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 Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !

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Orwelle



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MessageSujet: Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !   Dim 24 Aoû - 4:59



Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre , par BHL

Après avoir raconté dans Le Monde son périple dans la Géorgie en guerre, l’intellectuel-voyageur est allé en Syldavie, où le conflit engagé par la Bordurie fait des ravages. Il nous a envoyé ce récit.

Et me voilà sous le ciel morne de Klow. Sur le tarmac de cet aéroport désert, comme abandonné, je suis le seul Français. Les avions de la compagnie Syldair ont disparu. Un vieil ami syldave, d’un village ravagé de la vallée Wladir, m’accueille. Les bras ouverts.

Et puis simplement, il chuchote comme s’il craignait que l’un de ces barbares, fils de la haine et du meurtre, ne l’entende : « Merci d’être là ». Je le regarde, cet homme, si grand, si élégant. Discrètement, je lui glisse une liasse de khôrs. Car sur son visage pourtant serein, je les devine, moi, je les sais, ces nuits d’effroi et ces réveils glauques au bruit des bombes.

Je ne dis rien. Je ne vais pas commencer à lui raconter mes voyages auprès de Massoud au doux visage ou d’Izetbegovic immense résistant, auprès de ces guerriers de la liberté et du Bien pour lesquels j’ai parfois songé à prendre moi-même les armes. Mais je n’ai jamais supporté la guerre. Je ne dis rien mais il sait.

« Monsieur Lévy, il faudra leur dire »

On s’engouffre dans une voiture noire, direction Wladiri. Quelque chose me frappe et ne me lâchera plus durant ce séjour : le vide, l’absence des troupes syldaves. Je ne verrai jamais, durant ce séjour au bord du précipice, le moindre engin militaire syldave debout : tout a été carbonisé.

Je ressens alors comme une certitude. La Syldavie, cette nation debout, cette nation fière, cette nation à défendre s’est sentie trahie et a renoncé. Pour qu’enfin, Européens et Américains, soyons face à notre responsabilité, à notre incapacité à la révolte face aux chars bordures.

Les hommes que je croiserai plus tard auront ce regard hagard que je connais. Ce regard que partagent ceux qui ont vu la mort, le viol de masse, le pillage, les flammes. Ce regard qui parfois est le mien. Et cette scène, déchirante. Ce réfugié qui m’en rappelle un autre, me prend la main, me dépeint la sale guerre et me supplie : « Monsieur Lévy, il faudra leur dire ».

Face à lui, un bougre d’officier de l’armée bordure écoute. Dépenaillé, puant l’alcool, ce diable a l’air ailleurs mais son visage respire la victoire. Il crache : « Eih bennek, eih blaveck »*. Cette devise syldave devient obscène dans sa bouche édentée. Elle signifie : « J’y suis, j’y reste. »

Entouré de véhicules militaires hurlants, je ne peux pas avancer vers Klow. Un officier bordure, dépenaillé et puant l’alcool, hurle qu’il ne laissera passer que ceux qui disposent d’une accréditation de cette Bordurie ivre de conquêtes et de ruines. Une Audi diplomatique -l’ambassade de Molvanie- m’embarque. A son bord, des Américains chargés de sortir les blessés de cette ville transformée en geôle pour ces hommes libres.

La voiture file maintenant sur la route menant à Klow, à travers ce « royaume du pélican noir », autrefois joyau de la civilisation caucasienne. La journée est avancée, mais il n’y a personne dans ce désert de bombes et de terreur. Sauf les Bordures, apparitions dantesques et brutales. Tous ont des moustaches, à l’image de leur dictateur Plekszy-Gladz.

J’interroge un général bordure, dépenaillé et puant l’alcool

Un tankiste bordure, dépenaillé et puant l’alcool, qui parle un anglais hésitant me salue : « Welcome, mister Lévy. » Je hoche la tête en l’examinant : ses yeux, cernés de khôl, n’ont pas l’habitude des femmes. Les Bordures que je croiserai plus tard auront aussi ce regard de bête qui ne connaît pas la sensualité. Les femmes bordures… ces beautés pâles aux yeux immenses, emprisonnées, enfermées, grillagées, condamnées à l’obscurité sous des couches de toile sombre.

