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 Spéculation, crise, finance / Economie

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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Jeu 14 Jan - 8:16



Crise financière : comment éviter l'explosion ?
Tribune de Pierre Larrouturou publiée dans Le Monde du 14 janvier 2010

Peut-on soigner une gueule de bois avec un double whisky ? Peut-on sortir de la crise de la dette en accumulant plus de dette encore ?
Dans tous nos pays, beaucoup s'alarment aujourd'hui de la fuite en avant des finances publiques mais tous savent que, dans l'état actuel de nos économies, stopper les déficits amènerait à replonger dans une récession profonde.
"Il y a une bombe sous la reprise actuelle, c'est l'endettement public" affirmait récemment Pascal Lamy, le directeur général de l'OMC, mais il ne conseillait pas pour autant de stopper les déficits.
Que choisir ? Sombrer dans le gouffre de la récession (tout de suite) ou foncer dans le mur de la dette (dans quelques années) ?
Le Monde


Entre 1976 et 2006
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Dim 31 Jan - 22:58



Extrait d'un texte de Frédéric Lordon
De nouveau le risque systémique et les «bonnes» contreparties

si j’ai dit et répété autant que je le pouvais depuis août 2007 qu’il n’y avait pas plus impérieuse nécessité qu’un sauvetage de la finance, et pas plus grand scandale que ce sauvetage demeure sans sévérissimes contreparties, ce ne sont visiblement pas les mêmes – contreparties – que nous avons à l’esprit. Pour faire simple, on ne voit pas en quoi de pures pénalités financières ponctuelles (à la sauce Commission) auraient quelque pouvoir que ce soit de modifier durablement le comportement des banques. Comme toujours les grands libéraux, Jean Quatremer ne voit que des agents individuels et est incapable de voir les structures qui les déterminent. Or on ne change significativement aucun comportement d’agent tant qu’on n’a pas profondément modifié le système des contraintes et des autorisations dans lequel ils s’ébattent. En l’espèce ce système est celui de la libéralisation des marchés de capitaux. « Mes » contreparties, si je puis m’exprimer ainsi, ne consistent pas en stupides pénalités d’un jour, mais en transformation radicale du jeu même de la finance marchéisée tel qu’il réengendre continûment des crises, et en le retour à une configuration des structures de la finance dans laquelle les marchés eux-mêmes seront réduits autant qu’il le faut pour neutraliser les emportements concurrentiels-cupides et les invraisemblables prises de risque qui les accompagnent.

Le sort que je propose de réserver à la finance de marché en crise maximale est, j’en conviens paradoxal, puisque il tient en quelque sorte qu’il faut la tuer mais rétablie ! C’est une position pas trop compliquée, mais dont je vois bien pourtant ce qu’elle a de déconcertant de prime abord – et ce n’est plus tant à Jean Quatremer que je m’adresse ici qu’à certaines critiques relevées sur ce blog. Laisser la finance d’aujourd’hui mourir d’elle-même, comme elle y va tout droit sans plans publics, nous offre pour seule certitude de la suivre de très près dans la tombe. Je voudrais voir la tête des partisans, d’ailleurs très légitimement révoltés, de la « mort bancaire tout de suite », au moment où le plaisir d’avoir vu les banques en ruine sera suivi du constat que leur banque également est allée au tas, et que leurs petites économies sont entièrement parties en fumée – car c’est cela le niveau du risque systémique dans lequel nous vivons depuis la mi-septembre. J’ai qualifié, depuis longtemps déjà, cette situation qui force littéralement les pouvoirs publics à venir au secours des irresponsables de la finance, de prise d’otage [6] – est-ce assez clair ?

lundi 1er décembre 2008
RQPJQ (Rien Que Pour Jean Quatremer)
http://blog.mondediplo.net/2008-12-01-RQPJQ-Rien-Que-Pour-Jean-Quatremer
Arrow Page avec de nombreux liens


Les bonus des banquiers : le grand show de la taxation

Gordon Brown est tellement bas dans les sondages que tout est permis pour tenter désespérément de ne pas faire des élections de l’an prochain les pires du parti travailliste.Le Président français qui prétend réguler la City par Michel Barnier interposé emboite le pas au premier ministre britannique. Mais ne nous arrêtons pas à leurs motivations.
Annoncer que l’on va « récupérer » un milliard d’Euros grâce à cet impôt est de la fanfaronnade. Les banquiers sont déjà occupés à organiser des systèmes en tous genres pour éviter cette taxation. Ce sera un jeu d’enfant, même si ce sera un peu pénible pour les mois à venir. Je puis au moins imaginer une dizaine de moyens d’y arriver. La City a d’ailleurs vu venir le coup en augmentant les salaires et diminuant les bonus.
C’est évidemment au niveau des banques et pas des banquiers qu’il fallait agir.
10 décembre 2009
http://finance.blog.lemonde.fr/2009/12/10/les-bonus-des-banquiers-le-grand-show-de-la-taxation/
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Jeu 4 Fév - 6:27



POUR RELANCER L'ÉCONOMIE
Et si on fermait la Bourse...

par Frédéric Lordon

C'était il y a un peu plus d'un an : les gouvernements secouraient les banques aux frais du contribuable... Mais la finance n'est pas qu'affaire de banquiers. C'est aussi celle des actionnaires. Une proposition pourrait ne pas leur plaire : fermer la Bourse.

Pour un peu, le grand spectacle de ces deux dernières années nous l’aurait presque fait oublier : là où la finance «de marché»* (les astérisques renvoient au glossaire), appellation un peu idiote mais il en faut bien une pour faire la différence, semble s’activer dans un univers clos, loin de tout et notamment du reste de l’économie, la finance actionnariale*, celle des propriétaires des moyens de production, campe à l’année sur le dos des entreprises — et, comme toujours, en dernière analyse, des salariés. Il a fallu la «mode du suicide» si délicatement diagnostiquée par M. Didier Lombard, président-directeur général (PDG) de France Télécom, pour offrir l’occasion, mais si peu saisie dans le débat public, de se souvenir de ce dégât quotidien de la finance actionnariale dont les injonctions à la rentabilité financière sont implacablement converties par les organisations en minimisation forcenée des coûts salariaux, destruction méthodique de toute possibilité de revendication collective, intensification épuisante de la productivité et dégradation continue des conditions matérielles, corporelles et psychologiques du travail.

Contre toutes les tentatives de dénégation dont on entend d’ici les accents scandalisés, il faut redire le lien de cause à effet qui mène du pouvoir actionnarial, dont plus rien dans les structures présentes du capitalisme ne retient les extravagantes demandes, à toutes les formes, parfois les plus extrêmes, de la déréliction salariale. Et si les médiations qui séparent les deux bouts de la chaîne font souvent perdre de vue la chaîne même, et ce que les souffrances à l’une des extrémités doivent aux pressions exercées depuis l’autre, si cette distance demeure la meilleure ressource du déni, ou des opportunes disjonctions dont le débat médiatique est coutumier, rien ne peut effacer complètement l’unité d’une «causalité de système» que l’analyse peut très bien dégager .

Si donc la refonte complète du jeu de la finance «de marché», réclamée avec d’autant plus de martiale véhémence par les (...)
www.monde-diplomatique.fr/2010/02/LORDON/18789
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Sam 6 Fév - 16:13



Portugal, Ireland, Greece, Spain : PIGS

Les traders sont responsables de la crise économique qui affecte la planète et ruine l'économie de pays entiers.
Ces fous furieux osent insulter leurs victimes.
C'est ainsi qu'ils ont regroupé Portugal, Irlande, Grèce et Espagne sous le sigle PIGS (Portugal, Ireland, Greece, Spain) !
Ces pays qui voient leur cotation financière dégradée au point de devoir emprunter à des conditions notablement défavorables par rapport à la moyenne européenne. C'est-à-dire à un taux de 5 % alors que la BCE prête à 1 %.
www.kpmg.fr/fr/news/decryptages/international/international-bric-pigs.asp



Dans son essai de sociologie intitulé "Les traders", Olivier Godechot "montre notamment, avec un art du détail qui rend son propos presque drôle, que l'exploitation des informations économiques par les marchés financiers ne relève pas d'analyses scientifiques, mais d'une espèce d'interprétation réflexe, déterminée par le système culturel et symbolique dominant. Malgré une apparente technicité (les "morning meetings", les systèmes d'information perfectionnés, les opérateurs super diplômés, etc.), les marchés financiers adoptent une forme de gestion pavlovienne des stimuli reçus. L'auteur constate par exemple que les opérateurs vendent leurs titres lorsque la gauche revient au pouvoir en 97, parce qu'ils ont majoritairement une sensibilité de droite, et qu'ils continuent d'agir comme si la gauche pouvait nuire aux affaires ! Ce type d'approches provoque aussi une forme de fétichisme, palpable dans certaines modes, consistant par exemple à focaliser son attention sur le taux de chômage ou le taux d'intérêt, de façon abusive, en dehors de toute approche globale, systémique, de la réalité économique et de son évolution."
www.fluctuat.net/livres/chroniques01/traders.htm

La Bourse s'effondre,
ébranlée par les craintes sur les déficits publics

La Bourse de Paris a traversé une nouvelle semaine éprouvante qui l'a ramenée nettement sous les 3.600 points, dans un marché inquiet du dérapage des déficits publics dans la zone euro et déprimé par une reprise économique qui se ferait sans baisse notable du chômage. Sur la semaine, le CAC 40 a perdu 4,69 % pour terminer vendredi à 3.563,76 points, retrouvant ses niveaux de début de septembre 2009.
05/02/2010
lepoint.fr



Et comment se portent les criminels en col blanc ?
www.agoravox.fr/actualites/societe/article/les-banques-jusqu-a-l-ecoeurement-60207

Pertes et bonus à gogo chez Lazard
La banque franco-américaine a arrosé de cash ses salariés, contrairement aux règles du G 20.
www.liberation.fr/economie/0101617336-pertes-et-bonus-a-gogo-chez-lazard
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Sam 6 Fév - 16:33



Les banques Goldman Sachs et JP Morgan autorisées à fournir du gaz sur le territoire français
A-t-on tiré les leçons de la crise ?

