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 Françafrique, colonisation, néocolonisation

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Orwelle



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MessageSujet: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Mer 12 Mar - 5:15



Les Camerounais exploités des palmeraies de Bolloré
En grève, les ouvriers dénoncent des conditions de travail et de vie indignes.

C’est un Germinal sous les tropiques qui se joue dans la palmeraie de Kienké, dans le sud-ouest du Cameroun. Dans cette plantation de palmiers à huile de 9 000 hectares de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm) - filiale d’un groupe belge, Socfinal, lui-même détenu à près de 40 % par le français Bolloré aux côtés de son traditionnel partenaire, la famille belge Fabri -, les ouvriers sont en colère. Depuis novembre, ils ont plusieurs fois fait grève contre leurs conditions de vie et de travail. En retour, la police a arrêté et détenu pendant quelques jours leur leader, Michael Agbor.
«Une journée ne suffit pas pour décrire nos souffrances», assure Albert, un ouvrier. Depuis plusieurs années, il vit en permanence dans la palmeraie. Six jours par semaine, il coupe de lourds régimes de noix de palme. Sans gants pour protéger ses mains : ses paumes ont pris la couleur orange des noix que Socapalm transforme en huile de cuisine. Chaque matin, il s’entasse avec ses collègues et le matériel de coupe dans les camions, des épaves, qui s’enfoncent dans la plantation pour charger les régimes. Le soir, il doit marcher, parfois sur une quinzaine de kilomètres, pour rentrer dans un des sept campements d’ouvriers installés au cœur de la plantation.

«Esclaves». Le tout pour pas grand-chose : il gagne 22 francs CFA pour un régime de 15 kg. En moyenne, il touche 35 000 francs CFA (environ 53 euros) par mois, ce qui ne lui permet pas de vivre décemment. Il a néanmoins plus de chance que ceux qui coupent les régimes de 10 kg pour 8 francs CFA. «Les retenues sur nos salaires sont courantes. Nous sommes souvent payés en retard voire pas du tout», précise-t-il. Albert n’est pas affilié à la sécurité sociale et n’a pas de couverture médicale. «Beaucoup voudraient partir mais ne le peuvent pas, parce qu’ils n’en ont pas les moyens et parce qu’ils attendent qu’on paie leurs arriérés de salaire», affirme-t-il. «Nous sommes les esclaves de la Socapalm», soupire un de ses collègues. Ce n’est cependant pas auprès de l’entreprise, qui contrôle 80 % du marché de l’huile de palme au Cameroun, qu’ils peuvent se plaindre : celle-ci ne les emploie pas directement, mais a passé des contrats de sous-traitance avec une soixantaine de sociétés pour la gestion de l’essentiel de la main-d’œuvre.

«Nous savons que les ouvriers ne s’en sortent pas, que leurs employeurs les paient en retard», reconnaît Marc Mutsaars, le patron de Socapalm. La situation est la même dans les autres plantations du pays, explique-t-il pour tempérer. Il assure que l’entreprise va réduire de moitié le nombre de sous-traitants pour mieux contrôler leurs pratiques. Cette mesure permettra-t-elle d’améliorer aussi les conditions de logement ? «Nous vivons comme des animaux», indique, dégoûté, Albert. Il n’y a pas d’eau, pas de sanitaires et seulement quelques heures d’électricité par jour dans le campement où il vit avec sa famille. Surpopulation, insalubrité et promiscuité font le reste du quotidien de ces vieilles baraques de bois grisâtre et étroites, collées les unes aux autres. Un hôpital, des écoles pour les enfants qui habitent trop loin de l’unique établissement scolaire de la plantation : Michael Agbor tient scrupuleusement la liste des réclamations depuis qu’il a été élu à la tête d’une sorte de syndicat, créé il y a quelques mois par les ouvriers.

«Notre messie». Vulgaire «agitateur» pour Socapalm, il est devenu un héros dans les campements. Ses collègues, qu’il estime au nombre de 10 000, savent que son intransigeance et sa détermination face aux entreprises sous-traitantes sont exceptionnelles dans un pays où les syndicats sont systématiquement achetés. Le lendemain de son arrestation, en décembre, certains ont marché sur 15 km, jusqu’à Kribi, où il avait été amené par la police, en scandant : «No Michael, no work!» «Nous n’avons pas peur, nous sommes tous mobilisés», commente Albert. Il raconte comment l’électricité a été coupée dans son campement lors du dernier débrayage. «Qu’ils fassent grève. Quand ils auront faim, ils reviendront travailler», leur auraient répondu les patrons.

«Michael est notre messie», avouent plusieurs salariés de Socapalm, mécontents de leurs salaires et de leurs conditions de vie. De peur des représailles, ils restent cependant à l’écart des mouvements des ouvriers. Michael Agbor a fait également profil bas pendant plusieurs jours en janvier. Après que des représentants des autorités camerounaises lui ont glissé : «Si tu continues, on va te tuer.» Il venait de refuser l’augmentation de 3 francs CFA par régime proposée par les sous-traitants. Depuis, ses collègues lui ont conseillé de ne plus travailler dans la plantation.

FANNY PIGEAUD
http://www.liberation.fr/actualite/economie_terre/314930.FR.php

Bolloré-Roussin-Corruption-Cameroun
Merci Libé. Et merci à Fanny Pigeaud. Je suis Camerounais. Pour information, le jour où un tribunal français condamnait Michel Roussin à 4 ans de prison avec sursis pour corruption, M. Roussin était reçu en grandes pompes à Yaoundé par le Premier ministre camerounais. directeur exécutif du Groupe Bolloré, Roussin venait s'assurer auprès des autorités camerounaises que Bolloré serait choisi comme opérateur exclusif du futur terminal minéralier dont le Cameroun a besoin pour exporter le minerai de beauxite des gisements dont l'exploitation va démarrer dans une ou deux années dans le nord du pays. Déja opérateur du terminal conteneurs du port de Douala, Bolloré a fait virer au mois de février le Directeur général de ce port qui avait osé lancer un appel à compétition concernant le dragage du chenal qui permettrait à des navires de grande capacité d'accoster au port. M. Rousssin a versé un gros pot de vin. Il a anoncé que le Groupe Bolloré allait verser une "aide" au fonctionnement de la Fondation Chantal Biya (du nom de l'épouse du président Biya), qui soit disant "travaille dans le domaine social". A combien s´élève ce pot-de-vin versé à first lady? Nous n'en savons rien. Et vous dites "lutte contre la corruption"?
Soundiata

y en a pire, tjrs o Cameroun
Suis content de constater qu'il ya des Francais capable de relater les pratiques "moyen-ageuses" et inhumaines des entreprises Francaises en Afrique. Mais ce n'est QU'UN cas parmi une multitude q je vais vous citer, car je connais b1 ces entreprises pour y avoir ete fournisseur. Pour ne citer q celles du groupe Bollore : SAGA, SDV, Forestiere de Campo, SEPBC, CAMRAIL, etc... allez y faire un tour, ecoutez les employes et vous decouvririez q Zola aurait eu matiere a ecrire. Autres cas, tjrs au Cameroun : SPNP (bananeraie), SODECOTON, SOSUCAM (sucre), etc... Pour aller plus loin, il faut dire q ces entreprises francaises ont tendance a profiter de la situation de sous-emploi pour donner a leurs employes des salaires de misere. Meme les filiales locales de multinationales francaises n'y echappent pas; on verra par exemple, et cela est verifiable sur place, q les salaires moyens ds les multinationales francaises, au CAMEROUN, st inferieurs d'au moins 40% a ceux pratiques dans les autres ( Americains, sud-Africaines, Canadienne, etc...). Verifiable !!! Sans vouloir faire l'appologie des casses perpetrees recemment sur les installations d'entreprises Francaises, ou supposees telles par les manifestants, il faut dire que dans une certaine mesure, on serait enclin a leur donner raison. Mais ceci est 1 autre debat... et ces entreprises ont fort a faire pour redorer leur blason aupres de l'opinion Camerounaise... malheureusement, elles n'ont jamais compris...!!!
Salamo

dans dix ans en france...
Car le bolloré pratique parce que c'est possible; donc pensez-vous qu'il ne pratiquerait pas les mêmes conditions ici, si ce n'était pas possible ? Il n'y a aucun doute sur le sujet.
Et le fait qu'il puisse inviter le président de la république le lendemain de son election . Et ce n'est pas pour rien.....
LOL

L'Héritier.
Dans L'Héritier, film de Philippe Labro, Jean-Paul Belmondo, alias Bart Cordell, héritier d'un empire économique de presse et d'industries, sacrifiait pourtant sa vie pour défendre la Vérité dans son propre journal. Sous, et je dis bien sous M. Sarkozy, c'est le contraire. C'est le rétablissement des privilèges. Avant 1789. De ceux qui héritent et pas de ceux qui méritent. Le Bart Cordell de M. Sarkozy, c'est M. Bolloré. Qui réalise 19% de son chiffre d'affaires en Afrique. Exploitant honteusement cette population alors qu'il peut s'acheter tranquillement un yacht de 60 mètres qui lui permet d'inviter, en toute innocence... le Président français au lendemain de son élection. Et ce Président d'accepter. En toute innocence... Partout les riches sont de plus en plus scandaleusement riches et les pauvres, et les classes moyennes, de plus en plus scandaleusement pauvres. Partout, et même en Europe. En Allemagne, première puissance libérale européenne, les pauvres représentent maintenant 25% de la population. Un peu plus de 50% des Français ont étonnamment élu un Président dont l'action décomplexée ne profite, étonnamment, qu'à 10% des Français à peine! Inexplicable. Un des méfaits du racisme, en dehors du racisme lui-même, est de ne pas s'intéresser à ce qui arrive aux autres. Alors que c'est toujours une prémonition ce qui va bientôt nous arriver. Quand ça ne l'est déjà... L'Ancien Régime. Le régime pain sec pour tous. Pour financer le caviar, vacances et autres Rolex de quelques uns... De ceux qui ont hérité. Le Droit du sang. Le Sang Bleu. La soi-disant " Noblesse " est de nouveau au pouvoir. Le pain sec. Le levain de la Révolution.
UMPT
Mardi 11 Mars 2008 - 12:02
http://www.liberation.fr/php/pages/pageReactionsList.php?rubId=728&docId=314930&s2


"Bolloré : monopoles services compris. Tentacules africaines"
http://survie-france.org/article.php3?id_article=170

http://fr.wikipedia.org/wiki/Vincent_Bollor%C3%A9

La françafrique
http://www.stop-francafrique.com/

Bibliographie
http://www.les-renseignements-genereux.org/livres/?themeId=628

Vidéo
http://www.dailymotion.com/video/x1r2xy_de-la-francafrique-a-la-mafiafrique_politics

« Tout le monde sait que les partis politiques sont financés par des détournements de trafics via l’Afrique. L’Afrique sert à blanchir l’argent des partis politiques. C’est scandaleux parce que, en pervertissant les élites, on fiche en l’air le développement de l’Afrique. Je maintiens que la transparence des circulations de l’argent est un minimum. Le Président y est totalement et farouchement opposé. » Erik Orsenna, écrivain et diplomate, septembre 1993.

La Françafrique, le plus long scandale de la République
Essai de François-Xavier Verschave
http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7afrique_(livre)

http://www.congoplus.info/tout_larticle.php?id_article=4384

Le 27 septembre dernier Robert Bourgi, l’héritier auto-proclamé des réseaux Foccart s’est vu remettre l’insigne de chevalier de la Légion d’Honneur par le bon président Sarkozy lui-même.
http://www.bakchich.info/article1725.html

Autres liens :

http://survie-france.org/article.php3?id_article=164

http://www.bakchich.info/mot11.html

http://www.arenes.fr/livres/fiche-livre.php?numero_livre=62

http://www.fao.org/AG/AGAInfo/resources/documents/WAR/war/W0613B/w0613b0a.htm
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Jeu 20 Mar - 14:25

La françafrique n'est plus moribonde.
Jean-Marie Bockel n'est plus secrétaire d'Etat à la Coopération

A cause d'une vieille "inimitié" avec Kouchner, selon l'AFP.

