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 Etoiles et toiles

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Orwelle



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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 26 Fév - 13:59


La Princesse de Montpensier
Film français de Bertrand Tavernier (2010)

On ne remerciera jamais assez Nicolas Sarkozy de sa sortie plus que hasardeuse contre La Princesse de Clèves. Mme de La Fayette se porte à merveille depuis. Après La Belle Personne, de Christophe Honoré, transposition libre et moderne de La Princesse de Clèves, voici l'adaptation d'un roman plus modeste, une esquisse avenante qui ne demandait qu'à être étoffée. Bertrand Tavernier et ses scénaristes l'ont fait dans le pur esprit du XVIe, celui de la Renaissance, où se situe l'action. Une période généralement abordée de manière caricaturale, mais si bien honorée, ici, qu'à la fin du film on a très envie de se (re)plonger dans l'école de Fontainebleau ou la poésie de Louise Labé.

Une sévérité gracieuse caractérise ce monde. Sévère parce que les guerres de Religion y font rage. Le comte de Chabannes (Lambert Wilson), homme d'armes et d'esprit, précepteur catholique, mais qui a rallié le parti des Huguenots, se bat depuis des années. Lassé par cette barbarie qui lui semble soudain dénuée de sens, il a décidé de déserter. Sur sa route, il croise un de ses anciens élèves, le prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), qui lui présente sa future épouse, Marie de Mézières (Mélanie Thierry). La grâce, c'est elle qui l'incarne. Elle est jeune, la peau laiteuse, encline à rougir. Elle n'est pas si timide, pourtant, encore moins docile. Amoureuse du fougueux Henri de Guise (Gaspard Ulliel) depuis sa tendre adolescence, elle espérait l'épouser, mais son père, par intérêt, en a décidé autrement. Elle ne cache point que son mariage est forcé. « M'aimerez-vous ?, lui demande le prince. - Si vous me le commandez », répond-elle. Cette femme réclame sourdement d'acquérir les armes de son indépendance. Le comte de Chabannes, devenu son précepteur, va lui en fournir quelques-unes, en lui enseignant, entre autres, l'écriture. En attendant, l'amour lui joue des tours. Ce n'est pas un soupirant mais quatre qui se la disputent. Et, avec eux, quatre formes d'amour distinct : passionnel, raisonnable, libertin avant l'heure ou platonique...

Le film ne tient pas en place. Il cavale. Jusqu'à l'étourdissement - Marie vacille sur ses jambes, après une échappée à cheval de deux jours pour rejoindre son château de Champigny. Tavernier enchaîne les séquences sur un rythme de feuilleton. Il ne s'attarde pas, fixe l'essentiel en s'appuyant sur la puissance du récit, la course d'obstacles et les déplacements incessants - comme sur un échiquier. De l'escalier à l'antichambre, du couloir à l'alcôve, chacune des pièces du château est exploitée, le cache-cache sentimental donnant lieu à une séquence formidable où le duc de Guise force les différents barrages menant à Marie, recluse dans sa chambre.

Le passeur qui les aide, c'est Chabannes. Personnage secret, apparemment secondaire - central, en fait - auquel Lambert Wilson donne de la profondeur avec une sobriété exemplaire. A la fois entremetteur et confident, maître et serviteur, Chabannes, qui cultive le détachement sans doute pour se protéger, est un double de Marie. Comme elle, conscient des périls de l'amour. Comme elle, indifférent au rang à tenir. A la différence de tous ses « rivaux » qui, eux, ne veulent pas déchoir et dont le coeur est guidé par les affaires du royaume...

D'où, dans ce film sur l'honneur, le rôle décisif du costume. La Princesse de Montpensier est un film de cape et d'épée, mais surtout de cape. Velours, broderies, pierreries et tapisseries ressortent avec netteté, mais sans pompe aucune, comme des attributs indissociables de la personne. Tavernier se fait fin portraitiste - son pinceau n'appuie pas. Et fin paysagiste - la terre, les arbres, la brume, paraissent d'époque ! Servi par des dialogues vifs et épurés (signés Jean Cosmos), il redonne toutes ses lettres de noblesse au classicisme, littéraire comme cinématographique. Pour preuve, ce plan sublime, fugitif comme une impression de déjà-vu (chez Raoul Walsh ou Max Ophuls ?), où la caméra, comme grisée, approche et survole un divan, duquel se lève Marie de Montpensier, alanguie, prête à offrir au film sa pulsation intérieure.

Jacques Morice
www.telerama.fr/cinema/films/la-princesse-de-montpensier,410517.php

Film français de Bertrand Tavernier avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet, Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz. (2 h 19)

SYNOPSIS
1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage. Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, duc de Guise. Elle est contrainte par son père d'épouser le prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d'y oublier sa passion pour de Guise, mais devient malgré elle l'enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le duc d'Anjou, futur Henri III.

LA BANDE-ANNONCE
www.youtube.com/watch?v=6Mn6rMAJme8 cyclops

Caroline de Vivaise a reçu le césar des meilleurs costumes
www.europe1.fr/Cinema/Les-gagnants-de-la-36e-ceremonie-des-Cesar-430219/
www.canalplus.fr/c-cinema/pid3411-c-ceremonie-des-cesar-sur-canal.html?vid=428384&sc_cmpid=FBSharePlayer
cyclops

Entretien avec le réalisateur et deux des interprètes
www.abusdecine.com/fiche-interview.php?numero=3518

Le texte de Mme de La Fayette
http://fr.wikisource.org/wiki/La_Princesse_de_Montpensier
www.alalettre.com/la-fayette.php
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Jeu 24 Mar - 2:25


Elizabeth Taylor, la femme au cœur brûlant
[Vidéos]

On la croyait immortelle… Image de la passion hollywoodienne (version tempétueuse), Liz Taylor, huit mariages et des dizaines d’histoires enflammées, vient de disparaître après une longue lutte contre la maladie. Elle avait tourné avec Mankiewicz, Minnelli, George Stevens… donné la réplique à Rock Hudson, James Dean, Montgomery Clift ou Richard Burton, l’homme de sa vie… Disparue des écrans depuis le milieu des années 80, érigée en icône gay, elle fut très active dans la lutte contre le Sida. A 79 ans, la Diva aux yeux violets, l’un des plus grands mythes du cinéma, disparaît. [...]
www.telerama.fr/cinema/liz-taylor-la-femme-au-coeur-brulant,67054.php

«Liz, c'est la brune contre les blondes d'Hollywood»
vidéo
Érotique et tonitruante, actrice légendaire et engagée : Gérard Lefort, rédacteur en chef à Libération, explique pourquoi Liz Taylor a marqué le cinéma et l'imaginaire collectif.
http://next.liberation.fr/cinema/06013282-liz-c-est-la-brune-contre-les-blondes-d-hollywood


D’autres photos
http://connect.in.com/liz-taylor-news/images--elizabeth-taylor-gallery-wallpaper-di-elizabeth-taylor-1-404835473596.html
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mer 30 Mar - 18:24


Photo Roy Schatt (1954)

Dans l'intimité de James Dean
Le 8 février, James Dean aurait eu 80 ans. Pour l’occasion, la boutique Renoma (XVIe) propose une expo qui regroupe photos, objets lui ayant appartenu, reproductions de ses dessins, de ses sculptures et de ses textes. Jusqu'au 9 mai 2011.
C’est son rôle de Cal Trask dans "A l’est d’Eden" qui révèle James Dean. Il poursuit ensuite avec "La Fureur de vivre", puis "Géant", son dernier film.
http://next.liberation.fr/arts/11011389-dans-l-intimite-de-james-dean-relu-mais-attendre-pour-publi
http://renoma.wordpress.com/2011/03/16/revue-de-presse-james-dean-3/



Catherine Deneuve à l'honneur à la cinémathèque de New York
du 4 au 31 mars 2011
http://fr.news.yahoo.com/51/20110330/ten-catherine-deneuve-l-honneur-la-cinma-0111c6b.html

BAM (Brooklyn Academy of Music) cinématek
30 Lafayette Avenue, Brooklyn, NY 11217
www.bam.org/view.aspx?pid=2960
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Lun 18 Avr - 23:42


Le sarkozyland royaume d’opérette

« La Conquête » ou l’éloge de Sarkozy l’enragé

Un biopic sur le bateleur va être projeté au festival de Cannes, alors qu'Olivier Py a été viré par Frédéric Mitterrand pour crime de lèse-majesté… mais les comédiens se sont vengés : la first nunuche vient d’être parodiée par Michel Fau lors de la 25e cérémonie des Molière.
www.youtube.com/watch?v=BRn8W0PsF-w cyclops

Moment hilarant ce dimanche 17 avril sur France 2 avec l'apparition du comédien Michel Fau, acteur et metteur en scène, qui a pris les traits d'une cantatrice pour interpréter le tube de Carla Bruni, "Quelqu'un m'a dit".
www.lepost.fr/article/2011/04/18/2470105_quand-les-molieres-se-moquent-gentiment-de-carla-bruni-sarkozy.html
www.rue89.com/balagan/2011/04/15/olivier-py-a-avignon-ou-comment-sen-sortir-le-dernier-film-de-mitterrand-200076


Un film panégyrique sur Sarkozy, l’overdose continue

« Réalisé par Xavier Durringer, ‘La Conquête’ est un film qui illustre l'irrésistible ascension de Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême »
Alors qu’une majorité de Français lui demande de dégager, un film sort à la gloire de l’agité de l'Élysée ! De quoi donner la nausée aux millions de gens qu’il attaque en permanence -chômeurs, fonctionnaires, juges, salariés, retraités, etc., lesquels, à juste titre, ne supportent déjà plus l’overdose quotidienne de ce petit président, qui vient de faire honte à la France avec le coup d'État de l'armée française en Côte-d’Ivoire.

Un film qui pourrait enfoncer davantage Sarkozy

Les quelques images de la bande annonce suffisent amplement à comprendre que le spectateur va bouffer du sarko nerveux, excité, à longueur de plan, dans un rythme endiablé, la musette pleine d’injures prêtes à être balancées au premier contrariant rencontré…
[…]
www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-conquete-ou-l-eloge-de-sarkozy-92407
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 30 Avr - 13:22


Dans De l'autre côté de minuit

L'ultime fuite de Marie-France Pisier

[...] Truffaut lui offre plusieurs scènes de comédie déjantée : elle y est d'une fantaisie incroyable, digne des « actrices frénétiques » (Katharine Hepburn, Kay Kendall) qu'il admirait tant. [...]

C'est une intellectuelle, aussi, mais rieuse : on ne sait jamais si elle prend au sérieux ou s'amuse comme une petite folle en participant aux fantasmes du pervers qu'est Alain Robbe-Grillet (Trans-Europ-Express). Ou, encore plus étonnant, à ceux de Robert Hossein dont elle devient l'égérie, au milieu des années 60 (mais c'est avant 1968 !), et qui lui fait tourner deux navets (La Mort d'un tueur, Les Yeux cernés) et un bon film (Le Vampire de Düsseldorf, où elle interprète une chanteuse de beuglant, mi-Marlène, mi-Loulou).

