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 Etoiles et toiles

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Orwelle



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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 26 Fév - 11:59


La Princesse de Montpensier
Film français de Bertrand Tavernier (2010)

On ne remerciera jamais assez Nicolas Sarkozy de sa sortie plus que hasardeuse contre La Princesse de Clèves. Mme de La Fayette se porte à merveille depuis. Après La Belle Personne, de Christophe Honoré, transposition libre et moderne de La Princesse de Clèves, voici l'adaptation d'un roman plus modeste, une esquisse avenante qui ne demandait qu'à être étoffée. Bertrand Tavernier et ses scénaristes l'ont fait dans le pur esprit du XVIe, celui de la Renaissance, où se situe l'action. Une période généralement abordée de manière caricaturale, mais si bien honorée, ici, qu'à la fin du film on a très envie de se (re)plonger dans l'école de Fontainebleau ou la poésie de Louise Labé.

Une sévérité gracieuse caractérise ce monde. Sévère parce que les guerres de Religion y font rage. Le comte de Chabannes (Lambert Wilson), homme d'armes et d'esprit, précepteur catholique, mais qui a rallié le parti des Huguenots, se bat depuis des années. Lassé par cette barbarie qui lui semble soudain dénuée de sens, il a décidé de déserter. Sur sa route, il croise un de ses anciens élèves, le prince de Montpensier (Grégoire Leprince-Ringuet), qui lui présente sa future épouse, Marie de Mézières (Mélanie Thierry). La grâce, c'est elle qui l'incarne. Elle est jeune, la peau laiteuse, encline à rougir. Elle n'est pas si timide, pourtant, encore moins docile. Amoureuse du fougueux Henri de Guise (Gaspard Ulliel) depuis sa tendre adolescence, elle espérait l'épouser, mais son père, par intérêt, en a décidé autrement. Elle ne cache point que son mariage est forcé. « M'aimerez-vous ?, lui demande le prince. - Si vous me le commandez », répond-elle. Cette femme réclame sourdement d'acquérir les armes de son indépendance. Le comte de Chabannes, devenu son précepteur, va lui en fournir quelques-unes, en lui enseignant, entre autres, l'écriture. En attendant, l'amour lui joue des tours. Ce n'est pas un soupirant mais quatre qui se la disputent. Et, avec eux, quatre formes d'amour distinct : passionnel, raisonnable, libertin avant l'heure ou platonique...

Le film ne tient pas en place. Il cavale. Jusqu'à l'étourdissement - Marie vacille sur ses jambes, après une échappée à cheval de deux jours pour rejoindre son château de Champigny. Tavernier enchaîne les séquences sur un rythme de feuilleton. Il ne s'attarde pas, fixe l'essentiel en s'appuyant sur la puissance du récit, la course d'obstacles et les déplacements incessants - comme sur un échiquier. De l'escalier à l'antichambre, du couloir à l'alcôve, chacune des pièces du château est exploitée, le cache-cache sentimental donnant lieu à une séquence formidable où le duc de Guise force les différents barrages menant à Marie, recluse dans sa chambre.

Le passeur qui les aide, c'est Chabannes. Personnage secret, apparemment secondaire - central, en fait - auquel Lambert Wilson donne de la profondeur avec une sobriété exemplaire. A la fois entremetteur et confident, maître et serviteur, Chabannes, qui cultive le détachement sans doute pour se protéger, est un double de Marie. Comme elle, conscient des périls de l'amour. Comme elle, indifférent au rang à tenir. A la différence de tous ses « rivaux » qui, eux, ne veulent pas déchoir et dont le coeur est guidé par les affaires du royaume...

D'où, dans ce film sur l'honneur, le rôle décisif du costume. La Princesse de Montpensier est un film de cape et d'épée, mais surtout de cape. Velours, broderies, pierreries et tapisseries ressortent avec netteté, mais sans pompe aucune, comme des attributs indissociables de la personne. Tavernier se fait fin portraitiste - son pinceau n'appuie pas. Et fin paysagiste - la terre, les arbres, la brume, paraissent d'époque ! Servi par des dialogues vifs et épurés (signés Jean Cosmos), il redonne toutes ses lettres de noblesse au classicisme, littéraire comme cinématographique. Pour preuve, ce plan sublime, fugitif comme une impression de déjà-vu (chez Raoul Walsh ou Max Ophuls ?), où la caméra, comme grisée, approche et survole un divan, duquel se lève Marie de Montpensier, alanguie, prête à offrir au film sa pulsation intérieure.

Jacques Morice
www.telerama.fr/cinema/films/la-princesse-de-montpensier,410517.php

Film français de Bertrand Tavernier avec Mélanie Thierry, Lambert Wilson, Grégoire Leprince-Ringuet, Gaspard Ulliel, Raphaël Personnaz. (2 h 19)

SYNOPSIS
1562, la France est sous le règne de Charles IX, les guerres de religion font rage. Depuis son plus jeune âge, Marie de Mézières aime Henri, duc de Guise. Elle est contrainte par son père d'épouser le prince de Montpensier. Son mari, appelé par Charles IX à rejoindre les princes dans leur guerre contre les protestants, la laisse en compagnie de son précepteur, le comte de Chabannes, loin du monde, au château de Champigny. Elle tente en vain d'y oublier sa passion pour de Guise, mais devient malgré elle l'enjeu de passions rivales et violentes auxquelles vient aussi se mêler le duc d'Anjou, futur Henri III.