La "rupture" n'aura pas duré longtemps. Il faut croire que sarkozy a la reconnaissance du ventre. C'est si cher une campagne électorale, heureusement qu'il y a des Gonbo pour financer.
Mais si les jaunes s'entretuent, le rose va peut-être survivre. Surprised

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080319/tpl-gouvernement-remaniement-ee974b3.html

http://www.lejdd.fr/cmc/international/20083/francafrique-la-rupture-en-debat_87438.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Jeu 27 Mar - 13:30


photo AFP

Biens immobiliers de leaders africains : Alain Joyandet refuse de s'exprimer

PARIS (AFP) - Alain Joyandet, nouveau secrétaire d'Etat à la Coopération et à la Francophonie, a refusé mardi au Sénat de commenter le dossier controversé des biens immobiliers détenus en France par des chefs d'Etat africains.
M. Joyandet a remplacé la semaine dernière l'ex-socialiste Jean-Marie Bockel, critique de la "Françafrique" et peu apprécié de certains dirigeants africains, dont plusieurs avaient, selon des sources concordantes, demandé la tête.

Le nouveau secrétaire d'Etat était interrogé lors des questions orales au Sénat sur les suites à donner à une récente enquête de l'Office central pour la répression de la grande délinquance financière mettant en évidence l'importance du patrimoine immobilier en France de cinq chefs d'Etat africains.

Ce dossier, dans lequel une plainte déposée en France par des associations a été classée sans suite en novembre, a provoqué récemment un coup de froid dans les relations entre le Gabon et la France.

M. Joyandet a esquivé la question, faisant valoir que la justice avait classé le dossier et qu'il n'appartenait pas au gouvernement "de s'immiscer dans le domaine judiciaire en commentant cette décision".

Le sénateur PS Thierry Repentin a protesté contre cette "réponse administrative", ajoutant que "les conditions de nomination" du secrétaire d'Etat ne lui "laissaient pas espérer une réponse très ouverte à l'égard des relations entre la France et certains pays d'Afrique noire".

http://fr.news.yahoo.com/afp/20080325/tpl-senat-france-afrique-cooperation-ee974b3.html

Invité le 21 mars 2008 de Réforme Hebdo, r-v ump

La coopération va de pair avec le codéveloppement. Il s’agit en substance d’aider les pays d’où sont originaires les travailleurs immigrés à garder leurs habitants en y développant l’emploi et l’économie. Le codéveloppement est donc indispensable à la maitrise durable de l’immigration en France et à l’aide aux entreprises des pays à développer leurs fonds propres.
L’un des enjeux capitaux de la coopération, a rappelé Alain Joyandet, est l’amélioration de l’image de l’Afrique aux yeux des entrepreneurs afin de favoriser leur implantation dans ces pays...

http://ww w.u-m-p.org/site/index.php/s_informer/actualites/reforme_hebdo_alain_joyandet

Alain Joyandet

Journaliste devenu patron de presse, Joyandet est né le 15 janvier 1954 à Dijon. Ce fils de commerçants est à la tête de plusieurs sociétés dont La Maison de la communication, Radio Val-de-Saône, la Société nouvelle des éditions comtoises (SNEC), La Presse de Vesoul et Besançon hebdo.
En 1989, il se lance à la conquête politique de Vesoul, mais échoue à s'imposer à droite : il lui faut attendre 1995 pour conquérir la mairie et un siège de sénateur, avant de gagner l'Assemblée nationale en 2002. Entre-temps, il prend pendant neuf ans la tête du club de foot de Vesoul, géré "comme une entreprise". Rolling Eyes

http://www.lemonde.fr/politique/article/2008/03/20/nomme-secretaire-d-etat-alain-joyandet-est-un-sarkozyste-de-la-premiere-heure_1025463_823448.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Jeu 10 Avr - 19:48



«Omar Bongo, le ministre français du pillage du Gabon»

[...] Des activistes ont posé des scellés symboliques sur un immeuble parisien du président gabonais pour protester contre la Françafrique et la visite du secrétaire d'Etat français à Libreville.

Objectif de cette mise en scène bon enfant ? Dénoncer l’attitude d’«Alain Joyandet et de Claude Guéant (secrétaire général de l'Elysée, ndlr), qui vont prêter allégeance à Omar Bongo, devenu un ministre du gouvernement français, le ministre du pillage du Gabon»

En cause, l’éviction lors du remaniement ministériel de Jean-Marie Bockel, coupable d’avoir annoncé l’acte de décès de la Françafrique… dont le plus vieux représentant est Omar Bongo. Un Bongo qui a chaudement applaudi le départ de l'impertinent et n’a pas fortement démenti avoir exercé à cette occasion une «amicale» pression sur Paris. [...]

«Total-Bolloré-Bongo : la Sainte-Trinité gouverne au Gabon»

Odile Biyidi suit la pièce de théâtre de rue de la Cellule Françafrique de l’autre côté de la rue. Elle est présidente de l’association Survie et ne fonde aucun espoir dans la visite de Joyandet au Gabon. «On nous a parlé de rupture, mais tout le discours de Monsieur Joyandet c’est de dire qu’il aime l’Afrique ! On se croirait revenu deux siècles en arrière. Et quand on regarde son agenda, on s’aperçoit qu’il a reçu hier, comme des politiques, Christophe de Margerie, le patron de Total, et Michel Roussin, vice-président de Bolloré. Eux deux et Bongo, c’est la Sainte-Trinité qui gouverne au Gabon.»

Dans l’immeuble en travaux, on repère du mouvement. Mais ce ne sont que les ouvriers qui y travaillent. Une militante assure pourtant qu’elle a vu une personne qui se cachait derrière un rideau pour prendre des photos. Elle en rit. Un autre membre du collectif, plus sombre : «Cela va remonter en haut lieu, ça.»

François Meurisse
http://www.liberation.fr/actualite/monde/320451.FR.php
http://www.cellulefrancafrique.org/-Biens-mal-acquis-.html




La Villa Les Caroubiers, à Nice

BIEN MAL ACQUIS
Arrow http://www.congopage.com/article5090.html
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Sam 19 Avr - 16:47


Hervé Morin, ministre de la défense, le 6 février 2008 à N'Djamena (AFP/PASCAL GUYOT)

Des soldats français soupçonnés de torture au Congo (RDC)

Cinq ans plus tard, l’affaire resurgit après la diffusion, début avril, d’un documentaire à la télévision publique suédoise, la SVT. [...]

[Une] nouvelle enquête a été confiée au général Paimbault, qui vient de se rendre en Suède et a entendu les militaires français soupçonnés dans cette affaire. Laquelle n’est pas sans rappeler le cas de Firmin Mahé, cet Ivoirien qui avait été tué en 2005 par des soldats français, placé sous les ordres du général Poncet, en Côte-d’Ivoire.

Le reportage de la télévision SVT a déjà fait sa première victime : le colonel Hans Alm, qui dirigeait les forces spéciales suédoises à l’époque en Ituri et qui vient d’être relevé de son commandement… au Tchad, où il servait au sein de l’Eufor.

Le 13 juillet 2003, au Congo, cet officier placé à la tête de 80 hommes aurait assisté sans réagir à des actes de torture et même au simulacre d’exécution d’un jeune Congolais, Joseph, arrêté par les Français. Selon le reportage diffusé sur une chaîne publique et fondé sur des témoignages anonymes de soldats suédois, une corde lui aurait été passée autour du cou lors de son interpellation dans l’enceinte même du camp où il se serait introduit clandestinement. Jeté à terre, les mains liées derrière le dos, en caleçon et affublé d’une capuche noire couvrant son visage, il est «interrogé» sans ménagement. Plus tard, les militaires suédois assurent avoir entendu des cris provenant du bâtiment où il a été emmené. Pour finir, un pistolet aurait été pointé sur sa tempe par un officier français. Le colonel Christophe Rastouil, qui commandait des forces spéciales françaises en Ituri, et dont le patron à Paris est le général Henri Poncet, est nommément mis en cause. Plusieurs heures après son arrestation, Joseph est embarqué par les militaires français, «ramené dans son village» , assure Paris.

En février, l’Autriche avait déjà exprimé des doutes sur sa participation après que Paris eut apporté un soutien déterminant au régime d’Idriss Déby, encerclé à N’Djamena par des rebelles. Depuis plusieurs années, Paris cherche à sortir de son tête-à-tête anachronique avec ses anciennes colonies en associant l’UE à des opérations ponctuelles sur le continent. Ce n’est pas gagné.

SEBASTIEN BUFFET (à Stockholm) et THOMAS HOFNUNG
http://www.liberation.fr/actualite/monde/322077.FR.php


Drones belges, l’oeil de l’Eufor
http://www.spyworld-actu.com/spip.php?article2918

"Au Tchad, l'Eufor est désormais associée à un processus de liquidation de l'opposition démocrate"
14.02.08
www.lemonde.fr/web/chat/0,46-0@2-3212,55-1011246@51-947123,0.html
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Mar 29 Avr - 23:43



500 m2 pour la famille du président congolais et une grosse ardoise
Au Vésinet, une PME a été lésée par les Nguesso. Les autorités restent passives.

Pas touche au clan Nguesso. Une petite entreprise française de bâtiment, Interdéveloppement Activités, peine depuis six ans à se faire payer la rénovation d’une villa au Vésinet (Yvelines). Sur les 3 millions d’euros de travaux effectués, 276 000 sont toujours impayés. Les propriétaires ne sont pourtant pas dans le besoin, puisqu’il s’agit de la famille du président du Congo-Brazzaville, Denis Sassou-Nguesso.

La villa Suzette, 500 m2, a longtemps appartenu en nom propre à son frère aîné, Valentin Ambendet. En 2002, ce facétieux transfère la propriété à un holding luxembourgeois, Matsip Consulting. En novembre 2004, trois semaines avant son décès, Matsip est racheté par une autre coquille grand-ducale, Edenor. Le nouvel ayant droit pourrait être Wilfrid Nguesso, neveu du président congolais, puisque c’est via ce holding qu’il s’est ensuite acheté, pour 172 000 euros, une Aston Martin.

Pot de terre. Jusqu’à très récemment, la justice considérait que la villa Suzette était toujours au nom de feu Valentin Ambendet, puisque son exfiltration au Luxembourg s’était faite en catimini, sans payer les droits d’enregistrements et sans mention au cadastre. Le tribunal de Versailles, saisi du litige par la PME, avait même désigné, en juillet 2007 la Direction nationale d’interventions domaniales (DNID), pour administrer la succession.

En janvier, la DNID découvre à retardement la manip offshore et réclame d’être déchargée de l’affaire. Si possible sans trop de bruit : «Compte tenu de la notoriété des personnalités en cause, le président du tribunal a bien voulu que l’audience se tienne à son cabinet à 8 h 45 précises», en dehors des heures ouvrables. Hier, le tribunal de Versailles a confirmé que la DNID n’était plus chargée de la succession.

Me Jacques Boedels, l’avocat du pot de terre, s’indigne que Bercy accepte de couvrir une «opération frauduleuse» : «L’administration s’ingénie à trouver les moyens de contourner sa mission, au mépris des droits légitimes du créancier.»

«Inhabitable». La justice versaillaise a déjà fait savoir que «la cession d’un immeuble n’a pas besoin d’être passée par acte authentique ni d’être publiée pour être valable.» Exclamation Ça sent la fin de non-recevoir, d’autant que le tribunal vient d’évaluer chichement la villa à 230 000 euros, moins que le reliquat de travaux à payer... Jugée «inhabitable», elle semble fort bien habitée. Par Denis Sassou-Nguesso, aux bons soins de Wilfrid, selon son gardien interrogé par France Inter, . Lequel organisait, en juillet 2007, la visite de son oncle à Sarkozy.

Renaud LECADRE
www.liberation.fr/actualite/societe/323730.FR.php

La villa Suzette, elle est très chouette : une bibliothèque en acajou massif, des tapis d’Aubusson, du marbre blanc de Carrare, des robinets en or et pas moins de six pièces réservées aux domestiques. Avec, en prime, peut révéler "Le Canard", des couloirs discrets permettant de quitter la chambre du président Sassou sans se faire remarquer.
www.congopage.com/article4930.html
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 23 Juin - 21:40



Cameroun, autopsie d'une indépendance
Comment le Cameroun est passé de la colonisation à la dictature

Que sait-on aujourd'hui en France des circonstances dans lesquelles le Cameroun est devenu indépendant en 1960 ? Si de grandes figures africaines assassinées pour leur combat anticolonial, tel le Congolais Patrice Lumumba, sont connues, les leaders camerounais qui ont subi le même sort sont tombés dans l'oubli.

