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 Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste

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Orwelle



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MessageSujet: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Mer 22 Déc - 16:39


Le 4 décembre 2003 dans la bibliothèque de l'Institut de France à Paris (© AFP Joel Robine)

Décès de Jacqueline de Romilly, des hommages parfois hypocrites

Jacqueline de Romilly s’en est allée. Les hommages officiels se succèdent. Ils revêtent parfois les traits de la plus insupportable hypocrisie quand on songe au mal qui a été fait à la culture classique et aux langues anciennes par le pouvoir. Jacqueline de Romilly, immense intellectuelle et helléniste, spécialiste de Thucydide, a été une infatigable combattante de la culture classique, avocate des langues anciennes, amoureuse de notre école républicaine, elle avait fait quelques solides propositions à François Fillon pour revivifier notre enseignement : sans succès, hélas. Jusqu’au bout, elle aura tenté de faire entendre raison à un pouvoir sourd aux aspirations culturelles de notre pays. Elle avait, dans les années 1990, écrit quelques Lettres aux parents sur les choix scolaires… Cette culture-là parle au socialiste que je suis et qui se souvient que Jaurès avait rédigé deux thèses à l’Ecole normale supérieure : une en français, l’autre en latin…

Pourtant, aujourd’hui, les langues anciennes sont menacées d’anéantissement. Car la vérité est terrible. Oui, le pouvoir a décidé de faire avaler la ciguë aux enseignants de latin-grec. Un capes de lettres classiques vidé de sa substance, une attaque méthodique des moyens liés à ces savoir « optionnalisés » dans le secondaire et une attaque encore plus vigoureuse contre la culture classique (souvenons-nous de l’épisode de La Princesse de Clèves)…

Et pourtant, il y aurait quelques raisons de faire connaître les textes latins et grecs, d’encourager nos lycéens à se saisir de ces savoirs si utiles au progrès intellectuel et à ce que l’on se plaisait jadis, chez les socialistes, à définir comme «l’affranchissement de l’humanité»…Nicolas Sarkozy, par exemple, fait immanquablement penser au Trimalcion du Satyricon de Pétrone que l’on donnait souvent à étudier aux lycéens pendant les cours de latin. Trimalcion, esclave affranchi, se plaisait à philosopher sur la mort en agitant un squelette factice dans un décorum du plus mauvais goût… Sans doute est-ce pour éviter à notre jeunesse la possibilité de découvrir que le bling bling a deux mille ans, que l’on casse méthodiquement l’enseignement du latin et du grec, que l’on s’acharne à briser ces langues qui font le ressort de la culture classique, culture par essence utile pour une société éclairée. Une question fort simple se pose à l’honnête homme : dans le panthéon imaginaire de la culture européenne, retrouverait-on Fellini s’il n’y avait eu Pétrone ?

Attendons maintenant que le pouvoir s’en prenne à l’Ecole des chartes, qu’il lamine un peu plus les gardiens de notre histoire et de nos archives. Il finira par privatiser le Louvre après avoir bazardé d’antiques manuscrits en Corée… La mémoire collective est devenue l’ennemie d’un pouvoir qui façonne l’histoire sous les traits d’un kitsch de plus en plus insupportable. Le corollaire de l’assassinat méthodique des langues anciennes c’est cet obscur musée de l’Histoire de France dont on attend avec angoisse l’ouverture tant on craint qu’il ne soit que le Palais des Mirages de la République…

Nous sommes dans une ère pré-berlusconienne. A Pompéi, la caserne des gladiateurs s’est effondrée faute d’entretien pendant que le Néron cathodique qui gouverne l’Italie multiplie crânement provocations, achats de députés et soirées quasi-officielles « bunga bunga »… La droite a déclaré la guerre à la culture. Les droites européennes se vautrent dans un spectacle permanent, coupé de toute histoire et digne des jeux du Cirque… En Italie aujourd’hui, en France demain…

« Quand j’entends le mots culture, je sors ma télécommande et je zappe ! » Voilà le slogan d’un pouvoir prêt à tout pour asseoir son hégémonie sur une ignorance qu’il souhaite encourager et développer. Décidément oui, Jacqueline de Romilly nous manque !

Philippe Baumel
www.marianne2.fr/Deces-de-Jacqueline-de-Romilly-des-hommages-parfois-hypocrites_a201008.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Mer 22 Déc - 17:00


À quoi sert le grec ? Jacqueline de Romilly a souvent répondu à cette question et montré que, depuis qu'on la pose, c'est l'ensemble des connaissances qui est miné par l'utilitarisme.

Grecque ancienne
portrait
Par ANNE DIATKINE
le 4 août 2004

Jacqueline de Romilly en 7 dates
26 mars 1913 Naissance à Chartres.
1930 Lauréate de deux premiers prix au concours général.
1933 Élève à l'École normale supérieure de la rue d'Ulm.
1973 Première femme à être nommée au Collège de France.
1975 Première femme membre de l'Académie des inscriptions et belles-lettres.
24 novembre 1988 Élue à l'Académie française.
1995 Reçoit la nationalité grecque.

Jacqueline de Romilly, qui incarnait l'enseignement des études grecques classiques en France ainsi qu'une conception exigeante et humaniste de la culture, a écrit, en plus de 60 ans, de très nombreux ouvrages.
L'académicienne, spécialiste de la civilisation et de la langue grecques, qui fut la première femme professeur au Collège de France, est décédée samedi 18 décembre à l'âge de 97 ans.

Membre correspondant étranger de l'Académie d'Athènes, elle avait obtenu la nationalité grecque en 1995 et avait été nommée ambassadrice de l'hellénisme en 2000.
«Elle a souffert énormément depuis quelques dizaines d'années de voir l'étude de cette langue décliner, et cela a été pour elle un immense chagrin», raconte Hélène Carrère d'Encausse, jugeant que le meilleur hommage à lui rendre «serait d'attacher plus d'importance désormais à la langue grecque dont elle a été le plus grand défenseur dans notre pays».
www.liberation.fr/culture/01012308934-l-academicienne-jacqueline-de-romilly-est-morte

Jacqueline de Romilly a consacré toute sa vie à la sauvegarde de notre langue et de son enseignement.
À 95 ans, elle a publié un recueil d'histoires drôles intitulé "Le sourire innombrable", aux éditions de Fallois. Voyage personnel au pays des bons mots, des quiproquos et autres erreurs de langage.
www.rtl.fr/actualites/culture-loisirs/article/livres-le-sourire-innombrable-de-jacqueline-de-romilly-59119
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Mer 22 Déc - 20:10


Le français, langue inutile pour les Américains ?

«Parmi 6.000 langues existantes, pourquoi serait-il si important d'apprendre celle qui est parlée dans un petit pays européen à l'influence en déclin constant ?» : la phrase qui jette de l'huile sur le feu est signée d'un éminent éditorialiste, licencié ès lettres françaises, John McWhorter (*).

Son article, publié dans le bimensuel de centre gauche «The New Republic», est paru quelques semaines après que SUNY-Albany, l'université publique de la capitale de l'État de New York, eut annoncé que les coupes budgétaires l'amenaient à réduire la taille des départements de langues étrangères, et notamment de français, d'italien et de russe.

Pour M. McWhorter, «Nietzsche et Balzac peuvent être lus en traduction anglaise, et le monde ne s'arrête pas à l'Europe».

En période de coupes sombres dans les subventions publiques, SUNY est loin d'être le seul établissement universitaire qui envisage de réduire l'enseignement des langues étrangères, quitte à favoriser l'apprentissage de langues plus en phase avec la mondialisation, notamment le chinois ou l'arabe.

Du côté de la francophonie, on est inquiet. «Il est vrai que si le seul but est de faire des affaires, le français n'est peut-être pas la langue du business, mais une langue n'est pas faite que pour servir», dit Marie-Monique Steckel, présidente du French Institute-Alliance Française (FIAF).

Selon les chiffres de l'Organisation Internationale de la Francophonie (OIF), le français est la langue maternelle ou la première langue étrangère de près de 200 millions de personnes dans 54 pays.

Langue officielle de 14 pays, elle est une des langues officielles de l'ONU, de l'Otan, du Comité Olympique International, de la Croix Rouge, ou de l'Union Postale Universelle.
www.liberation.fr/monde/01012309294-le-francais-langue-inutile-pour-les-americains

*Which Languages Should Liberal Arts Be About in 2010 ?
www.tnr.com/blog/john-mcwhorter/79843/which-languages-should-liberal-arts-be-about-in-2010

Un commentaire :
Ce n'est pas l'Université de New York
L'Université d'État à Albany est une des universités du réseau SUNY qui a une certaine importance locale mais qui est constitué de 64 campus dont celui-ci à Albany, capitale certes mais surtout petite ville excentrée des centres de pouvoir. Ce n'est pas l'Université phare de l'État de New York du tout. Ni en nombre d'étudiants (18.000), ni en budget (24 millions $), ni en réputation. À titre de comparaison, l'Université de New York -où les études françaises se portent bien merci- est à 1,5 milliards $ pour 40.000 étudiants et une vraie réputation. Un minimum de connaissance des États-Unis et du système universitaire américain devrait suffire pour que cette information ne soit qu'anodine.
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Mer 22 Déc - 20:33



Qui veut la mort de la langue française ?
Par Gaston PELLET

[Extraits] Depuis qu’existent les relations entre peuples, les penseurs, gens de lettres et savants se sont heurtés au problème de la langue. En Europe, pour surmonter la difficulté, ils avaient adopté le latin. Langue ancienne complexe, elle présentait l’avantage d’exprimer toute la finesse d’une pensée, mais le grand inconvénient d’être réservée à l’élite. Le français, d’abord utilisé comme langue de prestige par l’aristocratie européenne, s’imposa – contrairement au latin – au XIXe siècle comme une langue coloniale, au détriment des langues et idiomes locaux dont beaucoup ont disparu ou sont en voie de disparition.