Elle tourne avec Bunuel (Le Fantôme de la liberté), Rivette (Céline et Julie vont en bateau). Mais, dans ces années-là, c'est le tout jeune André Téchiné qui utilise le mieux sa voix chantante et son insolence mordante. Dans Souvenirs d'en France (1975), des spectateurs en larmes sortent d'un cinéma de province où ils viennent de voir Le Roman de Marguerite Gautier, avec Greta Garbo. Soudain, on entend le rire de Pisier, infini, tonitruant, avant de la voir descendre quelques marches, entourée par une cour de jeunes gens, et répéter sans cesser de s'esclaffer : « Foutaises, foutaises ! » Cette scène lui vaut le César du meilleur second rôle. Téchiné récidive, l'année suivante, avec Barocco : là, totalement désemparée par le comportement d'Isabelle Adjani dans cette histoire, elle lance, soudain, paumée et grotesque : « Que faire ? Que faire ? Du café, oui, du café. » Re-César pour elle : « Merci pour votre persévérance », dit-elle, sans doute émue, mais toujours pince-sans-rire, en recevant la seconde statuette.

Le succès américain de Cousin, cousine, de Jean-Charles Tacchella, lui offre Hollywood sur un plateau. Las, nul ne sait comment utiliser cette petite Française qui, visiblement, ne veut qu'en faire à sa tête. Un navet plus tard (Chanel solitaire) et un must de kitcherie involontaire de plus (De l'autre côté de minuit), et hop, et Marie-France s'en revient à Paris. Pour tourner, alors, un peu n'importe quoi (L'As des as, de Gérard Oury, La Note bleue, de Zulawski, où elle est une très méchante George Sand). Pour devenir romancière, aussi : son Bal du gouverneur (1984), devient même un film, qu'elle met en scène, quelques années plus tard, avec Kristin Scott Thomas, Didier Flamand et Vanessa Wagner. Bide, certes, mais un bide très injuste.

Ces dernières années, on la voyait, de temps à autre, dans des seconds rôles qu'elle parvenait, en un instant, à rendre bizarres ou inquiétants. Les meilleurs : la bourgeoise de Marion, de Manuel Poirier (1996), où elle tentait d'arracher une petite fille à sa famille paysanne. Et, avec Christophe Honoré - Dans Paris, en 2006 -, cette mère, depuis longtemps absente, revenant brièvement pour tenter d'aider son fils en pleine déprime.
www.telerama.fr/cinema/l-ultime-fuite-de-marie-france-pisier,68126.php

Marie-France Pisier & Jacques Perrin dans L’Écume des jours (vidéo)

Une «célébration hommage» est prévue à Paris pour le public et ses amis le jeudi 5 mai 2011 à 15h en l'église Saint-Roch.
www.europe1.fr/Cinema/Hommage-a-Marie-France-Pisier-jeudi-a-Paris-519647/
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Lun 23 Mai - 3:52


64e Festival de Cannes ou l’invisibilité

Tilda Swinton absolument sensationnelle dans We Need To Talk About Kevin de Lynne Ramsay, reste donc chez elle en Ecosse, le jury lui ayant préféré Kirsten Dunst dans Melancholia de Lars von Trier.

Ce qui va faire causer dans les gazettes : le prix d’interprétation attribué à Jean Dujardin dans The Artist, qui a intégré la compétition deux jours avant le début du festival. Tout le film repose sur ses haussements de sourcils et ces mines de séducteur gominé. Sur le fond, le propos est pour le moins conservateur : la nostalgie de l’âge d’or du cinéma muet avec Valentino dans le rôle du fantôme.

[…] le prix du jury pour Polisse de Maïwenn. Le film pourrait être le pilote d’une très bonne série télé policière française. Ce qui est déjà pas mal. Après, on peut s’interroger sur la nécessité de récompenser un cinéma français qui arriverait enfin à ressembler à un feuilleton américain.

C’était quand même une année où les films de haute volée se bousculaient au portillon du palmarès et on peut s’étonner de l’absence de l’Apollonide de Bertrand Bonello, du Havre d’Aki Kaurismaki, du Pater d’Alain Cavalier, d’Habemus Papam de Nanni Moretti, voire pour l’audace 3D de Hara-kiri de Miike… Reste cette palme d’or prévisible, absolument légitime pour Terrence Malick et son Tree of Life.

Malick n’était pas à la conférence de presse, il a monté les marches en retrait, il ne s’est pas présenté pour récupérer sa palme. Il est dans la logique de sa légende d’invisibilité, on peut trouver que c’est une coquetterie et en même temps il y a de l’héroïsme à résister ainsi aux injonctions médiatiques du commentaire et à l’affichage narcissique.
[…]
http://next.liberation.fr/cinema/01012338913-un-palmares-de-faible-rapport-qualite-prix


Sean Penn dans This must be the place de Paolo Sorrentino, avec Frances McDormand
www.puretrend.com/media/en-competition-we-need-to-talk_m522464
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 24 Mai - 18:36


« La Conquête » : les Sarkoboys en rêvaient, Durringer l'a fait

On entend ici et là que « La Conquête » est un film qui se refuse à prendre parti, qu'il est idéologiquement neutre, et certains, le décrivant comme le « premier film en France sur un Président en exercice », en font même un film contestataire : le sujet, transgressif en lui-même, violant un tabou qu'on dit bien français, rendrait le propos du film de facto critique. Rien n'est plus trompeur. (Voir la bande-annonce)

Le film tente de comprendre « l'homme Nicolas Sarkozy ». On y voit que « l'homme de la rupture » est avant tout un homme blessé par sa rupture avec sa femme, un homme atteint au plus profond de lui-même, un homme sensible et émouvant.

Dans la bouche des critiques les plus avisés, on entend :
« Le film ne juge pas. Il montre. Il ne condamne pas. Il décrit. »

Seraient-ils, me semble-t-il, un peu trop enfants de notre époque et victimes de ce préjugé contemporain qui intime, sous prétexte d'un nécessaire art de la nuance et au nom d'un antimanichéisme de bon aloi, de comprendre l'homme sans prendre parti ?

Qu'a fait Sarkozy de notre pays ?

Mais, en l'espèce, ne pas prendre parti, c'est déjà prendre parti pour Sarkozy. Car le film est le plus beau « storytelling » qu'on puisse imaginer. Il y a bien quelques chiquenaudes, quelques égratignures. Au couple Chirac assis sur le canapé de l'Elysée, Debré déclare :
« Sarkozy est moins un homme de convictions que de postures. »

Pourtant, de réelles critiques, on n'en trouve pas dans ce film.

Ce film ne fait que redoubler la stratégie marketing de Sarkozy

Comprendre l'homme, c'est oublier sa politique, sinon la justifier. Compatir, c'est déjà aimer plus que de raison le pauvre mari abandonné. Et c'est surtout s'interdire – et interdire au spectateur – de réfléchir à ce que le programme du candidat Sarkozy a voulu faire du pays.

On veut nous faire croire que ce film ne fait pas de politique et qu'il met simplement en scène les mécanismes d'une conquête. Mais affirmer cela, c'est ne pas voir que ce film ne fait que redoubler la stratégie marketing par laquelle Nicolas Sarkozy a conquis le pouvoir.

Nous n'y apprenons rien que nous ne savions déjà

Le film reste fasciné par la scénarisation de la vie politique voulue et orchestrée par l'actuel Président et son équipe de communicants alors même qu'il prétend nous en montrer les ficelles.

En outre, se refusant à faire un portrait à charge, « La Conquête » n'évite aucun cliché. Nous n'y apprenons rien que nous ne savions déjà. Le public rit aux bons mots qu'il a lus dans la presse ou qui circulaient sur Internet.

Le « off » de la vie politique n'est pas une analyse du pouvoir

Plus troublant ou plus dangereux encore : le film passe pour un documentaire « plus vrai que la vérité même », grâce à la caution de certains journalistes, témoins oculaires de la campagne, tels Michaël Darmon qui a conseillé Xavier Durringer pendant le tournage du film en acceptant d'ouvrir ses carnets de notes.

Or, si l'œuvre d'art, qu'elle soit film ou œuvre littéraire, est un « mentir vrai », pour reprendre la définition qu'Aragon donnait du roman, ce n'est pas parce qu'elle singe la réalité historique, mais c'est parce qu'elle nous donne à voir et à comprendre ce que nous n'avions pas vu ni compris.

Xavier Durringer et Patrick Rotman confondent ici l'analyse d'une époque avec l'agencement de ces petites phrases prononcées en coulisses que le Paris des rumeurs connaissait déjà depuis longtemps. Ils croient que le tableau d'une époque peut se réduire à la cacophonie cocasse, plaisante ou ridicule des piques assassines de nos hommes politiques, souvent peu inspirés. C'est faire passer le « off record » de la vie politique pour une analyse du pouvoir et de son obscénité, qui pourtant ne s'y réduit pas.

Entre le roman d'amour et le numéro de cirque

Enfin, le film hésite entre plusieurs genres : le roman d'amour et le numéro de cirque. Trop donner dans l'un faisait courir le risque de passer pour de vils zélateurs de l'Elysée ; trop donner dans l'autre, c'était instruire un procès à charge contre le Président.

A force d'hésiter entre les genres, le film n'est qu'une mosaïque de clichés où les jurons et les coups de poignard en gants de velours font sourire, sans dénoncer autre chose que la comédie des vanités.

Julien Santoni
www.rue89.com/2011/05/24/la-conquete-les-sarkoboys-en-revaient-durringer-la-fait-205672
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Jeu 27 Oct - 11:06


"Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne" : un film qui fait à Tintin ce que la Castafiore fait à l'opéra

Tintin nage dans les flots de l'Atlantique en direction de deux bandits debout sur le flotteur d'un hydravion. Sa houppe fend les flots, telle un aileron de requin. Steven Spielberg a kidnappé le reporter du Petit Vingtième et l'a mis à la diète des Dents de la mer.

Le héros bidimensionnel d'Hergé se voit conférer le don du relief ; lui qui ne disposait que de 62 pages pour accomplir des exploits hors du commun peut s'étaler sur l'écran presque deux heures durant. Steven Spielberg a toujours été d'avis que plus, c'est mieux. Son Tintin est plus rapide, plus bruyant, plus malin, plus fort que celui d'Hergé et cette inflation est censée le faire passer du statut de héros de bande dessinée à celui de personnage de cinéma. C'est raté. […]

Tintin a perdu cette irréalité translucide qui en fait le plus mystérieux des héros contemporains (qui aime-t-il, à part Milou ? Qu'aime-t-il, à part se promener dans les bois de Moulinsart ? Où et quand est-il né ? On pourrait remplir des pages de questions tintinesques sans réponse). […]

Les péripéties du scénario, les éléments de décor, certains gags témoignent d'une connaissance admirable des albums d'Hergé. Le rythme hystérique, la surenchère de destructions (une bataille entre grues de chantier que l'on croirait sortie de Transformers) est en revanche le signe d'un certain désarroi.

