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 La révolte grecque, modèle pour les peuples européens

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Orwelle



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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Dim 12 Sep - 1:42


Grèce
20.000 personnes dans les rues de Salonique contre la politique d’austérité


[VIDÉOS] Des milliers de personnes se sont rassemblées samedi soir à Salonique pour manifester contre la rigueur au moment où le Premier ministre Georges Papandréou se préparait à prononcer un discours sur les priorités de sa politique économique pour 2011.

Les manifestants étaient réunis à l'appel des principales centrales syndicales et des partis de gauche dans le centre de la deuxième ville du pays, brandissant des banderoles portant les slogans : "La crise c'est le capitalisme qui doit la payer" ou "Nationalisation des banques".

"Ils veulent que le peuple paie, mais ce sont les industriels et les banquiers qui ont pris l'argent", se lamentait Manolis Spathis, 24 ans, tout juste licencié en économie, venu d'Athènes pour la manifestation.

Samedi matin, plusieurs centaines de camionneurs du syndicat des routiers (OFAE) ont manifesté dans les rues de Salonique après avoir annoncé une nouvelle grève à durée illimitée pour protester contre le projet de loi sur la libéralisation du secteur.
Les routiers avaient déjà observé une grève de plusieurs jours en juillet, ce qui avait fortement perturbé le secteur du tourisme.
www.france24.com/fr/20100911-grece-imposant-dispositif-securite-vue-manifestations-salonique
www.leparisien.fr/flash-actualite-monde/grece-20-000-personnes-dans-les-rues-de-salonique-papandreou-reste-ferme-11-09-2010-1063986.php




Les Grecs à nouveau dans la rue

Rentrée politique et sociale à Salonique, la deuxième plus grande ville du pays, où des manifestations monstres sont prévues aujourd’hui à l’occasion d’un discours du premier ministre grec venu inaugurer la 75e Foire internationale.

Plus de 4 000 policiers venus d’Athènes et d’autres régions ont dû être mobilisés. Hier matin, des militants communistes ont déployé une banderole sur la Tour blanche, le principal monument de la ville, appelant les citoyens à lutter contre les mesures « antipopulaires » du gouvernement. Et le soir, c’était au tour des syndicats de policiers et des pompiers de protester contre les réductions de salaires qui les touchent, comme l’ensemble des fonctionnaires grecs, en raison du plan d’austérité.

En Grèce, où la colère populaire est forte, de nombreuses manifestations ont lieu régulièrement depuis le début de l’année, ainsi que des attentats contre des bâtiments officiels ou des banques.

Dans un geste de soutien à la population de la ville, Georges Papandréou tenait hier après-midi, à Salonique, son premier Conseil des ministres depuis le remaniement annoncé lundi. Après onze mois au pouvoir, cette mesure a été présentée comme une manière de relancer l’économie face à la crise, tout en maintenant le cap de la rigueur.

Pourtant, l’échec semble déjà avéré pour le plan d’austérité, qui aggrave encore la récession la plus importante qu’ait connue le pays depuis quarante ans. Les recettes fiscales n’ont augmenté que de 3 % sur un an alors que l’objectif annuel était fixé à 13 %. En attendant, le chômage, lui, atteint désormais 11,6 %, contre 8,6 % l’an dernier. Dans la région de Salonique, le taux de chômage dépasse en réalité souvent les 50 % et près de deux emplois sur trois sont à temps partiel.

Julien Vallet
www.humanite.fr/10_09_2010-les-grecs-%C3%A0-nouveau-dans-la-rue-453251
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mar 14 Sep - 14:43

En Europe, les États, sous la pression de la Commission européenne, du FMI et des agences de notation, appliquent avec une vigueur renouvelée des programmes de réformes et d’ajustement structurels qui ont dans le passé démontré leur capacité à accroître l’instabilité et les inégalités, et risquent d’aggraver la crise européenne.



Des économistes « atterrés » lancent un manifeste

Ils sont économistes et se déclarent « atterrés » par l’archaïsme des politiques économiques européennes, élaborées sous la pression de la Commission européenne, du FMI et des agences de notation. Cette « orthodoxie néolibérale » risque bien d’accroître l’instabilité, les inégalités, et d’aggraver la crise européenne. Basta ! publie un extrait de leur manifeste, ouvert à signatures, qui dénonce de nombreux clichés, en particulier sur l’augmentation de la dette publique.
www.bastamag.net/article1170.html

Le « Manifeste d’économistes atterrés » est téléchargeable intégralement ci-dessous.

FAUSSE EVIDENCE N° 4 :

L’envolée des dettes publiques résulte d’un excès des dépenses

Michel Pébereau, l’un des « parrains » de la banque française, décrivait en 2005 dans l’un de ces rapports officiels ad hoc, une France étouffée par la dette publique et sacrifiant ses générations futures en s’adonnant à des dépenses sociales inconsidérées. L’État s’endettant comme un père de famille alcoolique qui boit au-dessus de ses moyens : telle est la vision ordinairement propagée par la plupart des éditorialistes. L’explosion récente de la dette publique en Europe et dans le monde est pourtant due à tout autre chose : aux plans de sauvetage de la finance et surtout à la récession provoquée par la crise bancaire et financière qui a commencé en 2008 : le déficit public moyen dans la zone euro n’était que de 0,6% du PIB en 2007, mais la crise l’a fait passer à 7% en 2010. La dette publique est passée en même temps de 66% à 84% du PIB.

Cependant la montée de la dette publique, en France et dans de nombreux pays européens a d’abord été modérée et antérieure à cette récession : elle provient largement non pas d’une tendance à la hausse des dépenses publiques – puisqu’au contraire celles-ci, en proportion du PIB, sont stables ou en baisse dans l’Union européenne depuis le début des années 1990 – mais de l’effritement des recettes publiques, du fait de la faiblesse de la croissance économique sur la période, et de la contre-révolution fiscale menée par la plupart des gouvernements depuis vingt-cinq ans. Sur plus long terme la contre-révolution fiscale a continûment alimenté le gonflement de la dette d’une récession à l’autre.

Ainsi en France, un récent rapport parlementaire chiffre à 100 milliards d’euros en 2010 le coût des baisses d’impôts consenties entre 2000 et 2010, sans même inclure les exonérations de cotisations sociales (30 milliards) et d’autres « dépenses fiscales ». Faute d’harmonisation fiscale, les États européens se sont livrées à la concurrence fiscale, baissant les impôts sur les sociétés, les hauts revenus et les patrimoines. Même si le poids relatif de ses déterminants varie d’un pays à l’autre, la hausse quasi-générale des déficits publics et des ratios de dette publique en Europe au cours des trente dernières années ne résulte pas principalement d’une dérive coupable des dépenses publiques. Un diagnostic qui ouvre évidemment d’autres pistes que la sempiternelle réduction des dépenses publiques.

Pour restaurer un débat public informé sur l’origine de la dette et donc les moyens d’y remédier nous mettons en débat une proposition :

Mesure n°9 : Réaliser un audit public et citoyen des dettes publiques, pour déterminer leur origine et connaître l’identité des principaux détenteurs de titres de la dette et les montants détenus.

FAUSSE EVIDENCE N° 5 :

Il faut réduire les dépenses pour réduire la dette publique

Même si l’augmentation de la dette publique résultait en partie d’une hausse des dépenses publiques, couper dans ces dépenses ne contribuerait pas forcément à la solution. Car la dynamique de la dette publique n’a pas grand’ chose à voir avec celle d’un ménage : la macroéconomie n’est pas réductible à l’économie domestique. La dynamique de la dette dépend en toute généralité de plusieurs facteurs : le niveau des déficits primaires, mais aussi l’écart entre le taux d’intérêt et le taux de croissance nominal de l’économie.

Car si ce dernier est plus faible que le taux d’intérêt, la dette va s’accroître mécaniquement du fait de « l’effet boule de neige » : le montant des intérêts explose, et le déficit total (y compris les intérêts de la dette) aussi. Ainsi, au début des années 1990, la politique du franc fort menée par Bérégovoy et maintenue malgré la récession de 1993-94 s’est traduite par un taux d’intérêt durablement plus élevé que le taux de croissance, expliquant le bond de la dette publique de la France pendant cette période. C’est le même mécanisme qui expliquait l’augmentation de la dette dans la première moitié des années 1980, sous l’impact de la révolution néolibérale et de la politique de taux d’intérêts élevés menée par Ronald Reagan et Margaret Thatcher.

Mais le taux de croissance de l’économie lui-même n’est pas indépendant des dépenses publiques : à court terme l’existence de dépenses publiques stables limite l’ampleur des récessions (« stabilisateurs automatiques ») ; à long terme les investissements et dépenses publiques (éducation, santé, recherche, infrastructures...) stimulent la croissance. Il est faux d’affirmer que tout déficit public accroît d’autant la dette publique, ou que toute réduction du déficit permet de réduire la dette. Si la réduction des déficits plombe l’activité économique, la dette s’alourdira encore plus. Les commentateurs libéraux soulignent que certains pays (Canada, Suède, Israël) ont réalisé de très brutaux ajustements de leurs comptes publics dans les années 1990 et connu immédiatement après un fort rebond de la croissance.

Mais cela n’est possible que si l’ajustement concerne un pays isolé, qui regagne rapidement de la compétitivité sur ses concurrents. Ce qu’oublient évidemment les partisans de l’ajustement structurel européen, c’est que les pays européens ont pour principaux clients et concurrents les autres pays européens, l’Union européenne étant globalement peu ouverte sur l’extérieur. Une réduction simultanée et massive des dépenses publiques de l’ensemble des pays de l’Union ne peut avoir pour effet qu’une récession aggravée et donc un nouvel alourdissement de la dette publique.

Pour éviter que le rétablissement des finances publiques ne provoque un désastre social et politique nous mettons en débat deux mesures :

Mesure n°10 : Maintenir le niveau des protections sociales, voire les améliorer (assurance-chômage, logement…) ;

Mesure n°11 : accroître l’effort budgétaire en matière d’éducation, de recherche, d’investissements dans la reconversion écologique... pour mettre en place les conditions d’une croissance soutenable, permettant une forte baisse du chômage.

FAUSSE EVIDENCE N° 6 :

La dette publique reporte le prix de nos excès sur nos petits-enfants

Il est une autre affirmation fallacieuse qui confond économie ménagère et macroéconomie, celle selon laquelle la dette publique serait un transfert de richesse au détriment des générations futures. La dette publique est bien un mécanisme de transfert de richesses, mais c’est surtout des contribuables ordinaires vers les rentiers.

En effet, se fondant sur la croyance rarement vérifiée selon laquelle baisser les impôts stimulerait la croissance et accroîtrait in fine les recettes publiques, les États européens ont depuis 1980 imité les USA dans une politique de moins-disant fiscal systématique. Les réductions d’impôt et de cotisations se sont multipliées (sur les bénéfices des sociétés, sur le revenu des particuliers les plus aisés, sur les patrimoines, sur les cotisations patronales...), mais leur impact sur la croissance économique est resté très incertain. Ces politiques fiscales anti-redistributives ont donc aggravé à la fois, et de façon cumulative, les inégalités sociales et les déficits publics.

Ces politiques fiscales ont obligé les administrations publiques à s’endetter auprès des ménages aisés et des marchés financiers pour financer les déficits ainsi créés. C’est ce qu’on pourrait appeler « l’effet jackpot » : avec l’argent économisé sur leurs impôts, les riches ont pu acquérir les titres (porteurs d’intérêts) de la dette publique émise pour financer les déficits publics provoqués par les réductions d’impôts... Le service de la dette publique en France représente ainsi 40 milliards d’euros par an, presqu’autant que les recettes de l’impôt sur le revenu. Tour de force d’autant plus brillant qu’on a ensuite réussi à faire croire au public que la dette publique était la faute des fonctionnaires, des retraités et des malades.

L’accroissement de la dette publique en Europe ou aux USA n’est donc pas le résultat de politiques keynésiennes expansionnistes ou de politiques sociales dispendieuses mais bien plutôt d’une politique en faveur des couches privilégiées : les « dépenses fiscales » (baisses d’impôts et de cotisations) augmentent le revenu disponible de ceux qui en ont le moins besoin, qui du coup peuvent accroître encore davantage leurs placements notamment en Bons du Trésor, lesquels sont rémunérés en intérêts par l’impôt prélevé sur tous les contribuables. Au total se met en place un mécanisme de redistribution à rebours, des classes populaires vers les classes aisées, via la dette publique dont la contrepartie est toujours de la rente privée.

Pour redresser de façon équitable les finances publiques en Europe et en France nous mettons en débat deux mesures :

Mesure n°12 : redonner un caractère fortement redistributif à la fiscalité directe sur les revenus (suppression des niches, création de nouvelles tranches et augmentation des taux de l’impôt sur le revenu…)

Mesure n°13 : supprimer les exonérations consenties aux entreprises sans effets suffisants sur l’emploi

Signataires :
Philippe Askenazy (CNRS, Ecole d’économie de Paris) - Thomas Coutrot (Conseil scientifique d’Attac) - André Orléan (CNRS, EHESS) - Henri Sterdyniak (OFCE)
Arrow Le manifeste complet :
www.assoeconomiepolitique.org/spip.php?article140


Extrait du
commentaire, sur Alternatives économiques, de Jean Gadrey, 66 ans, Professeur émérite d'économie à l'Université Lille 1.

J’ai immédiatement signé ce manifeste, en mentionnant toutefois une réserve. D’autres ont fait de même, avec diverses réserves qui ne remettent pas en cause les qualités et la force globales du texte […]

La tonalité générale du texte est en effet que l’un des grands défauts des logiques néolibérales est qu’elles nous privent de croissance, vue comme l’un des principaux moyens de sortie de crise et de progrès social. Or je ne crois pas que là soit le problème du néolibéralisme et de la financiarisation excessive. Il est exact que ces logiques sont néfastes pour la croissance en Europe, mais je défends (avec d’autres) l’idée que la recherche de la croissance est devenue néfaste et que très probablement la croissance prendra fin dans les pays « riches » dans les années ou décennies à venir, qu’on la poursuive ou pas. C’est l’objet d’un livre à paraître début octobre, sous le titre « Adieu à la croissance ».
www.alternatives-economiques.fr/blogs/gadrey/2010/09/10/le-manifeste-des-economistes-atterres/
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 15 Sep - 6:59


Irlande : au pays des zombies

L'Irlande fait peur : ses banques sont en faillite, le chômage monte en flèche et l'État est fauché…

Anglo Irish Bank (AIB), Bank of Ireland et Allied Irish Bank ont un problème commun : elles croulent encore sous le poids des actifs «toxiques» de l'immobilier.

90 milliards

Pourtant, pour sauver le secteur bancaire, l'État a employé - comme prescrit - un remède de cheval : Dublin a nationalisé en janvier 2009 l'Anglo Irish Bank et recapitalisé à coups de milliards d'autres établissements. Une bad bank, la National Asset Management Agency (Nama), a été mise sur pied pour racheter les actifs risqués.
Le coût pour renflouer AIB dépasserait les 25 milliards d'euros, a-t-on appris au cours des derniers jours. Mais selon Standard & Poor's, la facture totale du sauvetage bancaire, d'abord évaluée à 50 milliards d'euros, atteindrait 90 milliards d'euros. Un désastre, qui correspond à près de 60% de l'économie irlandaise.