Par un curieux retour des choses, la langue française serait-elle en passe de subir le même sort ? Son envahissement par ce qu’on appelle désormais le « tout- anglais » est suffisamment visible pour qu’on s’interroge (1). Le problème ne semble pourtant pas embarrasser l’Académie Française. Son site prétend qu’« il est excessif de parler d’une invasion de la langue française par les mots anglais ».

Dans son Dictionnaire amoureux des langues (Plon, 2009), le linguiste Claude Hagège consacre un chapitre aux langues en danger dans lequel il inclut le français. Le professeur honoraire au Collège de France décèle deux menaces essentielles. L’une proviendrait de l’extérieur – « la domination économique et politique du monde » par les États-Unis – et l’autre, interne, serait le fait des « élites » non conscientes, des intellectuels et des marchands. Dans un entretien au Québec, il dénonce « la substitution pure et simple d’une langue par une autre » (2).

Les atteintes au français se multiplient jusqu’au sommet de l’État. Ministre de l’économie, Mme Christine Lagarde reçut ainsi le prix de la Carpette anglaise (3) en 2007 pour avoir communiqué en anglais avec ses services (elle s’est aussi vue attribuer le sobriquet de « Christine The Guard »). Mme Valérie Pécresse, ministre de l’enseignement supérieur et de la recherche, fut, quant à elle, primée en 2008 pour avoir déclaré que le français « était une langue en déclin » et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes ainsi que dans les universités de l’Hexagone.

La presse n’est pas en reste. Ainsi, Christophe Barbier, directeur de rédaction de l’hebdomadaire l’Express, a-t-il déclaré que l’Europe dispose d’un « outil de communication commun (…), l’anglais. On pourrait d’ailleurs l’utiliser pour faciliter tout ça en mettant dans sa poche, avec le mouchoir par-dessus, une fierté un peu dépassée » (4). Ce type d’argument pénètre, à leur insu, ceux qui effectuent un distinguo pertinent entre l’anglais et le « globish ». Ce sabir anglo-américain, très utile pour les échanges, serait inoffensif dès lors que nous n’avons pas affaire à une véritable langue mais à un simple code de communication. Cependant, ce choix, loin d’être naturel, est culturel et nous commençons à utiliser l’anglais – et non plus seulement le globish – pour communiquer (mal en général) en tant que Français avec des non anglophones… La langue française risque de devenir secondaire en France même. Fiction ? « Comme on est tous bilingues, ce n’est pas la peine de traduire ! », s’est exclamée joyeusement la journaliste de France info, le 31 janvier dernier, après plusieurs phrases en anglais du président d’un géant américain de l’informatique…

Ces phénomènes, qu’on pourrait croire isolés, accompagnent des attaques concrètes contre la langue française. L’enseignement de l’anglais est ainsi préconisé depuis la grande section de la maternelle et il est obligatoire depuis le CE1. « Il y a une quinzaine d’années, il ne s’agissait que d’une initiation que nous découvrions en CM1 etCM2 … », raconte un enseignant, ajoutant que, parallèlement, « les rapports révèlent que nos élèves sont mauvais en français mais que rien n’est fait pour relever le niveau ». Le gouvernement projetterait même de faire dispenser certaines disciplines directement en anglais au lycée comme c’est déjà le cas à l’université et dans la plupart des écoles de commerce réfractaires aux exigences de la « loi Toubon » de 1994 (5). Le Président de la Conférence des Grandes écoles, le Directeur général de l’ESSEC, des directeurs d’écoles d’ingénieurs, des présidents d’Universités se relaient pour réclamer un « aménagement » de la loi.

La toute nouvelle Sciences Po de Reims délivre désormais la totalité de son enseignement en anglais. Tel autre s’affiche comme « The French Institute of International Relations », ou se baptise « Paris School of Economics ». Dans l’actualité de l’enseignement en histoire économique, on trouve par exemple ce message adressé à une universitaire de Paris VII : « Chers Collègues, nous sommes en train de finir de déposer la Full Proposal de notre demande de création de réseau COST European monetary unification, from Antiquity to modern times (EMU) ». On portraiture les défenseurs du français en victimes du syndrome de Fachoda (6), mais, à la lecture de ces lignes, de quel côté se trouve la caricature ?

Les chercheurs sont, quant à eux, sommés de publier en anglais s’ils veulent avoir quelque chance d’être lus. En outre, appuyé par le patronat européen, le Protocole de Londres d’octobre 2000 fait de l’anglais la langue de travail et d’échange internationale selon l’Office européen des brevets (7).

L’anglais envahit aussi la vie quotidienne. Les grandes surfaces l’affichent. Carrefour s’est subdivisé en « Carrefour Market , City, Discount » ; une filiale d’Auchan est devenue « Simply Market ». Dans l’industrie, Renault Poids lourds a cédé devant « Renault Truck », la filiale de distribution s’intitule « Renault retail group », les « breafings » internes se tiennent en english. Les petites et moyennes entreprises n’échappent pas au mouvement, au point de susciter la constitution d’un « Collectif intersyndical pour le droit de travailler en français en France ».

L’Union Européenne chapeaute le mouvement. Parmi les vingt-trois langues officielles, le français, l’anglais et l’allemand sont reconnus comme langue de travail conformément au règlement du 6 octobre 1958. On observe toutefois, depuis une douzaine d’années, une régression de l’emploi du français et de l’allemand.

Comme beaucoup de personnalités européennes, Mme Anna Maria Campogrande, présidente d’Athéna et fonctionnaire à la Commission européenne, s’interroge : « Qui peut faire quelque chose contre cet incompréhensible et avilissant sabordage de la langue française, par les Français eux-mêmes… » A quoi l’un de ses collègues répond : « Non, les Français ne sabordent pas la langue française : ce sont les Européens qui se sabordent en sacrifiant tout (langue, argent, zones d’influence) au profit des Américains » (10). Ces évolutions se produisent alors que le douteux débat sur l’identité nationale a confirmé que, pour beaucoup de Français, l’élément déterminant de celle-ci n’est autre que leur langue.

Le parti pris de l’anglais est directement lié à la quête des affaires. En effet, les chevaliers de l’industrie et du commerce international ont besoin d’une langue de communication qui facilite les échanges. Ils adoptent logiquement celle que leur impose l’impérialisme dans le contexte de la mondialisation capitaliste. L’Europe de la « concurrence libre et non faussée » construit méthodiquement l’outil du tout- libéralisme afin de parvenir au dépassement des nations dont la langue est le symbole. On notera, à ce propos, les attaques gouvernementales contre tout ce qui ne concourt pas à la formation du profit et donc considéré essentiellement comme charges : les centres culturels à l’étranger, l’étude des langues orientales, des langues anciennes, etc…

Gaston Pellet, Administrateur du site Défense de la langue française, membre du bureau du Collectif unitaire républicain pour la résistance, l’initiative et l’émancipation linguistique (Courriel).
www.legrandsoir.info/Qui-veut-la-mort-de-la-langue-francaise.html
www.monde-diplomatique.fr/2010/12/PELLET/19950


Commentaire de Vania
En effet, la langue française est en perte de vitesse. Prenons par exemple, la réforme du lycée. Dans les livres de sciences (Hachette, etc.), tout l’accent a été mis sur l’anglais : des exercices en anglais pour les élèves (on baisse le niveau en général, mais SURTOUT on ajoute l’anglais...). Dans les manuels des élèves, ils ont banni tous les sites français de consultation, il n’y a que des sites de consultation en anglais exclusivement. Voilà, M. Chatel est en face avec le marketing US et tous les Français seront des "colonisés" de l’empire US.
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Jeu 23 Déc - 0:08


Comment est propagée la pensée unique (2)
[VIDÉO]

Dans ce 2e extrait du documentaire québecois L'encerclement, la démocratie dans les rets du néolibéralisme, de Richard Brouillette, les intervenants évoquent la théorie du capital humain de Gary Baker, Friedman et ses "bons d'éducation", la rentabilité économique, la mise en concurrence, conceptions qui influencent les organisations transnationales (FMI, OCDE...).
La propagande propose cette idéologie comme quelque chose de naturel, d’évident (Minc : ‘c’est la réalité qui est unique, la mondialisation, la privatisation…'), elle utilise le sophisme de l’inéluctable. La mort des entreprises est naturalisée, présentée donc comme hors du contrôle des citoyens. La répétition vaut démonstration cf. le Centre de conditionnement du monde d’Huxley : « 64 000 répétitions valent la vérité »

Les interviewés fustigent le mépris dans lequel on tient la poésie (les études littéraires, l’histoire, la philosophie…), tout ce qui semble « inutile » d’un point de vue capitaliste. Dans le monde néo-libéral, les décideurs souhaitent un personnel sans grande culture, apte à faire des tâches techniques bien précises, sans vision d’ensemble, donc incapable d’appréhender la finalité de son travail, l’importance, le sens qu’il peut avoir dans la société, dont en conséquence il ne remettra pas le fonctionnement en question.

Le néo-libéralisme, une pensée unique ?
Pour Richard Brouillette, il s'agit de voir et de mettre en lumière les mécanismes qui ont permis à cette pensée née dans les années d'après-guerre, de devenir le modèle idéologique dominant.
www.lexpress.to/archives/4887/

Dans la France d’aujourd’hui où les hôpitaux, les administrations et même le pays, sont gérés ouvertement avec le même vocabulaire managerial qu’une entreprise, seuls les techniciens, la technicité sont mis en avant. Le danger de l’appauvrissement des études est pointé depuis longtemps en France, même en économie. On sent que pour ceux qui nous gouvernent, les jeunes Français ne doivent pas acquérir d’esprit critique, mais devenir une main-d’œuvre soumise.

