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| | LRU / Universités / Recherche / CNRS | |
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Orwelle
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| Sujet: LRU / Universités / Recherche / CNRS Ven 21 Mar - 9:31 | |
|  Bernard Gensane, professeur de Civilisation britannique à l’Université de Poitiers
LRU : A LIRE À propos du "Cahier des charges" des universités
"Si vous croyez que la clé de la liberté se trouve derrière une loi injuste qu’il suffit d’abolir, dites-vous que cette loi a été inscrite de votre propre main sur votre propre front". (Khalid Gibran)
Je voudrais m’arrêter un instant sur un document que tous les collègues n’ont pas encore lu, un document plus important, à mes yeux, que le texte de la loi car il permet de nous imprégner de l’esprit même de la contre-réforme et, concrètement, de savoir de quoi l’avenir sera fait.
On trouve le Cahier des charges à l’adresse suivante : ( https://www.igf.minefi.gouv.fr/sect...). Ce texte est signé conjointement par des hauts fonctionnaires de l’inspection générale des finances et par des hauts fonctionnaires de l’inspection générale de l’administration de l’éducation nationale et de la recherche. Ces éminences, dont le statut est, pour le moment, en béton, ont donc rédigé un document qui vise à privatiser, à financiariser l’université. Je peux vous assurer que ces huit personnes ont mis, non seulement tout leur zèle dans la rédaction de ces pages, mais encore toute leur jouissance.
Ce qui est très frappant, au premier abord, c’est que ce document ne parle jamais d’enseignement, mais de « gestion budgétaire et financière », de gestion des ressources humaines (l’expression " ressources humaines " vient de l’entreprise privée et n’avait pas cours il y a trente ans dans l’administration publique), de « gestion immobilière » (les universités vont devenir des agences immobilières stricto sensu et certains de nos collègues - contre primes sonnantes et trébuchantes - ont déjà enfilé l’habit d’agent immobilier), et enfin de « pilotage et de relation avec la tutelle ».
Alors que Madame Pécresse, et les médias qui la relaient, parlent d’« autonomie » des universités, ce document prouve que d’autonomie, il n’y en aura jamais plus. Tous les établissements seront en effet surveillés, en temps réel, par le panopticon du ministère, dans un constant mouvement d’action et de rétroaction. Le Cahier des charges permettra « d’apprécier la capacité des universités à assumer les nouvelles compétences prévues par la loi et à en tirer le plus grand parti ». Chaque université devra donc s’auto-évaluer en permanence, s’évaluer par rapport aux autres, tandis qu’elle sera, comme toutes les autres, évaluée par l’administration centrale en fonction de critères qui seront, on va le voir, de moins en moins universitaires. Toute décision du conseil d’administration sera « approuvée par arrêté conjoint du ministre chargé du budget et du ministre chargé de l’enseignement supérieur ».
Les personnels universitaires (enseignants, administratifs et techniques) ne seront plus rétribués par l’État, mais par les établissements eux-mêmes. Le document présente ce changement comme une « liberté » puisque le fléchage central des crédits diminuera. Le hic, c’est que la « fongibilité » des crédits sera « asymétrique » (il faut être au moins inspecteur général des finances pour inventer une expression aussi naturaliste qu’opaque). En aucun cas, en effet, l’enveloppe accordée aux personnels ne pourra être majorée. Elle pourra, en revanche, être diminuée au profit des crédits de fonctionnement et d’investissement. Vous pouvez faire toute confiance aux trois-quarts des présidents de la CPU, qui réclamaient cette loi depuis des années, et qui l’ont largement inspirée (ils ont donc toute l’objectivité nécessaire pour en parler), pour faire des économies « inévitables » (aucune ironie de ma part : elles seront inévitables) aux dépens de la rétribution des personnels. En clair, les personnels en place risqueront d’être moins payés, tandis que les personnels à recruter, dans la mesure où l’emploi sera « librement déterminé » par les établissements, se verront offrir des contrats (ce sera le cas, dès l’année prochaine, pour les personnels BIATOSS de rang B voulant passer rang A) " personnalisés ", globalement à la baisse dans la mesure où les avancements de carrière ne seront plus du tout garantis. Si cette catégorie de personnel a tout de suite fait l’objet d’un traitement de faveur, c’est parce qu’elle sera au centre de la " gouvernance " (autre vocable de l’entreprise privée), et donc d’une nécessaire docilité. Les universités devront recruter - aux dépens du personnel enseignant, par exemple - de nombreux personnels de gestion. En effet, la « fonction financière » des établissements sera tellement importante et délicate que des cadres nombreux et de bon niveau seront nécessaires. Ce n’est pas dans le texte, mais je vous fiche mon billet que ces personnels auront pris le pouvoir dans les universités avant dix ans. La tâche de ces experts sera ardue. Il leur faudra prendre en compte l’exécution budgétaire passée et la répartition des crédits entre unités budgétaires. Ils devront suivre pas à pas le déroulement de l’exécution budgétaire, effectuer un bilan annuel, maîtriser l’exécution budgétaire, optimiser celle-ci en réorientant les crédits en cours d’année et en limitant les reports de crédits.
Les universités disposant, en principe, d’une masse budgétaire double de celle actuellement à leur disposition, elles devront éviter de voter des budgets en déséquilibre, négocier sur des bases objectives le volet financier de leurs contrats pluriannuels, et « apprécier si elles sont capables de supporter dans la durée le coût de leurs décisions de gestion, notamment en matière de ressources humaines ou en matière immobilières ». Ces deux ressources figurant dans la même phrase, on sent bien que, dans l’esprit de nos éminences, les cerveaux ne compteront pas plus que les briques. C’est pourquoi les universités devront réaliser chaque année des « analyses financières rétrospectives et prospectives », en évaluant « le coût à court et moyen terme » de leurs décisions importantes.