Et les dernières données économiques ne feront rien pour chasser les fantômes : les exportations, jadis un moteur économique du pays, baissent sans cesse depuis le début de 2010.

Quant au secteur immobilier, qui s'est effondré avec la crise financière, il ne se relève pas.
Sans compter que le taux de chômage a encore grimpé, en août, pour atteindre 13,8% - un sommet en 16 ans !

Afin de rééquilibrer ses finances et restaurer la confiance, le gouvernement a annoncé des mesures budgétaires draconiennes à la fin de 2009, le premier du club euro à se servir ainsi du couperet.

Dublin a taillé dans les programmes sociaux afin de ramener le déficit public, actuellement à 14% du PIB, à 2,9% en 2014. Les investissements publics, les allocations familiales et les salaires des employés de l'État ont aussi été brutalement réduits.

Ces coupes ont d'ailleurs inspiré la Grèce et l'Espagne qui, quelques mois plus tard, ont aussi emprunté la voie de l'austérité budgétaire pour mater la crise.

Or, l'Irlande attend toujours les récompenses pour ses sacrifices.

Pour le moment, l'austérité n'apporte que du malheur aux Irlandais. Sans oublier que la colossale facture des remèdes pour redonner vie aux zombies bancaires sera inévitablement refilée aux contribuables.

«Les enfants (de l'Irlande) paieront les dettes du pays pour des décennies», affirment Peter Boone, de la London School of Economics, et Simon Johnson, ex-économiste en chef du Fonds monétaire international (FMI), dans une analyse conjointe.

Bref, l'Irlande économique est un film d'horreur. Les Européens mais aussi les Américains, qui se demandent comment relancer leur économie ces jours-ci, ont de bonnes raisons de s'inquiéter et de se poser des questions.
http://lapresseaffaires.cyberpresse.ca/opinions/chroniques/richard-dupaul/201009/07/01-4313073-irlande-au-pays-des-zombies.php


L'économie irlandaise à nouveau attaquée

"Les rendements des obligations du gouvernement irlandais bondissent tandis que les banques irlandaises suscitent l'inquiétude", titre en une the Irish Times.
Alors que plusieurs spéculent sur le début d'une "attaque" contre l'économie irlandaise, les actions des banques irlandaises ont plongé une semaine après que l'Anglo Irish Bank a annoncé qu'elle devait trouver environ 25 milliards de capitaux frais pour rester en vie.
www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/333811-leconomie-irlandaise-nouveau-attaquee

Dublin métamorphose l’Anglo Irish Bank
La nécessité pour Dublin de maintenir ses banques à flot ne fait que creuser son déficit public, qui a atteint 14,3 % du PIB en 2009, un record au sein de la zone euro. Résultat, l’agence de notation Standard & Poor’s a abaissé il y a quinze jours de « AA » à « AA – » la note d’endettement du pays, invoquant le coût de cette facture. Ce qui a fait grimper les taux d’intérêt auxquels le gouvernement s’endette pour boucler ses fins de mois.
www.la-croix.com/article/index.jsp?docId=2438560&rubId=4079



L'Irlande s'est sacrifiée pour la City,
priorité maintenant à l'intérêt national !


Si la Banque centrale européenne estime que les banques irlandaises posent un risque systémique, c’est à elle de les renflouer – et non aux Irlandais.

Selon différents articles, le plan de sauvetage irlandais s'appuyait sur les conseils de David McWilliams, un ancien directeur de UBS AG.. Officiellement d’appartenance suisse, UBS est néanmoins en train de construire ce qui sera le plus grand immeuble de la City de Londres, afin d’y installer ses bureaux londoniens. Si l’on peut se réjouir du fait que l'Office of the Director of Corporate Enforcement et le Garda Fraud Bureau, qui enquêtent sur d'éventuelles fraudes criminelles dans l'affaire de l'Anglo Irish Bank, aient étendu leur enquête au Royaume-Uni, pour y interroger un conseiller financier, les sommes en question sont dérisoires par rapport aux milliards que les banques et fonds de placement restés anonymes de la City ont prêtés aux banques irlandaises, et que les contribuables sont invités à rembourser

Pour avoir une idée de l'ampleur de la débâcle à Dublin, il est utile de comparer les derniers chiffres donnés par la Banque des règlements internationaux pour l'Irlande, la Grèce et l'Espagne, au 31 mars 2010.

La dette extérieure totale de l'Irlande, pays de 6 millions d'habitants, s'élève à 843,8 milliards de dollars. Sur ce, la dette publique n’en représente que 29,7 milliards, alors que les banques privées irlandaises y sont pour 168,6 milliards et les entreprises privées non bancaires pour la somme astronomique de 421,7 milliards. Le reste, 222,7 milliards, s’inscrit dans la rubrique « autres expositions », à savoir la valeur de marché des produits dérivés, obligations sur crédit et garanties.

La Grèce, dont la population est deux fois plus nombreuse, a une dette extérieure totale, publique et privée, de 297,2 milliards de dollars. La part publique se monte à 92,5 milliards, celle des banques à 26,1 milliards et celle des entreprises privées à 83,2 milliards. Les « autres expositions » s’élèvent à 95,2 milliards. Les banques françaises sont les premières détentrices de dette grecque (111,6 milliards), suivies par les allemandes (51 milliards) et les américaines (41,2 milliards).

L'ensemble de la dette espagnole envers les banques étrangères s'élève à 1102 milliards de dollars, soit à peine 300 milliards de plus que l'Irlande, alors que sa population (46 millions d’habitants) est presque huit fois plus nombreuse. Le secteur public représente 127,6 milliards, les banques 317,4 milliards et les entreprises privées non bancaires 378,2 milliards, les « autres expositions » s'élevant à 278,5 milliards. L'Espagne est aux prises avec une crise bancaire majeure en raison du marché immobilier. Reste à savoir quelle part de ce marché est détenue par des banques européennes non espagnoles.
www.solidariteetprogres.org/

Le « plan de sauvetage » pour la Grèce et les autres États-membres en difficultés
ne comportait pas de vraies mesures politiques
, accuse Paul Jorion, anthropologue et économiste :
«Les vraies mesures auraient été d'empêcher que la spéculation continue à nuire. Les politiques prennent des mesures défensives pour réduire le déficit, mais ce n'est pas le bon moment. Ils ne prennent pas de mesures offensives pour arrêter la spéculation. Ils capitulent, ils font comme s'ils étaient impuissants alors que c'est possible.»
http://eco.rue89.com/2010/05/10/la-zone-euro-allait-elle-vraiment-exploser-150845

Les Terroristes de Wall Street ont provoqué une Guerre Financière Mondiale
la crise financière, officiellement déclarée avec la banqueroute de l’entreprise Lehman Brothers, était comparable aux évènements du 11 septembre 2001, mais cette fois-ci d’un point de vue financier et économique.
www.mecanopolis.org/?tag=lehman-brothers

Spéculation : le retour des affameurs
www.solidariteetprogres.org/article6908.html

Jean Ziegler : Un tribunal de Nuremberg pour les spéculateurs !

www.solidariteetprogres.org/article6948.html
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 29 Sep - 23:46


Euromanif : plus de 100.000 manifestants dans les rues de Bruxelles

Plus de 100.000 personnes venues de 24 pays différents ont défilé mercredi dans les rues de Bruxelles à l'occasion de la manifestation européenne contre l'austérité.

Dès le comptage effectué tant par la police que par les syndicats à la Porte de Hal, nous savions que nous allions atteindre, voire dépasser, nos prévisions, a confié une porte-parole de la FGTB. Entre-temps, la tête du cortège est arrivée au Cinquantenaire, où les premiers discours ont débuté sur le coup de 15h00.
www.rtlinfo.be/info/economie/belgique/741438/euromanif-plus-de-100.000-manifestants-dans-les-rues-de-bruxelles

Les syndicats mobilisent en Europe pour protester contre l'austérité

Dans la capitale de l'Union européenne plus de 100.000 personnes, selon les syndicats, ont défilé au son des vuvuzelas et des pétards pour dire "non à l'austérité".

La dernière grande manifestation de ce type à Bruxelles remontait à 2001, quand 80.000 personnes avaient réclamé "plus d'Europe sociale".

Aucun incident n'avait été constaté en fin d'après-midi, mais la police a procédé à 218 arrestations préventives, essentiellement de personnes en possession d'objets pouvant être dangereux.

Les manifestants venaient surtout de Belgique et de France, mais aussi de Pologne, de Slovaquie ou d'Allemagne.

Depuis la crise de la dette, la plupart des gouvernements appliquent des mesures d'économies et des réformes difficiles, comme celles des retraites, pour réduire leurs déficits.

Ces mesures "vont avoir un effet désastreux sur les individus et sur l'économie", dénonce John Monks, secrétaire général de la Confédération européenne des syndicats (CES) qui organisait la manifestation. "Les travailleurs sont dans les rues aujourd'hui avec un message clair pour les dirigeants de l'Europe : il est encore temps de ne pas choisir l'austérité."


La Commission européenne a présenté justement mercredi des mesures pour punir les pays européens qui laissent trop dériver leurs finances.

Mercredi était aussi une journée d'action dans plusieurs pays européens, à commencer par l'Espagne, en grève générale pour protester contre une réforme du marché du travail qui facilite les licenciements.

L'un des deux principaux syndicats du pays, l'UGT, a assuré que la grève était suivie "à plus de 70%" et par plus de 10 millions de salariés dans le pays.

Ailleurs en France, à Lyon, Nantes et Toulouse quelque 4.000 personnes au total ont défilé, selon les organisateurs

Plusieurs milliers de personnes ont également manifesté mercredi à Varsovie, 4.000 à Bor en Serbie, 2.000 à Rome, un millier à Athènes et à Riga, quelques centaines à La Haye et Chypre.

Au Portugal, des milliers de personnes, selon les médias locaux, ont marché à Lisbonne et Porto contre la politique d'austérité du gouvernement socialiste.

En Irlande, la police a arrêté dans la matinée un homme ayant embouti l'entrée du Parlement avec un camion-bétonnière sur lequel était inscrit "Toxic Anglo Bank", en référence à la banque Anglo Irish Bank dont le renflouement sur fonds publics fait polémique.

Et les syndicats ne comptent pas en rester là. En France, où le gouvernement a présenté mercredi un projet de budget prévoyant une réduction sans précédent des niches fiscales et sociales afin de réduire le déficit, ils ont déjà appelé à manifester à nouveau samedi [2 octobre] contre une impopulaire réforme des retraites.
www.liberation.fr/depeches/01012293106-face-a-l-austerite-la-grogne-sociale-monte-en-europe

L'Europe sociale se mobilise en ordre dispersé contre les plans d'austérité
Euro-manifestation à Bruxelles, grève générale en Espagne, mobilisations prévues en Roumanie, en République tchèque ou en Serbie : l'Europe sociale se mobilise, mercredi 29 septembre, pour dénoncer les plans d'austérité et le chômage de masse (23 millions de sans-emploi dans l'Union). Mais les revendications, d'un pays à l'autre, sont très différentes.
www.mediapart.fr/journal/economie/280910/leurope-sociale-se-mobilise-en-ordre-disperse-contre-les-plans-dausterite

Portugal : en attendant le FMI ?
Pas de trace au Portugal de la tension sociale qui monte en Espagne. Peut-être parce que le pays était en crise avant la crise et que la rigueur façon Socrates est une version light de celle mise en œuvre par le socialiste Zapatero. Mais Lisbonne a reçu l'ordonnance de l'OCDE, alors que les marchés s'impatientent.
www.mediapart.fr/journal/economie/280910/portugal-en-attendant-le-fmi
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mar 5 Oct - 4:58


Wen Jinbao , le Premier ministre chinois et George Papandréou à Athènes le 2 octobre 2010.
(REUTERS/John Kolesidis)


La Chine vole au secours de la Grèce et met un pied en Europe

(De Pékin) À Athènes pour le début d'un voyage d'une semaine en Europe, le premier ministre chinois a annoncé un plan de soutien massif à la Grèce, pour qui la crise financière est loin d'être finie. […]

Wen Jiabao a annoncé ce week-end plusieurs mesures de soutien susceptibles d'aider la Grèce, dont la dette souveraine s'élève à près de 290 milliards d'euros, à sortir la tête de l'eau.

Wen a ainsi promis samedi d'acheter des obligations grecques à long terme dès lors que le pays reviendrait sur les marchés financiers.

À elle seule, cette promesse représente un soutien de taille : considérées comme risquées, les obligations à long terme de la Grèce ne sont pas extrêmement prisées, et pourtant, Athènes aura besoin d'en vendre pour se relever.

Accompagné d'une délégation de onze entreprises privées et de deux entreprises d'État, le premier ministre chinois a également promis une série d'investissements économiques, dont la Grèce est fortement demandeuse.

Peu de détails ont été révélés, mais on sait que le géant chinois Cosco (China Ocean Shipping Company), qui gère déjà depuis l'année dernière plus de la moitié du Pirée, le principal port du pays, devrait renforcer sa présence dans le pays.

Selon le Wall Street Journal, le groupe Cosco devrait profiter de la vague de privatisations actuelle pour acquérir d'autres installations portuaires, ainsi qu'un aéroport.

Enfin, la Chine a accordé à Athènes une ligne de crédit de cinq milliards de dollars pour l'achat de navires chinois, et prévu de doubler le volume des échanges entre les deux pays en cinq ans.

Un pied en Europe

Dans la presse grecque, le quotidien de droite Kathimérini a estimé que les Chinois « continuent d'investir dans notre pays malgré les problèmes », alors que le journal de gauche Eleuthérotypia a pointé du doigt la volonté de la Chine de « faire de la Grèce sa porte d'entrée pour les produits chinois sur le grand marché européen »

Car la main tendue de la Chine n'est pas désintéressée. Outre les revenus tirés des investissements directs dans le pays, le gouvernement chinois compte également s'ouvrir plus largement grâce à ce positionnement stratégique l'accès aux marchés européen, des Balkans, mais aussi de l'Afrique du nord.

Sans compter l'avantage politique d'avoir un allié dans la région : plus dépendante de la Chine, la Grèce comprendra et défendra plus facilement la politique de la Chine, parfois sujette à de vives critiques en Europe.

Par leur ampleur, les investissements chinois en Grèce pourraient également donner du poids aux revendications chinoises. Ainsi, ce week-end, Wen Jiabao a profité de l'occasion pour demander à l'Europe de reconnaître au plus vite son statut d'économie de marché, et de stopper les restrictions sur les exportations de produits de haute technologie, a rapporté l'agence Xinhua.

Quoi qu'il en soit, l'aide proposée par la Chine semble globalement avoir été bien acceptée, compte tenu de la situation difficile du pays.

