseignement sans hausse de salaires pour autant. L’«accord écrit» est en outre un «leurre» : sur fond de suppressions de postes, ce sera difficile de refuser.

Scepticisme à propos de l’évaluation

Les enseignants-chercheurs seront évalués tous les quatre ans par le CNU (le Conseil national des universités, constitué de pairs issus de leurs disciplines). Le ministère vante le fait que désormais toutes leurs activités seront prises en compte, y compris administratives. Mais certains craignent de voir ainsi dévoyées leurs missions premières - recherche et enseignement. Beaucoup redoutent aussi que cette évaluation massive - 57 000 tous les quatre ans - se fasse sur des bases quantitatives - nombre de publications, de citations - au détriment de critères qualitatifs.

Un geste reconnu sur les promotions

Tous saluent une «inflexion». Les promotions seront décidées pour moitié au niveau national par le CNU et pour l’autre moitié au niveau local, par l’université. C’est pratiquement ce qui se faisait déjà. Mais c’est écrit expressément. A l’origine, le ministère de l’Enseignement supérieur était prêt à laisser en décider les présidents d’université. Mais les personnels craignaient l’arbitraire.
www.liberation.fr/education/0101563524-enseignant-chercheur-le-statut-valide



Nantes : séquestration à l’université

Les épreuves de force se multiplient dans les universités depuis le début du mois, signe de radicalisation des modes d’action étudiants : séquestrations de présidents à Orléans, à Rennes 2, occupation de la présidence à Toulouse...
www.evous.fr/Universite-de-Nantes-un-directeur,1092487.html

Les étudiants ont finalement voté à main levée, debout, serrés comme des sardines dans l’amphi, la poursuite du mouvement, qui dure depuis dix semaines, et même son intensification, à une très large majorité.

Ils ont décidé, sous les acclamations et les applaudissements, de reconduire la grève et le blocage jusqu’à la prochaine AG du 28 avril, d’occuper la présidence, de « redistribuer la prime de 40 000 € que le président doit recevoir, en cas d’adoption de la loi LRU, aux étudiants privés de bourses par les récentes modifications des conditions d’attribution » et de valider le 2e semestre.
www.ladepeche.fr/article/2009/04/21/595193-Universites-le-conflit-se-durcit-au-Mirail.html

http://bellaciao.org/fr/spip.php?article84505
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 25 Avr - 10:09



AG et fuite des cerveaux lundi 27 avril

Le gouvernement a adopté en Conseil des ministres le décret sur le statut des universitaires. Ces derniers organisent des Assemblées générales lundi dans de nombreux centres parisiens. La Ronde infinie des obstinés persiste, à Paris, mais aussi dans ses déclinaisons en région (Toulouse, Lyon, Strasbourg). Et les «cerveaux» ont rendez-vous lundi 27 à 18h Gare de l'Est à Paris... pour une «fuite»...

La situation demeure pour le moins confuse, et porteuse de grands dangers dans les universités. Confirmant les propos de François Fillon sur France Inter, mercredi dernier, le gouvernement a décidé de passer en force sur tous les sujets du conflit.

Statut des universitaires : c'est fait, il ne manque plus que la promulgation. Mastérisation : la commission Marois/Filâtre n'a pas encore commencé ses travaux que le directeur de l'Enseignement supérieur, Patrick Hetzel, annonce que les quelques universités et écoles - dont plusieurs établissements privés catholiques - qui ont envoyé des maquettes seront récompensées. "Evaluées" par les soins du ministère, elles pourraient être validées et mise en oeuvre dès la rentrée 2009. Un signe clair qui montre que le gouvernement espère faire passer en 2010 ce qu'il n'a pu faire passer cette année.

Enfin, des présidents d'universités ont sorti le gros bâton et menacent de rétorsion salariale les enseignants qui participent aux actions de rétentions des notes. Ainsi, à Lille-2, le président en est aux lettres recommandées avec accusé de réception intimant l'ordre de remise des notes sous peines de retenues de salaires.

Ces décisions montrent que le gouvernement estime être en mesure de faire rentrer dans les rangs les universitaires, de leur faire porter la responsabilité du conflit et de ses conséquences pour les étudiants, sans en payer outre mesure un prix politique ou électoral. Pari risqué, mais bien dans la manière de Nicolas Sarkozy et de l'opinion de son mouvement politique sur les universités et les universitaires.

De nombreux étudiants sont en effet, dans plusieurs universités de Sciences humaines et sociales, en train de payer un lourd tribut à l'obstination gouvernementale. Quelque soit l'issue de ce conflit, et sa date, les dégâts sont déjà considérables.

De leur côté, les contestataires, malgré leur inventivité et leur détermination, ne semblent pas être en état de gagner au delà des reculs partiels obtenus. Pourtant, ils le lâchent pas puisque, d'après SLU, des Assemblées générales sont organisées dès lundi à Paris-1, Paris-4, Paris-3, Nanterre, Orsay, Créteil, à l'IUFM de Livry Gargan, Bordeaux, Grenoble, Lyon, Rennes-2... Ces assemblées seront confrontées à des décisions difficiles sur la conduite de leurs mouvements de contestation, les questions des examens, des diplômes.

A Paris-8, à 15h, un débat organisé par le département de sciences politiques aura lieu amphi B2, deux journalistes, Jade Lindgaard de Mediapart et l'auteur de ce blog y participeront.

Ci dessous, la ronde des obstinés doctorants de Lyon
www.dailymotion.com/video/x92rb2_ronde-des-obstineslyon23-avril-2009_news

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/04/ag-et-fuite-des.html

http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/04/franois-fillon.html
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/04/valrie-pcresse.html
http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article2432
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Jeu 17 Sep - 21:14

L'Union des Menteurs Populistes a encore frappé...


Les mensonges chiffrés de Valérie Pécresse
par Bertrand MONTHUBERT, Secrétaire national à la recherche et l’enseignement supérieur

Valérie Pécresse est une bonne élève. Nicolas Sarkozy ayant pris ses distances avec les chiffres, elle a fait ce matin une conférence de presse de rentrée où elle n’a pas hésité à avancer des chiffres faux. J’avoue qu’ayant découvert ça vers 13h, j’ai eu du mal à déjeuner tranquillement. Après plusieurs heures de travail avec mes collaborateurs sur les statistiques budgétaires remontant à plusieurs années, nous avons pu démonter plusieurs des mensonges de notre ministre : voir le communiqué du PS reproduit ci-dessous.

Le cynisme n’a décidément pas de limites. Non contente d’avoir mis le feu aux universités, Valérie Pécresse fait comme si tout allait bien et que la dépense par étudiant avait augmenté de 300€ en trois ans… Les étudiants, qui eux connaissent l’état de leur universités, et les personnels qui ont du mal à faire tourner les établissements, apprécieront le décalage.

Rentrée universitaire 2009 : le Parti socialiste dénonce les mensonges de Valérie Pécresse
Le 17 septembre 2009

Alors que le gouvernement se félicite de sa rentrée, il convient de rappeler quelques faits et de rectifier quelques approximations et mensonges.

Le taux d’échec en 1er cycle reste trop élevé, à 50%, avec toutes les inégalités sociales et tous les gaspillages qui en résultent. Contrairement aux affirmations de la ministre, l’encadrement des étudiants ne s’est pas amélioré. Il est resté stable à 20 étudiants par professeur, alors que la moyenne des pays de l’OCDE est à 15.

Les moyens nouveaux évoqués par Valérie Pécresse ne correspondent pas à la réalité. Il est tout simplement faux d’affirmer que la dépense par étudiant a augmentée de près de 300 euros en trois ans. Les 1 300 000 étudiants à l’université doivent se demander où cet argent est passé.

L’essentiel des moyens nouveaux a été consacré à des dotations en capital, et pas des moyens disponibles tout de suite pour améliorer le fonctionnement des Universités. L’argent réellement utilisable de ces dotations correspond au mieux, chaque année, à 5% des sommes annoncées.

Pendant ce temps, les conditions de vie étudiante (santé, transports, logement) se dégradent : cette dégradation favorise l’échec et la ségrégation sociale, ce que ne peuvent masquer quelques opérations médiatiques.

À cause de cette politique, le nombre d’inscrits en université a baissé de 10 % en cinq ans, avec une désaffection importante pour les sciences fondamentales et les sciences humaines. Si ces tendances se confirment, la proportion des bacheliers continuant leurs études va continuer de baisser

C’est une catastrophe pour notre pays, que les mensonges du gouvernement ne parviennent pas à cacher. Le Parti socialiste demande d’urgence que l’Université et la recherche se voient attribuées les moyens nécessaires pour permettre à la France de regarder l’avenir avec confiance. Car c’est à l’Université que cet avenir se dessine.

http://bertrand.monthubert.net/?p=155
http://bertrand.monthubert.net/index.php?p=150


Pécresse a obtenu le Prix de la Carpette anglaise 2008 pour avoir déclaré de multiples fois qu’il fallait cesser de considérer l’anglais en France comme une langue étrangère, que nos chercheurs devaient publier davantage en anglais, et que l’on devait enseigner en anglais dans nos universités, etc.
www.francophonie-avenir.com/Index_RR_Tract_anti-Pecresse.htm
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 16 Déc - 2:23


Juppé et Rocard, avec Sarkozy le 8 déc 2009 à Geispolsheim (Bas-Rhin).
Photo Frédérick Florin/AFP


14 décembre 2009
Un "grand" emprunt est annoncé par sarkozy lors de sa 2e conférence de presse

«Nous voulons les meilleures universités du monde»

ARTICLE + VIDÉO <> Enseignement supérieur et formation, recherche, industrie et PME, numérique, développement durable: le chef de l'Etat a détaillé ce matin les orientations du grand emprunt, qu'il a chiffré à 35 milliards d'euros de financements publics. Les principales annonces.
liberation.fr

Au nom de la compétitivité, Nicolas Sarkozy justifie dans son plan l’entrée massive de capitaux privés dans les universités.
Bref, un impératif de rentabilité et une marchandisation de la recherche.
humanite.fr



Un emprunt qui masque sa vraie nature

Nicolas Sarkozy vient de dévoiler ses choix concernant le fameux “grand emprunt”. Alors que la logique de cet emprunt, telle qu’elle a été définie par les rapporteurs, est de venir en complément d’une politique budgétaire ambitieuse, force est de constater que Nicolas Sarkozy poursuit ses choix délétères au niveau fiscal et de sa politique générale, en particulier la politique de recherche et d’enseignement supérieur.

Le premier axe choisi est de doter une dizaine d’universités d’un capital. Mais ce capital devra être placé, ce qui revient en réalité à une augmentation budgétaire annuelle de moins de 400 millions d’euros seulement, c’est-à-dire moins que l’augmentation budgétaire annuelle courante. D’autre part, ces dotations ne garantissent aucune pérennité, comme le montrent les problèmes des universités américaines dont les ressources dépendent du capital placé, lequel a subi les dégâts de la crise financière.

Par ailleurs nous avons besoin d’une politique de formation supérieure sur l’ensemble du territoire. La politique de communication élyséenne ne peut masquer éternellement la réalité désastreuse, qui se traduit par une baisse de l’effort de recherche en France, au contraire de nos voisins. Car Nicolas Sarkozy adopte la politique des vases communiquants : quand il annonce une hausse, c’est pour mieux masquer une baisse, ou bien recycler de l’argent déjà promis. Ainsi, le parlement est en train de supprimer 150 millions d’euros de crédits budgétaires dans la recherche et l’enseignement supérieur. Par ailleurs, on trouve dans les montants de cet emprunt 1,3 milliards d’euros qui avaient déjà été promis au moment de la ventre des titres EDF pour financer le Plan Campus.

