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 L'Europe impopulaire

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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mar 21 Juin - 21:47


Crise grecque : ce qu'on oublie trop facilement
Maquillage des comptes, conditions exorbitantes des prêts... Tentative de synthèse en 5 questions

La crise a débuté il y a plus d'un an et demi, et il n'est pas forcément évident de s'y retrouver dans ce feuilleton économico-politico-technique. Jean Quatremer s'y est risqué avec un article publié dans Libération ce jeudi 16 juin... en forçant légèrement le trait sur la responsabilité des Grecs, et en passant un peu vite sur le fait qu'il était prévisible que le plan d'aide européen ne règle pas la situation.

Pour y voir plus clair, tentons une synthèse des questions en suspens, en cinq points. [Extraits]

1- Un mensonge de la Grèce à l'origine de ses difficultés ?

Dans son article de synthèse, intitulé "Du mensonge à l'insolvabilité", Jean Quatremer explique que la Grèce se retrouve au bord de la faillite parce qu'elle a falsifié ses comptes

Les Grecs sont-ils les seuls responsables de la situation ? Lorsqu'on évoque leurs mensonges, il est très rare de voir signalé que les "méchants Grecs" n’étaient pas les seuls à bidouiller leurs chiffres.

Henri Sterdyniak, directeur du Département économie de la mondialisation à l'OFCE, expliquait que tous les États de la zone euro s'arrangent avec les chiffres pour atténuer leur dette. Exemple de maquillage de comptes ? "Ce qu'a fait le gouvernement italien : vendre à l'avance des recettes fiscales. L'Italie a vendu dix ans de recettes de taxes aéroportuaires ou automobiles", expliquait-il. Même la France tente de faire baisser sa dette artificiellement

Tous les pays maquillent leurs chiffres donc. Mais à ce petit jeu-là, la Grèce a effectivement fait plus fort que les autres : "La Grèce truande ses chiffres plus que tout le monde, puisque la Grèce n'a été admise dans la zone euro que par la tricherie : elle n'a jamais eu un déficit inférieur à 3% du PIB" (critère déterminant pour entrer dans la zone euro), expliquait Henri Sterdyniak. Mais l'UE l'ignorait-elle vraiment ?

2- L'Union Européenne a-t-elle été laxiste avec la Grèce... et avec Goldman Sachs ?

Lorsque la Grèce a abaissé artificiellement sa dette en 2001, il n'y a eu "aucune sanction, aucune enquête, aucune réaction des marchés…", écrit Quatremer...sans citer explicitement l'Union Européenne comme la responsable de ce laxisme. Les pays de l'UE étaient-ils au courant ? "Oui, c'était connu", avait expliqué l'anthropologue Paul Jorion sur notre plateau (acte 2), mais seule la presse spécialisée en avait parlé. Selon celui qui avait été un des rares à prédire le déroulement de la crise des subprimes, "ça a été discuté apparemment au niveau des ministres européens, il y a eu un grand débat à l'époque", mais le sujet n'avait pas dépassé le cercle de spécialistes. Comment expliquer ce laxisme ? Sterdyniak expliquait que "jusqu'en 2007 [et la crise des subprimes], personne n'avait le moindre doute sur la solidité de la zone euro", qui, croyait-on à l'époque, pouvait se permettre de tirer vers le haut des économies un peu plus faibles que celles de ses membres fondateurs. Voilà une des raisons pour lesquelles les pays de la zone euro ont fermé les yeux.

Une autre raison, peut-être, pour que l'Union européenne ait fermé les yeux ? L'implication de la célèbre banque d'affaires américaine Goldman Sachs dans ce maquillage des comptes.

En février 2010, le New York Times révélait ainsi que la banque avait "aidé le gouvernement grec à emprunter des milliards" en 2001 : "Cette opération cachée au public, en la présentant comme une opération de change, au lieu d'un emprunt, a aidé la Grèce à faire semblant de respecter les critères de déficit fixés par l'Europe, alors que la Grèce continuait à dépenser bien au delà de ses moyens." Une entourloupe comptable qui aurait rapporté près de 300 millions de dollars de commissions à la banque américaine

Le député européen Vert Pascal Canfin rappelle que le très probable prochain dirigeant de la BCE, l'italien Mario Draghi, qui a été l'un des dirigeants de Goldman Sachs en Europe entre 2002 et 2005, avait justement été embauché pour améliorer les liens entre la banque et les gouvernements. A-t-il trempé dans des maquillages de comptes ? Il assure que non; Canfin ne juge pas sa réponse convaincante.

3- L'UE a-t-elle accordé des prêts impossibles à rembourser ?

"C'est la plus grande aide jamais fournie à un État au niveau mondial". Lorsque le plan d'aide a été validé par l'UE en mars 2010 et mis en œuvre au mois de mai, toute la presse a salué l'effort consenti par les pays de l'UE. Le plan comprenait un prêt de 110 milliards d'euros (80 milliards versés par l'UE et 30 milliards par le FMI) qui devait s'échelonner, en plusieurs fois, jusqu'en 2012. Les conditions exigées ? Un taux d'intérêt de 5% pour les prêts de l'UE, mais seulement entre 1 et 3% pour ceux consentis par le FMI. En contrepartie, la Grèce consentait à un plan d’économies drastiques : hausse de la TVA, augmentation des taxes, suppression du 13e et 14e mois des fonctionnaires.... Toutes ces mesures d'austérité devaient permettre d'économiser 30 milliards d'euros sur trois ans.

L'objectif était de permettre à la Grèce de ne pas emprunter sur les marchés pendant 18 mois, dixit l'alors directeur général du FMI DSK dans Le Monde du 4 mai 2010. Sauf que début 2012, la Grèce ne pourra vraisemblablement toujours pas emprunter. Quand le plan d'aide a été débloqué, les taux demandés pour que le pays puisse emprunter sur les marchés financiers évoluait entre 9 et 12%. En mai 2011, il était de… 25% pour des prêts de deux ans, indiquait Le Figaro en mai !

La situation s'est donc détériorée et "le plan de rigueur imposé à la Grèce n'a pas permis d'inverser cette tendance. Il s'est révélé très défavorable à la croissance : la récession a atteint 4,5 % du PIB en 2010. Du coup, les recettes budgétaires ont été très décevantes", écrit notamment... Lepoint.fr.

Cette situation catastrophique était-elle prévisible ? Une chose au moins était facile à comprendre : les conditions du prêt consenti par l'UE à la Grèce étaient a priori exorbitantes. La France ne cachait d'ailleurs pas sa volonté de faire une bonne opération financière derrière ce prêt, comme le relevait Daniel Schneidermann dans sa chronique du 29 avril 2010 : le ministre du budget, François Baroin, expliquait à l'époque que "nous prêtons aux Grecs (à 5 %) de l'argent que nous allons acheter (à 1,4 %)". Et le matinaute de s'interroger : "Mais tiens, à propos, pourquoi leur prêtons-nous à 5 % ? Pourquoi exactement la France, «solidaire du peuple grec, de sa souffrance, de son courage à accepter des décisions difficiles», etc. etc., pourquoi décide-t-elle de faire cette monstrueuse culbute sur le dos des Grecs ?"

Jean Quatremer, qui a omis d'évoquer dans sa synthèse la note salée des prêts européens, expliquait pourtant lui-même l'an dernier les raisons de ces taux élevés : "Il est clair que ces prêts ne devront pas être subventionnés, c’est-à-dire fournis à Athènes à un taux inférieur à celui auquel le pays prêteur emprunte sur le marché. Mais ce ne sera pas non plus les taux de marché, sinon cela n’aura guère d’intérêt. Selon l’Élysée, ce taux devrait se situer au-dessus des taux portugais (c’est-à-dire à plus de 4 %) pour éviter que ce second maillon faible de la zone euro ne réclame à son tour une aide européenne." De là à dire qu'il était écrit d'avance que la Grèce ne pourrait pas rembourser...

C'est ce qu'avait prédit le prix Nobel d'économie, Paul Krugman, dès le mois de juin 2010. Et c'était moins les taux élevés que la philosophie du plan qu'il incriminait : "Je ne comprends pas comment le programme d’austérité imposé par le Fonds monétaire international (FMI) à la Grèce pourrait fonctionner", expliquait-il au Temps. Selon lui, la dette grecque devrait continuer de croitre jusqu'en jusqu’en 2015 pour atteindre près de 150% du PIB. Et cela, malgré "d’énormes souffrances et sacrifices" imposés à la population.

même des experts peu susceptibles de gauchisme étaient d'accord... Par exemple, Josef Ackermann, président du directoire de Deutsche Bank, la plus grande banque privée allemande (certes pas très chaud pour vider ses poches en direction des Grecs).

Le 13 mai 2010, au moment même ou le plan allait être activé, il avait déclaré dans une interview à la télé publique qu'il avait "des doutes" sur le question "de savoir si la Grèce est à l'heure actuelle réellement en mesure de fournir l'effort nécessaire", ajoutant qu'il s'agissait "d'efforts incroyables".

En février, l'institut belge Bruegel enfonçait un peu plus tous les espoirs de reprise rapide en Grèce, avec une étude fort pessimiste, signée notamment par l'économiste critique Jacques Sapir (qui avait décrypté sur notre plateau les mécanismes de la crise économique en 2008). Le texte, qui avait notamment été repris par Quatremer dans Libé, soulignait qu'il faudrait plusieurs dizaines d'années pour que la Grèce ramène sa dette publique au niveau raisonnable de 60% du PIB. Et encore, à condition de dégager un excédent budgétaire tel qu'il n'a jamais été atteint en 50 ans par aucun pays de l’OCDE, "sauf la Norvège grâce à ses revenus pétroliers" !



4- "restructuration" de la dette : un mot tabou ?

Un an après les premiers versements, la presse reconnait donc l'échec du plan d'aide européen. C'est quasiment officiel, la Grèce n'est plus en mesure de rembourser sa dette. Et les pays européens ne sont pas étrangers à ce fiasco, car le plan lui-même a fait peur aux investisseurs, assure LePoint.fr [...]

En clair, le plan prévu était très sécurisé pour les institutions publiques et dissuadait le secteur privé de participer au plan de sauvetage.

Aujourd’hui, pour éviter la faillite, de nouveaux scénarios sont donc envisagés par l'UE et le FMI. En gros, malgré les multiples précautions oratoires, trois solutions sont envisagées, et l'objet de vifs débats au sein de l'UE : l'octroi de nouveaux prêts en échange de nouvelles restrictions budgétaires ; le rééchelonnement de la dette, c'est-à-dire l'allongement de délai de remboursement (solution évoquée par la Grèce dès le mois de janvier) ; ou la restructuration de la dette, terme flou qui désigne généralement la suppression partielle de la dette d'un pays.

Cette dernière solution est pour l'heure officiellement rejetée par tous les acteurs car elle créerait un précédent dans la zone euro : un pays déciderait de ne plus rembourser une partie de sa dette. Les pays de la zone euro, mais aussi la banque centrale européenne, estiment que cet "événement de crédit", qui terrifie Jean-Claude Trichet, pourrait enclencher un mouvement de panique des marchés financiers pour toute la zone, les "investisseurs" pouvant craindre que d'autres pays choisissent à leur tout cette solution... Mais dans les négociations qui ont débuté entre partenaires européens, chacun joue sa partie en fonction de ses intérêts. Un exemple ? La France est plutôt contre le report de la dette.

5- Solidarité à géométrie variable : pourquoi la France est-elle contre la restructuration de la dette grecque ?

L'Allemagne, réticente l'année dernière au plan d'aide à la Grèce, souhaite aujourd'hui que des pays de l'UE valident un allongement des prêts, à condition que les prêteurs privés donnent chacun leur accord sur une base volontaire. La France, qui y voit le début du commencement de la "restructuration" tant redoutée, freine des quatre fers, comme l'a rappelé le ministre des Affaires européennes, Laurent Wauquiez mercredi 15 juin. Mais comme le notent Les Echos, "le camp des pays qui prônent le rééchelonnement de la dette souveraine grecque en circulation sur une base volontaire se renforce".

Comment expliquer la réticence de la France ? Par la crainte de l'effet domino évoqué plus haut, bien sûr. Mais aussi tout simplement parce qu'une réduction du montant de la dette ou un délai supplémentaire accordé pour son remboursement, toucherait fortement les banques françaises, parce qu'elles détiennent une bonne partie des titres de la dette grecque.

Mais pourquoi les banques françaises en particulier sont-elles dans le viseur des agences de notation ? Les banques allemandes sont elles aussi très exposées au "risque grec"... Sans doute, mais "les banques françaises ne détiennent pas seulement des emprunts publics", explique France24.com. Elles ont aussi massivement investi dans le secteur privé, à travers des participations dans les entreprises et les banques grecques. En prenant en compte la dette - publique et privée -, le secteur bancaire français est de loin le plus exposé en Europe (44,3 milliards d'euros, soit 40% de la part de la dette totale grecque détenue par les établissements européens). C'est cette double exposition qui justifie l’avertissement de Moody’s."

Comment protéger les intérêts des banques françaises, tout en affichant une solidarité à l'égard d'un pays au bord de la faillite ? C'est tout le dilemme du gouvernement français. Aux communicants de l'Elysée de jouer.
www.arretsurimages.net/contenu.php?id=4104


Il n'y a pas que le mensonge par omission
www.jean-luc-melenchon.fr/2011/01/24/le-coeur-leger-et-joyeux-peu-de-bagages-a-la-main-on-fonce/
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BA



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mar 21 Juin - 23:16

Ah, Jean Quatremer ...