Quelques voix discordantes se sont pourtant fait entendre : le projet de construction d'un port à containers sur la côte sud de la Crète a provoqué des protestations des habitants, qui craignent « la perte d'un mode de vie », et des syndicats ont accusé le gouvernement socialiste de vendre une Grèce affaiblie à la Chine. […]

Benoît Guivellic
www.rue89.com/chinatown/2010/10/04/la-chine-vole-au-secours-de-la-grece-et-met-un-pied-en-europe-169474

Vidéo
http://fr.euronews.net/2010/10/02/la-chine-tend-une-bouee-de-sauvetage-a-la-grece/

La Chine fait ses emplettes à Athènes
C’est un "débarquement chinois avec de nombreux contrats à la clé" qui a eu lieu à Athènes, les 2 et 3 octobre, à l’occasion de la visite du Premier ministre Wen Jiabao, constate To Ethnos. "Onze accords de coopération ont été signés entre entreprises chinoises et grecques dans deux mémorandums de collaboration qui ouvrent la porte à l’arrivée de nouveaux investissements" dans la marine, les télécommunications, les transports, l’immobilier, le commerce et la culture, explique le quotidien athénien. D’ici à 2015, les échanges commerciaux pourraient se monter à 6 milliards d’euros. Wen Jiabao a également promis d’acheter des bons du trésor grecs quand le pays reviendra sur les marchés.
www.presseurop.eu/fr/content/news-brief-cover/351761-la-chine-fait-ses-emplettes-athenes
www.rfi.fr/europe/20101002-grece-surendettee-recoit-le-soutien-interesse-chine
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Lun 18 Oct - 13:24


France : Blocage à tous les étages

La contestation s’amplifie dans plusieurs secteurs
À l’issue des manifestations de samedi 16 octobre – cinquième journée de mobilisation contre le projet de loi –, les routiers, les ambulanciers, les autocaristes et les agents de l’équipement se sont réunis pour envisager des opérations de blocage.
www.lejdd.fr/Societe/Social/Actualite/Blocages-a-tous-les-etages-227664/
www.la-croix.com/La-contestation-s-amplifie-dans-plusieurs-secteurs/article/2442873/55350


La révolte citoyenne gagne du terrain en Allemagne
Les actions de «désobéissance civile» se multiplient.
Les citoyens ordinaires, issus de toutes les couches sociales, prennent des cours de résistance passive, y compris des retraités .
www.lefigaro.fr/international/2010/10/15/01003-20101015ARTFIG00608-la-revolte-citoyenne-gagne-du-terrain-en-allemagne.php
http://anarchismenonviolence2.org/spip.php?article50


Un vent de résistances populaires dans toute l'Europe

Espagne, Portugal, Grèce, Tchéquie, Irlande, Roumanie, Allemagne…
La mobilisation s’amplifie d’Est en Ouest face à l’austérité et aux tentatives de démontage du modèle social européen, jusqu’en Allemagne où la subordination de l’UE aux marchés financiers est désormais contestée par le syndicat DGB.

La France est loin d’être la seule confrontée à un climat de luttes et de mobilisations sociales. Un vent de résistance souffle aujourd’hui sur toute l’Europe. Ces événements sont plutôt occultés par les grands médias audiovisuels de l’Hexagone. Et pourtant la manifestation de la Confédération européenne des syndicats (CES), le 29 septembre dernier – 120 000 personnes dans les rues de Bruxelles – révélait déjà l’ampleur du mécontentement des salariés du continent, venus protester contre les plans d’austérité appliqués, sur recommandation express de la Commission, à leurs pays respectifs.

Et depuis lors, il ne se passe quasiment pas une journée au sein de l’UE sans une grève ou une grande initiative mettant en cause les politiques de casses sociales, de coupes salariales et de démantèlement des services publics. L’Espagne était paralysée par la grève générale contre la précarité et l’austérité, fin septembre. Le Portugal le sera le mois prochain pour les mêmes raisons. Les salariés grecs ne désarment pas et dénoncent désormais les privatisations du rail et de l’électricité, prescrites dans les saignées des docteurs Barroso et Strauss-Kahn. Les manifestants envahissent les rues de Prague, les Irlandais décident d’organiser la riposte à l’ultra-rigueur, les enseignants roumains débrayent contre des coupes prévoyant d’amputer jusqu’à un quart de leurs déjà maigres salaires.

Comme la France, l’Europe gronde. Et pour les mêmes raisons. Car la « réforme » française des retraites s’inscrit dans la même logique de « purges ». Après les centaines de milliards d’euros déversés en 2008 et 2009 pour voler au secours du système financier, on se tourne vers les peuples pour « apurer les comptes » et on entend drainer l’épargne salariale vers les assurances privées et donc vers les Bourses. Quitte à saper toujours plus les « États providence » européens alors même qu’est si éclatante la débâcle du contre-modèle anglo-saxon et que grandit le besoin de nouveaux services publics, de solidarités plus poussées, organisées autour d’un tout autre mode de coopération européenne.

Le débat sur ces enjeux de société émerge avec ces résistances. En particulier au sein de la première puissance économique de l’UE. En Allemagne, les sidérurgistes viennent d’obtenir, après quelques grèves d’avertissement, 3,6 % d’augmentation et l’alignement des rémunérations des intérimaires sur celles des employés permanents, foulant aux pieds la sacro-sainte « modération salariale ». Celle-là même qui était pourtant défendue initialement par la confédération des syndicats allemands (DGB) puisque fruit d’un consensus négocié entre partenaires sociaux.

Mais les temps changent. Le même DGB organise aujourd’hui un « automne chaud », multipliant les rendez-vous pour exiger des hausses de salaires ou le rejet du plan de rigueur du gouvernement Merkel, qui affecte d’abord les plus pauvres. Plus révélateur encore du nouveau climat social et de la montée en puissance de nouveaux enjeux de société, l’organisation a tenu, il y a tout juste une semaine, à Berlin, un « congrès sur le capitalisme ».

Le choc entre les marchés financiers et les peuples, qui marque l’étape actuelle, y est ouvertement abordé. « Cette crise n’est pas une crise habituelle. C’est une crise du système. C’est pourquoi nous vous avons invités à ce congrès, pour en décrypter les causes et nous pencher sur les alternatives », a lancé Claus Matecki, l’un des secrétaires confédéraux du DGB, s’adressant aux participants à ces assises.

Le DGB s’était déjà illustré en proposant, en juin dernier, la création d’une banque publique européenne chargé du financement des États. Cette banque émettrait des bons européens du Trésor, disponibles pour tous les pouvoirs publics à un taux très légèrement supérieur à celui de la BCE (1 %) afin de financer emplois et projets d’intérêt général.

La démarche heurte les normes monétaristes des traités de l’UE qui interdisent toute forme de financement des États par la Banque centrale et les contraint donc d’en passer par les conditions des marchés financiers. Mais, précisait le même Claus Matecki, interrogé alors par l’Humanité, quand des règles européennes établies « s’avèrent mauvaises, elles doivent être changées »…

Bruno Odent
www.humanite.fr/14_10_2010-un-vent-de-r%C3%A9sistances-populaires-dans-toute-l%E2%80%99europe-455729
http://fr.euronews.net/2010/09/24/a-l-heure-de-l-austerite-la-grogne-sociale-monte-en-europe/
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Lun 18 Oct - 13:36


28 septembre 2010

Que reste-t-il à l'Européen moyen si ce n'est descendre dans la rue ?

Au Portugal, le syndicat CGTP "a mobilisé 70 000 personnes", explique le quotidien lisboète Público, qui cite un responsable de la CGTP qui explique que les mesures d’austérité prises récemment par le gouvernement vont certainement entraîner une grève générale. Les mesures d'austérité prévoient, entre autres, une réduction de 3,5 à 10% des salaires des fonctionnaires et une augmentation de la TVA, qui passe de 21% à 23%. Le quotidien remarque par ailleurs que, "si les protestations ont mobilisé des milliers de personnes au Portugal, en Espagne [voir ci-dessous] et en Belgique", dans des pays comme l’Irlande ou la Grèce, "qui sont confrontés à de lourdes mesures d’austérité, elles n’ont drainé que quelques centaines de personnes. C’est symptomatique", note le journal : "Là-bas, les désirs se sont déjà écrasés contre la dure réalité. Ici, pas encore".

Pour De Volkskrant, les manifestations risquent toutefois de ne pas provoquer les effets escomptés auprès des gouvernements, qui "ne semblent pas impressionnés" par les cortèges, et note que "les différences nationales sont trop importantes" pour qu’il "existe une réelle solidarité entre les salariés européens". Son confrère de Rotterdam, le NRC Handelsblad, compare les 100 000 manifestants de Bruxelles au mouvement des "Tea Parties" anti-Obama aux Etats-Unis et qualifie ces grèves de "geste d’impuissance", expliquant que les mesures d’austérité ne sont pas de la faute de l’UE, mais "des pays qui gèrent mal leurs budgets" et que le projet de l’euro "doit réussir". Pour cela, ajoute-t-il, "les pays doivent assumer les conséquences" de leur comportement.

Sur la même longueur d’onde, le polonais Rczespospolita s’en prend aux grévistes : "Les gens veulent travailler le moins possible et gagner le plus possible et en même temps ils veulent que l’Etat règle leurs factures, du dentiste à l’école de leurs enfants. Quoi ? Il ne reste plus d’argent ? Prenons-le aux banquiers et aux patrons des grandes sociétés ! Le déficit du budget ? Existe-t-il vraiment ? Les héros du travail ont adressé aux dirigeants européens un message clair : il est encore temps pour cesser de nous serrer la ceinture".

“Les trente prochaines années pourraient passer à la postérité comme ‘les Trente Calamiteuses’", écrit Le Soir, pour qui, "face à cette perspective, l’Europe s’est engagée sur la voie de l’austérité. Mais que peut espérer l’Européen moyen, à qui on dit que sa retraite sera rabotée, que ses soins de santé coûteront plus cher ? Et que, pour que les entreprises soient compétitives et puissent offrir des rendements suffisants pour attirer des investisseurs, il devra travailler plus pour gagner moins? (...) Il ne lui reste plus, à cet Européen moyen, qu’à descendre dans la rue. Ce qu’on fait 100 000 personnes ce mercredi à Bruxelles.”
www.presseurop.eu/fr/content/article/349601-la-mobilisation-bloquera-t-elle-la-rigueur
http://fr.euronews.net/2010/09/28/manifestations-en-allemagne-contre-la-prolongation-controversee-des-centrales-/


Portugal : grève générale le 24 novembre
http://www.npa2009.org/content/portugal-greve-generale-le-24-novembre

La mobilisation bloquera-t-elle la rigueur ?
www.presseurop.eu/fr/content/article/349601-la-mobilisation-bloquera-t-elle-la-rigueur
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Lun 18 Oct - 13:45


L'Union européenne a consacré 386 milliards de dollars aux dépenses militaires

Malgré la crise, ce sont 386 milliards de dollars, que l’Europe a dépensés en 2009 pour les budgets militaires, pour la défense.

Si l’Europe peut trouver autant d’argent pour ses armées, comment a-t-elle le culot d’imposer des plans d’austérité ?

Comme nous le savons tous, si la situation économique est catastrophique, c’est parce nos gouvernements sont soumis aux grands groupes financiers et aux banques. L’Europe, tout comme les États-Unis, livre les économies nationales aux spéculateurs et c’est purement et simplement une trahison vis-à-vis des citoyens.

Si l’on prend le cas de la Grèce, premier pays touché par la crise actuelle, il faut savoir que si l’Europe a accordé un prêt à ce pays pour s’en sortir, en coulisse, des négociations se faisaient pour l’achat de matériel militaire par la Grèce à la France et l’Allemagne grâce à ce prêt ! On pourrait appeler ça «Argent contre armes». C’est tout simplement immoral.

Et qui paie pour tout ça ? L’Europe. Mais l’Europe, c’est vous, c’est moi, c’est nous. Les banques, sur le point de faire faillite, ont été renflouées par les citoyens, ensuite, ces mêmes banques se sont attaquées à L’Europe, et maintenant, nous devons, nous, simples travailleurs, serrer la ceinture pour renflouer les caisses des États. Où est la morale dans tout ça ? Comment pouvons-nous encore faire confiances aux politiciens et à l’Union Européenne ? C’est impossible !

Cette crise s’étend sur toute l’Europe, et la Belgique sera touchée elle aussi. Ne vous imaginez pas que vous n’aurez pas droit à votre plan d’austérité. L’appel au FMI signifie ni plus ni moins que la réduction des salaires, la réduction des pensions, la réduction des allocations de chômage, la privatisation des services publics, l’alourdissement de la fiscalité et autre joyeusetés.

Comme on peut le lire dans un article de Mecanopolis, « La situation de la Grèce, liée au surendettement, n’est pas sans rappeler celle des pays du Tiers-Monde lors de la crise de la dette de 1982. En effet, pour pouvoir faire face à leurs obligations financières, les pays du Sud, en quasi cessation de paiements, ont été « aidés » par le FMI et par la Banque mondiale. Ces institutions ont accordé des prêts aux pays du Sud afin qu’ils puissent rembourser leurs banques créancières. Lesdites banques ont ainsi pu transférer au FMI et à la Banque mondiale une bonne partie de leurs créances « pourries » (ou « actifs toxiques » en langage politiquement correct). En contrepartie, les pays « aidés » se sont vus imposer des programmes d’ajustement structurel, traduction du consensus de Washington d’inspiration néolibérale monétariste. ». Le titre de cet article était « La Grèce préfigure la Tiers-Mondialisation de l’Europe ».

Et pourtant en 2009, l’Europe, dont la Belgique, a trouvé les ressources pour dépenser plus de 380 milliards de dollars pour ses armées
http://desobeissance-civile.be/2010/08/belgique-europe-crise-armees/
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Sam 23 Oct - 0:42


La révolte française soutenue à l'étranger

Des internautes de différents pays expriment leur soutien et leur admiration pour le mouvement de protestation qui s'est levé en France.

Salie, semaine après semaine depuis mai 2007, par Nicolas Sarkozy - exactement comme le fut, aux yeux éberlués du monde, l'image de l'Italie par Berlusconi -, l'image de la France est actuellement en train de connaître une sérieuse remise à neuf : et ceci par l’œuvre des Français eux-mêmes.

LeMonde.fr citait hier des commentaires d'internautes britanniques (en France on a remarqué depuis longtemps que l'expression de la vérité est à rechercher dans les commentaires apposés aux articles de presse publiés sur le net, plutôt que dans ces articles eux-mêmes) :

« Nombre d'entre eux témoignent (…) leur soutien envers les grévistes et les manifestants »

« Sur le "minute par minute" du Guardian, un internaute salue le fait que "quand les Français ne sont pas d'accord avec leur gouvernement (...), ils se mobilisent, au lieu de rester assis dans leur coin à ruminer". »

« Un Anglais résidant en France admet que même s'il est "incommodé par la grève", il "admire les Français qui se battent pour préserver les droits acquis par leurs pères et mères, et qui n'acceptent pas la supposée nécessité de couper dans les dépenses sociales". Souvent, les Britanniques opposent la volonté de se battre des Français à la "pusillanimité" des Anglais face au plan d'austérité mis en place au Royaume-Uni. »

Ce retour régulier, dans l’Histoire de France depuis 1789, aux sources de la démocratie ("souveraineté du peuple") et de la République, participe pour une bonne part à ce qui fait l'essence de la France depuis deux siècles

Il n'est pas exagéré de dire que les grévistes et les manifestants français se trouvent actuellement, à l'échelle internationale, à l'avant-garde d'un mouvement de refus de la corruption du politique devant les intérêts des puissants et de la finance (2). Comme plusieurs fois dans son histoire, la France se retrouve donc à la pointe de la lutte contre l'injustice et l'inégalité – ceci sans comparaison avec les derniers mouvements de protestation cités récemment par certains commentateurs, 1995 ou 2006 (CPE). Sous le chapitre "France lanterne du monde", "France aux avant-gardes de la lutte contre l'injustice et les privilèges", il faudrait remonter à mai 68, et peut-être plus loin encore, pour trouver un équivalent à ce qui se passe actuellement dans ce pays. [...]