La comptabilité des établissements aura été « remise à plat ». Le diagnostic des comptes devra être « de qualité », en particulier dans le domaine patrimonial. Pour « tirer le plus grand bénéfice de la réforme » (on ne parle toujours ni d’étudiants, ni d’enseignants, ni de recherche), les établissements devront limiter au maximum la part des crédits considérés comme fléchés, c’est-à-dire (à noter que les auteurs n’utilisent jamais " c’est-à-dire ", mais " i.e. ") dont l’emploi « n’est pas fixé par l’université mais par le financeur ». Une part des crédits sera évaluée en fonction « d’une appréciation de la performance des composantes », et pas seulement en fonction « du nombre d’étudiants ». Ouf ! Nous sommes à la page 6 du Cahier. Nos hauts fonctionnaires se souviennent brutalement qu’il existe des étudiants, mais ils en parlent à regret, de manière négative. Qu’en sera-t-il, dans les faits, de la gestion des ressources humaines ? Trois articles du « nouveau Code de l’éducation » (954 1, 2 et 3) sont capitaux. Le conseil d’administration définira la répartition de service des personnels enseignants et de recherche. Le conseil d’administration pourra créer des «dispositifs d’intéressements permettant d’améliorer la rémunération des personnels ». Le Président de l’Université (lui seul) pourra recruter « pour une durée déterminée, des agents contractuels pour occuper des fonctions techniques ou administratives de catégorie A » ou « pour assurer par dérogation [?] des fonctions d’enseignement et de recherche ». Les articles que je viens de citer ont été pensés pour faire disparaître la fonction publique de l’enseignement supérieur , comme c’est le cas dans de nombreux pays d’Europe et d’ailleurs. Tout président pourra, dans le secret de sa conscience, récompenser « le mérite et l’implication des personnels ».
Chaque fin de mois, les personnels seront rétribués par un établissement qui devra « sécuriser le processus de paye ». Le payement pourra faire l’objet d’une « procédure de paye à façon », « prestation payante proposée par le Trésor Public », ou d’une « paye interne », qui serait une « solution prudente ». Comme pour toute entreprise privée, le «pilotage » de la masse salariale va « devenir un enjeu essentiel pour les universités ». Les universités devront se doter d’un « logiciel de pilotage » (avec un pilote pour piloter, j’imagine), elles devront analyser finement les « effets volume » ( ?), les « effets prix » ( ?). Les auteurs du Cahier sachant pertinemment que les universités risquent de n’avoir ni les compétences financières ni les compétences techniques pour accomplir ce travail, ils suggèrent qu’elles « mutualisent » cet effort, car « il serait dommage que les universités se préparent en ordre dispersé à affronter un défi (je suis déçu : j’attendais " challenge ") qui se présentera partout dans les mêmes termes. Il existe d’ailleurs un Guide pratique du pilotage de la masse salariale (voir le site performance-publique.gouv).
Dernière édition par Orwelle le Mar 25 Mar - 15:56, édité 1 fois |
|  | | Orwelle
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| Sujet: SUITE Ven 21 Mar - 9:33 | |
| À propos du "Cahier des charges" des universités (suite)
Il faut attendre la page 10 pour que les auteurs du Cahier abordent la dimension « qualitative » de la réforme. Pour les inspecteurs, qualité signifie avant toute chose « redéploiement ». En fonction des « besoins », bien sûr, en recrutant largement, à l’extérieur, des personnels enseignants titulaires (tant qu’il en restera, il suffit d’aller voir ce qui s’est passé à France Télécom, à La Poste ou à EDF), ainsi que des personnels non enseignants non titulaires, chaque université pouvant jouer « sur les modalités et les volumes de recrutement, sur les modalités de rémunération, de promotion et de carrière, de représentation, de régime horaire et de congés ». Tiens, tiens, pourra-t-on nous expliquer ce que les congés (de maternité, par exemple) ont à voir avec la rémunération et la promotion des personnels ?
Les présidents pourront récompenser les plus méritants. Ils pourront « concentrer les primes [?] sur un nombre raisonnable [sic] de bénéficiaires ». Ce qui permettra d’« élever » le montant des primes. Les primes pourront être modulées « en fonction de la manière de servir ». Vous avez bien lu : " servir ". Oui, il conviendra d’être les fidèles serviteurs de l’Université rénovée. Concernant la gestion immobilière, les universités pourront « aliéner tout ou partie de leur patrimoine ». Elles seront forcément conduites à le faire. Elles auront besoin de cache-flot (je m’initie au langage de l’Inspection Générale). Elles se retrouveront dans la situation, par exemple, de France Télécom qui vend ses bâtiments pour avoir du cache-flot et qui, l’instant d’après, les loue car il faut bien se loger. Avant de vendre, les universités pourront faire appel à des expertises privées pour évaluer leurs biens. Pour les universités, connaître en temps réel leur valeur patrimoniale impliquera un suivi de tous les instants, et l’obligation d’entrer dans une logique capitalistique et marchande afin de faire fructifier leurs biens. Mais il est clair que, dans l’esprit des rédacteurs du Cahier des charges, les établissements finiront, à terme, par vendre leur immobilier (« traduire dans les comptes la diminution progressive de la valeur des biens de l’université »). Ils vendront, simplement parce que l’université française possède un formidable patrimoine que le privé convoite depuis longtemps (mais il y a loin de la poubelle de Toulouse le Mirail - invendable en l’état - à l’ancienne faculté de droit de Poitiers), et qu’elle ne pourra pas garder éternellement parce que les établissements devront désormais « supporter les charges budgétaires liées aux amortissements », jusqu’à présent à la charge de la collectivité nationale.