Deux dictateurs ont régné sur le Cameroun depuis l'indépendance du pays : Ahmadou Ahidjo (1960-1982) et son successeur, l'actuel président Paul Biya. Ce dernier est peu désireux de voir exhumée la mémoire d'opposants populaires depuis longtemps disparus. Quant aux archives militaires françaises, elles ne sont pas toutes ouvertes.

Le film de Gaëlle Le Roy et Valérie Osouf (Program 33 et France 5), revient sur ce passé enfoui. Les réalisatrices ont enquêté au Cameroun, auprès d'anciens militants de l'indépendance, et en France, interrogeant des dirigeants gaullistes - Pierre Messmer, ex-premier ministre, et Jean Foyer, ministre de la coopération (1960-1962).

Aujourd'hui, dans les rues de Yaoundé, la capitale du pays, une publicité de la marque Total clame : "Nos chemins se croisent et ça fait 60 ans que ça dure." M. Foyer confirme... Il raconte les négociations menées en 1960 : "Nous avons passé des accords sur les matières premières stratégiques (...) (qui contraignaient) les Camerounais à nous proposer, en priorité, les concessions." Pendant la période de transition, la préoccupation des autorités françaises était de s'assurer le contrôle des richesses naturelles.

TERREUR

La France choisit le futur président Ahidjo, non sans avoir tout fait pour écraser le principal parti d'indépendance, l'UPC (Union des populations du Cameroun). Dans les années 1950, l'UPC, dirigé par Ruben Um Nyobé, recueille un fort soutien populaire. L'heure est alors aux indépendances. Le tiers-monde est marqué par des personnalités comme Nasser, Tito ou Nehru. Ruben Um Nyobé exprime aussi cette aspiration jusqu'à la tribune des Nations unies. Mais la France dissout son parti en 1955 et en pourchasse les militants. En 1958, il est assassiné. La répression contre l'UPC est d'une extrême violence : torture, assassinats, exposition des têtes coupées des victimes, bombardements.

Malgré les persécutions, l'UPC continue de combattre, après 1960, le régime d'Ahmadou Ahidjo, accusé d'avoir confisqué l'indépendance. Epaulées par l'armée française, les forces camerounaises appliquent ses méthodes. Dix années de terreur et des centaines de milliers de morts seront nécessaires pour venir à bout de l'opposition. Aujourd'hui, Paul Biya, héritier du régime Ahidjo, conserve le soutien de la France.

"Cameroun, autopsie d'une indépendance", lundi 23 juin à 21 h 35 sur France 5.

Catherine Bédarida
www.lemonde.fr/afrique/article/2008/06/21/comment-le-cameroun-est-passe-de-la-colonisation-a-la-dictature_1061275_3212.html

Trente mille morts, cinq cent mille, peut-être davantage : les décomptes sont flous, même pour les historiens.
Arrow http://prisma.canalblog.com/archives/2008/03/21/9656152.html

Um Nyobè est un Héros National
Le Cameroun se souvient aujourd’hui de l’exécution de son héros nationaliste le plus important, abattu dans la brousse de Boumnyebel, le samedi 13 septembre 1958, dans l’après-midi, par une troupe de l’armée coloniale...
www.cameroon-info.net/cmi_show_news.php?id=16770#

www.interet-general.info/article.php3?id_article=11055
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Mer 23 Juil - 19:45


Eduardo Dos Santos, à Luanda (Angola) le 23 05 2008 (Photo AEM)

Angola. Le président Dos Santos accueille Sarkozy

Le pétrole représente 90% des exportations de l'Angola, deuxième producteur de brut d'Afrique subsaharienne. Le groupe français Total y occupe le deuxième rang des producteurs, derrière l'Américain Chevron-Texaco.

Quelques contrats commerciaux doivent être également paraphés par des entreprises françaises à l'occasion de visite, la première d'un président français en Angola depuis 1998.
www.afriquecentrale.info/central.php?o=1&s=0&d=3&i=1568

Eduardo Dos Santos est fréquemment associé à la grande corruption et au détournement des fonds du pétrole provenant en grande partie de l'enclave du Cabinda (territoire contrôlé par l'Angola depuis 1975), et sa famille possède un important patrimoine surtout immobilier accumulé durant toutes ces années de pouvoir, dont des maisons dans les principales capitales européennes et des comptes bancaires en Suisse et dans d'autres paradis fiscaux offshore.
http://fr.wikipedia.org/wiki/Jos%C3%A9_Eduardo_dos_Santos

Angola : l’alliance Sarkozy/Dos Santos
Cette ancienne colonie portugaise de 16 millions d’habitants est le troisième producteur de pétrole d’Afrique après la Libye et l’Algérie. Avec une production de près de deux millions de bpj en 2008, l’Angola a dépassé le Nigeria. C’est aussi le cinquième producteur mondial de diamants.
"Sachez, M. le Président, que la France sera honorée de vous accueillir en 2009 comme un visiteur prestigieux et comme un ami", [a dit Sarkozy]. "Vous y serez reçu avec chaleur. La France veut aider l’Angola à construire son avenir." clown
www.linternationalmagazine.com/article4271.html

La prochaine présidentielle approche, et avec elle d'énormes frais de campagne !
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Jeu 4 Sep - 2:58


Gilbert Diendéré, Blaise Compaoré, Kouamé Lougué

Le perroquet moderne et civilisateur a offert la légion d'honneur à un assassin

*Quelques jours après avoir reçu la Légion d'Honneur, le chef de la sécurité présidentielle du président burkinabé Blaise Compaoré a participé à Paris, aux frais du contribuable français, à un forum sur le thème « Stabilité et développement en Afrique. » Un exemple de plus, qu’en Françafrique, le coup d’Etat est synonyme de stabilité.*

La 8ème session de l’Institut des hautes études de défense nationale sur le continent africain (FICA) s'est tenue à Paris, à l’Ecole militaire, du mercredi 30 mai au dimanche 8 juin. Soixante quinze auditeurs de la plupart des pays du continent africain ont participé à ces travaux sur le thème de « Stabilité et développement en Afrique : quelles synergies en matière de coopération ? ».

Parmi ces participants, on a noté la présence du colonel major burkinabé Gilbert Diendéré, chef d'Etat-major du régiment de la sécurité présidentielle du président Blaise Compaoré, arrivé au pouvoir à la faveur de l’assassinat de Thomas Sankara, alors chef de l’Etat burkinabé. Le Colonel major Gilbert Diendjéré était l’officier conduisant l'escadron qui a renversé le président Thomas Sankara dans un bain de sang l’après-midi du 15 octobre 1987.

Cela n'a pas empêché le directeur de la coopération militaire et de défense du ministère des Affaires étrangères et européennes, le général Emmanuel Beth, de l'élever au rang de chevalier de l'Ordre national de la légion d'honneur française, le 15 mai dernier.

Après la remise de la plus haute décoration française, l'invitation de Gilbert Diendéré à Paris, aux frais du contribuable français, est à la fois un scandale et une provocation à l'égard de la veuve et des enfants de Thomas Sankara qui attendent toujours que l’on juge ses assassins.
C'est une insulte à l'ensemble des Burkinabé qui, après avoir commémoré massivement, en 2007, les 20 ans de cet assassinat, maintiennent depuis des mois une forte mobilisation « contre la vie chère » mais aussi et surtout contre l'impunité dont jouissent les membres et proches d’un pouvoir, dont l'affaire Thomas Sankara demeure le crime fondateur.

Après l’admission scandaleuse du Burkina Faso de Blaise Compaoré à la Commission des droits de l’Homme de l’ONU, qui semble se satisfaire de minuscules progrès dans l’instruction du dossier judiciaire Sankara, ces honneurs faits à Gilbert Diendéré constituent un déni de justice et une prime à l'impunité.

*Survie déplore que la France privilégie en Afrique, encore et toujours, la stabilité par la force et l’impunité.*

Communiqué de Survie, le 11 juin 2008
www.evenement-bf.net/pages/dossier_1_35.htm


15 Octobre 1987 : A la faveur du Mouvement de Rectification, Blaise Compaoré devient Président du Front Populaire (nouvelle instance dirigeante) et Chef de l'Etat
www.presidencedelarepublique.fr/elysee/elysee.fr/ressources_documentaires/afrique/burkina-faso/biographie_de_m_blaise_compaore.26972.html

On en apprend tous les jours. Je ne savais pas que 'Mouvement de Rectification' est un synonyme d'assassinat ! Neutral
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Sam 18 Oct - 11:14


Vincent Bolloré, empereur d'Afrique

Soupçons sur Bolloré dans son pré carré camerounais
Des dirigeants du groupe doivent être entendus après une accusation de corruption.

L’homme d’affaires Jacques Dupuydauby, jadis collaborateur de Francis Bouygues, incite fortement la justice du Cameroun à enquêter sur le groupe Bolloré. Dernière initiative : ce mercredi 15 octobre, son entourage a diffusé depuis la capitale, Yaoundé, des «informations» selon lesquelles un juge d’instruction de Douala (ville portuaire du sud-ouest) aurait délivré une demande de convocation visant Vincent Bolloré lui-même. Une fuite aux allures d’intox. Interrogé hier par Libération, le procureur de la République du tribunal de première instance de Douala-Bonanjo a démenti l’existence d’un tel acte de procédure.

Favoritisme. Dupuydauby, aujourd’hui président de Progosa, société de taille modeste, tente de disputer à Vincent Bolloré la gestion d’installations portuaires en Afrique. En particulier celle du terminal à conteneurs de Douala, un site crucial pour le Cameroun. Sa gestion en a été confiée en juin 2004 au consortium DIT (Douala International Terminal), dans lequel opère Bolloré, au grand dam de Dupuydauby. Le 13 novembre 2006, il a déposé plainte pour corruption et favoritisme. Selon lui, la procédure au terme de laquelle DIT a remporté d’appel d’offres aurait été truquée. Le dossier a été confié au juge d’instruction Ibrahima Abba. Qui a signé une demande, le 8 septembre, pour entendre comme témoins cinq dirigeants du groupe Bolloré, dont Michel Roussin, ancien ministre de la Coopération de Balladur. Libération a pris connaissance de ce document. Un acte de procédure cette fois confirmé par le procureur de la République de Douala. Il nous a précisé que, le 24 septembre, il l’avait fait suivre vers les services du ministère camerounais de la Justice. Lesquels apprécieront s’il convient de transmettre ces requêtes à Paris, pour les remettre aux dirigeants français. Pour Olivier Baratelli, avocat à Paris du groupe Bolloré, il «paraîtrait normal qu’il y ait des convocations comme témoins […]. Pour le moment, on me dit qu’il n’y a rien».

Sur place, le dossier fait grand bruit. Au Cameroun, le groupe Bolloré n’est pas une entreprise comme les autres. Transport ferroviaire, logistique des oléoducs, installation portuaire, plantations : la multinationale structure la vie économique du pays. C’est aussi le premier employeur étranger du Cameroun. Dans les étages de la tour Bolloré, près de Paris, Gilles Alix, directeur général, assume : «On est un peu indispensables dans le tissu économique camerounais.» Dans ce contexte d’hégémonie, des pratiques irrégulières auraient-elles pu permettre à Bolloré de remporter le marché du terminal de Douala ? Les responsables que nous avons rencontrés le démentent avec force. Cependant, c’est bien l’enjeu des investigations du juge Ibrahima Abba que de le vérifier.