Par ailleurs, une politique se construit avec des femmes et des hommes. L’obstination du gouvernement à supprimer des emplois de fonctionnaires, confirmée par Nicolas Sarkozy ce matin, a des répercussions directes sur la baisse de l’attractivité des métiers de la recherche. L’investissement soi-disant massif dans l’enseignement supérieur et la recherche n’est qu’un mirage.

Bertrand Monthubert
http://bertrand.monthubert.net/?p=297

Grand emprunt : critiques de chercheurs
www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/12/15/01011-20091215FILWWW00457-grand-emprunt-critiques-de-chercheurs.php
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mar 5 Jan - 14:33

République contre populisme


© REUTERS/ Charles Platiau

Les grandes écoles opposées aux quotas de boursiers dont rêve le gouvernement

Dans un texte du 23 décembre, la Conférence des Grandes Ecoles (CGE) rappelle «que l'admission dans les grandes écoles est basée sur le mérite, désapprouve d'une manière générale la notion de “quotas” et réaffirme que les niveaux des concours doivent être les mêmes pour tous» et ajoute que «toute autre politique amènerait inévitablement la baisse du niveau moyen».
france-info.com
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mar 12 Jan - 9:51



Pour démocratiser vraiment l'enseignement supérieur

Depuis plusieurs jours, une polémique surjouée par Valérie Pécresse l’oppose à la Conférence des Grandes Ecoles au sujet de l’accueil des élèves boursiers. Ce débat délibérément mal posé cache les véritables enjeux de la démocratisation de ces écoles, mais plus généralement des filières longues et prestigieuses de l’enseignement supérieur.

Evidemment, l’affirmation par la CGE que l’ouverture des grandes écoles à plus de boursiers entraînerait une baisse de niveau est lamentable : c’est à la fois une absurdité pédagogique et le signe qu’il faut encore faire violence à des conservatismes archaïques dans notre société. Mais ne soyons pas dupes : la proposition de Valérie Pécresse de fixer un objectif de 30% d’étudiants boursiers dans ces écoles n’est qu’un trompe-l’œil. Fidèle à la politique du chiffre que le gouvernement met en œuvre dans tous les domaines, la Ministre met en avant un indicateur partiel et partial qu’elle peut manipuler à sa guise. Elle a par exemple annoncé récemment que le taux de boursiers en classes préparatoires avait fait un bond de 23% à 30%. Certes, mais les boursiers les plus modestes – touchant une bourse d’échelon 4 à 6 – y sont toujours aussi faiblement représentés. Ce sont les boursiers d’échelon 0 – simplement exonérés des frais d’inscription – qui ont vu leur nombre augmenter. L’incidence sur la composition sociale des effectifs de ces établissements a donc été minime.

On peut débattre sans fin de la forme des concours, de quotas divers et variés. Cela a son importance car il faut s’attaquer à tout ce qui favorise la reproduction sociale. Mais en focalisant le débat sur quelques aspects du problème, Valérie Pécresse élude les véritables questions qui touchent l’école et l’enseignement supérieur.

Car la réalité est sévère : la destinée sociale d’un élève puis d’un étudiant reste déterminée par l’origine sociale de ses parents. Un rapport du Sénat publié en 2007 rappelait que si 21% des enfants d’enseignants ou de père exerçant une profession libérale accèdent aux grandes écoles, la proportion est de 0,8% pour les enfants d’ouvriers non qualifiés, de 1% pour les enfants d’ouvriers qualifiés et de moins de 4% pour les enfants d’employés

Ce marqueur social est souligné par la politique menée par la droite, en particulier les suppressions de postes dans l’Education Nationale, qui renforce les inégalités entre les élèves en fonction de leur milieu d’origine et sanctuarise la reproduction des élites entre elles en favorisant les étudiants les plus richement dotés – par l’argent ou le capital culturel de leur parents. Quand le gouvernement s’intéresse à ce qui se passe à la fin du processus scolaire, et s’offusque d’inégalités qu’il a lui-même amplifiées, il trompe les Français.

Et alors que nous observons que la pauvreté et la précarité des étudiants constituent le principal obstacle à leur investissement dans les études, cette question semble mise de côté par le gouvernement. Comment poursuivre des études longues et prenantes sans stabilité financière ou sans logement ? La nécessité de travailler pour survivre tout en poursuivant des études écarte de fait de très bons étudiants de nombreuses filières, y compris à l’université. Ils doivent choisir des cursus compatibles avec l’occupation simultanée d’un emploi. D’autant plus si l’accès à ces filières suppose – comme c’est malheureusement de plus en plus fréquent –de payer des formations privées de préparation aux concours, comme en médecine.

Conséquence de ces inégalités sociales, on observe une auto-censure chez de nombreux étudiants de très bon niveau issus de milieu modeste. Cette disposition de certains étudiants à concevoir que les filières d’excellence ne sont pas faites pour eux relève d’un habitus social qui doit être mieux combattu par l’action combinée de l’aide sociale et de l’orientation individuelle. [...]

La démocratisation est aujourd’hui interrompue par la politique du gouvernement. Pour Valérie Pécresse, l’urgence est ailleurs. Il s’agit plutôt de créer des écrans de fumée pour masquer son mauvais bilan, et tenter de s’enfuir au plus vite d’un ministère où sa crédibilité fond comme neige au soleil.

Benoit Hamon, Porte-parole du Parti Socialiste et
Bertrand Monthubert, Secrétaire national à l’enseignement supérieur et à la recherche.
www.mediapart.fr/node/72561

Internats interdits aux filles
Il faut ajouter que Valérie Pécresse tolère que les jeunes filles de milieu modeste soient la plupart du temps exclues des internats des grandes Ecoles, ce qui les pousse à abandonner les classes préparatoires.
Rue89.com



Analyse de la situation
Séminaire alternatif à l'EHESS

Jean-Louis Fournel : «Nous avons accepté de ne pas nous interroger sur les conséquences du processus de Bologne, l'idée que les classements et l'évaluation comparative sont les moyens de l'amélioration de l'université, accepté de ne plus parler de savoir et de connaissances, mais de compétences».

Luc Boltanski a souligné l'évolution de l'Etat vers un Etat/entreprise.

Isabelle This estime que la communauté scientifique et universitaire a pris conscience des menaces que l'approche idéologique du gouvernement fait peser sur elle, en particulier par un utilitarisme à court terme qui tend à réduire la recherche à l'innovation et l'enseignement supérieur à la formation professionnelle.

Ce seminaire souligne, à mon avis, deux points décisifs. Le premier est que la gauche n'a effectivement pas construit de politique universitaire et de recherche se distinguant des orientations libérales depuis une bonne quinzaine d'années, abandonnant complètement l'objectif fixé en 1982 - aider la société à sortir de ses difficultés en se transformant - pour se rallier à celui de la doxa : se plier aux impératifs pratiques et idéologique de la société telle qu'elle est, c'est-à-dire fondée sur des inégalités et une domination écrasante du capital sur le travail. Du coup toutes les transformations sont alors marquées du sceau de la nécessité, du pragmatisme, du bon sens.
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2009/11/universit%C3%A9-s%C3%A9minaire-alternatif-%C3%A0-lehess.html

Pécresse, la super-menteuse avait déjà été démasquée en 2006
http://olivierbonnet.canalblog.com/archives/2006/09/28/2783961.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Jeu 18 Fév - 18:22



Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe annoncée

Par Geneviève Azam, maître de conférences en économie, université Toulouse 2, communication du 23 mars 2009 (Vidéo).

Transcription de la conférence

Qui décide au final ? les politiques publiques ou des entreprises commerciales ? Le savoir est-il un produit comme un autre ? Qu'est-ce qu'être efficace ?

I. Processus de Bologne et globalisation

Ne pas confondre la stratégie de Lisbonne (2000) et le Traité de Lisbonne.
Processus de Bologne (1999) : ce qui est annoncé comme "Harmonisation" & "Réglementation" est en fait une pièce de la globalisation -néo-libéralisme économique- qui conduit à un nivellement auquel participe un recul du système d'autonomie et de recherche.
Jusqu'en 1970 -débuté fin XIXème siècle "Etat social"- il y avait une inscription sociale du pouvoir économique par un système de règles -1945 : "Etat providence"-. Le néo-libéralisme (1980) tend donc à se dégager de ces "contraintes". On assiste plutôt à une harmonisation des règles néo-libérales -une forme de déréglementation, notamment en matière d'éducation-, plutôt que des diplômes... : mobilité, efficacité, concurrence... au service d'une loi du marché présentée comme incontournable -mondialisation-.
Il n'y a eu aucun débat public pour élaborer le processus de Bologne.


II. Régression de la raison à l'utilité [12' ]

La connaissance en tant que facteur d'émancipation devrait s'effacer pour s'adapter aux contingences économiques : ce qui est utile devient ce qui peut rapporter du profit -discours utilitariste-. L'émancipation cède la place à l'adaptation.


III. Gouvernance et obscurantisme [14']

Dissolution des termes de pouvoir, gouvernement, politique... : disparition du pouvoir, c'est la fin de l'histoire ; il faudrait répondre à des forces anonymes qui auraient des facultés d'auto-régulation. Le pouvoir est de plus en plus difficile à identifier, ce qui réduit les contre-pouvoirs -qui est à la base des systèmes totalitaires-. Dans ce modèle international, les différences sont nivelées, les échanges réduits au plus petit dénominateur commun : la concurrence généralisée sous les auspices de la rentabilité économique.

IV. Les acteurs du processus [18'30]

Comment le processus de Bologne s'est-il construit ? qui en sont les acteurs ?
Pourquoi le terme "processus" ? ce n'est pas un "traité", une "loi", une "règle"... le "processus" est plus difficilement identifiable.
En 1999, 29 pays signent ce processus, puis il est revu à Prague 2 ans plus tard par 32 pays : à quoi correspond 29 ou 32 pays ? à aucun ensemble déterminé ! 29, c'est plus que l'Union européenne, et 32, moins que ce que regroupe le Conseil de l'Europe. Il s'agit donc en fait d'une rencontre informelle entre ministres de l'éducation se soustrayant ainsi à tout débat public.
(tout ce qui est dit ici a été largement analysé il y a 10ans -rien de vraiment nouveau- mais le recul permet de pointer un peu mieux ce qui a été déterminant)

1. ERT
L'acteur principal est la "table ronde des industriels européens"[ERT -European Round Table- : www.ert.be ]. LE lobby industriel européen le plus puissant, qui écrit et influence beaucoup de rapports de la commission européenne -pouvoir législatif européen-.
Créé en 1983, l'ERT comprend 47 des plus grandes firmes européennes : Total, Elf, Carrefour... . Elles écrivent un rapport en 1989 qui s'appelle "Education et compétences en Europe" : à partir de ce moment-là on ne parlera plus des savoirs mais des compétences.
Extrait : "L'éducation et la formation sont considérées comme des investissements stratégiques vitaux pour la réussite future de l'entreprise. Les enseignants n'ont qu'une compréhension insuffisante de l'environnement économique des affaires et de la notion de profit. Ainsi il s'agira de valoriser l'enseignement à distance. ..."
En 1991, nouveau rapport de l'ERT : "Une université ouverte est une entreprise industrielle et l'enseignement à distance est une industrie nouvelle."
Six mois plus tard la commission européenne publie un livre blanc -centré sur la formation tout au long de la vie- dans lequel apparaissent les termes d'"employabilité", "flexibilité" et "mobilité" pour les enseignants : termes clés du processus de Bologne.
1995 nouveau rapport : "vers la société d'apprentissage".
"L'éducation doit être considérée comme un service rendu au monde économique. Les gouvernements nationaux devraient envisager l'éducation comme un processus s'étendant du berceau au tombeau." D'où l'idée reprise par tous les gouvernements de "l'éducation tout au long de la vie". Du coup la Commission européenne a sorti un nouveau livre blanc centré sur la formation tout au long de la vie : apprendre et enseigner, vers la société cognitive" -co-signé par Edith CRESSON, à l'époque commissaire européenne-.