Restent le pilotage et les relations avec la tutelle . On a beau être autonome, on n’en est pas moins tenu de fournir une « information régulière », après s’être doté « d’instruments d’audit interne et de pilotage financier et patrimonial selon des modalités fixées par décret ». Pour être efficace, il conviendra d’élaborer « un schéma directeur des systèmes d’information », accompagné d’un « renforcement des fonctions techniques et politiques dédiées [sic] au système d’information ». Dans la mesure où les établissements seront surveillés en temps réel, il sera possible « d’adapter les objectifs et le programme de travail de l’Agence de mutualisation des universités et établissements ». Comme on sait, par ailleurs, que la recherche sera elle aussi pilotée par Paris, les conséquences de la nouvelle loi seront la disparition d’un grand nombre d’établissements ou, à tout le moins, de parties d’entre eux, le regroupement autoritaire d’universités qui auront réussi à préserver provisoirement leur intégrité, et la constitution d’énormes pôles, non pas d’excellence, mais de rentabilité. Cette masse considérable d’informations à fournir (nos hauts fonctionnaires, nourris de culture française, utilisent le terme reporting, trouvé, j’imagine, dans leur lecture du Financial Times) au ministère impliquera, je l’ai dit, le recrutement d’une armée de clercs, des contractuels, cela va sans dire. Les universités joueront leur existence dans une sorte de Bourse (aussi rationnelle que les " Stock Exchanges " que nous connaissons déjà). Elles ne s’en sortiront que si elles offrent une « sécurisation juridique et financière » de leur fonctionnement.
Il aurait suffi, il y a quelques mois, qu’une poignée de conseils d’administration se sabordent et boycottent la Loi Pécresse (un seul vient de le faire tout récemment). L’histoire aurait basculé en faveur des défenseurs du service public, de la vraie mission de l’Université qui n’est pas de faire des affaires, de coller au train du patronat en fournissant, loin de tout projet humaniste, des compétences sans aucune réflexion critique, de marchandiser le savoir et de précariser tous ses personnels. Nos présidents ne pouvaient prendre cette initiative. Ils veulent être réélus. Un coup de pied dans la fourmilière, et ils auraient dû faire une croix sur des lendemains qu’ils croient enchanteurs et qui ne le seront pas. Maîtres en leur demeure, recevant des émoluments assurément plus élevés qu’aujourd’hui, ils devront cependant filer doux devant les vrais détenteurs du pouvoir.
Il y a beaucoup plus préoccupant que les calculs tactiques des présidents d’université. Les universités européennes sont entrées dans un processus d’« économie de la connaissance », pour reprendre une expression officielle de Bruxelles. Qui dit économie dit compétition, raréfaction, renchérissement de ces connaissances. Le premier chapitre du Cahier des charges, celui qui commande le reste, s’intitule, je le rappelle, « la gestion budgétaire et financière ». Ce qui sous-entend clairement que les universités vont devenir des entreprises, mais non des entreprises industrielles vendant (ou achetant) des brevets ou des diplômes, ce qui serait déjà un pur scandale : elles seront des entreprises financières , ce qui est une horreur. À très court terme, les droits d’inscription des étudiants vont exploser. Lorsque la loi était encore en discussion, les responsables des syndicats étudiants s’étaient polarisés sur ces droits, sans regarder plus loin que le bout de leur nez. Madame Pécresse leur avait donné momentanément satisfaction pour obtenir leur neutralité bienveillante. Que ces responsables aillent observer ce qui se passe actuellement aux Etats-Unis : comme leurs parents victimes des taux de crédit immobiliers, des milliers d’étudiants ne peuvent plus rembourser les sommes considérables empruntées pour financer leurs études.
Concluons : l’objectif de cette loi et de son Cahier des charges est de détruire l’université française en tant qu’outil de formation et d’émancipation afin de la soumettre - classement de Shanghai oblige - aux desiderata du CAC 40 . Pour faire entrer en application un projet, une loi aussi réactionnaires, il fallait interdire tout espace de contestation en réduisant le poids du conseil d’administration, en introduisant des chefs d’entreprise en tant que tels dans les instances dirigeantes, en réduisant l’influence des personnels et des étudiants. Ce déni de démocratie coupera à jamais l’Université de la citoyenneté, du politique au sens noble du terme. Les marchés apprécient déjà.
Bernard Gensane 20 12 2007 http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=58210 https://www.igf.minefi.gouv.fr/sections/les_rapports_par_ann/2007/
Bataille sur le trésor immobilier des universités parisiennes
21 03 2008 http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/21/bataille-sur-le-tresor-immobilier-des-universites-parisiennes_1025989_823448.html
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|  | | Orwelle
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| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Mar 25 Mar - 15:59 | |
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La recherche française amorce une réorganisation contestée
"Découper pour mieux régner." C'est ainsi que l'association Sauvons la recherche analyse la réorganisation, décidée par le gouvernement, des deux principaux organismes publics de recherche français : le Centre national de la recherche scientifique (CNRS) et l'Institut national de la santé et de la recherche médicale (Inserm).
L'objectif, dénonce le biologiste Alain Trautmann, membre du conseil d'administration de l'association, est d'"augmenter l'efficacité du pilotage de la recherche par le politique" en "découpant les organismes en instituts plus petits et encore plus dociles". Avec pour résultat de "réduire l'indépendance – pourtant très relative – de la direction de ces organismes".
Le CNRS et l'Inserm ont en effet reçu de leurs ministères de tutelle (recherche pour le premier, santé et recherche pour le second) des feuilles de route qui, en termes similaires, leur enjoignent de "repenser profondément" leur organisation interne.