Pour se forger une opinion, les enquêteurs se sont d’abord penchés sur des échanges de courriers du printemps 2004. Le consortium où intervient Bolloré venait alors d’être retenu. D’ultimes négociations se déroulaient sur les clauses financières de ce marché public. Mais la Banque mondiale, qui conditionne ses aides au Cameroun à la mise en place de règles de transparence, avait exprimé son mécontentement. Par au moins deux courriers, des 24 mars et 9 avril 2004. On y lit : «Le contenu de cette convention semble donc aller à l’encontre tant des intérêts économiques du pays quant à son objectif de compétitivité que de ceux des chargeurs et des opérateurs camerounais […]. La Banque mondiale estime que la convention proposée à l’issue des négociations ne peut être jugée satisfaisante.» De nouvelles discussions avaient abouti à la signature de la convention, le 25 juin 2004. Mais, en février 2006, une vaste affaire de corruption déconsidérait l’environnement économique du port de Douala.

Scandale. L’ancien directeur général du port, Siyam Siewe, était reconnu coupable de détournement de fonds publics, pour près de 58 millions d’euros. Un scandale national. L’homme n’entretenait aucune relation économique directe avec DIT. Même si, selon la direction générale du groupe Bolloré, Siyam Siewe a été au quotidien «un acteur important» et un «interlocuteur indispensable». De quoi probablement fonder la volonté d’Ibrahima Abba d’en savoir plus sur la nature des relations tissées à Douala par les dirigeants français.

GUILLAUME DASQUIÉ
www.liberation.fr/societe/0101162829-soupcons-sur-bollore-dans-son-pre-carre-camerounais

Bolloré crée Bolloré Africa Logistics

Le groupe Bolloré entend continuer de profiter de la croissance économique du continent, et crée pour ce faire une marque ombrelle -Bolloré Africa Logistics- qui vient fédérer toutes ses enseignes.

Présent depuis plus de 50 ans en Afrique, Bolloré emploie près de 20 000 collaborateurs sur ce continent répartis sur 200 agences dans 41 pays africains. Avec 5 millions de m² de bureaux, magasins, terre pleins et ateliers, le groupe dispose d'un maillage continental fort, allant de Dakar à Mombassa et du cap à Alger. C'est pour cimenter ce réseau constitué de nombreuses marques (SDV, Saga, Transami, Antrak, Socopao, Afritramp...) que le groupe Bolloré a décidé de créer la marque corporate Bolloré Africa Logistics. En 2008, son chiffre d'affaires prévisionnel est de 1,6 milliard d'euros (contre 1 milliard en 2004) et 200 millions d'euros d'investissement.
www.lesechos.fr/info/transport/4773143-bollore-table-sur-une-croissance-forte-de-ses-activites-africaines.htm
www.strategielogistique.com/article/page_article.cfm?idoc=146630&nrub=1044

w ww.bollore-africa-logistics.com/fr/pages-accueil/default.aspx
Methodealdo, le 5 oct 2008 : "Le grand voleur de voitures a changé de plaque d'immatriculation." afro
(www.camerounlink.com/fr/newsforums.php)

Bolloré tour-opérateur de l'Elysée
www.lesechos.fr/info/analyses/4665927-vincent-bollore.htm
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Mar 7 Avr - 14:54


Ségolène Royal en visite au Sénégal (REUTERS)

Au Sénégal, Ségolène Royal demande «pardon» pour le «discours de Dakar»

Le 26 juillet 2007, à l’occasion de son premier déplacement en Afrique subsaharienne, sarkozy avait tenu des propos insultants pour les Africains.

«Quelqu’un est venu ici vous dire que "l’Homme africain n’est pas encore entré dans l’Histoire"», a-t-elle déclaré, devant plus de 500 personnes réunies au siège du Parti socialiste sénégalais. «Pardon, pardon pour ces paroles humiliantes et qui n’auraient jamais dû être prononcées et -je vous le dis en confidence- qui n’engagent ni la France, ni les Français», a-t-elle ajouté.

L’assistance enthousiaste, en bonne partie constituée de militants socialistes, s’est alors levée pour l’applaudir et l’acclamer.

Sarkozy avait suscité une vive émotion, le 26 juillet 2007, en évoquant notamment «le drame de l’Afrique, (qui est) que l’Homme africain n’est pas assez entré dans l’histoire» ou «le paysan africain qui (…) ne connaît que l’éternel recommencement du temps rythmé par la répétition sans fin des mêmes gestes et des mêmes paroles».

Des intellectuels ont publié depuis plusieurs livres en riposte aux propos de M. Sarkozy, résultant selon eux d’«une vision manichéenne, raciale et paternaliste» de l’Afrique.

«Bien évidemment, vous avez fait l’histoire et vous continuez à la faire et vous l’avez faite bien avant la colonisation, pendant, avant et depuis. Et c’est avec vous que nous allons construire notre avenir» a répliqué Mme Royal.

«Pardon pour le passé, merci pour le passé», a-t-elle poursuivi, 161 ans après l’abolition définitive de l’esclavage en France et 49 ans après l’indépendance du Sénégal, ex-colonie française.

«Pour le meilleur et parfois, hélas, pour le pire, nos histoires ont été liées. Le pire, ce fut l’esclavage (…), le pire aussi, ce fut la colonisation dont une partie de la droite a essayé de nous faire croire (…) qu’elle avait des 'aspects positifs' », a poursuivi Mme Royal.

«Honneur aux historiens de l'Afrique qui ont rappelé au monde que non seulement l'Afrique était le berceau de l'humanité mais qu'elle était avec l'Asie mineure le berceau de la civilisation humaine», a-t-elle encore dit.

La présidente de la région de Poitou-Charentes est en visite au Sénégal du 4 au 9 avril dans le cadre de la coopération entre sa région et celle de Fatick. Elle avait débuté son discours par «mes frères et mes soeurs» et s’était présentée comme «une fille de l’Afrique», née il y a 55 ans à Dakar où son père était sous-officier.

«La France républicaine mérite que cessent ce qu’on appelle (…) la 'Françafrique' et l’opacité de décisions prises dans le secret de quelques bureaux pour quelques intérêts particuliers», a-t-elle encore déclaré.

«Nous ne pouvons, nous Français, ni soutenir les dictatures, ni abandonner les démocrates», a insisté Mme Royal

Le premier secrétaire du PS sénégalais, Ousmane Tanor Dieng, a jugé que le discours de Mme Royal avait «réhabilité la France aux yeux des Sénégalais».

http://globe.blogs.nouvelobs.com/archive/2009/04/07/afrique-ce-que-dit-vraiment-segolene-royal.html
www.liberation.fr/politiques/0101560686-au-senegal-segolene-royal-demande-pardon-pour-le-discours-de-dakar


Arrow Vidéo : www.dailymotion.com/video/x8wn69_royal-a-dakar-pardon-pour-les-parol_news

Le discours de Dakar
www.afrik.com/article12199.html


L’Afrique répond à Sarkozy
www.africamaat.com/L-AFRIQUE-repond-a-SARKOZY



Les Africains ne seront pas sur la grande photo de famille de la Libération de la mère patrie.

Mike investigates why black African soldiers, who had shed their blood for France and formed two thirds of Charles de Gaulle's Free French army, were denied the glory of liberating Paris in August 1944.

Mike Thomson se demande pourquoi a été éclipsé le rôle glorieux des soldats d'Afrique Noire, qui avaient versé leur sang pour la France et formaient 2/3 des Forces Françaises Libres de Charles de Gaulle, dans la Libération de Paris d'août 1944.

A lire/écouter sur la BBC : www.bbc.co.uk/programmes/b00jhp5d cyclops

kawaayi
www.rue89.com/2009/04/07/royal-a-dakar-pardon-pour-les-paroles-humiliantes-de-sarkozy
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Ven 7 Aoû - 7:15

International, le Medef aime la classe ouvrière...


Patrick Lucas, Medef International :
«... des règles de concurrence saine, environnementales, éthiques et sociales. »


Propos recueillis par Dominique Flaux, pour LesAfriques.com

LA : Le Cameroun semble décidé à développer son secteur minier. Mis à part Areva, pour l’uranium, comment se fait-il que les entreprises françaises aient si peu d’appétit pour ce secteur stratégique ?

Les compétences fortes dans ce domaine existent encore en France : montage financier, expertise technique, service à la mine (au sens large), maîtrise des problèmes environnementaux liés à l’exploitation des mines…

Dans le cadre de la visite en France du président camerounais, Patrick Lucas, président du Comité Afrique du Medef International, a fait le point sur les relations économiques franco-camerounaises, et plus largement, franco-africaines.

Patrick Lucas, également PDG des assurances Gras Savoye : « Nous souhaitons que la Chine s’aligne, autant que faire se peut, et surtout dans l’intérêt des pays partenaires africains, sur les règles internationales. Il s’agit des règles de concurrence saine, environnementales, éthiques et sociales. »

«La Chine, qui pour quelques années encore, voire décennies, dispose d’une main-d’œuvre très bon marché et accepte des conditions de travail inacceptables pour des Européens et, je le constate, de plus en plus d’Africains. »

Les entreprises françaises sont confrontées de plus en plus à la concurrence chinoise au Cameroun et en Afrique en général.
29 07 2009

Attali aime les gens du Sud



Attali à Les Afriques :
«le téléphone mobile permet aux pauvres de gérer leurs comptes sans devoir se déplacer jusqu’à la banque»


Jacques Attali dirige actuellement PlaNet Finance, une organisation de solidarité internationale qui opère aujourd’hui dans près de 80 pays, réunissant presque 800 salariés. PlaNet Finance n’octroie pas directement des prêts à des individus, mais en prête à travers sa société MicroCred.

JA : Dans une logique d’inclusion financière et d’intégration de la microfinance dans le système financier, il est souhaitable que la loi soit revue pour permettre aux grandes institutions de microfinance d’avoir accès à d’autres sources de financement pour élargir la portée de leur activité et servir plus et mieux les populations écartées du système financier. Cela permettra de distribuer plus de crédits à toutes les catégories de population, avec des montants plus élevés et des termes plus longs, à des coûts plus bas.

La collecte de l’épargne va permettre de canaliser une épargne publique jusque-là non intégrée, dans l’économie formelle, de financer les activités de microfinance à moindre coût et de combiner des comptes de dépôts et d’épargne à des comptes crédit. Ceci permettra au Maroc d’améliorer le taux de bancarisation qui ne dépasse pas actuellement 29%.

[...] La crise financière globale aggravera certainement la pauvreté au Maroc, surtout dans les régions rurales. Même si la population rurale ne représente que 46% de la population totale, les campagnes abritent 66% des pauvres. [...]

Pour 2009, on prévoit une diminution de la croissance (20% au lieu de 40% les années précédentes), une baisse de la qualité des actifs et une chute de la rentabilité. Le financement public va retrouver son importance, et devra lutter contre les dangers du surendettement et du dévoiement de la microfinance.

LA : Finalement, de l’exemple du Bangladesh à celui de l’Inde, quelle est la voie royale à suivre pour les pays africains et le Maroc pour faire de la microfinance un levier de développement humain et social ?

JA : Il n’y a pas de voie royale et il ne faut surtout pas considérer que la microfinance est l’unique levier de développement humain et social. Mais il est clair qu’il existe des conditions nécessaires pour faire jouer à la microfinance son rôle d’outil de lutte contre la pauvreté, et pour éviter les dérives de la microfinance, telles que le surendettement des micro entrepreneurs et le crédit à la consommation, qui ne génère pas de revenu.

Ces conditions sont les suivantes : la démocratie, la lutte contre la corruption, la transparence des organes décisionnels, la professionnalisation des acteurs, la mise en place de systèmes de protection des emprunteurs, tel que les centrales de risque et le recours aux nouvelles technologies. Le mobile banking, nouveau produit bancaire basé sur le téléphone mobile qui permet aux pauvres de gérer leurs comptes sans devoir se déplacer jusqu’à la banque, est un outil prometteur qui s’inscrit dans notre objectif d’élargir la portée de la microfinance et d’en réduire les coûts.
6 août 2009


Directeur de la publication : Dominique Flaux
Parmi les actionnaires fondateurs :
Philippe Séchaud, Genève (Président du Comité des fondateurs). Administrateur des banques BICIA-B, BICICI, BICIS, BNP Paribas Mauritanie, ainsi que de PROPARCO et de Gras-Savoye (Suisse).
Jacques Loehr, Genève. Directeur général de BNP Paribas – Sifida (financement de négoce, marché émergents)
Gérard Mangoua, Abidjan. Président Directeur Général de Laborex (industrie pharmaceutique).