LA BANDE-ANNONCE
www.youtube.com/watch?v=6Mn6rMAJme8 cyclops

Caroline de Vivaise a reçu le césar des meilleurs costumes
www.europe1.fr/Cinema/Les-gagnants-de-la-36e-ceremonie-des-Cesar-430219/
www.canalplus.fr/c-cinema/pid3411-c-ceremonie-des-cesar-sur-canal.html?vid=428384&sc_cmpid=FBSharePlayer
cyclops

Entretien avec le réalisateur et deux des interprètes
www.abusdecine.com/fiche-interview.php?numero=3518

Le texte de Mme de La Fayette
http://fr.wikisource.org/wiki/La_Princesse_de_Montpensier
www.alalettre.com/la-fayette.php
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Jeu 24 Mar - 0:25


Elizabeth Taylor, la femme au cœur brûlant
[Vidéos]

On la croyait immortelle… Image de la passion hollywoodienne (version tempétueuse), Liz Taylor, huit mariages et des dizaines d’histoires enflammées, vient de disparaître après une longue lutte contre la maladie. Elle avait tourné avec Mankiewicz, Minnelli, George Stevens… donné la réplique à Rock Hudson, James Dean, Montgomery Clift ou Richard Burton, l’homme de sa vie… Disparue des écrans depuis le milieu des années 80, érigée en icône gay, elle fut très active dans la lutte contre le Sida. A 79 ans, la Diva aux yeux violets, l’un des plus grands mythes du cinéma, disparaît. [...]
www.telerama.fr/cinema/liz-taylor-la-femme-au-coeur-brulant,67054.php

«Liz, c'est la brune contre les blondes d'Hollywood»
vidéo
Érotique et tonitruante, actrice légendaire et engagée : Gérard Lefort, rédacteur en chef à Libération, explique pourquoi Liz Taylor a marqué le cinéma et l'imaginaire collectif.
http://next.liberation.fr/cinema/06013282-liz-c-est-la-brune-contre-les-blondes-d-hollywood


D’autres photos
http://connect.in.com/liz-taylor-news/images--elizabeth-taylor-gallery-wallpaper-di-elizabeth-taylor-1-404835473596.html
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mer 30 Mar - 16:24


Photo Roy Schatt (1954)

Dans l'intimité de James Dean
Le 8 février, James Dean aurait eu 80 ans. Pour l’occasion, la boutique Renoma (XVIe) propose une expo qui regroupe photos, objets lui ayant appartenu, reproductions de ses dessins, de ses sculptures et de ses textes. Jusqu'au 9 mai 2011.
C’est son rôle de Cal Trask dans "A l’est d’Eden" qui révèle James Dean. Il poursuit ensuite avec "La Fureur de vivre", puis "Géant", son dernier film.
http://next.liberation.fr/arts/11011389-dans-l-intimite-de-james-dean-relu-mais-attendre-pour-publi
http://renoma.wordpress.com/2011/03/16/revue-de-presse-james-dean-3/



Catherine Deneuve à l'honneur à la cinémathèque de New York
du 4 au 31 mars 2011
http://fr.news.yahoo.com/51/20110330/ten-catherine-deneuve-l-honneur-la-cinma-0111c6b.html

BAM (Brooklyn Academy of Music) cinématek
30 Lafayette Avenue, Brooklyn, NY 11217
www.bam.org/view.aspx?pid=2960
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Lun 18 Avr - 21:42


Le sarkozyland royaume d’opérette

« La Conquête » ou l’éloge de Sarkozy l’enragé

Un biopic sur le bateleur va être projeté au festival de Cannes, alors qu'Olivier Py a été viré par Frédéric Mitterrand pour crime de lèse-majesté… mais les comédiens se sont vengés : la first nunuche vient d’être parodiée par Michel Fau lors de la 25e cérémonie des Molière.
www.youtube.com/watch?v=BRn8W0PsF-w cyclops

Moment hilarant ce dimanche 17 avril sur France 2 avec l'apparition du comédien Michel Fau, acteur et metteur en scène, qui a pris les traits d'une cantatrice pour interpréter le tube de Carla Bruni, "Quelqu'un m'a dit".
www.lepost.fr/article/2011/04/18/2470105_quand-les-molieres-se-moquent-gentiment-de-carla-bruni-sarkozy.html
www.rue89.com/balagan/2011/04/15/olivier-py-a-avignon-ou-comment-sen-sortir-le-dernier-film-de-mitterrand-200076


Un film panégyrique sur Sarkozy, l’overdose continue

« Réalisé par Xavier Durringer, ‘La Conquête’ est un film qui illustre l'irrésistible ascension de Nicolas Sarkozy à la magistrature suprême »
Alors qu’une majorité de Français lui demande de dégager, un film sort à la gloire de l’agité de l'Élysée ! De quoi donner la nausée aux millions de gens qu’il attaque en permanence -chômeurs, fonctionnaires, juges, salariés, retraités, etc., lesquels, à juste titre, ne supportent déjà plus l’overdose quotidienne de ce petit président, qui vient de faire honte à la France avec le coup d'État de l'armée française en Côte-d’Ivoire.

Un film qui pourrait enfoncer davantage Sarkozy

Les quelques images de la bande annonce suffisent amplement à comprendre que le spectateur va bouffer du sarko nerveux, excité, à longueur de plan, dans un rythme endiablé, la musette pleine d’injures prêtes à être balancées au premier contrariant rencontré…
[…]
www.agoravox.fr/tribune-libre/article/la-conquete-ou-l-eloge-de-sarkozy-92407
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 30 Avr - 11:22


Dans De l'autre côté de minuit

L'ultime fuite de Marie-France Pisier

[...] Truffaut lui offre plusieurs scènes de comédie déjantée : elle y est d'une fantaisie incroyable, digne des « actrices frénétiques » (Katharine Hepburn, Kay Kendall) qu'il admirait tant. [...]

C'est une intellectuelle, aussi, mais rieuse : on ne sait jamais si elle prend au sérieux ou s'amuse comme une petite folle en participant aux fantasmes du pervers qu'est Alain Robbe-Grillet (Trans-Europ-Express). Ou, encore plus étonnant, à ceux de Robert Hossein dont elle devient l'égérie, au milieu des années 60 (mais c'est avant 1968 !), et qui lui fait tourner deux navets (La Mort d'un tueur, Les Yeux cernés) et un bon film (Le Vampire de Düsseldorf, où elle interprète une chanteuse de beuglant, mi-Marlène, mi-Loulou).

Elle tourne avec Bunuel (Le Fantôme de la liberté), Rivette (Céline et Julie vont en bateau). Mais, dans ces années-là, c'est le tout jeune André Téchiné qui utilise le mieux sa voix chantante et son insolence mordante. Dans Souvenirs d'en France (1975), des spectateurs en larmes sortent d'un cinéma de province où ils viennent de voir Le Roman de Marguerite Gautier, avec Greta Garbo. Soudain, on entend le rire de Pisier, infini, tonitruant, avant de la voir descendre quelques marches, entourée par une cour de jeunes gens, et répéter sans cesser de s'esclaffer : « Foutaises, foutaises ! » Cette scène lui vaut le César du meilleur second rôle. Téchiné récidive, l'année suivante, avec Barocco : là, totalement désemparée par le comportement d'Isabelle Adjani dans cette histoire, elle lance, soudain, paumée et grotesque : « Que faire ? Que faire ? Du café, oui, du café. » Re-César pour elle : « Merci pour votre persévérance », dit-elle, sans doute émue, mais toujours pince-sans-rire, en recevant la seconde statuette.