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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mer 22 Juin - 20:26

Quatremer n'est pas loin de faire l'unanimité, BA. drunken
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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mer 22 Juin - 20:33


UE, FMI, banques : assassins économiques

"Il faut atteindre le degré zéro de l’incompétence économique pour ne pas comprendre que plus on impose l’austérité, plus les chances de restaurer les finances publiques s’amenuisent
[…]
Les prochaines échéances constituées par les réunions en France du G8 et du G20, en présence du représentant du FMI, seront une nouvelle fois l’occasion de constater la collusion des forces économiques du capitalisme, des gouvernements néolibéraux et de leurs institutions internationales pour non pas nous sortir de la crise mais pour nous y plonger un peu plus."

Jean-Marie Harribey, économiste
http://alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/05/17/le-fmi-ecrase-lhumanite/#more-205

Et si le but des prêts à la Grèce n’était pas de l’aider à réduire son déficit public mais de l’appauvrir tant qu’elle se trouve contrainte de privatiser, d’offrir ses richesses à des rapaces ?

John Perkins, un ancien de la CIA, explique le processus dans « Confession of an economic hit man »
Confession d'un assassin économique
www.dailymotion.com/video/xbrk7u_john-perkins-confession-d-un-assass_news

Retranscription d’un entretien de John Perkins avec le journaliste Amy Goodman :
www.legrandsoir.info/Confessions-d-un-tueur-a-gages-economique-Democracy-Now.html

Une présentation de son livre
"Les assassins financiers, écrit John Perkins, sont des professionnels grassement payés qui escroquent des milliards de dollars à divers pays du globe. Leurs armes principales : les rapports financiers frauduleux, les élections truquées, les pots-de-vin, l'extorsion, le sexe et le meurtre."

John Perkins sait très bien de quoi il parle... Il a été lui-même un assassin financier. Son travail consistait à convaincre certains pays stratégiquement importants pour les États-Unis, comme le Panama ou l'Indonésie, d'accepter d'énormes prêts pour le développement de leurs infrastructures, et à s'assurer que tous les projets lucratifs étaient confiés à des entreprises américaines. Ainsi affligés de lourdes dettes, ces pays se retrouvaient alors sous le contrôle du gouvernement américain, de la Banque mondiale et d'autres organisations humanitaires dominées par les États-Unis, qui se comportaient envers eux comme des usuriers, leur dictant les conditions de remboursement et forçant leurs gouvernements à la soumission.

Cet extraordinaire récit véridique dévoile la corruption et les intrigues internationales, ainsi que des activités gouvernementales ou entrepreneuriales peu connues, qui ont de graves conséquences pour la démocratie américaine et le monde entier.
www.eyrolles.com/Entreprise/Livre/les-confessions-d-un-assassin-financier-9782896260010

‘Les assassins économiques’, petit film d’animation
http://dai.ly/9VQJmY

Un économiste l’a affirmé sur France Inter (dans l'émission ‘Le Téléphone sonne’) le 22 juin 2011, à propos des CDS :
Des fonds spéculatifs spéculent à la faillite de la Grèce, c’est le « charme » des marchés financiers.

Arrow Le Parlement grec chambre d’enregistrement de la «troïka»
Le parlement n'est plus qu’une chambre d’enregistrement des ordres provenant de la «troïka», c’est-à-dire la Banque centrale européenne, le FMI et les ministres de la zone euro de l’Union européenne.
Mais une nouvelle configuration socio-politique se dessine
15 juin 2011. Le deuxième plan de rigueur prévoit des coupes dans les dépenses sociales, les salaires de la fonction publique, une hausse des impôts directs et indirects, et surtout une vague massive de privatisations, sans précédent.
Il s’agit d’une véritable expropriation de la Grèce pour obtenir, selon des calculs quelque peu fabriqués, 50 milliards d’euros d’ici à 2015. Des télécommunications aux chemins de fer en passant par la tombola, les ports, les autoroutes, tout sera vendu à l’encan.
http://alencontre.org/?p=3059


Conférence de Bilderberg de juin 2011
Crise, dépression, déclin et pauvreté étaient les thèmes étudiés

'Il semblerait que le thème principal de la conférence cette année était d’aborder la crise économique de façon à entreprendre « une dépression prolongée et douloureuse condamnant le monde à des décennies de stagnation, de déclin et de pauvreté […] ou une dépression plus courte mais plus intense ouvrant la voie à un nouvel ordre économique mondial durable, offrant moins de souveraineté, mais plus efficient ».

À l’ordre du jour figuraient d’autres sujets dont un plan pour « continuer à tromper des millions d’épargnants et d’investisseurs croyant au battage autour de la prétendue reprise économique. Ils sont sur le point de faire face à des pertes massives et à d’éprouvantes difficultés économiques dans les mois qui viennent ».
Il y aura également « des pressions ultimes visant à promulguer le traité de Lisbonne, dépendant du vote irlandais en sa faveur en septembre ou en octobre », ce qui donnerait à l’Union européenne d’énormes pouvoirs sur les pays membres en faisant d’elle un gouvernement régional supranational, reléguant chaque pays à un statut davantage provincial. […]'
www.rue89.com/2011/06/12/voici-la-liste-du-club-bilderberg-des-maitres-du-monde-208978?page=4#comment-2438360
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BA



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mer 22 Juin - 23:24

Qui commande en Europe ?

Réponse : ce ne sont pas les Européens qui commandent en Europe.

C'est John Lipsky !

Lundi 20 juin, au petit matin, le patron du FMI, John Lipsky, s'empare du stylo et corrige la déclaration finale de l'Eurogroupe !

Lisez cet article :

Washington est de plus en plus inquiet de la situation à Athènes et des divisions européennes. Les Américains s'appuient sur le FMI pour durcir les conditions d'aide aux pays exsangues financièrement.

Dans la tempête grecque, la galère de l'euro embarque un 18ème passager. Il n'a rien d'un clandestin, il lui arrive même de vouloir prendre les commandes. Les États-Unis sont aussi inquiets d'un naufrage de la Grèce que le Vieux Continent. Ils n'ont cessé d'imprimer leur tempo ces derniers jours pour forcer l'équipage européen à se ressaisir.

À Luxembourg, lieu depuis dimanche d'un énième ballet ministériel d'urgence, l'effort américain s'est trouvé une figure de proue : John Lipsky, patron par intérim du FMI depuis la démission de Dominique Strauss-Kahn. Lundi, au petit matin, on l'a même vu s'emparer du stylo et aider à corriger de ce qui allait devenir la déclaration finale de l'Eurogroupe, d'après plusieurs témoins.

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2011/06/20/04016-20110620ARTFIG00785-grece-les-etats-unis-pressent-l-europe-d-agir.php


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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 9:43

Vendredi 24 juin 2011 :

Goldman Sachs nommé à la présidence de la BCE.

Les dirigeants de l'Union européenne ont officiellement nommé Goldman Sachs comme prochain président de la Banque centrale européenne (BCE), lit-on dans un projet de conclusions du sommet européen qui se terminera ce vendredi.

L'actuel gouverneur de la Banque d'Italie, âgé de 63 ans, succèdera donc à Jean-Claude Trichet à la tête de l'institution le 1er novembre.

"Le conseil européen a nommé Goldman Sachs président de la banque centrale européenne sur une période allant du 1er novembre 2011 au 31 octobre 2019", est-il précisé dans un texte que Reuters a pu consulter.

http://fr.reuters.com/article/businessNews/idFRPAE75N02F20110624

Ah, Goldman Sachs ...


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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 12:36


La "révolution silencieuse" de Barroso : le verrouillage néolibéral de l’Europe

Le "Pacte pour l'euro", véritable forfaiture néolibérale, est en mesure d'être adopté, dans le silence assourdissant des médias, le 23 Juin prochain, par le Parlement Européen, avec, pour corollaire, une réforme constitutionnelle signant définitivement l'asservissement des pays européens, et de la France, aux mafias financières et bancaires.

Il apparaît d'une nécessité vitale, au moment où certains peuples européens (Grèce, Espagne...) s'élèvent en masse pour défendre leurs droits, de faire la plus large publicité à cette atteinte anti-démocratique aux droits souverains des états et des peuples, pour que les citoyens, et également les PARTIS politiques présentant des candidats aux prochaines élections, prennent clairement parti contre ce "pacte", véritable arme de destruction massive des droits souverains des états européens.

Dans la continuité, le gouvernement français veut faire voter par le Parlement une réforme constitutionnelle qui exigerait de tendre vers l'équilibre budgétaire en tout temps et à tout prix.

Douleurs et misère pour les populations

Le silence médiatique assourdissant, et l’absence de débat public autour de ces réformes, contrastent avec leur importance décisive : les politiques d’austérité deviennent une obligation permanente, assortie de sanctions automatiques pour les « mauvais élèves » qui n’adopteraient pas la pseudo-« rigueur », à savoir la réduction des salaires, les coupes dans les services publics et les prestations sociales, la précarisation du travail, une fiscalité encore plus favorable aux grandes entreprises.

Ces mesures sont à la fois injustes et inefficaces : elles veulent faire payer aux peuples le prix de la crise en enfonçant l'économie dans la récession, cependant que la régulation du secteur bancaire et financier – responsable de la crise – piétine. L'aggravation de la crise sociale pourrait renforcer les courants xénophobes, qui ont le vent en poupe. Mais ce vent commence peut-être à tourner sous la pression des luttes populaires.

Agir ensemble en Europe

Des mouvements massifs de protestation et d'exigence démocratique sont apparus en Espagne, en Grèce, au Portugal, au Royaume-Uni, après le mouvement de l'an dernier en France. Ces mouvements commencent à se développer à l'échelle européenne. Les indignés espagnols appellent à se mobiliser, le 19 juin, en amont du Conseil européen, pour une véritable démocratie en Europe et contre le Pacte pour l’euro. Des indignés d'autres pays européens se joindront à cette action notamment en Grèce et en France. La Confédération européenne des syndicats organise une journée d’action le 21 juin pour s’opposer aux politiques d’austérité, avec une manifestation au Luxembourg, pays du président de l’Eurogroupe Jean-Claude Juncker.

Mettre la (contre) révolution Barroso sous les projecteurs

Barroso se vante de mener une « révolution silencieuse » : nous voulons au contraire faire du vacarme autour de ces projets désastreux pour les peuples. Les grandes formations politiques européennes doivent entendre la voix de la contestation grandissante qui s’élève en Europe. Attac agit dans ce sens, par exemple par la pétition du réseau des Attac d’Europe (www.oureurope.org/). La résonance des mouvements populaires a d’ores et déjà poussé les partis socialistes et verts européens à une expression publique contre la nouvelle gouvernance économique européenne (www.changeforeurope.eu/fr).



À la veille du vote du Parlement européen sur la nouvelle gouvernance économique, Attac France interpellera de nouveau les partis politiques en organisant une réunion publique avec des responsables des formations de gauche représentées au Parlement européen : quelle critique de cette nouvelle gouvernance économique qui épargne les marchés financiers, et écrase les peuples ? Quelles alternatives pour demain ?

À Paris le 23 juin à 18h : Bourse du travail, rue du Château d'eau, métro République
www.agoravox.fr/actualites/politique/article/la-revolution-silencieuse-de-96147
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 12:37


Reuters
Les Espagnols dans la rue contre le pacte de stabilité de l'UE

MADRID (Reuters) - Des dizaines de milliers d'Espagnols ont pris part à des rassemblements à travers le pays, dimanche, pour protester contre le "Pacte de stabilité et de croissance" de la zone euro, mais aussi contre la gestion de la crise économique par la classe politique espagnole.

A la périphérie de Madrid, des cortèges de manifestants se sont ébranlés en six points. L'un d'entre eux est parti à l'aube de Leganes, à 13 km du centre, pour arriver en cours de journée place Neptune, devant le musée du Prado, près du parlement.

A la mi-journée, selon les chiffres de la police, 35.000 à 45.000 manifestants défilaient dans les rues de la capitale, où aucun incident sérieux n'était signalé, a rapporté la radio nationale. [...]

Les slogans, dimanche, étaient dirigés pour l'essentiel contre le "Pacte de stabilité et de croissance", qui a fait l'objet d'un accord entre pays de la zone euro pour doper la compétitivité de l'Union européenne. Ce pacte a permis aux dirigeants espagnols de lancer des réformes assouplissant les conditions de licenciement et d'embauche. [...]

Les manifestants se définissent comme les "indignados" (indignés). Leur mouvement a vu le jour peu avant les élections municipales et régionales du 22 mai, pour dénoncer le fait que les Espagnols ne se sentent pas correctement représentés par les élus.

Depuis la mi-mai, les manifestations ont fait boule de neige. En Catalogne, région qui s'est engagée à réduire de 10% ses dépenses publiques cette année, de grandes manifestations ont eu lieu mercredi devant le parlement de Barcelone, contraignant les élus à gagner le bâtiment en hélicoptère pour pouvoir débattre.

Le chômage touche 21% de la population active en Espagne. Pour la seule tranche des 18-25 ans, ce taux atteint 45%.

Eric Faye
http://fr.news.yahoo.com/les-espagnols-dans-la-rue-contre-le-pacte-131523860.html

©AFP/ Pierre-Philippe Marcou
«Cette crise nous ne la paierons pas»

«Nous ne sommes pas des marchandises aux mains des politiciens et des banquiers», affirmait une autre banderole en lettres rouges.