Grioo.com : En quoi votre journal se différencie t-il de l’offre déjà existante ?
Il est exclusivement économique et financier. Il est rédigé par des professionnels qui sont sur place, en prise directe avec les réalités. Son organisation et son actionnariat, très internationaux, lui confèrent une réelle neutralité.


Les plumés ne souffriront pas de ségrégation



Un loto pour aider l'Afrique ?

Le secrétaire d'Etat à la Coopération, Alain Joyandet, vole au secours de l'Afrique. Il a ainsi proposé jeudi de créer un loto comme mode de «financement innovant» de l’aide au développement. Le secrétaire d'Etat a assuré que la France* étudiait de près cette idée avec la collaboration de la Française des Jeux.

Le projet pourrait même voir le jour en 2010.
Ce jeu de hasard prendrait la forme d’un loto ou d’un bingo accessibles sur internet. «Une partie de la mise irait à la bonne cause, permettant de sensibiliser la population» à l'aide des plus pauvres et mobiliser «les diasporas», a expliqué Alain Joyandet. Le gain estimé serait de 10 millions d’euros par an.

Sensibiliser les pays riches aux enjeux du développement

L’idée de «loterie humanitaire» n’est pas nouvelle. Elle figure même dans des rapports à l’ONU depuis les années 70. «La haute visibilité d’une telle initiative pourrait sensibiliser les habitants de pays riches aux enjeux du développement et leur permettrait de pouvoir s’engager d’une façon simple», précise un document de présentation du ministère français des Affaires étrangères.

Au-delà du loto, la réflexion sur les «financements innovants» de l’aide au développement est en ébullition depuis quelques années. Parmi les idées les plus avancées : celle d’une taxe sur les billets d’avion. Un rapport global sur la question doit être rendu en septembre à l’ONU. Lors d’une réunion internationale consacrée au sujet en mai dernier, Bernard Kouchner, le ministre des Affaires étrangères, avait expliqué que sa préférence allait à une taxe sur les transactions financières.
www.leparisien.fr/politique/un-loto-pour-aider-l-afrique-06-08-2009-600245.php

La Commission européenne contre les monopoles de la Française des Jeux
La Commission européenne a adopté le 27 juin 2007 un "avis motivé" contre la France, afin de la convaincre d'ouvrir à la concurrence le marché des paris sportifs en ligne, jusqu'à présent monopole de la Française des jeux et du PMU. Dans un arrêt rendu le 6 novembre 2003, l'arrêt Gambelli, la Cour de justice des Communautés européennes a considéré que les monopoles étatiques sur les jeux en ligne constituaient une restriction à la libre prestation de services.
touteleurope.fr
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Ven 7 Aoû - 7:49



Co-développement

Des transferts de fonds des migrants...

220 milliards de dollars US : tel est, selon la Banque Mondiale, le montant des transferts de fonds des migrants vers leurs pays d’origine en 2006. Voilà une masse financière (plus de deux fois le montant de l’Aide publique au développement- APD) d’autant plus intéressante qu’elle est stable et peu sensible à la conjoncture. Mais d’une part elle emprunte souvent des canaux informels et échappe de ce fait aux règles et profits générés par les transactions financières internationales, d’autre part elle constitue une source de revenus pour les catégories les plus pauvres des pays pauvres, leur parvenant pratiquement sans intermédiaires et sont affectée le plus souvent à la consommation courante.

Les banques nationales ont depuis plusieurs décennies compris quel gisement de profit il y avait là et proposé -parfois en toute illégalité - toute une gamme de produits et de services afin de capter les transferts des migrants.

... au co-développement.

On entend par « co-développement » l'action favorisant la contribution des migrants dans le développement de leur pays d’origine .

Il s’agit donc de faire financer par les migrants eux-mêmes le développement de leur pays d’origine. Ainsi non seulement les pays industrialisés et dominants exploitent dans des conditions de précarité et de discriminations évidentes la main d’ouvre immigrée, non seulement elle rejette tous les travailleurs potentiels qui ne lui sont immédiatement utiles, mais voilà que ce sont ces mêmes migrants, exclus, rejetés, exploités, précarisés et renvoyés dès la fin de leurs contrats de travail, qui devraient dégager une épargne suffisante pour investir dans leur pays, financer les infrastructures, créer de l’emploi au village (ce village qu’ils ont quitté faute de travail) afin de freiner l’arrivée de nouveaux migrants.

Les projets portés par les migrants dans le cadre du co-développement s’orientent aujourd’hui principalement vers trois axes :
- la promotion de l’investissement productif
- l’aide aux initiatives visant au développement local
- la mobilisation des compétences des diasporas.

La promotion de l’investissement productif recouvre également les moyens de sécuriser les dispositifs de transferts de l’épargne et la recherche d’outils permettant un accès plus aisé au crédit pour les micro-sociétés issues du secteur informel.

Capter les flux financiers

C’est ainsi que des organismes tels que Western Union se sont installés non seulement dans toutes les grandes villes occidentales, mais aussi, profitant le plus souvent de réseaux publics préexistant tels que ceux de la Poste ou des téléphones, dans les villages les plus reculés de tous les pays du tiers-monde, et jusque sur les routes des migrations clandestines.

Orienter leur utilisation

Les banques vont jouer un rôle actif pour convaincre les migrants que d’une utilisation traditionnellement tournée vers la consommation de produits essentiellement locaux, leur argent peut être plus utile dans d’autres projets, en particulier tous ceux qui concernent l’équipement collectif de proximité et certains secteurs de service. Les pouvoirs publics appuient ces processus et multiplient les sommets, rencontres, conférences et séminaires qui sont autant d’occasions de vanter le co-développement. [...] ainsi que l’aide au retour- véritable obsession de nos dirigeants depuis des décennies - et l’association des organismes de micro-crédits à la mise en place de ces micro-projets. ONG et associations sont sollicitées pour canaliser ces transferts, orienter les projets et légitimer ce processus proprement scandaleux qui consiste à financer l’aide au développement par l’épargne des migrants tout en contrôlant les flux et les attributions.

Quel modèle de développement ?

De cette façon, l’Etat n’est plus redevable de rien, puisque ce sont alors les villageois eux-mêmes qui vont, avec l’aide de leurs enfants partis travailler à l’étranger, trouver les solutions et les palliatifs à l’incurie de l’Etat. Cela a plusieurs avantages :

- cela permet de continuer à compresser les finances publiques, déjà fortement réduites par des années d’ajustement structurel et de consignes d’austérité budgétaire de la Banque mondiale et du FMI.

- cela permet de privatiser une partie de la dette, puisque ce sont ces mêmes migrants qui vont s’endetter pour garantir à leurs familles les services normalement dus par les Etats

- cela permet de ne pas avoir à remettre en cause les choix économiques qui ont abouti à l’incapacité des Etats de satisfaire les besoins de base de leurs citoyens.

Comme l'écrit Denis Comanne « miser à fond sur la carte du micro-crédit empêche une véritable remise en cause des plans d’ajustement structurel : à quoi sert-il de chercher des solutions collectives quand il est prouvé que des individus (combien ?) peuvent s’en sortir. [...]

Lucile Daumas
Attac Maroc
www.legrandsoir.info/article5206.html


Argent des migrants:
la Banque mondiale tire la sonnette d'alarme
320 milliards de dollars en 2009 contre 328 milliards en 2008. Les transferts d'argent des immigrés vers leur pays d'origine devraient baisser cette année.

Alger désoriente les investisseurs
En Algérie, la loi de finances complémentaire adoptée le 22 juillet restreint de manière drastique l’octroi du crédit aux particuliers.
www.lesafriques.com/actualite/alger-desoriente-les-investisseurs.html?Itemid=89?article=18119
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 10 Aoû - 1:08



Bolloré obtient la concession du port de Cotonou (Bénin)

Le groupe Bolloré a obtenu officiellement la concession du Port de Cotonou. La décision prise le 5 août 2009 en conseil des ministres a été officialisée deux jours plus tard. Le PDG du groupe français s'est rendu pour l'occasion à Cotonou afin de finaliser l'accord. Un contrat important aussi bien pour le groupe que pour le Bénin dont le port représente un véritable poumon de l'économie du pays.

Cette concession de 25 ans est une victoire appréciable pour le transitaire français a connu dans un passé pas si lointain certains échecs cuisants à Dakar et à Djibouti, où le concurrent Dubaï Port World avait su se montrer plus convaincant.

Deux autres sociétés travaillant dans le domaine portuaire avaient été pré-qualifiées pour la concession du PAC, le danois Maersk et la société philippine ICPS, mais seul Bolloré a déposé son offre dans les délais. Surprised

Le groupe Bolloré devait verser au Trésor public béninois 15,25 millions d'euros avant la signature du contrat de concession. Il doit investir dans l'aménagement du port 205,79 millions d'euros (135 milliards de FCFA) sur 25 ans.

"Nous allons investir aussi dans les chemins de fer comme nous en avons l'expertise pour desservir directement le port et d'autres investissements sont en cours", a déclaré Vincent Bolloré.

Le Port Autonome de Cotonou (PAC) représente 90% des échanges avec l'étranger et plus de 60% du PIB du pays. Il dessert les pays de l'hinterland, tels que le Mali et le Burkina Faso.

Il est également le premier port de transit du Niger, pays frontalier totalement enclavé, notamment pour l'exportation de l'uranium extrait dans le nord nigérien par le numéro un mondial du nucléaire civil, le groupe français Areva.
www.rfi.fr/actufr/articles/116/article_83452.asp
www.romandie.com/infos/news2/090807133414.m7w0kd5v.asp



Sarkozy et le président Yayi Bony
en mai 2006


Le président de la République du Bénin, Boni Yayi, était au Stade de France aux côtés de son homologue français, Nicolas Sarkozy pour assister à la finale de la coupe de la ligue qui a opposé le club de Bordeaux à celui de Vannes le 25 avril 2009.
sport.europe1.fr

Commentaires de Béninois

- Le néo colonialisme continue. Au lieu que Sarkosy se déplace pour négocier pour Bolloré, c'est Yayi Bony qui s'est déplacé pour aller voir un match de football et c'est lors de cette visite que tout s'est décidé .

- Dans ces conditions pourquoi ne pas prolonger le délai et faire jouer une concurrence idéale, si le choix n'était pas prémédité ?

- Le port est une frontière, sa gestion ne peut relever du privé. Quelles dispositions sont envisagées pour que nous ne soyons pas le carrefour de tous les trafics possibles (armes, drogues, déchets, etc.) ?

- Nous devons plutôt surveiller ce groupe comme le lait sur le feu afin qu'il ne deverse au Bénin des containers remplis d'armes comme c'est le cas où ses intérêts sont menacés.

- Connaissant les tentatives de Boni YAYI de se maintenir à tout prix au pouvoir, ce dernier développement ne peut qu'inquiéter.

- C'est vraiment triste. On vend notre port pour combler les détournements dans plusieurs dossiers comme la CENSAD. Une avance de 10 milliards de FCFA ! Cela permettra peut-être au gouvernement de payer les salaires jusqu'à la fin de l'année. Et après ? Issa Badarou est revenu terminer le sale boulot qu'il avait commencé. Toutes ses magouilles l'avaient conduit en prison sous Kerekou. Mais Yayi Boni l’a ramené et lui a créé spécialement ce ministere pour liquider le port. Bientôt ce sera le tour de la SOBEMAP. D’autres sociétés telles que Benin telecom SA, la Sonapra, la SONEB et la SBEE sont sur la liste. Toutes nos sociétés d’Etat sont en train d’être mises aux mains des étrangers. Finalement à quoi nous servirait un gouvernement ? Nos ministres vont gérer les problèmes sociaux qui seront générés par ces privatisations.

Le cas de la Côte d’Ivoire doit nous édifier. Les ¾ des entreprises ivoiriennes sont aux mains des Francais. Si la France décide du jour au lendemain de lâcher la Côte d’Ivoire, c’en est fini. Cette situation permet à la France de faire du chantage à nos dirigeants. Celui qui n’obéit pas est chassé aussitôt du pouvoir comme Ravalomanan qui a preféré collaborer avec les Sud-Coréens. Par contre, les bons élèves comme Tandja du Niger qui a cédé pour 40 ans la gestion de l’uranium du Niger à AREVA, Idriss Deby du Tchad qui a cédé le pétrole à Total, Sassou Nguesso du Congo sont recompensés. Ils sont maintenus au pouvoir par les moyens que nous savons.