J’interroge un général bordure, dépenaillé et puant l’alcool : pourquoi livrer cette guerre absurde à des innocents, pourquoi livrer une guerre contre le monde libre ? Il ne comprend pas. Il me montre des photos d’armes dont il souligne lourdement l’origine santhéodorienne. Il avoue alors :

« Nous avons convoqué, à Szohôd [capitale de la Bordurie, ndlr], le ministre des Affaires étrangères d’Alcazar. Et il lui a été dit que, s’il continuait à fournir les Syldaves, nous continuerions, nous, de livrer le général Tapioca. »

On me confie des blessées, une vieille femme et une femme enceinte. Victimes pathétiques et tragiques, visages pâlis et yeux immenses. Et ce fameux regard. Tout cela me rappelle cruellement la Bosnie. Et me ramène douloureusement à mon impuissance. A notre impuissance à tous, devrais-je écrire mais je porte cette mission à accomplir. Cette mission qui alourdit les épaules du juste que l’on nomme témoin. Je suis ce témoin. Je suis ici, dans cette guerre pour porter leur parole. Tout cela me semble lourd.



Ottokar VI me livre la clé de cette guerre folle

Il est deux heures. La nuit est avancée, mais dans le palais royal de Klow, nous discutons. Je dis ce que j’ai vu à mon jeune, brillant ami, philosophe et roi modeste, Ottokar VI, petit-fils de Muskar XII. Il boit dangereusement de nombreuses canettes de RedBull, cette boisson qui fait fureur dans un Occident trop pressé. Il me livre alors la clé de cette guerre folle :

« J’étais en vacances, tranquillement en train de faire de faire des exercices. Or voilà que, dans la presse, je lis : ‘Préparatifs de guerre en Syldavie.’ »

Son assistante, de jour comme de nuit, apporte des pêches. Elle est de la vallée du Moltus, vallée féconde en jeunes violonistes.

Le lendemain, je retourne à Wladir. Les Bordures sont toujours là. Inlassablement, je reviens auprès d’Ottokar VI. A quatre heures du matin. Il n’y a pas de RedBull, seulement de l’eau de Klow. Seulement de la mélancolie. De la fatigue. Il a l’air cafardeux. Je comprends ce qui lui arrive : ce n’est pas comme cela, songe Otto, qu’on négocie. Ce n’est pas comme cela qu’on se conduit avec ses amis.

Je suis saisi par cette vérité : je suis cet émissaire qu’attend la Syldavie

Il est seul. Condoleezza Rice est passée, Nicolas Sarkozy aussi. Ils se tutoient mais dans les accords signés par les différentes parties -je les ai vus, annotés des mains mêmes des dirigeants- il n’y a aucune condamnation ferme de l’attaque dont a été victime la Syldavie. Il porte le plus lourd des chagrins : celui que provoquent les amis qui nous abandonnent.

Nous évoquons son grand-père, Muskar XII. Héros de la Syldavie libre que Tintin et Milou, reporters oubliés des jeunes générations, avaient sauvée en retrouvant le sceptre indispensable à la démocratie et à la liberté (celui d’Ottokar Ier, libérateur du pays).

Je me réfugie au bar de l’hôtel où je descends depuis vingt ans. Me revient en mémoire la question d’Ottokar VI : « Alors, supposez que vous êtes responsable d’un pays et que vous apprenez ça – vous faites quoi ? »

Je passe ma main dans ma barbe folle de trois jours. J’ai oublié mon rasoir à Istanbul où j’ai lu les mémoires d’Atatürk, sur les rives du Bosphore :

« Aussi longtemps qu’une nation ne possède pas une armée de culture, les victoires qu’elle peut remporter sur les champs de bataille ne peuvent aboutir à aucun résultat durable. »

Je ne parviens plus à me délivrer de cette phrase. Je l’écris sur mes carnets pour qu’elle cesse de me hanter. En vain. Je suis alors saisi par cette vérité : je suis cet émissaire qu’attend la Syldavie.

BHL (PCC : Zineb Dryef) cheers

www.rue89.com/2008/08/20/exclusif-choses-vues-dans-la-syldavie-en-guerre-par-bhl
* http://fr.wikipedia.org/wiki/Image:Escudo_Syldavia.svg

Dans les commentaires :

il y a aussi la prose rafraîchissante de Fontenelle, revenu de vacances toujours aussi en verve :
www.bakchich.info/article4767.html

Et puis tant qu’on y est…
www.dailymotion.com/relevance/search/desproges%2Bbhl/video/xva0o_desproges-vs-bhl_politics

(Archi-connu, mais c’est tellement bon !)