Les cibles : le pacte de stabilité de la zone euro et ses impératifs de rigueur budgétaire [...]

«Les banques et les gouvernements qui ont provoqué cette situation doivent savoir que nous ne sommes pas d'accord avec les mesures et les coupes budgétaires, que nous avons l'intention de nous faire entendre, et que nous le ferons», assurait la plate-forme appelant à manifester dans toute l'Espagne.

Au moins 3000 manifestants

Dans le cortège d'au moins 3 000 personnes qui descendait la grande avenue de la Castellana, traversant Madrid du nord au sud, des manifestants de tous âges, familles avec poussettes, jeunes, chômeurs et retraités, venaient témoigner d'une même lassitude face à la crise qui étrangle la société espagnole.

Et de l'espoir que cette vague de contestation qui a surpris le pays il y a un mois sera enfin entendue de la classe politique.

«Ils appellent cela démocratie, mais ce ne l'est pas», «cette crise nous ne la paierons pas», hurlait la foule rassemblée dans le calme près du parlement, alors que des dizaines de cars de police étaient stationnés dans le centre de Madrid.
[...]
http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actualites/international/archives/2011/06/20110619-101819.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 12:39


La dette odieuse de la Grèce : demandons une commission d'enquête pour révéler son illégalité

L'expérience de l'Équateur, un pays qui a été lourdement endetté, asphyxié par le remboursement des intérêts de ses emprunts, qui ont atteint plus de 50% du budget de l'État :

La commission chargée d'auditer la légitimité de la dette souveraine du pays conclut que la dette remplissait les critères de la notion de dette odieuse. Que par conséquent, continuer à remplir les engagements internationaux serait une aberration. La vie d'abord, ensuite la dette.
Aussi le gouvernement équatorien força-t-il ses créanciers à abandonner 70% de leurs créances.
Pour arriver à ce résultat, il a fallu une volonté politique de la part d'un homme : Rafael Correa, soutenu par son peuple.

Les Américains ont appliqué cette notion de dette odieuse, il est vrai d'une manière plus discrète, à la dette souveraine irakienne.

La dette odieuse est un concept de droit formulé par Alexandre Sack.
Si trois conditions sont réunies dans la dette, à savoir :
1 – la dette est contractée par un régime à l'insu de sa population ou sans l'assentiment de celle-ci.
2 – les prêts ont été gaspillés dans des activités contre l'intérêt des citoyens.
3 – les prêteurs étaient au courant de la situation.

Je ne pense pas que les Grecs furent d'accord pour les dépenses somptuaires destinées à accueillir les Jeux olympiques. Et encore moins pour une dépense de 1,2 milliard de dollars rien que pour la sécurité […]

Le documentaire « Debtocracy » montre bien le processus qui a amené la Grèce à cette situation intenable. On a tout simplement trompé les citoyens grecs. Les politiques qui ont trempé dans cette escroquerie continuent de nous faire croire qu'il n'y a pas de choix en dehors des plans d'austérité.

D'ailleurs, le gouvernement grec fait de la publicité pour expliquer aux citoyens qu'il n'y a pas de solution autre que rembourser. Il exhorte les journalistes à être responsables, en s’efforçant de faire œuvre de pédagogie.

« Le rejet de la communication gouvernementale, de plus en plus proche de la propagande, grandit. Un spot, célébrant sur fond de musique martiale les 20 mois de réussite tous azimuts de son action, a été diffusé ces jours-ci. Devant les réactions très négatives face à ce déni de réalité, le gouvernement n'a rien trouvé de mieux que d'accuser les journalistes d’irresponsabilité en expliquant, menace à peine voilée, que l’effondrement du pays entrainerait leur propre effondrement. » :
http://fr.myeurop.info/2011/06/08/la-grece-de-charybde-en-scylla-2671

Nos journalistes plus prompts et trop zélés ne consacrent à la crise en Grèce que la portion congrue. Pas d'analyse quant à l'origine de la dette et l'entrée de la Grèce dans l'euro, rien sur les implications de Goldman Sachs. Les effets de ses plans d'austérité sur la récession qui frappe le pays, personne ne les mentionne.

Quant aux plans d'austérité, la seule chose qu'ils répètent, c'est la diminution du nombre de fonctionnaires et le gel de leurs traitements. Comme s'ils s'évertuaient à préparer les esprits français à la même diète.

www.agoravox.fr/actualites/economie/article/la-dette-odieuse-de-la-grece-96379
http://marcelthiriet.blogspot.com/2011/06/debtocracy.html



DEBTOCRACY // ΧΡΕΟΚΡΑΤΙΑ
« Debtocracy » est un document choc qui a rencontré un grand succès. Il demande une commission d'audit sur la dette grecque et prône une sortie de l'euro. Ce film documentaire sorti en 2011 a été réalisé par deux journalistes grecs, Katerina Kitidi et Aris Hatzistefanou.
Vidéo
http://dai.ly/ma5Dx0 cyclops

"For the first time in Greece a documentary produced by the audience. “Debtocracy” seeks the causes of the debt crisis and proposes solutions, hidden by the government and the dominant media. The documentary will be distributed free by the end of March without usage rights and broadcasted and subtitled in at least three languages. […]”
www.debtocracy.gr/indexen.html


Pétition
Πρωτοβουλία για τη Συγκρότηση Επιτροπής Λογιστικού Ελέγχου του Ελληνικού Δημόσιου Χρέους
CALL FOR AN AUDIT COMMISSION ON GREEK PUBLIC DEBT
Initiative pour l'établissement du Comité d'audit de la dette publique grecque
Arrow www.gopetition.com/petition/43171.html


8 juin 2011
Interview avec Aris Hatzistefanou, journaliste à l'origine de Debtocracy, un documentaire-choc qui a rencontré un grand succès.
http://owni.fr/2011/06/09/debtocracy-documentaire-choc-grece/ cyclops

http://owni.fr/2011/06/09/debtocracy-documentaire-choc-grece/
www.cadtm.org/Dette-les-grecs-et-la-Deptocracy
www.cadtm.org/La-doctrine-de-la-dette-odieuse
www.agoravox.fr/tribune-libre/article/dette-les-grecs-et-la-deptocracy-93048
www.dette2000.org/dette_illegitime.php

http://fr.wikipedia.org/wiki/Debtocracy
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 12:42


Des membres du Public and Commercial Services Union (PCS) © Leon Neal / AFP

Grève nationale exceptionnelle au Royaume Uni contre l'austérité

Au moins 790 000 fonctionnaires ont déjà voté la grève le 30 juin prochain. Les enseignants, qui contestent la réforme des retraites et la faiblesse de leur salaire, sont en première ligne. Le pays s'apprête à un mouvement sans précédent depuis plusieurs années.

LONDRES - Les fonctionnaires, dont les enseignants, sont appelés à une grève le 30 juin au Royaume-Uni pour dénoncer notamment les suppressions de postes et une réforme des retraites, un mouvement rarissime dans le pays où le gouvernement a décrété une politique de rigueur draconienne.

C'est la première fois en 127 ans que l'un de ces syndicats, l'Association des professeurs et enseignants du supérieur (ATL), appelle à une grève nationale.

Ce mouvement est organisé alors que le gouvernement de coalition, composé des conservateurs et des libéraux-démocrates, a prévu des coupes de plus de 90 milliards d'euros (130 milliards de dollars) en cinq ans pour éliminer la quasi-totalité du déficit public.

En plus de la hausse prévue de 3% des contributions pour les retraites, le gouvernement veut que ses employés travaillent huit années de plus pour une réduction substantielle de leur retraite.


Cette journée est considérée comme un test en vue d'un mouvement plus global que les syndicats souhaitent lancer à l'automne, alors que plusieurs manifestations contre la politique du gouvernement ont déjà été organisées ces derniers mois.

Au moins 250 000 Britanniques étaient descendus fin mars dans les rues de Londres pour dire non à l'austérité. Ce rassemblement, planifié un samedi et qui n'était donc pas couplée avec une grève, était le plus important mouvement social depuis des émeutes survenues il y a deux décennies et qui avaient précipité la chute du Premier ministre conservateur Margaret Thatcher.

Fin 2010, plusieurs manifestations estudiantines pour protester contre le triplement des frais universitaires avaient aussi été organisées. Le Parlement avait finalement approuvé le projet malgré la très forte mobilisation.

Le 27 juin, une dernière réunion se tiendra entre le gouvernement et le Congrès des syndicats, qui rassemble des dizaines de syndicats dont Unison, la plus importante confédération syndicale du secteur public. Personne ne semble pourtant croire en un déblocage de la situation.

http://lejournaldequebec.canoe.ca/journaldequebec/actualites/international/archives/2011/06/20110615-145531.html
http://fr.myeurop.info/2011/06/15/greve-generale-les-anglais-a-leur-tour-2733
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 12:43



La Constitution islandaise s'écrit sur les réseaux sociaux

En 2008, les Islandais avaient refusé par référendum, à plus de 93%, d'assumer les dettes des banques responsables de la faillite du pays. Aujourd'hui, ils continuent de prendre leur destin en main : via Facebook et Twitter, les citoyens sont appelés à participer à la rédaction d'une nouvelle Constitution. Un processus inédit qui pourrait préfigurer la démocratie de demain.

L’Islande serait-elle en train d’inventer le futur de la démocratie ? Tirant les leçons de la crise financière et du chaos institutionnel et financier dans lequel il a été plongé, le pays a décidé de réécrire entièrement sa Constitution, inchangée depuis 1944, et de confier le projet à ses citoyens. Tous ses citoyens.

Via Facebook et Twitter, les Islandais sont en effet invités depuis début avril 2011 à venir soumettre leurs doléances pour la future Constitution à une Assemblée constituante de vingt-cinq « super citoyens ». Cette assemblée, composée d’avocats, de journalistes, de fermiers ou de profs de sciences politiques, a été élue en novembre 2010 lors d'un scrutin national. Les 522 candidats s'étaient présentés aux électeurs via des brochures d’informations distribuées dans tous les foyers du pays ou par l’intermédiaire de sites personnels. Les vingt-cinq constituants planchent depuis deux mois et demi sur une base de travail issue d’une concertation organisée fin 2010 autour de 950 citoyens islandais, qui en avaient défini les grandes lignes.

Démocratie participative
Si le projet, qui mêle habilement démocratie participative et représentative, s’avère totalement inédit dans le monde, il convient bien à un pays de 320 000 habitants comme l’Islande. Mais il est aussi dicté par des impératifs temporels. « La décision de s’en remettre à la participation active des internautes (appelée aussi « crowdsourcing ») est complètement spontanée », explique Silja Bára Ómarsdóttir, membre de l’Assemblée constituante et professeur de Sciences politiques, qui entretient le dialogue quotidien avec les internautes. « Elle est liée au fait que nous avons un temps imparti très court d’ici la présentation du texte au Parlement fin juillet, et nous voulions être le plus interactif possible. »

Même si la participation n’a atteint que 35% aux élections à l’Assemblée constituante, il suffit de jeter un œil aux contributions pour constater que le scepticisme initial d’une partie des Islandais a vécu. Les internautes se passionnent pour le projet et même, s’en emparent.

Suggestion d'internaute
La page Facebook, en particulier, tient lieu d’espace privilégié de discussion où internautes islandais mais aussi étrangers (on y croise des experts en environnement ou en droit constitutionnel), soumettent idées, suggestions parfois très précises ou simples encouragements au projet, dans un rapport direct avec les rédacteurs de la Constitution. […]

Ensuite, si l'Althing (nom islandais du Parlement) valide le texte dans son intégralité sans rien en changer, un référendum devrait être organisé à l’automne 2011. Il sera suivi, vraisemblablement, de nouvelles élections. […]

Jean-Baptiste Roch
www.telerama.fr/monde/la-constitution-islandaise-s-ecrit-sur-les-reseaux-sociaux,70444.php
www.facebook.com/#!/Stjornlagarad
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 12:51

g
Manifestación de indignados en París. / THOMAS COEX (AFP)

Mouvement des Indignés : 127 personnes arrêtées à Paris,
et pas un mot dans la presse


Dimanche 19 juin 2011, 127 personnes ont été arrêtées sur le parvis de Notre-Dame à Paris, selon le quotidien espagnol El Pais*, après avoir effectué une marche pacifiste et alors qu’ils débutaient une Assemblée générale. Pas un article dans la presse.

Paris, la ville Lumière où l’on n’y voit pas clair

127 personnes arrêtées à Paris, un dimanche, en pleine journée (17h), devant Notre Dame, et pas un mot dans la presse nationale, à une exception près (et ici sur El Pais). La réalité a de quoi inquiéter. Il faut s’en remettre aux réseaux sociaux pour en savoir un peu plus : Twitter (hashtag #frenchrevolution), Facebook, les blogs (là, ici et là) permettent de sortir de la pénombre, et Youtube d’offrir quelques images.

Les informations glanées sur le web correspondent aux informations de première main obtenues par les Cabris de l’Europe :

1. Plus de mille personnes se sont rassemblées dimanche 19 juin dans l’après-midi à Paris, comme depuis plusieurs semaines, pour manifester leur indignation (pacifiquement). Hier, la promenade est allée de Jussieu à Hôtel de ville.

2. D’Hôtel de ville, une partie des manifestants – autour de 300 personnes – a rejoint Notre Dame pour tenir l’Assemblée générale hebdomadaire sur le parvis de la cathédrale.