Je me demande si Boni Yayi n’est pas en train de suivre la même voie. Vendre tous nos biens aux Francais en échange d’un maintien au pouvoir. Les présidents Kerekou et Soglo n’ont pas eu besoin de privatiser toutes ces sociétés pour diriger ce pays. Le PAC représente quand même 60% de notre PIB.

Tout ceci montre clairement l’échec du changement. Boni Yayi est incapable de gérer ce pays. Je suis désolé de le constater, il n’en a pas les moyens physiques ni intellectuels. Alors, la seule solution est la fuite en avant. Il cache son incompétence en confiant la gestion du pays au privé, car après tout que lui restera-t-il à gérer ? On ne s’improvise pas Chef d’Etat. Boni Yayi est en train d’apprendre la politique à un poste où ne l’apprend pas. Ce n’est pas au poste de président de la République qu’on apprend à gérer un pays. Quand certains disaient en 2006 qu’il n’y a pas de génération spontanée en politique, on leur riait au nez. Mais aujourd’hui les faits leur donnent raison. Souhaitons seulement que la révolte des travailleurs de ces sociétés dans les prochains jours ne tourne pas à l’émeute. Que des gens comme Baba-Gbeto, Justidea et consorts ne viennent pas encore nous dire que Boni Yayi est le meilleur président que nous ayons eu depuis l’indépendance. Qu’on ne peut rien faire de mieux que ce qu’il fait actuellement, comme diisait Nando. Ils devraient être tristes face a ce spectacle macabre de bradage de nos maigres ressources.



L'Association des ressortissants béninois en France (ARBF) et le consulat honoraire du Bénin à Lille ont fêté
le 49e anniversaire de l'indépendance de leur pays le samedi 1er août 2009.
La Voix du Nord

Centre de Promotion des Investissements au Bénin
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 17 Aoû - 17:15


La maladie du sommeil

Le grand sommeil

A la fin du XIXe siècle, la conquête de l’Afrique « noire » par les colonisateurs français, anglais, allemands, belges, en ouvrant le continent au commerce et à la cupidité, dévoile ce fléau tapi depuis des siècles dans les forêts profondes du continent. Apparaissent des épidémies d’une ampleur sans précédent, propagées par les brassages de populations du grand remue-ménage de la colonisation. Une première vague débute en 1885 au confluent du fleuve Congo et de l'Oubangui, s'étendant par foyers extensifs en Afrique de l'Ouest jusqu'au lac Victoria (Congo et Ouganda), puis à l’Afrique de l'Est vers 1910. Des dizaines de milliers de morts. On meurt partout dans les villages soudain silencieux, endormis par la maladie. [...]

Personne ne se serait préoccupé réellement de ces épidémies décimant les populations noires. Mais, au début du XXe siècle, elles deviennent une entrave et même une menace pour le commerce européen et « l’œuvre colonisatrice » en Afrique. Pire, la maladie n’épargnait pas les blancs ! Les puissances coloniales, France et Royaume-Uni en tête, envoient dès lors des missions médicales pour trouver l'origine de cette maladie mystérieuse...

http://blogs.univ-paris5.fr/berchep/weblog/5013.html
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MessageSujet: Socfinal, Intercultures, Sitarail, Socapalm, Safacam, Ferme Suisse, Camrail, SEPBC   Lun 17 Aoû - 19:37



Port, rail, plantations : un bien triste bilan de Bolloré au Cameroun

Grâce au rachat de vieilles entreprises coloniales françaises et à la privatisation d’une part importante du patrimoine économique national, le groupe Bolloré est devenu un acteur incontournable dans le tissu économique comme dans la vie politique du Cameroun.

Concessionnaire de la société de chemin de fer Camrail depuis 1999 (jusqu’en 2034), il a obtenu la concession du terminal à conteneurs du port de Douala en 2005 (jusqu’en 2020). Ses diverses agences, regroupées sous la marque corporate Bolloré Africa Logistics depuis septembre 2008, sont présentes dans la capitale économique, Douala, dans la capitale politique, Yaoundé et dans le nord du pays, à Garoua (2). La gestion de l’ensemble des flux de production d’aluminium produit à l’usine d’Edéa, gérée par le géant canadien Rio Tinto-Alcan, la logistique de la construction du pipeline Tchad-Cameroun, opéré par Exxon-Mobil, et la logistique « door to door » pour le compte de Total font partie des « références » camerounaises dont se flatte le groupe sur son site internet. S’il a abandonné les chantiers forestiers après avoir participé, selon certaines ONG, au « pillage » de la forêt camerounaise (3), le groupe gère toujours un parc à bois, grâce à sa Société d’Exploitation des Parcs à Bois du Cameroun (SEPBC). Il contrôle par ailleurs d’immenses plantations, soit directement, via Safacam qui exploite 8 400 hectares de palmiers à huile et d’hévéas, soit indirectement, via la société belge Socfinal qui gère 31 000 hectares de palmiers à huile dans le pays (4). Les responsables du groupe Bolloré jurent ne pas « contrôler » les plantations de Socfinal. Ce que contestent la plupart des observateurs (5).

La mainmise progressive du groupe Bolloré sur ce vaste patrimoine et la « rationalisation » à marche forcée de ces « actifs » ne sont pas sans poser d’importants problèmes. Le premier d’entre eux est d’ordre symbolique et politique. L’accaparement d’entreprises coloniales par de lointains jeux financiers et la cession de secteurs stratégiques des économies nationales africaines par le biais des privatisations, ne peut qu’inciter une partie des Camerounais à considérer l’intrusion de Bolloré comme une forme de néo-colonialisme. Et cela d’autant plus que le Cameroun, ancien territoire sous tutelle française pendant la période coloniale, reste géré par une élite locale qui, héritière d’une indépendance dessinée par les Français eux-mêmes, agit plus en fonction de ses intérêts propres que de l’intérêt général. Alors que les dirigeants du groupe Bolloré s’affichent fréquemment avec le président Biya, sa femme Chantal ou certains autres hauts responsables du régime, beaucoup de Camerounais se demandent jusqu’où va l’ingérence de Bolloré dans les affaires intérieures de leur pays.

Nombreux sont ceux, par exemple, qui se sont interrogés, début 2008, sur le limogeage du directeur général du Port Autonome de Douala (PAD), Emmanuel Etoundi Oyono, par le président Biya… alors même que ce dernier venait publiquement de le féliciter pour sa gestion du PAD. Paie-t-il la remise en cause de certains avantages obtenus, les années précédentes, par le groupe Bolloré ?, se demande alors le quotidien camerounais Mutations (6). Allégations aussitôt démenties par le groupe, avec modestie : « Ce serait prétentieux de croire que le président de la république du Cameroun est à la solde du groupe Bolloré (7) »… Pour Pius Njawé, l’emblématique directeur du journal Le Messager, l’ingérence du groupe Bolloré dans la vie politique du Cameroun ne fait pourtant aucun doute. « C’est une sorte d’Etat dans l’Etat, explique-t-il dans un récent reportage diffusé sur France Inter. Bolloré, c’est une illustration parfaite de la Françafrique (8 ) ! ».

Quand bien même on exagérerait l’influence politique de Bolloré, il est indéniable que son implantation au Cameroun est ressentie comme une mutilation par une partie de la population locale. C’est le cas par exemple depuis que le groupe a obtenu, en partenariat avec le groupe sud-africain Comazar, le contrat d’exploitation de la Regifercam (devenue Camrail). Construit dans le sang à l’époque coloniale, nationalisé à l’indépendance en 1960, et étendu au Nord et à l’Ouest du pays par la suite, ce réseau ferré était devenu un des symboles de la souveraineté économique et de l’intégration nationale du pays. La cession de sa gestion à un groupe français apparaît dès lors comme un triste retour au passé.



L’amertume est d’autant plus grande que la mise en concession a eu pour conséquence l’augmentation des tarifs pour le transport voyageurs et la fermeture des lignes « non rentables » : offrant de bien meilleurs retours sur investissement, c’est surtout le « réseau utile », c’est-à-dire le transport des marchandises, qui a profité en priorité de la mise en concession (9). « Du fait de la participation des ancêtres aux travaux forcés qui ont permis la pose du rail, l’on s’est approprié ce dernier comme un héritage, observe ainsi le chercheur Claude Abé en étudiant la situation autour du tronçon Yaoundé-Douala. La suppression des arrêts et des gares est vécue comme une fabrique de l’oubli et du dépaysement de l’identité de soi ; c’est-à-dire comme une brouille du lien culturel et historique qui unit les vivants aux morts (10) ».

Le ressentiment est tout aussi profond autour des plantations industrielles récupérées par le groupe Bolloré. Personne n’oublie les conditions de travail qui y régnaient il y a seulement soixante-dix ans. Comme l’a rappelé dans son autobiographie l’ancien syndicaliste Gaston Donnat, qui vécut au Cameroun dans les années 1940, des villageois étaient désignés par les chefs traditionnels, sur ordre des administrateurs coloniaux, pour être déportés vers les plantations, corde aux cous et encadrés par des miliciens. Installés dans des baraquements, retenus prisonniers par des clôtures, et toujours surveillés par des gardes armés, nombre d’entre eux ne sortirent jamais des plantations (11).

Compte tenu de ce lourd contexte historique, la « gestion sociale » dans les filiales africaines du groupe Bolloré se devrait donc d’être irréprochable. Elle est loin de l’être. « Sa gestion des ressources humaines est du cuir dont on fait les cravaches », note le journal d’enquêtes sociales Le Plan B, qui constate qu’en moins de dix ans de concession un tiers des trois mille six cents salariés de la Camrail ont été licenciés. En conséquence, ces dix années ne furent pas de tout repos pour les leaders syndicaux de Camrail qui durent subir des infiltrations patronales, des mutations forcées, des licenciements punitifs et même, pour certains, des mois d’emprisonnement (12).

A certains égards, les syndicalistes sont devenus les souffre-douleur de l’entreprise, au moment où toutes les populations villageoises sacrifiées sur l’autel de la « modernisation » protestaient, par des marches pacifiques ou en élevant des barricades sur les voies ferrées, contre « le caractère asocial de certaines restructurations (…) et les visages inhumains de la privatisation (13) ». Sur le port de Douala, les relations sociales ne sont pas non plus au beau fixe. Dominante à travers ses différentes filiales enchevêtrées, la multinationale Bolloré y est notamment suspectée de chercher à asphyxier les acconiers (14) camerounais. Que nenni, rétorque le conglomérat, qui trouve de bon ton de reprocher aux contestataires une « utilisation maligne d’arguments nationalistes » (15)…

La situation n’est pas meilleure dans les plantations de la Société camerounaise des palmeraies (Socapalm), ancienne société publique, privatisée en 2000 et détenue depuis à 38,75 % par Bolloré, via le groupe belge Socfinal. Les syndicats reprochant entre autres au groupe « le limogeage en série des cadres camerounais au profit des cadres Belges », les grèves et protestations se multiplient (16).

Dans la plus grande plantation de palmiers à huile du Cameroun, à Kienké, on assiste même, selon la correspondante au Cameroun du journal français Libération, à un « Germinal sous les tropiques ». Des milliers d’ouvriers y travaillent, six jours par semaines, sans couverture sociale et sans même de gants, pour 22 francs CFA par régime de 15 kg récolté. Les plus privilégiés peuvent de cette façon gagner 53 euros par mois… quand la cascade de sous-traitants qui les emploient n’oublient pas de les payer. Et lorsque, fin 2007, le leader d’un syndicat improvisé – les autres sont souvent achetés – s’élève contre ces pratiques, et contre l’insalubrité et la surpopulation des baraquements où les travailleurs sont parqués, il est prestement arrêté par la police. Et les autorités lui glissent à l’oreille : « Si tu continues, on va te tuer » (17).