S'agissant du CNRS, la ministre de la recherche, Valérie Pécresse, lui demande de "substituer aux départements scientifiques actuels une structuration en grands instituts nationaux de recherche". Cela, justifie-t-elle, afin d'"améliorer la lisibilité et la prévisibilité de son action". Cette réforme devra être mise en place dans le cadre du plan stratégique que l'établissement doit adopter d'ici à l'été.
Une telle réorganisation serait lourde de conséquences pour le CNRS, dont l'activité est aujourd'hui organisée en six départements scientifiques (mathématiques, physique, planète et Univers ; chimie ; sciences du vivant ; sciences humaines et sociales ; environnement et développement durable ; sciences et technologies de l'information et de l'ingénierie), auxquels s'ajoutent deux instituts nationaux (physique nucléaire et physique des particules ; sciences de l'Univers).
Dans une lettre adressée aux cadres de l'établissement, sa présidente, Catherine Bréchignac, et son directeur général, Arnold Migus, reprenant à leur compte les desiderata du gouvernement, font valoir "les excellents résultats scientifiques" des deux instituts nationaux dépendant du CNRS. Tout en soulignant que, par nature, des instituts ont "une autonomie de fonctionnement supérieure à celle des départements scientifiques".
MISE EN GARDE
Selon certains chercheurs, c'est précisément là que se trouve le danger : celui de la transformation du CNRS en holding d'instituts dont l'autonomie affaiblirait la capacité de l'organisme à mettre en œuvre une politique scientifique coordonnée. "Ce serait perdre ce qui fait l'originalité et la richesse de cet établissement, c'est-à-dire son interdisciplinarité", s'inquiète Philippe Blache, directeur du Laboratoire parole et langage (CNRS-université de Provence).
Les six cents patrons de laboratoire qui se sont réunis, le 4 mars au Collège de France, pour donner un coup de semonce au gouvernement, ont mis en garde contre "le risque d'éclatement du CNRS", qui s'apparenterait, selon eux, à un démantèlement déguisé.
Le cas de l'Inserm, dont les laboratoires ne sont pas regroupés en départements scientifiques, est différent. Son directeur général, André Syrota, doit soumettre à son conseil d'administration, jeudi 27 mars, un nouveau schéma d'organisation autour de huit instituts thématiques : neurosciences, neurologie, psychiatrie ; génétique et développement ; cancer ; maladies infectieuses ; cœur, métabolisme, nutrition ; immunologie, hématologie, pneumologie ; santé publique ; sciences et technologies pour la santé.
L'objectif majeur du gouvernement n'est pas ici de procéder à un "saucissonnage", mais de faire de l'Inserm la plaque tournante de toute la recherche biomédicale française. "Il faut en finir avec le morcellement des structures qui, alors même que nous avons d'excellentes équipes, nuit à notre système de recherche en santé, plaide Valérie Pécresse. La méthode qui consiste à créer, pour chaque nouveau programme – sur le sida, le cancer ou la maladie d'Alzheimer –, une nouvelle agence a atteint ses limites." L'ambition, poursuit la ministre, est de mettre en place "un acteur puissant, capable d'orienter la stratégie et de coordonner les moyens de l'ensemble de la recherche biomédicale, avec un rôle de leader en Europe".
Les futurs instituts de l'Inserm prendraient ainsi la main sur les travaux que mènent aujourd'hui en parallèle, dans les sciences du vivant, d'autres organismes comme le CNRS, le Commissariat à l'énergie atomique (CEA), l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) ou l'Institut de recherche pour le développement (IRD).
Ces restructurations suscitent pour l'instant, chez les scientifiques, davantage d'interrogations que de mobilisation, même si une quinzaine de syndicats de chercheurs appellent à des rassemblements, le 27 mars, devant les sièges parisiens du CNRS et de l'Inserm. Elles interviennent – c'est ce qui leur donne une dimension politique dépassant le simple réaménagement technique – alors que le gouvernement a confirmé sa volonté de transformer les grands organismes, jusqu'alors opérateurs de recherche responsables de leur politique scientifique, en agences de moyens gérant des personnels et des équipements. Le CNRS et l'Inserm ne sont que les premiers sur la liste.
Pierre Le Hir
Deux organismes majeurs
Le CNRS (Centre national de la recherche scientifique). Présent dans toutes les disciplines scientifiques, il regroupe 26 000 agents, dont 11 600 chercheurs et 14 400 ingénieurs, techniciens et administratifs. Ces agents travaillent dans 1 260 laboratoires, le plus souvent cogérés avec des universités. Budget 2007 : un peu plus de 3 milliards d'euros. www.cnrs.fr/ www.cnrs.fr/cnrs-images/multimedia/ausonius/
L'Inserm (Institut national de la santé et de la recherche médicale). Dédié à la recherche biologique, médicale et en santé publique, il compte 13 000 agents, dont 6 000 chercheurs. Ils sont répartis dans 335 laboratoires, dont 80 % sont implantés dans des centres hospitalo-universitaires. Budget 2007 : environ 600 millions d'euros. www.inserm.fr/fr/
http://www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/03/25/la-recherche-francaise-amorce-une-reorganisation-contestee_1026932_3244.html#ens_id=1026933 |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Ven 9 Mai - 12:00 | |
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Les enseignants du supérieur se joignent à la grève du 15 mai
Après les enseignants du primaire, du secondaire, du public, du privé, les lycéens et les étudiants, il ne manquait plus qu’eux : les chercheurs et les universitaires se joindront à la grève le 15 mai, journée d’action dans la fonction publique. Réunis en intersyndicale, ils réclament notamment «l’arrêt du projet de dissolution des organismes de recherche et leur vente à la découpe» et «l’amélioration du statut du fonctionnaire». Les cinq grandes fédérations d’enseignants ont appelé à la grève, ainsi que les deux syndicats lycéens, trois organisations étudiantes et sept associations. Même les enseignants du Snalc, plutôt à droite, débrayeront. «La politique éducative du gouvernement se résume à une politique d’économies budgétaires», accusent-ils. La FEP-CFDT, principal syndicat du privé, sera de la partie, critiquant les réductions de moyens et les programmes du primaire. Le 18 mai, la FSU appelle en outre à une manifestation nationale. Avant une nouvelle journée d’action, le 24 mai.