Le succès américain de Cousin, cousine, de Jean-Charles Tacchella, lui offre Hollywood sur un plateau. Las, nul ne sait comment utiliser cette petite Française qui, visiblement, ne veut qu'en faire à sa tête. Un navet plus tard (Chanel solitaire) et un must de kitcherie involontaire de plus (De l'autre côté de minuit), et hop, et Marie-France s'en revient à Paris. Pour tourner, alors, un peu n'importe quoi (L'As des as, de Gérard Oury, La Note bleue, de Zulawski, où elle est une très méchante George Sand). Pour devenir romancière, aussi : son Bal du gouverneur (1984), devient même un film, qu'elle met en scène, quelques années plus tard, avec Kristin Scott Thomas, Didier Flamand et Vanessa Wagner. Bide, certes, mais un bide très injuste.

Ces dernières années, on la voyait, de temps à autre, dans des seconds rôles qu'elle parvenait, en un instant, à rendre bizarres ou inquiétants. Les meilleurs : la bourgeoise de Marion, de Manuel Poirier (1996), où elle tentait d'arracher une petite fille à sa famille paysanne. Et, avec Christophe Honoré - Dans Paris, en 2006 -, cette mère, depuis longtemps absente, revenant brièvement pour tenter d'aider son fils en pleine déprime.
www.telerama.fr/cinema/l-ultime-fuite-de-marie-france-pisier,68126.php

Marie-France Pisier & Jacques Perrin dans L’Écume des jours (vidéo)

Une «célébration hommage» est prévue à Paris pour le public et ses amis le jeudi 5 mai 2011 à 15h en l'église Saint-Roch.
www.europe1.fr/Cinema/Hommage-a-Marie-France-Pisier-jeudi-a-Paris-519647/
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Lun 23 Mai - 1:52


64e Festival de Cannes ou l’invisibilité

Tilda Swinton absolument sensationnelle dans We Need To Talk About Kevin de Lynne Ramsay, reste donc chez elle en Ecosse, le jury lui ayant préféré Kirsten Dunst dans Melancholia de Lars von Trier.

Ce qui va faire causer dans les gazettes : le prix d’interprétation attribué à Jean Dujardin dans The Artist, qui a intégré la compétition deux jours avant le début du festival. Tout le film repose sur ses haussements de sourcils et ces mines de séducteur gominé. Sur le fond, le propos est pour le moins conservateur : la nostalgie de l’âge d’or du cinéma muet avec Valentino dans le rôle du fantôme.

[…] le prix du jury pour Polisse de Maïwenn. Le film pourrait être le pilote d’une très bonne série télé policière française. Ce qui est déjà pas mal. Après, on peut s’interroger sur la nécessité de récompenser un cinéma français qui arriverait enfin à ressembler à un feuilleton américain.

C’était quand même une année où les films de haute volée se bousculaient au portillon du palmarès et on peut s’étonner de l’absence de l’Apollonide de Bertrand Bonello, du Havre d’Aki Kaurismaki, du Pater d’Alain Cavalier, d’Habemus Papam de Nanni Moretti, voire pour l’audace 3D de Hara-kiri de Miike… Reste cette palme d’or prévisible, absolument légitime pour Terrence Malick et son Tree of Life.

Malick n’était pas à la conférence de presse, il a monté les marches en retrait, il ne s’est pas présenté pour récupérer sa palme. Il est dans la logique de sa légende d’invisibilité, on peut trouver que c’est une coquetterie et en même temps il y a de l’héroïsme à résister ainsi aux injonctions médiatiques du commentaire et à l’affichage narcissique.
[…]
http://next.liberation.fr/cinema/01012338913-un-palmares-de-faible-rapport-qualite-prix


Sean Penn dans This must be the place de Paolo Sorrentino, avec Frances McDormand
www.puretrend.com/media/en-competition-we-need-to-talk_m522464
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 24 Mai - 16:36


« La Conquête » : les Sarkoboys en rêvaient, Durringer l'a fait

On entend ici et là que « La Conquête » est un film qui se refuse à prendre parti, qu'il est idéologiquement neutre, et certains, le décrivant comme le « premier film en France sur un Président en exercice », en font même un film contestataire : le sujet, transgressif en lui-même, violant un tabou qu'on dit bien français, rendrait le propos du film de facto critique. Rien n'est plus trompeur. (Voir la bande-annonce)

Le film tente de comprendre « l'homme Nicolas Sarkozy ». On y voit que « l'homme de la rupture » est avant tout un homme blessé par sa rupture avec sa femme, un homme atteint au plus profond de lui-même, un homme sensible et émouvant.

Dans la bouche des critiques les plus avisés, on entend :
« Le film ne juge pas. Il montre. Il ne condamne pas. Il décrit. »

Seraient-ils, me semble-t-il, un peu trop enfants de notre époque et victimes de ce préjugé contemporain qui intime, sous prétexte d'un nécessaire art de la nuance et au nom d'un antimanichéisme de bon aloi, de comprendre l'homme sans prendre parti ?

Qu'a fait Sarkozy de notre pays ?

Mais, en l'espèce, ne pas prendre parti, c'est déjà prendre parti pour Sarkozy. Car le film est le plus beau « storytelling » qu'on puisse imaginer. Il y a bien quelques chiquenaudes, quelques égratignures. Au couple Chirac assis sur le canapé de l'Elysée, Debré déclare :
« Sarkozy est moins un homme de convictions que de postures. »

Pourtant, de réelles critiques, on n'en trouve pas dans ce film.

Ce film ne fait que redoubler la stratégie marketing de Sarkozy

Comprendre l'homme, c'est oublier sa politique, sinon la justifier. Compatir, c'est déjà aimer plus que de raison le pauvre mari abandonné. Et c'est surtout s'interdire – et interdire au spectateur – de réfléchir à ce que le programme du candidat Sarkozy a voulu faire du pays.