En complément :
www.marianne2.fr/A-Gori,-BHL-ne-s-est-pas-mis-a-la-vodka-_a90430.html?voir_commentaire=oui

et le blogue des correcteurs du Monde
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2008/08/20/les-georgiques-de-bh-ile/

et ils n’en sont pas à leur coup d’essai :
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2007/10/26/bhl-se-pique-detymologie/
http://correcteurs.blog.lemonde.fr/2006/08/03/2006_08_salade_de_roque/
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !   Dim 24 Aoû - 21:26



BHL : une imposture française ?
http://sartre.blogspirit.com/archive/2006/03/13/bhl-une-imposture-francaise.html

Bien sûr, ce n'est ni le premier ni le dernier scandale provoqué par les approximations de l'autobiographe. Il me semble tout de même que l'effondrement de l'échafaudage est ici particulièrement rapide et diablement efficace. Et que le paysage n'est plus tout à fait le même que celui de l'impuissance que regrettait Deleuze. Hier, c'était le Monde qui faisait résonner aux oreilles délicates de l'élite le diapason de l'air du temps. Aujourd'hui, les gens correctement informés – vous, moi – éprouvent une vague pitié pour ceux qui ont accordé à un tel faux-pas la faveur de la double page. Encore n'est-ce qu'une compassion passagère, car il y a déjà beau temps que le Monde n'est plus l'arbitre des élégances. BHL ferait bien de s'en souvenir avant son prochain dithyrambe – le juge, aujourd'hui, c'est le web.

André Gunthert
C'est BHL qu'on assassine
vendredi 22 août 2008
www.arhv.lhivic.org/index.php/2008/08/22/791-c-est-bhl-qu-on-assassine


Rue89 : Vous avez pris un jet privé de la compagnie Darta. Qui a payé cette location ?
BHL : Cela ne vous regarde pas.
Voir en ligne : Plume de presse

"Ce qu’il appelle sa fidélité à la gauche n’a rien à voir avec les rapports socio-économiques [...] Elle est basée, comme il l’explique en détail, sur sa propre galerie personnelle "d’images, d’évènements et de réflexes". Jamais sur une quelconque analyse. Il avance comme une sorte d’Isaïe criant dans le désert, qui n’a pas besoin d’outils modernes de recherche ou d’analyse.

Dans ce monde d’idées, les faits sont secondaires, sinon hors de propos. BHL joue avec eux comme il joue avec ces idées malléables. Il faut accorder les faits aux idées, pas les idées aux faits. Le concept d’Empire peut s’appliquer à la Chine aujourd’hui ou à l’URSS, aux Turcs, aux Arabes, aux Aztèques, aux Perses, aux Incas dans le passé. Mais il est inopérant lorsqu’il s’agit d’une ’Amérique dont la ligne de plus grande pente a toujours été l’isolationnisme et qui, contrairement aux grandes nations de la vieille Europe, n’a jamais colonisé personne’.

Cette affirmation époustouflante situe BHL clairement au-dessus et au-delà de toute réalité."

Diana Johnstone
BHL et la gauche zombie
1er novembre 2007
www.legrandsoir.info/article.php3?id_article=5694


Voir le texte original : Silk-shirt prophet Bernard-Henri Lévy rails at zombie french Left
www.counterpunch.org/johnstone11012007.html


Une enquête pour fraude fiscale à l'encontre de BHL a été annulée par l'alors Ministre des Finances, sarkozy -une des nombreuses relations politiques cultivées par BHL- juste au moment où, par coïncidence, l'étoile montante des conservateurs était invitée à écrire un livre pour Grasset [dont BHL est directeur de la collection "Figures"]. Sarkozy n'a jamais livré le livre, mais a gardé l'avance. Cool

A French Imposter

Bernard-Henri Levy is so well-known in France, he is universally referred to as BHL. But in Parisian intellectual and journalistic circles he is also snidely referred to in private as "BHV" -- which happens to be the name of a famous French department store that sells anything and everything.