www.liberation.fr/actualite/societe/325416.FR.php |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Mer 21 Mai - 22:59 | |
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Pécresse soulève un tollé de protestations
Le SnesSup-FSU vient de lancer un appel à un rassemblement demain devant le siège du Cnrs, à Paris. Motif : l'interview de Valérie Pécresse, la ministre de la recherche et de l'enseignement supérieur, dans Le Monde, hier. La ministre y annonçait une "réorganisation du Cnrs" en Instituts. Mais décidait, d'emblée, que les sciences de la vie et l'informatique - soit près du tiers des chercheurs de l'organisme - seraient exclus de cette réorganisation. Et que la "coordination nationale des sciences de la vie" serait hébergé à l'Inserm, l'institut national de la santé et de la recherche médicale. Quant à celle des sciences informatiques, elle se ferait "avec l'INRIA".
Cette déclaration est moins surprenante par son contenu, en phase avec des déclarations antérieures, que par son calendrier. Demain, doit en effet se tenir une réunion du Conseil d'Administration du Cnrs qui devait se pencher sur le plan stratégique du Cnrs. Puis, début juin et le 19 juin, le Conseil Scientifique du Cnrs et son Conseil d'Administration devaient se prononcer sur cette réorganisation. La ministre a donc court-circuité toute l'institution. D'où le tollé syndical. Une situation "abracadabrantesque", s'indigne Yves Langevin, président de la conférence des section du Comité national de la recherche scientifique.
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/05/pcresse-soulve.html http://www.liberation.fr/actualite/politiques/327363.FR.php
Pécresse est la fille de Dominique Roux, nommé président de Bolloré telecom en janvier 2007 et l'épouse de Jérôme Pecresse, directeur général adjoint d’Imerys, numéro un mondial des minéraux de spécialité. Valérie Pécresse représente les intérêts des grands industriels par rapport à la recherche et aux universités.
La ministre présente donc une proximité avec des intérêts privés et de groupe importants, qui paraît incompatible avec l'exercice au plus haut niveau de l'Etat de fonctions dans un domaine susceptible de concerner directement ces intérêts. Demander la démission de Valérie Pécresse ne relève donc en rien de l'attaque personnelle.
http://paris.indymedia.org/article.php3?id_article=83487 http://fr.wikipedia.org/wiki/Dominique_Roux www.imerys.com/scopi/group/imeryscom/imeryscom.nsf/pagesref/SCMM-6ZFN6E?opendocument&lang=fr
Valérie Pécresse favorable à l’évaluation des professeurs par les étudiants www.studyrama.com/article.php3?id_article=31509
Appel : Pas de CNRS sans Sciences humaines et sociales www.sauvonslarecherche.fr/spip.php?article1867 |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Dim 22 Juin - 11:56 | |
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Projet de réforme "Horizon 2020" www.cnrs.fr/cnrs2020/IMG/pdf/Plan_Strategique_CNRS_CS_16_juin_2008_080613.pdf
Les chercheurs du CNRS se mobilisent
Bertrand Monthubert, président de SLR, exhorte les chercheurs à la "résistance" contre "une avalanche de réformes non concertées qui signent la mort définitive du service public d'enseignement supérieur et de recherche".
Les syndicats ont empêché la tenue du conseil d'administration qui devait avaliser la réforme de l'organisme.
Des milliers de chercheurs ont défilé le 19 juin entre le siège du CNRS et le ministère de l'Enseignement supérieur et de la Recherche, à Paris. Les fédérations avaient appelé à bloquer le conseil d'administration et à occuper les délégations régionales du CNRS. Le CA, qui devait avaliser la réforme, a été reporté sine die. La présidente du CNRS, Catherine Bréchignac, a réagi en déclarant que le texte passera "une fois qu'on aura une majorité" et "que cela bougera avant l'été".
www.lemonde.fr/sciences-et-environnement/article/2008/06/19/les-scientifiques-font-barrage-a-la-reorganisation-du-cnrs_1060072_3244.html
Freezing au Salon de la Recherche et de L'Innovation www.dailymotion.com/video/x5q479_freezing-au-salon-de-la-recherche-e_news http://ptutoy.over-blog.net/article-20470978.html
Derrière cette réforme se cache une volonté du pouvoir de contrôler politiquement la recherche et de supprimer l’autonomie des chercheurs. Normalement, l’Etat définit de grandes orientations pour la recherche et les laboratoires s’organisent ensuite de façon autonome. Le gouvernement veut aujourd’hui casser cette autonomie en réservant les financements aux projets considérés comme prioritaire. Mais ce sont souvent des pistes de recherches non prévues qui s’avèrent riches en découvertes. Seul le chercheur sur le terrain peut s’en rendre compte.
Nous sommes passés en quelques années de la quatrième place mondiale en termes de financements publics à la quinzième. Nous nous débrouillons malgré tout, tant bien que mal, avec l’argent que nous recevons: nos articles sont cités, nous avons des prix et des récompenses internationales. Mais il est clair qu’à force de rogner sur les budgets, la recherche française risque de s’appauvrir.
Bertrand Monthubert, président de "Sauvons la recherche"
www.challenges.fr/actualites/politique_economique/20080619.CHA3120/letat_veut_controler_politiquement_la_recherche.html
Alors qu'on veut morceler le CNRS en une demi-douzaine d'instituts, le projet Campus Universitaire Paris Centre voit le jour.