Bonne question, n’est-ce pas ?
Alors, n’ouvrez pas les liens ci-dessous avant de vous être assuré d’être confortablement assis (cardiaques, s’abstenir !)
Voyez ceci (1) et cela (2).
Non, ce ne sont pas des faux : ceci figure réellement au Journal Officiel.

Paul Jorion
5 février 2010
www.pauljorion.com/blog/?p=7648

(1) Arrêté du 19 janvier 2010 autorisant la société Goldman Sachs International (GSI)
à exercer l’activité de fourniture de gaz
www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/arrete-Goldman-sachs-fournisseur-de-gaz.pdf

(2) Arrêté du 5 janvier 2010 autorisant la société JP Morgan Markets Limited (JPMML)
à exercer l’activité de fourniture de gaz naturel
www.pauljorion.com/blog/wp-content/uploads/arret%C3%A9-JP-Morgan-fournisseure-de-gaz.pdf

Goldman Sachs, banque anciennement dirigée par Robert Agostinelli, membre du CFR, hôte de Sarkozy pendant l'été 2007.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Conseil_des_relations_%C3%A9trang%C3%A8res
www.dailymotion.com/video/x2oox6_nicolas-sarkozy-en-vacances-a-wolfe_news
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Mar 16 Fév - 8:08



A l’échafaud !

Par Simon Johnson, économiste au Fonds Monétaire International

La plupart des big boss qui étaient en place avant la crise ont été maintenus à leur poste, et bien peu de choses ont changé depuis l’automne 2008 pour les autres cadres dirigeants, ni pour ce qui est des pratiques de contrôle de risque et des attitudes vis-à-vis du risque.

Personne n’a sérieusement envisagé de démettre les plus gros banquiers, qui ont pourtant contribué à cette situation de crise, ni même de démanteler leur banque comme prix à payer pour leur sauvetage.
Au fur et à mesure que les mesures prises pour stabiliser l’économie ont fait leur effet, les banques se sont mises à regagner de l’argent. [...] en quelques mois, les banques ont retrouvé leur ancienne position privilégiée avec leurs entrées politiques et leur pouvoir.

Il faut impérativement qu’Obama durcisse le ton avec les six banques américaines les plus importantes, dont la totalité des actifs vaut plus de 60% du PIB. L’administration américaine va-t-elle se saisir du problème, en faisant en sorte de réduire la puissance des banques et limiter leur poids politique ?

15 02 2010
www.leconomiste.com/article.html?a=98238



Europe Risks Another Global Depression

L’Europe risque une nouvelle récession

Simon Johnson, ex Conseiller économique auprès du FMI, analyse l’éventualité d’un recours à cette institution pour venir en aide à la Grèce, comme certains l’envisagent aujourd’hui. Outre le fait que les règles du FMI ne sont pas adaptées à une intervention en faveur d’un membre d’une union monétaire, et qu’une telle intervention nécessiterait - entre autres - de recueillir l’assentiment de la Chine et des USA, la crédibilité et le statut de l’Union au plan international en sortiraient grandement amoindries, avertit-il. Pourtant, il faut agir vite, selon lui, car les produits dérivés adossés à la dette souveraine - toujours pas régulés - pourraient à nouveau déclencher une cascade de réactions en chaîne incontrôlables.

La réunion totalement inutile du G7 de cette fin de semaine n’a eu pour effet que de souligner le fait que l’Europe entre à nouveau dans une crise grave économique.
Mais les Européens ne font pas preuve d’attention - et désormais il ne s’agit plus seulement de la Grèce. Les inquiétudes au sujet de la dette publique et des engagements du secteur public (par exemple, si les systèmes bancaires sont en grande difficulté) se sont étendues dans la zone euro à l’Espagne et au Portugal. L’Irlande et l’Italie seront les prochains pays sur la liste dont la situation sera réexaminée de façon hostile par les marchés, et le Royaume-Uni pourrait n’être pas très loin derrière.

Que font les pays européens les plus forts, plus précisément l’Allemagne et la France, pour contenir la peur auto-réalisatrice que les pays les plus faibles de la zone euro ne soient en mesure d’honorer leur dette - raison de la panique qui fait monter les taux d’intérêt et rend encore plus difficile pour ces gouvernements d’assumer leurs engagements ?

Les pays Européens disposant de ressources financières ne font rien - si ce n’est insister pour que tous les pays sous pression réduisent leurs budgets rapidement et selon des modalités qui sont probablement politiquement infaisables. Ce genre d’austérité budgétaire a directement contribué à précipiter le déclenchement de la Grande Dépression des années 1930. (...)


7 février 2010
http://contreinfo.info/article.php3?id_article=2975


La dette gouvernementale : un nouveau stade dans la crise financière mondiale

Si la crise était limitée à la Grèce ou même aux soi-disant pays méditerranéens elle pourrait être contenue. Mais l’augmentation des déficits budgétaires est un phénomène universel. Le Fonds monétaire international (FMI) a prévu que le ratio de la dette publique au PIB des économies les plus avancées devrait passer à 115 pour cent d’ici 2014 contre 75 pour cent en 2007, un bond sans précédent en temps de paix, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne étant les deux pays les plus durement touchés.

l’UE a refusé une intervention du FMI parce que des sauvetages internationaux de pays individuels au sein de l’UE remettraient en question le système financier européen et la stabilité de l’euro.
une réunion ce week-end des ministres des Finances des pays du G7 a montré clairement que les autorités européennes «géreraient» la crise grecque. Mais l’attitude adoptée par l’UE a suscité des critiques comme quoi elle est en train de créer des problèmes encore plus grands.

Dans un commentaire intitulé «L’Europe risque une autre dépression mondiale» l’ancien économiste en chef du FMI, Simon Johnson, a écrit : «Que font les économies européennes plus fortes, notamment l’Allemagne et la France, pour contenir la crainte qui s’auto-alimente que les pays les plus faibles de la zone euro pourraient ne pas être en mesure de rembourser leur dette ? Les Européens aux poches profondes ne font rien, sauf insister pour que tous les pays qui subissent des pressions réduisent rapidement leurs budgets et ce, d'une façon qui est probablement irréalisable politiquement. Ce genre d’austérité fiscale précipitée avait directement contribué au démarrage de la Grande Dépression dans les années 1930.»

les élites dirigeantes comptent directement sur les directions social-démocrates et syndicales pour désamorcer l’opposition populaire aux coupes en la canalisant dans des directions nationalistes et avant tout en faisant obstacle au développement d’une perspective socialiste.

Les interrelations complexes de la finance mondiale signifient qu’une crise dans une région est presque immédiatement transmise à l'ensemble du système.

C’est pourquoi, dans chaque pays, une lutte politique doit être lancée pour résoudre cette crise dans l’intérêt de la population laborieuse et de la société en général en exigeant l’expropriation de l’ensemble du système bancaire et financier et le placement de ses ressources sous contrôle démocratique public et international. Alors seulement, la mainmise de l’oligarchie financière sera brisée et la société reconstruite dans le but de satisfaire les besoins de l’humanité et non les profits des banques.

Nick Beams

09 02 2010
www.wsws.org/francais/News/2010/fev2010/dett-f16.shtml


Et si c’était la guerre qui nous pendait au nez ?
www.agoravox.fr/tribune-libre/article/et-si-c-etait-la-guerre-qui-nous-69950
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Lun 1 Mar - 23:50


Au delà de la Grèce : déficits, dettes et monnaie

Du chatoyant spectacle qu’offre la «crise grecque» il est probable que l’élément le plus pittoresque demeurera ce racisme réjoui et déboutonné qui conduit chaque jour spéculateurs et commentateurs, par là parfaitement unis, à nommer sans le moindre scrupule «PIGS» les États dont les finances publiques sont contestées sur les marchés financiers. Portugal, Ireland, Greece, Spain, les trois petits cochons sont maintenant quatre. C’est bien là le genre d’erreur de dénombrement qui en un instant trahit toute une vision du monde : ce sont les bronzés qui sont des porcs — et si l’Irlande a le mauvais goût de contredire le tableau d’ensemble, il suffit de lui substituer l’Italie, mal en point également, pour faire PIGS à nouveau en rétablissant l’homogénéité quasi-ethnique des abonnés à l’indolence méditerranéenne et à la mauvaise gestion réunies.