Sous ce vacarme, il n'y a rien : ni nostalgie pour un univers qui reste parfaitement étranger au metteur en scène (car il y a loin des serials hollywoodiens qui ont inspiré Indiana Jones aux fantaisies belges du jeune Hergé) ni envie d'emmener un héros inconnu dans un autre univers. […]

Thomas Sotinel
www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/25/les-aventures-de-tintin-le-secret-de-la-licorne-un-film-qui-fait-a-tintin-ce-que-la-castafiore-fait-a-l-opera_1593208_3476.html

Un extrait : www.youtube.com/watch?v=OhNWdAxxZiU

Tintin : Spielberg écorne la Licorne d'Hergé !

Attendu partout comme le Messie, le film Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne de Steven Spielberg inaugure sa sortie mondiale par la France. Certes, le spectacle est là. Qu’en est-il du fond ?

Sortie événement s’il en est, Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne cristallise depuis des semaines l’attention des médias autant que celle du consommateur qui, de la restauration rapide à l’industrie de la voiture, ne cesse d’être aguiché par une communication intrusive. Sa présentation en fanfare comme la tournée européenne de toute l’équipe soulignent bien des inquiétudes. Depuis l’acquisition par Spielberg des droits en 1981 (à l’époque du lancement d’Indiana Jones), le public trépigne. L’attente est aujourd’hui saluée par ce premier opus (d’un triptyque) proposé prioritairement dans les pays où la saga a commercialement le mieux marché : c'est-à-dire en France et en Belgique.

Ce lancement européen représente, à n’en pas douter, un tremplin pour une sortie décisive aux États-Unis pour les fêtes de Noël. […]

certains plans esthétiquement fabuleux ne peuvent refréner l’arrière-goût de déception qui plane sur le film. Autant les atmosphères sont réussies, autant les personnages apparaissent froids. Tout est résumé dans leur regard sans vie, parfois littéralement inexpressif, ce qui contraste avec l’attention portée aux couleurs. L’humour est par ailleurs très distante (confinée aux Dupont et Dupond secondés par un Haddock plus imbécile que jamais). Beaucoup de dialogues demeurent inutiles. Ainsi, le sentiment final approche celui d'une coquille vide, d’une œuvre quelque peu bâclée […]
Reynald Dal Barco

La bande-annonce : www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=14794
www.cinemovies.fr/news_fiche.php?IDtitreactu=15104

Au final, le film, plutôt court, finit par s’étirer en longueur. Avec Spielberg, les aventures haletantes de Tintin deviennent sacrément ennuyeuses. Le reporter belge est mal connu des Américains, il n’y a donc rien d’étonnant de vouloir s’en emparer pour en faire autre chose. Mais c’est un objet bien mal défini, entre respect de l’original et réactualisation du modèle, intemporalité du mythe et ancrage très contemporain du style et de l’humour, qui débarque sur les écrans, un entre-deux dont l’inconfort ne peut qu’augmenter dans le cas d’adaptation d’albums plus exotiques de la série.
www.iletaitunefoislecinema.com/critique/4884/les-aventures-de-tintinle-secret-de-la-licorne

TINTIN : LES DENTS DE LA MER-ique

Le rouleau compresseur hollywoodien a allègrement franchi nos frontières culturelles afin de niveler encore un peu plus les cervelles françaises avec une version 3D commerciale de “Tintin”.

Revu, léché, lissé, hight-techisé et surtout boosté à la dynamite made in US, bref consciencieusement américanisé par Spielberg (professionnel de la récupération mercantile des mythes contribuant à l’abrutissement mondial), ce TINTIN-là, comme tout ce qui sort de l’industrie cinématographique yankee, n’échappe pas à sa mission hégémonique : transformer le monde (idolâtre d’images merveilleuses) en vassal de l’Amérique allaitée au coca-cola.

Les gogos par millions vont encore se laisser berner par ces spielbergueries qu’on leur présente comme le banquet de mariage -supposé heureux- de la lourde, indigeste, vulgaire Hollywood avec la fine, élégante, spirituelle Belgique.

Les esprits faibles ferrés depuis leur naissance par le système cinématographique américain se ruent en troupeaux dans les salles de cinéma pour ne pas rater l’évènement, comme si c’était une perte de ne pas partager ces références entre bovins...

Reprendre nos traditions, s’inspirer de notre imaginaire collectif, s’emparer de nos vieux rêves européens, faire revivre nos figures locales en les remodelant à leur sauce ketchup et enfin nous les refourguer avec la caution du “terroir culturel”, voilà le génie criminel du cinéma d’outre-Atlantique !

Cette mouture 3D de TINTIN génératrice de produits dérivés en tous genres n’est ni plus ni moins qu’une pierre supplémentaire dédiée à l’édification de l’idéologie américaine (basée sur la consommation primaire, outrancière alliée à la suprématie militaire la plus brutale).

Retailler nos statues, les uniformiser selon les critères au rabais du marché international, telle est la spécialité des faiseurs d’images de Hollywood.

Pour ça ils sont forts les amerloques !

Avec Spielberg la jolie histoire belge vient de tourner à l’horreur du cinéma mondialiste : TINTIN a vendu sa fameuse mèche au diable.

Raphaël Zacharie de IZARRA
www.liberation.fr/culture/01022367949-tintin-et-la-poudriere-borduro-syldave-les-deputes-debattent-a-nbsp-l-assemblee

Hergé : «Avec le cinéma, Tintin m'échappe un peu»
En décembre 1972, pour la sortie de «Tintin et le lac aux requins», Hergé évoquait, un brin désabusé, l'adaptation à l'écran de la bande dessinée. [Vidéo]
http://next.liberation.fr/cinema/06014258-herge-avec-le-cinema-tintin-m-echappe-un-nbsp-peu
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Ven 28 Oct - 2:15


We Need to Talk about Kevin sacré meilleur film au Festival du film de Londres

Le London Film Festival (LFF) vient de primer le film We Need to Talk about Kevin, l'histoire d'une mère qui doit faire face au geste irréparable de son fils de seize ans. Apparemment, Tilda Swinton y est magistrale.

On n'avait pas beaucoup entendu parler de We Need to Talk about Kevin lors du dernier Festival de Cannes. L'erreur est à présent réparée et Tilda Swinton a enfin son heure de gloire, puisque le long-métrage a reçu le 27 octobre le prix du meilleur film lors du festival du film de Londres. Réalisé par Lynne Ramsay, le film met en scène Tilda Swinton dans le rôle d'une mère qui tente de comprendre son propre degré d'implication dans l'erreur irréparable qu'a commise de son fils de seize ans.

Il y a quelque temps, Tilda Swinton avait accordé une interview au magazine L'Express, dans laquelle elle expliquait pourquoi elle avait choisi de travailler avec Lynne Ramsay : "Je ne choisis pas des personnages mais des réalisateurs. [...] Dans We Need to Talk about Kevin, il s'agissait pour moi de comprendre jusqu'à quel point cette mère était responsable des actes de son fils. Je ne le savais pas, et le film m'a permis de me confronter à cette question", avait expliqué l'actrice.
http://fr.news.yahoo.com/palmar%C3%A8s-london-film-festival-anglais-aiment-meurtriers-203100159.html
www.youtube.com/watch?v=M7UD_WThLME
cyclops
www.bfi.org.uk/lff/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_film_de_Londres
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 5 Nov - 16:01


La source des femmes

Dans un petit village, quelque part entre l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, des femmes souffrent. Chaque jour, elles doivent aller par un chemin impraticable, sous un soleil de plomb, chercher l’eau à une source dans la montagne.
Après la chute et la énième fausse couche de l’une d’entre elles, la jeune Leïla se révolte. Elle persuade ses compagnes d’entamer une grève du sexe tant que les hommes ne feront pas venir l’eau jusqu’au village.

Cinquième long-métrage du formidable Radu Mihaileanu à qui l’on devait déjà « Le Concert», «Vas, vis et deviens» ou encore « Train de vie », «La Source des femmes» conte le combat de modestes villageoises pour améliorer leur sort. Porté par la passion de deux espoirs féminins, Leïla Bekhti, récompensée pour « Tout ce qui brille » et Hafsia Herzi, héroïne de « La Graine et le Mulet», enrichi d’excellents seconds rôles, il pèche par quelques longueurs, mais ses charmes surpassent de loin ce défaut.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre
www.pointdevue.fr/blog/?2011/11/02/997-la-source-des-femmes
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Dim 18 Déc - 9:41


Hugo Cabret

Comédie dramatique (2 h 08) de Martin Scorsese. Dans le Paris des années 1930, Hugo, orphelin de 12 ans, vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. Pour la première fois, Scorsese aborde le conte et la 3D et réussit un film superbe et émouvant où il rend aussi hommage aux inventions magiques de Georges Méliès, le père du cinéma fantastique.

‘Scorsese l’ultra-violent fait place, en adaptant le roman graphique de Brian Selznick, à Martin le magicien. Avec cette superproduction qui bat même «Inception» en termes de budget, il nous transporte dans le Paris des années 1930 où Hugo, un orphelin de 12 ans, vit dans une gare. De son père, il ne reste au jeune héros qu’un étrange automate dont il cherche la clé – en forme de coeur – qui pourrait le faire fonctionner. Clé que détient l’étonnante petite Isabelle... filleule d’un bien triste vendeur de jouets interprété par Ben Kingsley. Premier film sans Leonardo DiCaprio depuis 9 ans, premier film en 3D dont Scorsese fait une utilisation magistrale, «Hugo Cabret» est aussi son premier film pour enfants. Cette jolie fable se révèle une merveille visuelle doublée d’un hommage émouvant au génie créatif et pionnier du cinéma qu’était Georges Méliès. Un pur enchantement.’
Adélaïde de Clermont-Tonnerre

‘On sait que Martin Scorsese, via la fondation qu'il a créée, travaille à ce que les films anciens ne tombent pas dans l'oubli. Cette préoccupation rejoint le sujet même d'Hugo Cabret, la réhabilitation de Georges Méliès à la fin des années 30. Mais il n'est pas impossible que la peur de tomber dans l'oubli affecte tous les créateurs, et que Scorsese l'exprime à a façon. À 69 ans, Marty redouterait d'être un « Papa Georges », marginalisé dans un cinéma américain se consacrant tout entier aux blockbusters et au public adolescent. Le parcours de Méliès, la transformation du cinéaste en marchand de jouets, préfigurerait d'ailleurs les mutations de l'industrie. À ce compte-là, Scorsese est Méliès en fin de carrière. Et Hugo Cabret, la belle copie (numérique) d'un magnifique jouet ancien, ciselée par un artisan minutieux...’
Aurélien Ferenczi
www.telerama.fr/cinema/ou-es-tu-martin-scorsese,76143.php

La seconde naissance du “Voyage dans la lune” de Méliès
http://sarko-verdose.bbactif.com/t268p15-trouvailles-pour-cinephiles#5516


The Invention of Hugo Cabret
This photo is of a train accident in Paris in the 1890′s. It’s among the many images included in the 2007 book ‘THE INVENTION OF HUGO CABRET - A Novel in Words and Pictures’ by Brian Selznick.
http://picturesmove211.wordpress.com/2010/03/16/the-invention-of-hugo-cabret/

Le 22 octobre 1895 un train, dont les freins avaient lâché, défonce la façade de la gare Montparnasse.
http://lauhic.perso.neuf.fr/troisieme_republique_1.html
www.charles-de-flahaut.fr/scolaire/nouveaux_transports.htm
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 5 Mai - 12:59


Michel Piccoli élu meilleur acteur en Italie

Un an après la présentation d'Habemus Papam en sélection officielle du festival de Cannes, l'actualité de Michel Piccoli et Nanni Moretti est amusante.