La Becob
When his father André died in 1995, Levy became the manager of the Becob company, until it was sold in 1997 for 750 millions francs to the French entrepreneur François Pinault.
www.answers.com/topic/bernard-henri-l-vy-2

The company specialized in rare woods from black Africa -- and, as "Une Imposture Francaise" reveals for the first time, while BHL was running the company it was the subject of numerous reports by international bodies (and one by the Canadian government) denouncing it for keeping its exploited African workers in penurious semi-slavery, deprived of the basics of human existence, like running water, health care, and education. This crass exploitation of impoverished black Third World residents doesn't exactly square with BHL's carefully self-constructed image as a "humanitarian activist." [...]

An indictment of BHL recommended by civil service tax investigators was quashed before it could be executed by the then-Minister of Finances, the rising star of the conservatives, Nicolas Sarkozy -- one of the many politicians BHL has cultivated over the years (by commissioning him -- just co-incidentally with the tax fraud invesigation, of course -- to write a book for Grasset, a favorite BHL ploy for seducing everyone from TV hosts to literary critics. Sarkozy never delivered the book, but kept the advance.)

Arrow http://direland.typepad.com/direland/2006/02/_bernardhenri_l.html

The Americans have sent blankets and the Estonians doctors, but it is the French, surely, who have come to the rescue of South Ossetia's people, with their offer to send nouveau philosophe Bernard-Henri Lévy.
Pandora
Monday, 18 August 2008
www.independent.co.uk/opinion/columnists/pandora/pandora-bernardhenri-lvy-french-gift-to-georgia-900650.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !   Lun 8 Fév - 23:17



BHL en flagrant délire : l'affaire Botul

Ce devait être le grand retour philosophique de Bernard-Henri Lévy. Patatras ! L'opération semble compromise par une énorme bourde contenue dans « De la guerre en philosophie », livre à paraître le 10 février. Une boulette atomique qui soulève pas mal de questions sur les méthodes de travail béhachéliennes

[...] « La vraie question pour une philosophie, c'est de savoir où sont vos adversaires, et non où sont vos alliés.» Ainsi l'auteur se lance-t-il, chemise au vent et sans crampons, à l'assaut de quelques contemporains gauchistes renommés, mais aussi de Hegel ou de Marx, « cet autre penseur inutile, cette autre source d'aveuglement », notamment reconnu coupable de ne pas donner les moyens de penser le nazisme. A la décharge, l'idéalisme et le matérialisme allemands, toutes ces conneries superflues ! Bernard-Henri Lévy ne s'est jamais laissé intimider par les auteurs mineurs.

Il s'en prend tout aussi fougueusement à Kant, « ce fou furieux de la pensée, cet enragé du concept ». Un peu audacieux de la part d'un penseur qui ne peut, somme toute, revendiquer à son actif qu'un brelan de concepts pour news magazines comme le « fascislamisme » ? Même pas peur. BHL a des billes. Le vieux puceau de Königsberg n'a qu'à bien se tenir. A la page 122, il dégaine l'arme fatale. Les recherches sur Kant d'un certain Jean-Baptiste Botul, qui aurait définitivement démontré « au lendemain de la seconde guerre mondiale, dans sa série de conférences aux néokantiens du Paraguay, que leur héros était un faux abstrait, un pur esprit de pure apparence ». Et BHL de poursuivre son implacable diatribe contre l'auteur de « la Critique de la raison pure », « le philosophe sans corps et sans vie par excellence ».



Il en sait des choses, Bernard-Henri Lévy. Le néo-kantisme d'après-guerre. La vie culturelle paraguayenne. Seul problème, Jean-Baptiste Botul n'a jamais existé. Pas plus que ses conférences dans la pampa, auxquelles BHL se réfère avec l'autorité du cuistre. Ce penseur méconnu est même un canular fameux. Le fruit de l'imagination fertile de Frédéric Pagès, agrégé de philo et plume du « Canard enchaîné », où il rédige notamment chaque semaine « Le journal de Carla B.». Un traquenard au demeurant déjà bien éventé depuis la parution de « la Vie sexuelle d'Emmanuel Kant », pochade aussi érudite qu'hilarante, publiée en 1999 et rééditée en 2004 aux éditions Mille et une nuits, sous le pseudonyme de Botul. Une simple vérification sur Google aurait d'ailleurs pu alerter le malheureux BHL. Le même Botul y est en effet aussi répertorié pour avoir commis une œuvre au titre prometteur : « Landru, précurseur du féminisme ». (...)