Manifestation, octobre 2010, Paris (banderole du Théâtre du Soleil)

En Espagne, même tonalité que chez les Anglais. Citons ces commentaires saisis au vol, au petit bonheur, sur le site du journal El Pais, premier quotidien national (un peu l'équivalent du Monde) :

« Ánimo Francia! Sois la esperanza! »
(Ciudadano | 21/10/2010 0:07:39)

« Encouragements à la France! Vous êtes l'espérance! »

« ¡VIVA EL PUEBLO FRANCÉS! AUJOURD D´HUI JE SUIS FRANÇAIS AUSSI »
(Antonio Trigo Mairal - 19-10-2010 - 06:07:03h)

« Es increible, el pueblo le esta diciendo que no quiere la ley y el Sarkosi le vale verga. Es eso una democracia o ahora Sarkosi se cree el mismisimo Fuhrer ? »
(Jackob Segal - 20-10-2010 - 11:33:01h)

« C'est incroyable, le peuple lui dit qu'il ne veut pas de cette loi et Sarkozy n'en a rien à foutre. Est-ce une démocratie ou Sarkozy maintenant se prend-t-il pour le Führer ? »
[...]

http://antennerelais.canalblog.com/archives/2010/10/21/19388703.html
www.guardian.co.uk/commentisfree/cifamerica/2010/oct/20/france-protest
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 27 Oct - 21:57


Piquet de grève à la raffinerie de Grandpuits en Seine-etMarne (© Daniel Maunoury)

Retraite : les salariés allemands et belges solidaires du mouvement français

Provenant d’Europe, d’Afrique ou d’Amérique latine, de nombreux messages de soutien au mouvement social hexagonal arrivent aux sièges des confédérations syndicales. Parmi eux, le principal syndicat allemand, la DGB (7 millions d’adhérents), dénonce les conséquences néfastes de l’allongement de l’âge de départ à la retraite. Quant aux Belges, ils viennent de passer concrètement à l’action en bloquant un dépôt pétrolier de Total.

La principale confédération syndicale allemande, la DGB (Deutscher Gewerkschaftsbund) qui revendique sept millions d’adhérents, vient d’apporter son « soutien » et sa « solidarité » à leurs « collègues françaises et français ». Dans une lettre adressée le 21 octobre à Bernard Thibault, les deux dirigeants de la DGB, Michael Sommer et Annelie Buntenbach, critiquent vivement les conséquences de la réforme des retraites en Allemagne : « Les expériences en Allemagne ont montré que l’allongement de l’âge de départ à la retraite n’a pas rendu la retraite plus « sûre ». Tant qu’aucune solution ne sera trouvée aux problèmes structurels du marché du travail, le recul de l’âge de la retraite ne signifie rien d’autre qu’une diminution pure et simple du niveau des pensions. »

En Allemagne, si l’âge légal de départ à la retraite est fixé à 67 ans, les salariés partent en moyenne entre 61 et 62 ans (contre 59 ans et demi en France). « Seule une petite partie des salariés parvient à tenir jusqu’à l’âge légal de la retraite - beaucoup partent avant pour raison de santé ou perdent leur emploi », précisent les responsables de la DGB. Le système de décote y est bien moins contraignant qu’en France où les salariés perdent 2,5% de leurs pensions par année de cotisation manquante. Et le taux d’emploi des 55-64 ans y est bien plus élevé (près de 60% contre 40% en France). Pour les syndicalistes allemands, « l’allongement de l’âge de départ à la retraite est donc socialement injuste et conduit à la privatisation des systèmes de sécurité sociale. » On est bien loin d’un certain discours médiatique qui vise à culpabiliser les salariés français sur la « chance » qu’ils auraient de ne partir qu’à 60 ans à taux plein comparé aux autres travailleurs européens.

Un dépôt pétrolier de Total bloqué en Belgique

La DGB n’est pas la seule à soutenir ce combat pour une « société solidaire » et « une juste répartition du fardeau de la crise ». La Confédération européenne des syndicats (CES) réaffirme également « son entière solidarité aux syndicats français dans leur lutte contre l’allongement de l’âge de la retraite », par la voix du britannique John Monks, secrétaire général de la CES. « L’ampleur de vos mobilisations confirme qu’au-delà de la réforme des retraites, l’emploi, les salaires, les conditions de travail mais aussi l’avenir des jeunes restent des problèmes centraux notamment depuis l’aggravation de la situation liée à la crise financière de 2008 », écrit-il dans un courrier adressé aux cinq syndicats français adhérents de la CES (CFDT, CGT, FO, CFTC, Unsa).

Les Belges vont plus loin : les fonctionnaires de la FGTB (Fédération générale du travail de Belgique) se déclarent prêts à empêcher le gouvernement français de contourner les effets de la grève dans les raffineries et les blocages de dépôts pétroliers via les voies navigables belges. Si le pétrole venu de Rotterdam devait emprunter les voies navigables belges, « nous procéderions immédiatement à des arrêts de travail le long de l’Escaut et de la Lys », prévient la Centrale générale des services publics (260.000 adhérents), affiliée à la FGTB.

La menace a été mise à exécution le 26 octobre à l’aube : des techniciens ont bloqué le dépôt pétrolier de Total à Feluy, en Belgique, non loin de Maubeuge. Les syndicalistes « soutiennent pleinement les mouvements des travailleurs en France et sont indignés devant la mise en cause pure et simple du droit de grève à travers la réquisition des salariés grévistes des raffineries du groupe Total. »

Le LKP en Guadeloupe, les Commissions ouvrières des Asturies (Espagne) et de nombreuses autres syndicats, de la Turquie au Brésil en passant par l’Afrique francophone, ont également adressé des messages de soutien au mouvement.

Ivan du Roy
www.bastamag.net/article1255.html
http://cgt.fr/spip.php?article37856
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Ven 29 Oct - 3:27



Haut les coeurs, les Français,
les autres peuples européens vous soutiennent, vous regardent !


Les dons pour soutenir les grévistes français viennent de Belgique, du Luxembourg, d'Espagne, de Grèce.
D'ailleurs, à Athènes, une manifestation de soutien au peuple français a eu lieu, lundi dernier.

En Bolivie, le gouvernement a, lui aussi, décidé de réformer les retraites.
Une réforme, pas une régression comme en France (réformer signifie "changer en mieux").
Là-bas, les salariés vont dorénavant pouvoir partir à la retraite à 58 ans au lieu de 65 !!!
(voir "le monde diplomatique" de novembre 2010, page 2)
www.lepost.fr/article/2010/10/28/2285516_reforme-des-retraites-manifestation-du-28-octobre-metz-toujours-mobilisee.html

Millions in new French protests against pension attacks


Acropolis occupied in Greek protests over cuts


One thousand march in Galway against health service cutbacks

Around 1000 people marched in Galway on Saturday 25th September against the cutbacks in the health service. Led by the large Galway Says No to Health Cuts banner, they marched from the Cathedral to a rally outside Galway University Hospital. The march was noisy and colourful with the SWP contingent leading much of the chants. The rally was addressed by four speakers, Dr Peadar O'Grady, a child psychiatrist, a nurse Robert Burke, Sean Byrne from the campaign and Orla NiChomhrai, a long-term outpatient.

The march was attended by politicians from Fine Gael, Labour and the government, some of whom expressed opposition to the presence of political banners and flags. But health cuts are a political issue, they are being implemented because of the political ideology of the government which would rather give money to bankers and bondholders than to our public health service. (…)
http://swp.ie/events/marxism-2010-conference/3666
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 10 Nov - 21:23


Londres : les étudiants se révoltent contre la hausse des frais d'inscription

Près de 50'000 étudiants ont manifesté ce 10 novembre contre le triplement des frais d'entrée à l'université, envisagé par le gouvernement de David Cameron.

"C'est la plus grande manifestation organisée" depuis l'arrivée au pouvoir de David Cameron, en mai dernier, affirme Le Telegraph, au sujet du rassemblement étudiant qui s'est tenu à Londres ce mercredi. Selon le quotidien britannique, "près de 50 000 personnes sont venues protester" contre le projet gouvernemental d'augmenter les frais de scolarité dans les facultés anglaises.

Mais la manifestation a dégénéré, indique un article rédigé "heure par heure", par The Guardian. Selon le quotidien anglais, des étudiants sont entrés dans l'immeuble qui abrite le siège du Parti conservateur après avoir brisé plusieurs vitres. Un feu a été allumé devant cette même tour, avant que les forces de l'ordre n'encerclent le bâtiment. "Les dizaines de policiers présents sur place ont été bousculés et bombardés de bouteilles d'eau", rapporte le Telegraph.
www.youtube.com/watch?v=awY3ridpF9I cyclops

"Politique scandaleuse"

"Les politiques semblent se foutre (de ce qui se passe). Ils devraient prendre l'argent des personnes qui en gagnent beaucoup, qui ont des salaires à sept chiffres, pas aux étudiants qui n'ont pas d'argent", a déclaré Anna Tennant-Siren, une étudiante de l'université d'Ulster à Coleraine.

"Ce n'est pas juste de faire de nos universités publiques les établissements les plus chers au monde. Il est temps pour les politiciens de reconnaître que l'éducation est un investissement dans notre avenir à tous, pas un boulet qui pèse à notre cou", a affirmé Sally Hunt, secrétaire générale du syndicat des enseignants (UCU, University and College Union), citée par le Telegraph.

Actuellement, les frais d'inscription pour les étudiants britanniques et européens dans les universités anglaises sont limités à 3290 livres, soit 3777 euros annuels par étudiant. Mais le gouvernement de David Cameron souhaite autoriser les universités à fixer ces montants à 6000 livres maximum, voire jusqu'à 9000 livres, dans "des circonstances exceptionnelles".

Il a justifié sa démarche en déclarant ce mercredi devant des étudiants chinois à l'université de Pékin, que cette hausse des frais pour les étudiants britanniques permettrait, mécaniquement, de "contrôler" l'augmentation des coûts d'inscriptions demandés aux étudiants étrangers qui souhaiteraient s'inscrire dans les facultés anglaises, explique le Telegraph. De quoi exacerber davantage les tensions...
www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/une-manifestation-d-etudiants-degenere-a-londres_935755.html



« C’est au cri de «tous ensemble, tous ensemble, ce n’est qu’un début…» en français dans le texte, que 50 000 étudiants britanniques ont manifesté mardi 10 novembre, dans les rues de Londres, jusqu’à aller botter le cul de leur petit marquis poudré de la high classe, David Cameron, apprenti premier ministre en son sursis et QG.
C’est au cri de «grève générale», en français dans le texte, et «Tory racaille» que les jeunes manifestants remontés comme des pendules contre le triplement des droits d’entrées à l’université : 3290 livres soit 3777 euros aujourd’hui et 6000 à 9000 livres demain, sont allés fort opportunément saccager le siège du parti prédato-conservateur. Oh la belle idée. Et c’est une foule en une colère spontanée qui submergea une police aux abois, ne soupçonnant même pas cette fureur rentrée qui se libérait soudain.

«J’ai vu des images montrant des gens se livrant à la violence et à la destruction de biens, ce qui est complètement inacceptable», nous déclare le petit Lord Cameron, fossoyeur de la classe moyenne anglaise ou ce qu’il en reste, et nous sommes bien d’accord avec lui.
Que les casseurs planqués, les saccageurs en gants blancs de l’oligarchie politico-financière, infligeant de la misère, rebaptisée rigueur en leurs éléments de langage pernicieux, de derrière les vitres fumées de leur Bentley, soient châtiés et congédiés enfin comme ils le méritent. »

En France, plusieurs permanences de l’UMP ont été murées en régions – avec l’amusant slogan « autant parler à un mur » – et l’antenne grenobloise du Medef, hélas pour elle sur le parcours, fut bombardée d’oeufs à chaque manifestation. Mais les étudiants anglais, aidés il est vrai par une police « aux fraises » – la Sarkozie possède avec ses robocops une large avance sécuritaire ! – ont frappé un coup bien plus spectaculaire. Visiblement, l’heure est moins au légendaire flegme britannique qu’au non moins célèbre fighting spirit !
http://rue-affre.20minutes-blogs.fr/
www.plumedepresse.net/le-kiosque-permanent-de-plumedepresse/


D'autres vidéos :
www.youtube.com/watch?v=OtribSkoxdQ

Labour supporting students smash up Tory HQ (10 Nov 2010)
www.youtube.com/watch?v=9r1YFJzJzas

www.telegraph.co.uk/education/universityeducation/8123194/Student-protests-turn-violent-as-Tory-headquarters-evacuated.html
www.guardian.co.uk/uk/blog/2010/nov/10/demo-2010-student-protests-live


Un plan d'austérité sans précédent
Ces propositions font suite à l'annonce, en octobre dernier par le conservateur David Cameron, d'un plan d'austérité sans précédent.
Pas de gilet de sauvetage pour les familles
"Les malades, les handicapés et les familles les plus pauvres sont ceux qui seront le plus durement frappés par les coupes drastiques du budget", constate le Daily Mirror
www.lexpress.fr/actualite/monde/europe/en-grande-bretagne-un-budget-taille-a-la-hache_929925.html
www.mirror.co.uk/news/top-stories/2010/10/21/this-will-shut-the-vulnerable-out-of-society-115875-22647953/
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Sam 20 Nov - 17:29

« l’Europe de la rébellion n’est plus une utopie hors de portée »

Étudiants sur le toit du siège du Parti conservateur. Photo du Guardian (Peter Macdiarmid/Getty Images)

Riot in the UK
par Serge Quadruppani

Ne boudons pas notre plaisir. Même s’il n’est guère dans les habitudes de ce site de publier des pétitions signées de dirigeants étudiants, celle-ci (traduite ci-dessous) mérite qu’on fasse une exception. Les responsables de syndicats étudiants britanniques (y compris les organisations spécifiques de lesbiennes-gay-bi-transgenres et de blacks) - auxquels se sont adjoints des intellos, dont Naomi Klein, des dirigeants syndicalistes et une députée du Green Party - y appellent en effet à conserver l’unité du mouvement après la grosse manifestation du 10 novembre à Londres contre le triplement des droits d’inscription à l’université. Ils affirment en particulier leur soutien aux personnes arrêtées après l’occupation du siège du Parti conservateur et la "casse" qui l’a accompagnée.

Le parallèle avec la France est ici particulièrement marquant : imagine-t-on les zombies de l’Unef appeler à soutenir les "casseurs" ou présumés tels ? Aucun risque... Eux préfèrent cadenasser les manifestations, faire donner leur service d’ordre à la moindre occasion, puis condamner par communiqué toute "violence" éventuelle.

Dernier point frappant, l’évocation par les auteurs de ce texte des mouvements en Grèce et en France. Une référence donnant le sentiment que l’Europe de la rébellion n’est plus une utopie hors de portée. [1]

Si vous avez - vous aussi - aimé les images de cette révolte, et les déclarations qui l’ont accompagnée, sachez que le mouvement lancé en Grande-Bretagne ne va pas s’arrêter là : d’autres manifs et "actions directes" sont prévues dans quinze jours. D’ici-là, certains préviennent : « Vous n’avez encore rien vu. ».
Pour lire l’appel en v.o. et suivre le mouvement, c’est ici.