On lit ceci dans la présentation de «L'homme économique» et «La nouvelle raison du monde» de Christian LAVAL :
Le néolibéralisme entend triompher partout dans le monde comme la norme unique d’existence des êtres et des biens.
L'anthropologie utilitariste, fondement spécifique de la morale et de la politique en Occident, fait retour avec le néolibéralisme contemporain sous des formes nouvelles.
Loin de voir dans le marché une donnée naturelle qui limiterait l'action de l'État, le néolibéralismese fixe pour objectif de construire le marché et de faire de l'entreprise le modèle du gouvernement des sujets.
http://lavieenvert.romandie.com/post/13214/165200

Quelques exemples :
Développement de la publicité à l'école. L'État ouvre l'accès de l'école aux entreprises
http://ecolesdifferentes.free.fr/ARIESPUB.html

Les recteurs payés au rendement
www.politique.net/2010122101-prime-de-noel-pour-les-recteurs.htm

Menace sur l'enseignement de l'histoire et géographie en terminale scientifique
www.herodote.net/articles/article.php?ID=1048
www.michelcollon.info/L-Histoire-en-danger.html


Des instits en guerre contre les formations « commerciales »
www.rue89.com/2010/12/21/des-instits-en-guerre-contre-les-animations-commerciales-181813

Les profs envoyés en stage en entreprises
www.rue89.com/2009/12/28/faut-il-envoyer-les-profs-faire-des-stages-en-entreprise-131505

Les cours d’économie amputés de leur pan social
www.ifrap.org/La-reforme-du-lycee-et-la-place-de-l-economie-dans-l-enseignement,11445.html

L'éducation à la défense a fait entrer l'armée à l'école
www.rue89.com/2010/12/20/leducation-a-la-defense-a-fait-entrer-larmee-a-lecole-181635

Classement Pisa : benchmarking éducatif à base de compétition internationale du «capital humain»
Depuis un demi-siècle l’OCDE met en concurrence les acquis des élèves de 15 ans.
Selon Raoul-Marc Jennar, l’OCDE constitue un « véritable bureau d’études des pays industrialisés, qui propage la doctrine néolibérale, juge les politiques des États membres et propose des accords orientés dans le sens d’un dépérissement des pouvoirs publics et d’une autonomie des acteurs privés ».
www.liberation.fr/societe/01012309845-classement-pisa-quand-nous-aimons-tester-l-education
http://fr.wikipedia.org/wiki/Organisation_de_coop%C3%A9ration_et_de_d%C3%A9veloppement_%C3%A9conomiques


D'ailleurs, les réformes dans l'enseignement sont aujourd'hui conduites par Luc Chatel, ancien directeur des Ressources humaines chez L'Oréal.

Les hôpitaux doivent être rentables, selon sarkozy
www.politis.fr/La-maladie-de-la-rentabilite,4492.html
www.liberation.fr/societe/01012309337-sarkozy-ne-veut-plus-d-hopitaux-dans-le-rouge
http://sarkostique.over-blog.com/article-pour-sarkozy-les-hopitaux-doivent-devenir-rentables-63478009.html


Pour Rocard, l'État nation doit être détruit au profit de l'entreprise
www.youtube.com/watch?v=2ZlAqd5NiKY

En dépit de la crise financière mondiale qu’ils ont provoquée, les fonds de pension sont toujours prescrits aux États membres par l’OCDE.
http://owni.fr/2010/10/26/les-institutions-internationales-au-secours-de-la-retraite-par-capitalisation/
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Lun 24 Jan - 7:58


Chatel suit les courses hippiques depuis la tribune officielle de Longchamp
© Le Journal des Femmes / Agathe Azzis


Le ministre français de l'Éducation nationale envisage l'apprentissage de l'anglais dès 3 ans

Que ceux qui s'attendent à voir affluer des masses d'enseignants et autres intervenants spécialisés en langues, ne se réjouissent pas trop vite. Le ministre qui "veut réfléchir à l'usage des nouvelles technologies", a annoncé qu'il allait demander au Centre National d'enseignement à distance, le CNED, de "développer un outil d'apprentissage à distance de l'anglais". Il a par ailleurs rappelé son souhait qu' "à 18 ans les lycéens aient tous fait un séjour à l'étranger".

"MY ENGLISH TEACHER IS A COMPUTER, ISN'T HE ?"

À la prochaine rentrée les 1000 intervenants en langues disparaissent du budget de l'éducation. C'est-à-dire la quasi intégralité des ces personnels spécialistes de l'enseignement de la langue de Shakespeare. À titre d'exemple, dans la plus grande académie de France, celle de Versailles, le recteur a annoncé mi-janvier que sur les 120 postes qu'il devait supprimer dans le premier degré, 75 concerneraient ces intervenants en langues vivantes. Une coupe qui ne se voit pas trop au premier coup d'œil puisqu'elle n'oblige pas à fermer des classes. [...]

Christian Chevalier, le secrétaire général du Syndicat des enseignants (SE-Unsa) : « En fait je crois surtout que le ministre qui doit faire face à une forte montée de la contestation, cherche à détourner le regard des parents des classes qu'on est en train de fermer, des options qu'on supprime et des classes qu'on est en train de surcharger pour faire face à la baisse draconienne des moyens ».
Sébastien Sihr, secrétaire général du SNU-ipp, le premier syndicat du primaire : « Avant de lancer une annonce, Luc Chatel ferait mieux de s'assurer que l'enseignement des langues, qui doit normalement être effectif dès la classe de CE1, l'est vraiment." Depuis la réforme des programmes de 2007, en effet, 54 heures annuelles de langue vivante sont prévues du CE1 au CM2. […] »
[...]
www.lemonde.fr/societe/article/2011/01/23/le-ministre-de-l-education-envisage-l-apprentissage-de-l-anglais-des-3-ans_1469502_3224.html

D’une famille industrielle haut-marnaise, Luc Chatel est né le 15 août 1964 à Bethesda (Maryland, États-Unis). Il a travaillé dans le marketing et les ressources humaines pour la multinationale L’Oréal. Opposé à la légalisation de l’action de groupe, il a favorisé les pratiques anticoncurrentielles à l'Assemblée nationale.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Luc_Chatel

Prémonitoire ? L’anniversaire d’Apostrophes en 2032, vu par les Inconnus.
www.youtube.com/watch?v=-UdSVTOe7n4
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Mar 1 Fév - 19:56


Romilly enterrée, l'agrégation de lettres aussi

Nous y sommes ! Il n’y aura ni agrégation de lettres modernes, ni agrégation de lettres classiques cette année ! Magie du sarkozysme ! Délices de la gouvernance éducative de Monsieur Luc Chatel ! Aux grands discours, écrits par Monsieur Guaino, à cette frénésie de babillement « républicain » du conseiller présidentiel, répond la triste réalité. Comme l’annonçait une enseignante sur le site d’un grand journal du soir, il n’y aura pas d’agrégés de lettres en France cette année ! C’est une révolution ? Non, c’est une incurie.

Nous savons comment le Capes de lettres classiques a été vidé de sa substance et hypocritement renvoyé au magasin des accessoires inutiles de l’enseignement. Nous savons comment les lettres ont été, avec l’histoire, les grandes victimes de l’évolution de l’Education nationale ces dernières années. Tout se passe comme si, devant l’inaction et le manque de réaction de notre société, le gouvernement s’était senti le droit de passer la vitesse supérieure… Y aura-t-il cette fois une prise de conscience ? Assistera-t-on à une légitime insurrection de tous ceux qui sont attachés à la culture classique, à la maitrise de notre langue, aux lettres ?

Au confluent d’une véritable crise intellectuelle et morale et d’un prurit comptable digne de l’idéologie boutiquière de Monsieur Chatel se trouve donc cette innovation par le vide : supprimer de fait pour cette année l’agrégation de lettres. Car il s’agit bien de jeter par-dessus bord des savoirs inutiles, de faire l’économie d’une matière coûteuse, de s’en remettre aux rustines pour pallier les difficultés inhérentes à l’absence de vision politique en matière éducative.

Qu’ils étaient hypocrites les hommages à Jacqueline de Romilly voici quelques semaines ! A peine disparue, après les lettres classiques on s’attaque maintenant aux lettres modernes, c’est donc à un pilier de l’éducation que s’attaque le gouvernement.

Car il s’agit d’un renoncement plus vaste, plus problématique qui est le renoncement à la culture, à l’adhésion aux valeurs de la connaissance. Ne faut-il pas y voir une forme de névrose sociale relative aux savoirs, une névrose qui considérerait désormais comme inutile tout savoir qui ne serait pas immédiatement rentable en monnaie sonnante et trébuchante ?

Notre École étouffe plus de cette vision comptable et de ce renoncement aux savoirs que d’autre chose. Précipitant le pays dans le court terme tout en déclamant sa grandeur de manière grandiloquente, le pouvoir n’a de cesse que de saper l’édifice éducatif républicain. Autre grande figure intellectuelle disparue récemment, Claude Nicolet défendait à la fois l’intérêt pour la Rome antique, le rôle de citoyen dans la république romaine et l’enracinement de l’idée républicaine dans notre pays. En affaiblissant les savoirs, en cassant le métier d’enseignant, c’est la « République enseignante » et l’enseignement de la République que l’on casse. Plus que jamais l’alternative reste à bâtir…

Philippe Baumel
www.marianne2.fr/Romilly-enterree-l-agregation-de-lettres-aussi_a202371.html
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Mar 1 Fév - 20:10


La société malade de la gestion

Sous une apparence pragmatique, la gestion constitue une idéologie qui légitime la guerre économique, l'obsession du rendement financier et qui est largement responsable de la crise actuelle.