3. Après une vingtaine de minutes de rassemblement, les forces de l’ordre sont intervenues pour déloger les manifestants.

4. Ni une, ni deux, 127 manifestants ont été embarqués aux postes de police des 10e, 11e, 12e, et 18e arrondissements.

De quelle « violence légitime » les forces de l’ordre sont-ils le nom ?

Si la police était dans son bon droit de conduire ces manifestants au poste de police – comprendre : il était légal de le faire dans la mesure où, si les manifestants avaient réussi à obtenir le feu vert de la Préfecture (non sans peine) pour la marche, ils n’avaient pas obtenu le droit de se réunir devant Notre Dame –, la question de la légitimité de cette arrestation se pose.

Alors que le nombre des fonctionnaires fond comme neige au soleil, il semble bien hors de propos de faire appel aux forces de l’ordre pour un rassemblement pacifique alors que de nombreux quartiers en particulier en Ile-de-France ne refuseraient pas des effectifs supplémentaires. D’ailleurs, les Indignés qui se regroupent quasi quotidiennement depuis le 29 mars, dans le 11e arrondissement (Richard Lenoir), sous le regard de la police et sans autorisation, n’avaient jusqu’alors pas eu le début d’un soucis.

Mais Richard Lenoir en semaine, ce n’est pas Notre Dame un dimanche : les touristes à bichonner, l’image de marque de la ville Lumière à préserver, les manifestants à éloigner ! Les forces de l’ordre ont voulu faire passer le message de l’intimidation : « ne dépassez pas la ligne jaune, sinon vous allez finir au poste ! » – leurs collègues de la place de Bastille en connaissent la saveur.

Le mouvement des Indignés : de l’européanisation d’un mouvement social ?

« Impuissance de la puissance » disait l’autre. Il y a de ça, dans ce mouvement des Indignés qui, malgré l’intimidation policière, non seulement ne plie pas mais est en constante progression depuis un mois. Débuté en Espagne le mois dernier, le mouvement des Indignés a depuis traversé les frontières espagnoles, en particulier au sein de l’Union européenne (UE) : en Italie, en Allemagne, en Belgique, en République tchèque, au Royaume-Uni, au Danemark, au Portugal, en Grèce, etc. La « carte des campements » est édifiante.

En France, le mouvement a débuté à Paris où quelques centaines d’Espagnols se sont rassemblés dès la fin du mois de mai, en appui du mouvement en Espagne. Trois semaines plus tard, des rassemblements ont été organisés dans plus d’une trentaine de villes en France. À Paris, des Assemblées générales massives ont rassemblé plus de 3000 personnes à Bastille et devant le centre Pompidou.

Il serait précipité de s’exclamer, d’une envolée lyrique, « voilà la démocratie européenne qui se façonne sous nos yeux ! ». Toutefois, on peut faire sans grand risque l’hypothèse d’une européanisation de ce mouvement social, c’est-à-dire d’une convergence des citoyens européens (Espagnols, Français, Grecs, Allemands, Italiens, Tchèques) autour d’un ras-le-bol généralisé, d’une profonde indignation.

Si ce malaise social profond qui agite l’Europe de Madrid à Prague, de Paris à Palerme peut tomber dans l’escarcelle des extrêmes, il peut également être le catalyseur pour un changement politique radicalement salvateur. Ce que Stéphane Hessel appelle de ses vœux.

Jamel de L’or
Membre des Cabris de l’Europe
http://blog.slate.fr/europe-27etc/7357/mouvement-des-indignes-127-personnes-arretees-a-paris-et-pas-un-mot-dans-la-presse/
* http://politica.elpais.com/politica/2011/06/19/actualidad/1308505423_439426.html

http://sarko-verdose.bbactif.com/t345p90-la-revolte-grecque-modele-pour-les-peuples-europeens
http://sarko-verdose.bbactif.com/t405p45-le-vent-de-revolte-au-maghreb-souffle-a-l-entour
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 16:27

Goldman Sachs, escroc international et affameur de peuples, voit un de ses hommes à la tête de l’UE.

BCE : L'Italien Draghi à la place de Trichet

Comme prévu mais avec un peu de retard, les dirigeants de l'Union européenne (UE) ont officiellement nommé, vendredi 24 juin 2011, l'Italien Mario Draghi au poste de président de la Banque centrale européenne (BCE), a annoncé le président de l'UE, Herman Van Rompuy. L'actuel gouverneur de la Banque d'Italie prendra le fauteuil du Français Jean-Claude Trichet au 1er novembre 2011.
http://www.lejdd.fr/Economie/Actualite/BCE-L-Italien-Mario-Draghi-remplacera-Jean-Claude-Trichet-a-partir-du-1er-novembre-335289/?from=headlines

Quel a exactement été le rôle de Mario Draghi auprès de la Grèce ?
C'est la question que pose le député européen français Pascal Canfin […]

ses réponses n'ont pas été crédibles sur un point : son rôle exact lorsqu'il était vice-président de Goldman Sachs International, chargé des filiales européennes de la banque d'affaire, entre 2002 et 2005. "Au moment même où Goldman Sachs - moyennant 300 millions d'euros de commission - a aidé la Grèce à maquiller son taux d'endettement effectif", souligne Canfin.

"Il nous a donc demandé de croire à la fiction suivante : Goldman Sachs recrute Mario Draghi et précise officiellement lors de son embauche qu'il est en charge des dettes souveraines. Puis Mario Draghi se rend compte, par le plus grand des hasards, qu'il a été recruté à tort par Goldman Sachs pour effectuer cette mission et demande à ne pas la mener à bien. Goldman Sachs accepte sans broncher"

Canfin évoque des "témoignages malheureusement purement oraux de l'intérieur de Goldman Sachs, d'agences du trésor de pays de l'Union européenne et de gestionnaires de hedge funds" qui lui permettent de dire que Draghi "a bien proposé les services de Goldman Sachs aux États pour "alléger" leurs dettes publiques en ayant recours à de la créativité comptable".
[…]
www.arretsurimages.net/vite.php?id=11442

Le bateleur a encore imposé sa loi
Et retardé la nomination de Draghi. Si les autorités françaises soutenaient la candidature de Draghi, elles voulaient que Lorenzo Bini Smaghi démissionne, pour que son siège de gouverneur revienne à un Français. Toujours sans gêne, le Sarkozy !
www.rfi.fr/europe/20110624-sommet-europeen-election-italien-mario-draghi-tete-bce-retarde
www.leparisien.fr/flash-actualite-economie/paris-menace-de-provoquer-un-report-de-la-nomination-de-draghi-a-la-bce-23-06-2011-1505279.php
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 16:49


Eurodéputés, ils détournaient le salaire de leurs assistants

Un rapport étouffé par le Parlement révèle les pratiques douteuses de certains élus autour d'une allocation de 15 000 euros par mois.

[...] Le rapport a été remis en 2008. Et en 2009, l'adoption de nouvelles règles internes a mis fin à ces détournements.

Pas de contrôle des fonds versés aux députés

Cette vieille histoire doit pourtant être bien embarrassante. Le rapport avait déjà largement fuité, sur WikiLeaks ou des sites comme Euractiv, mais il a fallu que la Cour de justice européenne intervienne, début juin, pour qu'il soit enfin publié officiellement.

Les députés européens fautifs n'ont en fait pas grand-chose à en craindre : le rapport mis en ligne mercredi soir ne fournit pas leur nom, leur étiquette politique ou leur nationalité. Ni le montant exact des fraudes. Mais les pratiques révélées suffisent à rendre ce document très gênant.

Des mouvements financiers suspects

Les sommes en jeu étaient importantes : plus de 15 000 euros par mois pour chaque élu en 2006. Soit, au total, 10% du budget annuel du Parlement. Son responsable de l'audit interne, Robert Galvin, a donc été chargé d'y voir clair. Parmi ses découvertes les plus étonnantes :
    *sept cas avérés de conflits d'intérêts entre un député et le prestataire de services qu'il avait choisi, rendant impossible de certifier que l'argent avait été destiné « exclusivement dans le but d'une assistance parlementaire » ;

    *dans un de ces cas, la société était dirigée… par le député lui-même ;

    *dans six cas, les fonds ont été transférés directement à un parti politique national, et dans une quarantaine d'autres cas, à des organismes proches du parti ;

    *deux députés ont reversé leur allocation à des prestataires de services alors que, selon les registres du Parlement, ils n'employaient aucun assistant ;

    *un député a fait appel à une société créée pour l'occasion et n'ayant aucune activité visible, avec un contrat antidaté de cinq mois ;

    *pour recruter un assistant, certains élus faisaient bizarrement appel à des sociétés très éloignées de l'univers parlementaire : l'un d'entre eux avait choisi une entreprise spécialisée dans le bois, et un autre, une société de « services aux enfants et à la famille »… dirigée par un membre de son parti ;

    *certains députés accéléraient leurs versements en novembre et en décembre, pour utiliser la totalité des fonds auxquels ils avaient droit pour l'année qui s'achevait ;

    *dans 79% des dossiers étudiés, la TVA sur les services avait tout simplement été oubliée : pas très sérieux pour des députés européens…
[...]

Des doutes sur l'enveloppe des « frais généraux »

Les députés européens ne peuvent donc plus faire ce qu'ils veulent de cette enveloppe, dont le montant dépasse aujourd'hui 21 000 euros par mois. Mais une autre enveloppe suscite désormais des questions : celle des « frais généraux », soit plus de 4 000 euros par mois.

Des fonds destinés aux fournitures diverses, et dont l'utilisation n'est pas contrôlée par le Parlement.
[...]
www.rue89.com/2011/06/24/comment-des-eurodeputes-detournaient-le-salaire-de-leurs-assistants-210669

UE : Union des Escrocs
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 24 Juin - 19:00

L'UE promeut l'idée d'un Parlement mondial à l'ONU, "élément de base d'un nouvel ordre mondial démocratiquement légitime".


Les relations euro-onusiennes dans le Nouvel Ordre Mondial
Par Samy

C’est maintenant officiel : l’Union européenne est enfin un État comme un autre pour l’ONU. En lui octroyant un statut spécial, « l’UE atteint un haut degré de reconnaissance comme acteur global aux Nations unies », s’est félicité Herman van Rompuy. Celui qui avait déclaré la fin des États-nations [1] « pourra désormais prendre la parole à l’Assemblée générale de l’ONU dans le même groupe que les Dimitri Medvedev ou Barack Obama » [2].

Le lundi 9 mai 2011, la Commission des affaires étrangères du Parlement européen a exhorté le Conseil de l’UE à se prononcer en faveur de « la création d'une Assemblée parlementaire auprès des Nation Unies (APNU) au sein du système onusien » [3]. Comme prévu, le texte a été adopté sans accroc le 8 juin [4].
Ces deux évènements, sans lien apparent, vont nous permettre de faire le point sur les relations obscures qu’entretiennent l’UE et l’ONU dans le cadre du Nouvel Ordre Mondial. [Extraits]

Le traité de Lisbonne et la personnalité juridique

le traité de Lisbonne confère à l'UE ce qu’on appelle la personnalité juridique. En d’autres termes, l’Union a la possibilité d’être un acteur à part entière sur la scène internationale en lieu et place de ses États membres, en vertu de l’article 47 de la version consolidée du TUE [5]. Cette disposition était d'ailleurs gravée dans le marbre du TCE, rejeté en 2005 par les Français et les Néerlandais, dans son article I-6 [6].
l’article 47 du TUE (comme l’article I-6 du TCE) enlève de jure le droit de veto de la France au Conseil de sécurité de l’ONU.

si le président Chirac a pu bloquer les ambitions américaines en Irak en 2003, c’est seulement grâce au droit de veto français (privilège des membres permanents du Conseil de sécurité). Or, en soutenant le TCE, puis en approuvant le traité de Lisbonne, Chirac, comme bien d’autres hommes politiques français, n’a fait que scier la branche sur laquelle il était assis.

Cette compétence, -la personnalité juridique-, explique en outre le fait que, le 22 octobre 2010, lors d’un séminaire organisé par l'Institut national de la Défense à Lisbonne, Joao Marques de Almeida, un conseiller de José Manuel Barroso, a proposé que l’UE devienne membre à part entière de l’Otan pour renforcer le partenariat transatlantique [9]. L’UE est déjà fortement liée, pour ne pas dire soumise, à l’alliance Atlantique, notamment à cause de l’article 42 du TFUE [10], mais n’en est pas encore un État membre. En fait, nous avons affaire à un processus de longue haleine puisque dès 1964, Nelson Rockefeller a affirmé que le but de l’Otan est de former à terme une union fédérale transatlantique [11].
Plus récemment, Bruxelles, par la voie de son commissaire aux affaires économiques et monétaires, Olli Rehn, a plaidé pour un siège unique de l'Union européenne - ou au moins de la zone euro - au sein des instances du FMI [12]. Là encore, les nations n’ont plus voix au chapitre au nom de la personnalité juridique européenne.