Erreur de dénombrement en effet, établie par The Economist qui, grand utilisateur de ce subtil humour de salle de marché, dresse pourtant un palmarès international de la déconfiture budgétaire qui le contredit lui-même puisqu’on y voit certes la cochonnaille proliférer, mais pas exactement où il croit. Le Portugal ne va pas bien, c’est entendu (8 % de PIB de déficit)… mais les États-Unis sont à 10,5 %. Heureusement voilà l’Espagne (11,5 %). Hélas doublée par l’Irlande (12 %). Arrive la Grèce, l’affaire doit être dans le sac (12,5 %), les basanés sont les rois. Malheur : c’est le Royaume-Uni qui décroche le pompon (14,5 %). Curieusement on n’a pas le souvenir d’avoir entendu les États-Unis ni le Royaume-Uni traités de porcs. Le Monde, parangon de distinction, s’amuse même de la «mauvaise Grèce» — n’est-ce pas tout à fait spirituel ? La nature humaine est une et partout la même rappelait Spinoza, et le racisme des élites ne le cède en rien à celui qu’il se plaît à dénoncer chez le peuple. (...)

Frédéric Lordon
17 février 2010
http://blog.mondediplo.net/2010-02-17-Au-dela-de-la-Grece-deficits-dettes-et-monnaie


Et si on fermait la bourse ?
Là-bas si j'y suis, avec Frédéric Lordon
le 1er mars 2010
http://sites.radiofrance.fr/franceinter/em/labassijysuis/index.php
http://mondialisationdouteuse.unblog.fr/et-si-on-fermait-la-bourse-par-frederic-lordon/


Sleep Now In The Fire
Clip de Rage against the machine, en concert non autorisé devant Wall Street, provoquant une petite émeute et faisant fermer la Bourse, ce qui n'etait pas arrivé depuis 1929 !
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Mer 3 Mar - 13:16



Le commissaire européen Barnier rassure les fonds spéculatifs

Le commissaire européen chargé des services financiers, Michel Barnier, a cherché mardi à rassurer les gestionnaires de fonds spéculatifs (les fameux hedge funds) et de fonds d'investissement dans les entreprises non-cotées, au deuxième jour d'une visite à Londres.

«Mon principal objectif, c'est de vous écouter», a-t-il déclaré, soulignant qu'il fallait réformer le secteur financier sans «réguler pour le plaisir de réguler». Autrement dit, favorable à une «régulation intelligente et efficace».

«Les hedge funds et les fonds d'investissement dans les entreprises non-cotées sont un aspect important du système financier», a souligné Michel Barnier. Mais s'ils «jouent un rôle positif», «il est vital qu'ils soient soumis à une réglementation et une supervision appropriées». (...)

Ces inquiétudes britanniques avaient été exacerbées par des propos de Nicolas Sarkozy, qui avait vu un «triomphe» de la régulation à la française dans la nomination de son ancien ministre de l'Agriculture et de la Pêche.
www.liberation.fr/economie/0101622277-le-commissaire-europeen-barnier-rassure-les-fonds-speculatifs

Dans les commentaires

Le Canard Enchaîné nous apprend comment les Hedge funds se sont entendus sur cette attaque contre la Grèce. Ils ont activé la spéculation sur un crédit à risque nommé CDS par une rumeur d'un prêt chinois. La banque Goldman Sachs serait responsable de la rumeur. L' ambition finale est d'étendre la crise à l'euro.
Les hedge funds ne sont soumis à aucun contrôle ni assujettis comme les banques ou autres à une interdiction d'entente. Localisés dans des paradis fiscaux depuis que les Etats Unis ont voulu les inscrire dans le statut de banque, ils sont intouchables.

Ecoutez Là-bas s'y j'y suis* du 1er mars. Frédéric Lordon explique d'une façon brillantissime pourquoi des pays comme la Grèce, l'Espagne, l'Irlande et d'autre nations, dont bientôt la nôtre, se retrouvent pratiquement en cessation de paiements...
*Le texte qui s'y rapporte. cyclops

Transparency International Greece rend publique une étude qui évalue à 790 millions d'euros le montant des pots-de-vin que les Grecs ont versés, en une année, dans le public ou le privé, pour huiler des pratiques.
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Sam 13 Mar - 1:36



L'ATTAQUE SUR LA FRANCE A COMMENCÉ !

"French debt coming under investor scrutiny"

French debt looks set to come under pressure in the near future with investors battered by the Greek crisis arguing it is pricey and does not reflect France's growing indebtedness.
www.reuters.com/article/idUSTRE62422R20100305


ÇA VEUT DIRE "FORCER LA FRANCE À PAYER UN TAUX D'INTÉRÊT PLUS ÉLEVÉ"
aux sociétés de fonds de pension, genre Pimco, et autres "investisseurs institutionnels" qui achètent nos Bons du Trésor..

The cost of insuring French debt through CDS, meanwhile, is around 43.400 euros per 10.000.000 euros of exposure, less than 10,000 euros more than for German debt and cheaper than the Netherlands".

Cela veut dire que les Pimco, et autres grands "fonds" vont acheter du BdT italien, hollandais et allemand, mais pas français.
www.lepost.fr/article/2010/03/10/1981168_l-attaque-sur-la-france-a-commence-source-blog-de-

L'économie de la France n'est pas au même niveau que celle de la Grèce mais le coût de ses obligations - et le coût des assurances - ne reflètent pas correctement son stress effectif.

Le déficit français devrait grimper à 8,2 % du produit intérieur brut cette année, le plus haut taux depuis au moins un demi-siècle. On prévoit que sa dette passera à 83,2 % du PIB - en hausse de 20 points en deux ans seulement.
www.boursorama.com/forum-gold-index-apres-grece-portugal-la-france-396775706-1

Les Français endettés pour 50 ans !

09 mars 2010 : CRÉATION D’UNE NOUVELLE OAT DE RÉFÉRENCE À 50 ANS

Conformément au programme de financement de l’Etat français pour 2010 publié en décembre 2009, l’Agence France Trésor annonce la création d’une nouvelle obligation à 50 ans, l’OAT 25 avril 2060. Cette nouvelle obligation, dont les caractéristiques seront annoncées ultérieurement, sera émise par syndication dans les prochains jours, en fonction des conditions de marché.

Les chefs de file de l’opération sont Barclays Capital, BNP Paribas, Deutsche Bank, JP Morgan et Société Générale. L’ensemble des SVT fera partie du syndicat.

Cette nouvelle obligation sera par la suite abondée pour répondre à la demande des investisseurs et pour garantir sa liquidité.
www.aft.gouv.fr/aft_fr_23/communiques_27/communiques_2010_1593/nouvelle_oat_5990.html

OAT : obligations assimilables du Trésor
www.alternatives-economiques.fr/dico


French public debt in new high after stimulus spending

France's debt levels have risen under President Sarkozy

France's public debt has risen to a new high of 76% of economic output after additional state spending during the downturn, figures have shown.
The national statistics office INSEE said government debt stood at 1.46 trillion euros ($2.1tn; £1.3tn) at the end of September.
This was an increase of 29.4bn euros since the end of June.
Debt levels of all major economies have risen sharply as governments have tried to spend their way out of recession.
French government spending helped the country's economy to emerge from recession between April and June.
Lower tax receipts have also contributed to spiralling debt levels.

The 1.46tn euros is the largest debt France has run since INSEE records started in 1995.
According to forecasts from the International Monetary Fund (IMF), French public debt as a percentage of economic output will hit 96% by 2014.

01 01 20010
www.heraultwhatson.info/page2.htm
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Lun 15 Mar - 6:42



Vers une autre crise économique signée Goldman Sachs

Le secret des Puissances de l’Argent l’est de moins en moins. Beaucoup savent maintenant que les crises économiques mondiales ne sont pas des "tempêtes parfaites" sur lesquelles nous ne pouvons rien, mais plutôt des opérations économiques d’envergure calculées et exécutées par quelques puissantes banques qui vont jusqu’à menacer des États de faillite totale pour arriver à leurs fins. Ces banques privées ultra-puissantes font le genre d’offres qu’on ne peut refuser.