Vincent DE GAULEJAC, directeur du Laboratoire du changement social ne mâche pas ses mots pour dénoncer les maux de notre société sous l’emprise de "l’idéologie gestionnaire" et l’installation du "pouvoir managérial et du harcèlement social, deux figures du capitalisme financier et de la mondialisation". Après avoir analysé le management et la gestion aujourd’hui - et montré comment ils légitiment une approche instrumentale, utilitariste et comptable des rapports entre l’homme et la société - l’auteur décode la façon dont nous nous faisons contaminer par la gestion, dans les domaines les plus divers : tout se gère en effet aujourd’hui, les villes, les administrations, les institutions, la famille, les relations amoureuses, la sexualité, les sentiments, les émotions.

« la rationalisation est du côté du pouvoir, alors que la raison est du côté de la connaissance. Cette dernière n'a pas à se soumettre à un principe d'efficacité mais à un principe de recherche du sens. Or, sur bien des points, l'efficience s'oppose au sens. La connaissance doit permettre à chaque individu de rendre intelligibles son expérience, les situations qu'il rencontre, les conflits qu'il est amené à vivre. »
www.dailymotion.com/video/xdc0bu_la-societe-malade-de-la-gestion_news cyclops
http://bruitetchuchotements.blogspot.com/2009/05/la-societe-malade-de-la-gestion.html
http://grit-transversales.org/article.php3?id_article=125
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Ven 4 Fév - 0:49


Logique managériale et critères quantitatifs de la RGPP appliqués à la Culture
Contradictions à la française

Les politiques du Front populaire et du Conseil national de la Résistance (CNR) attribuaient une place particulière à la culture. Les réformes engagées par le gouvernement de M. Nicolas Sarkozy en compromettent aujourd’hui la relative « sanctuarisation » — que la victoire de « l’exception culturelle » française avait semblé garantir. Pourtant, est-il vraiment opportun de dissocier les enjeux culturels des questions politiques ?

Par Serge Regourd

L’« exception culturelle », qui vise à soustraire les créations culturelles à la libéralisation marchande mise en œuvre dans le cadre de l’Organisation mondiale du commerce (OMC), a souvent été assimilée à une exception française, tant la France — grâce, d’abord, à ses organisations professionnelles — a joué un rôle déterminant pour la faire reconnaître. Pourtant, après avoir défendu la culture et ses enjeux spécifiques sur le terrain international, elle semble vouloir les remettre en cause dans le cadre national.

Cette contradiction se manifeste avec force dans l’application au ministère de la culture et de la communication de la révision générale des politiques publiques, la fameuse RGPP, dont l’objectif, selon les textes officiels, est de « responsabiliser par la culture du résultat », de « rétablir l’équilibre des comptes publics » et de « garantir le bon usage de chaque euro ». Que ce ministère soit sommé, et parmi les premiers, de se conformer à ces objectifs de performance, de compétitivité et de moindre coût indique assez qu’il ne constitue nullement une exception — d’autant plus que la modestie de ses finances et du nombre de ses agents permet de s’interroger sur les fondements strictement budgétaires de l’opération. Mais la mutation, que confirmera la création du très controversé Conseil de la création artistique. était déjà annoncée par la lettre de mission présidentielle d’août 2007, adressée à la ministre d’alors, Mme Christine Albanel : en recommandant de « veill[er] à ce que les aides publiques à la création favorisent une offre répondant aux attentes du public » et d’éviter « la reconduction automatique des aides et des subventions », soumises à évaluation, elle affichait sans timidité la logique managériale et les critères quantitatifs qui fondent la RGPP.

Mais ce sont les projets de réforme des collectivités territoriales, dont le texte central a été adopté en novembre 2010 et, pour l’essentiel, validé par le Conseil constitutionnel, qui comportent les plus grands risques. […]
www.monde-diplomatique.fr/2011/02/REGOURD/20145
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Lun 14 Fév - 23:08


L'employabilité ne doit pas être le seul but de l'Éducation

Dans cette tribune, Francis Daspe dénonce l'approche éducative par l'évaluation de compétences, approche qui réduit l'école à un outil utilitariste de préparation d'une main d'oeuvre flexible et formatée aux besoins du marché. Au mépris de la mission de l'Ecole de la République, qui doit « contrecarrer les destinées sociales ».

L’approche par compétences ne cesse de gagner du terrain aux différents niveaux du système éducatif français. C’est ainsi que l’évaluation tend de plus en plus à s’effectuer à l’aide de grilles et autres référentiels. Cette méthode est utilisée dans les écoles élémentaires depuis quelques années. Elle est en train de se mettre en place en collège où un livret de compétences est censé accompagner les collégiens, notamment en vue de l’obtention du diplôme national du brevet. L’opération est souvent présentée comme un moyen de rationaliser les pratiques pédagogiques et d’améliorer les performances du système éducatif. Mais la réalité est bien différente : ses incidences ne sont absolument pas neutres.

La première critique s’exprimant à l’encontre des compétences a trait à leur caractère binaire. Le cerveau humain est-il réductible à une série d’opérations élémentaires ? Peut-on subdiviser ses activités dans des cases pour évaluer les performances d’une façon scientifique et objective ? La segmentation des savoirs ne constitue pas un gage d’efficacité et de pertinence pédagogiques. La voie est ouverte à une évaluation au final très standardisée singulièrement dépourvue de nuances.

Les compétences sanctionnent en outre une vision minimaliste et utilitariste des savoirs transmis. Elles sont intimement liées avec la définition d’un socle commun à la fin du collège qui fait débat en raison de la déconnexion accrue avec les savoirs disciplinaires. Une compétence est un savoir, si minime soit-il et quelle qu’en soit la nature, susceptible de répondre aux besoins du marché : dans cette logique les connaissances désintéressées ne possédant aucune valeur immédiatement marchande ne sont plus reconnues à leur juste valeur. Pourtant celles-ci sont souvent les plus formatrices. Sans compter le temps qui sera consacré à ces modalités d’évaluation au détriment de la transmission de connaissances… Au lycée, cette méthode d’évaluation ouvrira la porte à une nouvelle tentative d’introduction du contrôle continu au baccalauréat.

La mise en place des livrets de compétence représente par ailleurs une référence à peine voilée aux livrets ouvriers que le mouvement syndical avait réussi à faire abolir. Par ce prisme les implications sociales de la pédagogie par compétences apparaissent de manière extrêmement éclairante pour mieux renseigner sur les finalités poursuivies. Elles s’inscrivent résolument dans un projet d’assujettissement : elles sont la transposition dans le champ de l’éducation du discours de l’entreprise.

Le système éducatif tend de la sorte à se caler en fonction du seul critère de l’employabilité. L’objectif recherché est bien de préparer une main d’œuvre flexible et obéissante pour les besoins en travailleurs peu qualifiés des entreprises. Nous assistons désormais, non plus à une élévation générale du niveau de qualification, mais à sa dualisation avec corrélativement une augmentation du nombre des emplois hautement qualifiés et une croissance significative des postes de travail faiblement qualifiés. Le socle à la fin du collège, avec son livret de compétences et son évaluation par compétences, symbolise cette école à deux vitesses en retranscrivant cette dualisation nommée par les instances européennes « polarisation dans la demande de compétences » : pour la masse un malheureux passeport pour la survie, pour une élite définie sur critères sociaux autant la possibilité que la nécessité d’aller largement au-delà pour satisfaire ses instincts de reproduction des dominations sociales.

L’honneur de l’Ecole de la République consiste au contraire à contrecarrer le sens des destinées sociales. L’analyse marxiste a bien montré comment le processus de division du travail dépossède les travailleurs de leurs savoirs de métiers, les réduisant à des tâches aliénantes. La parcellisation et la segmentation des savoirs par l’approche par compétences trouvent leur corollaire sur le marché du travail avec la division des tâches de production. Il s’agit alors de construire artificiellement des comportements fondés sur la recherche de l’efficacité professionnelle et de la rentabilité économique.

Pour les militants d’un projet de transformation et d’émancipation sociales, il devient essentiel de récuser vigoureusement toutes ces pratiques pédagogiques tendant à instaurer un projet de conformation sociale. L’approche par compétences en constitue un élément parmi d’autres. Un système scolaire basé sur une évaluation de ce type deviendrait totalement aliénant pour les élèves. Cela conduirait à transformer en gageure l’objectif de les éduquer à la citoyenneté. Ceux-ci ne seraient plus considérés comme des citoyens à former, mais comme des forces productives indifférenciées avec pour seul impératif de gérer au plus efficace et de canaliser au mieux le stock.

* Président de la Commission nationale Éducation du Parti de Gauche, Secrétaire général de l’AGAUREPS-Prométhée.
www.marianne2.fr/L-employabilite-ne-doit-pas-etre-le-seul-but-de-l-Education_a202678.html

www.revue-etudes.com/Litterature/Contre_la_barbarie/40/12353
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Lun 21 Fév - 19:27


À quoi bon des Humanités en temps de crise ?

[Extraits] le manifeste Not for Profit. Why Democracy Needs the Humanities (Princeton University Press, 150 pages, 23$) est paru il y a peu dans l’idée de provoquer le débat.

D’après Solange Chavel, spécialiste de philosophie morale et politique, qui a en publie une recension détaillée sur le site La vie des idées.fr*, ce plaidoyer en faveur des “humanities” (dans l’acception américaine, elle englobe l’Histoire, la philosophie, le droit, l’anthropologie, les arts, les langues, la littérature, la linguistique…) se distingue d’abord par son refus de suivre la traditionnelle ligne défensive nostalgique d’un âge d’or où les études gréco-latines régnaient sur les jeunes esprits en formation.