Nous avons besoin d’unité

« La manifestation nationale de mercredi organisée par le NCUS/UCU [2] qui a mobilisé 50 000 personnes a été une magnifique démonstration de force en réponse aux attaques sauvages des conservateurs et démocrates contre l’éducation. Les tories veulent opérer d’énormes coupes, introduire des droits d’inscription de 9 000 livres et des coupes dans l’EMA (système de financement des études N.d.T.). Ces attaques vont fermer les portes de l’éducation supérieure et de la formation continue à des générations de jeunes.

Durant la manifestation, plus de 5 000 étudiants ont montré leur détermination à défendre l’avenir de l’éducation en occupant le quartier général du parti conservateur et sa cour pendant plusieurs heures. L’humeur était à la gaieté, avec des slogans, des chants et des feux. Mais 32 personnes au moins sont maintenant arrêtées, et la police et les médias semblent sur le point de lancer une chasse aux sorcières condamnant des manifestants pacifiques présentés comme "criminels" et "violents".

On fait beaucoup d’histoires pour quelques vitres cassées durant la manifestation, mais les vrais vandales sont ceux qui mènent une guerre contre notre système éducatif.
Nous rejetons toute tentative de caractériser l’occupation de l’immeuble Millbank comme minoritaire, "extrémiste" ou non-représentative de notre mouvement.
Nous saluons le fait que des milliers d’étudiants ont voulu envoyer aux Tories le message que nous nous battrons pour gagner. Les occupations sont une longue tradition établie dans le mouvement étudiant, et devraient être défendues. C’est ce genre d’actions en France et en Grèce qui ont été une inspiration pour beaucoup d’ouvriers et d’étudiants en Grande-Bretagne, confrontés à une énorme attaque contre l’emploi, les prestations sociales, le logement et le secteur public.

Nous sommes aux côtés des manifestants, et de quiconque subit une répression à cause de la manifestation. »
[...]
www.article11.info/spip/Riot-in-the-UK

Dans les commentaires

lien vers le site alternatif Indymedia Londres (très bien fait à la différence des Indys francophones), qui contient de nombreuses photos, vidéos et résumés de la situation : voir notamment Millbank Occupied as 50,000 Protest Education Cuts. :
http://london.indymedia.org/articles/5938

On y apprend que des flics ont dit à un journaliste que les jeunes avaient raison et qu’un employé de la Millbank a ajouté "ce n’est qu’un début", en français dans le texte. On y apprend aussi [...] qu’il y a eu un mouvement semblable en Irlande le 2 septembre, avec grosse manif et occupation du ministère des Finances par 3000 étudiants.

En passant : un rassemblement est prévu demain 18h place de la Sorbonne en solidarité avec le mouvement étudiant brit’ : plus d’infos ICI
www.paris3socialclub.org/?p=293#
www.paris3socialclub.org/wp-content/uploads/2010/11/FLYER_GB-2.jpg


DEFEND THE RIGHT TO PROTEST cyclops
www.petitiononline.com/ten11ten/petition.html
http://teneleventen.wordpress.com/
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Lun 22 Nov - 18:13


Un homme proteste devant le bureau du premier ministre irlandais. Crédits photo : PETER MUHLY/AFP

Irlande : 5e plan d'austérité en 2 ans
L'Union européenne a décidé dimanche d'aider l'Irlande et annoncé une aide financière comprise entre 80 et 90 milliards d'euros sous forme de prêts pour stabiliser l'économie irlandaise et préserver la stabilité financière en Europe.
En contrepartie, l'Irlande devra procéder à d'importantes économies budgétaires pour ramener d'ici 2014 son déficit public dans les clous européens. Son secteur bancaire, principal bénéficiaire de l'aide à venir, devra aussi être restructuré.

La panade irlandaise en cinq questions
www.liberation.fr/economie/01012303078-tout-comprendre-sur-la-panade-irlandaise

La presse irlandaise appelle à la démission du gouvernement
www.lemonde.fr/europe/article/2010/11/22/la-presse-irlandaise-appelle-a-la-demission-du-gouvernement_1443265_3214.html

Plan d'aide à l'Irlande : une «ignominie» et une «capitulation»

Des experts de l'UE et du FMI ont commencé lundi à Dublin à mettre au point les détails d'un vaste plan de sauvetage à l'Irlande, qui pourrait atteindre jusqu'à 90 milliards d'euros, perçu comme une «reddition» par une population largement réticente.

«Une capitulation sans précédent», une «ignominie», «une reddition éhontée» : la presse celtique était unanime lundi à condamner l'appel à des bailleurs de fonds étrangers pour résorber la dette astronomique qui plombe l'Irlande.

Réduction des allocations

Brian Lenihan a indiqué que les instances internationales étaient «globalement satisfaites» des nouvelles mesures d'austérité, préalables au plan international de sauvetage. Elles prévoient 15 milliards d'euros d'économies d'ici à 2014 afin de ramener à 3% du PIB le déficit public, actuellement de 32%.

Le gouvernement aura fort à faire pour vendre ce plan auprès d'une population à bout de patience. Selon la presse, la potion amère à venir comprend de nouvelles réductions des allocations chômage et familiales ainsi que de nouvelles suppressions d'emplois publics. Brisant un tabou, le gouvernement devrait de plus toucher au salaire minimum.

Dès l'annonce du plan, dimanche soir à Dublin, quelques manifestants s'en sont violemment pris aux voitures des ministres quittant leurs bureaux officiels. L'un des manifestants a été blessé quand il a dû être maîtrisé par la police.

Des sources diplomatiques ont indiqué que la somme serait comprise entre 80 et 90 milliards d'euros. La Grèce a obtenu un prêt de 110 milliards d'euros sur trois ans, étant alors dans l'impossibilité d'emprunter à des taux d'intérêt abordables pour refinancer sa dette.

L'objectif est similaire pour l'Irlande à cette différence près qu'il s'agit cette fois principalement d'aider les banques irlandaises en crise, que Dublin a déjà dû renflouer à hauteur de 50 milliards d'euros environ, faisant exploser son déficit public.

Il s'agit aussi d'éviter une contagion à d'autres pays aux finances publiques fragiles de l'Union monétaire, comme le Portugal ou l'Espagne, via la hausse des taux d'emprunts obligataires. La décision d'un plan d'aide à l'Irlande faisait progresser l'euro, lundi matin.
www.liberation.fr/economie/01012303684-plan-d-aide-a-l-irlande-une-ignominie-et-une-capitulation



L'Irlande défend son impôt sur les sociétés contre l'UE
Le gouvernement irlandais cherche en effet à recevoir une aide de plusieurs milliards d'euros accordées par le FMI et l'UE mais écarte dans le même temps tout relèvement de son taux d'imposition des sociétés, actuellement de 12,5%.
Le vice-premier ministre Mary Coughlan a jugé ce taux "non négociable".
www.challenges.fr/depeches/entreprises/20101119.REU9528/lirlande_defend_son_impot_sur_les_societes_contre_lue.html

Pourtant
L’UE est plus pressée de taxer les citoyens que les entreprises

La Commission européenne a tenté lundi de rassurer Dublin en signifiant qu'une hausse de son impôt généreux sur les sociétés n'était pas la priorité des négociations pour finaliser d'ici la fin du mois l'aide à l'Irlande.
En revanche, "Il est probable qu'une hausse des impôts, malheureusement pour les citoyens irlandais, fasse partie de l'effort de consolidation budgétaire" demandé à l'Irlande en échange de l'aide financière extérieure internationale, a précisé le porte-parole de l'exécutif européen pour les questions économiques, Amadeu Altafaj.
www.lematin.ch/flash-info/economie/irlande-decision-rapide-impot-societes-prioritaire-bruxelles

Le comble du cynisme !
Moody's va probablement abaisser «de plusieurs crans» la note de l'Irlande
L'agence de notation financière Moody's a indiqué lundi qu'elle allait probablement abaisser «de plusieurs crans» la note souveraine de l'Irlande, en raison du poids de sa dette publique mais aussi des incertitudes économiques nourries par les mesures d'austérité à venir.

Début octobre, Moody's avait annoncé qu'elle examinait la note de l'île et qu'elle pourrait abaisser celle-ci d'un cran au terme de cette évaluation, censée durer trois mois. La note à long terme de l'Irlande est actuellement de «Aa2», la troisième meilleure possible dans la classification de Moody's.

Moody's n'avait pas exclu un mouvement plus important, si elle devait conclure qu'une stabilisation du ratio dette/Produit intérieur brut dans les trois à cinq prochaines années s'avérait peu probable.
www.liberation.fr/economie/01012303700-moody-s-va-probablement-abaisser-de-plusieurs-crans-la-note-de-l-irlande

«Bad bank»
De fait, l’Irlande n’est pour l’instant pas confrontée à une crise de liquidités, ses besoins de financement étant couverts jusqu’en juin 2011, une différence de taille avec la Grèce qui se trouvait, elle, au bord de la cessation de paiement le 23 avril. Mais les marchés doutent de plus en plus de sa capacité à faire face à la crise bancaire : le pays a déjà dû recapitaliser ses banques à hauteur de 50 milliards d’euros et cantonner dans une bad bank 80 milliards d’euros d’actifs toxiques… Ce doute s’est manifesté par une envolée des taux d’intérêt réclamés par les investisseurs.
www.liberation.fr/economie/01012303617-dublin-accepte-le-cout-de-main-de-l-europe

L’Italie, la Belgique et la France inquiètent aussi
"La France, par certains aspects essentiels, n’a pas l’air en bien meilleur état que l’Irlande", estimait l’économiste américain Nouriel Roubini, interrogé par une télévision américaine.
www.lejdd.fr/Economie/Actualite/L-Irlande-ebranle-la-zone-euro-235244/
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Jeu 25 Nov - 21:23


«Saloperie de Tories, faites gaffe»

Des milliers d’étudiants sont descendus hier dans les rues de plusieurs villes britanniques pour protester contre la hausse faramineuse annoncée des frais d’inscription à l’université. Images à Londres.
25 novembre 2010
www.liberation.fr/monde/11011149-saloperie-de-tories-faites-gaffe


Vidéo
www.guardian.co.uk/education/video/2010/nov/24/london-student-protests

www.guardian.co.uk/education/2010/nov/24/student-protest-largely-peaceful


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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Dim 28 Nov - 19:29


Devant le General Post Office à Dublin, le 27 novembre 2010. (© AFP Peter Muhly)

150 000 Irlandais défilent contre le plan d'austérité

Le cortège est parti au son des cornemuses des quais de la Liffey pour rejoindre le GPO (General Post Office), lieu symbolique où avait été lue en 1916 la déclaration d’indépendance, dans le centre-ville.

Malgré un froid vif et des chutes intermittentes de neige sur Dublin, les Irlandais se sont mobilisés pour dénoncer le plan du gouvernement en difficulté du Premier ministre Brian Cowen, qui devrait soumettre le pays à un régime d’austérité sévère afin d’assurer le sauvetage de son secteur bancaire.

Les manifestants défilaient en chantant «Nous sommes le peuple, nous détenons les votes». Des bannières proclamaient : «Il y a une voie plus juste et meilleure» ou «l’Eire n’est pas à vendre, pas au FMI».

Les mesures d’austérité annoncées mercredi prévoient 15 milliards d’euros de réductions budgétaires et de hausses d’impôts d’ici à 2014, avec de réels sacrifices pour la population. Les allocations chômage et familiales seront réduites, tout comme les retraites des fonctionnaires et le salaire minimum, et près de 25.000 emplois publics seront supprimés. Ce plan vise à ramener à 3% le déficit public irlandais, actuellement de 32% du produit intérieur brut.

Selon les médias nationaux, Dublin pourrait devoir rembourser ce prêt à un taux de 6,7%, largement plus que les 5,2% demandés à la Grèce, ce qui ne va pas manquer d’ajouter à la colère de la population. «Un taux d’intérêt punitif», selon l’Irish Independent.

Quelque 700 policiers et un hélicoptère ont été mobilisés pour la marche. Plusieurs attaques ont ciblé ces derniers jours des ministres : l’un a été aspergé de peinture rouge, un autre saisi par la cravate par un électeur mécontent et un large «traîtres» a été peint sur la permanence d’un troisième. Le mécontentement s’est également traduit dans les urnes, avec une cuisante défaite du parti au pouvoir, le Fianna Fail, jeudi, lors d’une législative partielle. [...]
www.liberation.fr/economie/01012304882-50000-irlandais-defilent-contre-le-plan-d-austerite


Une majorité d'Irlandais en faveur d'un défaut de paiement

Une majorité d'Irlandais souhaite que Dublin ne rembourse plus ses dettes astronomiques, indique un sondage publié dimanche dans le journal irlandais Sunday Independent, tandis qu'un vaste plan d'aide international était sur le point d'être conclu avec l'UE et le FMI.

57% des 500 personnes interrogées estiment que Dublin devrait faire défaut sur ses paiements, contre 43% qui pensent le contraire, selon l'enquête réalisée par l'institut Quantum Research.

Cette solution radicale, qui enverrait une onde de choc extraordinairement dommageable pour la réputation de l'Irlande sur l'ensemble des marchés financiers, figurait parmi les slogans lors d'une manifestation qui a réuni samedi entre 50.000 et 150.000 Irlandais, selon les estimations, dans les rues de Dublin.

Les manifestants dénonçaient le plan de rigueur draconien que veut imposer le gouvernement irlandais et qui est présenté comme la condition sine qua non du vaste programme d'aide à l'île qui devrait être bouclé ce dimanche.

Selon le même sondage, les deux tiers des personnes interrogées s'opposent à ces nouvelles mesures de rigueur, qui interviennent après trois budgets de rigueur. [...]
www.7sur7.be/7s7/fr/1536/Economie/article/detail/1188546/2010/11/28/Une-majorite-d-Irlandais-en-faveur-d-un-defaut-de-paiement.dhtml


« On sauve les banques, pas l'Irlande », dénonçait dans la foule Marian Hamilton, 57 ans, dont l'allocation d'invalidité sera amputée. « Mon fils de 31 ans a dû s'exiler en Australie parce qu'il ne trouvait pas de boulot ici », raconte-t-elle, tenant la main de son petit-fils de sept ans. « Il s'agit de sauver les gens, mais pas ceux à la tête des banques », a abondé Jack O'Connor, président du SIPTU, premier syndicat irlandais. Il a dénoncé le gouvernement du Premier ministre centriste Brian Cowen qui « veut signer un chèque en blanc au nom des générations futures ».
www.lavoixdunord.fr/France_Monde/actualite/Secteur_France_Monde/2010/11/28/article_les-irlandais-descendent-dans-la-rue-pou.shtml


En finir avec les acquis sociaux des peuples européens
DSK, c’est ça…


« Les dirigeants néolibéraux de l’Union européenne ont décidé d’utiliser la dette publique comme un levier pour en finir avec les acquis sociaux des peuples européens. Ils appellent ça «la pédagogie de la dette». Les responsables de la crise, les banques, les spéculateurs pourront tranquillement continuer à spéculer et à préparer ainsi la prochaine crise financière. C’est ce qu’ils ont fait en Grèce où l’Union Européenne et le FMI ont mis un «plan d’aide à la Grèce» qui soutient la Grèce comme la corde soutient le pendu. Un «plan d’aide» qui s’attaque aux acquis sociaux des salariés grecs et livre les services publics aux multinationales. »

Bis repetita donc avec l’Irlande. En attendant le Portugal. Et chez nous aussi, l’austérité est à l’œuvre, imposée par la droite antisociale au pouvoir. Les étudiants britanniques ont remis le couvert de la manifestation dégénérant en émeute. Le même jour, les jeunes Italiens protestaient eux aussi dans la rue contre les coups portés à l’université par le gouvernement de Berlusconi. Quant aux Portugais, trois millions d’entre eux ont participé à la grève générale. Faudra-t-il donc une insurrection générale des peuples européens ? Question subsidiaire : qui trouve-t-on à la tête du FMI, qui impose la baisse des salaires, des dépenses de santé, des allocations ? Un « socialiste » ? DSK, c’est ça.
www.plumedepresse.net/en-finir-avec-les-acquis-sociaux-des-peuples-europeens/

Arrow Nigel Farage : mais pour qui vous prenez-vous ?!
(sous-titres français)
Intervention du 24 novembre 2010 face à la pourriture eurocrate
Le député Nigel FARAGE dénonce le fanatisme des dirigeants de l'Union Européenne.
www.dailymotion.com/video/xftahz_nigel-farage-mais-pour-qui-vous-prenez-vous-y-s-t_news#from=embed cyclops
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Ven 10 Déc - 9:03



Des réformes dans toute l'Europe, grève générale dans toute l'Europe !