La plus connue et la plus controversée d’entre elles est sûrement Goldman Sachs. Le magazine Rolling Stone a publié en juillet dernier un article coup de poing à propos de cette institution financière. Le journaliste Matt Taibbi débute son texte comme suit :
    "La première chose que vous devez savoir de Goldman Sachs, c’est qu’elle est partout. La banque d’investissements la plus puissante au monde est une gigantesque pieuvre vampire qui enfonce sans cesse son siphon sanguinaire dans tout ce qui a l’odeur de l’argent."
Cet article de Rolling Stone qui a fait sensation, résume ce que bien d’autres ont dit et écrit : certains cerveaux chez Goldman Sachs ont conçu et exécuté toutes les crises financières depuis les années ’20.

Elle a de plus toujours utilisé à peu près le même procédé :
Elle se place d’abord au centre d’une bulle financière en émettant des produits financiers sophistiqués conçus dès le départ pour faillir.
Ensuite, elle s’arrange pour que la petite et la moyenne classe (les gens ordinaires et les PME par exemple) investissent dans ces produits condamnés d’avance avec l’aide complice des dirigeants de plus petites institutions comme la Caisse de dépôt et placements du Québec.
Bien sûr, on achète les politiciens nationaux pour que ces derniers ne régulent pas ces nouveaux produits financiers dangereux pour l’économie.
Puis c’est encore la "Big banque" qui finit le travail en pétant la bulle elle-même, faisant disparaître du coup un tas de petites banques, un tas de RÉER et consolidant encore une fois davantage son contrôle sur les marchés financiers.
Une fois que tout le monde est appauvri et que l’économie est à l’agonie, la Big banque arrive en triomphe, nous offre de sauver l’économie et nous prête à haut taux d’intérêts l’argent qu’elle vient juste de nous siphonner. Et le processus recommence...
(...)
13 mars 2010
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Dim 11 Avr - 21:59

Les banques truquent leurs comptes


Tour de passe-passe dans les banques américaines

Des grandes banques américaines masquent leurs niveaux de risque en retouchant la case «dette» de leurs comptes, juste avant les publications trimestrielles. Et ce, depuis cinq trimestres, selon la Fed de New-York.

Ni vu, ni connu. Pendant cinq ans, juste avant leurs publications trimestrielles, 18 grandes banques comme Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase ou encore Citigroup, ont tout simplement remplacé, dans la case «dette», un chiffre par un autre, bien plus faible, selon la Fed de New York. En moyenne de 42%, selon les chiffres de l’institution, rapporte le site Internet du Wall Street Journal (WSJ).

Pourquoi ? Parce qu’elles redoutent d’être sanctionnées en Bourse par les investisseurs, qui regardent attentivement les montants des dettes et, ainsi, les niveaux de risque d’une banque. Et aussi parce qu’elles craignent que les agences de notation ne revoient à la baisse leurs notes. Ce qui effraierait les investisseurs en Bourse.

En réalité, entre deux publications, les dettes sont remises à niveau dans les comptes. Au final, rien d’illégal, écrit le WSJ Online, qui souligne que si certaines des banques incriminées ont confirmé ces «retouches», les représentants de Goldman Sachs, Morgan Stanley, JP Morgan Chase et Citigroup, n’ont apporté aucun commentaire.

Le porte-parole de Bank of America a toutefois souligné que «les efforts opérés pour gérer la taille de notre bilan sont appropriés, et ces stratégies sont compatibles avec la réglementation et les normes comptables».

Marine Rabreau
www.jdf.com/societes/2010/04/09/02035-20100409ARTJDF00004-les-banques-truquent-leurs-comptes.php
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Lun 26 Avr - 23:44

Messages de BA



Mar 20 Avr - 21:31
Plus les jours passent, plus la Grèce doit emprunter sur les marchés internationaux à des taux d'intérêt de plus en plus élevés.
Plus les jours passent, plus la Grèce se surendette.

- Emprunt à 3 mois :
En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 3 mois. La Grèce a dû verser un taux d'intérêt de 1,67 %. Mardi 20 avril, la Grèce a dû verser un taux d'intérêt de 3,65 % !
- Emprunt à 6 mois :
En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 6 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 1,38 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,55 % !
- Emprunt à 12 mois :
En janvier 2010, la Grèce a lancé un emprunt à 12 mois. La Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 2,20 %. Mardi 13 avril, la Grèce a dû verser un taux d’intérêt de 4,85 % !
- Emprunt à 10 ans :
Mardi 20 avril, le taux de l'obligation à 10 ans a battu tous les records : il est à 7,851 % !

Lisez cet article :
A 18H00, le taux de l'obligation d'Etat grecque à 10 ans s'établissait à 7,851 %, contre 7,618 % lundi soir. Il a atteint en séance 7,864 %, du jamais vu depuis l'entrée du pays dans la zone euro.
Le différentiel ("spread") avec l'emprunt allemand à 10 ans qui sert de référence au marché s'élevait à 476 points de base contre 455 lundi. Cela signifie que la Grèce doit offrir un surplus de 4,76 points de pourcentage par rapport à l'Allemagne pour emprunter sur les marchés.
www.romandie.com/infos/news/201004201852050AWP.asp

Jeu 22 Avr - 16:32
Flambée des taux, déficit record : la Grèce se rapproche de la faillite.

Voilà un chiffre qui risque d'agiter encore les marchés, au moment où les préparatifs du plan d'aide à Athènes entrent dans leur dernière ligne droite: le déficit public de la Grèce a atteint 13,6 % du produit intérieur brut (PIB) en 2009, selon une révision provisoire annoncée jeudi 22 avril par Eurostat. L'Office européen des statistiques a même encore des réserves et pourrait à l'avenir augmenter ce déficit de 0,3 à 0,5 point de pourcentage.

Ce chiffrage se situe au-dessus des 12,7 % avancés depuis cet automne. A l'époque, au lendemain des élections générales, l'évaluation avait déjà doublé : le gouvernement du socialiste Georges Papandréou avait décidé de faire la vérité sur le déficit budgétaire du pays. Une "transparence" après des années de maquillage des comptes publics qui a précipité la crise obligataire grecque.

Cette fois, la révision est due pour l'essentiel à une récession plus profonde que prévu l'an dernier. Elle fait suite à des semaines de tractations discrètes entre Bruxelles et Athènes. Les Grecs ont, en effet, notifié début avril un chiffre de l'ordre de 12,9 %, que les autorités européennes ont refusé de valider en l'état.

CONTEXTE TENDU

Tandis que l'homme malade de la zone euro – dont l'endettement atteint aussi 115,1 % du PIB – est placé sous haute surveillance par ses voisins, Eurostat émet de surcroît de nouvelles réserves sur les comptes du pays, dans un contexte de plus en plus tendu.

Mercredi, la flambée des taux d'intérêt des obligations grecques s'est poursuivie, à plus de 8 % pour les emprunts d'Etat à dix ans, soit plus de 5 points de pourcentage par rapport à l'Allemagne.
Alors que l'étau se resserre autour de la Grèce, l'activation du plan de soutien semble se préciser. Mercredi, la France a formalisé le cadre de son aide financière. Le budget a été modifié afin de pouvoir débloquer dès cette année 3,9 milliards d'euros, sur les 6,3 milliards que représente la contribution française.

En cas de nécessité, les Etats de la zone euro ont convenu de prêter 30 milliards d'euros à Athènes, en plus de l'assistance du Fonds monétaire international (FMI) – pour un montant attendu entre 10 et 15 milliards d'euros.

"On est dans le cadre de prêts bilatéraux coordonnés avec d'autres Etats, on n'est pas en train de faire un cadeau à la Grèce", a souligné la ministre de l'économie, Christine Lagarde, soucieuse de démontrer à l'opinion que ce geste de solidarité ne va pas "pénaliser la France". Le prêt sur 3 ans se ferait au taux de 5 % environ, comme convenu au sein de la zone euro.

Le texte sera présenté devant l'Assemblée les 3 et 4 mai. Mme Lagarde s'est dite certaine que tous les Etats-membres seraient "dans les clous à peu près au même moment", pour intervenir si besoin, autour de la mi-mai.

A cette échéance, Athènes aura besoin de refinancer sa dette à hauteur de 8 milliards d'euros. Rien ne devrait se passer avant le 9 mai, date d'une élection régionale cruciale pour la chancelière allemande Angela Merkel. Outre-Rhin, les réticences persistent. Le ministre allemand de l'économie, Rainer Brüderle, a encore réaffirmé mercredi que la Grèce n'avait "pas demandé d'aide".

CONSULTATTIONS ENGAGÉES SUR LES MODALITÉS DU PLAN DE SOUTIEN

Mais à Athènes, le gouvernement grec a bel et bien commencé ses consultations avec la Commission européenne, la Banque centrale européenne (BCE), et le FMI sur les modalités du plan de soutien. Cette mission devrait durer entre deux et trois semaines.

Le ministre des finances, Georges Papaconstantinou, a dit espérer un accord d'ici à la mi-mai.Il s'agit de définir "un programme triennal de politiques économiques (…) qui pourront être soutenues par une assistance financière des pays de l'Eurozone et du FMI si les autorités grecques décident de demander l'activation du mécanisme", ont indiqué ses services.