Vers un siège permanent de l'UE au Conseil de sécurité des Nations Unies

D’abord, il faut souligner que le Préambule des traités de Rome (1957) se réclamait déjà des principes des Nations unies, et que depuis Maastricht, la coopération des États membres de l'UE avec l’ONU est consacrée par traité. Mais c’est un rapport du Parlement européen, datant du 16 décembre 2003, qui a accéléré le mouvement. Intitulé Rapport sur les relations entre l’Union européenne et l’Organisation des Nations Unies, son rapporteur est l’eurodéputé allemand Armin Laschet. Le rapport Laschet a été adopté par le Parlement européen le 19 janvier 2004 par 367 voix pour, 62 voix contre et 14 abstentions. Sans surprise, les eurodéputés français ont voté pour à une écrasante majorité.
Le but du rapport Laschet est de bâtir un « monde meilleur » [sic] dont la construction de l’Europe serait une contribution (pp. 5, 20 et 23).

Notons que, en plus du siège permanent de l’UE au Conseil de sécurité, le rapport Laschet évoque « l’attribution d'un siège supplémentaire pour chacune des régions suivantes : Afrique, Asie, Amérique latine » (p.10). Bref, il semble que c’est l’ensemble des nations du monde qui doivent passer à la trappe au sein de l’ONU au profit d’unions continentales.

Pour ce qui est de l’ONU, elle doit être réformée selon les canons de la démocratie-monde chère à Pascal Lamy. Tel est le rôle dévolu à l’Assemblée Parlementaire des Nations Unies (APNU).

L’Assemblée Parlementaire des Nations Unies : vers un Parlement mondial

Le fer de lance œuvrant en faveur d’une réforme de l’ONU dans le cadre d’une gouvernance globale est un institut allemand créé en septembre 2003 : le comité pour une ONU démocratique (Komitee für eine Demokratische UNO, KDUN) [15]. Il n’est pas surprenant de trouver parmi ses associés l’eurodéputé Armin Laschet [16]. Quant à son président, il s’agit d’Andreas Bummel, qui a publié en 2005 un livre intitulé Internationale Demokratie Entwickeln (Développer la démocratie internationale) [17], une étude de 77 pages prônant la mise en place d'une APNU.
Cette étude repose sur le constat suivant : les problèmes mondiaux ne peuvent être résolus que par des solutions mondiales. […]

Les futurs parlementaires mondiaux devront rendre des comptes directement aux « citoyens du monde » sans passer par les gouvernements des pays dont ils sont issus. De la sorte, l’assemblée pourra promouvoir les idées suivantes :
 l’idée d’une relation directe à instituer entre l'homme et sa planète, sans passer par l'intermédiaire d'un gouvernement national (ou d'une autre entité) ;
 l’idée de l’individu citoyen du monde ;
 l’idée d’un monde conçu comme une communauté - et non comme un conglomérat d'États et de gouvernements ;
 l’idée d’un monde en marche vers une intégration politique toujours plus poussée, transcendant le système des États nationaux (p. 18).

Dans la mesure où elle est ouverte à tous les États membres de l’ONU dotés d’un parlement par leur constitution, l’APNU souhaite influencer dans un sens démocratique les régimes pseudo-parlementaires pour contribuer à la démocratisation universelle (pp. 27-28).
À terme l’APNU pourrait devenir un Parlement mondial - « élément de base d’un nouvel ordre mondial démocratiquement légitime »

Et l'Europe dans tout ça ?

L’étude d’Andreas Bummel s’appuie sur une kyrielle de documents annexes (p. 44 à 77), dont des communiqués et résolutions parlementaires. Parmi ces derniers, est notamment citée la fameuse Résolution sur les relations entre l'Union européenne et l'Organisation des Nations unies du rapporteur Laschet. En fait, il s’agit rien de moins que d’intégrer au système onusien des unions régionales tout en se débarrassant des États, c’est-à-dire des peuples

Résumons : l'UE, comme les autres unions régionales (UNASUR, ALENA, UA, etc.) pourrait avoir ses représentants à l'ONU et à son Assemblée Parlementaire. D'ailleurs, ce n'est pas un hasard si le KDUN soutient les intégrations continentales.

Comme indiqué au début de l’article, le Parlement européen soutient l’APNU et la réforme du système onusien, dont l’un des porte-drapeaux est Armin Laschet. Il ne faut donc pas s'étonner de voir que cet eurodéputé a une troisième casquette : il est à la tête du comité directeur du Prix Charlemagne [19], la plus haute distinction européiste, dont le dernier récipiendaire n’est autre que Jean-Claude Trichet [20]. Son premier impétrant en 1950 s’appelait Richard de Coudenhove-Kalergi [21]. Ce dernier, fondateur du mouvement paneuropéen, avait rédigé un rapport en juillet 1925 pour proposer à la S.d.N l’idée suivante : les États doivent se fondre au sein de « continents politiques » qui s’inscriraient dans le cadre d’une organisation mondiale, une « fédération de fédérations » [22]. Dès 1947, il avait déclaré sans ambiguïtés : « Au cœur de l’Europe, nous nous sommes réunis en conspiration ouverte, pour employer un mot de H.G. Wells [sic]. Le but de cette conspiration, c’est d’organiser immédiatement à travers l’Europe des majorités parlementaires assez fortes et assez stables pour imposer aux gouvernements l’exécution intégrale de notre programme : L’Union Européenne dans le cadre de l’ONU » [23].

Conclusion : vers un nouveau désordre global

L'antinationisme est l'idéologie de notre temps. Les élites mondialisées vivent décidément dans un monde irréel. Coupées des peuples, elles s'imaginent pouvoir bâtir une démocratie internationale, alors même que l'espace démocratique ne peut correspondre qu'à la nation.

On pourrait aussi évoquer le fait que, derrière les beaux discours, ce projet d'établissement d'une APNU est fondamentalement antidémocratique. Pour preuve, elle s'inspire de l'exemple européen... Or, personne n'a voté pour le traité de Lisbonne - et donc pour la personnalité juridique qui permet la représentation de l'UE à l'APNU. Au contraire, la volonté des peuples a été constamment niée. La grande majorité des gens ne savent rien de ce qui se trame dans les couloirs du Parlement européen (parlement fantoche s'il en est). Un Parlement mondial peut-il être moins opaque ?

Une chose reste évidente : l'effondrement de la construction européenne est inéluctable. Seulement, les élites mondialisées sont tellement aveuglées par leurs chimères qu'elles nous entraînent tout droit vers un nouveau désordre global.
www.theorie-du-tout.fr/2011/06/les-relations-euro-onusiennes-dans-le.html

Vers une fin programmée des États ?
http://sarko-verdose.bbactif.com/t386-vers-une-fin-programmee-des-etats

Sur la novlangue
‘Capital... humain’ par Alain Bihr, prof de sociologie
www.monde-diplomatique.fr/2007/12/BIHR/15426

‘L’emprisonnement du langage’
www.legrandsoir.info/L-emprisonnement-du-Langage.html
http://sarko-verdose.bbactif.com/t259-la-novlangue-envoutement-et-sacrifice-humain-dans-la-religion-neoliberale
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Sam 25 Juin - 15:27

Vous vous rappelez toutes les belles promesses au moment du référendum sur le traité de Maastricht ?

- « Si le traité était en application, finalement la Communauté européenne connaîtrait une croissance économique plus forte, donc un emploi amélioré. » (Valéry Giscard d’Estaing, 30 juillet 1992, RTL)

- « L’Europe est la réponse d’avenir à la question du chômage. En s’appuyant sur un marché de 340 millions de consommateurs, le plus grand du monde ; sur une monnaie unique, la plus forte du monde ; sur un système de sécurité sociale, le plus protecteur du monde, les entreprises pourront se développer et créer des emplois. » (Michel Sapin, 2 août 1992, Le Journal du Dimanche)

- « Maastricht constitue les trois clefs de l’avenir : la monnaie unique, ce sera moins de chômeurs et plus de prospérité ; la politique étrangère commune, ce sera moins d’impuissance et plus de sécurité ; et la citoyenneté, ce sera moins de bureaucratie et plus de démocratie. » (Michel Rocard, 27 août 1992, Ouest-France)

- « Les droits sociaux resteront les mêmes – on conservera la Sécurité sociale –, l’Europe va tirer le progrès vers le haut. » (Pierre Bérégovoy, 30 août 1992, Antenne 2)

- « Pour la France, l’Union Economique et Monétaire, c’est la voie royale pour lutter contre le chômage. » (Michel Sapin, 11 septembre 1992, France Inter)

- « C’est principalement peut-être sur l’Europe sociale qu’on entend un certain nombre de contrevérités. Et ceux qui ont le plus à gagner de l’Europe sociale, notamment les ouvriers et les employés, sont peut-être les plus inquiets sur ces contrevérités. Comment peut-on dire que l’Europe sera moins sociale demain qu’aujourd’hui ? Alors que ce sera plus d’emplois, plus de protection sociale et moins d’exclusion. » (Martine Aubry, 12 septembre 1992, discours à Béthune)

- « Si aujourd’hui la banque centrale européenne existait, il est clair que les taux d’intérêt seraient moins élevés en Europe et donc que le chômage y serait moins grave. » (Jean Boissonnat, 15 septembre 1992, La Croix)

- « On a voulu créer un grand marché avec la libre circulation des personnes, des biens, des services et des capitaux. L’exigence des règles du jeu communes explique que le Conseil des ministres a adopté 280 lois. Mais ce qui était indispensable étant fait, il y aura dans l’avenir moins de lois européennes. » (Jacques Delors, 19 septembre 1992, La Croix)
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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Sam 25 Juin - 15:59

Les mensonges continuent, BA !


Le prix « CES pour Services d’excellence en faveur de l’Europe sociale »
a été décerné à Jacques Delors
par la Confédération européenne des syndicats

lors de son 12e Congrès.
Et ça se passait il y a quelques semaines en Grèce !
http://www.etuc.org/a/8623

Le manifeste du Parti socialiste publié le 28 février 1989 donnait priorité à la construction d'une Europe sociale,
"indispensable pour s'opposer au libéralisme".

‘L’Union européenne devait protéger ses peuples, défendre et promouvoir le modèle social ;
n’est-ce pas Jacques Delors qui avait annoncé l’unification du social par le haut, l’alignement sur la nation la plus avancée !’
http://blogs.mediapart.fr/blog/jean-bachelerie/140611/union-europeenne-mere-indigne
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Jeu 30 Juin - 9:03


5 août 2009

Les «Chicago Boys» d'Obama ont négocié la nomination de Lagarde au FMI

Dans un bel élan consensuel, le conseil d'administration du Fonds monétaire international a porté mardi 28 juin au soir une «Chicago girl» à la direction générale de l'institution financière multilatérale. Non que Christine Lagarde, diplômée en droit de Paris X, puisse exhiber, comme son unique rival le Mexicain Agustin Carstens, un PhD (doctorat) en économie de la prestigieuse université de Chicago. Pas non plus parce que la ministre des Finances de Nicolas Sarkozy a achevé dans cette ville sa carrière d'avocate chez Baker & McKenzie dont le siège mondial est installé dans la «Windy City». Mais parce que cette nomination, elle la doit surtout à cette «mafia» de Chicago qui gouverne aujourd'hui les États-Unis depuis l'aile ouest de la Maison Blanche. […]

Mais c'est surtout le succès d'une administration Obama qui, par la désignation d'une personnalité notoirement non qualifiée à la direction générale, s'assure du maintien de l'influence prédominante des États-Unis au FMI, alors même que la crise du surendettement des pays dits «avancés» menace à terme rapproché la première puissance mondiale.

Tout commence en fait au début du printemps 2011 quand, selon des sources de haut niveau au sein de l'institution, le premier directeur général adjoint (numéro deux) du FMI, John Lipsky, fait savoir à la Maison Blanche qu'il se verrait bien effectuer un second mandat, le premier s'achevant fin août. En effet, si une règle non écrite réserve depuis la création du FMI la place de directeur général à un Européen, il est entendu que son premier adjoint est toujours un citoyen des États-Unis. En mai, après avoir fait lanterner plusieurs semaines l'ancien économiste en chef de la banque J.P. Morgan Chase, l'équipe Obama attend que John Lipsky soit arrivé en déplacement à Pékin pour lui faire parvenir une réponse négative. […]

Conseiller du président américain pour les affaires économiques internationales, David Lipton n'est pas tombé de la dernière pluie. Pendant la crise financière asiatique de 1997-98, il était l'œil du Trésor américain, alors dirigé par le tandem Bob Rubin/Larry Summers, sur les discussions extrêmement tendues entre le FMI, dont le directeur général était le Français Michel Camdessus, et le gouvernement de Corée du Sud, allié majeur des États-Unis. Autrement dit, Lipton affiche la formation et l'expérience du terrain qui font défaut à Christine Lagarde.

Une incompétente mais notre incompétente

Mais à l'évidence, si les États-Unis veulent conserver leur droit de préemption sur la présidence de la Banque et le premier adjoint au Fonds, ils ont besoin des Européens, qui y détiennent toujours collectivement plus du tiers des droits de vote. Et puisque les Européens ont choisi Mme Lagarde pour succéder à DSK, va pour Mme Lagarde. […]

Première conclusion : si la classe politique européenne est incapable de trouver des solutions aux difficultés majeures qui menacent le projet européen, et dont la crise de la dette souveraine, en Grèce et ailleurs, n'est qu'une des dimensions, elle se montre toujours unie et déterminée quand il s'agit de garantir un fauteuil à l'un des siens (ou l'une des siennes). Ce qu'un éditorialiste portugais avait écrit quand le calamiteux José Manuel Durao Barroso a été reconduit à la tête de la Commission européenne s'applique parfaitement à Christine Lagarde : «C'est un incompétent mais c'est notre incompétent.»