L'Institut d'Etudes Politiques de Paris (IEP ou Sciences Po), où enseignent un certain nombre de « hauts fonctionnaires » et dont des activités telles que les cours de formation continue s'adressent très largement au secteur privé, est un établissement dirigé par le conseiller d’Etat Richard Descoings, membre du Siècle d’après Marianne et invité à la réunion de 2006 du groupe de Bilderberg d’après Acrimed. Sciences Po vient de mettre en ligne un communiqué commun avec les Universités Paris Descartes (Paris V), Paris Diderot (Paris VII) et l’Observatoire de Paris annonçant un « nouveau projet intitulé Campus Universitaire Paris Centre, dans lequel les axes pédagogiques et scientifiques propres à ces établissements seront présentés accompagnés d’un programme « d’amélioration et de développement de la vie étudiante » commun à tous les établissements parisiens qui déposeront un dossier ». On peut lire sur le site de l’IEP de Paris : « Deux grandes Universités multidisciplinaires et deux Grands Etablissements unissent ainsi leurs moyens et leurs forces pour constituer, au cœur de la capitale, un ensemble universitaire d’envergure mondiale, articulé autour d’un projet scientifique faisant dialoguer de manière innovante et dynamique les sciences humaines et sociales et les sciences expérimentales. »
Il s’agit donc d’une véritable fédération d’universités qui, à l’opposé des instituts envisagés pour le CNRS, se met en place dans le cadre d’un véritable processus de fusion.
La ministre de l'Enseignement supérieur et de la Recherche Valérie Pécresse est d’après Wikipédia, « la fille de Dominique Roux, professeur d’université et président de Bolloré Télécom. (....) mariée (...) à Jérôme Pécresse (directeur général adjoint d’Imerys, numéro un mondial des minéraux de spécialité) » et le fait que les intérêts de L’Oréal, Nestlé et Bolloré Télécom dans la recherche correspondent précisément aux secteurs du CNRS à l’avenir le plus incertain. Dans de telles conditions, et sans vouloir formuler aucune mise en cause personnelle, ne peut-on malgré tout s’interroger sur l’apparence d’impartialité et d’indépendance de l’ensemble de ces « réformes » ?
Commentaire du 20 juin 2008 - 12h37 http://bellaciao.org/fr/spip.php?article67869 www.educpros.fr/detail-article/h/969e043bf7/a/operation-campus-sciences-po-rejoint-le-projet-paris-centre.html
www.20minutes.fr/article/238303/Bordeaux-Les-chercheurs-du-CNRS-a-terre-pour-defendre-leurs-laboratoires.php
4ème Colloque en anglais des Doctorants première année EDSG 12 doctorants, introduits par un modérateur, ont disposé de 15 minutes pour présenter leur avancement de thèse en anglais. Ce colloque d'anglais a permis, grâce à Michelle Mielly, de sensibiliser les doctorants à la manière de faire américaine concernant la présentation d'un travail de recherche... www.cerag.org/spip.php?article190
http://horsagcslogo.chez-alice.fr/  |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Lun 30 Juin - 9:15 | |
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Sciences dures et pouvoir militaro-industriel La dictature des experts
Extraits d'un texte du groupe Oblomoff :
Plateforme critique de la recherche scientifique
Le modèle de la science conserve aujourd’hui une grande force, image d’universalité et de puissance dans un contexte de dérèglement climatique et de délabrement social globalisé. Un domaine où, quand tout s’écroule parailleurs, ça continue d’avancer.
Certes, un corpus de connaissances rigoureusement établi sera toujours indispensable, tout comme l’élaboration de techniques au service des-communautés humaines. Mais tout cela est très marginal au sein de ce que l’on appelle aujourd’hui la Recherche, et sert le plus souvent à justifier le reste.
Nous dénonçons la collaboration active des chercheurs avec les pouvoirs militaires et industriels qui les financent, définissent leurs objectifs et utilisent les connaissances et les techniques issues des laboratoires. Cette collaboration remonte aux origines de la science moderne : les progrès des sciences ont toujours entretenu d’étroites relations avec ceux des techniques de guerre. Mais elle a connu un saut quantitatif et qualitatif décisif avec la Seconde Guerre Mondiale.
La volonté de savoir est l’alibi qui sert à faire accepter la course à l’armement et la compétition économique internationale.
À l’heure où ce goût pour la puissance vient clore tout questionnement sur le monde, nous tenons à dénoncer les mythes qui viennent légitimer ou occulter cette collaboration :
Le mythe du Progrès... la modernisation a causé un tel désastre écologique que les choses les plus élémentaires sont maintenant devenues du luxe : eau et air purs, alimentation saine, végétation.
Dans le cas de la science, la vision progressiste de l’histoire se berce encore de l’idée que toute avancée des connaissances est intrinsèquement bonne...
Il est pourtant urgent de comprendre que les dégâts induits par la frénésie scientifique sont souvent irréversibles. Principale responsable de leur multiplication, la technoscience ne pourra rien (ou si peu) face aux radiations, aux cyclones ou aux cancers, qui sont et resteront des catastrophes. Prétendre les résoudre par des solutions techniques revient à s’enfermer dans une fuite en avant absurde.
Le mythe de la « Recherche publique » dessine l’image d’une recherche qui obéirait à des critères fondamentalement différents de ceux de la recherche privée. Or les deux sont depuis longtemps inextricables, tant au niveau de l’organisation et du financement des programmes que du type de questionnement en vigueur.
Depuis ses débuts, la science moderne consiste essentiellement à produire des faits à partir de machines : c’est une technoscience. Le mouvement même des techniques et des savoirs rend aujourd’hui insensée la croyance en une science qui serait pure connaissance, à côté d’une science dite « appliquée ». Dans les sciences dures, les faits sont informulables en dehors de tout l’appareillage technologique qui les sous-tend...