Un certain consensus prévaut au sujet des efforts exigés de la Grèce en 2010 : Athènes s'est engagé à réduire son déficit de 4 points de pourcentage cette année. D'après la Commission, cet objectif ne devrait pas être modifié malgré la révision à la hausse du déficit grec pour l'an dernier.

En revanche, les pourparlers risquent d'être plus tendus pour les années 2011 et 2012. Bruxelles a déjà demandé au gouvernement de "détailler" les mesures qu'il compte prendre pour revenir en dessous de % de déficit d'ici à deux ans. Elle attend surtout des précisions au sujet de la réforme des retraites. Au nom du FMI, Dominique Strauss-Kahn a, lui, préconisé de baisser les salaires. Une exigence rejetée par Athènes.

Philippe Ricard (à Bruxelles) et Marie de Vergès.

www.lemonde.fr/economie/article/2010/04/22/flambee-des-taux-deficit-record-la-grece-se-rapproche-de-la-faillite_1340986_3234.html

Ven 23 Avr - 21:20
Le plan d'aide à la Grèce, c'est du pipeau pour rassurer les marchés internationaux.

Première question : quels sont les Etats européens qui vont devoir prêter le plus d’argent à la Grèce ?
Réponse :
1- L’Allemagne devra prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total.
2- La France devra prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total.
3- L’Italie devra prêter 18,42 % du prêt total.
4- L’Espagne devra prêter 12,24 % du prêt total.

Vous avez bien lu : ce sont des Etats qui sont surendettés eux-mêmes qui prêteront le plus d’argent à la Grèce !
En 2014, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB.
En 2014, la dette publique de la France sera de 95,5 % du PIB.
La dette publique du Royaume-Uni sera de 99,7 % du PIB.
La dette publique de la Belgique sera de 111,1 % du PIB.
La dette publique de l’Italie sera de 132,2 % du PIB.
C’est à la page 30 : www.imf.org/external/pubs/ft/spn/2009/spn0921.pdf

Deuxième question : combien faudra-t-il prêter à la Grèce ?
Réponse : l’économiste Nicolas Barré donne la réponse dans un article exceptionnel intitulé « Grèce : le scénario de la faillite » publié sur le site du journal Les Echos.
Voici ce qu’écrit Nicolas Barré :
« Scénario 1 : les pays européens y vont quand même, aident massivement Athènes, mais sans savoir jusqu’où cette aide va les entraîner. Surtout si d’autres pays ont besoin d’aide dans la foulée. C’est un engrenage dangereux. Or il faut savoir que la Grèce a besoin non pas de 30 milliards (le montant du plan européen) mais au minimum de dix fois plus : 150 milliards d’euros d’ici 2015 au titre du principal de sa dette actuelle, et 90 milliards au titre des intérêts. Ceci sans compter la dette supplémentaire qu’elle va devoir souscrire d’ici là du fait de ses déficits. Le soutien à la Grèce est un enjeu à plusieurs centaines de milliards d’euros. En a-t-on encore les moyens ? »
www.lesechos.fr/info/inter/020496841181-point-de-vue-nicolas-barre-grece-le-scenario-de-la-faillite.htm

Conclusion :
les Etats européens ne pourront pas sauver la Grèce pour plusieurs raisons :
1- Les Etats européens sont eux-mêmes surendettés. Des Etats surendettés ne vont pas se surendetter encore plus, pour ensuite prêter à la Grèce des dizaines de milliards d’euros à fonds perdus.
Nous sommes dans la situation suivante : chacun des Etats membres de l’Union Européenne cherche avant tout à éviter le défaut de paiement pour lui-même.
Chacun des Etats membres assiste impuissant à l’emballement de sa propre dette publique.
Chacun des Etats membres se demande : « Après la Grèce, est-ce que c’est moi qui vais faire faillite ? »
2- Pour sauver la Grèce, il faudrait lui prêter au minimum 300 milliards d’euros d’ici 2015.
3- Cela mettrait les Etats européens dans l’obligation de prêter ENSUITE des milliers de milliards d’euros au Portugal, à l’Irlande, à l’Italie, à l’Espagne, etc.

Lun 26 Avr - 22:04
Je commence à trouver désagréable les accusations proférées contre l’Allemagne.
Je ne veux pas défendre le gouvernement allemand, mais je voudrais rappeler que l’Allemagne est elle-aussi surendettée.

D’après le FMI, la dette publique de l’Allemagne sera de 91,4 % du PIB en 2014.
Alors arrêtons de faire croire que l’Allemagne roule sur l’or, et qu’elle est égoïste en ne voulant pas prêter à la Grèce.
Mettons-nous à la place des Allemands : il faudrait que l’Allemagne se surendette encore plus, pour prêter à la Grèce 8,4 milliards d’euros à fonds perdus.

L’Allemagne ne VEUT pas prêter à la Grèce.
Et même si l’Allemagne voulait, l’Allemagne ne POURRAIT pas prêter à la Grèce.
Non seulement l’Allemagne est surendettée, mais en plus les communes allemandes elles-mêmes sont surendettées.
L’Allemagne a le plus grand mal à régler ses propres problèmes économiques et financiers, alors comment voulez-vous qu’elle prête 8,4 milliards d’euros à la Grèce (qui est bien incapable de rembourser quoi que ce soit) ?
Lisez cet article daté du 2 février 2010 :

Allemagne : de nombreuses communes au bord de la ruine.

Les communes allemandes ont une nouvelle fois tiré la sonnette d’alarme sur leur situation financière désespérée mardi, et prévenu qu’un certain nombre d’entre elles étaient « au bord de la ruine ».

La fédération allemande des communes table sur un déficit cumulé de 12 milliards d’euros cette année, le plus élevé de l’après-guerre.

La crise économique et financière a sérieusement amputé leurs revenus, dont la taxe professionnelle, proportionnelle aux bénéfices des entreprises, représente le plus gros. Les recettes fiscales de la taxe professionnelle ont chuté de plus de 18 % sur un an en 2009.
En parallèle les dépenses des communes, auxquelles incombe notamment une partie de l’indemnisation des chômeurs, ont augmenté.

Et cette tendance devrait nettement s’aggraver cette année alors que le marché du travail allemand, pour le moment relativement épargné par la crise, va se dégrader.

« Nous allons devoir faire face à la deuxième vague de la crise », a prévenu Petra Roth, présidente de la fédération et maire de la capitale financière du pays, Francfort (ouest), lors d’une conférence de presse.

www.lesechos.fr/info/inter/afp_00226984-allemagne-de-nombreuses-communes-au-bord-de-la-ruine.htm

Lun 03 Mai - 08:10
Les ministres des finances de la zone euro ont décidé, dimanche 2 mai, "d'activer" sans délai un plan d'aide à la Grèce de 110 milliards d'euros, dont 80 milliards à leur charge, et le reste apporté par le FMI.
www.lemonde.fr/europe/article/2010/05/02/l-europe-approuve-l-aide-financiere-a-la-grece_1345672_3214.html

Prenons les quatre pays qui devraient prêter le plus :
- 1- L'Allemagne devrait prêter à la Grèce 27,92 % du prêt total, soit 22 milliards 336 millions d'euros.
- 2- La France devrait prêter à la Grèce 20,97 % du prêt total, soit 16 milliards 776 millions d'euros.
- 3- L'Italie devrait prêter 18,42 % du prêt total, soit 14 milliards 736 millions d'euros.
- 4- L'Espagne devrait prêter 12,24 % du prêt total, soit 9 milliards 792 millions d'euros.

Les Etats européens vont maintenant emprunter sur les marchés internationaux.
Ensuite, ils vont re-prêter ces sommes à la Grèce.
Enfin, ils ne reverront jamais ces sommes car la Grèce ne pourra jamais les rembourser.

Cette folie a un nom : ça s'appelle un suicide collectif.Comment vont évoluer les taux d'intérêt des Etats européens ?

A partir d'aujourd'hui, il va falloir regarder cette évolution à la loupe.
Pour suivre l'évolution des taux d'intérêt quand un Etat européen doit emprunter à 10 ans :
Espagne :
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG10YR%3AIND
Grèce :
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR%3AIND
Irlande :
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND
Portugal :
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Lun 3 Mai - 17:24


TITOM

Sacrifice du peuple grec sur l'autel du libéralisme

Fonctionnaires. Suppression des 13e et 14e mois de salaire, compensée, sous 3 000 euros brut mensuel, par une allocation annuelle de 1 000 euros. Elle est assortie d'une baisse de 8 % des primes qui complètent les émoluments dans la fonction publique - elles ont déjà été amputées de 12 % en mars. Pour un revenu 'pré-rigueur' de 1 200 euros sur quatorze mois, le manque à gagner annuel est de l'ordre de 3 000 euros.