On veut nous faire croire que ce film ne fait pas de politique et qu'il met simplement en scène les mécanismes d'une conquête. Mais affirmer cela, c'est ne pas voir que ce film ne fait que redoubler la stratégie marketing par laquelle Nicolas Sarkozy a conquis le pouvoir.

Nous n'y apprenons rien que nous ne savions déjà

Le film reste fasciné par la scénarisation de la vie politique voulue et orchestrée par l'actuel Président et son équipe de communicants alors même qu'il prétend nous en montrer les ficelles.

En outre, se refusant à faire un portrait à charge, « La Conquête » n'évite aucun cliché. Nous n'y apprenons rien que nous ne savions déjà. Le public rit aux bons mots qu'il a lus dans la presse ou qui circulaient sur Internet.

Le « off » de la vie politique n'est pas une analyse du pouvoir

Plus troublant ou plus dangereux encore : le film passe pour un documentaire « plus vrai que la vérité même », grâce à la caution de certains journalistes, témoins oculaires de la campagne, tels Michaël Darmon qui a conseillé Xavier Durringer pendant le tournage du film en acceptant d'ouvrir ses carnets de notes.

Or, si l'œuvre d'art, qu'elle soit film ou œuvre littéraire, est un « mentir vrai », pour reprendre la définition qu'Aragon donnait du roman, ce n'est pas parce qu'elle singe la réalité historique, mais c'est parce qu'elle nous donne à voir et à comprendre ce que nous n'avions pas vu ni compris.

Xavier Durringer et Patrick Rotman confondent ici l'analyse d'une époque avec l'agencement de ces petites phrases prononcées en coulisses que le Paris des rumeurs connaissait déjà depuis longtemps. Ils croient que le tableau d'une époque peut se réduire à la cacophonie cocasse, plaisante ou ridicule des piques assassines de nos hommes politiques, souvent peu inspirés. C'est faire passer le « off record » de la vie politique pour une analyse du pouvoir et de son obscénité, qui pourtant ne s'y réduit pas.

Entre le roman d'amour et le numéro de cirque

Enfin, le film hésite entre plusieurs genres : le roman d'amour et le numéro de cirque. Trop donner dans l'un faisait courir le risque de passer pour de vils zélateurs de l'Elysée ; trop donner dans l'autre, c'était instruire un procès à charge contre le Président.

A force d'hésiter entre les genres, le film n'est qu'une mosaïque de clichés où les jurons et les coups de poignard en gants de velours font sourire, sans dénoncer autre chose que la comédie des vanités.

Julien Santoni
www.rue89.com/2011/05/24/la-conquete-les-sarkoboys-en-revaient-durringer-la-fait-205672
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Jeu 27 Oct - 9:06


"Les Aventures de Tintin : Le Secret de la Licorne" : un film qui fait à Tintin ce que la Castafiore fait à l'opéra

Tintin nage dans les flots de l'Atlantique en direction de deux bandits debout sur le flotteur d'un hydravion. Sa houppe fend les flots, telle un aileron de requin. Steven Spielberg a kidnappé le reporter du Petit Vingtième et l'a mis à la diète des Dents de la mer.

Le héros bidimensionnel d'Hergé se voit conférer le don du relief ; lui qui ne disposait que de 62 pages pour accomplir des exploits hors du commun peut s'étaler sur l'écran presque deux heures durant. Steven Spielberg a toujours été d'avis que plus, c'est mieux. Son Tintin est plus rapide, plus bruyant, plus malin, plus fort que celui d'Hergé et cette inflation est censée le faire passer du statut de héros de bande dessinée à celui de personnage de cinéma. C'est raté. […]

Tintin a perdu cette irréalité translucide qui en fait le plus mystérieux des héros contemporains (qui aime-t-il, à part Milou ? Qu'aime-t-il, à part se promener dans les bois de Moulinsart ? Où et quand est-il né ? On pourrait remplir des pages de questions tintinesques sans réponse). […]

Les péripéties du scénario, les éléments de décor, certains gags témoignent d'une connaissance admirable des albums d'Hergé. Le rythme hystérique, la surenchère de destructions (une bataille entre grues de chantier que l'on croirait sortie de Transformers) est en revanche le signe d'un certain désarroi.

Sous ce vacarme, il n'y a rien : ni nostalgie pour un univers qui reste parfaitement étranger au metteur en scène (car il y a loin des serials hollywoodiens qui ont inspiré Indiana Jones aux fantaisies belges du jeune Hergé) ni envie d'emmener un héros inconnu dans un autre univers. […]

Thomas Sotinel
www.lemonde.fr/cinema/article/2011/10/25/les-aventures-de-tintin-le-secret-de-la-licorne-un-film-qui-fait-a-tintin-ce-que-la-castafiore-fait-a-l-opera_1593208_3476.html

Un extrait : www.youtube.com/watch?v=OhNWdAxxZiU

Tintin : Spielberg écorne la Licorne d'Hergé !

Attendu partout comme le Messie, le film Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne de Steven Spielberg inaugure sa sortie mondiale par la France. Certes, le spectacle est là. Qu’en est-il du fond ?

Sortie événement s’il en est, Les Aventures de Tintin : le secret de la Licorne cristallise depuis des semaines l’attention des médias autant que celle du consommateur qui, de la restauration rapide à l’industrie de la voiture, ne cesse d’être aguiché par une communication intrusive. Sa présentation en fanfare comme la tournée européenne de toute l’équipe soulignent bien des inquiétudes. Depuis l’acquisition par Spielberg des droits en 1981 (à l’époque du lancement d’Indiana Jones), le public trépigne. L’attente est aujourd’hui saluée par ce premier opus (d’un triptyque) proposé prioritairement dans les pays où la saga a commercialement le mieux marché : c'est-à-dire en France et en Belgique.