Les progrès de la science ont d’eux-mêmes confirmé l’inanité de cette religion de substitution : la science, aussi avancée soit-elle, n’atteindra jamais l’objectivité absolue et ne fournira pas de réponse aux interrogations fondamentales de l’être humain.
À rebours de tous les projets politiques, de gauche ou de droite, qui souscrivent encore à ce projet de maîtrise totale du vivant et ne proposent que de s’y engouffrer un peu plus, nous pensons que le point de départ de toute réflexion politique devrait résider dans ce double constat :
L’effondrement de plus en plus rapide des conditions biologiques de notre survie, et corrélativement, la mainmise de la technoscience sur la survie et la reproduction de tous).
la raison critique et la sensibilité, aussi atrophiées soient elles aujourd’hui, nous rendent malgré tout irréductibles à du bétail, des marchandises ou des machines. C’est en nous appuyant, entre autres, sur ces facultés, que nous pourrons maintenir une indépendance critique, et cultiver des réflexions et des savoir-faire qui ne donnent pas prise aux États, aux industries et à leurs marchandises. S’en prendre à la Recherche signifie se placer à côté de tous ceux et toutes celles qui essaient de se réapproprier leur vie.
Tant de choses sont à faire pour mener une telle offensive :
recenser, actualiser et mettre en commun les critiques de la science moderne, pour rompre avec la spécialisation et l’isolement qui ont cours dans les laboratoires.
Comprendre comment des mouvements de contestation forts dans les années 1970, comme par exemple les luttes contre la recherche militaire ou le nucléaire, se retrouvent aujourd’hui complètement anéantis, noyés sous le déferlement technologique.
Diffuser cette critique de la Recherche et du monde industrialisé partout où il est encore possible de faire entendre une voix discordante, et mettre fin, là où l’on peut, à l’insupportable impunité de l’obscurantisme scientiste. Dénoncer sans ambiguïté toutes les procédures pseudo démocratiques (forums hybrides, conférences de citoyens, sondages sur internet...) qui consistent à faire valider par le plus grand nombre des décisions déjà prises, et qui, par-là, intègrent, neutralisent et discréditent la critique.
Être partout, en somme, où se déploie la dictature ordinaire de la vérité des experts, afin de rappeler les vérités dont ils s’agit, quelles usurpations et quel type de monde ils défendent.
La question n’est pas de rapprocher la science du citoyen, mais de casser la logique de l’expertise, de dénoncer le mensonge de la neutralité de la recherche et d’empêcher la science contemporaine de contribuer, au jour le jour, à détruire la politique, la remplaçant par une affaire technique.
Groupe Oblomoff http://bellaciao.org/fr/article.php3?id_article=35542
Des drones français au Tchad http://secretdefense.blogs.liberation.fr/defense/2008/06/des-drones-fran.html |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Lun 30 Juin - 9:18 | |
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2 juin 2006 Grenoble inaugure le premier pôle européen dédié aux nanotechnologies Baptisé Minatec, le principal centre européen de recherche en nanotechnologies a ouvert ses portes le 2 juin à Grenoble. www.zdnet.fr/actualites/informatique/0,39040745,39355179,00.htm
9 juin 2006 L'après-manif de Grenoble contre les nanotechnologies Lucas et samuel sont convoqués au tribunal de Grenoble le lundi 19 juin à 14h00, où ils seront jugés pour "avoir participé volontairement à un attroupement après sommations et dispersion". http://lenumerozero.lautre.net/spip.php?article921
5 juin 2007 NANOTECHNOLOGIES : LYON REJOINT GRENOBLE Recherche. Fini les microtechnologies, place aux nanos (0000 000 001 mètre). www.lyoncapitale.fr/index.php?menu=01&article=1401
14 janvier 2008 Nanotechnologies : Nicolas Sarkozy veut un grand programme pour la France. Toulouse en ligne de mire avec Paris et Grenoble. www.midenews.com/fr/presse/article/lire?id=1585
Nanobiologie, nanomatériaux, nanoélectronique. L’ensemble de ces trois champs s’articulent les uns aux autres avec plus ou moins d’intensité et de distance. Ils ont un impact important sur les modalités d’organisation de l’activité industrielle qu’ils mobilisent dans la zone concernée. En effet, la nanobiologie est essentiellement structurée autour de nombreuses petites entreprises et des grands groupes pharmaceutiques, alors que les activités industrielles concernées par la nanoélectronique s’organisent, pour l’essentiel, autour de très grands groupes, quelques petites entreprises et des grands équipements partagés. http://fr.wikipedia.org/wiki/Nanotechnologie
http:// avdil.gtri.gatech.edu/RCM/RCM/DroneProject.html
Pièce et Main d'Oeuvre Site de bricolage pour la construction d'un esprit critique grenoblois http://www.piecesetmaindoeuvre.com/ |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Mer 2 Juil - 20:35 | |
| La représentante de l'Union des Maquignons de la Politique a dû reculer

La refonte du CNRS est lancée
Le conseil d’administration du CNRS, que la mobilisation des chercheurs avait empêché de se tenir le 19 juin, a adopté hier un projet de réforme amendé qui entérine le principe d’une structuration en instituts disciplinaires chargés d’encadrer les laboratoires.