Retraites. Perte pour les retraités des 13e et 14e mensualités, avec, pour les pensions de moins de 2 500 euros, une compensation de 800 euros par an. Le plan prévoit également de repousser l'âge moyen de départ à la retraite, actuellement à 61,4 ans. Pour y parvenir, la durée de cotisation est allongée à 40 annuités contre 37 aujourd'hui ; l'âge légal de départ en retraite pour les femmes est porté à 65 ans, comme les hommes - contre 60 ans aujourd'hui.

Fiscalité. Hausses en rafale des impôts indirects, dont un passage de 21 % à 23 % du taux principal de TVA, déjà rehaussé de 2 points en mars, et une nouvelle augmentation des taxes sur l'essence, l'alcool et le tabac. Propriétaires à 80 %, les Grecs paieront aussi plus d'impôt foncier, tandis que ceux dont les résidences sont illégales, soit un grand nombre, devront s'acquitter d'une nouvelle taxe, censée rapporter 1,3 milliard d'euros.

Flexibilité. Athènes veut restaurer la compétitivité de la Grèce en assouplissant les règles de licenciement, en libéralisant les marchés des transports et de l'énergie et en ouvrant à la concurrence une série de professions 'fermées' - notaires, pharmaciens ou buralistes.
http://fr.news.yahoo.com/64/20100503/twl-salaires-retraites-impts-libralisati-acb1c83.html

Selon Le Monde, les Grecs étaient "Habitués jusque-là à dépenser sans compter"
www.lemonde.fr/europe/article/2010/05/03/salaires-retraites-impots-liberalisation-concurrence-une-therapie-de-choc_1345899_3214.html

Le dieu capitaliste
L'évangile du néo-libéralisme prêche la trinité du capital (dieu le père), du marché (le messie) et de la libre initiative (l'esprit). Elle annonce la réalisation d’une logique bienfaitrice pour tous, délégitimant et déclassifiant les opposants comme autant de démons à exorciser. Si l’on observe le langage néo-libéral, on y perçoit des termes religieux camouflés, particulièrement l’exigence d’un sacrifice pour un paradis futur.
http://journalchretien.net/14885-le-dieu-capitaliste


«Capitalisme et pulsion de mort»: le libéralisme allongé sur un divan
www.rue89.com/cabinet-de-lecture/2009/01/15/capitalisme-et-pulsion-de-mort-le-liberalisme-allonge-sur-un-divan

Envoûtement et sacrifice humain dans la religion néolibérale
http://sarko-verdose.bbactif.com/politique-social-f1/la-novlangue-envoutement-et-sacrifice-humain-dans-la-religion-neoliberale-t259.htm

«Nous serions capables d'éteindre le soleil et les étoiles parce qu'ils ne rapportent aucun dividende.» Keynes
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Mar 4 Mai - 9:29

Plan d'aide à la Grèce : l'Assemblée a adopté le volet français

Les députés ont examiné lundi soir le projet de loi de finances rectificative intégrant le prêt de 3,9 milliards d'euros destiné à la Grèce en 2010, et l'ont adopté dans la nuit, mardi à 1h20, par vote à main levée.

Au total, la France doit prêter 16,8 milliards d'euros sur trois ans, a précisé la ministre de l'Economie Christine Lagarde, qui assistait à la séance.

Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d'euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales.

http://tempsreel.nouvelobs.com/actualite/social/20100504.FAP0462/plan-d-aide-a-la-grece-l-assemblee-a-adopte-le-volet-francais.html

J'adore cette dernière phrase : "Si le prêt à la Grèce portera à 152 milliards d'euros le déficit public prévisionnel fin 2010, selon les prévisions gouvernementales, il ne devrait pas avoir de conséquences fiscales..."

... sauf si la Grèce est incapable de rembourser à la France ces 16 milliards 800 millions d'euros.

Mon pronostic :

- La France va prêter à la Grèce 16 milliards 800 millions d'euros.

- La Grèce sera incapable de les rembourser.

- Les contribuables français l'auront dans le c...

- Vous avez aimé les emprunts russes ? Vous adorerez l'emprunt grec.
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Mar 4 Mai - 12:57

Ce qui me semble plus grave, c'est que les banquiers fassent des bénéfices sur le dos des Grecs grâce à l'argent public ou versé sur des livrets qui ne rapportent même pas 2% d'intérêt aux Français.

Par ailleurs, pourquoi Sarkozy vend-il l'or de la France, alors qu'il faudrait faire exactement le contraire ?
Cette obstination à faire plonger la Grèce, la France et le reste de l'Europe me semble difficilement attribuable uniquement à la bêtise.
Un tel désastre n'arrangerait-il pas des vautours comme George Soros ? Ces vautours n'auraient-il pas des alliés chez Bilderberg ou dans d'autres instances non élues ?

En conclusion de son article du 1er mai intitulé "La Grèce à l'agonie", Laurent Maffeïs écrit : "Quant aux banques européennes, qui sont les premiers créanciers de la Grèce, elles ont obtenu le 13 avril de la BCE une nouvelle ligne de refinancement à 1% de 70,5 milliards. C'est-à-dire plus de deux fois ce que la zone euro a prévu de débloquer pour la Grèce à un taux de 5%."

Et puis surtout, pourquoi cette dette n'est-elle pas annulée, puisque c'est possible ?
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Jeu 6 Mai - 3:13



Attaque des marchés : à qui le tour ?

[...] les spéculateurs, hedge funds, fonds de pension et autres gestionnaires de trésorerie et de fortune ont pris conscience que la montagne de dettes accumulées par les États était une cible de choix. En achetant en effet sur le marché les titres d’assurance qui garantissent aux prêteurs qu’ils retrouveront l’argent prêté aux États en difficulté, ils jouaient gagnants à coup sûr : leur hausse était certaine, compte tenu des rumeurs de faillites qui se sont mises à courir dans les salles de marché après le naufrage de l’émirat de Dubaï.

Ils ont cherché les proies les plus faciles et ont d’abord ciblé la Grèce, avec ses 114,6 % d’endettement et sa gestion économique et financière approximative. La dette astrono­mique du Japon (189,3 %) ne leur a pas semblé assez fragile en raison de la puissance économique de ce pays. Début février, la chasse à l’Espagne et au Portugal (83,8 % d’endettement, «seulement») s’est donc ouverte.

Il suffit de consulter la liste des pays endettés de l’OCDE pour connaître les prochaines victimes de la spéculation. Tous ceux dont la dette dépasse 100 % du PIB – c’est-à-dire la Belgique (101,2 %) et l’Italie (123,6 %) – sont potentiellement menacés. Certains experts estiment que si l’Union européenne ne sauve pas la Grèce de la faillite, tout le système pourrait s’effondrer comme des dominos. Même la Grande-Bretagne (71 %, mais dont la dette croît très vite) et les États-Unis (83,8 %) seraient alors en danger.

Ce scénario catastrophe signifierait inévitablement un redémarrage de la crise et de la récession dont l’économie mondiale a tant de mal à sortir depuis l’été 2009.
jeuneafrique.com

La vraie raison de l'attaque des marchés contre l'Espagne
Les banques espagnoles portent 60% de la dette portugaise. C'est ce qui explique le raid des traders contre la dette espagnole. Explications.
www.marianne2.fr/La-vraie-raison-de-l-attaque-des-marches-contre-l-Espagne_a192514.html

Les aides des Etats membres de l'Union européenne au secteur financier ont déjà totalisé 3.000 milliards d'euros depuis six mois, dont 2.300 milliards pour les dispositifs de garantie. (lefigaro.fr du 09/04/09).
www.miesc-consulting.com/anticipation_relativite.html
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Jeu 6 Mai - 13:24



La Grèce… et après ?

La Grèce se trouvait au bord du précipice : elle vient de faire un grand bond en avant. Je me demande même si quelqu'un ne l'a pas poussé. Car en définitive, cette crise (qui est terminée d'ailleurs…) doit tout de même bien en arranger quelques uns. Le calcul n'est pas réservé aux économistes, et les hommes ont plus d'un tour dans leur sac. Ce qui se joue en ce moment, ce n'est pas la faillite de la Grèce, et encore moins la mise sous tutelle du capitalisme. En réalité, c'est toute la géopolitique qui se transforme actuellement, et c'est le monde tout entier qui va en subir les conséquences.

Bien sûr, l'Europe va payer, que l'Allemagne le veuille ou pas. De toutes manières, ils en sont bien obligés, et en plus il y en aura bientôt d'autres. Le véritable problème est de savoir s’ils seront remboursés. Pour ma part je gage que non, car toute cette petite machine est bien pensée. Les Etats-Unis, qui ont réussi le fabuleux tour de force de nous entraîner avec eux dans la tourmente, est en passe de reprendre la main sur l’Europe, en jouant finement la partie : la veille de l’appel au secours de la Grèce fut annoncée la volonté intangible du président américain de réguler la finance.