2. OCDE [25']
2ème acteur important : l'OCDE, qui regroupe l'ensemble des pays les plus riches du monde - www.oecd.org/home/0,3305,fr_2649_201185_1_1_1_1_1,00.html -.
1998 rapport : "les enseignants ne sont pas indispensables à la formation tout au long de la vie, des prestataires de service éducatif feront l'affaire."
1998 Rapport Reyfer de la commission européenne : "Le temps de l'éducation hors école est venu et la libération du processus éducatif aboutira à un contrôle par des offreurs d'éducation plus innovants que les structures traditionnelles."
+ l'UNESCO a aussi servi ce processus de Bologne

3. Recteurs d'Université
3ème acteur : les recteurs d'Université. Trouvaille de la bonne gouvernance : intégrer les acteurs.
Entre 1999 et 2005 les réformes dans les universités n'ont pas fait de vague...
1998 : réunion de tous les recteurs d'université européens pour l'anniversaire de la création de l'Université de Bologne -extrêmement ancienne et prestigieuse- : signature d'une magna charte où sont réaffirmés, dans un mélange cependant inquiétant, les grands principes du côté humaniste, le côté bien public de l'éducation, l'autonomie éducative et de la recherche. Mais dans le même temps ré-émergent les notions d'"employabilité", de "flexibilité"... On n'a pas encore fait le saut mais on commence déjà à rechercher les voies d'adaptation.
Ces recteurs appartiennent à l'Association Européenne des Universités (1) qui a eu un rôle essentiel dans le processus de Bologne : il s'agit d'adapter l'Université à la société... Le chômage serait un indicateur du mauvais fonctionnement de l'Université ; et la société réduite à son espace économique. Bien sûr l'Université doit s'adapter aux besoins de la société, mais de quelle société ? Certainement pas à une société réduite à une logique économique !
1998 en France rapport Attali - http://guilde.jeunes-chercheurs.org/Reflexions/Documents/1998-attali.html - sur les pôles d'excellence et la compétitivité des universités françaises.

[34']
Et dans le même temps une réunion à la Sorbonne a donné lieu à ce qu'on appelle la "déclaration de la Sorbonne" signée par la France, l'Italie, la Grande-Bretagne et l'Allemagne et leur ministre de l'éducation : apparaît la nécessité de créer un espace européen de la connaissance, faisant émerger le thème de l'économie de la connaissance -ce qui implique que la connaissance devient un bien économique !-.
Pour qu'un bien soit économique, il faut qu'il soit un bien rare et pas gratuit... Or, la connaissance est un bien très particulier, voire anti-économique : si je donne un objet à quelqu'un, je ne l'ai plus -base de l'échange économique-, alors que lorsqu'on donne de la connaissance, on garde cette connaissance. Et plus elle est donnée et circule, plus elle s'accroît. La connaissance est bien caractérisée par l'abondance. Et pour y mettre de la rareté, il va falloir l'encadrer par les droits de propriété intellectuelle. Cependant les brevets existent depuis le XIXe siècle. Jusqu'aux années 1980, ils portaient essentiellement sur des innovations. Les nouveaux droits portent désormais sur le champ de la connaissance lui-même. Pour qu'il y ait un capital de la connaissance, il faut instaurer la propriété intellectuelle.
Il est navrant de constater que de droite comme de gauche on puisse se féliciter de cette évolution, laissant croire que cette économie de la connaissance nous permettrait de sortir de la crise : c'est vraiment prendre des vessies pour des lanternes. L'économie de la connaissance, c'est la soumission de la connaissance aux lois de la rationalité économique.

4. OMC [39'30]
4ème acteur : l'Organisation Mondiale du Commerce - www.wto.org - avec en particulier l'"Accord Général sur le Commerce des Services" (AGCS, 1994) - www.wto.org/french/tratop_f/serv_f/gatsintr_f.htm -. (L'Union Européenne a eu un rôle crucial dans la libéralisation du commerce des services. Rappelons que l'UE est le premier exportateur mondial dans ce domaine.)
Dans ce processus il s'agit -article 1- d'élever le niveau de libéralisation de tous les services dans tous les domaines, sauf ceux qui sont produits dans le cadre de l'exercice gouvernemental, cad la fonction régalienne -police, justice, défense nationale-. Mais sont compris les services qui ne sont pas fournis sur une base commerciale mais qui sont en concurrence avec un ou plusieurs fournisseurs de service : par là-même l'éducation rentre dans le cadre imposé par l'AGCS.
Le propre de ces textes néo-libéraux, c'est le niveau d'abstraction élevé, plutôt flou quant aux applications mais présentant une direction clairement identifiée : la libéralisation des commerces de services.

5. LOLF
Dernier acteur important : (ATOSS, Bi ATOSS) la LOLF (Loi organique relative aux lois de finances), cad la réforme du management public -problème de l'efficacité des services publics-. Se met en place l'idée qu'un bien public n'est pas obligatoirement fourni par un service public : sous l'euphémisme "partenariat public-privé" il s'agit en fait d'une soumission du public aux règles du privé -logique managériale- que l'on retrouve dans la réforme de tous les services publics et des administrations.
Ces sous-traitances -c'est tout le problème des ATOSS, bi-ATOSS- réduisent l'éducation à une vision de l'enseignement -qui peut même se dissoudre dans l'enseignement à distance-, ne tendent qu'à réduire la communauté éducative -entretien, personnels de bibliothèques, référents réseaux informatique...- pour mieux la disloquer.
Même chose pour le processus de construction de l'Agence Nationale de la Recherche : c'est une énorme bureaucratie qui pourrait s'apparenter à une "soviétisation" du management. Il y a une mainmise du politique sur l'éducation pour qu'elle se mette en conformité avec le monde de l'entreprise.

V. L.R.U. la bonne université [48'10]

Avec la L.R.U. (Loi relative aux libertés et responsabilités des universités), on ne parle quasiment plus de savoirs mais de compétences. Concevoir la formation comme une accumulation de crédits -les fameux ECTS (European Credits Transfer System)- c'est une aberration éducative, puisque ça laisse penser que la formation, c'est la juxtaposition de compétences : un peu de ci, un peu de ça ... On perd en vision globale, qui permet à la fois une mise à distance et une possible critique mais aussi une meilleure adaptation à des changements rapides. L'unité de/qui compte -indispensable à la création d'un marché- sur le marché mondial de l'éducation, c'est l'ECTS -avec aussi l'individualisation des parcours...-.

La L.R.U. a été conçue dans une époque de grande frénésie financière -qui aurait le pouvoir de s'auto-réguler-, un enthousiasme pour l'ouverture d'un marché novateur dans lequel s'inscrit la Loi sur l'Autonomie financière des Universités, et il faut redire que cette loi implique une autonomie FINANCIERE qui va à l'encontre de l'autonomie pleine et entière des Universités : c'est la soumission de l'Université à la loi du marché !
Mais cette loi est manifestement insuffisante pour promouvoir la compétitivité des Universités sur le marché mondial. Il va falloir choisir nos matières premières ! Il s'agira de sélectionner le niveau de rentabilité des savoirs et des étudiants !! Voir la théorie du capital humain : l'éducation est un investissement. Ce qui revient également à dire que l'égalitarisme serait contraire à l'idée de justice.


VI. Capitalisme néolibéral : l'effondrement [57'50]

Les conséquences financières ne peuvent encore être appréhendées, c'est toute cette idéologie qui est en crise. Ce sont les résultats de politiques mises en œuvre depuis 30 ans. On ne peut plus raisonner sur les bases des acteurs du processus de Bologne et même plus raisonner comme il y a 2 ou 3 ans. Il faut vraiment s'adapter à une situation changeante et non se contenter d'une vision à très court terme, qui justifierait une fuite en avant en poursuivant ce processus. Une autre alternative serait de saisir l'occasion de cette crise pour réaffirmer d'autres valeurs que celles qui nous ont conduits à cette dégradation non seulement financière mais tout autant sociale ou politique. Le devoir de service public et d'enseignant est d'éclairer cette issue.

www.mediapart.fr/club/blog/borist/150409/du-processus-de-bologne-a-la-lru-une-catastrophe-annoncee-conference-video-e
(1) www.eua.be -en anglais-
www.coe.int/t/dg4/highereducation/ehea2010/stakeholderseua_FR.asp -en français-.

Liens utiles :
www.arhv.lhivic.org/index.php/2009/04/04/966-qu-est-ce-qui-buzze-chez-les-enseignants-chercheurs
http://fr.wikipedia.org/wiki/Processus_de_Bologne
http://fr.wikipedia.org/wiki/Association_des_universit%C3%A9s_europ%C3%A9ennes
http://fr.wikipedia.org/wiki/Syst%C3%A8me_europ%C3%A9en_de_transfert_et_d%27accumulation_de_cr%C3%A9dits
http://fr.wikipedia.org/wiki/LOLF
http://fr.wikipedia.org/wiki/Loi_relative_aux_libert%C3%A9s_et_responsabilit%C3%A9s_des_universit%C3%A9s
http://fr.wikipedia.org/wiki/Genevi%C3%A8ve_Azam
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mar 23 Fév - 16:21



Richard Descoings, carpette anglaise

Le prix de la Carpette anglaise 2009 a été décerné à Richard Descoings, directeur de l’Institut d’études politiques de Paris, pour imposer des enseignements uniquement en langue anglaise dans certaines filières proposées et pour correspondre en anglais avec le lycée français de Madrid.

Par ailleurs, deux voix ont été attribuées à Philippe Varin, président du directoire de Peugeot Citroën, pour promouvoir l’anglais dans le nom de produits de la marque Citroën, la documentation technique et la communication professionnelle.

À titre étranger, la Carpette anglaise a été décernée au premier tour de scrutin, par six voix contre quatre, à Jean-Louis Borloo, ministre d'État, ministre de l'Écologie, de l'Énergie, du Développement durable et de la Mer, pour avoir signé le traité de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) dont la seule langue de travail est l’anglais, en invoquant l’urgence, alors que cinq pays importants ne l’ont toujours pas signé.
www.langue-francaise.org/Articles_Dossiers/Carpette_2009.php

www.lapeniche.net/actualite/index.php/tag/pol%C3%A9mique/page/2
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 17 Mar - 0:26



L’AERES ou l’évaluation dévoyée

L’Agence d’Evaluation de la Recherche et de l’Enseignement Supérieur (AERES), instance créée par la loi de 2006 sur la recherche, soulève de très nombreuses critiques quant à son fonctionnement. Le bureau du Conseil Scientifique (CS) du CNRS, les présidents des Conseils Scientifiques de Département (CSD) et le bureau de la Conférence des Présidents des sections du Comité National (CPCN), regroupés au sein du C3N, viennent de publier un document très riche : Quelques remarques sur une agence qui fâche : l’AERES. D’emblée, le problème de la finalité de l’évaluation est posé : s’agit-il de «tirer vers le haut l’activité de recherche, et donc conseiller, suggérer, aider les unités», ou bien est-ce «surtout un moyen de discriminer pour affecter des moyens (humains et financiers). Une forme étalonnée, une note leur semble alors utile, quels qu’en soient les effets secondaires néfastes.»

Voilà la problématique, et le clivage de fait, posés. Les remarques du C3N sont très pertinentes, en particulier le caractère réducteur de l’évaluation qui se traduit par une simple note. Pour un mathématicien, il est toujours incongru de constater l’écart entre les concepts créés par les scientifiques pour décrire au mieux une réalité (en mécanique classique, pour un objet ponctuel en mouvement, il faut pas moins de 6 nombres pour le décrire), et l’utilisation politique des mathématiques, où l’on dépasse rarement le niveau du nombre entier… Cela conduit le C3N, très justement , à revendiquer l’arrêt de la notation par l’AERES. Les qualités et les défauts d’un laboratoire ne peuvent se réduire à une simple note. (...)