Alors que le cinéaste italien s'apprête à endosser le rôle de président du jury pour l'édition 2012, le comédien français vient de recevoir le prix du meilleur acteur pour son rôle de cardinal rongé par l'angoisse et la dépression lorsqu'il est élu Pape. C'est l'Académie du cinéma italien qui a récompensé Michel Piccoli, 87 ans, du prix David de Donatello – l’équivalent de l'Oscar.

La Chinoise Zhao Tao a été sacrée meilleure actrice pour ‘La Petite Venise’ (Io Sono Li) d'Andrea Segre. Prévu pour le 13 juin, le film narre la rencontre entre une ouvrière chinoise, exilée à Venise pour préparer la venue de son fils, et un pêcheur slave.

Auréolé de l'Ours d'Or du festival de Berlin en février dernier, ‘César doit mourir’ de Paolo et Vittorio Taviani a reçu le David du meilleur film. Librement adapté du ‘Jules César’ de Shakespeare, le film se déroule entièrement dans une prison de Rebibbia, dans la banlieue de Rome. Les détenus d'un quartier de haute sécurité incarnent les rôles principaux.

Lui aussi présenté en sélection officielle du festival de Cannes 2011, ‘There must be the place’ de Paolo Sorrentino, avec Sean Penn dans la peau d'une rock star paumée, a reçu le prix du scénario.
www.purepeople.com/article/michel-piccoli-le-pape-est-elu-meilleur-acteur-en-italie_a100032/1
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 22 Mai - 22:12


L'équipe du film "Des hommes sans loi "(Jessica Chastain, Shia Labeouf, Jason Clarke et Nick Cave) quittent le palais des Festivals le 19 mai 2012 à Cannes. (VALERY HACHE / AFP)

À Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes, leurs films

"Qu'est-ce qui a changé dans le cinéma ? Tout !", s'exclamait Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, lors de la présentation des films sélectionnés pour la 65e édition. Tout ?! Un instant, nous avons frémi. A tort, puisque les vingt-deux films de la sélection officielle ont été réalisés, heureux hasard, par vingt-deux hommes. Le Festival couronnera donc pour la 63e fois l'un d'entre eux, défendant ainsi sans faillir les valeurs viriles qui font la noblesse du septième art.

Une fois seulement, en 1993, la Palme était en effet attribuée à Jane Campion, une réalisatrice. Et en 2011, par manque de vigilance sans doute, quatre femmes s'étaient immiscées parmi les vingt nominés à la compétition officielle. Thierry Frémeaux, délégué général, ne manquait pas de le remarquer : "C'est la première fois qu'il y a autant de femmes." Coupable faiblesse ! D'autant plus impardonnable que les Césars avaient en 2011 montré un digne exemple en ne sélectionnant aucune femme dans les catégories "meilleur film" ou "meilleure réalisation".

Messieurs, vous avez retrouvé vos esprits et nous nous en réjouissons. Le Festival de Cannes 2012 permet à Wes, Jacques, Leos, David, Lee, Andrew, Matteo, Michael, John, Hong, Im, Abbas, Ken, Sergei, Cristian, Yousry, Jeff, Alain, Carlos, Walter, Ulrich, Thomas de montrer une fois de plus que "les hommes aiment la profondeur chez les femmes, mais seulement dans leur décolleté".

Cette sélection exemplaire est un signe fort envoyé à la profession, et au public du monde entier. Car qui mieux que le plus prestigieux festival de cinéma au monde, pour être le porte-voix de cet immuable message. Avec une grande lucidité sur son rôle primordial, vous avez su empêcher toute velléité féminine de briguer une quelconque place dans ce milieu si bien gardé. Surtout, ne pas laisser penser aux jeunes filles qu'elles pourraient avoir un jour l'outrecuidance de réaliser des films et de gravir les marches du Palais autrement qu'au bras d'un prince charmant.

Ne suffit-il pas qu'elles puissent rêver d'être un jour "la" maîtresse de cérémonie de la soirée d'ouverture du Festival ! Bérénice Bejo en 2012, Mélanie Laurent en 2011, Kristin Scott Thomas en 2010. Les femmes sont de parfaites hôtesses, que l'on rendra heureuses d'un simple, "T'as de beaux yeux, tu sais", ou autres compliments bien tournés. Des icônes troublantes aussi que vous savez laisser à leur juste place : en vitrine et sur papier glacé. Les affiches du Festival en témoignent : cette année c'est Marilyn Monroe qu'on célèbre, en 2011 Juliette Binoche, en 2009 Monica Vitti, et en 1989 une Marianne de la République incarnait le prestigieux Festival.

En 1976 ce sont les fesses nues d'une femme qui étaient à l'honneur. De quoi se plaindraient nos muses ? Elles sont célébrées pour leurs qualités essentielles : beauté, grâce, légèreté... Evitons-leur les affres de la direction d'une équipe de tournage, épargnons-leur la pénible confrontation avec les contraintes techniques d'un plateau. Qu'iraient-elles s'ennuyer dans le comité d'organisation où se prennent les décisions importantes et qui, pour preuve, n'a connu depuis sa création que des présidents ? Gardons aux hommes la lourde charge de ces fonctions rébarbative. Aux femmes les bobines à coudre, aux hommes celles des frères Lumière !
Fanny Cottençon, comédienne
Virginie Despentes, écrivaine et réalisatrice
Coline Serreau, réalisatrice
L'initiative de ce texte revient au collectif d'action féministe La Barbe. Voir la liste des signataires sur le site www.labarbelabarbe.org
www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/11/a-cannes-les-femmes-montrent-leurs-bobines-les-hommes-leurs-films_1699989_3232.html



Les féministes de La Barbe s’invitent sur le tapis rouge de Cannes
http://yagg.com/2012/05/21/les-feministes-de-la-barbe-sinvitent-sur-le-tapis-rouge-de-cannes/

Vendredi 18 mai, le quotidien britannique The Times, pas vraiment enthousiasmé par le dernier long-métrage de l'Égyptien Yousry Nasrallah, en lice pour la consécration suprême, ironisait sur le débat du moment. "Un nombre conséquent des gens qui ont regardé le maladroit ‘Après la bataille’ se sont demandé : n'y avait-il aucun film réalisé par une femme meilleur que celui-ci ?"
www.francetv.fr/info/ou-sont-les-femmes-a-cannes-la-polemique-continue_97317.html


Non, les féministes ne sont pas des débiles
Cher Serge,

La lecture de ton texte, écrit en réponse à la tribune publiée dans Le Monde par le collectif la Barbe -signée par Virginie Despentes, Fanny Cottençon et Coline Serreau- qui dénonce l’absence de femmes réalisatrices dans la sélection officielle cannoise, nous a plongées dans la colère, l’incrédulité, la perplexité. Peut-être as-tu lu un peu hâtivement leur tribune, et, accaparé par ta préparation cannoise, répondu à la va-vite. On t’excusera dans ce cas. Mais si ces mots traduisent le fond de ta pensée, c’est plus inquiétant, tant tes arguments semblent balancés à l’emporte pièce et manquer de l’acuité critique et de la hauteur de vue dont tu sais faire preuve dans tes chroniques.

Non Serge, les féministes ne sont pas des débiles ou des idiotes, comme tu le suggères dans le titre de ton billet, des idiotes agressives qui ne maitriseraient pas leurs nerfs (hystériques ?) et mordent au moindre soupçon de machisme ou de traitement inégalitaire.
[...]
Bien à toi,

Nelly Kaprélian, Anne Laffeter et Géraldine Sarratia
http://cannes2012.lesinrocks.com/2012/05/22/non-les-feministes-ne-sont-pas-des-debiles/

Commentaire de liliekitsh : "je désapprouve complètement les termes « débats stériles »…les « conneries féministes »…. Le problème de cette société à mon sens, n’est pas qu’il y a un manque de place pour les femmes, ou que « les hommes ne leur fassent pas de place », c’est bien plus profond que cela, ce monde a été créé de toute pièce par des hommes, adapté pour des hommes, avec les visions, et traits d’esprits des hommes, ainsi la littérature, l’histoire et tout ce qui y est relié a donc été construit par des hommes, pour un public essentiellement masculin.
Au jour d’aujourd'hui où les femmes ont réussi à être plus ou moins reconnues comme des êtres pensants, douées de libre arbitre, et d’un portefeuille au même titre que les hommes, on n’arrive toujours pas à faire émerger une culture féminine, à reconnaître une sensibilité féminine et un regard féminin, ne s’attachant pas forcément aux mêmes valeurs, ni aux mêmes choses que les hommes, c’est sur ceci qu’il faut travailler à mon sens.
En d’autres termes, ce n’est pas parce que le travail des femmes passé à travers le filtre du formatage de cette société dont tous les codes ont été faits par des hommes, est considéré inintéressant ou nul pour les hommes (ou même pour les femmes d'ailleurs) qu’il l’est…. C’est parce que justement il est différent et qu’il participe d’une autre forme de vision du monde qu’il devrait au contraire pouvoir être vu, et intégré à la société non pas comme quelque chose de nul, mais comme quelque chose d’une autre culture, d’un autre type de sensibilité, auquel ne s’applique pas forcément la forme et les codes inventés par les hommes. C’est fondamentalement ça qui est énervant, c’est le fait que tout soit codifié et formaté dans un « langage universellement masculin »….
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 22 Mai - 22:32


Trahi par sa maîtresse, Octave (Pete Doherty) tombe dans le désespoir et la débauche. Il rencontre Brigitte (Charlotte Gainsbourg) une jeune veuve, de dix ans son aînée. Le début d'une nouvelle passion. © DR

Charlotte Gainsbourg sidérante dans « Confession d'un enfant du siècle »

Si rarement prix d’interprétation féminine cannois fut aussi pertinent que celui décerné en 2009 à Charlotte Gainsbourg pour le sombre et controversé « Antichrist » de Lars von Trier, l’actrice en aurait mérité un deuxième cette année. Il n’en sera rien, au motif que « Confession d’un enfant du siècle », le très beau film de Sylvie Verheyde, n’est pas présenté en compétition, mais dans la section « Un certain regard ».