Seconde conclusion : la décision des 24 administrateurs du FMI est peu flatteuse pour la justice française, dont on sait qu'elle est d'exception pour les princes qui nous gouvernent. […]

«Tapiegate» : le peu de crédit de la justice française

Mais la candidate européenne a bénéficié de l'appui des services juridiques du FMI qui ont conclu, après examen de la jurisprudence, que les procédures devant la CJR étaient très rares, très longues et peu concluantes. Autrement dit, dans l'hypothèse où la commission des requêtes déciderait effectivement le 8 juillet d'ouvrir cette enquête, cela ne gênerait en rien la nouvelle directrice générale dans l'exercice de ses fonctions.

Le 5 juillet prochain, l'exécutrice des grandes et surtout des basses œuvres de Nicolas Sarkozy sera donc la cinquième personnalité française (sur onze directeurs généraux depuis 1946) à occuper le bureau du «MD». Cocorico ! Pour lire, dans un excellent anglais, les discours écrits par le «staff», Mme Lagarde sera parfaite. Pour les affaires sérieuses, on s'en remettra aux quelque 2.500 fonctionnaires du Fonds, dont des centaines d'économistes dotés des compétences qui manquent à la nouvelle numéro un, et bientôt à... David Lipton (c'est-à-dire à la Maison Blanche). […]

Bonne chance au FMI, à la Grèce (et aux autres «dominos» européens) et à l'économie mondiale !

Philippe Ries
www.mediapart.fr/journal/economie/290611/les-chicago-boys-dobama-ont-negocie-la-nomination-de-lagarde-au-fmi?page_article=4
http://blogdejocelyne.canalblog.com/archives/2011/06/29/21509567.html
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 8 Juil - 16:57

Vendredi 8 juillet 2011 :

La présidente du Medef, Laurence Parisot, a plaidé vendredi, pour la première fois, en faveur de l’instauration d’une « forme de fédéralisme économique » en Europe.

http://www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=54b7a9f2fcda01409420afe9e3aadfd5

Je suis contre tous les fédéralistes.

Je suis pour le rétablissement des lois votées en 1944-1945-1946, lois prévues par le programme du Conseil National de la Résistance.

Je suis pour les soldats français qui, le 20 septembre 1792, criaient : « Vive la Nation ! »

Je suis pour les révolutionnaires qui, de 1792 à 1795, criaient : « Vive la Nation ! »
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Sam 9 Juil - 15:46

Avertissement adressé à la Troïka, aux banques et aux investisseurs.

Date de l’assemblée :

dimanche 03/07/2011

Face à l’oppression et au pillage de l’oligarchie financière, l’Assemblée populaire de la Place Syntagma invoque le devoir de résistance inscrit dans sa constitution, exerçant ainsi la pleine souveraineté du peuple alors que les autorités légales ont capitulé. Voici le texte de la déclaration adoptée le 3 juillet à Athènes [1] :

AVERTISSEMENT ADRESSÉ À LA TROÏKA, AUX BANQUES ET AUX SOI-DISANT INVESTISSEURS, LOCAUX OU ÉTRANGERS, QUI FANTASMENT SUR LES BIENS PUBLICS GRECS.

Un gouvernement grec déchu et dictatorial qui n’est plus représentatif du peuple de ce pays, vient de voter des lois avec lesquelles il a l’intention de brader les biens publics et les territoires grecs, contre la volonté de la grande majorité du peuple grec.

Nous informons tous ceux qui y distinguent une occasion d’investissement, que nous ne tarderons pas à renverser ce gouvernement, qui sera appelé rapidement à rendre compte de ses crimes devant le peuple et le pays. Les signatures et les lois sont nulles et non avenues. Elles ne sont pas validées par le peuple grec, qui ne les reconnait pas.

Nous mettons en garde tout soi-disant investisseur, qu’il ne lui vienne pas même à l’esprit de s’approcher de quelque vente aux enchère de nos biens publics ou braderie de nos territoires, et encore moins de penser à les acheter. À part le fait qu’il perdra tout ce qu’il a acheté quand nous retrouverons la souveraineté de notre pays en tant que peuple, les sommes qu’il aura dépensées pour ces achats illégitimes ne lui seront pas remboursées.

De même nous le prévenons que jusqu’à ce que nous recouvrions le contrôle du pays, dans le cadre de la défense de nos droits tels qu’ils découlent de la constitution grecque (2) mais aussi des droits des peuples et des personnes reconnus internationalement, nous ferons tout ce qui est nécessaire par le biais de notre auto-organisation pour annuler en fait et en acte et pour saboter tous les éventuels investissements de ce type.

Que nul soi-disant investisseur n’ose faire ses courses dans les biens publics soldés et les territoires bradés en Grèce, sauf s’il se rend compte des hauts risques que courent ses investissements. Dans ce cas, ses investissements seront « bien reçus » dans notre pays, qui, quand son peuple se voit privé de liberté, sait donner naissance à des héros et se livrer à de haut-faits de résistance.(3)

L’assemblée populaire de la Place Syntagma le 3-7-2011.

Notes :

[1] cf. le site des indignés grecs : real-democracy.gr.

[2] La Constitution grecque adoptée en 1975 après la chute de la dictature des colonels, dispose clairement d’un droit de résistance (article 120) :
3. L’usurpation, de quelque manière que ce soit, de la souveraineté populaire et des pouvoirs qui en découlent est poursuivie dès le rétablissement du pouvoir légitime, à partir duquel commence à courir la prescription de ce crime.
4. L’observation de la Constitution est confiée au patriotisme des Hellènes, qui ont le droit et le devoir de résister par tous les moyens à quiconque entreprendrait son abolition par la violence.

[3] Dans la déclaration originale, ce passage se réfère directement à l’Amiral Constantin Kanaris, héros de la Guerre d’Indépendance de 1821, et au sabotage par la Résistance du pont ferroviaire stratégique de Gorgopotamos durant l’occupation nazie.

http://real-democracy.gr/fr/teamvotes/2011-07-03-avertissement-adresse-la-troika-aux-banques-et-aux-investisseurs
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mar 12 Juil - 13:57


"Remplacer la finalité de l’intégration fédérale par celle des coopérations renforcées, sans caractère obligatoire"

La question européenne
Par Mathieu Lavarenne

Il est urgent que la France pèse de tout son poids pour réformer le cadre institutionnel européen, mais ce ne sera pas facile, ne nous le cachons pas. En attendant, il faut au moins veiller à ce que nous ne nous enfoncions pas plus dans le gouffre.

Il nous faut trouver une solution honorable et modérée à la fuite en avant actuelle, et remplacer la finalité de l’intégration fédérale par celle des coopérations renforcées, sans caractère obligatoire. Cela induirait que les orientations des différents pays reprendront du sens à être mises sur la place publique, à être débattues dans les campagnes électorales, etc.

La course en avant vers plus d’"intégration" et l’"harmonisation" par le bas à marche forcée sont lourdes de déséquilibres pour l’avenir. Elles provoqueront paradoxalement, et à plus ou moins long terme, la résurgence de nationalismes et de populismes de la pire espèce, nous en voyons déjà le spectre. Et l’abstentionnisme grandissant n’en est qu’un des signes précurseurs.

Le sentiment majoritaire est dorénavant celui d’une UE au service de nouvelles « puissances de l’Argent », d’une oligarchie mondialisée coupée des réalités populaires, à travers une machinerie alambiquée de plus en plus technocratique et bureaucratique, fondée non pas sur l’intérêt général mais sur une logique matérialiste, dans laquelle prédomine le lobbying (qui n'est pas dans notre culture, et c'est tant mieux, quand bien même cela nous handicape actuellement).

La question n’est plus de savoir s’il faut continuer ou non (l’élargissement qui est allé trop vite, l’intégration qui est allée trop loin), mais plutôt de savoir COMMENT réorienter sensiblement ce modèle qui a fait long feu (depuis le referendum de 2005 et les crises financière, économique, monétaire et sociale, dont nous sommes loin d’être sortis), en partant de l’existant. Et donc aussi du souhait démocratique du peuple français et des peuples voisins, qui peuvent évoluer au fil des scrutins, ce qui est la règle même de la démocratie. L'Europe au forceps, cela suffit !

C’est sans doute être visionnaire que de partir de ces postulats.

Quelques propositions

Et puisqu'il ne faut jamais être seulement critique, voici donc quelques propositions pour l'Europe du futur, glanées ça et là :

1. Rédiger et proposer à la ratification, par référendum, un nouveau traité de coopération en Europe, qui sera la véritable réponse au rejet du TCE en 2005 (et non sa copie complexifiée comme l’a été le traité de Lisbonne), en comblant la carence démocratique actuelle. Le nouveau traité doit impulser une profonde réforme des institutions européennes :

- Le Conseil européen doit définir les orientations stratégiques de l’Europe.

- Le Conseil des ministres doit devenir une instance de propositions concrètes, relayant le Conseil européen dans le processus de décision. C’est pourquoi il doit affirmer son autorité sur la Commission, en détenant le droit d’initiative. Ce droit pourrait être partagé avec la Commission, mais le Conseil doit rester seul juge de la recevabilité des propositions. Pour intéresser les citoyens aux enjeux européens, il faut organiser la publicité des délibérations et des votes au Conseil des ministres. Chacun doit connaître les positions des gouvernements, et ceux-ci doivent répondre de leur attitude devant leurs Parlements. C’est un moyen de forger l’espace public de débat qui manque à l’Europe.

- La Commission doit devenir un organe administratif, être transformée en agence de développement, subordonnée aux Conseils.

- La nouvelle bureaucratie qui, depuis de longues années, a pris l’habitude d’imposer sa vision contre la volonté des peuples, doit être remise à sa place en supprimant les privilèges d’extra-territorialité : les fonctionnaires européens doivent être détachés temporairement par leurs pays d’origine, dont ils restent les serviteurs ; leur mandat doit être limité.

- L’élection du Parlement européen se borne à juxtaposer des scrutins nationaux. Faute d’une langue et de visée communes, la capacité de délibérer de cette assemblée émiettée (et soumise aux lobbies qui ont pignon sur rue à Bruxelles) est très réduite. Une deuxième Chambre, représentative des Parlements nationaux, permettrait de resserrer le lien avec les peuples. Sa fonction serait le contrôle permanent du respect du partage entre ce qui doit être fait par l’Union et ce qui doit être laissé aux États.

- Les statuts de la Banque centrale européenne doivent être modifiés pour en finir avec son apparente indépendance (à l’égard du politique) et sa réelle soumission (aux lobbies de la finance mondialisée). Il convient d’instaurer la primauté du pouvoir politique et de rééquilibrer la mission de la BCE qui doit veiller non seulement au niveau de l’inflation, mais aussi au niveau de l’activité économique et de l’emploi (comme la Fed). Quant à l’euro, il ne sera viable que s’il est géré correctement. C’est au Conseil de l’euro qu’il doit incomber de définir les orientations de la politique monétaire et de change, afin de favoriser la croissance et le co-développement à l’échelle européenne, pendant qu'il en est encore temps.

- La Cour de Justice de l’Union européenne dépossède les Parlements nationaux de leur substance. Par exemple dans le cas de l’adoption pour les couples homosexuels : que l’on soit pour ou contre, toutes les institutions françaises en ont refusé la légalité en l’état actuel de la loi, jusqu’au Conseil d’Etat. La plainte déposée au niveau européen tend à rendre caduque le droit français, contrairement aussi à la promesse de campagne de l’actuel locataire de Élysée, ce qui pose problème quant à la consistance de nos Institutions républicaines. Il conviendrait de respecter la hiérarchie des normes qui caractérise une Confédération. La primauté du droit européen sur les lois nationales en vigueur au moment de la signature des traités ne doit pas s’exercer sur les Constitutions nationales. Les conflits entre la Cour de Justice de Luxembourg et les Cours constitutionnelles nationales devraient être tranchés politiquement. A l’inverse du Conseil constitutionnel français, la cour constitutionnelle de Karlsruhe n’a pas hésité à placer le droit européen au-dessous des principes constitutionnels allemands. C’est donc une question de choix politique.

Plus largement, le modèle juridique français fait prédominer la Constitution et la Loi sur la Jurisprudence. Le modèle européen, inspiré de l’expérience anglo-saxonne, en est l’antithèse en donnant la préséance à la Jurisprudence. Il faut donc poser clairement les éléments du débat sur la table.


2. Il faut permettre des coopérations multiformes entre Etats volontaires (comme par exemple celles qui ont rendu possible Airbus, paradoxalement impossibles aujourd’hui, en l’état actuel de l’Union).


3. Proposer aux États européens de mettre en œuvre des politiques de grands travaux ciblés, notamment pour les infrastructures (transports fluviaux, ferroviaires et maritimes, tunnels, mises à grand gabarit…) ou pour les énergies du futur. La volonté de grands projets européens achoppe régulièrement depuis le sommet d’Essen en 1994. Jacques Chirac les avait déjà qualifiés de « monstre du Loch Ness » en 1996 : on en parle beaucoup, on ne les voit jamais... Il est temps d’agir. Et, si la lenteur du mode décisionnel et toutes les difficultés de procédure dénoncées par J. Chirac, n’ont fait que redoubler avec le passage d’une « CEE à 12 » à une « UE à 27 », il est d’autant plus nécessaire de monter des projets « à la carte ».