Bertrand Monthubert
http://www.paperblog.fr/2929382/l-aeres-ou-l-evaluation-devoyee/
http://c3n-recherche-scientifique.fr/UserFiles/file/aeres_c3n_mars_2010.pdf
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 26 Mar - 9:36



Discrimination positive à l'entrée de l'Institut national du patrimoine (INP),
de l'Ecole du Louvre et de l'Ecole des chartes


Après Science Po, après les grandes écoles d'ingénieurs et de commerce, après divers concours de fonctionnaires (magistrature, police), le secteur culturel répond donc, à son tour, à l'appel du gouvernement pour la diversité.

L'Institut national du patrimoine (INP), l'Ecole du Louvre et l'Ecole des chartes ont en tout cas annoncé, jeudi 18 mars, la création, à la rentrée prochaine, d'une "classe préparatoire intégrée" aux concours externes de conservateur du patrimoine afin de diversifier le vivier des candidats.

[...] à une série d'épreuves qui exigent compétences et travail [...]

"Pas de discrimination positive", [selon] Marc Ladreit de Lacharrière, président de la fondation Culture & Diversité, qui soutient financièrement le projet.

Les candidats retenus disposeront d'abord de l'allocation pour la diversité dans la fonction publique (2 000 euros annuels) et d'une bourse de la fondation Culture & Diversité (encore 2 000 euros).
Les promoteurs du projet espèrent atteindre un taux de réussite de 25% au concours... [vers les] 30% de boursiers réclamés par le gouvernement dans les grandes écoles.
lemonde.fr

Marc Ladreit de Lacharrière est un milliardaire de 70 ans, énarque, passé par la banque Indosuez, L'Oréal, Synthélabo, le Crédit Lyonnais, Air France, France Télécom, le Musée du Louvre.
Cet administrateur du groupe Casino, de L'Oréal, de Renault, investit dans le culturel et a créé en 1991 la Financière Fimalac qui détient l'agence de notation financière Fitch Ratings.
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Ven 9 Juil - 17:30



Accord du 18 décembre 2008
entre
La République française, d'une part,
et
Le Saint-Siège, d'autre part
,
ci-après dénommés «les Parties»,

Considérant la Convention sur la reconnaissance des qualifications relatives à l'enseignement supérieur dans la région européenne, signée à Lisbonne le 11 avril 1997 et ratifiée par les deux Autorités ;

Réaffirmant leur engagement, dans le cadre du «processus de Bologne», de participer pleinement à la construction de l'espace européen de l'enseignement supérieur en améliorant la lisibilité des grades et des diplômes d'enseignement supérieur délivrés par les établissements habilités à cet effet

sont convenus de ce qui suit :

Article 1er
Objet de l'accord

Le présent accord, selon les modalités énoncées dans son protocole additionnel, a pour objet :
1. la reconnaissance mutuelle des périodes d'études, des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité compétente de l'une des Parties, pour la poursuite d'études dans le grade de même niveau ou dans un grade de niveau supérieur dans les établissements dispensant un enseignement supérieur de l'autre Partie, tels que définis à l'article 2 du présent accord ;
2. la lisibilité des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité compétente de l'une des Parties par une autorité compétente de l'autre Partie.
(...)
http://comite1905.over-blog.com/article-31742979.html


Diplômes du Vatican validés par l'Etat français : le Conseil d'Etat rejette les recours

Ces recours concernaient un décret du 16 avril 2009, qui entérine un accord du 18 décembre 2008 portant sur "la reconnaissance [mutuelle] des grades et diplômes dans l'enseignement supérieur" signé entre Paris et le Vatican.

L'accord organise la reconnaissance mutuelle des périodes d'études, des grades et des diplômes de l'enseignement supérieur délivrés sous l'autorité de l'une des parties signataires, en vue de la poursuite d'études dans un établissement relevant de l'autre partie.

Avant l'accord, les instituts catholiques devaient passer des conventions avec les universités publiques ou faire valider leurs examens par des jurys rectoraux pour que leurs étudiants aient des diplômes reconnus.

Quatre grades (baccalauréat, licence, master, doctorat) ainsi que des diplômes à caractère religieux sont concernés par l'accord.

Plusieurs organisations avaient déposé des recours en mai et juin 2009 : le groupe PS-Verts du Sénat, les fédérations FSU et Unsa-Education, La Ligue des droits de l'Homme et la Ligue de l'Enseignement.

Ils faisaient valoir notamment que ce texte mettait en cause la laïcité de la République et qu'il était contraire au monopole de l'Etat sur la collation des grades universitaires.

"Le Conseil d'Etat rejette l'ensemble des recours dont il était saisi", affirme-t-il dans son communiqué. [...]

Par ailleurs, le Conseil d'Etat a jugé "qu'il ne lui appartient pas en l'état de la Constitution, ni de contrôler la conformité d'un traité à la Constitution, ni de contrôler la conformité d'un traité à d'autres engagements internationaux conclus par la France", affirme-t-il.

Aussi a-t-il refusé "d'examiner la conformité de l'accord conclu entre la France et le Saint-Siège à la Constitution française" ainsi que "sa conformité à la convention de Lisbonne sur la reconnaissance des qualifications".

AFP | 09.07.10 | 14h30
http://www.lemonde.fr/depeches/
www.la-croix.com/afp.static/pages/100709124659.0l62nm4t.htm


Noter le titre trompeur de l'AFP : "Diplômes validés par le Vatican : le Conseil d'Etat rejette les recours"


Nicolas de Latran
Le président de la République française, Nicolas Sarkozy, a été installé chanoine d’honneur de la basilique Saint-Jean de Latran (Rome), le jeudi 20 décembre 2007, à 16h. Dans la matinée, il a été reçu en audience par le pape Benoît XVI.
www.eglise.catholique.fr/actualites-et-evenements/actualites/nicolas-sarkozy-installe-chanoine.html
www.maitre-eolas.fr/post/2007/12/20/822-nicolas-de-latran
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Jeu 29 Juil - 15:29



Jacques Bouveresse refuse la Légion d'honneur

La Légion d'honneur, on la demande, ou d'autre la demandent pour vous. Et parfois, c'est une (très) mauvaise surprise. Exemple avec Jacques Bouveresse, qui a refusé la rosette que voulait lui épingler Valérie Pécresse. Il n'est pas le seul à refuser argent, honneurs, etc. Les scientifiques ont le verbe haut et la dent dure.

Notre Président ex-bling bling reconverti en bang-bang, et sa blonde ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, à force de se prendre des vestes devraient savoir que tout le monde n’est pas prêt à retourner la sienne pour se laisser épingler une rosette sur le revers… Même s’ils ne sont pas légion, il y a encore des types bien qui refusent l’argent et les honneurs pour mettre leurs actes en conformité avec leurs convictions. Des hommes d’exception, Valérie Pécresse en a rencontré plusieurs en travers de sa route depuis le début de sa mission «dans le plus beau ministère de la République», ainsi qu'elle appelle son «portefeuille».

Il y a eu d’abord le physicien Didier Chatenay et le généticien moléculaire François Bonhomme, deux têtes du troupeau des chercheurs qui n’ont pas accepté la prime - renouvelable- de 15000 Euros pour «excellence scientifique» de leur bergère, parce qu’ils n’avaient pas envie que le métier d’enseignant chercheur se transforme en course à l’échalote comme le voudrait le gouvernement Sarkozy. Dans leur sillage, une quarantaine de salariés du CNRS avaient renoncé à des gratifications sonnantes et trébuchantes pour bien faire comprendre que la science est avant tout un travail d’équipe…

Il y a maintenant Jacques Bouveresse, un professeur du Collège de France qui appartient à une espèce en voie d’extinction de philosophes méprisant les distinctions en tous genres : pour cet ancien élève de l’Ecole Normale supérieure, premier à l’agrég de philo en 1965, elles n’ont pas plus de prix que des médailles en chocolat si ceux qui les décernent piétinent les vraies valeurs, l’Education nationale en particulier, les services publics en général et tout le reste. Bouveresse a donc envoyé promener la blonde de l’UMP qui n’a toujours rien compris et voulait le décorer de la légion d’honneur. Le titulaire de la chaire de «philosophie du langage et de la connaissance» n’a pas mâché ses mots en donnant les raisons pour lesquelles il ne peut être question en aucun cas pour lui «d’accepter l’honneur supposé» qui lui est fait. Du positivisme logique dans le texte. Où l’on apprend que la dichotomie entre les faits et ses valeurs, heurte son empirisme.

Anna Alter-Marianne
www.marianne2.fr/Jacques-Bouveresse-pourquoi-je-refuse-la-Legion-d-honneur_a195800.html


Madame la ministre,

Je viens d’apprendre avec étonnement par la rumeur publique et par la presse une nouvelle que m’a confirmée la lecture du Journal officiel du 14 juillet, à savoir que je figurais dans la liste des promus de la Légion d’honneur, sous la rubrique de votre ministère, avec le grade de chevalier.

Or non seulement je n’ai jamais sollicité de quelque façon que ce soit une distinction de cette sorte, mais j’ai au contraire fait savoir clairement, la première fois que la question s’est posée, il y a bien des années [1 ], et à nouveau peu de temps après avoir été élu au Collège de France, en 1995, que je ne souhaitais en aucun cas recevoir de distinctions de ce genre. Si j’avais été informé de vos intentions, j’aurais pu aisément vous préciser que je n’ai pas changé d’attitude sur ce point et que je souhaite plus que jamais que ma volonté soit respectée.

Il ne peut, dans ces conditions, être question en aucun cas pour moi d’accepter la distinction qui m’est proposée et – vous me pardonnerez, je l’espère, de vous le dire avec franchise – certainement encore moins d’un gouvernement comme celui auquel vous appartenez, dont tout me sépare radicalement et dont la politique adoptée à l’égard de l’Éducation nationale et de la question des services publics en général me semble particulièrement inacceptable.

J’ose espérer, par conséquent, que vous voudrez bien considérer cette lettre comme l’expression de mon refus ferme et définitif d’accepter l’honneur supposé qui m’est fait en l’occurrence et prendre les mesures nécessaires pour qu’il en soit tenu compte.

En vous remerciant d’avance, je vous prie, Madame la ministre, d’agréer l’expression de mes sentiments les plus respectueux.

Jacques Bouveresse

[1] Il s’agissait alors d’une proposition émanant du ministre socialiste Jack Lang. [ndlr]

Jacques Bouveresse a publié aux éditions Agone neuf livres, dont cinq volume d'Essais et, dernièrement, La Connaissance de l'écrivain.
http://blog.agone.org/post/2010/07/26/Il-ne-peut-etre-question-en-aucun-cas-pour-moi-d%E2%80%99accepter-l-honneur-suppose-qui-m-est-fait#pnote-535259-1

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jacques_Bouveresse
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MessageSujet: Quand des marchands incultes sont au pouvoir   Mar 3 Aoû - 20:10

«Là où le marché passe, la culture trépasse»

Cicéron, victime du sarkozysme

Suppression envisagée du Capes de lettres classiques : En sapant minutieusement notre héritage culturel classique, le pouvoir ne cesse de détruire l'émancipation culturelle de la jeunesse. [extraits]

Si La Princesse de Clèves ne semble guère utile aux yeux de notre président de la République, le latin et le grec, Cicéron, la Guerre des Gaules, Pline, Virgile et Sénèque seront, semble-t-il, bientôt voués à la critique rongeuse des souris sinon à un exemplaire autodafé sous la haute autorité de Monsieur Luc Châtel, ministre du Marketing éducatif. Voici quelques jours, des membres d’un jury du Capes de lettres classiques ont adressé leur démission au ministère. Leur ras le bol confirme celui plus général qui touche l’ensemble de l’Education nationale.