La stratégie des grèves d’une journée apparait clairement comme incapable de faire plier les gouvernements. La grève générale européenne est indispensable pour stopper l’offensive du Capital.

En Irlande, les syndicats ont signé un accord interdisant de faire grève.

La dégradation des conditions de vie doit être combattue par une stratégie radicale, la grève générale. L’unité des travailleurs européens dans la grève générale et l’appropriation des moyens de production en résultant permettraient d’élever significativement le niveau de vie.
www.legrandsoir.info/Des-reformes-en-Europe.html
www.legrandsoir.info/Des-reformes-dans-toute-l-Europe-greve-generale-dans-toute-l-Europe.html

Il faut offrir des propositions claires et des débouchés politiques
aux peuples des pays européens en lutte
.

Ainsi le M’PEP, solidaire de ces luttes, appelle la population à exiger :
• L’annulation des plans d’austérité, des politiques de relance.
• La sortie de l’euro et la dévaluation.
• La restructuration de la dette.
• La nationalisation réelle des banques et des compagnies d’assurances.
• Le démantèlement des marchés financiers.
www.legrandsoir.info/APRES-LA-GRECE-L-IRLANDE-A-QUI-LE-TOUR.html

Le PC Grec organise une manifestation contre la visite du président du FMI en Grèce :
«Strauss-Kahn n'est pas le bienvenu en Grèce. Peuples d'Europe, soulevez-vous !»
solidarite-internationale-pcf.over-blog.net

Le FMI, instrument de l’impérialisme

Chaque fois qu’un pays ne peut honorer sa dette, le FMI arrive et contraint ce pays à un plan d’austérité qui écrase la population du pays en augmentant les impôts et en faisant des coupes dans les budgets de l’éducation, de la santé et des programmes sociaux jusqu’à ce que les banquiers soient remboursés.

C’est en train d’arriver à l’Irlande en ce moment et cela va probablement se propager au Portugal, à l’Espagne, et peut-être même à la France. Étant donné que la crise financière a été causée par les USA, il est de moins en moins acceptable que le FMI joue ce rôle d’instrument de l’impérialisme.

Pendant ce temps, aux USA l’administration Obama a réussi à mettre en place une Commission du Déficit qui veut financer les guerres qui coûtent des milliards de dollars et qui enrichissent le complexe militaire et sécuritaire […] en faisant passer l’âge de la retraite à 69 ans, en supprimant la déduction sur les intérêts des hypothèques, en supprimant la déduction des impôts pour les employeurs qui offrent à leurs salariés une assurance santé, en imposant un impôt sur les ventes (sales tax) fédéral de 6,5%, tout en diminuant le taux d’imposition des riches.
www.legrandsoir.info/La-puanteur-du-declin-economique-des-USA-augmente-Quand-les-Americains-opprimes-vont-ils-descendre-dans-la-rue-Counterpunch.html
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 15 Déc - 18:17


Athènes le 15 décembre 2010 en marge de la manifestation contre l'austérité. A. MESSINIS/ AFP

Violentes manifestations à Athènes contre le plan de rigueur

La rigueur ne passe plus en Grèce. Quelque 20.000 personnes ont manifesté à Athènes ce mercredi contre la politique d'austérité menée par le gouvernement. La manifestation a dégénéré à la mi-journée dans le centre de la capitale, où des individus ont lancé des cocktails Molotov sur deux grands hôtels. Au total, il y a eu une dizaine d'interpellations et trois blessés.

«Voleur ! Honte à vous !»

La police est intervenue à coups de gaz lacrymogènes pour les disperser mais les heurts se sont poursuivis aux abords du Parlement entre des militants d'extrême gauche et des policiers. Des voitures ont été incendiées, du mobilier urbain détruit.

Un député conservateur, Kostis Hatzidakis, qui quittait le Parlement, a été pris à partie par quelque 200 manifestants, qui l'ont molesté. Ils ont pourchassé l'ancien ministre en criant «Voleur! Honte à vous!», lui ont lancé des pierres et l'ont frappé à coups de bâton. Finalement l'élu, le visage en sang, n'a dû son salut qu'à l'intervention des forces de police qui l'ont mis à l'abri dans un immeuble. Des heurts ont également eu lieu à Salonique.

Grève générale très suivie

Les syndicats de la fonction publique et du secteur privé ont appelé à la mobilisation contre le projet de budget 2011 que le Parlement examinera la semaine prochaine et qui prolonge l'effort réclamé aux Grecs. Les slogans des manifestants visent particulièrement le FMI et l'Union européenne, qui réclament des efforts à Athènes pour redresser ses comptes publics. «Nous devons signifier au gouvernement que nous n'accepterons pas des mesures qui ne mènent qu'à l'appauvrissement et au chômage», a martelé à Reuters Ilias Iliopoulos, secrétaire général du syndicat de la fonction publique Adedy.

Depuis mardi soir minuit, la Grèce tourne au ralenti : transports publics, aériens et maritimes sont paralysés pour cette nouvelle journée d'action. Mercredi matin, les navires étaient en rade dans les ports, les rues bouchées du centre d'Athènes avaient l'allure de parkings géants et les chaînes de télévision et radios ne donnaient plus d'informations en raison de la grève des journalistes. Les hôpitaux et ministères fonctionnaient au ralenti tandis que nombre de salariés du secteur privé sont restés chez eux.
www.20minutes.fr/article/639717/monde-violentes-manifestations-athenes-contre-plan-rigueur
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 15 Déc - 19:04


«Paz sim, nato nao» mot d'ordre qui rassemblait les manifestants à Lisbonne le 20 11 2010. Marie-line Darcy / RFI

Crise économique, sommet de l'Otan : les Portugais dans la rue

Des milliers de personnes ont investi le centre de Lisbonne, capitale du Portugal, ce samedi 20 novembre 2010 à l'appel d'une centaine d'organisations pacifistes, de syndicats et partis de gauche sur le thème «Oui à la paix, non à l'Otan». Un service d'ordre important et inédit au Portugal encadrait le cortège qui défilait alors que s'achevait le sommet de l'Organisation atlantique.

Avec notre correspondante à Lisbonne, Marie-Line Darcy

Les manifestants ont défilé sur l’avenue de la Liberté, symbole des grandes protestations à Lisbonne. La manifestation était organisée par la CGTP, la Confédération générale des travailleurs portugais, qui a fédéré des dizaines d’organisations sous la bannière «La Paix oui, l’Otan non ». Un slogan plutôt bien repris samedi, mais il n’était pas l’unique mot d’ordre : les manifestants ont aussi réclamé du pain à la place des armes et des emplois à la place de la surenchère militaire.

Le rassemblement a servi de «tour de chauffe» à la grande manifestation prévue le 24 novembre, jour de grève générale contre les mesures d’austérité préparées par le gouvernement. Ce samedi 20 novembre, la manifestation était fortement encadrée par les forces de l’ordre qui craignaient des débordements des groupuscules anarco-libertaires. Alors que le défilé sur les deux kilomètres de l’avenue de la Liberté s’était déroulé dans une atmosphère grave mais bon enfant, des incidents ont emmaillés la fin de parcours. Par peur des débordements, des cordons de policiers ont empêché plusieurs groupes de manifestants de se joindre au cortège.

Les raisons qui ont conduit les forces de l’ordre à maintenir ces groupes à l'écart du défilé principal restent confuses. De nombreuses personnes ont protesté contre l’atteinte faite à la liberté d’expression et de manifestation et à plusieurs reprises la tension est devenue palpable. Toutefois il n’y a pas eu d’affrontements directs. Une fois la nuit tombée, les groupes anti-Otan ont pu défiler dans les rues du centre de Lisbonne jusqu’à la place du Commerce, toujours encadrés par un dispositif policier inédit au Portugal.
www.rfi.fr/europe/20101121-crise-economique-sommet-otan-portugais-rue

Entretien avec Francisco Louça, député du Bloc de gauche* et son porte-parole au Parlement

Rouge et Vert : Le Portugal est actuellement touché de plein fouet par la crise économique et le gouvernement socialiste est totalement à l’unisson de ses homologues européens en matière de généralisation d’une politique d’austérité musclée contre les salariés et le peuple. À ton avis, où va le Portugal et comment expliques-tu cette situation ?

Francisco Louça : Le Portugal est aujourd’hui le pays le plus inégalitaire de l’Union Européenne, et aussi le plus touché par le chômage. À cela il faut ajouter que 20% des travailleurs sont précaires et que la pauvreté frappe 20% de la population du pays.

Dans ce contexte, suite à la crise bancaire et la récession provoquée par la spéculation financière en 2007 et 2008, les mesures d’austérité adoptées aujourd’hui conduisent à une nouvelle récession. En augmentant les impôts et en baissant les salaires, le gouvernement de José Socrates (PS) s’est mis d’accord avec la droite pour appliquer les recettes du FMI, ce qui aggrave encore la crise économique.

Parallèlement, le gouvernement et la droite ont refusé les propositions concrètes du Bloc de gauche pour corriger les injustices fiscales et sanctionner les spéculateurs, ou encore pour promouvoir une politique en faveur de l’emploi, de la revalorisation des salaires et des retraites. Le Bloc de gauche a dénoncé ces injustices, en démontrant que l’adoption d’une politique économique rigoureuse contre les profits pourrait permettre de récupérer l’investissement public et défendre les services de santé et d’éducation. Pour illustrer, prenons l’exemple du plus important rachat d’entreprise de l’histoire du Portugal, et parmi les plus importants au monde en 2010 : en vendant l’entreprise Vivo, Portugal Telecom a réalisé une plus-value de 6,5 milliards d’euros, net d’impôts. La taxation de ces profits a été refusée par l’alliance entre le PS et la droite.

Rouge et Vert : Quelle orientation défend aujourd’hui le Bloc face à l’Union Européenne et notamment face à la crise financière ?

Francisco Louça : Le Bloc a toujours défendu la nécessité d'affronter les politiques et institutions européennes et de combattre les orientations libérales de l’Union Européenne. Une refonte démocratique pour une Europe sociale est fondamentale, pour avoir, aujourd’hui, une cohérence économique dans la lutte contre le chômage et une protection contre la spéculation. En réponse à la crise, nous défendons la création d’une Agence européenne de notation, la mise en place d’un système de compensations entre les États et d’un système d’emprunts, que la BCE devrait s’engager à prêter aux États et pas seulement aux Banques. Un plan européen de récupération des entreprises et de lutte pour l’emploi devrait être la priorité de l’Union.

Les grandes grèves organisées en France, Espagne, Grèce et au Portugal nous montrent que l’Europe qui doit prendre ses responsabilité c’est celle de la solidarité entre les travailleurs.

Rouge et Vert : La grève générale du 24 novembre, appelée conjointement par la CGTP et l’UGT, annonce-t-elle un changement profond de la mobilisation sociale et populaire contre l’austérité ?

Francisco Louça : La grève a connu un succès important, avec plus de la moitié des salarié-e-s mobilisés, et une unité syndicale que nous n’avions pas connue depuis 20 ans. Les services publics des Transports, de l’Éducation et de la Santé, ainsi que les grandes entreprises, se sont arrêtés. De nombreuses actions de masse ont été menées par les syndicats et la gauche politique, qui ont démontré la nécessité d’une riposte croissante à la politique du FMI, qui s'applique au Portugal avant même les recommandations du FMI.

Rouge et Vert : Le 24 janvier prochain, le Portugal va élire son président de la République. Depuis de nombreux mois, le Bloc de Gauche a décidé de ne pas présenter de candidat et de soutenir la candidature de l’ex-socialiste Manuel Alegre, aujourd’hui également soutenu par le PS. En totale opposition sur la politique conduite par le gouvernement PS, Bloc de Gauche et PS soutiennent le même candidat tandis que le PCP présente Francisco Lopes. Une telle situation apparaît bien difficile à comprendre vu de France, peux-tu nous expliquer votre choix ?

Francisco Louça : Manuel Alegre est un dirigeant historique du PS qui a toujours pris des positions indépendantes et sur une ligne de gauche. Il y a 5 ans, il était candidat à la présidentielle contre Mario Soares, le candidat officiel du PS, qu'il a largement devancé.

Alegre a donc démontré qu'il est l'unique candidat que la gauche peut présenter pour battre la nouvelle candidature de l'actuel président, et leader historique de la droite, Cavaco Silva.

Ces dernières années, Manuel Alegre ne s'est pas contenté de voter contre le gouvernement de son parti sur des questions essentielles comme la défense de l'école publique ou du service public de la santé, il s'est aussi opposé à lui dans la confrontation décisive concernant la loi sur le travail. Pour cela il s'est engagé publiquement pour la convergence avec les autres secteurs de la gauche, ce qui ne s'était jamais produit auparavant au Portugal.

Pour toutes ces raisons le Bloc de Gauche soutient sa candidature à l'élection présidentielle. Parce que la gauche a besoin de convergences. Ce candidat a une position très claire : soutien à la grève générale contre le gouvernement PS et sa politique économique avec la droite, soutien aux manifestations étudiantes, dénonciation des privatisations en cours et rejet de la réduction des salaires. Il est un candidat de gauche qui aujourd'hui bénéficierait de 30% des intentions de vote, contre près de 5% au candidat du PCP présenté pour des raisons d'«affirmation partisane».

Rouge et Vert : Le Bloc de Gauche est sans doute aujourd’hui l’exemple le plus abouti de construction d’un pôle anticapitaliste en Europe. Quels ont été, selon toi, les principaux obstacles que vous a fallu dépasser pour y parvenir et quels sont aujourd’hui, par-delà l’élection présidentielle, vos perspectives …. Et les rapports du Bloc avec le PCP ?

Francisco Louça : Le Bloc de Gauche représente aujourd'hui près de 10% de l'électorat et organise les travailleurs dans de nombreuses grandes entreprises du pays.

La publication par Wikileaks de nombreux télégrammes de l'Ambassade américaine à Lisbonne montre la crainte de Washington face aux pressions du Bloc de Gauche pour empêcher les vols aériens secrets de la CIA.

Cette force est issue d'une convergence, unique en Europe, entre dirigeants de gauche qui ont voulu se concentrer sur l'essentiel : former une gauche socialiste, de combat, qui refuse de perdre son temps à défendre des programmes aux effets limités, ou à afficher des divergences aux résultats garantis.