Face à Pete Doherty, parfait dans le rôle du ténébreux Octave, Charlotte Gainsbourg livre en effet une composition renversante à tous égards, elle tient sa partition avec une maîtrise proprement sidérante, qui lui offre d’accéder à une totale liberté d’elle-même et de son propre corps. Cette maîtrise et cette liberté, elle les doit sans doute à ses dons naturels, mais plus encore à l’expérience accumulée depuis que Claude Miller, auquel le Festival rendra hommage samedi, fit d’elle son « Effrontée », c’était en 1985, soit plus d’un quart de siècle donc, et alors elle n’était déjà plus débutante. [...]

Pascal Mérigeau
http://cinema.nouvelobs.com/articles/18624-cannes-2012-charlotte-gainsbourg-siderante-dans-confession-d-un-enfant-du-siecle


On a beaucoup interviewé Jean-Louis Trintignant mais a-t-on entendu Emmanuelle Riva parler de son rôle dans 'Amour' de Michael Haneke ?
Son talent a pourtant été mondialement reconnu dans 'Hiroshima, mon amour', le chef-d’œuvre d'Alain Resnais (1959), et 'Thérèse Desqueyroux', de Georges Franju, en 1964.
www.ouest-france.fr/sport/une_basket_detail_-Festival-de-Cannes.-Riva-Trintignant-un-Amour-de-couple_46583-2078985_actu.Htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuelle_Riva
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 22 Mai - 23:00


Claude Miller, de “La Petite Voleuse” à la “Grande Faucheuse”
Hommage
Effrontément, de “Garde à vue” à “La Petite Lili”, le cinéaste humaniste a cherché la meilleure façon de filmer l'homme et sa détresse. Il est mort le 4 avril 2012 à 70 ans.

Dans ‘La Meilleure façon de marcher’, son premier long métrage, Claude Miller filmait la silhouette tétanisée d’un petit mec (Michel Blanc), recroquevillé sur un plongeoir, refusant obstinément de sauter. Trente ans plus tard, dans ‘Un secret’, il observait encore, presque dans la même piscine, un gamin gêné de se sentir si blafard, si malingre parmi les corps élancés, sculptés, bronzés qui l’entouraient... La peur, le cinéaste l’a souvent filmée, et particulièrement celle qui vous broie dès l’enfance et dont on ne guérit jamais. Inoubliables, les yeux angoissés du petit garçon de La Classe de neige devinant en son père un ogre maléfique. Et les yeux gelés de l’ado de Je suis heureux que ma mère soit vivante, quêtant auprès d’une mère indigne des réponses inutiles...

Tous les adultes que filmait Miller avaient deux points communs : une enfance mal guérie (Gérard Depardieu dans ‘Dites-lui que je l’aime’, Isabelle Adjani dans ‘Mortelle randonnée’) et un secret mal gardé – le goût du travestissement de Patrick Bouchitey dans ‘La Meilleure Façon de marcher’ ou le pur amour pour une petite fille de Michel Serrault dans ‘Garde à vue’. Mélange détonant : car une fois l’enfance et le secret dévoilés, la cruauté l’emporte... S’ils paraissaient doux, à son image, les films de Claude Miller dissimulaient toujours des gouffres et des affrontements. [...]

Il venait de terminer (remake de la version magnifique de Georges Franju) l’adaptation du roman de François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou. L’histoire d’une « petite empoisonneuse », amenée à vouloir tuer pour échapper à sa propre prison… Une héroïne pour lui, donc ; seule, mais libre...

Pierre Murat
www.telerama.fr/cinema/claude-miller-de-la-petite-voleuse-a-la-grande-faucheuse,79653.php

Un extrait de 'La Petite Voleuse' (1988), avec Charlotte Gainsbourg
http://www.youtube.com/watch?v=T7-WJjOmCXE cyclops

Thérèse Desqueyroux, adaptation du roman de François Mauriac, et réalisé par Claude Miller peu de temps avant sa mort, sera projeté en clôture du Festival de Cannes, le dimanche 27 mai. « En lui dédiant sa soirée de clôture, le Festival de Cannes, accompagné de sa famille, de ses amis, de ses producteurs, de ses distributeurs, est heureux de saluer la mémoire de Claude Miller. », écrivent les organisateurs.
www.telerama.fr/cinema/le-dernier-film-de-claude-miller-en-cloture-du-festival-de-cannes,80522.php

Dominique Laffin et Gérard Depardieu dans 'Dites-lui que je l'aime' (1977)
www.youtube.com/watch?v=-oFCVr4qL94 cyclops
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Dim 21 Oct - 20:44


La théorie du genre pour les nuls… et les cinéphallophiles
Les Couhius du Cinéma

Connaissez-vous le « discours gender » ? Saviez-vous qu’il nous vient des États-Unis ? Qu’il favorise « l’essentialisation » et qu’il marque le début de « la terreur » ? Naïfs et surtout naïves que vous êtes, sans doute pensiez-vous que parler de « genre », en français voire en anglais, consistait à interroger les inégalités entre femmes et hommes…

Les Couhius, pardon Les Cahiers du Cinéma, donnent fort heureusement l’alerte. Manifestement sous le choc de l’intervention du groupe féministe La Barbe au festival de Cannes en juin dernier, qui relevait l’absence de films de réalisatrices dans la sélection. Une intervention, nous explique le journaliste des Cahiers du cinéma, Stéphane Delorme, un peu… « barbante ». Oui, vous avez bien lu : c’est une blague, et c’est censé faire rire, ou plutôt sourire – car c’est bien par l’ironie, subtilement teintée d’élitisme culturel, que l’éditorialiste des Cahiers du cinéma entend traiter l’affaire.

Dès le deuxième paragraphe, le mot est lâché : avec l’irruption des revendications féministes au festival de Cannes, enclave sacrée de la cinéphilie distinguée, nous serions entrés sur le « terrain quadrillé dans tous les sens par les gender studies anglo-saxonnes ». Aïe : le politiquement correct, les hommes qui n’osent plus tenir la porte aux femmes, les universitaires qui doivent laisser leur porte ouverte sous peine d’avoir un procès, Roman Polanski et Dominique Strauss-Kahn traînés dans la boue : vous voyez ? L’horreur.

Avec un soupir de soulagement, Stéphane Delorme évoque dès le premier paragraphe la sage décision du Festival de Cannes, « qui a eu raison de répondre : pas de discrimination ». Pas de discrimination, c’est-à-dire : ne sélectionnons que des hommes ? [...]

Sylvie Tissot
15 octobre 2012
http://lmsi.net/Les-Couhius-du-Cinema


Gender Studies et études filmiques
Geneviève Sellier s’attache à montrer, dans cet article, le lien entre la cinéphilie - invention française - et une vision masculine de la création, prônant une esthétique formaliste et un panthéon de “ grands auteurs ” masculins. Elle oppose à cette cinéphilie l’approche développée au sein des gender studies, présente dans les pays anglophones, mettent en avant la dimension sexuée des productions filmiques et le rapport de domination qui s’y construit.
http://lmsi.net/Gender-Studies-et-etudes-filmiques,463


Maïwenn Le Besco a déclaré le 17 octobre 2012 sur France Inter* qu’il faut des hormones mâles pour être un bon cinéaste.
Ce qui explique sans doute qu’elle ait réalisé un navet avec "Polisse".
http://ilaose.blogspot.fr/2012/01/polisse.html
*www.franceinter.fr/emission-downtown-maiwenn

Après Cannes, La Barbe se rend à l’Odéon
http://toutelaculture.com/2012/06/apres-cannes-la-barbe-se-rend-a-lodeon/

La Barbe : France's bearded feminists
By Lucy Ash BBC News
Monday, 2 July 2012
http://izzyjessbell.blogspot.fr/2012/07/la-barbe.html
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Lun 22 Oct - 9:18


Avenir du cinéma français : les inquiétudes de Ken Loach

Il a 76 ans et toujours l'envie d'en découdre : Ken Loach, représentant d'un cinéma très "social" et lauréat, ce week-end à Lyon, du Prix Lumière, s'inquiète pour l'avenir du financement du 7e art français, actuellement en discussion à Bruxelles, appelant la profession à "résister".

Le réalisateur britannique, Palme d'or à Cannes en 2006 pour son film "Le vent se lève", de nouveau récompensé cette année à Cannes du "prix du jury" pour sa nouvelle comédie "La part des anges", était à Lyon les samedi 20 et dimanche 21 octobre pour y recevoir le Prix Lumière 2012.

La quatrième édition du Festival Lumière l'a récompensé pour "l'ensemble de son œuvre".
Son prix lui a été remis samedi soir par Eric Cantona, qu'il avait dirigé dans son film "Looking for Eric" (sorti en 2009), l'ancien footballeur y jouant son propre rôle.

Faisant part de ses "inquiétudes" pour l'avenir du cinéma hexagonal, dimanche lors d'une conférence de presse, Ken Loach, très en verve, a fustigé "ceux qui, à Bruxelles, veulent en finir avec le système" qui permet au septième art français, grâce à une fiscalité originale, d'être florissant.

"On m'a demandé de signer plusieurs lettres pour défendre" un système, qui, "s'il devait s'arrêter, mènerait à la destruction" du cinéma français, a-t-il affirmé. "Ce serait un désastre, une pure folie !", a-t-il lancé, dénonçant "les attaques" de Bruxelles contre le cinéma français.
Selon lui, "il faut s'organiser de toutes les manières possibles, avec les syndicats du cinéma, les partis politiques, les organisations communautaires" pour "résister".


Le cinéma français bénéfice d'un système de subventions unique en Europe : toute la filière paie des taxes dont une partie est reversée au Centre national du cinéma et de l'image animée (CNC), qui la redistribue à son tour à l'industrie cinématographique.
Le spectateur intervient dans cette chaîne puisqu'un pourcentage du prix du billet alimente également le CNC et donc le cinéma français.

"Les portes du paradis"
Ce système, rôdé au lendemain de la Seconde Guerre mondiale, entre aujourd'hui dans des turbulences qui pourraient le mettre en danger. Les nouveaux venus dans la filière - fournisseurs d'accès à internet comme Itunes, Amazon, Google, Youtube, Dailymotion... - rechignant à payer leurs taxes, ont fait appel à la Commission européenne qui penche en leur faveur.