Prisonnière d’une vision utilitariste de l’Ecole, plus que jamais désireuse de casser l’Ecole publique au profit du privé, alliée de circonstance des derniers des «pédagogistes» hostiles à ce reliquat d’élitisme que sont le latin et le grec, la droite vient de porter l’estocade au Capes de Lettres Classiques, en le vidant de sa substance. Insigne astuce des tenants de l’abaissement intellectuel de notre Ecole ! Il ne faut en effet pas être naïf. C’est à dessein que la droite s’en prend aux disciplines «élitistes» et si elle trouve, malheureusement, quelques silencieuses complicités «à gauche», n’oublions jamais que pour ce gouvernement d’avocats d’affaires, dédiés à l’argent et au marché, la culture est un ennemi.

500 000 élèves de latin-grec subsistaient cette année, s’adonnant chaque semaine et plusieurs heures durant à une discipline qui ne rapportait pas d’argent, qui n’était pas «utile» dans une salle de marché et éloignait du mirage de la notoriété. Qu’à cela ne tienne : on supprimera les unités de l’enseignement supérieur liées aux «humanités», on cassera le corps enseignants et ils iront, à l’avenir s’occuper autrement !

Pour ma part, je crois volontiers les membres démissionnaires du jury du capes de lettres classiques lorsqu’ils parlent à propos du latin et du grec «d’instruments de l’égalité de chances, vecteurs de réussite scolaire pour les plus démunis». Dans les palais de la République, on semble se plaire à répéter «Ils veulent du latin-grec ? Qu’ils chantent à la Star’Ac’ !» et quand il entend le mot «culture», Nicolas Sarkozy sort sa télécommande et zappe. Pourtant, pourtant…

La Gauche se trouve fermement campée aux cotés des professeurs de Lettres classiques, comme aux cotés des professeurs d’histoire-géographie «optionnalisés» en terminale S, comme aux côtés des professeurs de sciences économiques et sociales, accusés de «marxisme». Le combat mené n’est pas seulement franco-français. Là où le marché passe, la culture trépasse, c’est une expérience vécue chez nos voisins européens et que le gouvernement voudrait nous faire connaître. Soyons réalistes, exigeons la culture !

Et puisque ce pouvoir dénie à la jeunesse le droit d’être autre chose qu’une variable d’ajustement sur le marché du travail, puisqu’elle lui dénie l’émancipation culturelle, puisqu’elle lui donne pour unique but existentiel le fric et le Loft, la Gauche s’adressera vite ainsi à Monsieur Sarkozy, en latin afin de l’instruire (peut-être Madame Bruni pourra-t-elle lui traduire) : quousque tandem abutere, Catilina, patientia nostra ?

Philippe Baumel
www.marianne2.fr/Ciceron-victime-du-sarkozysme_a195823.html

«Jusqu'à quand, Catilina, abuseras-tu de notre patience ?»
http://fr.wikipedia.org/wiki/Quousque_tandem_abutere,_Catilina,_patientia_nostra
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 11 Sep - 11:32


J-Pierre Finance, Darcos, Pécresse et Patrick Baranger

Masterisation : deux démissions en IUFM

Deux directeurs d'Instituts universitaire de formation des maîtres (IUFM), dont l'ex-président de la Conférence des directeurs d'IUFM, ont démissionné début septembre en opposition à la réforme de la formation des enseignants, a-t-on appris aujourd'hui.

Patrick Baranger, ex-directeur de l'IUFM de Lorraine, a affirmé à avoir démissionné, confirmant une information diffusée aujourd'hui sur des sites consacrés à l'éducation. Selon lui, Paul Busuttil, ancien directeur de l'IUFM d'Auvergne, a également démissionné pour les mêmes raisons.
www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/09/10/97001-20100910FILWWW00556-masterisation-deux-demissions-en-iufm.php

En désaccord avec la "masterisation", le directeur de l'IUFM de Lorraine a démissionné

"Cette réforme est tellement mauvaise que je ne peux plus la cautionner au point de la mettre en application comme responsable." Ainsi s'exprime l'ancien directeur de l'Institut universitaire de formation des maîtres de Lorraine, Patrick Baranger, qui a démissionné début septembre pour marquer son opposition à la réforme de la formation des enseignants.

Celle-ci prévoit le recrutement des futurs professeurs après un master (bac+5) suivi dans les universités, éventuellement au sein de "master d'enseignement" proposant des stages pratiques, mais supprime la deuxième année de formation en alternance dispensée jusqu'ici en IUFM. Une fois recrutés, les professeurs stagiaires sont accompagnés par des "tuteurs".

"Ce qui me dérange avant tout, c'est que la formation professionnelle a été quasiment réduite à peau de chagrin", affirme Patrick Baranger : "Si on file la métaphore, on a plongé les professeurs débutants dans le grand bain, avec un tuteur qui crie au bord de la piscine, mais on a supprimé les leçons de natation préalables. Au bout du compte, une petite minorité va se noyer et démissionner, une autre minorité apprendra à très bien nager, mais la grande majorité des enseignants seront de piètres nageurs pendant toute leur vie".
www.libestrasbourg.fr/actu/2010/09/en-d%C3%A9saccord-avec-la-masterisation-le-directeur-de-liufm-de-lorraine-a-d%C3%A9missionn%C3%A9.html

4 octobre 2008
Patrick Baranger : «La fracture culturelle entre enseignants et élèves risque d’augmenter»

Dès la rentrée 2009, les aspirants enseignants ne passeront plus la porte des IUFM mais celles des universités. Aujourd'hui recrutés à bac+4 après une licence et une année de préparation aux concours, ils effectuent ensuite pendant un an, un mi-temps rémunéré dans une classe de collège ou lycée ou une journée par semaine dans une école.

Demain, ils seront recrutés à Bac+5 et directement mis devant leur élèves, dans une classe dont ils auront l'entière responsabilité. A charge des universités de leur faire découvrir le monde professionnel qui les attend et, ce, dès la licence selon la «charte» signée mardi 30 octobre par Valérie Pécresse, Xavier Darcos, Jean-Pierre Finance, président de la Conférence des présidents d'université (CPU) et Patrick Baranger, président de la Conférence des directeurs d'IUFM (CDIUFM).

Le but de la réforme est-il de casser les IUFM que certains considèrent comme les «temples du pédagogisme» ?

C’est, selon moi, avant tout une réforme financière qui permet à l’État de faire beaucoup d’économies dans une période où il a besoin de renflouer ses caisses : sur le paiement des stagiaires de deuxième année, de leurs frais de déplacement et le paiement des formateurs dont certains vont devoir se reconvertir.
[...]
www.mediapart.fr/journal/france/021008/patrick-baranger-la-fracture-culturelle-entre-enseignants-et-eleves-risque-d-a

Rentrée scolaire : le rapport qui contredit Luc Chatel

Mediapart publie un rapport interne, destiné au ministre de l'éducation nationale, Luc Chatel, sur la rentrée scolaire 2010. Ce rapport de l'inspection générale de l'administration de l'éducation nationale et de la recherche (IGAENR), daté de juillet, montre que le tableau rose dépeint par Luc Chatel lors de sa conférence de presse du 30 août, où il avait réussi à ne pas citer une seule fois les 16.000 suppressions de poste de la rentrée, était, pour rester poli, un pur exercice de communication.
www.mediapart.fr/journal/france/100910/rentree-scolaire-le-rapport-qui-contredit-luc-chatel
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 25 Sep - 2:34



Sarkozy à Saclay, Delanoë ulcéré

En visite ce matin sur le plateau de Saclay, future «Silicon Valley à la française» selon le voeu de Président, Nicolas Sarkozy a annoncé un déménagement géant : dès 2011, les grandes écoles que l'on appelle familièrement Agro, Mines et Télécom sont priées de quitter les implantations parisiennes qu'elles occupent pour rejoindre Saclay. De la même manière, Normale à Cachan et Centrale à Châtenay-Malabry sont invitées à faire le même trajet.

Ces annonces ont fait réagir Bertrand Delanoë au quart de tour. Elles ont été prises «sans aucune concertation avec la ville de Paris», écrit le maire dans un communiqué. «Au-delà du choix de faire partir en totalité des écoles majeures qui souhaitent pourtant maintenir une implantation à Paris, la décision de vendre, au nom d'arguments strictement financiers, les bâtiments universitaires concernés par ces transferts, est totalement inacceptable».

À la Ville, on est convaincu que la manoeuvre est aussi simple que cela. En ces temps d'élaboration du budget, les gens de Bercy «sont entrés dans la danse, commente Jean-Louis Missika, adjoint aux universités. Ils disent que s'il manque 100 millions, il n'y a qu'à vendre des bâtiments».

Delanoë promet en tout cas de ne pas simplifier l'opération. La Ville «s'opposera fermement» à ces ventes, «y compris par les instruments juridiques qu'elle maîtrise, et notamment son plan local d'urbanisme». Une guérilla en vue ?
http://grandparis.blogs.liberation.fr/vincendon/2010/09/sarkozy-%C3%A0-saclay-delano%C3%AB-ulc%C3%A9r%C3%A9.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 25 Sep - 5:09


Descoings rend son rapport sur la réforme du lycée, 2 juin 2009 (Reuters)

Réforme latin-grec : en avant vers le lycée light !

Luc Chatel et Richard Descoing viennent d'imposer une réforme des langues anciennes qui provoque la colère des professeurs de grec et de latin. [extraits]

Dans le contexte plutôt sombre de la démission en juillet du jury de CAPES de lettres classiques et de la publication dans le Monde d’une tribune de certains de ses membres (1), la parution au Bulletin officiel n°30 du 26 août 2010 (pour une application immédiate à la rentrée une semaine plus tard !) d’une parodie de programme pour l’enseignement d’exploration « langues et cultures de l’Antiquité » signe encore la désinvolture avec laquelle sont traitées des disciplines considérées autrefois comme fondatrices et qu’on préfère aujourd’hui enterrer — le comble pour des langues mortes ! — vivantes…

La procédure adoptée est inédite. Alors même que des programmes ont été rédigés et présentés au Conseil Supérieur de l’Éducation pour tous les enseignements d’exploration les 31 mars et 1er avril, le plus grand flou entoure depuis le début les langues anciennes sans qu’aucune concertation ne vienne éclairer un tant soit peu la perspective.

L’horaire seul ayant été fixé (3 heures comme celui de l’option facultative), les lycées n’ont guère envisagé l’ouverture d’enseignements d’exploration et dans le meilleur des cas, dans le contexte des suppressions de postes, ils ont réussi à maintenir les options existantes (latin et exceptionnellement grec dans la continuité des enseignements du collège et/ou option de débutants). Beaucoup de lycées cependant ne proposent plus aucun enseignement facultatif de langues anciennes et les élèves intéressés sont contraints de s’adresser au Cned.

Il semble donc que cet enseignement soit envisagé comme bilingue puisqu’en outre il est préconisé de « croiser autant que de besoin les systèmes linguistiques grec et latin ». Nouveauté complète et irréaliste, en contradiction par ailleurs avec l’idée affichée au départ (par le choix d’un horaire de 3h au lieu des 1h30 des autres enseignements d’exploration) d’inclure dans le même groupe, les élèves qui auraient choisi latin ou grec comme enseignement d’exploration ou comme option.

Rien n’arrête cependant nos gestionnaires et surtout pas les contingences pédagogiques. Il est en effet prévu que cet enseignement « s’adresse aussi aux élèves qui souhaiteraient débuter l’étude de la langue grecque ou latine en seconde, avec le projet de la poursuivre jusqu’en terminale ». Le sommet de la bouffonnerie est à venir : « Dans ce cas, pour leur permettre d’acquérir un niveau de langue suffisant pour une poursuite en classe de première, ils feront l’objet autant que de besoin d’un accompagnement personnalisé, qui peut prendre des formes souples et variées ».