Foin des jérémiades ! L’auteur entend bien justifier et argumenter sa position jusqu’à affirmer, haut et fort, que loin d’être un frein à la croissance, les Humanités (pédagogie active et pratique aussi bien que contenus) sont une réponse à la crise. À condition de convenir que la mesure du PNB n’est pas l’unique critère de la croissance et que les Humanités ne concernent pas que l’étude des langues et littératures gréco-latines, ni même les seules études classiques tant littéraires que philosophiques. D’autant que l’on parle de plus en plus désormais de “Digital Humanities”, champ de recherches à l’intersection des Humanités et de l’informatique.

Martha Nussbaum distingue deux types d’éducation : l’une tournée vers le profit, l’autre vers la démocratie. Cette philosophe, connue pour ses travaux sur les émotions, propose de développer “l’imagination empathique” en même temps que l’esprit critique des citoyens, l’ouverture aux autres, la connaissance des cultures venues d’ailleurs, si l’on veut que la démocratie, et donc ses rouages économiques, fonctionnent au mieux. Si son livre est traduit chez nous et qu’il y suscite le débat, on pourra également prendre la mesure de ce qui sépare les conceptions française et étatsunienne des “Arts & Humanities”. Outre la non-spécialisation des premières années d’études supérieures, il sera surtout question du rôle du financement privé et de la philanthropie dans le système universitaire.

On verra bien [si] cela suffit à penser “un modèle de cercle vertueux” dans la transmission des humanités à la société, au moment où tant de ceux qui nous gouvernent, en France et plus encore en Grande-Bretagne et en Allemagne, sont pris par la fièvre de l’évaluation, du concours permanent, de la performance, de l’impact et de l’excellence.
Les partisans de l’utilité/ efficacité/rentabilité à court terme ne sont pas seuls en cause. [...]
http://passouline.blog.lemonde.fr/2011/02/15/a-quoi-bon-des-humanites-en-temps-de-crise/

* www.laviedesidees.fr/L-utilite-sociale-des-humanites.html
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Ven 22 Avr - 19:05


L'école ne doit pas éduquer mais instruire
Entretien avec Jean-Claude Blanc, professeur agrégé de philosophie
[Extrait]


Ceci n’explique pas pourquoi l’idée « d’école ouverte » vous apparaît si incongrue…

« Eloge des frontières », dirait Debray…Tout d’abord, il apparaît essentiel que l’école soit un lieu fermé à l’air du temps et à la mode. Il est urgent de mettre un terme à cette « école supermarché » singeant le monde de l’entreprise, mettant les établissements en concurrence, proposant une « offre de culture », et donnant le choix aux parents d’accepter ou de refuser un redoublement au motif que « le client est roi ».
Pour que l’école demeure ce lieu sanctuarisé de la transmission du savoir, il me semble évident qu’il faut la rendre hermétique au tumulte du monde et de la rue. Ne serait-ce que par ce qu’elle est ouverte sur tout autre chose : sur la vie de l’esprit, sur la culture, sur les grandes œuvres de l’humanité !

Une nécessaire fermeture à l’ordinaire, pour une meilleure ouverture « vers le haut », en somme…Vous disiez également que l’école à pour mission d’instruire. N’est-ce pas là un truisme ?

Pas si l’on considère la différence entre « instruction » et « éducation ». L’éducation me semble renvoyer plutôt à la transmission d’un modèle préexistant, de conventions sociales : les convenances, la politesse… Ainsi, l’éducation est plutôt du ressort de la famille. Celle-ci y ajoute d’ailleurs ses propres préférences, ses croyances, les usages en vigueur dans sa « communauté ». L’instruction quant à elle, est un enseignement raisonné et détaché des modèles et des déterminismes sociaux. Elle n’assène pas, mais elle transmet des savoirs raisonnés…

Pensez-vous qu’il faudrait revenir à un ministère de « l’instruction publique », en lieu et place du ministère de l’éducation nationale ?

Pourquoi pas ? Il conviendrait surtout que l’école se recentre sur ses fondamentaux, et notamment sur la maîtrise de la langue, ce véhicule de tous les autres savoirs.
Certains sont tentés d’être laxistes avec la langue au motif que toutes les langues évoluent. Il conviendrait d’être bienveillant envers les erreurs de syntaxe et d’orthographe, qui ne seraient pas des fautes, mais des transformations naturelles.
Ceci me paraît grave pour deux raisons : d’abord, à ce rythme, de plus en plus rares seront ceux pouvant s’emparer d’une pièce de théâtre du XVII° siècle. Petit à petit, ce sont des pans entiers de notre immense patrimoine culturel que nous nous apprêtons à perdre.
Ensuite et surtout, cette défaillance dans la transmission de la langue enferme les élèves dans leur milieu social d’origine. La non-maîtrise d’une langue correcte est un discriminant social très puissant, un marquant que l’on porte avec soi toute une vie !
Quant à la capacité des enseignants à transmettre la langue, je ne vois pas pourquoi elle serait moindre que celle des maîtres qui autrefois réussissaient à enseigner le français à des enfants parlant chez eux mille patois !
[...]
www.marianne2.fr/L-ecole-ne-doit-pas-eduquer-mais-instruire_a205306.html
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Lun 25 Avr - 20:55


Le français, grand perdant de 2012, redoute Danièle Sallenave
[Extraits]

[…] Le 7 avril, Danièle Sallenave a été à l'Académie française au fauteuil (numéro 30) de Maurice Druon. L'écrivaine est ainsi devenue la septième femme à intégrer cette haute institution française. La cinquième à porter l'habit vert aujourd'hui, avec Assia Djebar, Florence Delay, Simone Veil et Hélène Carrère d'Encausse.

« Académie et CP main dans la main »

Pour cette fille d'instituteurs, ex-enseignante elle-même, il est essentiel que les Académiciens ne se cantonnent pas au dictionnaire, mais aillent vers la société, et particulièrement vers les enfants, pour leur donner une maitrise de la langue, qui leur permettent de « se construire ».

Pour elle, pour qu'une langue vive, il faut qu'elle soit parfaitement maîtrisée dès le primaire ; « Académie et cours préparatoire main dans la main. » (Voir la vidéo)

« Un enfant est ouvert à tout ce qu'on veut bien lui donner »

L'apprentissage de la lecture n'est rien d'autre que celui de la langue. Et sans maîtrise de la langue, pas de plaisir de la lecture.

Dans cet apprentissage, dit-elle, il ne suffit pas d'enseigner des textes modernes, tirés de la littérature jeunesse ou du rap : il ne faut pas craindre de proposer aussi aux enfants des textes du patrimoine littéraire français, qui souvent ne manquent pas de créativité, de Rabelais à Céline :

« Un enfant est ouvert à tout ce qu'on veut bien lui donner, du moment qu'on le donne avec amour et avec passion. » (Voir la vidéo)

En politique, le français pur est un « devoir démocratique »

Pour Danièle Sallenave, le mauvais usage de la langue appauvrit la discussion politique :

« Quel rapport puis-je avoir avec quelqu'un qui me débite non pas un mot, mais un “ élément de langage ” ? ! Un rapport presque nul. » […]

Hubert Artus
www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2011/04/25/le-francais-grand-perdant-de-2012-predit-daniele-sallenave-201110
www.dailymotion.com/video/xid6bk_daniele-sallenave-interview-d-une-nouvelle-academicienne-1-3_creation#from=embed


Danièle Sallenave élue à l'Académie française
Par Josyane Savigneau (Le Monde)
www.livres-a-lire.net/article-daniele-sallenave-elue-a-l-academie-francaise-71427094.html
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Sam 25 Juin - 11:34


L'égyptologue Christiane Desroches Noblecourt
décédée le 23 juin 2011 dans sa 98e année.


« Des collègues ou des étudiants m'ont exprimé leur effroi à l'idée que ces imbéciles de l'Éducation nationale voudraient supprimer des programmes l'histoire de l'Égypte. Mais bon dieu, c’est quand même la première grande civilisation qui existe au monde et qui est à l’origine de la nôtre […] ! Il faut être crétin comme les types de l’Éducation nationale pour envisager ça. C’est lamentable ! » (2009)

Première femme égyptologue et surnommée "la grande prêtresse de Ramsès II", Mme Desroches-Noblecourt est célèbre pour avoir sauvé les temples d'Abou Simbel et avoir été à l'origine des expositions "Toutankhamon" et "Ramsès II" à Paris.

Au cours d'une carrière de plus de cinquante ans, elle a permis de préserver vingt-quatre temples de Nubie, en Haute-Egypte. Elle a par ailleurs assuré la conservation de la momie de Ramsès II, rongée par les champignons, en la faisant irradier à Saclay, en région parisienne.

RÉSISTANTE ET INTRÉPIDE HISTORIENNE

Née le 17 novembre 1913, à Paris, Christiane Desroches-Noblecourt obtient une licence d'études égyptiennes à l'Ecole pratique des hautes études, entre au département d'égyptologie du Louvre et part diriger des fouilles en Egypte dès 1937. Résistante en France pendant la seconde guerre mondiale, elle parvient également à cacher en province des chefs-d'œuvre égyptiens conservés au Louvre. Après la Libération, sous l'égide de l'Unesco, elle entreprend des centaines d'allers-retours entre Paris et l'Egypte. Elle s'occupera au total de sept cents chantiers, non seulement en Egypte, mais aussi dans le Hoggar algérien.

Au milieu des années 1950, c'est elle qui conçoit le projet, considéré comme impossible par les autorisés égyptiennes et de nombreux spécialistes, de surélever les temples de Ramsès, creusés dans le rocher, et menacés d'engloutissement par les eaux du Nil en raison de la construction du nouveau barrage d'Assouan. Elle parvient à sauver un grand nombre de monuments.

C'est elle qui, avec le soutien enthousiaste du président égyptien Nasser et du général de Gaulle, organise l'exposition "Toutankhamon" au Louvre, en 1967 à Paris, qui accueillera près d'1,3 million de visiteurs. En 1976, elle participe aussi à l'exposition "Ramsès II" à Paris, qui accueille presque autant de visiteurs.