Après avoir donc créé la panique par des pratiques injustes et scandaleuses que beaucoup dénonçaient bien avant que la crise se produise, les gouvernants de tous bords ont trouvé plus judicieux d’endetter les contribuables sur plusieurs générations que de punir les fautifs. Les banques, ainsi sauvées à peu de frais (pour elles), ont donc bien vite repris leurs petites habitudes, en prenant le soin de cacher au fond de leurs placards le reste de leurs actifs «pourris», c’est-à-dire en prêtant moins, car la réalité de leurs fonds propres doit être bien pire que ce qu’on imagine…

Et pour cause, cela faisait déjà longtemps que la bourse montait, portée par le vent, et il fallait bien qu’un jour cela arrive. Mais pour éviter de montrer aux peuples l’immensité du vide séparant la réalité économique de l’illusion des marchés (qui doit correspondre à peu près à ce que les riches se mettent dans la poche), on a préféré temporiser.

Mais les Etats, eux, qui ont soit-disant gagné de l’argent avec leurs prêts aux banques, se sont retrouvés avec les conséquences de l’assèchement du crédit, celui qui fait consommer, et donc produire. Un taux de chômage grimpant en flèche, et le risque pour eux de voir leur pouvoir remis en cause. Leurs déficits étant déjà abyssaux, ils ne peuvent plus se permettre d’emprunter à leur tour aux banques, car tous deux savent dans quelle situation l’un et l’autre se trouvent. La solution la plus simple donc, plutôt que de redemander aux banques une aide qu’elles ne peuvent pas leur offrir, consiste à demander (enfin à exiger plutôt) au peuple un nouveau sacrifice, celui de rogner sur ses salaires, ses aides sociales, sa retraite, sa santé…

Pendant ce temps-là, les Etats-Unis, par l’intermédiaire du FMI, sera en mesure de prendre le contrôle effectif de la destinée des Etats entrés sous sa dépendance, en concurrence avec la Chine qui veut elle aussi sa part du gâteau. La situation paradoxale dans laquelle se trouve plongée la relation sino-américaine est digne d’un guerre froide économique, car le premier des deux qui lâchera l’autre fera plonger les deux géants. Ainsi, les Américains vont tenter de se lier avec l’Europe, comme les Chinois le font avec l’Afrique.

Le principe de cette alliance est l’achat implicite d’Etats qui, une fois au bord de la faillite, viendront quémander aux Etats-Unis leur aide, qu’ils leur accorderont sous conditions officielles, et officieuses : les officielles seront la nationalisation des banques pour remettre de l’ordre dans les comptes, la création d’une monnaie unique, et l’imposition de mesures drastiques pour le peuple, selon la loi du plus fort que le plus riche impose au plus pauvre. Cette sorte de tutelle économique donnera lieu à des partenariats bien spécifiques permettant aux Etats-Unis de peser dans la balance, et d’exiger de ses sbires à peu près n’importe quoi. Les officieuses, ce sont celles qui concerneront les alliances militaires, juste au cas où…

Pris entre deux feux, nos dirigeants européens ne pourront que se soumettre, et faire payer aux peuples le prix de leur incurie. Pour rester en place, le plus haut possible dans la nouvelle hiérarchie ainsi dessinée (les derniers aidés seront les plus gros), ils seront donc contraints d’aller jusqu’au bout, et de faire respecter leurs engagements coûte que coûte. La régulation n’y changera rien, car tous les pouvoirs seront concentrés entre très peu de mains, encore moins de mains qu’auparavant. A quoi cela servirait-il ? la régulation, c’est la mort de l’équilibre instable qui soutient les deux géants que sont la Chine et les Etats-Unis.

Alors, quand toutes les cartes seront distribuées d’un côté et de l’autre, il ne restera plus que deux solutions aux deux géants qui s’affrontent en se regardant grossir : la guerre, ou la mise en place d’un autre système que le capitalisme. Pour la guerre, on connaît bien ses vertus économiques, et il n’est pas besoin d’en dire beaucoup plus. Pour l’autre solution, c’est tout simplement la fin du capitalisme. La seule question véritable est de savoir si les Chinois s’allieront avec les Etats-Unis, ou leur feront d’abord la guerre.

Mais il serait tout à fait envisageable pour les deux pays de se mettre d’accord pour se partager le monde en deux. Si pour le régime en place en Chine un monde sans capitalisme est rapidement adaptable, il est possible que pour les Etats-Unis et leurs alliés, cela soit plus difficile. Mais pour eux, le jeu en vaut la chandelle, et même si cette transformation doit se faire dans le sang, ils s’y résigneront sans doute : leur pouvoir est à ce prix.

Et quand nous en serons là, le problème de la Grèce nous semblera bien moins important…

Caleb Irri
http://calebirri.unblog.fr/2010/04/24/la-grece-et-apres/

Chine – Etats-Unis, un monde bipolaire
Entre codépendance économique et affrontements diplomatiques, les relations sino-américaines feront le monde bipolaire de demain. Un dossier qui rappelle les enjeux
www.letemps.ch/Page/Uuid/17d087ba-1ca6-11df-8db9-e10f27342653/Chine__Etats-Unis_un_monde_bipolaire
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Jeu 6 Mai - 17:18

Jeudi 4 mars 2010 : l’Espagne a lancé un emprunt à 5 ans. L’Espagne a dû verser un taux d’intérêt de 2,81 %.

Jeudi 6 mai 2010 : l’Espagne lance un emprunt à 5 ans. L’Espagne doit verser un taux d’intérêt de 3,532 %.

Conclusion : en deux mois, l’Espagne a été obligé d’emprunter à un taux d’intérêt en hausse de 25 %.

Mais à part ça, l’Espagne va bien.
L’Espagne va de mieux en mieux.
Tout va très bien, madame la Marquise.

Voici le graphique des taux d’intérêt pour un emprunt à 5 ans :
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPG5YR%3AIND
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Jeu 6 Mai - 17:46

La dette publique française en 2009 est égale à 77,6 % du PIB.
Elle est nettement inférieure à celle de la Grèce ou de l’Italie : 115,1 et 115,8 %. Mais supérieure à celle du Portugal (76,8 %), de l’Irlande (64 %) et de l’Espagne (53,2 %).
Tôt ou tard, les spéculateurs s’attaqueront à la dette publique française et exigeront des salariés français un plan de rigueur mettant à leur seule charge la résorption du déficit public. (Gérard Filoche)
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Ven 7 Mai - 0:36

Jeudi 6 mai 2010 :
Si l’Irlande voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 5,80 %.
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND

Si l’Irlande voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,41 %.
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB2YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,14 %.
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 2 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 5,73 %.
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d'intérêt de ...11,31 %.
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d'intérêt de ...16,36 %.
www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR%3AIND
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Ven 7 Mai - 14:43



Fillon gesticule : lecture dialectique

[...] quand ils gesticulent, comme Fillon hier, quand ils sémaphorisent gel, rigueur, effort, sacrifice, coup de rabot implacable, personne ne sera épargné, pas d'augmentation des dépenses de l'Etat pendant trois ans, ils ont un autre public. D'autres télespectateurs de l'ombre, sur des canapés invisibles, nommés Fitch, Moodies, et Standard and Poor's [...] Mais gruger ces trois-là, ça risque d'être une autre paire de manches. Bref, il faut désormais donner deux fois la représentation.
www.arretsurimages.net/vite.php?id=8015

Les députés grecs votent le plan d'aide, les Bourses européennes plongent
www.liberation.fr/economie/0101634030-les-deputes-grecs-votent-le-plan-d-aide-les-bourses-europeennes-plongent

L’Europe perd la boussole, les marchés s’affolent
www.liberation.fr/economie/0101633887-l-europe-perd-la-boussole-les-marches-s-affolent

Les Bourses européennes dévissent à l'ouverture
Vers 9h10, la Bourse de Paris perdait 2,51%, Lisbonne 2,98%, Milan 4,27%, Madrid 2,93%, Amsterdam 2,8%, Londres 1,52% et Francfort 1,52%.
www.liberation.fr/economie/0101634162-les-bourses-europeennes-devissent-a-l-ouverture


Stephen Joynt (Fitch), Raymond McDaniel (Moody’s) et Deven Sharma (Standard & Poor's)
auditionnés le 22 octobre 2008

Grèce : «Le plan d'austérité va être inefficace et même dangereux»
interview
Dominique Plihon, professeur d'économie et président du conseil scientifique d'Attac décrit le sentiment d'injustice des Grecs exprimé lors de la manifestation de mercredi.
www.liberation.fr/economie/0101633997-grece-le-plan-d-austerite-va-etre-inefficace-et-meme-dangereux
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Sam 8 Mai - 10:06

La zone euro traverse une «crise systémique», selon Nicolas Sarkozy.

Eviter l’effet domino. Le président français Nicolas Sarkozy a estimé vendredi que la zone euro traversait une «crise systémique» et que cela nécessitait une «mobilisation générale» à l’issue d’un sommet des dirigeants de la zone euro à Bruxelles.