Mais peut-être est-ce lui faire trop d’honneur que de tenter d’analyser avec rigueur un texte qui masque mal une indifférence profonde et un vide abyssal de contenus derrière de vagues incantations à la souplesse comme à la variété (entendez que rien n’est prévu ni défini) et à l’innovation (parce qu’il faut bien bricoler quand on a réussi à rameuter un groupe d’élèves totalement disparate).

La précipitation et l’improvisation caractérisent certes cette réforme des lycées comme en témoigne l’émoi entraîné par l’absence de manuels scolaires dans certaines matières. Mais pour les lettres classiques, le Ministère a perfectionné la méthode : pas de concertation, pas de programme, aucune visibilité… L’objectif est évident : tendre vers un nombre nul d’élèves et bientôt de professeurs, déjà victimes prioritaires des mesures de carte scolaire. Une fois le latin et le grec passés à la trappe par un ministre-Ubu armé de son croc à phynances, à qui le tour ?
www.marianne2.fr/Reforme-latin-grec-en-avant-vers-le-lycee-light-!_a197669.html
www.fabula.org/actualites/article32019.php


« On va donc remettre du latin et grec pour tout le monde en France ? On va retourner au lycée d'il y a 50 ans ? Arrêtez ! Ce n'est pas possible »

Grec, Latin : informez-vous, Monsieur Descoings !

Dans une interview accordée à BondyBlog le 25 mai 2009, Richard Descoings a estimé utile de contester l'intérêt de l'apprentissage du latin et du grec anciens.

Langues anciennes, langues rares ? NON : 541 000 élèves étudient actuellement le latin et le grec au collège et au lycée, malgré des conditions souvent dissuasives. Les élèves et les parents d’élèves ont bien compris le message des professeurs de Lettres classiques ; ces derniers ont donc su montrer l’intérêt des langues et cultures de l’antiquité : enrichissement du vocabulaire français, apprentissage de la langue française et des langues qui puisent dans ces racines communes ( anglais, espagnol, italien, allemand), visite dans l’histoire ancienne et les mythes dont sont nourries notre histoire, ainsi que la littérature et l’art de la Renaissance à nos jours.

Étudier les langues anciennes, c’est aussi, par exemple, comprendre pourquoi l’épisode de l’enlèvement des Sabines aux premiers temps de Rome, évoqué par Tite-Live pour dénoncer une guerre fratricide, est traité successivement par David au moment de la Révolution française et par Picasso au moment de la guerre d’Espagne.

Qui est conservateur ?
Non, M. Descoings, il ne faut pas innover à tout prix et à n’importe quel prix renier l’histoire en refusant aux élèves de comprendre le patrimoine européen. Vous refuseriez en même temps à un grand nombre de jeunes élèves défavorisés ou issus de l’immigration un moyen d’intégration fondamental.

D’après vous, le latin et le grec seraient élitistes. Visant, comme les mathématiques ou la philosophie à une formation intellectuelle de haut niveau, alors, oui, ils sont élitistes ! Et c’est tant mieux, puisqu’ils sont offerts à tous ceux qui veulent faire l’effort de les étudier. Ne croyez pas, M. Descoings, que les professeurs de Lettres classiques sélectionnent des élèves qui « doivent » étudier le latin ou le grec. Et surtout, aucune sélection sociale ne préside à l’apprentissage de ces langues : n’étudie-t-on pas le latin et le grec en ZEP ? […]

Alors, M. Descoings, cessez de diffuser ces lieux communs éculés sur le latin et le grec. Qui est conservateur, vous ou nous ?
www.marianne2.fr/Grec,-Latin-informez-vous,-Monsieur-Descoings-!_a180626.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 25 Sep - 5:25


Le nouveau projet de Richard Descoings : une filière de Sciences-Po, exclusivement en anglais, à Reims.

Sciences-Po : bienvenue à la Cour du roi Richard !

Pourquoi s'intéresser à Sciences-Po ? Parce que c'est le modèle d'enseignement toujours brandi pour critiquer l'université et en déclarer la faillite. Parce que l'institution de la rue Saint-Guillaume s'est transformée en treize ans : plus sérieuse, plus internationale, plus grosse, plus riche, plus ambitieuse, plus branchée, plus populaire. Parce que le «succès» de son directeur Richard Descoings en fait un éternel candidat aux maroquins ministériels.

Premier volet de notre enquête : Richard Descoings règne en maître tout-puissant sur son école. En distribuant avantages matériels et «petites enveloppes», il a mis en place un «système de carottes», clientéliste et autoritaire.
www.mediapart.fr/journal/france/111009/sciences-po-bienvenue-la-cour-du-roi-richard

Richard Descoings en faux VRP de la réforme du lycée
www.marianne2.fr/Richard-Descoings-en-faux-VRP-de-la-reforme-du-lycee_a177213.html

La réforme du bac Pro ou la stratégie du cheval de Troie
http://sauvons-lecole.over-blog.com/article-31829777.html

Richard Descoings ou la loterie des pauvres
Prétendument de gauche, Descoings défend la discrimination positive, un système «qui entérine le désastre de l’École républicaine en organisant une loterie des pauvres».
www.marianne2.fr/Richard-Descoings-ou-la-loterie-des-pauvres_a173786.html

Quand Descoings, génie des carpettes, fait auditer Sciences-po, c'est par un de ses profs
www.marianne2.fr/Quand-Descoings-fait-auditer-Sciences-po,-c-est-par-un-de-ses-profs_a194174.html

«Le discours de Descoings flatte le penchant anti-élitiste de notre président qui a tant souffert gamin, paraît-il, avec La Princesse de Clèves».
«En fait, Richard Descoings est à la confluence historique et idéologique d’une extrême gauche post-soixante-huitarde qui avait pour projet de liquider la culture bourgeoise et d’une droite libérale qui veut livrer au marché des générations de consommateurs malléables parce qu’incultes. Il est à la fois le fossoyeur de l’élitisme républicain et l’idiot utile du capitalisme. Décidément, cet homme a tout pour plaire !»
www.marianne2.fr/Zemmour-se-paie-l-intouchable-Descoings_a183358.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Mer 3 Nov - 16:33


Étudiantes de l’ESJ de Lille

Ce rapport enterré sur les étudiants chinois en France

[…] "La France accueille très majoritairement des étudiants qui ne sont pas admis dans le système d'enseignement supérieur chinois, très sélectif, qui ne seront probablement pas la future élite chinoise, et qui arrivent avec un niveau d'études globalement inférieur à celui des autres étudiants étrangers. Les meilleurs étudiants chinois restent en Chine, ou bien se dirigent vers des filières dont ils s'assurent de la sélectivité, dans les autres pays ou dans nos grandes écoles." Alors que, à l'instar d'autres pays occidentaux, la France a toujours claironné investir dans la formation d'une élite pour bâtir son influence de demain en Chine...

Un objectif mal maîtrisé, précédé d'une cascade de ratés dans la sélection. Des universités prennent ainsi des préinscriptions massives d'étudiants chinois, souvent peu ou pas francophones, et n'assurent aucun suivi : après quelques mois de cours de français langue étrangère (FLE), ces étudiants disparaissent et s'inscrivent ailleurs... dans le meilleur des cas. Côté ambassade de France en Chine, l'application informatique censée gérer les projets d'études des jeunes Chinois et servir d'interface avec l'université d'accueil en France ne fonctionne pas.

"Baisse de l'attractivité française"

Dès lors, des agences installées en Chine, avec parfois des intermédiaires en France, profitent des failles du système et prospèrent en vendant leurs services. Elles proposent un package aux étudiants, avec la clef visa, inscription dans un établissement français et logement. Selon le rapport, les errements guettent : "Nous prônons le caractère attractif des études en France, tout en mettant en place une série de procédures qui aboutissent de fait à freiner cette attractivité et à laisser le champ libre à des intermédiaires qui monnayent l'inscription et l'accueil."

Une analyse se voulant à froid destinée à éviter que ne se répète une affaire du type de celle qui a secoué l'université du Sud Toulon-Var en 2009, avec des inscriptions massives d'étudiants chinois - qui représentaient le tiers des inscrits dans certains masters - et des présomptions de fraude aux diplômes. […]

La France a ainsi discrètement glissé de la cinquième à la neuvième place des pays d'accueil des étudiants chinois. La conséquence d'une politique illisible et à la petite semaine.
www.lepoint.fr/societe/ce-rapport-enterre-sur-les-etudiants-chinois-en-france-03-11-2010-1257700_23.php

www.lexpress.fr/actualite/societe/education/de-faux-diplomes-francais-pour-des-etudiants-chinois_754332.html
www.ambafrance-cn.org/Des-etudiants-chinois-diplomes-d-une-ecole-francaise-de-journalisme-video.html
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Dim 14 Nov - 13:49

Dictature de l’histoire européiste



L’Histoire en danger

Par Annie Lacroix-Riz
[Extraits]

Le contrôle des milieux dirigeants, assurément pas neuf, sur la recherche en histoire a été accru depuis les années 1990 : il s’est affiché dans les missions et commissions officielles confiées par divers gouvernements à des universitaires consensuels et médiatiques, et dans la création systématique de groupes institutionnels de recherche directement financés par des grands groupes (Banque de France, SEITA, RATP, banques, etc.) et plaçant en situation de dépendance financière donc scientifique les enseignants-chercheurs ou chercheurs y apportant leur contribution ou leur caution.

Le débat historique, élément organique du bon fonctionnement de la profession, a disparu au cours de la même période au profit de la publicité médiatique accordée à des « débats » dont tous les interlocuteurs sont d’accord sur l’essentiel : ce qui vaut pour la plupart des colloques « scientifiques » est symbolisé par les « Rendez-vous historiques de Blois » qui, chaque année en octobre, incarnent ce consensus distingué droite-gauche de gouvernement, sur tous les thèmes, de « l’Europe » à « l’argent ». Colloques et congrès réunissent sauf exception des scientifiques consensuels, dont la problématique exclut toute contestation des thèses dominantes. Le phénomène a été rendu systématique par les difficultés sans cesse aggravées du financement public et national de la recherche : la récente « réforme des universités » doit achever un processus qui l’a précédée.

Le financement « européen » est donc venu renforcer les tendances strictement françaises : tout colloque « européen » n’a pu se tenir que dans un cadre idéologique défini, exclusivement « européiste ». La production historique associée porte désormais label officiel, recommandé par les autorités de la profession, via les bibliographies des concours de recrutement, idéologiquement unilatérales, parfois directement issues des « Presses » européennes de Bruxelles. Car les concours eux-mêmes, naguère caution de la qualité scientifique de l’histoire française, ont été investis, avec la complicité d’universitaires « européistes » et prosélytes, par le dithyrambe sur l’« union européenne » présentée comme un heureux impératif historique depuis l’après Première Guerre mondiale (question mise aux concours de 2007 à 2009). Les bibliographies y afférentes sont agréées par la revue corporative de l’APHG (Association des professeurs d’histoire et de géographie de l’enseignement public), Historiens et Géographes. L’histoire contemporaine s’est à peu près alignée sur l’école des Sciences Politiques et la revue L’histoire, bréviaire de l’anticommunisme et de l’antimarxisme ou de la pensée fureto-courtoisienne (Le livre noir du communisme) qui fait depuis des décennies des ravages du secondaire au supérieur.