Depuis six mois environ, Paris et Bruxelles bataillent sur ce sujet, Bruxelles devant rendre son verdict le 21 novembre.
[...]
www.leparisien.fr/informations/avenir-du-cinema-francais-les-inquietudes-de-ken-loach-21-10-2012-2252565.php


www.demotix.com/photo/1537062/ken-loach-received-prix-lumi-re-award-lyon-france

www.culture.lyon.fr/culture/sections/fr/festivals/cinema_video/lumiere_festival_film_lyon/
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mer 24 Oct - 4:24


À partir d’images tirées de son court métrage « Boy and Bicycle »* (1965), un hommage de Ridley Scott à son frère Tony,
qui s’est suicidé le 19 août dernier, à l’âge de 68 ans.
www.youtube.com/watch?v=80ET7MfXwa8&feature=player_embedded cyclops
www.lemonde.fr/culture/article/2012/08/20/tony-scott-le-realisateur-de-top-gun-s-est-suicide_1747651_3246.html


*www.youtube.com/watch?v=KyM54sHC7Co&feature=related cyclops

Frère cadet (de sept ans) du réalisateur Ridley Scott, Tony Scott découvre le septième art à seize ans, lorsqu'il joue dans le premier court métrage de Ridley, Boy and Bicycle.
Diplômé en art graphique de la Sunderland Art School et du Royal College of Art de Londres, il se passionne pour le cinéma lors d'études complémentaires au Leeds College of Arts.
En 1973, les deux frères Ridley et Tony Scott fondent leur propre compagnie de production publicitaire, RSA. Durant plus de dix ans, chacun réalisera des centaines de publicités.
En 1982, Tony Scott passe au long métrage avec Les Prédateurs (The Hunger), film de vampire hyper-stylisé, avec David Bowie et Catherine Deneuve.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Tony_Scott
http://laughingsquid.com/ridley-scotts-boy-and-bicycle-1965-starring-tony-scott-1944-2012/
http://horrorcultfilms.co.uk/2012/08/watch-ridley-scotts-boy-and-bicycle-starring-tony-scott-for-free-on-the-space/

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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 5 Fév - 9:34



Cinéma de propagande
Via "Zero Dark Thirty" de Kathryn Bigelow (sur la traque de Ben Laden), "Lincoln" de Steven Spielberg, et "Argo" de Ben Affleck (Des otages américains exfiltrés de Téhéran par la CIA en 1979).

Zero Dark Thirty ou le festival de clichés
Critique et éditorialiste du Dawn, Nadeem F. Paracha, ne ménage pas le film de Kathryn Bigelow sur la traque de Ben Laden : "le nouveau block-buster hollywoodien Zero Dark Thirty est toute une expérience. Même si la production et la direction sont pointues et le récit des évènements qui ont mené à la capture de Ben Laden l'est aussi, la description des rues et du quotidien du Pakistan mérite un zéro pointé."
www.courrierinternational.com/breve/2013/02/04/zero-dark-thirty-ou-le-festival-de-cliches

[Zero Dark Thirty] La métamorphose de Barack Obama
Barack Obama apparaît par images d’archive interposées, pour rappeler son élection au milieu de la traque, mais surtout ses prises de position contre la torture. Une insertion dont l’interprétation est ambiguë : elle tend à souligner que sa décision a compliqué la vérification de leurs informations par les agents de la CIA. Or, le film omet de rappeler que, dès son arrivée à la présidence, Obama a donné pour instruction aux responsables de l’appareil de renseignement américain de refaire de Ben Laden leur priorité, alors que la piste, sous l’administration Bush, "avait refroidi", précise le journaliste Mark Bowden. De même, c’est Obama qui a intensifié le recours aux forces spéciales pour les opérations "ciblées" sur les dirigeants d’al Qaeda. Sur ce point-là, la vision du film, ailleurs rigoureusement documenté, est singulièrement partielle, sinon partiale.
www.lalibre.be/culture/cinema/article/793795/zero-dark-thirty-face-a-l-histoire.html



Lincoln : pour lui et Obama, la fin justifie les moyens
« La plus grande mesure du XIXe siècle a été adoptée grâce à la corruption et à l'appui de l'homme le plus pur en Amérique».
Spielberg montre que le blocage politique actuel aux États-Unis n'est pas la norme dans l'histoire et que même lors des grandes périodes de tension, la création de consensus à Washington a toujours été le moyen de faire avancer les plus grandes causes, quitte à accepter une forme ou une autre de compromis.
www.lapresse.ca/debats/votre-opinion/201211/21/01-4596283-lincoln-obama-et-le-compromis-en-politique-americaine.php

[Lincoln] "On comprend ce qui a intéressé Spielberg, et qui peut se résumer par le sempiternel débat sur la fin et les moyens, au cœur de l'intrigue de "Zero Dark Thirty" : pour faire faire un pas de géant à la démocratie américaine, Lincoln va devoir avoir recours à de pauvres tripatouillages... "
www.critiquesclunysiennes.com/

"There are tremendous similarities between politics then and politics today," Steven Spielberg pointed out.
http://fr.eonline.com/news/358124/steven-spielberg-nixes-lincoln-presidential-election-connection-it-has-nothing-to-do-with-the-current-politics



Argo : Les Américains sont toujours les plus forts
"[...] on plonge dans le passé [...] Dans le cinéma héroïque et patriotique des années 1950, avec basanés barbus à la place de Soviétiques fielleux. Seul but des tâcherons hollywoodiens de l'époque : prôner la supériorité physique et morale de la nation et imposer cette propagande sur les écrans du monde entier, au nom du bien commun. Ce cinéma épouvantable, que l'on croyait disparu depuis la fin de la guerre froide, semble revenir en force dans une Amérique en crise, terrorisée par le terrorisme et menacée par l'extrémisme du Tea Party... On reste étonnamment navré, tout de même, de voir Ben Affleck, acteur moyen mais réalisateur plutôt doué (Gone baby gone), se faire le héraut de cet héroïsme bêta et suranné. [...]" Pierre Murat
www.telerama.fr/cinema/films/argo,435307,critique.php

Argo a été nommé pour l'Oscar du meilleur film.
"En quelques semaines, Argo a obtenu les récompenses du meilleur film et du meilleur réalisateur aussi bien aux Golden Globes qu'aux Critics' Choice Awards, mais aussi les trophées du Syndicat américain des producteurs et du Syndicat des acteurs. À cette liste de prix déjà bien fournie, le long-métrage de Ben Affleck, qui retrace la crise des otages américains d'octobre 1979, a ajouté samedi [2 février 2013] celui du Syndicat des réalisateurs américains, le raflant à Kathryn Bigelow (Zero Dark Thirty), Tom Hooper (Les Misérables), Steven Spielberg (Lincoln) et Ang Lee (L'Odyssée de Pi)."
www.20minutes.fr/article/1093609/ynews1093609

En 1953, nous dit le film en préface, la CIA et les services secrets britanniques ont organisé un coup d'État qui a renversé le Premier ministre iranien Mohammed Mossadegh, qui avait nationalisé l'industrie pétrolière. Ils ont mis sur le trône le Shah, soutenu par sa diabolique police secrète, la Savak, que la CIA avait aidé à créer.
www.guardian.co.uk/film/2012/nov/11/argo-affleck-review

Cinéma et Propagande aux États-Unis
Sur une étude publiée par Infoguerre (de 28 pages, plus 33 pages d’annexes).
www.vedocci.fr/2006/01/04/cinema-et-propagande-aux-etats-unis/

Le cinéma : un outil de propagande pour faire accepter la guerre
[C@hiers de Psychologie politique]
http://lodel.irevues.inist.fr/cahierspsychologiepolitique/index.php?id=629
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Dim 10 Fév - 16:16



“Le grand retournement”
Gérard Mordillat a porté à l’écran la pièce de Frédéric Lordon, "D’un retournement l’autre". Le film "Le grand retournement" est sorti le 23 janvier.

Quand la pièce de Frédéric Lordon, "D’un retournement l’autre", est sortie en mai 2011, elle a eu le droit à un article dans le Monde diplomatique. France Culture lui a consacré une émission et une lecture. Depuis, elle a été mise en scène par Judith Bernard au Théâtre Galabru à Paris. Les commandos culturels du parti de Gauche l’ont jouée à plusieurs reprises dans le cadre d’assemblées citoyennes. À chaque fois, elle a été accueillie avec enthousiasme par les spectateurs. Mais force est de constater que son audience est restée limitée. Le mal est désormais réparé grâce à Gérard Mordillat.

Plusieurs raisons de s’y précipiter. D’abord le texte. Frédéric Lordon, qui fait partie du collectif des économistes atterrés a eu la lumineuse idée d’écrire des vers, il nous propose ainsi une « Comédie sérieuse sur la crise financière. En quatre actes et en alexandrins ».
Cette mise en vers du propos apporte une grande fluidité à la langue et permet à tout néophyte en économie de comprendre les rouages de la crise financière que nous connaissons et qui a débuté par la crise des subprimes. Tout simplement, car comme le dit l’auteur : « On pourra analyser la crise financière sous toutes ses coutures, raffiner l’argument autant qu’on veut, démonter les systèmes, exposer les rouages, tout ça ne vaudra jamais une image bien choisie, qui fait bouillir les sangs, ou, comme le dit une expression commune, qu’on prend en pleine gueule – la gueule : le corps. Il ne faut plus seulement dire la crise capitaliste, il faut la montrer, ou bien la faire entendre. »

Voilà donc les banquiers pris de panique devant le marché qui se retourne par leur faute, demandant à l’État de leur prêter des fonds. Ce que fera le président de la République, avec les conséquences que l’on connaît aujourd’hui, des dettes publiques qui s’envolent et de la rigueur devenue inévitable aux yeux d’un Premier ministre qui se dit à la tête d’un État en faillite. Mais une autre voix se fait entendre, celle de deux conseillers qui pensent que d’autres choix sont possibles, du peuple enfin.

Face à ce texte, Gérard Mordillat a pris quelques libertés, autorisées par l’auteur, ajoutant ici ou là des références à la situation actuelle ; il a choisi des comédiens excellents, parfaitement à l’aise avec les alexandrins. Jacques Weber, Franck de la Personne, Jacques Pater et Jean-Damien Barbin sont des banquiers tellement imbus d’eux-mêmes qu’ils en feraient presque peur, Elie Triffault un président immature et dépassé par les événements, Thibault de Montalembert un ministre sûr de lui et intransigeant, François Morel un conseiller flagorneur et obséquieux à souhait.
Le monde capitaliste s’écroule : le réalisateur va au bout de cette logique en choisissant pour décor un hangar désaffecté qui tombe en ruines.