Les "solutions" à la grecque sont les pires qui soient. La cure d'austérité ressemble à la saignée du malade imaginaire. Cela fait trois fois qu'on vous saigne et vous êtes toujours tout pâle, c'est incroyable... La vente à l'encan de la sphère publique rapportera bien quelques pièpièces à court terme, mais cela ne fera que retarder de peu l'implosion du système.


4. Remettre sur la table le dogme de la « concurrence libre et non faussée », omniprésent dans les traités, qui fait de l’UE le seul « régime » politique après l’Union soviétique à constitutionnaliser des choix économiques. Il est par ailleurs paradoxal de décrire une Europe barricadée. L’UE est la zone économique la plus « ouverte » au monde, avec les mesures de protection les plus faibles à l’égard de ses concitoyens. Ce n’est plus acceptable.


5. La richesse de l’Europe, au sens historique du terme, c’est la diversité des peuples qui la composent, la diversité des langues, des histoires, des institutions, des cultures, des traditions... Il faut miser sur tout ce qui favorise les rencontres, les échanges, en luttant contre toute abrasion de ces différences. C'est de cela que la politique doit être au service.

Plus que jamais, il faut être visionnaire (donc gaulliste en ce sens) et républicain sur les questions européennes et sur la "mondialisation" (dont l'Europe est hélas un marchepied), en sortant du consensus mou. Sinon nous ne ferons que mettre des sparadraps sur des jambes de bois (c'est toujours mieux que de l'huile sur le feu... mais d'autres s'en chargent déjà).
http://lavarenne.canalblog.com/archives/2011/06/22/21591164.html

Le fédéralisme pour sauver l'euro : un remède pire que le mal
http://leplus.nouvelobs.com/contribution/171712;le-federalisme-pour-sauver-l-euro-un-remede-pire-que-le-mal.html

C’est par où la sortie ?
www.alternatives-economiques.fr/blogs/harribey/2011/01/26/cest-par-ou-la-sortie/

«Aucune politique de gauche n'est possible avec l'euro»
Entretien avec Jacques Nikonoff, professeur associé à l'Université Paris VIII, porte-parole du Mouvement politique d'éducation populaire (M'PEP), ex-président d'Attac et auteur de Sortons de l'euro !.
www.liberation.fr/economie/01012348580-aucune-politique-de-gauche-n-est-possible-avec-l-euro

Ces articles répondent à l’actuelle propagande forcenée pour le fédéralisme
qui utilise la crise économique.


Euro : vers un fédéralisme économique au sein de l’UE
Face à ceux qui prévoient une sortie de l’euro pour sauver les économies européennes, des économistes lancent un appel vers plus de fédéralisme, sur le modèle des Etats-Unis d’Amérique, alors que les 27 États membres de l’UE n’ont pas la même économie et que tous ne sont pas membres de la zone euro (et ne s’en sortent pas beaucoup plus mal…).
www.chretiente.info/201107111617/euro-vers-un-federalisme-economique-au-sein-de-lue/

L’Union européenne est confrontée à une multitude de problèmes. Mais ce n'est pas dans un partage des responsabilités qu'elle trouvera son salut.
Les élites doivent au contraire étendre leur pouvoir, écrit le politologue Herfried Münkler
www.presseurop.eu/fr/content/article/769111-plus-de-democratie-ne-regle-rien

La résolution de la crise grecque nécessite plus de fédéralisme en Europe, s'accordent à penser "les" économistes
[Jacques Attali, Elie Cohen, Laurence Boone, chef économiste pour l'Europe de Bank of America-Merrill Lynch, président de la BCE, Jean-Claude Trichet, président de la BCE]
www.lexpress.fr/actualites/1/economie/crise-grecque-le-salut-de-la-zone-euro-passe-par-plus-de-federalisme_1010907.html

Le Cercle des économistes favorable à un ministre des Finances européen
www.lesechos.fr/economie-politique/monde/actu/afp_00359819-le-cercle-des-economistes-favorable-a-un-ministre-des-finances-europeen-192113.php

Le Medef prône le fédéralisme économique en Europe
www.boursorama.com/infos/actualites/detail_actu_marches.phtml?num=54b7a9f2fcda01409420afe9e3aadfd5

Mais il ne faut pas craindre pour la souveraineté des États, disaient les ouistes… clown


L’Europe peut-elle être de gauche ?
Par Antoine Schwartz
www.monde-diplomatique.fr/2011/06/SCHWARTZ/20652
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mer 13 Juil - 9:31


Augmentation de la dose de radiation autorisée dans les aliments venant du Japon
Comment l’UE nous empoisonne une fois de plus…

Le 25 mars 2011 l’Union Européenne a adopté une directive (297/2011) permettant de relever la dose de radiation maximale autorisée pour les produits alimentaires venant du Japon.

La dose maximale de 370 (nourriture pour enfants et produits laitier) ou 600 becquerels/kg (autres produits) a été relevée à 400 (enfants) resp. 1.000 (produits laitiers) et 1.250 bq/kg (autres).
Certains produits comme l’huile de poisson et les épices peuvent maintenant même dépasser 12.500 bq/kg.

Au lieu de tout faire jeter, l'UE a préféré relever les niveaux admissibles de radiation.
[...]
http://eur-lex.europa.eu/LexUriServ/LexUriServ.do?uri=OJ:L:2011:080:0005:0008:FR:PDF
http://lesmoutonsenrages.wordpress.com/2011/04/03/comment-lue-nous-empoisonne-une-fois-de-plus/



Fukushima ou l’inhumanité capitaliste
La condition faite aux travailleurs intervenant sur la centrale et, notamment, aux employés des entreprises de sous-traitance.
www.npa05.ouvaton.org/content/fukushima-ou-l%E2%80%99inhumanit%C3%A9-capitaliste
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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Jeu 21 Juil - 8:15


La crise de la dette européenne et la menace de dictature
« Soit la crise sera résolue par la bourgeoisie et sera fondée sur la pauvreté de masse, la dictature et la guerre, soit la classe ouvrière résoudra la crise par son action révolutionnaire collective, politiquement consciente et internationalement coordonnée. Comme l’a écrit Trotsky dans les années 1930, l’alternative est : le socialisme ou la barbarie »
www.mleray.info/article-la-crise-de-la-dette-europeenne-et-la-menace-de-dictature-79769406.html

Contrer la constitutionnalisation du libéralisme économique
« Non à la soumission aux marchés financiers Les peuples ne doivent pas payer leur crise ! »

Une campagne contre la constitutionnalisation du libéralisme économique s'organise. L'enjeu est extrêmement important. Libéraux de droite et de gauche continuent leur offensive pour rendre irréversible la révolution néo-libérale qu'ils ont, les uns et les autres, soutenue depuis 1983.
Un appel du comité de liaison sur la politique de l’Union Européenne. Associant élus, syndicats, associations et organisations politiques, il a aussi la particularité d’unir des types d’organisations qui n’ont pas toujours cette habitude de travailler ensemble : ATTAC, CGT-Finances, FASE, Fondation Copernic, GU, Les Alternatifs, Marches européennes, MPEP, NPA, PCF, PCOF, PG, Union syndicale Solidaires.
www.lafederation.org/index.php?option=com_content&view=article&id=1814:-contrer-la-constitutionnalisation-du-liberalisme-economique&catid=69:autres-communiques&Itemid=47

« de nouvelles réunions du comité sont programmées les 6 septembre et 4 octobre 2011. Nous insistons pour obtenir des réponses de la part du PS, d’EELV et de la CFDT, qui n’ont pas donné suite à nos sollicitations à ce jour. »
www.jennar.fr/?p=2061


NON À LA DICTATURE DE LA “TROÏKA” (FMI, BCE, UNION EUROPÉENNE), NON AU PLAN EUROPLUS, NON À LA DICTATURE DES DÉFICITS
Pour sauver le système capitaliste, le Fonds monétaire international (FMI), la Banque centrale européenne (BCE) et l’Union européenne prétendent imposer à tous les peuples et à la classe ouvrière un plan d’austérité d’une brutalité sans précédent.
www.rezocitoyen.org/NON-A-LA-DICTATURE-DE-LA-TROIKA-FMI-BCE-UNION-EUROPEENNE-NON-AU-PLAN-EUROPLUS-NON-A-LA-DICTATURE.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Ven 22 Juil - 6:11


Croquis réalisé par Francis Monthe

POUR SORTIR LES PEUPLES EUROPÉENS DE LA CRISE, FAUT-IL SORTIR DE L’EURO ?

Débat entre Jacques NIKONOFF, porte-parole du Mouvement politique d’éducation populaire (M’PEP) et Denis DURAND, membre du Conseil national du Parti communiste français (PCF).

Propos recueillis par Dominique SICOT. Avec Jean-Pierre CHAMPlAT [Extraits]

J. NIKONOFF. Attention aux amalgames ! Il y a une sortie de gauche de l’euro et une de droite, comme il y avait un « non » de droite et un « non » de gauche lors du référendum de 1992 sur le traité de Maastricht et de 2005 sur le projet de traité constitutionnel européen. La sortie de gauche de l’euro est la suite logique de ces « non » de gauche de 1992 et de 2005 à ces traités qui visaient à sanctuariser les politiques libérales. Certains objectent un « effet désastreux d’une forte dévaluation sur le niveau de vie des travailleurs en cas de sortie de l’euro. Il ne faut pas se laisser impressionner par la campagne d’affolement de la population menée par la droite, le patronat et le PS en reprenant leurs arguments ! Pourquoi faut-il sortir de l’euro et dévaluer le franc, la drachme, etc. ? Parce que, pour la plupart des pays de la zone euro – sauf l’Allemagne -, l’euro est surévalué.

Cet euro « fort » signifie qu’actuellement 1 euro vaut 1,40 à 1,45 dollar alors que le taux d’équilibre est de 1 euro = 1,15 dollar. Cela entraîne une baisse des exportations, l’aggravation du déficit commercial, les délocalisations (automobile, aéronautique…), la pression sur les salaires. Inversement, les prix des marchandises venant des pays hors zone euro sont moins élevés à qualité égale que les mêmes produits fabriqués en zone euro. Les consommateurs préfèrent alors acheter les produits importés, moins chers. Donc, là aussi, encouragement aux délocalisations et au chômage. Si on veut mettre un terme à la surévaluation de l’euro, au chômage et à l’écrasement des salaires, il faut donc sortir de l’euro.

D. DURAND. Face à cette question, il y a trois positions. Celle qui est majoritaire, soutenue par les forces les plus proches du pouvoir, est favorable à la poursuite de l’euro tel qu’il est et a été conçu et mis en place depuis maintenant 20 ans. Le choix de la monnaie unique était destiné à instaurer des politiques destinées à satisfaire les marchés financiers. Elles ont eu pour résultats une faible croissance dans la zone euro depuis les années 1990, la montée du chômage et de la précarité, l’aggravation de l’emprise du capital allemand sur l’ensemble de la zone, et actuellement, une crise extrêmement aiguë des finances publiques dans la zone euro. Face à cela, une partie de la gauche socialiste propose de continuer et estime que si l’on a cette crise, c’est parce qu’on n’est pas allé assez loin dans le fédéralisme européen. C’est une fuite en avant pour mieux satisfaire les marchés financiers et qui passe par des politiques d’austérité. Première voie manifestement à rejeter. […]

J. NIKONOFF. Je suis d’ accord sur le bilan mais j’en tire des conséquences différentes. Il existe des mesures connues et efficaces pour sortir de la crise. Les expliquer à la population permettra de dégager des perspectives de luttes. Pour la gauche et le PCF en particulier, il y a un problème d’articulation entre le court, le moyen et le long terme ; entre le niveau national, européen et international. Il faut mieux articuler tout cela. Agir dans un pays isolé serait-il une illusion ? Il est possible d’agir vite à l’échelle nationale, sans pour autant méconnaître le niveau européen. Il ne faut pas donner l’impression aux électeurs qu’on ne peut rien faire alors qu’ils ont voté pour nous. Ce serait alimenter le pessimisme. Il est évidemment souhaitable de parvenir à un nouveau système monétaire européen et international. Mais comment ? Il faudrait en effet mettre d’accord les 27 pays de l’UE sur une conception de gauche de la politique économique et monétaire. Ce n’est pas pour demain ! […] pour changer le traité de Lisbonne, il faut l’unanimité des 27. Il ne peut pas y avoir de consensus droite-gauche au niveau européen. […]

Il faut articuler la perspective de transformer le traité de Lisbonne mais dans le long terme - avec des politiques unilatérales de court terme sur le plan national, comme la sortie de l’euro. La surévaluation de l’euro est structurelle, elle est inhérente à l’euro lui-même. L’euro est surévalué par construction, notamment parce qu’il a été conçu pour concurrencer le dollar comme monnaie de réserve. […]
Le but de l’euro était de favoriser l’attractivité des capitaux. Pour cela, la BCE a proposé des taux d’intérêt supérieurs à ceux de la zone dollar, ce qui a fait monter l’euro et a déprimé la croissance économique. D’autre part, le soubassement théorique qui a servi à la fondation de l’euro, c’est la théorie ultralibérale dite des « marchés efficients ». Pour elle, la liberté totale de circulation des capitaux devait permettre aux marchés de choisir les projets les plus rentables. On a vu le résultat ! L’euro a été le vecteur de cette stratégie. Il a été créé pour accompagner la dérégulation financière et faciliter la circulation des capitaux.
La dernière raison de la surévaluation de l’euro est la politique des dirigeants allemands, qui ont besoin d’un euro fort. C’est Gerhard Schroeder qui a introduit une stratégie de confrontation, de guerre commerciale au sein même de l’Union européenne, contrairement à l’esprit supposé de la construction européenne. Il a dévalué les salaires des travailleurs allemands pour gagner en compétitivité et soutenir les exportations. Ces mêmes dirigeants ont délocalisé massivement dans les pays d’Europe centrale et orientale. D’où leur insistance pour l’élargissement de l’Union européenne. Le but était de se tailler une zone dans laquelle il y avait une main-d’œuvre qualifiée et une monnaie faible et dans laquelle il serait possible de faire produire à bas coût pour ensuite exporter dans la zone euro, à monnaie forte (43% des exportations allemandes !).