Aude Lancelin
http://bibliobs.nouvelobs.com/20100208/17560/bhl-en-flagrant-delire-laffaire-botul

POLEMIQUE
Une lettre
de Pierre Vidal-Naquet...


Votre publication a eu récemment l'occasion de faire écho de façon favorable au livre de Bernard-Henri Lévy « le Testament de Dieu » [...].
Je pense que votre banne foi a été -surprise [...]. Je n'entends pas fournir ici une liste complète des
erreurs de Bernard-Henri Lévy, cela demanderait un gros volume ; je me contenterai d'une simple anthologie de « perles » dignes d'un médiocre candidat au baccalauréat. [...]
— M. Bernard-Henri Lévy place au « septième jour » (p. 238) de la création le péché originel. Il faut croire qu'Adam et Eve ont profité du repos du Seigneur ; mais cette précision surprendra les lecteurs de la Genèse
— Prenant le Pirée pour un homme, il fait (p. 79) d'Halicarnasse un auteur grec
— De l' « Antigone » de Sophocle, tragédie représentée à Athènes en 442 av. J.-C. et dont l'action se passe dans la Thèbes du second millénaire, il fait une pièce qui nous informe sur Thèbes à la fin du Ve siècle (p. 87) ; c'est comme si la « Phèdre » de Racine était utilisée comme document sur la Crète au temps de Louis XIV
— Il fait (p. .79) de textes qui s'échelonnent entre le I" siècle av. J.-C. et le ler siècle ap. J.-C. des témoignages datant du temps de la « romanité expirante » ; c'est simplement se tromper de trois ou quatre siècles
— Robespierre, qui organisa le culte de l'Etre suprême, est accusé de « mise à mort du Dieu Un et Souverain » (p. 106)
— Un texte de Benjamin Constant (1818) et un autre de Fustel de Coulanges (1864) sont déclarés (p. 42) « à peu près contemporains », et c'est même le premier qui fait « spectaculairement.écho » au second. A ce compte, on pourrait déclarer « à peu près contemporains » le « J'accuse » de Zola (1898) et l' « Appel du 18 juin » du général de Gaulle
— De Staline, il est dit que, « au milieu de l'année 1928... Il lance les masses sur la place Rouge, à l'assaut d'un parti qui l'a mis en minorité et retarde pour l'heure la procession du socialisme » (p. 23). Et cette mise en minorité et cette manifestation sont une pure invention.
— Bernard-Henri Lévy cite (p. 278, note 49) la « déposition d'Himmler » au procès de Nuremberg. Ce dut être une déposition fantomatique, car Himmler s'est suicidé après son arrestation par les troupes anglaises, le 23 mai 1945. [...]

Comment un normalien, agrégé de philosophie selon ce que nous apprend la couverture du livre, peut-il se mépriser lui-même et mépriser ses lecteurs au point de leur infliger une pareille « science ? [...] Comment peut-il se faire que, sans exercer le moindre contrôle, un éditeur, des journaux, des chaînes de télévision lancent un pareil produit, comme on lance une savonnette, sans prendre les garanties de qualité que l'on exige précisément d'une savonnette ? Est-ce cela « la Barbarie à visage humain » ? [...]

PIERRE VIDAL-NAQUET
directeur d'études à l'Ecole des Hautes Etudes en Sciences sociales
18 juin 1979
http://bibliobs.nouvelobs.com/files/BHL_Pierre_Vidal-Naquet_1979.pdf


6 janvier 2010
Bernard Henri-Lévy : "Albert Camus, philosophe artiste"
Extrait :
Et quant aux connaissances "de seconde main", quant à la "superficialité" supposée de ses lectures, la plus élémentaire des honnêtetés oblige à dire, quand même, deux choses.
Primo : ce n'est pas plus vrai de lui que de Sartre, dont le moins que l'on puisse dire est qu'il se pose là, lui aussi, dans le genre lecteur pirate, parfois pillard, survolant les textes, les arraisonnant, y prélevant les armes dont il avait besoin, et elles seulement, dans sa guerre de longue durée contre l'injustice, l'oppression, le Mal - un certain Heidegger ne le lui a pas envoyé dire le jour où il comprit, en 1946, l'usage pour le moins cavalier qu'il était en train de faire de sa Lettre sur l'humanisme...
www.lemonde.fr/culture/article/2010/01/06/bernard-henri-levy-albert-camus-philosophe-artiste_1288110_3246.html
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MessageSujet: Re: Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !   Jeu 18 Fév - 13:35