Ce lancement européen représente, à n’en pas douter, un tremplin pour une sortie décisive aux États-Unis pour les fêtes de Noël. […]

certains plans esthétiquement fabuleux ne peuvent refréner l’arrière-goût de déception qui plane sur le film. Autant les atmosphères sont réussies, autant les personnages apparaissent froids. Tout est résumé dans leur regard sans vie, parfois littéralement inexpressif, ce qui contraste avec l’attention portée aux couleurs. L’humour est par ailleurs très distante (confinée aux Dupont et Dupond secondés par un Haddock plus imbécile que jamais). Beaucoup de dialogues demeurent inutiles. Ainsi, le sentiment final approche celui d'une coquille vide, d’une œuvre quelque peu bâclée […]
Reynald Dal Barco

La bande-annonce : www.cinemovies.fr/fiche_film.php?IDfilm=14794
www.cinemovies.fr/news_fiche.php?IDtitreactu=15104

Au final, le film, plutôt court, finit par s’étirer en longueur. Avec Spielberg, les aventures haletantes de Tintin deviennent sacrément ennuyeuses. Le reporter belge est mal connu des Américains, il n’y a donc rien d’étonnant de vouloir s’en emparer pour en faire autre chose. Mais c’est un objet bien mal défini, entre respect de l’original et réactualisation du modèle, intemporalité du mythe et ancrage très contemporain du style et de l’humour, qui débarque sur les écrans, un entre-deux dont l’inconfort ne peut qu’augmenter dans le cas d’adaptation d’albums plus exotiques de la série.
www.iletaitunefoislecinema.com/critique/4884/les-aventures-de-tintinle-secret-de-la-licorne

TINTIN : LES DENTS DE LA MER-ique

Le rouleau compresseur hollywoodien a allègrement franchi nos frontières culturelles afin de niveler encore un peu plus les cervelles françaises avec une version 3D commerciale de “Tintin”.

Revu, léché, lissé, hight-techisé et surtout boosté à la dynamite made in US, bref consciencieusement américanisé par Spielberg (professionnel de la récupération mercantile des mythes contribuant à l’abrutissement mondial), ce TINTIN-là, comme tout ce qui sort de l’industrie cinématographique yankee, n’échappe pas à sa mission hégémonique : transformer le monde (idolâtre d’images merveilleuses) en vassal de l’Amérique allaitée au coca-cola.

Les gogos par millions vont encore se laisser berner par ces spielbergueries qu’on leur présente comme le banquet de mariage -supposé heureux- de la lourde, indigeste, vulgaire Hollywood avec la fine, élégante, spirituelle Belgique.

Les esprits faibles ferrés depuis leur naissance par le système cinématographique américain se ruent en troupeaux dans les salles de cinéma pour ne pas rater l’évènement, comme si c’était une perte de ne pas partager ces références entre bovins...

Reprendre nos traditions, s’inspirer de notre imaginaire collectif, s’emparer de nos vieux rêves européens, faire revivre nos figures locales en les remodelant à leur sauce ketchup et enfin nous les refourguer avec la caution du “terroir culturel”, voilà le génie criminel du cinéma d’outre-Atlantique !

Cette mouture 3D de TINTIN génératrice de produits dérivés en tous genres n’est ni plus ni moins qu’une pierre supplémentaire dédiée à l’édification de l’idéologie américaine (basée sur la consommation primaire, outrancière alliée à la suprématie militaire la plus brutale).

Retailler nos statues, les uniformiser selon les critères au rabais du marché international, telle est la spécialité des faiseurs d’images de Hollywood.

Pour ça ils sont forts les amerloques !

Avec Spielberg la jolie histoire belge vient de tourner à l’horreur du cinéma mondialiste : TINTIN a vendu sa fameuse mèche au diable.

Raphaël Zacharie de IZARRA
www.liberation.fr/culture/01022367949-tintin-et-la-poudriere-borduro-syldave-les-deputes-debattent-a-nbsp-l-assemblee

Hergé : «Avec le cinéma, Tintin m'échappe un peu»
En décembre 1972, pour la sortie de «Tintin et le lac aux requins», Hergé évoquait, un brin désabusé, l'adaptation à l'écran de la bande dessinée. [Vidéo]
http://next.liberation.fr/cinema/06014258-herge-avec-le-cinema-tintin-m-echappe-un-nbsp-peu
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Ven 28 Oct - 0:15


We Need to Talk about Kevin sacré meilleur film au Festival du film de Londres

Le London Film Festival (LFF) vient de primer le film We Need to Talk about Kevin, l'histoire d'une mère qui doit faire face au geste irréparable de son fils de seize ans. Apparemment, Tilda Swinton y est magistrale.

On n'avait pas beaucoup entendu parler de We Need to Talk about Kevin lors du dernier Festival de Cannes. L'erreur est à présent réparée et Tilda Swinton a enfin son heure de gloire, puisque le long-métrage a reçu le 27 octobre le prix du meilleur film lors du festival du film de Londres. Réalisé par Lynne Ramsay, le film met en scène Tilda Swinton dans le rôle d'une mère qui tente de comprendre son propre degré d'implication dans l'erreur irréparable qu'a commise de son fils de seize ans.

Il y a quelque temps, Tilda Swinton avait accordé une interview au magazine L'Express, dans laquelle elle expliquait pourquoi elle avait choisi de travailler avec Lynne Ramsay : "Je ne choisis pas des personnages mais des réalisateurs. [...] Dans We Need to Talk about Kevin, il s'agissait pour moi de comprendre jusqu'à quel point cette mère était responsable des actes de son fils. Je ne le savais pas, et le film m'a permis de me confronter à cette question", avait expliqué l'actrice.
http://fr.news.yahoo.com/palmar%C3%A8s-london-film-festival-anglais-aiment-meurtriers-203100159.html
www.youtube.com/watch?v=M7UD_WThLME
cyclops
www.bfi.org.uk/lff/
http://fr.wikipedia.org/wiki/Festival_du_film_de_Londres
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 5 Nov - 14:01


La source des femmes

Dans un petit village, quelque part entre l’Afrique du Nord et le Proche-Orient, des femmes souffrent. Chaque jour, elles doivent aller par un chemin impraticable, sous un soleil de plomb, chercher l’eau à une source dans la montagne.
Après la chute et la énième fausse couche de l’une d’entre elles, la jeune Leïla se révolte. Elle persuade ses compagnes d’entamer une grève du sexe tant que les hommes ne feront pas venir l’eau jusqu’au village.

Cinquième long-métrage du formidable Radu Mihaileanu à qui l’on devait déjà « Le Concert», «Vas, vis et deviens» ou encore « Train de vie », «La Source des femmes» conte le combat de modestes villageoises pour améliorer leur sort. Porté par la passion de deux espoirs féminins, Leïla Bekhti, récompensée pour « Tout ce qui brille » et Hafsia Herzi, héroïne de « La Graine et le Mulet», enrichi d’excellents seconds rôles, il pèche par quelques longueurs, mais ses charmes surpassent de loin ce défaut.