Le seul regret, après avoir vu ce film : qu’il sorte seulement maintenant. Un souhait : que Frédéric Lordon écrive une suite ; avec le TSCG (Traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance) adopté en octobre 2012 par le Parlement qui instaure la rigueur, la transmutation de la RGPP (Révision générale des politiques publiques) en MAP (Modernisation de l’action publique) qui continue le désengagement de l’État et la disparition des services publics, l’ANI (Accord national interprofessionnel) qui casse le Code du travail, la loi Peillon qui aggrave encore la marchandisation de l’école, il y aurait matière.

Marie-Thérèse Estivill
Lundi 4 février 2013
www.gaucherepublicaine.org/respublica/film-le-grand-retournement-de-gerard-mordillat/5836

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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 16 Fév - 16:39



« Hitchcock », de Sacha Gervasi

Le « maître du suspense » est au sommet de sa carrière. Anxieux, mal à l’aise comme à chaque fois qu’il ne tourne pas, Hitchock cherche un nouveau projet qui lui permette de retrouver son énergie d’antan et son goût du risque. Ce sera « Psychose », l’atroce histoire d’un tueur en série, dont les crimes effraient producteurs, amis et responsables de la censure. Alma, son épouse et sa plus proche collaboratrice, accepte encore une fois de le soutenir et peut-être de tout perdre.
Si Anthony Hopkins semble étrangement tétanisé dans le rôle du réalisateur mythique, Helen Mirren, dans celui d’Alma est d’une parfaite justesse, tandis que Scarlett Johansson incarne avec conviction la blonde hitchcockienne. Les relations de couple, la tentation de l’infidélité, les rapports de force avec les studios, les affres de la création et le génie du marketing, ce film de facture classique, loin du biopic, aborde tous ces thèmes avec subtilité et entrain. ★★✩

Adélaïde de Clermont-Tonnerre
http://www.pointdevue.fr/blog/?2013/02/04/1353-hitchcock

Sacha Gervasi, cinéaste à papa
Père de la fille de la "Spice girl" Geri Halliwell, Sacha Gervasi, né en 1966, a épousé en 2010 Jessica de Rothschild, fille du banquier britannique Evelyn Robert de Rothschild.
Son père, l’americain Sean Gervasi, était conseiller financier de John F. Kennedy à la Maison Blanche.
Son grand-père, Frank Gervasi, fut responsable à Rome du groupe de presse Hearst.
http://en.wikipedia.org/wiki/Sacha_Gervasi
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 2 Avr - 5:43


La scénariste afro-américaine Sophia Stewart remporte son procès contre la Warner Bros
au sujet de Matrix et Terminator


New-yorkaise résidant à Salt Lake City depuis cinq ans, Sophia Stewart a obtenu une indemnisation avec dommages et intérêts sur les films Matrix I, II et III, ainsi que Terminator et ses suites.
Elle a reçu une des plus grosses sommes de l’histoire d’Hollywood, les recettes brutes des films et de leurs suites totalisant plus de 2,5 milliards de dollars.

Mme Stewart a soumis son cas à la Justice en 1999, après avoir visionné Matrix. Elle eut la conviction que le film était un plagiat basé sur son livre, »The Third Eye », dont le manuscrit (copyright de 1981) avait été présenté dans les années 80 aux frères Wachowski, alors à la recherche de nouvelles œuvres de science-fiction…
http://www.savoiretpartage.com/2011/01/09/la-scenariste-afro-americaine-sophia-stewartremporte-son-proces-contre-la-warner-bros-zu-sujet-de-matrix-et-terminator/

Nicolas Bonci avait tout compris :
'"Son histoire, c'est l'histoire de David contre Goliath". C'est en ces termes que Marie Colmant débute sa chronique "La story du jour" de mercredi dernier dans l'émission de Canal + L'Edition Spéciale.
En réchauffant l'affaire Sophia Stewart, cette génie spoliée incapable d'être cohérente dans ses mensonges, l'accommodant d'une théorie du complot qui expliquerait le silence assourdissant autour de ce mic-mac ("Rendez-vous compte ? Même Spike Lee ne dit rien !"), Colmant, formée à bonne école chez Libé et Télérama, hulule une nouvelle fois l'anathème du "Hollywood tous salauds" devant une audience bobo applaudissant sans vie à l'annonce de la somme en jeu. [...]'
17 novembre 2009
http://louvreuse.net/Instant-critique/l-affaire-sophia-stewart.html

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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 21 Mai - 18:36


Filippo Timi, Valeria Bruni-Tedeschi, Marisa Borini, Louis Garrel et Céline Sallette, le 21 mai 2013.

Cannes 2013 : Valeria Bruni-Tedeschi séduit avec son "Château en Italie"

"Un château en Italie", le troisième film réalisé par Valeria Bruni Tedeschi, était présenté lundi 20 mai en compétition au Festival de Cannes (qui prendra fin le 26 mai). Un film très attendu car beaucoup inspiré de la propre histoire de la cinéaste et de sa famille.

Valeria Bruni Tedeschi, actrice passée à la réalisation au début des années 2000 et qui joue dans le film, a embauché Marisa Borini, sa mère dans la vie et dans le film. S'il ne s'agit pas d'une "autofiction" comme le souligne la réalisatrice dans les notes d'intention du film, le scénario est largement inspiré par l'histoire familiale. Il raconte aussi des choses "observées" et "arrivées" aux personnes avec qui elle écrit, ses complices de toujours, les scénaristes Noémie Lvovsky (réalisatrice de "Camille redouble") et Agnès de Sacy.

"C'est autant une histoire de famille qu'une histoire d'amour", poursuit la cinéaste. Un jour Louise, personnage en souffrance, va rencontrer Nathan (Louis Garrel, ex-compagnon de la cinéaste), acteur égocentrique en plein doute, dont elle veut désespérément avoir un enfant pour trouver un sens à sa vie.

Le film est dédié à Virginio, propre frère de Valeria et Carla Bruni, décédé du sida en 2006 et qui a inspiré l'un des personnages du film. C'est pour cela que la cinéaste a insisté pour que sa mère interprète le rôle.

L'accueil d'"Un château en Italie" a été plutôt bon. À l'issue de la projection du film mercredi 15 mai, en plein milieu de l'après-midi, la cinéaste a été longuement applaudie. C'est sa deuxième venue sur la Croisette, après la présentation d' "Actrices" en 2007 dans la sélection 'Un Certain regard', avec à la clé un prix du jury.
http://lci.tf1.fr/cinema/news/cannes-2013-valeria-bruni-tedeschi-seduit-avec-son-chateau-en-7971373.html

'Un château en Italie', de et avec Valeria Bruni-Tedeschi. Avec Louis Garrel, Céline Sallette, Xavier Beauvois, Filippo Timi, Marisa Borini... en salles le 2 octobre.
La bande-annonce d' "Un château en Italie" :
http://people.premiere.fr/Photos-people/PHOTOS-Cannes-2013-Valeria-Bruni-Tedeschi-radieuse-avec-sa-mere-et-son-ex-pour-Un-chateau-en-Italie-3757785
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 21 Mai - 19:13


Georgy Kurasov

À Cannes, des réalisatrices qui brillent encore par leur absence,
des réalisateurs toujours plus obsédés par les prostituées


Sofia Coppola et Claire Denis sont reléguées à la sélection "Un certain regard". Il y a une seule femme en lice pour la Palme d'or cette année, Valeria Bruni-Tedeschi.
Mais le réalisateur de Very Bad Trip 3 était invité... et il a refusé de venir*.

Pour soutenir une initiative similaire lancée en France la semaine dernière, une pétition circule aux États-Unis pour dénoncer une compétition officielle 100% masculine.
Plus d'un millier de femmes travaillant dans le secteur du cinéma l'ont signée en soutien à leurs consœurs françaises qui protestent contre l'absence de réalisatrices dans la compétition officielle au festival de Cannes.

Le texte, intitulé "Mais où sont passées les réalisatrices ?", a été lancé cette semaine par 250 personnes dont la productrice de "Toy Story 3", Darla K. Anderson, la réalisatrice Gillian Armstrong ou la féministe Gloria Steinem.

Vendredi 17 mai, 1.050 femmes travaillant dans le cinéma avaient apporté leur soutien à la pétition.
http://www.festival-cannes.fr/fr/archives/2013/unCertainRegard.html
http://www.france-amerique.com/articles/2012/05/19/petition_aux_etats-unis_contre_l_absence_de_realisatrices_a_cannes.html


Banalisation de la prostitution dans le cinéma français actuel

Dans "Les Bien-Aimés", film récent de Christophe Honoré, une étudiante se prostitue pour s’acheter une paire de chaussures.

Bientôt va sortir "La Crème de la crème", un film de Kim Chapiron, qui a imaginé les élèves d’une grande école de commerce mettre la théorie en pratique en louant les étudiantes de leur promo pour des soirées et créer un réseau de prostituées.

Quant à François Ozon, il déclare à propos de "Jeune et jolie" (qui inaugurait le festival !) : "Alors, c’est une jeune fille qui découvre sa sexualité, qui ressent le besoin de faire des expériences et qui décide de se prostituer..."
Il faut dire que ce grand respectueux s’imagine** que « les femmes peuvent ressentir une connexion avec l'héroïne du film, car la prostitution est un fantasme commun à de nombreuses femmes.
Cela ne veut pas dire qu'elles le font, mais le fait d'être payées pour coucher est quelque chose qui est assez évident dans la sexualité féminine. Beaucoup de femmes fantasment de se prostituer»...
http://seenthis.net/messages/138925
**http://lelab.europe1.fr/t/prostitution-la-porte-parole-du-ps-laurence-rossignol-s-en-prend-a-francois-ozon-9227

En tout cas, ces trois-là ont des idées de maquereaux. Et ce n'est pas un fantasme.


*Au cours d'une interview au Figaro, Thierry Frémaux, le délégué général du festival, a révélé qu'il avait voulu planifier un événement autour du film Very Bad Trip 3, mais que la production a préféré refuser, jugeant que cela aurait pu avoir un impact négatif sur ses résultats au box office :
« Je crois d'abord que l'image du festival s'est construite au fil des années sur l'adage : "Les chants les plus désespérés sont les plus beaux." [...] ».
www.premiere.fr/Cinema/News-Cinema/Cannes-2013-Quand-Very-Bad-Trip-3-met-un-rateau-au-festival-3755232

Réaction de Manuel : "Les chants désespérés sont les chants les plus beaux ;
Et j'en sais d'immortels qui sont de purs sanglots".
Deux alexandrins de Musset. Dont j'ignore d'ailleurs tout le reste...
Si cet inculte n'avait pas voulu se la raconter, il n'aurait pas cité cette phrase, cela lui aurait évité d'ajouter deux "pieds" inexistants, puisqu'un alexandrin n'en n'a que 12. Cela lui aurait évité d'évoquer un "adage" alors que c'est un vers, une poésie.
La confiture, la culture, l'étalage... ça c'est un adage qu'on connaît tous.
http://fr.cinema.yahoo.com/actualite/cannes-2013-very-bad-trip-3-met-rateau-164100664.html
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mer 22 Mai - 7:46


Festival de Cannes : sélection virile

"On peut déplorer que la compétition ne comprenne pas davantage de femmes –qui ont leur place dans des sections moins prestigieuses, ce qui prouve bien qu'il y en a. Et le Festival, s'il ne crée pas le problème, a valeur de symbole et peut ainsi contribuer à le résoudre.
S'il ne donne pas de modèles féminins, il est plus difficile pour de jeunes femmes cinéastes de s'envisager comme réalisatrices. Mais il est vrai que, puisque le problème a été soulevé il y a un an, c'est le monde du cinéma tout entier, qui sait être bruyant lorsqu'il s'agit de parler de salaires ou de conventions collectives, qui doit s'interroger sur cette pénurie persistante de femmes au sommet. Son silence est coupable."
Charlotte Pudlowski
http://www.slate.fr/culture/71033/festival-de-cannes-selection-virile
Voir les commentaires : On ne réclame plus de parité que depuis deux ans mais deux gros machos s'en étranglent. Ils sont déjà saouls !