Les manuels, dirigés par des universitaires acquis aux orientations en cours, se sont adaptés, sans résistance notoire, aux « programmes » sans cesse remaniés et appauvris par le ministère de l’éducation nationale. L’étude de la crise des années 1930 a été bannie de l’enseignement secondaire, entre autres suppressions chargées d’abolir toute connaissance et toute réflexion sur les systèmes économiques. Les divers manuels ont souscrit à la prescription de l’étude conjuguée des « totalitarismes », confondant dans une même leçon les régimes fascistes et le « régime stalinien ». L’APHG est allée en mars 2007 jusqu’à apporter sa caution officielle à la diffusion, organisée sous l’égide du ministère de l’éducation nationale, d’un long documentaire (100 mn) diffusé sur la chaîne M 6, culturelle entre tous, « Staline, le tyran rouge », insulte à l’intelligence des spectateurs et parangon du brouet qui est aujourd’hui servi à la population française en général et à sa jeunesse en particulier.
[…]
www.michelcollon.info/L-Histoire-en-danger.html

Capes histoire géographie 2009
"PENSER ET CONSTRUIRE L'EUROPE, 1919-1992"
http://claroline.univ-provence.fr/claroline/claroline/course/index.php?cid=capeshist
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Jeu 6 Jan - 3:19


Les profs d'économie publient un contre-programme

Devançant le ministère de l'Éducation Nationale, les professeurs d'économie ont publié leur propre programme pour les classe de terminale ES.

Le gouvernement planche encore sur la réforme des programmes d'économie en terminale, mais l'Association des professeurs de SES (sciences économiques et sociales) dénonce un projet manquant de « pluralisme théorique » : elle vient donc de publier son propre programme, selon elle plus ouvert sur les « enjeux contemporains ».

Les nouveaux programmes de sciences économiques et sociales (SES) qui se mettent en place progressivement dans le cadre de la réforme du lycée font des remous. Après ceux de seconde (entrés en vigueur à la rentrée 2010) et ceux de première ES (qui s'appliqueront à la rentrée 2011), jugés trop lourds, trop techniques et orientés idéologiquement, ce sont ceux de terminale ES, prévus pour 2012, qui font parler d'eux.

C'est l'Association des professeurs de SES (Apses) qui a lancé le débat en publiant le 2 janvier son projet, quelques semaines avant que le groupe d'expert du ministère de l'Éducation nationale ne livre le sien. Groupe d'experts présidé par l'économiste Jacques Le Cacheux et dont l'Apses a claqué la porte l'année dernière.

Basé sur une enquête réalisée auprès de 525 professeurs de SES, ce programme donne toute sa place aux "enjeux contemporains" et "n'est pas structuré à partir d'un découpage strict entre l'économie et les autres sciences sociales", estime l'Apses, qui insiste sur le "pluralisme théorique".

"Nous rejoignons les recommandations du rapport Guesnerie sur l'allègement du programme puisque nous passons de 17 à 12 thèmes, mais aussi sur la nécessité de croiser concepts, objets et questions, explique la présidente de l'Apses, Marjorie Galy. Nous voulons montrer que nous pouvons élaguer en maintenant un programme cohérent." Ce programme a été soumis au ministère de l'Éducation nationale, au groupe d'expert, aux syndicats et associations de lycéens.
[…]
www.latribune.fr/actualites/economie/france/20110104trib000588725/querelle-de-chapelles-autour-des-contenus-des-cours-d-economie-au-lycee.html
http://eco.rue89.com/2011/01/05/les-profs-deco-publient-un-contre-programme-183840
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 25 Juin - 8:47


Ce que Luc Chatel veut faire du bac

Le bac sera bien réformé. Pour l’instant, le ministre Luc Chatel préférait avancer masqué, préparant une réforme qui ne disait pas son nom, mais la polémique autour de la fraude au bac S pourrait être l’opportunité d’avancer plus franchement. Alors que trois personnes sont toujours en garde à vue vendredi après-midi dans le cadre de l’enquête autour de la fuite des sujets, alors que le secrétaire général du syndicat des personnels de direction de l’éducation nationale, Philippe Tournier, estimait, la veille qu’il fallait « revoir entièrement l’organisation des épreuves » pour modifier un « système (...) rattrapé par les nouvelles technologies », alors qu’éditorialistes et commentateurs pointent dans une quasi-unanimité l’urgence d’une réforme du baccalauréat, Luc Chatel aurait tout intérêt à lever le masque sur ses projets.

Jusqu’à présent, tout cela se faisait à bas bruit : la consigne partagée par le gouvernement et les syndicats quand on évoquait la réforme du bac était de surtout ne pas faire de vagues.

Car le ministre doit achever la réforme du lycée en s’attaquant à la terminale. Et il est difficile de modifier les programmes de terminale, sans changer la nature des épreuves finales du bac. Mais il est tout aussi difficile, voire suicidaire politiquement, d’afficher une réforme du bac à quelques mois d’une élection présidentielle. 



Officiellement donc, il s’agit de poursuivre la réforme du lycée. Mais un projet de décret dont Mediapart a eu copie entend bien réformer l’examen pour la session 2013. Au programme : rééquilibrage de coefficients, création de nouvelles épreuves pour de nouveaux enseignements, introduction d’une épreuve directement inspirée du cursus Sciences-Po (logique pour une réforme préparée par son directeur Richard Descoings) : « droit et grands enjeux du monde contemporain », évaluation de la « compétence orale » en langue vivante 1 pour tous les élèves, dans leur établissement, dans le courant du troisième trimestre... L’introduction du contrôle continu est donc déjà lancée.

Voici ce document qui sera transmis la semaine prochaine au Conseil supérieur de l’éducation : pdf.

Les syndicats partagés

Au même moment, les inspections générales sont en train d’entrer dans le détail et de revoir discipline par discipline le contenu des épreuves, et les types d’exercices proposés. Une association de défense des sciences économiques et sociales, l’Apses, s’est déjà emparée de la question. L’introduction de questions de cours dans le projet d’épreuve de spécialisation « économie approfondie » du bac Economique et social a immédiatement suscité des réactions : hier, le 23 juin, l’Apses a demandé « un moratoire sur la rénovation des épreuves du baccalauréat », et dénonce des transformations « précipitées » de l’examen national, « sans aucune consultation de la communauté éducative ».


A l’inverse, certains syndicats voudraient aller beaucoup plus loin. C’est le cas de la CFDT. Son syndicat enseignant, le Sgen, déplore que le travail de révision des « notes de service épreuve par épreuve discipline par discipline » se fasse en catimini. Il réclame l’ouverture d’un vrai débat sur le sujet. Une position que ne partagent ni l’Unsa ni la FSU, très prudents sur ce dossier. Le Snes botte en touche et affirme n’avoir pas connaissance d’une réforme du bac. L’Unsa, elle, joue le jeu : son syndicat, le SE, favorable au contrôle continu, préfère tactiquement ne pas communiquer sur ce sujet.



Officiellement, il ne s’agit que de légers « aménagements ». Ce diplôme « est un héritage très fort » expliquait Luc Chatel le 16 juin sur Canal Plus et il « n’est pas question de le supprimer ». « Chaque année, il se réforme comme en 2011 avec des changements au niveau des langues vivantes. Il évolue en permanence », a voulu dédramatiser le ministre. 


Tabou politique

Il faut dire que l’enjeu est de taille : le dernier ministre à s’y être frotté a été remercié en 2005. Le locataire de la rue de Grenelle s’appelait alors François Fillon. Pour muscler sa loi d’orientation sur l’école, il avait voulu instaurer une dose de contrôle continu pour l’obtention du baccalauréat. Devant la fronde des lycéens, ce projet avait été prestement retiré par Jacques Chirac, apeuré par la mobilisation de la jeunesse. 

Trois ans plus tard, Xavier Darcos réussissait le tour de force de lancer sa réforme du lycée, sans même évoquer celle du bac. « Le baccalauréat est un rite de passage que je ne conteste pas, mais c’est plutôt la manière de connecter la fin du lycée et le début de l’université qui doit nous préoccuper », éludait le ministre le 20 mars 2008, à peu près dans les mêmes termes que son successeur.

Mais le véritable enjeu de la réforme du bac est budgétaire : en janvier 2006, un audit de modernisation sur les examens dans l’Education nationale, commandé par Jean-François Copé, alors ministre délégué au budget et à la réforme de l’Etat, pointait le coût élevé des examens : 130 millions d’euros par an environ. Selon les chiffres fournis par cet audit : 500 ETP (équivalents temps plein) sont employés chaque année à la conception des sujets et 130.000 correcteurs et examinateurs sont mobilisés pour le bac. L’Inspection générale des finances et l’Igaenr (inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche) recommandaient alors la rationalisation (moins d’épreuves) et la sécurisation des examens, et proposaient (déjà) plus de contrôle en cours de formation.

Aurélien Duval
24 juin 2011
www.mediapart.fr/journal/france/240611/ce-que-luc-chatel-veut-faire-du-bac
www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article4799
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 25 Juin - 9:11



L'imposture de la «nouvelle licence»
Par Bertrand Monthubert

Hier, Valérie Pécresse a levé le voile sur son projet de "nouvelle licence", dont elle parle depuis plusieurs mois. Et c'est un véritable rideau de fumée qui entoure les propositions de la ministre de l'enseignement supérieur et de la recherche. De fait, c'est une licence low-cost qu'elle décrit, alors que le PS s'engage pour une licence centrée sur la réussite des étudiants. Revue des principaux axes de cette pseudo-réforme.

L'augmentation affichée du nombre d'heures : une provocation

C'est le point central des propositions gouvernementales : la mise en place d'un minimum d'heures enseignées pour la licence, fixé à 1500 en trois ans, soit 500 par an. C'est une provocation pour plusieurs raisons :

* Dans la plupart des disciplines, on est déjà au-dessus. Dans les filières de sciences dures, la norme est à 600 heures par an depuis très longtemps, et c'est pourtant insuffisant.

* Dans les filières comme les classes préparatoires, BTS ou IUT, le volume d'enseignement est nettement supérieur. En prépa ou BTS, c'est de l'ordre de 1000 heures par an. En IUT, les volumes horaires sont fixés dans le cadre de programmes pédagogiques nationaux, et sont de 850 en première année de techniques de commercialisation ou 1020 en première année d'informatique, pour prendre deux exemples au hasard. La licence à 500 heures par an, c'est très insuffisant. Ce n'est pas pour rien que les lycéens ne sont qu'un quart à placer la licence universitaire comme vœu n°1 dans le processus d'orientation.

* S'il doit y avoir une augmentation du volume horaire en licence, il faut des enseignants pour cela – et notamment des enseignants-chercheurs, car le propre de l'enseignement universitaire est d'être adossé à la recherche. Or le gouvernement ne prévoit toujours aucune création d'emplois dans les universités. A ces dernières de se débrouiller, à l'instar de l'université de Savoie qui envisage de recruter des enseignants en CDI (donc non-fonctionnaires, c'est une des nouveautés de la loi LRU) qui enseigneraient jusqu'au double des enseignants fonctionnaires des universités. C'est une forte dégradation des conditions d'enseignement qui se prépare.

* La mise en place est prévue après 2012, comme le gel des suppressions de classe dans le primaire : au prochain gouvernement de se débrouiller.

Le Parti socialiste, dans son projet pour 2012, propose une augmentation réelle du nombre d'heures : 25 heures par semaine est un minimum. Il s'agit de rompre avec l'enseignement à plusieurs vitesses, qui concentre les moyens sur les meilleurs étudiants : nous avons besoin de plus d'étudiants, mieux formés, grâce à des enseignements en groupes restreints. Mais l'amélioration ne se limite pas aux universitaires: nos universités ont besoin de plus de personnels administratifs et techniques, pour mieux accueillir les étudiants, participer à leur formation technique. Là encore, la droite ne fait rien.


La personnalisation des parcours : un argument marketing

Deuxième axe de la communication ministérielle, la personnalisation des parcours. Deux objectifs : des formations d'excellence pour quelques-uns, du soutien pour ceux qui sont en difficulté. Mais ce n'est malheureusement qu'un argument marketing destiné à maquiller l'absence d'ambition pour le plus grand nombre.