Adélaïde de Clermont-Tonnerre
www.pointdevue.fr/blog/?2011/11/02/997-la-source-des-femmes
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Dim 18 Déc - 7:41


Hugo Cabret

Comédie dramatique (2 h 08) de Martin Scorsese. Dans le Paris des années 1930, Hugo, orphelin de 12 ans, vit dans une gare. Son passé est un mystère et son destin une énigme. Pour la première fois, Scorsese aborde le conte et la 3D et réussit un film superbe et émouvant où il rend aussi hommage aux inventions magiques de Georges Méliès, le père du cinéma fantastique.

‘Scorsese l’ultra-violent fait place, en adaptant le roman graphique de Brian Selznick, à Martin le magicien. Avec cette superproduction qui bat même «Inception» en termes de budget, il nous transporte dans le Paris des années 1930 où Hugo, un orphelin de 12 ans, vit dans une gare. De son père, il ne reste au jeune héros qu’un étrange automate dont il cherche la clé – en forme de coeur – qui pourrait le faire fonctionner. Clé que détient l’étonnante petite Isabelle... filleule d’un bien triste vendeur de jouets interprété par Ben Kingsley. Premier film sans Leonardo DiCaprio depuis 9 ans, premier film en 3D dont Scorsese fait une utilisation magistrale, «Hugo Cabret» est aussi son premier film pour enfants. Cette jolie fable se révèle une merveille visuelle doublée d’un hommage émouvant au génie créatif et pionnier du cinéma qu’était Georges Méliès. Un pur enchantement.’
Adélaïde de Clermont-Tonnerre

‘On sait que Martin Scorsese, via la fondation qu'il a créée, travaille à ce que les films anciens ne tombent pas dans l'oubli. Cette préoccupation rejoint le sujet même d'Hugo Cabret, la réhabilitation de Georges Méliès à la fin des années 30. Mais il n'est pas impossible que la peur de tomber dans l'oubli affecte tous les créateurs, et que Scorsese l'exprime à a façon. À 69 ans, Marty redouterait d'être un « Papa Georges », marginalisé dans un cinéma américain se consacrant tout entier aux blockbusters et au public adolescent. Le parcours de Méliès, la transformation du cinéaste en marchand de jouets, préfigurerait d'ailleurs les mutations de l'industrie. À ce compte-là, Scorsese est Méliès en fin de carrière. Et Hugo Cabret, la belle copie (numérique) d'un magnifique jouet ancien, ciselée par un artisan minutieux...’
Aurélien Ferenczi
www.telerama.fr/cinema/ou-es-tu-martin-scorsese,76143.php

La seconde naissance du “Voyage dans la lune” de Méliès
http://sarko-verdose.bbactif.com/t268p15-trouvailles-pour-cinephiles#5516


The Invention of Hugo Cabret
This photo is of a train accident in Paris in the 1890′s. It’s among the many images included in the 2007 book ‘THE INVENTION OF HUGO CABRET - A Novel in Words and Pictures’ by Brian Selznick.
http://picturesmove211.wordpress.com/2010/03/16/the-invention-of-hugo-cabret/

Le 22 octobre 1895 un train, dont les freins avaient lâché, défonce la façade de la gare Montparnasse.
http://lauhic.perso.neuf.fr/troisieme_republique_1.html
www.charles-de-flahaut.fr/scolaire/nouveaux_transports.htm
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Sam 5 Mai - 10:59


Michel Piccoli élu meilleur acteur en Italie

Un an après la présentation d'Habemus Papam en sélection officielle du festival de Cannes, l'actualité de Michel Piccoli et Nanni Moretti est amusante.

Alors que le cinéaste italien s'apprête à endosser le rôle de président du jury pour l'édition 2012, le comédien français vient de recevoir le prix du meilleur acteur pour son rôle de cardinal rongé par l'angoisse et la dépression lorsqu'il est élu Pape. C'est l'Académie du cinéma italien qui a récompensé Michel Piccoli, 87 ans, du prix David de Donatello – l’équivalent de l'Oscar.

La Chinoise Zhao Tao a été sacrée meilleure actrice pour ‘La Petite Venise’ (Io Sono Li) d'Andrea Segre. Prévu pour le 13 juin, le film narre la rencontre entre une ouvrière chinoise, exilée à Venise pour préparer la venue de son fils, et un pêcheur slave.

Auréolé de l'Ours d'Or du festival de Berlin en février dernier, ‘César doit mourir’ de Paolo et Vittorio Taviani a reçu le David du meilleur film. Librement adapté du ‘Jules César’ de Shakespeare, le film se déroule entièrement dans une prison de Rebibbia, dans la banlieue de Rome. Les détenus d'un quartier de haute sécurité incarnent les rôles principaux.

Lui aussi présenté en sélection officielle du festival de Cannes 2011, ‘There must be the place’ de Paolo Sorrentino, avec Sean Penn dans la peau d'une rock star paumée, a reçu le prix du scénario.
www.purepeople.com/article/michel-piccoli-le-pape-est-elu-meilleur-acteur-en-italie_a100032/1
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 22 Mai - 20:12


L'équipe du film "Des hommes sans loi "(Jessica Chastain, Shia Labeouf, Jason Clarke et Nick Cave) quittent le palais des Festivals le 19 mai 2012 à Cannes. (VALERY HACHE / AFP)

À Cannes, les femmes montrent leurs bobines, les hommes, leurs films

"Qu'est-ce qui a changé dans le cinéma ? Tout !", s'exclamait Gilles Jacob, président du Festival de Cannes, lors de la présentation des films sélectionnés pour la 65e édition. Tout ?! Un instant, nous avons frémi. A tort, puisque les vingt-deux films de la sélection officielle ont été réalisés, heureux hasard, par vingt-deux hommes. Le Festival couronnera donc pour la 63e fois l'un d'entre eux, défendant ainsi sans faillir les valeurs viriles qui font la noblesse du septième art.