Botul et BHL, retour sur bastonnade

Il fallait qu'il y en ait un qui s'y colle. Il fallait qu'il y en ait un qui impute la bastonnade ayant suivi l'erreur de BHL sur Botul au compte de l'antisémitisme. C'est fait. Comme ils sont prévisibles ! Il s'appelle Philippe Boggio, et écrit sur Slate.fr , (site dirigé par Jean-Marie Colombani, pour ceux qui l'ignorent). On imagine, dans la jeune web-rédaction, l'appel pressant du patron aux bonnes volontés. Qui est volontaire pour défendre BHL ? Attali ? Injoignable. Il doit attendre un taxi quelque part. Hollande ? Ah non, en pré-campagne présidentielle. Bon, ce sera Boggio.

Evidemment, le préposé à la défense béachélienne n'écrit pas noir sur blanc que Pierre Assouline, Aude Lancelin ou moi-même sommes antisémites, ce qui serait assez drôle. Non. Si l'on comprend bien, c'est un antisémitisme inconscient, qui a guidé les critiques de BHL. Un antisémitisme en voie de cristallisation. Ainsi comprends-je la chute -très théâtrale, très coup de cymbales, mais qui semble un peu artificiellement plaquée sur le texte, si je puis me permettre- du papier de Boggio. L'antisémitisme anti-BHL n'attend plus qu'un déclic, une occasion (le prochain livre, et le prochain auto-entartage par exemple) pour s'exhiber enfin à visage découvert, mais il est déjà totalement constitué.

Passons sur les incohérences de la plaidoierie. Boggio note que d'autres intellectuels, comme Debray ou Finkielkraut, sont traités moins sévèrement que BHL. Ah, tiens ? Mais si c'était l'antisémitisme, qui guidait les critiques, Finkielkraut devrait donc être aussi rudement bastonné que BHL. Passons. Boggio insinue que Lancelin n'a peut-être pas lu BHL avec toute l'attention qui eût été requise. Comique, s'agissant de la seule journaliste qui a relevé l'erreur. Pourquoi ne se pose-t-il pas cette grave question à propos du directeur de L'Express, Christophe Barbier, auteur d'une pompeuse interview, ("où en êtes-vous avec l'humanisme?"), et qui n'y a vu que du feu ? Re-passons, par indulgence pour Boggio, pour examiner sereinement le reproche : n'en a-t-on pas trop fait sur l'affaire Botul ? Ne serait-ce qu'ici, sur notre site, une dizaine d'articles ( dont une grosse majorité de "vite dits") et une interview de Aude Lancelin dans Ligne j@une. C'est beaucoup. Beaucoup, mais en unités de "bruit médiatique", ce sera toujours moins que le "tapis de bombes", largué par BHL pour la promo de ses deux livres. Disons que la vigueur de la bastonnade a été proportionnelle à la position du bastonné, ce qui est un mode de calcul pas plus injuste qu'un autre, et dans lequel le faciès n'est pas un paramètre.

Daniel Schneidermann
www.arretsurimages.net/vite.php?id=7211

www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2742
www.arretsurimages.net/contenu.php?id=2735
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MessageSujet: Re: Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !   Lun 7 Mar - 4:57


samedi 5 mars 2011
« Le Point » condamné à cause de Bernard-Henri Lévy

Le directeur du Point Franz-Olivier Giesbert vient d’être condamné par le Tribunal de Grande instance de Paris. L’hebdomadaire devra publier un droit de réponse de Bernard Cassen, diffamé par Bernard-Henri Lévy, et payer ses frais de justice. Il en coûtera à Giesbert, c’est-à-dire au Point, c’est-à-dire à François Pinault, propriétaire du magazine, 2 500 euros pour avoir voulu protéger Bernard-Henri Lévy contre le rappel ironique de sa dernière ânerie.

L’ordonnance de référé rendue le 3 mars est particulièrement cinglante pour Giesbert qui non seulement avait laissé son hebdomadaire publier une chronique injurieuse, mais avait également prétendu se soustraire à l’obligation de tout directeur de publication : publier le droit de réponse de quiconque est mis en cause dans son journal.