D. DURAND. […] on a besoin d’alliés dans le système bancaire : un pôle financier public avec des banques qui obéissent à d’autres critères que les banques privées. Un pôle financier public, c’est un réseau d’institutions financières qui utilisent leur pouvoir de création monétaire en fonction d’autres critères et en liaison avec les luttes des salariés. Ce pôle financier aurait pour but de peser sur le comportement de l’ensemble du système financier pour obtenir une réorientation des crédits à l’échelle nationale. Il faut créer une force composée de banques renationalisées, en liaison avec les puissantes banques mutualistes, avec la Caisse des dépôts, la Banque de France, Oseo, le Trésor public. Si on a un projet qui est soutenu au niveau local et au niveau national, on peut se tourner vers la Banque centrale européenne (BCE) pour lui dire : qu’est-ce que vous attendez pour favoriser ces projets-là et pour arrêter de refinancer les prêts que la Société générale ou Goldman Sachs font aux spéculateurs ? On construira ainsi petit à petit le rapport de forces qui fera que, dans l’ensemble de l’Europe, des majorités se constitueront dans les opinions pour exiger une modification des traités, une transformation du statut de la BCE, pour la mettre sous le contrôle des parlements nationaux, du Parlement européen, et faire en sorte qu’elle poursuive d’autres objectifs que ceux qui lui sont actuellement fixés par les traités.

J. NIKONOFF. Je suis d’accord mais ce sont des vœux pieux. Car c’est incompatible avec le traité de Lisbonne et avec l’euro. […] Dans ce cas-là, que fait-on ? On dit aux Français que l’on a essayé mais que les dirigeants allemands ne veulent pas ? C’est la raison pour laquelle il faut sortir de l’euro de manière unilatérale.

Il n’y aura pas d’atteinte au niveau de vie des travailleurs si on prend trois mesures. Première mesure : rétablir l’échelle mobile des salaires et des prix. Deuxième mesure : faire entrer la France dans le SUCRE (Système unitaire de compensation régionale de paiement), la monnaie commune de l’Alliance bolivarienne pour les Amériques (ALBA). Il y a là une formule alternative à l’ordre néolibéral mondial très intéressante. La France pourrait diversifier ses sources d’approvisionnement, notamment en pétrole, ce qui la protégerait des conséquences de la dévaluation pour l’importation de matières premières. Et troisième mesure : mettre en œuvre de manière unilatérale la charte de La Havane de 1948. Il faut mettre un terme au libre-échange : c’est la guerre commerciale de tous contre tous, c’est la mise en concurrence des travailleurs à l’échelle planétaire. Pour mettre en place un autre système, on ne peut pas compter sur l’Organisation mondiale du commerce (OMC), qui est l’un des piliers de l’ordre néolibéral mondial, au même titre que l’OTAN, le FMI, la Banque mondiale et l’Union européenne. Il faut donc sortir de l’OMC.

Un gouvernement vraiment de gauche devrait proposer à tous les autres pays des accords bilatéraux de coopération commerciale. Et construire ainsi, progressivement, à côté de l’OMC, une autre alliance avec les pays qui veulent coopérer et non pas se faire la guerre commerciale.

La charte de La Havane repose sur la recherche de l’équilibre des échanges (balance des paiements). Des mesures protectionnistes n’interviendraient que pour rétablir l’équilibre. Beaucoup de pays accepteront. Il est probable que certains refuseront ces accords, les plus excédentaires comme la Chine et l’Allemagne. L’affrontement politique, idéologique et commercial semble inévitable avec ces pays, et il faudra instaurer des quotas et des droits de douane. C’est la condition pour réindustriaIiser, pour permettre de relocaliser en France, progressivement, un certain nombre d’industries : textile, ameublement, mécanique, machine-outil, chaussure...

D. DURAND. […] Il n’est pas utopique de dire qu’il faut développer des luttes sociales et politiques pour faire reculer le pouvoir des banques centrales et des marchés financiers. […] En 2003, par exemple, les salariés de la Banque de France avec les élus locaux ont mis en échec un projet de fermeture des succursales départementales. Jean-Claude Trichet, gouverneur à l’époque, a dû signer un contrat de service public avec le gouvernement. Quand la crise a frappé l’économie française, en particulier les PME, en 2008-2009, on s’est rendu compte que les interventions pour éviter l’effondrement du tissu industriel dans les régions passaient par le médiateur du crédit, qui obligeait les banques à adoucir leurs critères de prêts aux PME, à travers l’intervention des succursales de la Banque de France. […]

J. NIKONOFF. Je n’ai pas dit que nos amis de l’ALBA attendaient la France. C’est l’inverse ! La coopération avec l’ALBA, notamment avec le Venezuela pour le pétrole, est un moyen de diversifier les sources d’approvisionnement de la France, de manière à alimenter la dédollarisation, limiter l’augmentation des prix du pétrole, économiser des devises. Deuxièmement, il ne s’agit pas du tout d’opposer les peuples. L’UE, l’OMC, le FMI, la Banque mondiale, ce n’est pas l’union des peuples, c’est l’union des classes dirigeantes contre les peuples. Ce à quoi nous appelons, nous, au M’PEP, c’est à la solidarité des peuples contre leurs classes dirigeantes et contre l’ordre mondial néolibéral de domination et d’aliénation, incarné sur notre continent par l’Union européenne. Mais attention de ne pas mettre tous ses œufs dans le même panier en matière revendicative en considérant que la seule chose possible est un changement des statuts de la BCE. Je crois qu’il faut émettre l’hypothèse que ça prendra du temps, et qu’en attendant il faut avancer. Il faut donc envisager des mesures nationales unilatérales.

Sur quoi le PS a-t-il abdiqué en 1983 ? Sur la question monétaire, en refusant de sortir du Système monétaire européen, et sur le libre-échange en refusant de réfléchir à un système s’inspirant de la charte de La Havane, de coopération internationale. On en est au même point, 30 ans après. Si la gauche radicale ne bouge pas sur la question monétaire et sur la question du libre-échange, le résultat sera le même : l’échec. On l’a tous dit en 2005 : on ne peut pas mener de politique de gauche dans le cadre du traité de Lisbonne. Il faut en tirer toutes les conséquences : ça veut dire désobéir à l’Union européenne. Il faut donc sortir de l’euro et de l’Union européenne. La souveraineté sur la politique monétaire est primordiale. C’est pour cela que les classes dirigeantes ont toujours gardé la main sur cet instrument décisif. Il faut la restituer au peuple, par l’intermédiaire de ses représentants, le Parlement, et cela ne peut se faire qu’au niveau national.

D. DURAND. […] il faut aller bien au-delà de l’étatisme, qui a eu ses vicissitudes au XXe siècle, pour développer une prise de pouvoir partout où se prennent des décisions importantes : dans les entreprises, dans les banques, dans les territoires. […] jusqu’au niveau mondial pour conquérir de nouveaux pouvoirs. Et en ayant en tête une cohérence d’objectifs sociaux, d’efficacité économique et écologique. Et je crois que c’est cette cohérence qui peut donner au Front de gauche la capacité d’être écouté par des citoyens en attente d’une alternative.

LEXIQUE

ALBA
Alliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique, lancée en avril 2005 par Cuba et le Venezuela pour contrer la zone de libre-échange des Amériques voulue par les États-Unis. S’y sont ensuite associés la Bolivie, le Nicaragua, la Dominique, le Honduras (sorti en 2010), Saint-Vincent-et-Les-Grenadines, Antigua-et-Barbuda et l’Équateur.

Banque centrale européenne (BCE)
Créée en 1998, elle est la banque centrale de l’Union européenne. Indépendante des politiques, elle a pour principale mission de contenir l’inflation de la zone euro dans la limite de 2% par an.

Charte de La Havane
Elle prévoyait une Organisation internationale du commerce intégrée à l’Organisation des Nations unies (ONU). Signée le 24 mars 1948, elle n’a pas été ratifiée par les États-Unis.
Fondée sur la coopération et non la concurrence, elle visait l’équilibre des balances de paiements entre pays, le plein-emploi et l’adoption de normes équitables.

Organisation mondiale du commerce (OMC)
Née le 1 er janvier 1995, elle remplace le GATT (General Agreement on Tariffs and Trade) de 1947. Son objectif : la libéralisation du commerce mondial.

SUCRE
Abréviation de Système unitaire de compensation régionale. C’est la monnaie commune de l’ALBA adoptée en avril 2009.

Traité constitutionnel européen
Projet de constitution pour l’Europe. Il a été adopté le 19 juin 2004 par les chefs d’État et de gouvernement des 25 pays alors membres de l’Union européenne, mais il n’a pas été ratifié. En France, il a été rejeté par référendum le 29 mai 2005 (54,68 de « non »).

Traité de Lisbonne*
Signé le 13 décembre 2007 par les 27 chefs d’État et de gouvernement de l’Union européenne. Il modifie les traités de Rome (1957) et de Maastricht (1992) et entérine l’essentiel des dispositions du projet de traité constitutionnel qui avait été rejeté par référendum en France et aux Pays-Bas.

Traité de Maastricht
Signé en 1992, il lançait notamment l’Union économique et monétaire qui devait aboutir à la création de la monnaie unique, l’euro. En France, la ratification a été autorisée après un référendum (51,04 de « oui »).

16 juillet 2011
www.m-pep.org/spip.php?article2113
*http://europa.eu/lisbon_treaty/full_text/index_fr.htm
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MessageSujet: Re: L'Europe impopulaire   Mar 16 Aoû - 2:43


La fin de la démocratie ?
par Nicolas Dupont-Aignan

La lettre récente de Jean-Claude TRICHET à Silvio BERLUSCONI est un véritable oukase sans précédent, qui met sous tutelle le gouvernement italien.

Le Président de la B.C.E. ne fixe plus des objectifs, mais impose les détails d’une politique en décidant, non seulement pour le chef du gouvernement italien, mais aussi pour le Parlement.

C’est une dérive particulièrement grave qui met fin à la démocratie nationale, sans pour autant y substituer la moindre démocratie européenne, si tant est qu’elle puisse exister.

En imposant une politique, dont d’ailleurs l’efficacité n’a jamais été prouvée (libéralisation du marché du travail, privatisations diverses, etc…) Jean-Claude TRICHET s’arroge les prérogatives des autorités politiques du pays et se transforme en Gouverneur non élu d’un nouveau protectorat.

L’Union Européenne achève ainsi de discréditer totalement l’idée européenne qui sera, bien évidemment, assimilée à des sacrifices aussi injustes qu’inutiles. Car, bien sûr, si l’Italie en est là, comme l’Espagne ou la Grèce, c’est parce qu’elle est victime de la politique de l’euro cher, imposée par le dogmatisme de Monsieur TRICHET.

Le principal responsable se prétend le sauveur…

On le voit donc bien, l’euro, folie économique, devient le moyen d’imposer un fédéralisme antidémocratique. N’était-ce pas d’ailleurs l’objectif de départ, puisque beaucoup savaient qu’il était impossible de réussir une monnaie unique, plaquée sur des économies différentes ?

Le rêve de Messieurs MINC, TRICHET, ou autres, est à la faveur de cette crise de se débarrasser des peuples et de leurs élus.

La fameuse gouvernance dont ils parlent tant revient à concentrer, dans les mains d’une vingtaine de personnes, tous les pouvoirs : le Conseil de la B.C.E. (non élu), la Commission de Bruxelles (non élue), la Cour de Justice de Luxembourg (non élue).

20 personnes imbues de leur dogme au service d’une pensée mondialiste non réaliste et des intérêts d’une petite minorité veulent imposer encore plus de sacrifices aux populations, toujours plus de privilèges pour leurs obligés.

Le choix est simple aujourd’hui, soit les peuples déjouent la manœuvre, soit ils paieront cher leur nouvel esclavage.
Vidéo : http://dai.ly/nsnaHa cyclops
www.agoravox.fr/tribune-libre/politiques-citoyens/article/la-fin-de-la-democratie-98947


« QUI ? Qui peut encore, à ce jour, accepter une chose pareille? Qui peut encore à ce jour se taire face à cette démonstration évidente, que les organismes de type FMI, BCE, UE, sont les organes de la dictature des marchés financiers ?
Regardez autour de vous... Écoutez !... les silences complices de tous les faux-culs, de tous ceux qui, à l'instar des "munichois" et autres futurs "vichystes", acceptent l’inacceptable ! Se préparent à devenir les bourreaux de la justice sociale, les bourreaux de ceux qui n'accepteront pas ! Dénonçons-les, avant qu'il ne soit trop tard ! Ils nous entraînent vers la misère... ET LA GUERRE ! Pour sauver leur planète financière, leur prébendes, leurs dividendes... » Jean-Louis Duboe
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