Les choses ont peu de chances de s’améliorer. Car si Bolloré a conservé ses exploitations de palmiers à huile malgré le recentrage de son groupe sur le secteur des transports et de la logistique depuis le début des années 2000, c’est qu’il mise sur les agro-carburants, censés servir dans un avenir proche de substituts « écologiques » aux énergies fossiles (18). Aussi les plantations de palmiers à huile du groupe au Cameroun (Socapalm, Safacam, Ferme Suisse), ne cessent-elles de s’étendre, provoquant l’expulsion des populations, manu militari et sans dédommagement, et la destruction progressive des forêts et des cultures traditionnelles locales. Principales victimes : les Bagyeli, plus connus sous le nom de « pygmées ». « [Certains d’entre eux] sont maintenant entourés de toutes parts par les plantations, dans lesquelles on ne leur permet pas d’entrer, s’inquiète par exemple Julien-François Gerber qui a enquêté sur la plantation de Socapalm à Kienké. S’ils le font et si les gardes les attrapent, ces derniers les expulsent à coup de bâtons. Ils sont forcés de vivre dans une zone marécageuse inondable où pullulent moustiques et maladies associées (choléra, paludisme) (19). »

Mettant en danger la souveraineté alimentaire des populations, l’expansion des plantations et le détournement de l’huile de palme pour la fabrication d’agro-carburants menacent aussi l’environnement. L’usine installée dans la plantation de la Socapalm à Kienké rejette ainsi une huile souillée, probablement mélangée à des produits chimiques, qui se déverse dans les cours d’eau environnants. « Les habitants interviewés sont parfaitement conscients du danger que cette pollution peut représenter pour la santé, et la pêche est évidemment devenue impraticable dans l’affluent en question, poursuit Julien-François Gerber. Mais ils se débrouillent comme ils peuvent, notamment en recyclant cette huile de mauvaise qualité et en la vendant à des huiliers et savonniers artisanaux (20) ».

Le Cameroun ne fait malheureusement pas exception. Sur le port d’Abidjan (Côte d’Ivoire) aussi, les conflits sociaux sont fréquents entre les travailleurs locaux et le groupe Bolloré, gestionnaire du port depuis 2004. S’agissant de la Sitarail, société de chemin de fer ivoiro-burkinabé qu’exploite le groupe depuis 1994, les griefs des syndicalistes ne sont pas sans similitudes avec ceux qu’expriment leurs homologues camerounais (21). Quant aux plantations, on trouvera sur internet un rapport édifiant réalisé en 2005 par la Mission des Nations Unies au Liberia (UNMIL) sur la situation des droits de l’homme dans cinq plantations d’hévéas libériennes. Y sont décrites, noir sur blanc, les méthodes utilisées par la plantation gérée par Socfinal : compression des coûts grâce au recours massif à la sous-traitance, utilisation de produits cancérigènes malgré le manque de formation et d’équipement offerts aux ouvriers, travail d’enfants de moins de quatorze ans, bâillonnement des syndicats, licenciements arbitraires, maintien de « l’ordre » par des milices privées, évictions des villageois gênant l’expansion de la zone d’exploitation (22).

Un seul détail manque dans cet exposé accablant, constatent les journalistes Nicolas Cori* et Muriel Gremillet : le nom de Bolloré. Certes, le rapport mentionne que la plantation libérienne appartient à une société basée au Luxembourg, Intercultures. Mais il n’est nulle part précisé qu’Intercultures appartient au groupe belge Socfinal, dont le groupe français Bolloré détient 38,75 %. « Pourtant, c’est bien [Vincent Bolloré] qui est derrière tous ces événements, précisent les deux journalistes. Grâce à l’opacité de son groupe il peut engranger de l’argent au Libéria, sans que son image en soit altérée (23) ».

Thomas Deltombe
Journaliste, auteur de L’islam imaginaire - La construction médiatique de l’islamophobie en France, 1975-2005, La Découverte, Paris, 2007.
www.monde-diplomatique.fr/2009/04/DELTOMBE/17037

Ne serait-ce pas le pote de Bolloré, Nicolas Sarkozy qui disait en 2007 à Dakar que la France n'avait pas besoin de l'Afrique ?
http://aecal.over-blog.org/archive-04-15-2009.html

* www.dailymotion.com/video/x52l56_presse-bollore-leloge-des-president_news

An emperor in Africa
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 17 Aoû - 19:54


Zao

Ancien combattant (1984)
www.youtube.com/watch?v=6e9D5R28E44&feature=player_embedded cyclops

soukouss rétro

Texte :

Moi engagé militaire, moi engagé militaire
Moi pas besoin galons, soutez-moi du riz

Sergent masamba, tirailleur mongasa, caporal mitsutsu (...)
La guerre elle peut mouiller
Vous cherchez vos

Vêtements militaires, vêtements militaires (...)
Mou ton sac à dos
Tou couvrir

Début de la chanson :

Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri
Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri

Tu ne sais pas que moi je suis ancien combattant
Moi je suis ancien combattant,
J'ai fait la guerre mondiaux
Dans la guerre mondiaux,
Il n'y a pas de camarade oui
Dans la guerre mondiaux,
Il n'y a pas de pitié, mon ami
J'ai tué Français,
J'ai tué Allemand,
J'ai tué Anglais,
Moi j'ai tué Tché-co-slo-vaque

Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri
Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri

La guerre mondiaux
Ce n'est pas beau, ce n'est pas beau
La guerre mondiaux
Ce n'est pas beau, ce n'est pas beau
Quand viendra la guerre mondiaux
Tout le monde est cadavéré
Quand viendra la guerre mondiaux
Tout le monde est cadavéré
Quand la balle siffle, il n'y a pas de choisir

Si tu ne fais pas vite changui, mon chéri, ho!
Cadavéré
Avec le coup de matraque
Tout à coup, patatras, cadavéré
Ta femme cadavéré
Ta mère cadavéré
Ton grand-père cadavéré
Ton père cadavéré
Tes enfants cadavéré
Les rois cadavéré
Les reines cadavéré
Les empereurs cadavéré
Tous les présidents cadavéré
Les ministres cadavéré
Le garde de corps cadavéré
Les motards cadavéré
Les militaires cadavéré
Les civils cadavéré
Les policiers cadavéré
Les gendarmes cadavéré
Les travailleurs cadavéré
Les chômeurs cadavéré
Ta chérie cadavéré
Ton première bureau cadavéré
Ton deuxième bureau cadavéré
La bière cadavéré
Le champagne cadavéré
Le whisky cadavéré
Le vin rouge cadavéré
Le vin de palme cadavéré
Les soûlards cadavéré
Music lover cadavéré
Tout le monde cadavéré
Moi-même cadavéré

Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri
Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri

Pourquoi la guerre
Pourquoi la guerre
Pourquoi la guerre
La guerre ce n'est pas bon, ce n'est pas bon
Quand viendra la guerre tout le monde affamé, oh!
Le coq ne va plus coquer, cocorico oh!
La poule ne va plus pouler, pouler les oeufs
Le footballeur ne va plus footer, pousser le ballon
Les joueurs cadavéré
Les arbitres cadavéré
Le sifflet cadavéré
Même le ballon cadavéré
Les équipes cadavéré
Diables Noirs cadavéré
Etoile du Congo cadavéré
Karan cadavéré
Les Lions Indomptables cadavéré
Les Léopards cadavéré
Les Diables Rouges cadavéré
Les journalistes cadavéré
La radio cadavéré
La télévision cadavéré
Le stade cadavéré
Les supporters cadavéré

La bombe ce n'est pas bon, ce n'est pas bon
La bombe à neutrons ce n'est pas bon, ce n'est pas bon
La bombe atomique ce n'est pas bon, ce n'est pas bon
Les Pershing ce n'est pas bon, ce n'est pas bon
S.S. 20, ce n'est pas bon, ce n'est pas bon
Quand viendra la bombe
Tout le monde est bombé oh!
Quand viendra la bombe
Tout le monde est bombé oh!
Ton pays bombé
L'URSS bombé
Les États-Unis bombé
La France bombé
L'Italie bombé
L'Allemagne bombé
Le Congo bombé
Le Zaïre bombé
L'ONU bombé
L'UNESCO bombé
L'OUA bombé
Mes boeufs bombé
Mes moutons bombé
Mon cuisinier bombé
Tous les cuisiniers bombé
Ma femme bombé
Les taximan bombé
Les hôpitaux bombé
Les malades bombé
Les bébés bombé
Le poulailler bombé
Mes coqs bombé
Mon chien bombé
Les écoles bombé
Ma poitrine bombé
Tout le monde bombardé

Semez l'amour et non la guerre mes amis
Tenons-nous la main dans la main
Jetez vos armes
Jetez vos armes
Jetez vos armes
Tenons-nous la main dans la main

Ah! si tu voyais Français : Bonjour
Ah! si tu voyais Anglais : Good Morning
Ah! Si tu voyais Russe : zdravstvuite
Ah! si tu voyais Allemand : Guten Tag
Ah! si tu voyais Espagnol: Buenos Dias
Ah! si tu voyais Italien: Buongiorno
Ah! si tu voyais Chinois : Hiho
Ah ! Si tu voyais Bulgare : Dóbar den
Ah si tu voyais Israélien: Shalom
Ah! Si tu voyais Egyptien : Sabahkarlarer
Ah! Si tu voyais Sénégalais : Nagadef
Ah! Si tu voyais Malien : Anissoucouma
Ah! Si tu voyais Nigérien : Carouf
Ah! Si tu voyais Mauritanien : Alagouna
Ah! Si tu voyais Togolais : Afoi
Ah! Si tu voyais Souaéli : D'jambo
Ah! Si tu voyais Tchadien : Lali
Ah! Si tu voyais Malgache : Malaouna
Ah! Si tu voyais Centre Africain : Mibaramo
Ah! Si tu voyais Camerounais : Anenvoyé
Ah! Si tu voyais Gabonais : M'bolo
Ah! Si tu voyais Congolais : Bonté
Ah! Si tu voyais Zaïrois : Bonté Na Yo

Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri
Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant
Mundasukiri
Marquer le pas, et 1, 2
Ancien combattant

Mundasukiri
Marquer le pas, 1, 2
Ancien combattant
Oh Nassoukilli
http://paroles.zouker.com/song/lyrics/88921_ancien-combattant_zao.htm
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Orwelle



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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Ven 4 Sep - 16:20


Libreville le 3 septembre 2009 © AFP

Gabon : Victoire contestée de la Françafrique
Le scrutin présidentiel gabonais a été une mascarade. Ce qui ne surprendra personne dans le fleuron de l’influence française en Afrique, estime le journal Clarté.
courrier international

Couvre-feu à Port Gentil (Gabon) après l'élection d'Ali Bongo et des incidents visant la France
On apprenait aujourd'hui sur France Inter que la France a annoncé le résultat de l'élection présidentielle au Gabon avant même qu'il soit publié dans ce pays. Et bien sûr, la France a appelé à respecter ce résultat des urnes, bénéfique à la société Total.

Chirac, Omar Bongo et Denis Sassou-Ngesso inaugurent un mémorial à Brazzaville en 2005 (Philippe Wojazer/Reuters).

Enquête
Omar Bongo, Elf et la France : le pacte de corruption

Les intérêts français ont été pris à partie au Gabon par des manifestants contestant le soutien de Paris à Ali Bongo, proclamé jeudi président du Gabon. Des soldats français ont été déployés à Port Gentil, la capitale économique du Gabon, pour protéger le consulat de France attaqué par les protestataires. Pourquoi la France est-elle prise à partie ? Retour sur quelques éléments embarrassants.

Omar Bongo, corrupteur ? Le Gabon, émirat pétrolier ? Les campagnes électorales financées par des fonds africains ? Vous n'y pensez pas, bonnes gens ! Face aux dénégations multiples des hommes politiques, de Jacques Chirac à Nicolas Sarkozy, en passant par le timide Parti socialiste, Rue89 exhume quelques courriers du Vieux sage, époque Elf-Aquitaine. Souvenirs, souvenirs…

Le « protocole Guillaumat » des années 1970

Le pacte de corruption date des années 70 et s'appelle le « protocole Guillaumat ». Du nom de ce grand commis de l'Etat, homme du renseignement, nucléocrate et surtout architecte de l'empire pétrolier tricolore. Conséquence directe des chocs pétroliers qui ont vu de petits Etats africains devenir en quelques mois des magnats de l'or noir, le système consiste à rendre opaques les revenus du pétrole pour alimenter les caisses noires du chef de l'Etat.