Une fois seulement, en 1993, la Palme était en effet attribuée à Jane Campion, une réalisatrice. Et en 2011, par manque de vigilance sans doute, quatre femmes s'étaient immiscées parmi les vingt nominés à la compétition officielle. Thierry Frémeaux, délégué général, ne manquait pas de le remarquer : "C'est la première fois qu'il y a autant de femmes." Coupable faiblesse ! D'autant plus impardonnable que les Césars avaient en 2011 montré un digne exemple en ne sélectionnant aucune femme dans les catégories "meilleur film" ou "meilleure réalisation".

Messieurs, vous avez retrouvé vos esprits et nous nous en réjouissons. Le Festival de Cannes 2012 permet à Wes, Jacques, Leos, David, Lee, Andrew, Matteo, Michael, John, Hong, Im, Abbas, Ken, Sergei, Cristian, Yousry, Jeff, Alain, Carlos, Walter, Ulrich, Thomas de montrer une fois de plus que "les hommes aiment la profondeur chez les femmes, mais seulement dans leur décolleté".

Cette sélection exemplaire est un signe fort envoyé à la profession, et au public du monde entier. Car qui mieux que le plus prestigieux festival de cinéma au monde, pour être le porte-voix de cet immuable message. Avec une grande lucidité sur son rôle primordial, vous avez su empêcher toute velléité féminine de briguer une quelconque place dans ce milieu si bien gardé. Surtout, ne pas laisser penser aux jeunes filles qu'elles pourraient avoir un jour l'outrecuidance de réaliser des films et de gravir les marches du Palais autrement qu'au bras d'un prince charmant.

Ne suffit-il pas qu'elles puissent rêver d'être un jour "la" maîtresse de cérémonie de la soirée d'ouverture du Festival ! Bérénice Bejo en 2012, Mélanie Laurent en 2011, Kristin Scott Thomas en 2010. Les femmes sont de parfaites hôtesses, que l'on rendra heureuses d'un simple, "T'as de beaux yeux, tu sais", ou autres compliments bien tournés. Des icônes troublantes aussi que vous savez laisser à leur juste place : en vitrine et sur papier glacé. Les affiches du Festival en témoignent : cette année c'est Marilyn Monroe qu'on célèbre, en 2011 Juliette Binoche, en 2009 Monica Vitti, et en 1989 une Marianne de la République incarnait le prestigieux Festival.

En 1976 ce sont les fesses nues d'une femme qui étaient à l'honneur. De quoi se plaindraient nos muses ? Elles sont célébrées pour leurs qualités essentielles : beauté, grâce, légèreté... Evitons-leur les affres de la direction d'une équipe de tournage, épargnons-leur la pénible confrontation avec les contraintes techniques d'un plateau. Qu'iraient-elles s'ennuyer dans le comité d'organisation où se prennent les décisions importantes et qui, pour preuve, n'a connu depuis sa création que des présidents ? Gardons aux hommes la lourde charge de ces fonctions rébarbative. Aux femmes les bobines à coudre, aux hommes celles des frères Lumière !
Fanny Cottençon, comédienne
Virginie Despentes, écrivaine et réalisatrice
Coline Serreau, réalisatrice
L'initiative de ce texte revient au collectif d'action féministe La Barbe. Voir la liste des signataires sur le site www.labarbelabarbe.org
www.lemonde.fr/idees/article/2012/05/11/a-cannes-les-femmes-montrent-leurs-bobines-les-hommes-leurs-films_1699989_3232.html



Les féministes de La Barbe s’invitent sur le tapis rouge de Cannes
http://yagg.com/2012/05/21/les-feministes-de-la-barbe-sinvitent-sur-le-tapis-rouge-de-cannes/

Vendredi 18 mai, le quotidien britannique The Times, pas vraiment enthousiasmé par le dernier long-métrage de l'Égyptien Yousry Nasrallah, en lice pour la consécration suprême, ironisait sur le débat du moment. "Un nombre conséquent des gens qui ont regardé le maladroit ‘Après la bataille’ se sont demandé : n'y avait-il aucun film réalisé par une femme meilleur que celui-ci ?"
www.francetv.fr/info/ou-sont-les-femmes-a-cannes-la-polemique-continue_97317.html


Non, les féministes ne sont pas des débiles
Cher Serge,

La lecture de ton texte, écrit en réponse à la tribune publiée dans Le Monde par le collectif la Barbe -signée par Virginie Despentes, Fanny Cottençon et Coline Serreau- qui dénonce l’absence de femmes réalisatrices dans la sélection officielle cannoise, nous a plongées dans la colère, l’incrédulité, la perplexité. Peut-être as-tu lu un peu hâtivement leur tribune, et, accaparé par ta préparation cannoise, répondu à la va-vite. On t’excusera dans ce cas. Mais si ces mots traduisent le fond de ta pensée, c’est plus inquiétant, tant tes arguments semblent balancés à l’emporte pièce et manquer de l’acuité critique et de la hauteur de vue dont tu sais faire preuve dans tes chroniques.

Non Serge, les féministes ne sont pas des débiles ou des idiotes, comme tu le suggères dans le titre de ton billet, des idiotes agressives qui ne maitriseraient pas leurs nerfs (hystériques ?) et mordent au moindre soupçon de machisme ou de traitement inégalitaire.
[...]
Bien à toi,

Nelly Kaprélian, Anne Laffeter et Géraldine Sarratia
http://cannes2012.lesinrocks.com/2012/05/22/non-les-feministes-ne-sont-pas-des-debiles/

Commentaire de liliekitsh : "je désapprouve complètement les termes « débats stériles »…les « conneries féministes »…. Le problème de cette société à mon sens, n’est pas qu’il y a un manque de place pour les femmes, ou que « les hommes ne leur fassent pas de place », c’est bien plus profond que cela, ce monde a été créé de toute pièce par des hommes, adapté pour des hommes, avec les visions, et traits d’esprits des hommes, ainsi la littérature, l’histoire et tout ce qui y est relié a donc été construit par des hommes, pour un public essentiellement masculin.
Au jour d’aujourd'hui où les femmes ont réussi à être plus ou moins reconnues comme des êtres pensants, douées de libre arbitre, et d’un portefeuille au même titre que les hommes, on n’arrive toujours pas à faire émerger une culture féminine, à reconnaître une sensibilité féminine et un regard féminin, ne s’attachant pas forcément aux mêmes valeurs, ni aux mêmes choses que les hommes, c’est sur ceci qu’il faut travailler à mon sens.
En d’autres termes, ce n’est pas parce que le travail des femmes passé à travers le filtre du formatage de cette société dont tous les codes ont été faits par des hommes, est considéré inintéressant ou nul pour les hommes (ou même pour les femmes d'ailleurs) qu’il l’est…. C’est parce que justement il est différent et qu’il participe d’une autre forme de vision du monde qu’il devrait au contraire pouvoir être vu, et intégré à la société non pas comme quelque chose de nul, mais comme quelque chose d’une autre culture, d’un autre type de sensibilité, auquel ne s’applique pas forcément la forme et les codes inventés par les hommes. C’est fondamentalement ça qui est énervant, c’est le fait que tout soit codifié et formaté dans un « langage universellement masculin »….
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 22 Mai - 20:32