Première femme récipiendaire de la médaille d'or du CNRS, elle a reçu également la médaille d'agent de l'Unesco, et elle est l'une des très rares femmes grand-croix de la Légion d'honneur.
www.lemonde.fr/carnet/article/2011/06/24/christiane-desroches-noblecourt-premiere-femme-egyptologue-est-morte_1540771_3382.html


Égyptologue, pour une femme de son époque, c’était un métier sacrément osé.

Cette femme érudite avait le pouvoir de transmettre la réalité vibrante de cette civilisation plurimillénaire, sans pédanterie, sans emphase. Juste avec clarté et simplicité. C’était son univers quotidien qu’elle transmettait avec modernité, malgré l’immense décalage entre notre temporalité et celle de l’Égypte ancienne.

Christiane Desroches Noblecourt a fait sa carrière au Louvre et sur le terrain et fini par prendre la tête du département des antiquités égyptiennes.
Guillemette Andreu, qui dirige à présent ce département, évoque "son culot, son audace, sa motivation, sa passion" mis au service de l'égyptologie.
Mme Andreu souligne qu'elle a su s'imposer comme femme dans un milieu d'égyptologues à l'époque entièrement masculin. Un jour, pour lui jouer un tour, certains de ses collègues l'avaient même enfermée dans une tombe où elle avait dû passer la nuit.
Mais rien n'arrêtait cette femme de petite taille, assez forte, et toujours bien coiffée. "Elle avait un sens magnifique de la médiation, de la vulgarisation. Elle savait faire revivre Ramsès II comme si elle avait pris un verre avec lui la veille", souligne Guillemette Andreu. "Elle a fait entrer l'Égypte dans la culture générale des Français".
Pendant la Seconde guerre mondiale, elle était parvenue à cacher en province des chefs-d’œuvre égyptiens conservés au Louvre.
www.starafrica.com/fr/actualites/detail-news/article/deces-de-legyptologue-christiane-desroc-173730.html
www.in-business.fr/2011/06/24/christiane-desroches-noblecourt-a-rejoint-ramses-ii/15885


Filmée à 96 ans
http://videos.france5.fr/video/iLyROoafId-8.html

France 5 bouleverse sa programmation pour lui rendre hommage en diffusant le vendredi 1er juillet à 21h 35 le documentaire de la collection Empreintes, qui lui avait été consacrée.
www.france5.fr/empreintes/index-fr.php?page=personnalite&id_article=145
www.lunion.presse.fr/article/autres-actus/documentaire-sur-legyptologue-christiane-desroches-noblecourt-un-portrait-%C2%AB-pha
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sarkophage



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MessageSujet: Pauvres petits historiens...   Lun 25 Juil - 2:56

En tout cas, si les professeurs d'université s'engageaient un peu plus politiquement, ou s'engageaient tout court, nous n'en serions pas là.
Étudiant en histoire, dans mon université, le mouvement anti-réforme / anti-sarkozysme a essuyé un mépris sans borne de la part de la grande majorité des professeurs d'histoire. Qu'ils restent donc dans la poussière de leurs laboratoire et de leur Recherche...

Une seule prof s'est engagé... une jeune. Le reste, que du mépris. Et vas-y que je me plains d'être pris en otage, et vas-y que je me plains d'arriver en retard à cause des transports, et vas-y que je tape sur les grévistes.

Bien fait pour "la culture" ! Bien fait. Apparemment il faut le chaos pour que ces cultureux se réveillent. Ils attendent quoi ?

P.S. : je parle des universitaires/"historiens" actuels. Pas de Jacqueline de Romilly...
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Lun 25 Juil - 15:22

Je comprends que l’inertie ou un état d’esprit réactionnaire exaspèrent, sarkophage. Il ne faut pourtant pas jeter le bébé avec l’eau du bain. Est-ce qu’on doit mépriser la langue anglaise parce qu’elle est parlée par Bush ou les banquiers de Goldman Sachs ?
Ce n’est pas la culture ou l’étude de l’histoire qui « droitisent » les gens, mais plutôt l’ignorance, à mon avis. La culture développe l’esprit critique, permet de prendre du recul, alors que l’ignorance rend manipulable. La bande au pouvoir montre depuis des années qu’elle compte en tirer parti via ses campagnes mensongères.
Si les Français étaient moins ignorants, ils n’auraient sûrement pas mis un bateleur inculte à la tête de l’État. Il faut donc développer la culture et respecter tout ce qui la favorise, l’histoire et tous les domaines de la connaissance.
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MessageSujet: L'avenir de la France ?   Mer 10 Aoû - 17:47


Les petits Américains ne sauront bientôt plus écrire
Dans les écoles primaires de l’Indiana l’enseignement de l’écriture va être remplacé par des cours de sténo, "plus rapide et efficace" !

Cette décision est basée sur la forte augmentation d’examens passés en ligne et par le fait que les étudiants, même très jeunes, utilisent de plus en plus des machines pour rédiger leurs exposés ou faire leurs devoirs.

Cependant, la décision fait débat au pays de l’Oncle Sam. En plus de l’incapacité à signer des documents ou même remplir des chèques, il a été prouvé que la lecture et l’écriture sont liées, s’inscrivant toutes deux dans le processus de l’apprentissage et de la compréhension.

Vidéo :
www.5min.com/Video/Indiana-Schools-Trading-Cursive-For-Keyboards-517122406
www.closermag.fr/content/57964/les-petits-americains-ne-sauront-bientot-plus-ecrire


Bob l’Éponge écolo provoque les foudres des conservateurs américains

À l’initiative du ministère de l’Éducation aux États-Unis, le dessin animé “Bob l’Éponge”, diffusé le 20 juillet 2011 sur la chaîne Nickelodeon visait à sensibiliser les enfants au réchauffement climatique. Un film que la chaîne conservatrice Fox News ne trouve pas à son goût, dénonçant un endoctrinement de la jeunesse.

Dans le scénario, Bob l’Éponge brûle des pneus pour réchauffer l’atmosphère et permettre à son ami Mister Crab de garder l’eau de sa piscine chaude. Mais l’eau commence à bouillir et s’évapore rapidement. Tout rentre dans l’ordre lorsque les habitants du village commencent à planter des arbres et à circuler à vélo. Le message ? Produire des gaz à effet de serre provoque le réchauffement climatique et n’est pas bon pour la planète.

« Le gouvernement accuse les hommes du réchauffement climatique, mais il ne dit pas aux enfants que c’est un fait contesté », a déclaré Gretchen Carlson, animatrice et figure de la Fox, dans son émission “Fox & Friends”. Elle insiste notamment sur le fait que les histoires de Bob l’Éponge sont souvent “difficiles à suivre”.

Autre animateur de la Fox, Dave Briggs a ajouté que le réchauffement climatique était une “science non prouvée”. Il dénonce un positionnement unilatéral et illogique : “C’est un système d’éducation publique pour lequel nous payons tous, et Bob l’Éponge ose dire que le réchauffement climatique est un problème créé par l’homme, et que l’homme doit intervenir pour y remédier”. Pour Dave Briggs, le ministère de l’Éducation doit se concentrer sur d’autres priorités.
Vidéo :
http://mediamatters.org/research/201108030029
http://teleobs.nouvelobs.com/articles/rechauffement-climatique-les-conservateurs-critiquent-bob-l-eponge



Pourquoi la jeunesse aux États-Unis ne se révolte pas

Ce sont les jeunes qui ont toujours dynamisé les mouvements démocratiques. et donc, c’est un sacré exploit qu’ont réalisé les classes dirigeantes en créant des structures sociétales capables d'assujettir les jeunes en Amérique et de briser leur esprit de résistance à la domination.

Les jeunes aux Etats-Unis –plus encore que les autres générations - semblent avoir intégré l’idée que la "corporatocratie" peut les arnaquer complètement et qu’ils sont impuissants à réagir face à cela. Un sondage Gallup réalisé en 2010 demandait : "pensez-vous que le système de Sécurité Sociale pourra vous verser une pension quand vous partirez à la retraite ?" Parmi les 18-34 ans, 76 % ont répondu non. Pourtant, bien qu’ils pensent qu’ils n’auront pas accès à la Sécurité Sociale, peu d’entre eux ont manifesté pour que cette institution soit renflouée en imposant les riches plus équitablement ; la plupart semblent résignés à se voir prélever davantage de cotisations sociales, même s’ils pensent qu’ils n’en bénéficieront pas.

Comment donc la société a-t-elle réduit la jeunesse américaine au silence ?

1. Les remboursements des prêts étudiants
[...]
Actuellement, aux Etats-Unis, deux tiers des étudiants en dernière année de licence (quatrième année, NDT) ont un crédit à rembourser. Alors que l’endettement des étudiants s’élève à près de 25000 dollars en moyenne, de plus en plus d’étudiants licenciés me disent qui auront à rembourser près de 100.000 dollars.

A une époque de la vie où il serait plus facile de contester l’autorité parce qu’on n’a pas de charge de famille, beaucoup de jeunes gens ne s’inquiètent que du coût que représenterait le fait de s’en prendre au pouvoir, de perdre son emploi et de se retrouver dans l’incapacité de rembourser une dette en constante augmentation.

2. Traiter la rébellion comme une psychopathologie
En 1955, Erich Fromm, psychanalyste de gauche très respecté à l’époque, et qui militait contre l’autoritarisme, écrivait : "Aujourd’hui, la fonction de la psychiatrie, de la psychologie et de la psychanalyse menace de devenir l’instrument de la manipulation des êtres humains".