C'est en étant très clair sur un programme de lutte que nous avons grandi.

Nous savons que nous connaîtrons des victoires et des défaites mais la gauche se doit d'être insoumise et courageuse. Le courage c'est de créer une gauche forte, capable d'unité politique, capable d'être une alternative concrète pour la majorité de la population, capable d'organiser la lutte sociale, capable de diviser le centre et d'empêcher que la social-démocratie continue d'être la référence organisée de l'électorat de gauche. La lutte anticapitaliste exige la capacité d'affronter et de vaincre le capitalisme. C'est la stratégie du Bloc.

Les relations du Bloc avec le PCP sont correctes. Au Parlement il est rare que le PCP n'approuve les initiatives du Bloc et réciproquement. C'est arrivé quand le PCP refusa de voter la parité hommes femmes par exemple. Dans ses publications, le PCP a l'habitude d'être agressif contre le Bloc : il nous a accusés récemment de ne pas soutenir le régime de Pékin, ce qui est entièrement vrai. Mais dans le mouvement social et syndical l'unité d'action est une réalité.

(1) Pour connaître les propositions concrètes du Bloc pour répondre à la crise et suivre son actualité politique

Propos recueillis, traduits et mis en forme par Rémy Querbouet, Sylvie Filipe Da Silva et François Préneau, pour le journal Rouge et Vert de décembre 2010.
www.esquerda.net/sites/default/files/jornadas_parlamentares_out_2010-FINAL.pdf
www.bloco.org/
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 15 Déc - 19:08



Vers un mai 68 anglais ?

15.12.2010
Par John Henley à Londres

Ce n'est pas encore Mai 68, mais on y arrive. Les Anglais, on le sait bien, ne sont pas le genre à descendre massivement dans la rue. Le célèbre flegme britannique y est pour beaucoup, bien sûr, mais aussi le fait qu'ici, ça ne sert pas à grande chose.

Ils étaient plus d'un million - peut-être même deux - à manifester contre la guerre en Iraq en 2003, la plus grande manifestation jamais vue en Angleterre, et qu'est-ce que ça a changé ? Alors qu'en France, en général, ça marche. Depuis 1789, « la rue », ça fait peur.

Mais depuis quelques semaines, on commence à voir un début d'autre chose de ce côté-ci de la Manche. Une nouvelle loi de la coalition Conservateur-LibDem (votée par l'Assemblée la semaine dernière, et par les Lords cette semaine), qui obligera beaucoup de jeunes gens de troisième cycle à payer jusqu'à 10 000 euros par an de frais de scolarité au lieu des quelque 3000 actuels, a poussé les étudiants (et, en grand nombre, les lycéens) britanniques à sortir de leur passivité habituelle.

OPÉRATIONS COUPS DE POING ET SACRILÈGES

À trois reprises, le centre de Londres a été le théâtre de confrontations d'une intensité peu anglo-saxonne entre manifestants et forces de l'ordre. Un extincteur a été balancé du haut du bâtiment du parti conservateur sur les policiers en contrebas ; la Rolls-Royce centenaire de Charles et Camilla a été attaquée ; le fils - étudiant en histoire à Cambridge - de David Gilmour, célèbre guitariste du Pink Floyd, a grimpé sur le Cenotaph, le monument rendant hommage aux combattants britanniques. […]

NAISSANCE D’UN MOUVEMENT POLITIQUE

Plusieurs salles d'universités sont occupées depuis trois semaines : du jamais vu depuis la guerre du Vietnam. Ce qui a commencé comme une manifestation contre l'augmentation des frais de scolarité est en train de se transformer, peu à peu, en véritable mouvement politique. Une vraie campagne sociale.

L'inégalité et la pauvreté croissante, la destruction des services publics, le chômage, les banquiers, les bonus, les multinationales qui ne paient pas d'impôts : même bataille, même lutte, disent-ils (slogan qu'on n'a pas entendu depuis 40 ans).

Reste à voir, dans les 18 mois qui viennent, quand les coupes budgétaires commenceront vraiment à se faire sentir pour tous, comment ce mouvement va évoluer. Quand les centres pour la jeunesse disparaitront, quand les piscines municipales, les crèches et les bibliothèques commenceront à fermer, si, à ce moment-la, les baby-boomers, vétérans de notre version « light » de mai 68, prennent eux aussi la rue, ça pourrait donner quelque chose de presque français...
tv5.org

De grandes photos
London tuition fee protest
www.boston.com/bigpicture/2010/12/london_tuition_fee_protest.html
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 15 Déc - 19:29

La grogne sociale monte en Europe
Euro-manifestation à Bruxelles : entre 56 000 et 100 000 manifestants venant principalement de Belgique et de France (30 pays en tout) - ont manifesté contre l'austérité et pour l'emploi en Europe le 29 septembre 2010. La dernière euro-manifestation datait de 2001.

France : les manifestations et grèves contre la réforme des retraites ont été nombreuses : les 7, 23 septembre, 2 puis 12 octobre.
Espagne : Le pays a connu la première journée de grève générale de l'ère Zapatero - et la cinquième de son histoire - le 29 septembre contre une réforme du marché du travail qui facilite les licenciements ainsi que la rigueur budgétaire.
Grèce : Six grèves générales ont eu lieu depuis janvier 2010 contre le plan d'austérité décidé suite à la crise de la dette.
Portugal : La première confédération syndicale du pays a appelé à la grève générale le 24 novembre.

Les répercussions sociales de la crise en Europe
27.09.2010 Source : AFP
L'Allemagne est le seul pays européen à échapper à une hausse massive du chômage. Sob gouvernement a été le premier à prendre le virage de l'austérité.
La France a enregistré une hausse d'une rapidité historique du chômage. le gouvernement a annoncé des coupes budgétaires ainsi que le report progressif de l'âge légal de la retraite.
En Grèce, le chômage est à son niveau le plus élevé depuis onze ans. L'âge de départ à la retraite passe à 65 ans.
L'Irlande a été le premier pays de la zone euro à entrer en récession début 2008. Le chômage a atteint un sommet depuis 16 ans. Deux plans d'austérité se sont succédés en 2009.
La Pologne est le seul pays en croissance de l'Union européenne, mais elle a quand même enregistré une poussée du chômage.
Au Royaume-Uni, le chômage a atteint en janvier un pic depuis quinze ans. Il commence à baisser. Chaque ministère perdra en moyenne 25% de son budget.

19 octobre 2010

Les banques ont besoin de 4 000 milliards de dollars dans les 24 mois (FMI)

Quelqu'un vous a parlé de reprise ? On vous a encore menti.
Alors que l'ensemble des injections de monnaie dans le système avait déjà créé la colère des peuples (remboursement des banques, placement en garantie, recapitalisation, le tout pour un montant de 2 200 milliards de dollars dans le monde), on nous annonce aujourd'hui par la voix du FMI (dirigé par notre compatriote Dominique Strauss-Kahn et bien entendu par les États-Unis en premier lieu), que les banques ont besoin de 4 000 milliards de dollars dans les 24 prochains mois.

Le FMI estime qu'en Europe, elles ne pourront pas y arriver sans l'aide des États. Et l'État, c'est toi.
Sans cela, les banques, qui ont des échéances à assumer, risqueraient, pour trouver cet argent, de faire monter les taux d'intérêts des prêts qu'elles accordent aux états. En d'autres termes, soit les états empruntent sur les marchés et financent les banques, soit les banques montent les taux d'intérêt, et l'état, pour emprunter, doit payer plus.
Quoiqu'il en soit : C'est le système bancaire et financier qui gagne. Bonne lecture.
Source: afp
http://theorie-du-tout.blogspot.com/2010/10/blog-les-banques-ont-besoin-de-4-000.html
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Ven 24 Déc - 10:41

«Vous avez tué l'avenir de nos enfants»

Roumanie : un homme se jette du balcon du Parlement
Il a agi ainsi pour protester contre la politique d'austérité entreprise par le gouvernement.

Vidéo : www.youtube.com/watch?v=SQybpgUkF2g

Adrian Sobaru portait un t-shirt blanc sur lequel était inscrit «Vous avez tué l'avenir de nos enfants».
Ce Roumain de 40 ans s’est jeté d’un balcon surplombant l'hémicycle du Parlement, à Bucarest, en criant « Boc, tu as volé les droits des enfants ». Boc est le nom du Premier ministre roumain, précise L’Essentiel.

Cet électricien travaillant pour la télévision publique, entendait protester contre la politique d’austérité du gouvernement. Il a fait une chute d’environ 7 mètres. Un responsable des urgences de l’hôpital de Bucarest a indiqué que le protestataire souffrait de plusieurs fractures à la tête, mais que ses jours n’étaient pas en danger.

Adrian Sobaru est le père de deux enfants, dont un est autiste.
Selon les médias roumains, à la suite des mesures d'austérité adoptées par le gouvernement en juillet, sa famille a perdu une partie de l'aide destinée aux soins de l'enfant.
http://fr.news.yahoo.com/63/20101223/tfr-roumanie-pour-protester-contre-les-m-019dcf9.html

Adrian SOBARU a tenté de se suicider pour attirer l'attention sur sa situation financière très difficile. De plus, il est le père d'un enfant autiste et sa femme ne reçoit que 125 euros par mois comme assistante de cet enfant. […] n'oublions pas que si le gouvernement roumain a pris des mesures aussi drastiques pour les Roumains, c'est sous le chantage odieux du FMI, conduit par un certain Dominique STRAUSS-KAHN, socialiste bien sûr....
Brighella
www.lefigaro.fr/international/2010/12/23/01003-20101223ARTFIG00616-roumanie-un-homme-se-jette-du-balcon-du-parlement.php
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Mer 12 Jan - 21:30


Les émeutes de la mondialisation

Algérie, Tunisie, Chine, banlieues françaises, sur tous les continents ces mouvements populaires témoignent d'une mutation de l'État contemporain. Violences politiques pour les uns, ou sociales motivées par une certaine exaspération de jeunes en quête d’emplois, alors même que les gouvernants donnent l’impression de vivre à leur aise.

Les récentes émeutes en Algérie et en Tunisie sont venues le rappeler : la combinaison de la corruption, des difficultés économiques et de la hausse des prix des matières premières est explosive.
En Tunisie, les heurts gagnent la capitale alors que le bilan fait état d’une cinquantaine de morts. Ce lundi 10 janvier, le président Ben Ali a bien promis de créer 300 000 emplois d’ici 2012. Insuffisant pour calmer la colère de la rue tunisienne, malgré la répression.

Dans son rapport annuel sur les risques mondiaux, publié ce mercredi matin, deux semaines avant le sommet annuel de Davos, le World Economic forum s'inquiète du «danger social» : « Le monde n’est pas paré pour affronter de nouveaux chocs significatifs. D’une part, la crise financière a affaibli la capacité de résilience économique mondiale, tout en avivant les tensions géopolitiques. D’autre part, la recrudescence des préoccupations sociales indique que les gouvernements et les sociétés sont plus démunis que jamais face aux défis planétaires ».

Le rapport identifie trois risques majeurs de troubles sociaux et politiques : le crime organisé, la corruption et la fragilité des États ; les risques liés à l'eau, à l'alimentation et à l'énergie ; les dangers des déséquilibres macroéconomiques mondiaux. Or, rappelle le rapport, le monde est actuellement particulièrement vulnérable.

Davos sera toujours Davos. Face à ces dangers, le WEF propose une solution qui promet d'être controversée : retirer les aides aux produits de première nécessité pour laisser le marché dicter leur « vrai prix » et réduirait la demande. Le rapport admet cependant que cela aurait des « effets sociaux négatifs » et qu'une telle décision doit être mise en place «progressivement».

L'émeute et le suicide, modes d'expression du malaise maghrébin

En attendant la révolte gronde et la contagion menace. Fondateur du groupe de presse Le Pays, journal privé du Burkina Faso, Jérémie Sigue, estime que « ce qui se passe en Algérie et en Tunisie n’est pas exclusif à ces pays. Sous nos tropiques, les pays qui réunissent les conditions d’une explosion sociale sont légion. En fait, les mêmes conditions sont réunies un peu partout en Afrique. Et c’est en cela que l’on peut redouter l’effet contagion de cette grogne sociale qui secoue ces deux pays du Maghreb. Sans doute que les marginaux, quel que soit le pays où ils se trouvent, ne sont pas disposés à accepter sans broncher, indéfiniment, leur condition ».

Des marginaux ? « En Algérie, comme dans le reste du Maghreb, ils sont ceux qu’on appelle les « diplômés chômeurs. En Tunisie, le taux de chômage des jeunes diplômés, officiellement de 23,4 %, frôlerait en réalité les 35 %. En Algérie, le même indicateur toucherait plus de 20 % des jeunes diplômés, très loin des 10 % officiels. Au Maroc, où le mouvement des diplômés chômeurs est institutionnalisé depuis plus d’une décennie » analyse La Libre Belgique. Six jeunes gens ont tenté de s’immoler devant le ministère du Travail, à Rabat, quelques jours après le premier suicide de la région de Sidi Bouzid. L’émeute et le suicide sont devenus les modes d’expression privilégiés du malaise maghrébin.


La carte mondiale des émeutes

Le temps des émeutes contre la crise politique

Si aucun régime ne paraît menacé dans son existence même tant la désorganisation prédomine dans ces mouvements de protestation, à travers ces explosions de révolte, c’est toute la question d’une jeunesse sacrifiée dans la mondialisation qui se pose.

Les émeutes qui bourgeonnent aux quatre coins de la planète ont-elles quelque chose en commun ?
Pour Alain Bertho, auteur du Temps des émeutes, qui tient un blog sur le sujet, ces mouvements ne sont plus de simples revendications brutales, issus de manifestations qui auraient dégénérées. C’est maintenant un phénomène mondial et contemporain, qui prend forme face à l’épuisement, à l’inefficacité des autres modes d’actions.

Des banlieues françaises aux rues de Lhassa, du Mexique à la Tunisie, du Maroc à Guizhou en Chine, de Téhéran à Athènes, en anthropologue, Alain Bertho tente de dégager les similitudes de toutes ces explosions, autant d’arrière-cours de la mondialisation. Affrontements communautaires, émeutes liées à la mondialisation ou querelles violentes avec la police… Les mêmes révoltes contre les politiques de gestion urbaine ou « contre la vie chère » éclatent un peu partout.
«Il est urgent de comprendre que la crise mondiale est aussi, peut-être surtout, politique et que les temps actuels sont les temps des émeutes » explique Alain Bertho.

Le coût exorbitant de la mondialisation

En Chine, les mouvements de protestations sont quotidiens, ethniques, sociaux, ciblant la corruption des cadres du Parti, la révolte gronde dans l’atelier du monde. Pas encore, les centaines de milliers de diplômés précaires qui vivent dans des dortoirs, parfois des capsules, et gagnent des salaires de misère. On les appelle les « fourmis », travailleurs connectés, mais solitaires, perdus au coeur des immenses mégalopoles chinoises. « Je me révolte donc nous sommes » proclamait Albert Camus.

Selon un rapport du Bureau International du Travail rendu public en 2009, 81 millions des 15-24 ans étaient au chômage, un taux de 13%. « Le chômage des jeunes, qui a augmenté de 7,8 millions de personnes depuis 2007, risque de produire une génération perdue de jeunes gens qui sont sortis du marché de l'emploi et qui ont perdu tout espoir d'obtenir un travail qui leur assure une vie décente », fait remarquer le rapport qui pointe les risques d’explosions sociales.