«Cette crise est systémique, la réponse doit être systémique», a estimé Nicolas Sarkozy à l’issue d’un sommet consacré intialement à la crise grecque mais qui s’est transformé en conclave pour défendre toute la zone euro contre les attaques des marchés.

«Nous sommes maintenant dans des mécanismes communautaires, c’est toute la zone euro qui a décidé de se défendre » et il s’agit donc « d’une mobilisation absolument générale», a déclaré le président français.

Selon lui, «il faut doter la zone euro d’une véritable gouvernance économique». Car «la zone euro traverse sans doute la crise la plus grave depuis sa création» et «désormais les spéculateurs doivent savoir qu’ils en seront pour leurs frais», a-t-il ajouté.

Auparavant, les dirigeants ont annoncé la mise en place prochaine d’«un mécanisme de stabilisation», un fonds pour aider leurs pays qui seraient confrontés à des difficultés financières et validé le plan d’aide à la Grèce.
www.20minutes.fr/article/403231/Economie-La-zone-euro-traverse-une-crise-systemique-selon-Nicolas-Sarkozy.php

Il y a donc deux questions qui se posent :
1- Première question : avec quel argent les pays européens vont-ils créer ce fonds ?
Avec quel argent ?
Est-ce que chaque Etat européen va devoir verser plusieurs milliards d’euros pour abonder ce fonds ?
2- Seconde question : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets à plein régime ?

Concrètement : est-ce que la Banque Centrale Européenne va faire tourner la planche à billets pour acheter les dettes souveraines des Etats européens ?
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MessageSujet: La réponse, BA.   Sam 8 Mai - 15:09


Nouvelles lignes de crédit de la BCE aux banques
600 milliards d'euros


LONDRES (Dow Jones)--La Banque centrale européenne a refusé vendredi de commenter les spéculations selon lesquelles elle envisagerait une ligne de crédit spécifique pour les banques européennes.

Selon des spéculations circulant sur les marchés financiers, la BCE pourrait annoncer ce week-end une facilité de crédit à 12 mois s'élevant à 600 milliards d'euros.
www.investir.fr/infos-conseils-boursiers/actus-des-marches/infos-marches/la-bce-ne-s-exprime-pas-sur-des-rumeurs-de-ligne-de-credit-pour-les-banques-251255.php

Le mois dernier les banques ont déjà reçu 70,5 milliards d'euros
"Quant aux banques européennes, qui sont les premiers créanciers de la Grèce, elles ont obtenu le 13 avril de la BCE une nouvelle ligne de refinancement à 1% de 70,5 milliards. C'est-à-dire plus de deux fois ce que la zone euro a prévu de débloquer pour la Grèce à un taux de 5%."
Laurent Maffeïs, en conclusion de son article "La Grèce à l'agonie".

670 milliards qui s'ajoutent aux 3 000 milliards d'euros reçus en 2009, au taux de 1%.

23 mai 2009 :
Le président de la Banque centrale européenne (BCE), Jean-Claude Trichet, voit la reprise en 2010.
Le Fonds monétaire international (FMI) prévoit cette année un recul du PIB des pays développés de 3,8% avant une stabilité en 2010. Au niveau mondial, il table sur une baisse de 1,3% suivi d’une reprise en 2010 de +1,9%.
www.news-banques.com/le-president-de-la-banque-centrale-europeenne-bce-jean-claude-trichet-voit-la-reprise-en-2010/01212744/

On peut faire confiance à la BCE et au FMI !
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Sam 8 Mai - 23:07

Regardez ces chiffres, et surtout regardez bien tous les graphiques :

Si l’Irlande voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 5,86 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB10YR%3AIND

Si l’Irlande voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de 4,56 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GIGB2YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 10 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,28 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT10YR%3AIND

Si le Portugal voulait emprunter à 2 ans, il devrait verser un taux d’intérêt de 6,05 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GSPT2YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 10 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de … 12,45 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB10YR%3AIND

Si la Grèce voulait emprunter à 2 ans, elle devrait verser un taux d’intérêt de … 18,27 %.

http://www.bloomberg.com/apps/quote?ticker=GGGB2YR%3AIND
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MessageSujet: Re: Spéculation, crise, finance / Economie   Lun 10 Mai - 4:04



Crise, la croisée des chemins

par Frédéric Lordon

Il y aurait matière à faire un sort à tous les ahuris qui depuis l’été 2007 ne loupent pas une occasion de se féliciter que «le pire est derrière nous le plus dur est passé la crise est terminée». On rappellera qu’ils n’en sont jamais qu’à leur troisième tour de piste (automne 2007, printemps 2008, fin 2009) et que, vaillants comme on les connaît, on peut être tout à fait certains, le point chaud grec viendrait-il à relaxer, qu’ils ne nous décevraient pas pour une petite quatrième. [...]

Remettre la situation au clair

L’habileté de la finance privée, il est vrai bien servie par le barnum des éditorialistes et de leurs experts toujours bien accrochés, consiste à faire oublier qu’au commencement était non pas le verbe mais le foutoir spéculatif. Il n’y a pas d’intelligence politique possible de la situation présente sans remonter à son fait générateur et redéployer méthodiquement les enchaînements qui s’en sont suivis, ce qui donne à peu près ceci :

1. Avant le choc financier déclenché en 2007, il n’y a pas de problèmes de dettes publiques en Europe. [...]

2. Tous les ralentissements/récessions des deux dernières décennies ont pour origine des chocs financiers antécédents transmis à l’économie réelle par le canal du crédit (récession d’après krach immobilier au début des années 1990, récessions dans les pays d’Asie du Sud-Est post crise internationale de 1997-1998) ou par celui de l’effet richesse (krach Internet).

3. La crise financière dite des «subprime» est d’une ampleur inédite. Elle a frappé directement les banques, elle était par conséquent vouée à produire des effets récessifs de première grandeur.

4. Laisser se creuser les déficits publics est un impératif conjoncturel dans ce genre de situation récessioniste. Le déficit est d’autant plus grand que la récession est violente, celle-ci l’étant dans les mêmes proportions que le choc financier qui l’a déclenchée. Mais c’est ainsi.

5. [...] Il faut simplement savoir que tenter de réduire ou de maintenir le déficit en phase de récession demande des hausses d’impôts et des baisses de dépenses si violentes qu’elles aggravent immanquablement la situation qui leur a donné naissance… laissant au total les finances publiques dans un état plus dégradé qu’au départ !

6. A ma droite ce qu’il faudrait faire pour calmer les marchés, à ma gauche le contraire qui convient pour ne pas trop maltraiter les populations dans l’épisode récessioniste (d’origine financière). L’antagonisme est maintenant constitué : corps sociaux vs. finance. On n’attend plus que de voir comment les pouvoirs politiques vont arbitrer.

7. Comme toujours ils tenteront de s’en tirer en donnant un peu à chacun. Mais dans quelles proportions ? Et surtout avec quel espoir d’efficacité ? [...] le pilotage sans casse d’un ajustement budgétaire est très possible, en premier lieu parce que celui-ci s’effectue pour l’essentiel par le retour de la croissance mais, par conséquent, à la condition de pouvoir tenir l’horizon temporel adéquat – qui est de trois à cinq ans. Et pas de trois semaines.
La crise grecque est gérable tant que les taux sont de 5 %, elle ne l’est plus quand ils passent à 8 ou 10, ce qui s’est produit en quelques semaines, à situation objective quasi-inchangée et du seul fait de l’emballement spéculatif !

8. [...] l’intensification de l’angoisse collective des marchés a pour résultat l’élévation potentiellement indéfinie des mesures capables de venir l’apaiser. Obtenir une satisfaction marginale donnée de la finance oblige à faire subir une désutilité marginale surproportionnelle à la population. Dit autrement, «acheter» un même «degré» de tranquillisation de la finance devient d’un coût économique et social explosivement croissant. À mesure que son jugement se dérègle, le Shylock moderne ne veut plus seulement une livre de chair, mais trois kilos, et puis cinq… et puis quoi encore à la fin, la bête entière ?

9. On comprend peut-être mieux maintenant pourquoi les dynamiques économiques pilotées par la finance sont «diagnosticables» en gros mais imprévisibles en détail : elles sont affaire de croyances collectives et les déplacements de la croyance financière, parfois fulgurants, sont par suite insaisissables. Nul ne dispose des instruments susceptibles d’en cerner la formation et les brutales modifications. Il n’y a pas besoin de jouer les pythonisses pour diagnostiquer que nous sommes entrés en zone critique, et que tout peut s’y produire. Mais littéralement tout, c’est-à-dire aussi bien la propagation foudroyante de la défiance aux autres pays de l’euro, avec une bonne probabilité d’explosion générale au bout du compte, que le retour au calme d’ici une semaine. (...)

vendredi 7 mai 2010
http://blog.mondediplo.net/2010-05-07-Crise-la-croisee-des-chemins
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Spéculation, crise, finance / Economie
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