Fromm est mort en 1980, l’année même où une Amérique de plus en plus autoritaire élisait Ronald Reagan à la tête de l’Etat, et où une "Association Américaine de Psychiatrie" de plus en plus autoritaire ajoutait à sa bible de classifications des diagnostics (appelée alors le DSM-III) les troubles graves du comportement chez l’enfant et l’adolescent, comme le "trouble oppositionnel avec provocation" de plus en plus en vogue.
[...]
Des puissants neuroleptiques (comme le Zyprexa et le Risperdal) sont actuellement les médicaments qui réalisent le plus de bénéfices aux Etats-Unis (16 milliards de dollars en 2010). [...]

3. Des écoles qui apprennent l’obéissance, pas la démocratie
Lors de la remise du prix du Professeur de l’Année décerné par la ville de New York le 31 janvier 1990, John Taylor Gatto choquait une grande partie de l’assistance en déclarant : "La vérité, c’est que les écoles n’enseignent pas grand chose en réalité, si ce n’est à obéir aux ordres. C’est un grand mystère pour moi parce que des milliers de personnes dévouées et attentionnées travaillent dans les écoles en tant qu’enseignants, assistants et administrateurs mais la logique abstraite de l’institution neutralise leurs contributions individuelles".

Il y a une génération de ça, la question de l’éducation obligatoire en tant qu’instrument servant à créer une société autoritaire faisait l’objet de nombreux débats, mais, alors que la situation est bien pire aujourd’hui, on n’en entend pratiquement plus jamais parler. [...]

4 – Les réformes éducatives "No child left behind" et " Race to the Top"
La corporatocratie a imaginé un moyen de rendre nos écoles déjà autoritaires encore plus autoritaires. [...]
Ces politiques consistent essentiellement à soumettre les élèves à la tyrannie de tests normalisés, générateurs de crainte, ce qui est, pour une société démocratique, antinomique avec l’éducation.

L’angoisse pousse les élèves et les professeurs à ne plus travailler que pour répondre aux exigences de ceux qui élaborent les sujets des tests. Elle annihile la curiosité, l’esprit critique, la remise en cause de l’autorité et la contestation et la résistance à l’autorité illégitime. [...]

5. Vanter les jeunes qui prennent au sérieux l’éducation – mais pas les études
Actuellement, environ 85 % des Américains ont un diplôme de fin d’études secondaires, mais ce n’est encore pas assez pour Barack Obama qui a déclaré en 2009 : "Et abandonner le lycée avant la fin des études n’est plus possible. Ce n’est pas seulement faillir à soi-même, c’est faillir à son pays".

Aujourd’hui, les Américains sans diplômes universitaires sont constamment montrés du doigt et qualifiés de ’losers".

Mais, plus les Américains font d’études, moins ils sont conscients de la lutte des classes qui a lieu actuellement, et plus ils sont incapables de contester la classe dirigeante. [...]

6. La banalisation de la surveillance
La crainte d’être surveillée rend la population plus facile à maîtriser. [...]
les jeunes acceptent de plus en plus d’être surveillés par la corporatocratie parce que, y ayant été habitués dès l’enfance, la surveillance est, pour eux, une pratique normale.

Leurs parents consultent systématiquement Internet pour connaître les notes des tests de leurs enfants et savoir quelles tâches ont été accomplies, et, tout comme les patrons, ils surveillent les ordinateurs de leurs enfants et leurs pages Facebook. Certains parents utilisent le GPS des téléphones portables de leurs enfants pour les localiser et d’autres parents ont installé des caméras de surveillance chez eux. Je rencontre de plus en plus de jeunes gens qui n’osent pas organiser une fête quand leurs parents sont partis et, donc, comment pourraient-ils oser se lancer dans l’organisation d’un mouvement démocratique sous l’œil des autorités ?

7. La télévision
Les enfants sont en moyenne huit heures par jour devant un écran, que ce soit pour la télévision, les jeux vidéo, les films, Internet, les téléphones portables, les iPods, et d’autres appareils (en dehors de l’usage qu’il en est fait pour l’école).

Pour une société autoritaire, la télévision est le rêve devenu réalité : les gros capitalistes possèdent pratiquement tout ce que les gens regardent. Les programmes-télé qui suscitent l’angoisse rendent les gens plus craintifs et plus méfiants vis-à-vis des autres, ce qui est parfait pour une classe dirigeante dont la méthode se résume à "diviser pour régner". La télévision isole les gens de façon à ce qu’ils ne se rassemblent pas pour organiser la résistance contre les autorités ; et quels que soient les programmes, les ondes cérébrales des téléspectateurs sont au ralenti, ce qui les met dans un état proche de l’hypnose, et qui n’est pas propice au développement d’un esprit critique. [...]

8. La religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste
La société américaine offre à la jeunesse le "choix" entre la religion fondamentaliste et le consumérisme fondamentaliste. Toutes les formes de fondamentalisme réduisent notre vision et inhibent notre esprit critique. Alors que certains progressistes se plaisent à appeler la religion fondamentaliste l’"opium du peuple", ils oublient trop souvent la nature lénifiante de l’autre fondamentalisme majeur aux États-Unis.

Un système de consumérisme fondamentaliste légitime la publicité, la propagande et toutes sortes de manipulations, y compris les mensonges ; et quand une société légitime les mensonges et le pouvoir de manipuler, elle détruit la capacité de la population à se faire confiance mutuellement et à organiser des mouvements démocratiques. Le consumérisme fondamentaliste favorise l’égocentrisme, qui empêche la solidarité nécessaire pour organiser des mouvements démocratiques.

Ces aspects ne sont pas les seuls de notre société à désarmer la jeunesse américaine et anéantir leur résistance à la domination. Le complexe industriel agroalimentaire a contribué à créer une épidémie d’obésité infantile, de dépressions, et de passivité.
[...]
Bruce E. Levine, psychologue clinicien

Ecouter aussi Susan George : Pourquoi les gens ne se rebellent-ils pas ?
www.reporterre.net/spip.php?article501
www.reporterre.net/spip.php?article2095


Un blog qui parle de la vie sur les campus américains.
http://miss.cafe.over-blog.com/article-le-complexe-du-corn-flakes-51152309.html
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Dim 2 Oct - 16:15



1994 : naissance du capitalisme de la connaissance
Des savoirs aux compétences, des ‘humanités’ aux connaissances-marchandises

‘L’économie de la connaissance’

Thème du journal 3D de France Inter ce 2 octobre 2011
Parmi les invités : Christian Laval, sociologue, professeur de sociologie à Paris X-Nanterre. Il est l'auteur de nombreux essais, dont "La nouvelle école capitaliste", avec Guy Dreux, Pierre Clément et Francis Vergne (La Découverte, août 2011), "L'Appel des appels - Pour une insurrection des consciences", avec Roland Gori et Barbara Cassin (Mille et une nuits, 2009), et "L'école n'est pas une entreprise : le néo-libéralisme à l'assaut de l'enseignement public" (La Découverte, 2004).

Stéphane Paoli, apôtre de la néo-libérale Union européenne, fait semblant de se demander comment remettre l’humain au cœur du système.
www.franceinter.fr/emission-3d-le-journal-l-economie-de-la-connaissance-et-y-aller-ou-pas-strategie-politique-en-temps-

La liberté du commerce comme principe absolu
La création de l’OMC par le Traité de Marrakech en 1994 est passée pratiquement inaperçue.
Institution clef de la mondialisation capitaliste, aux côtés du FMI et de la Banque mondiale, l’OMC a pour mission de promouvoir la « liberté du commerce ». Il s’agit d’imposer le règne sans partage de la marchandise, de soumettre les conditions de travail et d’existence quotidienne et les libertés des citoyens, aux prétentions des groupes capitalistes de réaliser en toute liberté leurs profits sur le marché mondial.
www.gabrielperi.fr/L-OMC-contre-les-peuples

Capital humain et gestion des connaissances, une vision strictement utilitariste du savoir
Depuis le milieu de la décennie 1990, l’Union européenne décrète en effet l’entrée dans une nouvelle forme de société, définie comme une « société du savoir » ou encore une « société basée sur la connaissance », facettes cognitives de ce qu’il est désormais convenu de nommer « la société de l’information ».
L’origine d’une bonne partie des propositions formulées aujourd’hui peut être trouvée dans un Livre Blanc publié par la Commission en 1995 et intitulé Enseigner et apprendre - vers la société cognitive.

Établi par 20 auteurs, dont dix-huit sont des chefs d’entreprises nationales européennes en plein processus de multinationalisation (Bang & Olufsen, Canal+, IBM Europe, Olivetti, Philipps Electronics, Siemens ou Volvo), le rapport Bangemann de 1994 « exhorte l’Union européenne à placer sa confiance dans les mécanismes de marché en tant que force motrice qui nous conduira vers l’âge de l’Information. » Il s’agit en outre de « stimuler une mentalité entrepreneuriale », de « faire advenir un marché compétitif des services d’information à l’échelle européenne », et il ne s’agit surtout « PAS de plus d’argent public, d’aide financière, de subventions, de dirigisme ou de protectionnisme »

De cette représentation de la société calquée sur le modèle de l’entreprise, découle ainsi la vision d’un individu tout entier défini par son utilité pour l’entreprise et, in fine, par sa performance. La compétitivité des entreprises passe donc par la compétitivité des individus qui doivent désormais se former en conséquence.
c’est à une telle prétention à la redéfinition de la « bonne » connaissance que l’on assiste à travers la re-hiérarchisation des filières d’enseignement et des domaines de recherche en fonction d’un savoir utile à l’économie.