Des explosions de violences comme autant de symptômes qui prouvent que dans le « monde tel qu’il va », la production de rebut humain est le corollaire de la modernité, ce que le sociologue Zygmunt Bauman qualifiait de « coût humain de la mondialisation ».

Régis Soubrouillard
www.marianne2.fr/Les-emeutes-de-la-mondialisation_a201608.html
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Jeu 20 Jan - 20:33


La Tunisie est l’avenir du monde

Triste horizon et sombres nuages, tout bloqué, espoir mort ? Oh que non. En se révoltant et en mettant bas un pouvoir autocratique, les Tunisiens rappellent à tous combien il n’est rien de plus actuel que la juste rage et la saine colère. Ils sont nos frères, nos semblables, et ils montrent la voie, celle des résistances populaires à l’empire. La Tunisie est l’avenir du monde.


Un dicton marocain, complaisamment repris par les Algériens, assure que « le Marocain est un lion, l’Algérien un homme, le Tunisien une femme ». Plaisante baffe au machisme, le premier peuple du Maghreb à s’être débarrassé du clan rapace qui le saignait, c’est celui auquel les autres refusaient ces attributs virils censés contenir le courage. Les funèbres hallucinés des organisations politico-militaires d’Euzkadi et d’ailleurs, les kamikazes de l’Oumma prêts à faire mourir les autres pour aller niquer quarante vierges au ciel, et même les crétins anarcho-insurrectionnalistes qui, en Italie, se passionnent pour la destruction des doigts des employés d’ambassade ont pris un sale coup de vieux. Nous avons besoin de révoltes « efféminées » [1] comme celle du peuple tunisien qui, avec du désespoir mué en peau brûlée, des pierres et des bâtons, a renversé en un mois un pouvoir impitoyable qui paraissait là pour toujours. Au contraire de ce que voudraient croire les commentateurs professionnels, la portée de la révolution tunisienne déborde très largement le cadre des pays arabes. Certes, du Maroc à la Syrie en passant par l’Égypte, dans ces immuables régimes dictatoriaux amis de l’Occident, les peuples, depuis la chute de Ben Ali, commencent à regarder d’un œil plus hardi les gouvernants et leurs polices.

Mais ce qui, il y a vingt ans, aurait pu passer pour une crise régionale, prend aujourd’hui, immédiatement, un caractère planétaire. Avec la crise dites des subprimes, nous sommes entrée dans une ère où s’accumulent des phénomènes naguère inimaginables. De la Fiat-Mirafiori de Turin aux Continental de Toulouse, les patrons font voter aux ouvriers des conditions de travail dont la logique profonde est de se rapprocher toujours plus des conditions contre lesquelles chinois et bengalais sont en train de se battre. On construit au bord de l’Evros, à la frontière gréco-turque, un mur comme celui qui prolonge le Rio Grande, on sous-traite à Kadhafi et à ses camps de concentration la gestion des flux migratoires africains, on aggrave sans cesse la condition de vie des immigrés, tout cela servant surtout à fabriquer une masse « clandestine », c’est-à-dire corvéable à merci [2]. Ainsi, l’Europe parachevant un processus commencé depuis longtemps en Amérique du Nord, on peut dire que l’Occident, de la Californie à Moscou en passant par Sangatte, se fabrique un tiers-monde à la maison. Quand on songe à ces bons du trésor étatsuniens détenus par la Chine qui financent l’american way of life alors que leur valeur réelle devient insaisissable, on en vient à considérer le risque que les États-Unis deviennent littéralement ce qu’ils étaient rhétoriquement dans l’ère maoïste : un tigre de papier.

En attendant, les intérêts des puissances deviennent inextricables (on parle de Chinamerica), les transferts de souveraineté et la privatisation de fonctions régaliennes sapent les fondements de l’État-nation et, tandis que les chefs d’État européens se vautrent dans le ridicule pour arracher aux anciens sous-développés une vague promesse d’achat de quincaillerie dont la technologie sera bientôt copiée et dépassée et que Pékin rachète la dette d’États européens, son modèle de société (abondance consommatoire pour la classe moyenne en échange de zéro liberté politique) semble faire rêver les gouvernants occidentaux qui ne respectent même plus les formes du rituel démocratique (guerres menées sans débat, traités européens appliqués malgré leur rejet électoral, etc.) pour imposer l’hallucination néo-libérale. La séparation du monde entre Nord et Sud, entre métropoles occidentales impérialistes et tiers-monde a perdu son sens.

Mais si le terme « impérialisme » n’a plus grand sens, il y a bel et bien un empire étendu à toute la planète. Pour citer un passage de l’introduction à mon livre La Politique de la peur [3] : « L’empire, c’est une configuration sans cesse en mouvement de puissances nationales et transnationales, à la fois autonomes et interdépendants. Oligarchies, banques internationales et firmes financières, mafias, grandes compagnies (de Big Oil, le lobby des compagnies pétrolières transnationales, à l’agro-alimentaire et à l’industrie pharmaceutique), complexes militaro-industriels et compagnies privées, industries du divertissement et des médias, services de moins en moins publics (police, magistrature, services secrets…), c’est-à-dire autrefois intégrés à l’État et de plus en plus orientés suivant leurs intérêts propres ou ceux d’une caste dirigeante, en passant par toutes les figures hybrides : grands fonctionnaires mexicains de l’antidrogue alliés des cartels ; généraux pakistanais alliés des Etats Unis et des talibans en même temps que dirigeants de certaines des plus grosses entreprises du pays ; militaires algériens kleptocrates et manipulateurs de GIA et autres Al Qaida au Maghreb islamique ; bande du Fouquet’s. Réseau de pouvoirs nationaux et transnationaux, l’empire est par essence mouvant, car l’équilibre entre les pouvoirs qui le composent ne cesse de changer. Il est aussi absolument immobile, car ces pouvoirs partagent fermement un but ultime : faire exister la civilisation qui les fait vivre. » Cette civilisation repose sur un rapport aussi vieux que le capitalisme, mais porté par le développement de la technoscience à un degré jusque là inimaginable : ce rapport, c’est l’exploitation, de l’homme par l’homme et du reste du vivant par l’homme. Tous les pays du monde sont aujourd’hui une simple province de l’empire.

Les Tunisiens sont, souvent très littéralement, nos voisins de palier. Voilà longtemps que nous vivons ensemble, qu’ils partagent avec nous (« nous » qui ne sommes pas tous blancs) le camembert, les contrôles au faciès et l’islamophobie. Ce sont souvent eux qui répondent quand nous appelons un call-center, ce sont eux que beaucoup d’entre nous retrouvent au bord du sable chaud après onze mois et demi dans les eaux glacées du calcul économique. Leurs manifs ressemblent aux nôtres, auto-photographiées, auto-filmées en permanence. Comme n’importe quel internaute de Bombay ou de Saint-Malo, ils ont su utiliser la toile pour contourner les médias aux ordres. Aussi bien que n’importe quel manifestant contre la réforme des retraites, ils savaient que le téléphone mobile, instrument d’esclavage consommatoire et de surveillance panoptique, peut se muer en vecteur de dissémination de la révolte. Les Tunisiens ont vérifié avec une intensité remarquable la portée d’une contradiction que le capitalisme ne cesse de porter à de nouveaux sommets en essayant de la dépasser : son besoin de la créativité humaine lui interdit de l’encadrer tout à fait sous peine de la tuer.

C’est pourquoi, ce qui se passe en Tunisie ébranle en profondeur notre vie, ici et maintenant. Comment ne pas voir tout ce qui, en dépit de conditions infiniment plus dures, rapprochait les chômeurs diplômés qui ont lancé la révolte de leurs semblables de Rome, Londres, Athènes, Lyon, Berlin et autres lieux, victimes eux aussi de l’aggravation de leur précarité et qui se sont, à partir de 2009, par ondes successives, avec des moyens variés mais en échangeant des modèles d’intervention [4], affrontés aux dirigeants locaux, et à travers eux à l’oligarchie mondiale qui veut faire payer aux plus exploités, en particuliers aux jeunes, la crise de son système ?

Comment ne pas voir que l’ennemi est le même ? De l’inoubliable Michèle Alliot-Marie proposant le savoir-réprimer français à Mitterand-neveu, en passant par Delanoë et trois chefs d’État français, on ne sera jamais assez reconnaissant aux amis tunisiens d’avoir un peu plus ridiculisé aux yeux du monde la classe dirigeante française. Que la corruption des « élites » soit un phénomène global a été démontré de manière éclatante quand chacun a pu sentir, derrière la cohorte des souteneurs du régime, une convergence d’intérêts qui passe par de somptueuses villas et des flux financiers occultes, mais plus profondément par l’appartenance au même club des serviteurs du monde tel qu’il va. Telle est la réalité, tel est leur cauchemar : des demeures de Carthage incendiée et visitées par un populo fier de sa révolution au Fouquet’s, aux salons des Dîners du Siècle, aux villas du Cap nègre, il n’y a pas bien loin. Sur une planète en permanence télécommuniquée, ce qui nous sépare de la mise à sac des lieux de la puissance en Europe n’est pas une distance physique, mais mentale.

On aurait rêvé que les comités populaires de quartier, au lieu de seulement protéger la population contre les exactions des nervis du régime, s’occupent d’affronter les besoins quotidiens, en répartissant entre tous les habitants les produits pillés dans les supermarchés. On aurait rêvé que des formes de pouvoir issues de la base parviennent à empêcher les vieux crabes de remettre en selle la vieille politique qui risque fort maintenant d’occuper le devant de la scène. Mais il eût fallu pour cela que l’exemple tunisien dépasse aussitôt les frontières, propageant le sentiment qu’un autre monde, une autre forme de rapport au pouvoir et à la richesse était possible. En attendant, ne boudons pas le plaisir que nous a offert la « femme du Maghreb ». Depuis 1989 et l’effondrement du capitalisme d’État qui avait volé le beau mot « communisme », nous savions les dictatures bureaucratiques à la merci d’un sursaut collectif de courage et de rage. Aujourd’hui, les gavroches de Sidi Bouzid, Kasserine, Ettadhamen, Intilaka et El Mnihla, ont montré que le refus de perdre sa vie à espérer la gagner peut l’emporter contre les snipers de l’oligarchie mondialisée. Le jour où les exploités européens cesseront de se contenter de la misérable vacance qu’on leur offre dans les bronze-culs low-cost en échange de leur soumission finale après tant de beaux mouvements sociaux, le jour où ils rencontreront leurs frères à quelques kilomètres à l’intérieur des terres, ce jour-là, on risque bien de voir se lever le soleil qui « dessine en une fois la forme du nouveau monde ».

Serge Quadruppani
www.article11.info/spip/La-Tunisie-est-l-avenir-du-monde
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Orwelle



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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Lun 24 Jan - 14:03


« Lex Paciferat » – Ce n’est pas la peine de mort, c’est le droit de tuer …

À propos d’armées secrètes ou de troupes d’intervention policière secrète…
Elles existent depuis longtemps dans l’UE, mais peu de gens le savent. La troupe policière de l’UE dispose de larges pouvoirs !
Actuellement, c’est une « troupe d’intervention spéciale » forte de 3 000 hommes ( !) sous le sigle difficile à prononce : l’Eurogendfor…



Le commandement se trouve à Vincenza en Italie, loin du siège de l’UE ! Ce corps de police a été créé à l’initiative de l’ancienne ministre de la Défense française Michèle Alliot-Marie, pour réprimer à l’avenir plus facilement les manifestations qui dégénèrent toujours à nouveau dans les villes françaises.

Le grand problème est le suivant : Eurogendfor va à l’avenir réduire au niveau européen le droit national et la souveraineté nationale des États-membres de l’UE.

Un « conseil de guerre », qui se compose des ministères de la Défense et de la Sécurité des pays de l’UE participant à l’Eurogendfor et du pays concerné, décidera de l’intervention dans un État-membre de l’UE – voilà comment est réglementée la nouvelle troupe policière de l’UE dans le « document constitutif » dénommé Accord de Velsen (NL).

Cela représente pour les observateurs un droit d’occupation par l’UE. Car, si une intervention à l’intérieur d’un pays « ami », membre de l’UE, est une fois décidée, tous les bâtiments et zones occupés par des unités d’Eurogendfor, jouissent de l’immunité et ne sont plus accessibles pour les autorités du pays concerné.

En fait, il s’agit d’un droit d’occupation par l’UE. Mais il y a pire : l’Eurogendfor ne dispose pas seulement dans le cas particulier de compétences policières mais aussi de compétences qu’ont les services secrets et elle a le devoir de réinstaller l’ordre et le calme dans la zone d’intervention concernée en collaboration étroite avec l’armée ( !).

En cas de besoin, les troupes doivent avoir à disposition toutes les autorisations et tous les moyens pour remplir leur mandat.

Ce n’est pas la peine de mort, c’est le droit de tuer…

Eurogendfor résout divers problèmes pour les gouvernements européens. À l’avenir ils pourront, lors de troubles sociaux ou de manifestations majeures de longue durée, utiliser des armes à feu contre leurs populations, mettre des zones entières sous quarantaine militaire et retirer les meneurs de la circulation sans avoir à engager leurs propres forces militaires ou policières qui pourraient éventuellement se solidariser avec les manifestants. L’Eurogendfor de son côté, ne pourra pas être poursuivie en justice grâce à ses autorisations exceptionnelles, civiles et militaires.

En clair, l’Eurogendfor est là pour faire le sale boulot d’un gouvernement en cas de crise sociale, comme par exemple utiliser des armes à feu contre la population, mettre des zones en quarantaine, etc., et tout ça sans être poursuivie en justice.

Alors pourquoi avoir créé cette armée secrète de l’UE, sachant que nos policiers et gendarmes sont eux aussi parfaitement capables de flinguer les gens… ?

Et bien tout simplement parce que le gouvernement n’a pas tellement confiance en la fidélité des policiers, gendarmes et militaires Français en cas d’insurrection, et ça semble justifié.
En effet, dans un tel scénario, les policiers se retrouveraient confrontés à leur familles, amis, enfants, etc., et pourraient donc (pour certains) changer de camp, car il faut rappeler que la plupart des policiers et gendarmes ne viennent pas de la bourgeoisie oligarchique, mais bel et bien des classes moyennes et prolétaires.

Cela ne veut pas dire qu’en cas de révolte tous les flics viendraient se joindre aux insurgés, mais en tout cas, le gouvernement craint suffisamment un tel scénario pour avoir créé l’Eurogendfor, et il n’hésitera pas à s’en servir, mais pas de panique car leur but est de pacifier ! (leur slogan est d’ailleurs « Lex Paciferat » qui en latin signifie « Que la loi pacifie », comme quoi ils ont eux aussi de l’humour…).

L’Europe des peuples est bien devenue une dictature du nouvel ordre mondial … et le réveil ne fait que commencer !!!
Photos :
www.eurogendfor.org/GalleryImages.aspx?gallerycd=0

Vidéos
http://dai.ly/9OD9ID
www.dailymotion.com/video/xdnqv5_la-police-militaire-nouvel-ordre-mo_news


Olivia Reddust
30 oct 2010
www.unefois.be/portail/archives/160
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MessageSujet: Re: La révolte grecque, modèle pour les peuples européens   Aujourd'hui à 12:38

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La révolte grecque, modèle pour les peuples européens
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