Dans une chronique parue dans Le Point, le 23 décembre 2010, « BHL », avec la délicatesse qui le caractérise sitôt qu’il évoque ses adversaires intellectuels avait assimilé à un « crachat au visage de la République » le « nouveau rapprochement rouge-brun qui voit les crânes rasés du Bloc identitaire fricoter, sur le dos des musulmans de France, avec tel ancien du Monde diplo, Bernard Cassen. » Nul au Point n’avait corrigé la méprise grossière de Bernard-Henri Lévy, dont l’absence de sérieux est pourtant légendaire dans les rédactions et dans les maisons d’édition (1). Cette fois, notre gaffeur national venait simplement de confondre Bernard Cassen et Pierre Cassen, de Riposte laïque.

Bernard Cassen envoya quelques jours plus tard au directeur de la publication de l’hebdomadaire le droit de réponse suivant :

« Dans Le Point du 14/01/2000, C. Imbert intitulait son éditorial “Sartre, la passion de l’erreur”. Dans le numéro daté 23-30/12/2010, il aurait pu reprendre le même titre en remplaçant “Sartre” par “BHL”. Dans son bloc-notes, en effet, M. Lévy me confond avec un homonyme, Pierre Cassen, et me prête des positions aux antipodes de tous mes engagements citoyens, me causant ainsi un préjudice moral considérable.
L’erreur peut décidément devenir une passion : au cours des derniers mois, M. Lévy a cité – sans rire – un philosophe imaginaire, J-B Botul, et s’en est pris au journaliste Frédéric Taddéi, confondu avec le footballeur Rodrigo Taddéi. Du vrai travail de professionel…

Bernard Cassen, ancien directeur général du
Monde diplomatique ».

Au lieu de s’excuser platement et de se plier sur le champ à ses obligations légales, Franz-Olivier Giesbert refusa de publier ce droit de réponse, prétextant que le texte de Cassen mettait en cause… le sérieux de Lévy !

Apparemment, le tribunal n’a pas apprécié ce sens de l’humour assez particulier – ou est-ce simplement du culot – de Giesbert : « C’est à tort que le directeur de la publication de l’hebdomadaire Le Point fait valoir que ce texte porterait atteinte à l’honneur du journaliste, Bernard-Henri Lévy, en ce qu’il lui imputerait une ‘passion de l’erreur’ en citant d’autres erreurs qu’il aurait commises et contiendrait un commentaire ironique : “du vrai travail de professionnel” ».

Le tribunal relève : « La précision dans l’article que la personne visée était “un ancien du Monde diplo”, ce qui est effectivement le cas de Bernard Cassen, aggravait la nature de l’erreur commise [...] ainsi que sa portée ».

Puis vient l’exécution judiciaire de Bernard-Henri Lévy : « Le rappel de ces erreurs ne présentait pas de caractère offensant et était assez anodin, tout comme l’était le ton, certes sarcastique de cette réponse, mais sans aucune commune mesure avec la gravité et la virulence des attaques dont il [Bernard Cassen] était l’objet dans l’article litigieux. »

Or, rappelle, le tribunal, le directeur de la publication ne peut « refuser l’insertion que si la réponse est contraire aux lois, aux bonnes mœurs, à l’intérêt légitime des tiers ou à l’honneur du journaliste, ou si elle est dénuée de corrélation avec l’article qu’elle vise. » Comme la réponse de Cassen ne relève d’aucune de ces catégories, Giesbert est condamné pour avoir refusé de la publier.

Outre le remboursement des frais de justice du plaignant, à hauteur de 2 500 euros, le tribunal ordonne (« Nous ordonnons… ») à Giesbert, directeur du Point, « d’insérer dans le numéro de cet hebdomadaire suivant la signification de la présente ordonnance la réponse de Bernard Cassen figurant dans sa lettre recommandée du 29 décembre 2010. Disons que cette insertion se fera à la même place et dans les mêmes caractères que l’article intitulé “L’honneur des musulmans”. »

Enfin une bonne raison de se procurer Le Point du 10 mars prochain et de lire la page que Bernard-Henri Lévy devra cette fois partager avec Bernard Cassen…

(1) Voir notre dossier, « L’imposture Bernard-Henri Lévy »
www.monde-diplomatique.fr/carnet/2011-03-05-BHL
www.monde-diplomatique.fr/27909

(1) www.monde-diplomatique.fr/dossier/BHL
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Exclusif : choses vues dans la Syldavie en guerre, par BHL !
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