Trahi par sa maîtresse, Octave (Pete Doherty) tombe dans le désespoir et la débauche. Il rencontre Brigitte (Charlotte Gainsbourg) une jeune veuve, de dix ans son aînée. Le début d'une nouvelle passion. © DR

Charlotte Gainsbourg sidérante dans « Confession d'un enfant du siècle »

Si rarement prix d’interprétation féminine cannois fut aussi pertinent que celui décerné en 2009 à Charlotte Gainsbourg pour le sombre et controversé « Antichrist » de Lars von Trier, l’actrice en aurait mérité un deuxième cette année. Il n’en sera rien, au motif que « Confession d’un enfant du siècle », le très beau film de Sylvie Verheyde, n’est pas présenté en compétition, mais dans la section « Un certain regard ».

Face à Pete Doherty, parfait dans le rôle du ténébreux Octave, Charlotte Gainsbourg livre en effet une composition renversante à tous égards, elle tient sa partition avec une maîtrise proprement sidérante, qui lui offre d’accéder à une totale liberté d’elle-même et de son propre corps. Cette maîtrise et cette liberté, elle les doit sans doute à ses dons naturels, mais plus encore à l’expérience accumulée depuis que Claude Miller, auquel le Festival rendra hommage samedi, fit d’elle son « Effrontée », c’était en 1985, soit plus d’un quart de siècle donc, et alors elle n’était déjà plus débutante. [...]

Pascal Mérigeau
http://cinema.nouvelobs.com/articles/18624-cannes-2012-charlotte-gainsbourg-siderante-dans-confession-d-un-enfant-du-siecle


On a beaucoup interviewé Jean-Louis Trintignant mais a-t-on entendu Emmanuelle Riva parler de son rôle dans 'Amour' de Michael Haneke ?
Son talent a pourtant été mondialement reconnu dans 'Hiroshima, mon amour', le chef-d’œuvre d'Alain Resnais (1959), et 'Thérèse Desqueyroux', de Georges Franju, en 1964.
www.ouest-france.fr/sport/une_basket_detail_-Festival-de-Cannes.-Riva-Trintignant-un-Amour-de-couple_46583-2078985_actu.Htm
http://fr.wikipedia.org/wiki/Emmanuelle_Riva
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MessageSujet: Re: Etoiles et toiles   Mar 22 Mai - 21:00


Claude Miller, de “La Petite Voleuse” à la “Grande Faucheuse”
Hommage
Effrontément, de “Garde à vue” à “La Petite Lili”, le cinéaste humaniste a cherché la meilleure façon de filmer l'homme et sa détresse. Il est mort le 4 avril 2012 à 70 ans.

Dans ‘La Meilleure façon de marcher’, son premier long métrage, Claude Miller filmait la silhouette tétanisée d’un petit mec (Michel Blanc), recroquevillé sur un plongeoir, refusant obstinément de sauter. Trente ans plus tard, dans ‘Un secret’, il observait encore, presque dans la même piscine, un gamin gêné de se sentir si blafard, si malingre parmi les corps élancés, sculptés, bronzés qui l’entouraient... La peur, le cinéaste l’a souvent filmée, et particulièrement celle qui vous broie dès l’enfance et dont on ne guérit jamais. Inoubliables, les yeux angoissés du petit garçon de La Classe de neige devinant en son père un ogre maléfique. Et les yeux gelés de l’ado de Je suis heureux que ma mère soit vivante, quêtant auprès d’une mère indigne des réponses inutiles...

Tous les adultes que filmait Miller avaient deux points communs : une enfance mal guérie (Gérard Depardieu dans ‘Dites-lui que je l’aime’, Isabelle Adjani dans ‘Mortelle randonnée’) et un secret mal gardé – le goût du travestissement de Patrick Bouchitey dans ‘La Meilleure Façon de marcher’ ou le pur amour pour une petite fille de Michel Serrault dans ‘Garde à vue’. Mélange détonant : car une fois l’enfance et le secret dévoilés, la cruauté l’emporte... S’ils paraissaient doux, à son image, les films de Claude Miller dissimulaient toujours des gouffres et des affrontements. [...]

Il venait de terminer (remake de la version magnifique de Georges Franju) l’adaptation du roman de François Mauriac, Thérèse Desqueyroux, avec Audrey Tautou. L’histoire d’une « petite empoisonneuse », amenée à vouloir tuer pour échapper à sa propre prison… Une héroïne pour lui, donc ; seule, mais libre...

Pierre Murat
www.telerama.fr/cinema/claude-miller-de-la-petite-voleuse-a-la-grande-faucheuse,79653.php

Un extrait de 'La Petite Voleuse' (1988), avec Charlotte Gainsbourg
http://www.youtube.com/watch?v=T7-WJjOmCXE cyclops

Thérèse Desqueyroux, adaptation du roman de François Mauriac, et réalisé par Claude Miller peu de temps avant sa mort, sera projeté en clôture du Festival de Cannes, le dimanche 27 mai. « En lui dédiant sa soirée de clôture, le Festival de Cannes, accompagné de sa famille, de ses amis, de ses producteurs, de ses distributeurs, est heureux de saluer la mémoire de Claude Miller. », écrivent les organisateurs.
www.telerama.fr/cinema/le-dernier-film-de-claude-miller-en-cloture-du-festival-de-cannes,80522.php

Dominique Laffin et Gérard Depardieu dans 'Dites-lui que je l'aime' (1977)
www.youtube.com/watch?v=-oFCVr4qL94 cyclops
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