* Le simple fait de devoir proposer des doubles licences pour les meilleurs étudiants indique une dévalorisation de la licence elle-même. A l'inverse, c'est un renforcement de la licence qu'il faut mettre en place, avec plus d'enseignements, et au sein de ces enseignements des modules optionnels où chaque étudiant trouve de quoi satisfaire ses goûts et ses talents : stages en laboratoire, disciplines d'ouverture, projets tutorés...

* Le soutien tel qu'il a été mis en place est largement insuffisant. Il repose en grande partie sur du tutorat étudiant, parce que cela coûte moins cher. Or un tel tutorat ne peut venir qu'en complément d'un dispositif pédagogique beaucoup plus important. Les universités n'ont pas attendu Valérie Pécresse pour mettre en place du tutorat, et pour se rendre compte que cela marche mal dans les conditions actuelles. Ce sont rarement les étudiants qui en ont besoin qui en profitent. Ce dont a besoin un étudiant en difficulté, c'est d'un parcours universitaire étalé. Il doit avoir plus d'heures, avec des universitaires, pour réussir.

Des stages à la place des enseignements ?

Troisième axe, les stages en licence. Ces stages peuvent être très positifs pour les étudiants, mais il y a plusieurs obstacles de taille.

* Ces stages doivent avoir une vraie dimension de formation. Or, trop souvent, il s'agit pour des entreprises d'avoir de la main d'œuvre à bas prix, voire gratuite. Il faut donc un encadrement très rigoureux de ces stages, notamment par des enseignants qui en assurent un suivi étroit. Là encore, il faut des êtres humains... qui ne sont pas là.

* Il faut trouver suffisamment d'entreprises pour offrir de tels stages. Or dans les formations qui comportent déjà des stages obligatoires, on se rend compte que cela n'est pas si simple. Instaurer un stage obligatoire en licence, c'est trouver environ 250.000 nouveaux stages.

* Ces stages doivent être un complément à la formation des étudiants, et pas une substitution. Depuis des années, toutes les actions visant à renforcer la professionnalisation en licence se sont faites au détriment des enseignement de base. Résultat, une baisse des compétences fondamentales des étudiants. Et cela n'affecte pas que les universités: les formations d'ingénieurs aussi sont touchées, comme l'a constaté EADS il y a quelques années. Avec une licence au volume horaire déjà trop faible, intégrer des stages est un problème supplémentaire.

Des référentiels de formation très vagues

Dernier axe, les «référentiels de formation», destinés à faire croire qu'il existe toujours un cadre national des diplômes. Le document de presse en livre quelques exemples, en droit, histoire ou mathématiques.

* Ces référentiels sont incroyablement vagues en ce qui concerne le contenu disciplinaire. Dans celui de maths, on lit (en note de bas de page !) : «Le socle des fondamentaux de la discipline « mathématiques » s'organise autour des grands chapitres de : géométrie ‐ algèbre linéaire ‐ fonction d'une variable réelle ‐ fonctions de plusieurs variables ‐ suites et séries ‐ probabilités et statistique ‐ analyse numérique ‐ arithmétique, structures de base (notion de groupes, structuration quotient) ; ce socle inclut plusieurs connaissances transversales telles que les nombres réels, le langage ensembliste basique, la logique élémentaire et les quantificateurs et la notion d'algorithme.» L'intégration, par exemple, n'est même pas précisée, ni l'analyse complexe, la topologie... Plutôt que de se lancer dans les manques, il suffit de comparer avec les programmes de classes préparatoires pour voir la différence. Pour respecter un cadre national des diplômes, il faut être plus précis, tout en laissant une marge d'adaptation locale.

* Ce n'est pas au ministère de dire ce qu'il faut enseigner. Il faut mettre en place des coordinations nationales, issues de la communauté scientifique, qui élaborent les référentiels nationaux. Les sociétés savantes, le Conseil national des universités, pourraient jouer un rôle dans la mise en œuvre de ces coordinations.

La grande absente : l'allocation d'études

Pour favoriser la réussite des étudiants, il faut que ceux-ci puissent se consacrer au maximum à leurs études. Et pour cela, il faut qu'ils puissent vivre sans exercer un travail salarié au-delà de quelques heures par semaine. Les conditions financières désastreuses de nombreux étudiants sont la principale cause de la récession étudiante, et de l'échec dans les études. Le Parti socialiste s'engage à créer une allocation d'études pour sortir de cette situation catastrophique. Dans ces conditions, il sera possible d'augmenter le nombre d'heures de formation, de rendre celles-ci obligatoires (sans quoi ce sont les étudiants les plus fragiles qui sont absents et qui échouent). Sans une telle allocation, les efforts seront vains.

La France a les moyens d'une vraie réforme

Cette pseudo-réforme est un bel exemple de la tactique gouvernementale : on reprend des mots consensuels, et on les vide de leur contenu. C'est une véritable stratégie du coucou ! Le seul avantage de la pseudo-réforme Pécresse, c'est qu'elle ne coûte rien : d'ailleurs, le gouvernement a prévu de laisser stagner les dépenses universitaires. Mais elle ne rapportera rien non plus. Une vraie réforme, telle que celle qui est proposée par le PS, aura un coût, notamment en raison du plan de création d'emplois scientifiques. Mais ce coût est un véritable investissement, et il est à notre portée. D'un côté la réforme de l'ISF, qui coûte 1,8 milliards d'euros, de l'autre la réforme low-cost de la licence : décidément les choix politiques de la droite ne sont pas ceux de la gauche !
http://blogs.mediapart.fr/edition/les-invites-de-mediapart/article/230611/limposture-de-la-nouvelle-licence
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Orwelle



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MessageSujet: Abrogation du Pacte sur la recherche et de la loi LRU   Mar 5 Juil - 3:45





Propositions du Front de Gauche pour l'enseignement supérieur :

Harmonisation des frais d'inscription au niveau le plus bas.

Lancement d'un Plan Université réengageant durablement l'État dans le pilotage et le financement de l'enseignement supérieur et de la recherche.

Dans l’enseignement supérieur, la loi LRU sera abrogée. Tous les enseignants-chercheurs pourront participer à la recherche ; un statut du doctorant sera instauré. Les bourses seront augmentées de façon significative, tous les étudiants et les jeunes majeurs en formation bénéficieront du système de droits sociaux piloté par le CNOUS.

Nous abrogerons le Pacte pour la recherche et nous mettrons un terme aux activités de l’AERES. Un effort budgétaire massif sera entrepris en faveur de la recherche publique.

Au côté du CNRS, nous créerons un établissement public de recherche technologique et industrielle s’appuyant sur les éléments régionaux existants et doté de structures analogues à celles du CNRS. Ce dernier, quant à lui, sera rétabli dans la diversité de ses disciplines au service de toutes les recherches et de toutes les sciences.

Ces instances doivent pouvoir effectuer leur travail de recherche en toute indépendance, dans tous les domaines et donner un avis public sur les décisions du gouvernement qui lui devra réponse. Les moyens publics de la recherche seront garantis et l’apport de contributions privées sur la base de principes d’intérêt généraux développé.

Les travaux des chercheuses et des chercheurs de ces instances seront évalués par leurs pairs, sur la base de leur travail de recherche et non sur des publications d’articles dans des revues présélectionnées en fonction d’intérêts privés. Les « labellisations », outils de discrimination, seront abandonnées.

http://ruedublogulerouge.over-blog.com/article-pour-le-front-de-gauche-ce-sera-melenchon-77520696.html
http://programme.lepartidegauche.fr/index.php?option=com_content&view=section&id=1&Itemid=13


Voir aussi
9. L’émancipation humaine en tête
"Partager les savoirs"
www.pcf.fr/sites/default/files/prog_pop_partage.pdf
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Sam 22 Juil - 18:48



« Etudiants, l’avenir à crédit », vers une marchandisation des savoirs
Jean-Robert Viallet dessine le mouvement inquiétant d’une libéralisation de l’université et ses dérives à l’échelle mondiale

Le monde de la connaissance n’échappe pas à la marchandisation : des Etats-Unis à la Chine en passant par l’Europe, le modèle de l’entreprise s’impose progressivement à l’université.

Les étudiants sont les premières victimes, avec des droits d’inscription qui n’ont cessé d’augmenter et un endettement qui atteint des niveaux astronomiques.
Pour le documentariste, l’Europe ne résiste pas à ce mouvement de commercialisation du savoir. Avec pour point de départ le processus de Bologne, lancé à la fin des années 1990, qui a placé « l’économie de la connaissance » au cœur du projet libéral de l’Union européenne.

16.05.2017
http://www.lemonde.fr/televisions-radio/article/2017/05/16/tv-etudiants-l-avenir-a-credit-vers-une-marchandisation-des-savoirs_5128625_1655027.html


Etudiants, l'avenir à crédit - Fipa 2017
https://www.youtube.com/watch?time_continue=8&v=ZqcAYjYUI4M cyclops

Les impasses de la modernité : critique de la marchandisation du monde, par Christian Coméliau
Les valeurs initiales de la modernité ont été trahies, sa logique dévoyée : au nom de l'efficacité, le néolibéralisme assimile le progrès social à la marchandisation généralisée et prétend gérer la complexité du monde à l'aide d'un critère unique et simpliste : l'accumulation du profit.
Si le monde veut préserver l'ambition légitime du progrès social, il devra refonder la modernité sur des valeurs authentiques et remettre l'économie marchande au service des hommes.
http://www.e-leclerc.com/espace+culturel/produit/les-impasses-de-la-modernit%C3%A9-critique-de-la-marchandisation-du-monde,28943302/


Austérité : baisse des aides au logement APL à partir d'octobre 2017
Les aides personnalisées au logement bénéficient à 6,5 millions de ménages français, dont environ 800.000 étudiants

Le premier syndicat étudiant, la Fage, s'est immédiatement insurgé contre la volonté du gouvernement de réduire de 60 euros par an les APL dès le 1er octobre.
"Deux mois, c'est le temps qu'il aura fallu au gouvernement pour s'en prendre au budget de l'Enseignement Supérieur et s'attaquer au porte-monnaie des étudiants", a fustigé la Fage.

"Alors que plus de 60.000 bacheliers sont en détresse, faute d'affectation (dans des universités, ndlr), la poursuite d'études se voit aujourd'hui doublement remise en cause", a dénoncé l'organisation étudiante.
Un étudiant sur quatre vit sous le seuil de pauvreté et le logement représente plus de la moitié du budget mensuel d'un étudiant. 100.000 étudiants travaillent actuellement à mi-temps.

Le 20 juillet, Gerald Darmanin, ministre de l'Action et des Comptes publics, a annoncé des coupes dans les dépenses de logement, de formation professionnelle et dans les aides sociales
https://www.challenges.fr/immobilier/actu-immo/les-aides-au-logement-rognees-de-5-euros-par-mois-des-la-rentree_488939
http://www.resistons.net/index.php?post/2012/01/30/Montpellier.-60-000-%C3%A9tudiants-pour-7000-h%C3%A9bergements-disponibles-...et-340-chambres-vides-%21
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   Jeu 5 Oct - 2:10



Austérité
Blanquer annonce un nouveau baccalauréat pour juin 2021
Le ministre Jean-Michel Blanquer avait insisté sur la nécessité de "muscler" les épreuves en se concentrant sur quelques matières.
Le Premier ministre Edouard Philippe avait confirmé, lors de son discours de politique générale début juillet, l'objectif de "resserrer les épreuves finales autour d'un plus petit nombre de matières et définir ce qui relève du contrôle continu".
https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1C80YS-OFRTP

Novlangue
Derrière la recherche de "la diversité des excellences", on sent poindre la suppression de cours et de postes d'enseignants.
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MessageSujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS / Grandes Ecoles   

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