Le CNRS est actuellement organisé autour de six départements scientifiques, qui regroupent souvent plusieurs disciplines, et deux instituts nationaux pour la physique nucléaire et les sciences de l’univers. Le plan stratégique Horizon 2020 affirme que «toutes les disciplines actuellement représentées au CNRS ont vocation à y rester et à se structurer en instituts», selon un communiqué du CNRS. Il doit redéfinir les relations entre le plus gros organisme de recherche français et les universités qui deviendront autonomes et renforcer «la dimension pluridisciplinaire au niveau de la direction générale»
www.liberation.fr/actualite/politiques/336279.FR.php
Le plan stratégique présenté au Conseil d'administration
Sur {sciences²} , le blog de Sylvestre Huet
Petits extraits des commentaires
Ce texte prévoit que toutes les disciplines du Cnrs ont vocation à s'organiser sous la forme d'Instituts dont les directions et les budgets dépendront de la direction générale du Cnrs et non de décisions et nominations ministérielles.
Vendredi 27, Valérie Pécresse a envoyé une lettre à Gilles Boetsch, le président du Conseil scientifique du Cnrs où elle mettait par écrit cet engagement : "toutes les disciplines doivent être traitées avec une égale dignité et organisées de manière homogène en instituts". Et "tous ces instituts du CNRS ont par ailleurs vocation à assurer des missions nationales et à prendre toute leur part dans la nécesssaire coordination qui doit se mettre en place avec les autres organismes de recherche lorsque les champs disciplinaires sont partagés".
L'objectif de Sarkozy, de démanteler les organismes de recherche, verser leurs personnels aux Universités, et les transformer en pures Agences de moyens, c'est-à-dire en distributeurs de crédits à des équipes sur appels d'offres, aboutirait à un suicide programmé de la science française puisqu'il n'existe pas de solution de remplacement au Cnrs.
Cet éclatement programmé devait aboutir à un cloisonnement supplémentaire en lieu et place de l'interdisciplinarité et du regrouppement de scientifiques d'origines diverses autour d'un objet commun d'étude ou d'action, mode présenté partout comme l'avenir de la science.
Par une astuce de langage, Pécresse transformait cet éclatement en développement de la place du CNRS dans le pilotage du système de recherche national, alors même que son (mauvais) traitement budgétaire indique bien qu'on veut la réduire.
"La manip était tout de même cousue de cable blanc. En gros : laissons les scientifiques du Cnrs élaborer ce qu'ils veulent comme stratégie et prospective scientifique et après on file l'argent à l'ANR dont la direction entièrement nommée par le ministre et dénuée de conseil scientifique comme d'obligation de tenir compte des avis des Instituts nationaux du Cnrs fera ce qu'elle voudra."
Le démantèlement du CNRS est suspendu, mais les menaces persistent.
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/06/demain-le-conse.html
Les Usuriers Massacreurs du Public sont bien stupides pour croire qu'il est facile de tromper des chercheurs. Maudits Pignoufs ! |
|  | | Orwelle
Inscrit le : 04 Mar 2008 Messages : 664
| Sujet: Re: LRU / Universités / Recherche / CNRS Mar 2 Sep - 14:26 | |
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Limogeage au CNRS
Hier, Marie-Françoise Courel, la directrice du département SHS (sciences humaines et sociales) annonçait son limogeage par la présidente du Cnrs. Immédiatement, tous les directeurs scientifiques adjoints du département ont présenté leur démission "par solidarité"... tous sauf un, le médiéviste Bruno Laurioux, illico nommé "directeur par intérim". Ce matin, la direction du Cnrs annonce cette nomination, ainsi que celle d'un comité de sélection, présidé par l'historien Marc Fumaroli (...)
Pour Philippe Blache, directeur du laboratoire Parole et Langage (Aix), ce limogeage pourrait préparer une issue "catastrophique pour la recherche" du débat sur l'avenir des sciences humaines et sociales au Cnrs.
Après la biologie et l'informatique, les SHS sont donc ciblées. Marie-Françoise Maurel avait en effet engagé une concertation avec les directeurs de laboratoires, afin d'aboutir à une proposition d'Institut National des SHS conservant le périmètre du Cnrs et améliorant son fonctionnement. L'arrêt brutal du processus montre que le gouvernement, et s'inquiète maintenant Philippe Blache, avec l'appui de la direction du Cnrs, n'entend pas négocier la future place des SHS mais imposer son point de vue.
Dans ce cadre, décapiter les SHS, puisque Bruno Laurioux n'aura manifestement d'autre fonction que de signer les bons de commande, prive les scientifiques d'un représentation auprès de la direction du Cnrs et du gouvernement, relève d'une bonne tactique. Déjà, une pétition de directeurs de labos des SHS circule pour protester contre cette décision.
Une volonté qui s'inscrit dans une perspective du démantèlement du Cnrs comme organisme pluridisciplinaire, couvrant l'ensemble de la recherche, au profit d'Instituts spécialisés, dénués d'une direction commune effectuant des arbitrages en allocations des ressources, et organisant les actions de recherches transversales, entres les différents champs scientifiques.
Pour Philippe Blache, l'enjeu est clair : "Si le Cnrs perd son caractère pluridisciplinaire, il n'a plus de raison d'être, et on se retrouvera avec des Instituts disciplinaires cloisonnés". Une logique qui lui semble à rebours de l'évolution de la science, à l'image de son laboratoire où "des spécialistes du langage travailllent avec des informaticiens et des biologistes". Il n'a échappé à personne qu'un tel dispositif permet en outre au pouvoir politique de saper une structure qui a souvent permis un minimum d'autonomie du milieu scientifique vis à vis des gouvernements. (...)
http://sciences.blogs.liberation.fr/home/2008/09/cnrs-catherine.html#more http://qui.quen.grogne.free.fr/n-obs/Sauvons-la-recherche-contre-la-reforme-du-CNRS.php
L'Urticante Menteuse Pathologique en action : http://latelelibre.fr/index.php/2008/05/pecresse-et-les-cerveaux-francais/ www.libetoulouse.fr/.shared/image.html?/photos/uncategorized/2008/06/03/ups001_1.jpg |
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