« l’ignorance n’est jamais aussi efficace que lorsqu’elle se transmet comme un savoir. »
Christian Schiess
http://articles.alambic.ch/connaissance/
http://users.swing.be/aped/


Bonnes feuilles de La nouvelle école capitaliste de P. Clément, G. Dreux, C. Laval et F. Vergne
[Extraits]
La logique de marché, qui tend à devenir la forme de régulation du système scolaire et universitaire, modifie peu à peu les manières de trier les élèves, alors même que les modalités anciennes de reproduction reposant sur les inégalités de capital culturel transmis dans le milieu familial, loin de disparaître, se métabolisent et se renforcent dans la nouvelle école capitaliste. […]

De façon générale, la concurrence s’impose à toutes les activités et dans toutes les professions comme la « solution » universelle pour diminuer les coûts de fonctionnement des services publics et augmenter la productivité des professionnels. Mais cette transposition de la logique de marché à toutes les activités ne se fait pas naturellement du fait des « lois immanentes » du capitalisme. Présentée comme une obligation, elle suppose une institutionnalisation politique de la concurrence. En l’absence d’un véritable marché scolaire, la politique néolibérale crée une configuration qui oblige les agents sociaux à se comporter selon la norme du marché et à adapter leur conduite aux impératifs concurrentiels. Ce que l’on appelle désormais dans la littérature sociologique des « marchés scolaires » sont, d’un point de vue économique, des « quasi-marchés ». Et ces « marchés scolaires » ou « quasi-marchés » ne sont pas le fruit d’une logique spontanée, mais le résultat d’une construction politique.

l’éducation est un bien dont la production obligeant les directions d’établissement à gérer les écoles comme des entreprises soumises aux demandes de clients désireux de disposer d’un service de qualité.
en France, il est de plus en plus question de parachever la construction du marché scolaire en supprimant complètement la carte scolaire
Comme l’expliquent les théoriciens néolibéraux de l’éducation, à commencer par Milton Friedman, le marché scolaire permet d’augmenter l’efficacité de l’école
Cet argumentaire, qui établit un lien étroit entre concurrence et efficacité, n’est pas vérifié par les enquêtes menées aussi bien au niveau international que national.
On ne s’étonnera pas des constats qui ont été faits par divers organismes ou associations français depuis : le libre choix contribue à la polarisation sociale et ethnique des établissements.
www.contretemps.eu/lectures/bonnes-feuilles-nouvelle-%C3%A9cole-capitaliste-p-cl%C3%A9ment-g-dreux-c-laval-f-vergne

Une vraie économie de la connaissance serait une économie de la gratuité et du partage qui traiterait les connaissances comme un bien commun de l’humanité.

www.perspectives-gorziennes.fr/index.php?post/2011/07/07/Andr%C3%A9-Gorz-%3A-%C2%AB-L%E2%80%99%C3%A9conomie-de-la-connaissance-est-la-crise-du-capitalisme-%C2%BB/488

Du processus de Bologne à la L.R.U, une catastrophe...
www.dailymotion.com/video/x8rxrj_du-processus-de-bologne-a-la-l-r-u_news

Le cartable électronique ou, la mise en boîte de l'enseignement
Présentées comme la révolution indépassable à venir, les TICE (Technologies de l'Information et de la Communication pour l’Éducation) ne recouvrent pas seulement un aspect technique, mais aussi et surtout un aspect politique et même géopolitique.

L’avènement des Espaces Numériques de Travail (ENT) et des services logiciels qui s’y rattachent, est à mettre en corrélation avec la décentralisation et en perspective dans le cadre du Nouvel ordre éducatif mondial.
Les « sciences » de l’éducation servent de support idéologique à ce mondialisme éducatif.
www.wikio.fr/article/cartable-electronique-mise-boite-enseignement-274079720

Les Implications de l’AGCS/OMC
pour l’Enseignement Supérieur en Afrique
www2.aau.org/wto-gats/papers/gatsproceedings-fr.pdf

Historique de l’enseignement en Belgique
www.ibe.unesco.org/National_Reports/ICE_2008/belgium-cfwb_NR08_fr.pdf

Liens sur le site de l’OMC
ww.wto.org/french/tratop_f/trips_f/trips_f.htm
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Ven 18 Nov - 21:25


Education : l'UMP prépare une école de malheur
[Extraits]

Les trente propositions de l'UMP publiées dans un document* intitulé « Du savoir pour tous à la réussite de chacun » définissent le projet d'une autre école... une école de malheur.

Ce texte tissé de mensonges et d'incompétences manifestes réalise en outre un détournement du lexique historique de la pédagogie émancipatrice, celle que le néolibéralisme s'est donné pour mission de détruire à jamais.

Une destruction programmée de l'école...


Ecole du malheur, en effet, car ce que l'on savait déjà, exprimé par bribes, est ici exposé sans la moindre précaution ni tergiversation : le projet de cette droite bêtement mais dangereusement autoritaire est de détruire l'école pour la remplacer par une entreprise.

Une entreprise productrice de « ressources humaines ». Ces ressources humaines dont la gestion tient lieu de culture à un ministre qui ne peut ouvrir la bouche sans proférer un mensonge.

Tout est là : le chef d'établissement qui devient chef d'entreprise (proposition 10) et à ce titre gestionnaire des ressources humaines, ce qui signifie qu'il embauche les enseignants dont le profil correspond à son projet d'établissement et qu'il les licencie quand ils ne correspondent plus. Mais quel est donc ce projet d'établissement ?

Il est défini par un « contrat d'objectifs passé avec le directeur de l'école » (proposition 4). Mais quel peut bien être le contenu de ce contrat ? Il est tout entier dans ceci :

« Il faut que soient rendues publiques les évaluations bilans de CE1, CM2, cinquième comme les résultats du diplôme national du brevet en fin de troisième, afin de montrer la valeur ajoutée de chaque école et de chaque collège, à l'exemple des indicateurs de résultats des lycées. »

... pour en faire une entreprise

Voici donc l'école-entreprise dans toute sa splendeur compétitive (valeur ajoutée, n'est-ce pas ? ) décrite en outre, dans la même proposition 4, en termes d'efficacité, de performance, d'évaluations incessantes jusqu'en maternelle.

Car le ministre ment évidemment quand il affirme qu'il n'a jamais été question d'évaluation en maternelle (Le Monde, 19 octobre) alors que la brochure publiée sur le site du ministère et datée du 12 mars 2010 s'intitule « Aide à l'évaluation des acquis des élèves en fin d'école maternelle ».

Comme il ment quand il dit qu'il s'agit seulement de « repérage ». Et on ne manquera pas d'apprécier le terme dont le champ sémantique a plus à voir avec le maintien de l'ordre et la ségrégation qu'avec l'éducation.

Et ils mentent, le ministre et ses comparses, quand ils emploient les termes « jardin » et « éveil » soustraits sans scrupules à l'histoire de la pédagogie active pour désigner des garderies « implantées (sic) dans des locaux communaux » qui, à l'encontre de la notion même d'éveil, doivent « préparer à la maternelle ».

Quant aux jardiniers de ces jardins ce seront des personnels « qualifiés petite enfance » car comme dit un jour le ministre précédent, nul besoin d'un master pour changer des couches-culottes. Tel est le niveau de ces gens-là, telle est leur conception de l'éducation.

Le cynisme des dénominations mensongères

Mais le cynisme ne s'arrête pas là car il faut « rendre l'assiduité obligatoire pour les élèves inscrits à l'école maternelle » (proposition 2) alors qu'il est bien précisé que la maternelle n'est pas obligatoire et que ces gens-là « sont pour la liberté, pour le choix des familles » car il est en effet des familles qui peuvent se passer de maternelle, qui peuvent user de gouvernantes et de précepteurs.

Le cynisme est encore dans ces dénominations mensongères en ceci qu'elles se réfèrent à des lieux d'excellence pour désigner des lieux de relégation ainsi ces « Prépa-pro » (prépa, n'est-ce pas ? ) ou ces classes « métiers-études » (comme sport-études bien sûr) et qui seraient « des classes d'ouverture et d'expression des talents », des talents (talents, n'est-ce pas ? )

École de malheur pour enseignants et parents

On n'en finit pas de relever dans ce programme les constituants de cette école de malheur pour les enfants d'abord, mais aussi pour les enseignants qui auraient bien intérêt à lire ce programme dans le détail : ils sont traités là comme les simples exécutants d'un « projet » (encore un mot volé et non des moindres) venu d'en haut, soumis à l'autorité d'un cheffaillon « formé à la GRH » (mais pas à la pédagogie ? ) qui les évaluera sous le regard d'un inspecteur d'académie (proposition 15) lequel etc.

École de malheur pour les parents auxquels on prétend vouloir ouvrir l'école, comme si on les avait attendus, ces gens-là, pour penser aux parents alors qu'il n'y a pas un projet expérimental, dont les tiroirs du ministère sont pleins, qui n'affirme cette nécessité. Mais pourquoi nos gestionnaires de ressources humaines souhaitent-ils soudain inviter les parents à l'école ?

Pour, à l'aide d'une mallette, la « mallette des parents », leur apprendre le « métier de parent ». Car pour eux, être parent est un métier, et il ne sont même pas conscients, ce faisant, de la monstruosité qu'ils profèrent. Car ce n'est pas seulement de l'école qu'ils veulent faire une entreprise mais de la société toute entière.

Mais il y a pire, car non seulement ils veulent faire un métier de ce qui devrait toujours être un pur acte d'amour mais, selon l'expression de Guéant qui en devient alors un sinistre personnage, « un métier de parent d'élève à la française » (Proposition 7 : à la française, n'est-ce pas ? ).

Et l'on suppose que les parangons de ces « parents à la française » ce sont eux, les sieurs Guéant, Chatel et consort. [...]

Nestor Romero, ancien enseignant
http://blogs.rue89.com/restez-assis/2011/11/18/education-lump-prepare-une-ecole-de-malheur-225786
*ww.u-m-p.org/actualites/argumentaires-infographies/education-du-savoir-pour-tous-a-la-reussite-de-chacun-38561011
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MessageSujet: Re: Jacqueline de Romilly, Christiane Desroches Noblecourt : l’anti-pensée unique capitaliste   Aujourd'hui à 6:03

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