"Sandrine Goldschmidt étrille la misogynie qui s'étale à Cannes - pas seulement dans le discours d'Ozon qui prête complaisamment aux femmes le désir d'être prostituée pour justifier son cadeau aux prostitueurs pédophiles, mais dans le masculinisme de films hyperviolents et hyper adorateurs du Père." Martin Dufresne

Cannes, palme du cinéma par et pour les hommes [franco-americains*, pas africains]
Extraits
Ce qu’il y a de bien avec le cinéma, c’est que c’est un étalage sans fin de ce qu’est ou peut être la misogynie et le backlash, un sujet perpétuel donc de dénonciation pour les féministes en quête d’articles à écrire…

Ainsi, avec un festival, comme celui de Cannes, qui commence cette année, on est dans le plus parfait des effets à double détente (libérale et patriarcale) :

D’un côté, il s’agit là d’un immense marché de produits culturels, destinés à renforcer les parts sur ce marché de certain-e-s dans un contexte de crise (d’où 5 films américains et 5 films français dans la sélection 2013, comme si, "artistiquement", le cinéma de ces deux pays était plus inventif, créatif, vivant, ce qui est loin d’être le cas. C’est juste que c’est là qu’économiquement cela a beaucoup d’importance). De l’autre, il s’agit de renforcer la propagande que sert le cinéma sur une représentation du monde qui sert à la fois les clichés séculaires des rôles femmes hommes et les évolutions vers un libéralisme liberticide (pour celles et ceux qui sont moins égales que les autres). Pour cela, il suffit de regarder la sélection cannoise, que ce soit dans la compétition pour la Palme d’or ou dans la principale section parallèle, un certain regard. Dans la sélection pour la palme, il y a cette année 1 femme sur 18 ou 19. Ce n’est donc pas mieux que quand il y en avait zéro, contrairement à ce que dit cet article-modèle de soutien à tout ce qui sera dénoncé ici sur Rue89 : w.rue89.com/rue89-culture/2013/05/14/couleur-festival-cannes-femmes-etats-unis-cul-losers-242300).

Mais encore plus que le nombre de femmes réalisatrices, le choix des réalisateurs sélectionnés, est tout à fait édifiant. Représentatif d’ailleurs de ce que sont les 18 ou 19 films qui sortent sur nos écrans chaque semaine. "Virils", stéréotypés, et ne balayant le spectre des sentiments et situations humaines que par un tout petit bout de lorgnette baignés aux jouets pour garçons…que ce soit les jouets de guerre, ou d’exploitation sexuelle des femmes. [...]


Femmes pornifiées, promotion de l’exploitation sexuelle des femmes

L’autre grande caractéristique de cette sélection, c’est -et vous vous attendez bien sûr à ce que j’en parle- la présence de plusieurs films de propagande pro exploitation sexuelle. Il y a, évidemment, la rage ressentie devant la glorification permanente d’un criminel (viol d’une jeune femme de 13 ans, avec moultes circonstances aggravantes) non jugé, Polanski, qui depuis qu’il a échappé à la justice après avoir été arrêté pendant le festival de Cannes (ce qui semble-t-il était là un crime de lèse-festival) est systématiquement adulé et sélectionné partout. Il y a pire : en plus, il utilise sa femme pour adapter à l’écran "La Vénus à la fourrure".

La Vénus à la fourrure est une nouvelle de Sacher-Masoch. Moins connu que le Sade du sadisme, il est bien le Masoch du masochisme… Voici donc comment est résumée la nouvelle de cet auteur du XIXe siècle : "La Vénus à la fourrure est la première œuvre marquante de la littérature qui s’attache à décrire la relation entre un homme et une femme où la représentation extrême de l’amour prend la forme d’un esclavage librement choisi et consenti". [...]

Sauf que, ce fantasme littéraire d’esclavage non pas librement consenti donc mais de manipulation d’une femme, est devenue un outil supplémentaire d’oppression des femmes par les hommes. Les cas où des femmes sont effectivement des "domina" sont rarissimes. [...]

Bon, j’arrête ici les frais, me direz-vous ? Mais non, parce que je ne vous ai pas encore parlé d’Ozon. Ozon François, auteur de "8 femmes", "gouttes d’eau sur pierres brûlantes", qui propose cette année : "Jeune et jolie". Passons sur le titre qui pue la propagande mainstream (car n’allez pas imaginer de la dénonciation). Mais le sujet du film ! Une jeune femme de 17 ans qui se prostitue "par plaisir" ! Je ne vais pas vous refaire ici une démonstration de pourquoi on ne se prostitue pas par plaisir.

Ozon ne sait-il pas qu’aujourd’hui déjà, dans la loi, les hommes n’ont pas le droit d’obtenir des actes sexuels contre de l’argent de femmes mineures ? Ne sait-il pas que le consentement n’existe pas lorsqu’on est mineure ? Qu’il s’agit donc de viol ?
[...] Alors quel pourrait donc être le but d’un tel film, sinon faire de la propagande pour celles et ceux qui voudraient nous faire passer des vessies pour des lanternes, des viols pour du désir ? Pour préparer les mentalités au backlash, quand l’explication du fait que la prostitution est toujours une violence, commence à se répandre dans la société ? [...]

À propos de "Backlash", il y a un dernier exemple dans l’actualité, qui circule pas mal ces jours-ci : celui de "Rebelle", "Brave" en anglais. Vous savez, le Disney écrit par une femme, avec une héroïne princesse non seulement courageuse et intelligente, qui crée une relation forte avec sa mère, mais qui n’a que faire de trouver le prince charmant, qui veut vivre sa vie en priorité ?
Eh bien, Disney a accepté d’en faire une de ses égéries. Parce qu’ils deviendraient plus féministes ? Non je rigole. Parce que c’est un moyen de la faire rentrer dans le rang. Ou plutôt dans le corset de la pornification. Car en "l’adoubant" aux côtés des Cendrillon, Ariel ou Belle au bois dormant, il lui on refait le profil… [...]
http://sandrine70.wordpress.com/2013/05/15/cannes-palme-cinema-par-pour-hommes/

*Cannes 2013 : une sélection très franco-américaine
www.lefigaro.fr/festival-de-cannes/2013/04/18/03011-20130418ARTFIG00540-cannes-2013-une-selection-tres-franco-americaine.php

Festival des ânes

Lors de sa conférence de presse cannoise, le 25 mai, Roman Polanski a choqué par son regard sur les femmes : "Je pense que cette tendance à vouloir mettre les hommes et les femmes à égalité est purement idiote. Je pense que c'est le résultat [...] des progrès de la médecine. La pilule a beaucoup changé les femmes de notre temps, en les masculinisant. Je pense que tout cela chasse le romantisme [*] de nos vies, et c'est bien dommage"
http://www.purepeople.com/article/cannes-2013-emmanuelle-seigner-ultradecolletee-et-roman-polanski-controverse_a121633/1

... et porcs
Depuis l'année 1977, Roman Polanski, né le 18 août 1933 à Paris, est poursuivi pour une affaire de crime sexuel sur une mineure de 13 ans. L'adolescente a subi un viol sous l'emprise de l'alcool et de drogue. La victime, Samantha Gailey (future épouse Geimer), a été sélectionnée pour une séance photos commandée par l'édition française du magazine Vogue. Durant la séance, aux abords de la propriété californienne de Jack Nicholson, Roman Polanski lui a fait ingérer du champagne et lui a administré un sédatif, le méthaqualone, avant de la contraindre à un rapport anal. [Quel romantique !]
http://fr.wikipedia.org/wiki/Roman_Polanski

Après la montée des marches d'Emmanuelle Seigner, dans un décolleté ravageur, au bras de Roman Polanski, la grande surprise de la soirée fut l'apparition, aux alentours de 21h15, d'un certain Dominique Strauss-Kahn, à l'occasion de la montée des marches du film Only lovers left alive de Jim Jarmush. Sur le tapis rouge il était avec sa compagne, Myriam L'Aouffir, salariée du groupe France Télévisions. Il fera prochainement l'objet du biopic Welcome to New York. Sous la houlette du réalisateur Abel Ferrara, ce long métrage reviendra sur l'affaire du Sofitel de New York, et sur l'agression sexuelle sur une femme de chambre du nom de Nafissatou Diallo, qui ont pesé sur DSK à partir du mois de mai 2011. Il avait alors été arrêté à l'aéroport JFK de New York. Gérard Depardieu incarnera l'homme politique à l'écran.
www.purepeople.com/article/cannes-2013-dominique-strauss-kahn-et-sa-compagne-sur-le-tapis-rouge_a121635/1


[*] Un témoignage sur le "romantisme" de Polanski
www.editions-zones.fr/spip.php?page=lyberplayer&id_article=149

Cité dans "Beauté fatale", cet extrait de "Top model. Les secrets d’un sale business", enquête-fleuve du journaliste américain Michael Gross, paru en 1995. À la fin des années 1970, l’Américaine Tara Shannon, alors jeune mannequin, se promène à Paris avec une amie. Elles voient tout à coup Jack Nicholson sortir de l’hôtel George V. Elles l’abordent au culot, et l’acteur leur propose de l’accompagner à une fête.

Jack sonne et devinez qui ouvre la porte ? Roman Polanski ! C’était complètement dingue ! Nous sommes rentrés dans une pièce remplie de petites blondes d’une quinzaine d’années. Du coup, Lisa et moi, on se trouvait vieilles et on s’est regardées en se disant intérieurement : “Foutons le camp d’ici !” Quelqu’un a fait passer un joint, Lisa n’y a pas touché, mais j’en ai pris quelques taffes. Tout à coup, je commence à me sentir malade, à tel point que je suis obligée de m’allonger. Il m’a fallu quelques minutes pour reprendre mes esprits. Mais plusieurs des filles étaient inconscientes… ça craignait ! On s’est barrées.
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