Il existe alors trois mécanismes distincts :

    1. les « bonus » versés dans la phase exploratoire de la recherche pétrolière, jusqu'à plusieurs dizaines de millions de dollars par an ;

    2. les « abonnements », soit la part prélevée sur chaque baril de brut commercialisé, environ un dollar par baril ;

    3. les « préfinancements », prêts gagés sur la production à venir, avec la caution d'Elf, sur lesquels sont prélevés de 1 à 3% de commissions en jouant sur des différentiels de taux d'intérêts.

Un système inventé par les Saoudiens et récupéré par Bongo

Précision : ce système n'a été inventé ni par les Français ni par Omar Bongo, mais par le grand ministre du pétrole saoudien que fut le Sheikh Ahmed Zaki Yamani. Le président du Gabon va avoir l'intelligence d'adapter à son petit pays ce grand système de corruption internationale.

Ainsi, dans les deux premières lettres de 1987 et 1991 que nous dévoilons, le président Bongo fixe pour Elf Gabon le montant de l'abonnement :

    « Nous vous autorisons à verser à votre société de commercialisation ELF TRADING S.A. la somme de US dollar 1 par baril produit au Gabon par vos sociétés ELF GABON et SNEA. Ces versements, qui se feront sur une base trimestrielle, sont des charges déductibles (un dollar/baril). »

Cet argent est ensuite reversé sur le compte personnel d'Omar Bongo à la Fiba (Banque française intercontinentale), la banque partagée par la famille Bongo et Elf, ou à une Anstalt (société offshore) au Lichtenstein. Pourquoi le Lichstentein ? Claude Gosselin, chargé de la comptabilité occulte d'Elf, répond ainsi aux juges qui enquêtent sur le groupe pétrolier :

    « Parce qu'il s'agit d'une tradition initiée de longue date, qui a donné entière satisfaction aux bénéficiaires par son opacité et ses secrets. »



L'argent de la corruption est défiscalisé en France

Détail : l'argent de la corruption est défiscalisé, tant au Gabon qu'en France, comme en atteste l'instruction N°1 -non datée- signée par Philippe Jaffré, nouveau président balladurien d'Elf à partir d'août 1993.

Le fonctionnement de la caisse noire gabonaise est très codifié. Il concerne une poignée d'hommes au sommet de la direction d'Elf, où le « monsieur Afrique » André Tarallo, joue le rôle de grand argentier :

    « M. Tarallo reçoit les instructions des présidents du Gabon et du Congo et, pour leur exécution, adresse à M. Gosselin une note signée de lui. M. Gosselin procède alors au versement des fonds aux bénéficiaires désignés qui ne doivent en aucun cas être des résidents français. »

Rien n'empêche les « bénéficiaires » de reverser leurs pots-de-vin à qui ils veulent… Notez qu'en 1993, le président du Congo est Pascal Lissouba, le tombeur de Denis Sassou N'guesso qui reviendra au pouvoir en 1997.

Un système privatisé à partir de 1994

Fort de la réussite de ce système, Omar Bongo décide de « privatiser » le système en déléguant à deux hommes de confiance la responsabilité de la « gestion du compte dans lequel seront versés les frais commerciaux ». Le premier est André Tarallo qui, tout en conservant la fonction de président d'Elf Gabon, a quitté la direction d'Elf. Le second est son conseiller personnel pour les affaires pétrolières, Samuel Dossou Aworet.

Au même moment, le 13 décembre 1996, il écrit à Philippe Jaffré pour confirmer le montant des « abonnements » négociés :

    « Nous vous confirmons que les montants qu'il convient de prélever pour les frais commerciaux sont d'environ dix millions de dollars US par trimestre. »

Enfin, dans un dernier courrier non daté mais postérieur aux deux autres, le président du Gabon donne pour instructions à ces missi dominici de liquider « Elmora, Versima, Ferana », trois de ses « Anstalten » personnelles.

La curiosité persistante des magistrats de l'affaire Elf, en particulier celle de Renaud van Ruymbeke qui a décortiqué l'audit financier du juge suisse Paul Perraudin, va les conduire à perquisitionner la Fiba, avenue Georges V. La banque est cambriolée quelques jours plus tard, puis fermée au bout d'un mois. Toutes les archives ont été nettoyées. Trop de noms sur les bordereaux de compte…

David Servenay
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 7 Sep - 22:58



Quand Robert Bourgi, le «M. Afrique» de l'Elysée, ne tient pas sa langue

[...] dernier des gardiens de la «Françafrique», cet homme rond et caustique, très proche de Claude Guéant, le secrétaire général de l’Elysée, semble avoir décidé à quitter l’ombre pour la lumière. Au risque de se brûler ?

Le 29 août, à la veille du scrutin présidentiel au Gabon,cet avocat franco-libanais, né au Sénégal, affirme dans Le Monde qu’il soutient Ali Bongo, le fils du président décédé en juin dernier, et précise, pour ceux qui n’auraient pas bien compris, il rappelle qu’il est un ami «très écouté» de Nicolas Sarkozy. (...)

Mais l’avocat n’a pas pu s’empêcher de se pousser du col, en racontant ce qui ne devrait pas filtrer : les échanges informels entre deux présidents. Il explique ainsi par le menu comment Omar Bongo a demandé, début 2008, la tête de l’éphémère secrétaire d’Etat à la coopération, Jean-Marie Bockel (aujourd’hui secrétaire d’Etat à la défense, chargé des anciens combattants), coupable d’avoir demandé publiquement la fin de la Françafrique.

«Je suis allé voir le Président de la République à l’Elysée en présence de M. Guéant et je lui ai passé le message ferme et voilé de menaces du Président Bongo. [...] .»

Depuis la publication des livres de François-Xavier Verschave (La Françafrique et Noir silence, éditions Les Arènes), à la fin des années 90, la polémique n’a jamais cessé sur les liens souvent incestueux entre la France et les dirigeants de ses anciennes colonies, notamment sur d’éventuels soutiens financiers apportés à la classe politique française par feu le président Bongo, évoqués encore récemment par Valéry Giscard d’Estaing. Est-ce à cela que fait allusion Robert Bourgi ? C’est plus que probable. (...)

THOMAS HOFNUNG
liberation.fr

Robert Bourgi ne se prive pas d’essaimer à tout va. Vers le Parti Socialiste notamment, et Benoît Hamon, en qui il a trouvé un interlocuteur.
L’éternelle passerelle Bongo-élyséenne a même réussi à rencontrer le nouveau patron de l’Éxécutif de l’île Rouge (Madagascar), Andry Rajoelina, dit TGV. Tout en faisant bruisser le bruit qu’il avait un mandat de l’Élysée.
www.grioo.com/ar,les_papys_font_de_la_resistance_en_afrique,16822.html


Stéphane Guillon, La journée du salopard [Vidéo] cyclops
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 22 Fév - 8:08


Avec le nouveau dictateur

Sarkozy au Gabon

Nicolas Sarkozy a décidé d’ajouter une étape au Gabon à son voyage au Rwanda, destiné à sceller la réconciliation avec Kigali, le 25 février. Depuis son élection, en mai 2007, c’est la troisième fois qu’il se rendra à Libreville.

Après la base militaire d’Abidjan (Côte d’Ivoire), dont la fermeture a été décidée en catimini, la France poursuit la réorganisation de se présence militaire sur le continent, et a décidé de fermer sa base militaire à Dakar (Sénégal) pour ne conserver qu’une seule emprise permanente sur la façade atlantique du continent africain, au Gabon. En rendant visite à Ali Bongo, le fils du défunt dictateur Omar Bongo, élu dans des conditions contestées l’été dernier, Nicolas Sarkozy vient souligner l’intérêt stratégique que revêt le Gabon pour la France.

Avant son élection, Nicolas Sarkozy avait promis de moderniser les relations de la France et l’Afrique. S’il semble bien décidé à faire évoluer la carte militaire et à jeter par dessus bord l’encombrant képi de «gendarme de l’Afrique», on ne peut pas en dire autant de sa diplomatie. Formé à l’école de Charles Pasqua, le chef de l’Etat continue de recourir aux réseaux parallèles et aux rapports personnels avec les dirigeants locaux. Sa visite au Gabon, où la France a été accusée de cautionner l’élection contestée de Bongo en août dernier, le démontre une fois de plus. Ce qui n’est pas le moindre des paradoxes de cette troisième visite à Libreville.
http://africa.blogs.liberation.fr/diplomatie/2010/02/afrique-lopportunisme-de-sarkozy.html

Il n'y a aucun gisement de pétrole et d'uranium à protéger à Dakar et à Abidjan, alors qu'au Gabon .....
Charlie
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Sam 6 Mar - 16:59


Faure Gnassingbé

Togo : une opposition regroupée affronte le dictateur sortant

L'invalidation de la candidature du Franco-Togolais Kofi Yamgnane, l'ancien secrétaire d'Etat de François Mitterrand, par la Cour constitutionnelle de Lomé pour une prétendue incertitude sur son état civil, a provoqué un sursaut de ses opposants. Le 11 février, Kofi Yamgnane qui n'avait plus rien à perdre, a fait alliance avec Jean-Pierre Fabre, le candidat de l'Union des forces de changement (UFC), principal parti d'opposition.

Le tandem bouscule la vieille stratégie du Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti du président Faure Gnassingbé et de son père [le général Gnassingbé Eyadéma] qui a toujours présenté l'UFC comme un parti sudiste, dont la victoire signifierait l'éviction des populations du nord de tous les postes sources de pouvoir ou d'argent.

"Cette alliance nord-sud prend de court le pouvoir qui exploitait le clivage régional pour effrayer la population et perdurer", se réjouit François Boko, fugace ministre de l'intérieur du général Eyadéma, aujourd'hui artisan de ce nouveau Front républicain pour l'alternance et le changement. Enfin, l'absence dans cette campagne électorale de Gilchrist Olympio, président de l'UFC, tend à apaiser le jeu. Ce dernier, fils de Sylvanus Olympio, premier président élu, assassiné en 1963 probablement par le propre père de M. Gnassingbé avec la complicité de la France, faisait éternellement planer une ambiance de revanche mortelle sur la vie politique locale.

[...] malgré les promesses, les auteurs des violences électorales de 2005 n'ont pas été inquiétés, selon Amnesty International. Selon plusieurs autres associations françaises de solidarité avec l'Afrique, telle Survie, l'officier nommé à la tête de la force de sécurité spécialement constituée pour la présidentielle a participé à la répression sanglante.

Faure Gnassingbé a conservé comme conseiller Charles Debbasch, le juriste français condamné dans l'affaire Vasarely, concepteur de l'habillage juridique qui permit au dictateur de s'installer dans le fauteuil de son père - avec le soutien de l'armée - dès la mort de celui-ci, en février 2005.

Gnassingbé a montré sa bonne volonté en confiant à l'homme d'affaires Vincent Bolloré, un proche du président français, l'exploitation du port de Lomé. Mais Sarkozy aurait pris ses distances...

www.lemonde.fr/afrique/article/2010/03/02/togo-une-opposition-divisee-affronte-le-president-sortant_1313281_3212.html



Jean-Pierre Fabre revendique la victoire à la présidentielle

Le principal rival de Faure Gnassingbé a revendiqué, vendredi 5 mars, sa victoire à l'élection présidentielle de jeudi. Affirmant lors d'une conférence de presse à Lomé qu'il avait recueilli "entre 75 et 80 % des voix", le candidat de l'Union des forces de changement a déclaré que "la compilation des procès-verbaux des bureaux de vote en [sa] possession donne une avance confortable au candidat de l'UFC". (...)

Après une campagne électorale paisible et un scrutin qui s'est déroulé dans le calme jeudi, la tension semble ainsi être montée d'un cran dans la capitale togolaise. La Commission nationale électorale indépendante (CENI) n'ayant donné aucune date pour l'annonce des résultats, ni d'estimation sur le taux de participation, le scrutin fait l'objet de conversations enflammées et de spéculations.

Il y a cinq ans, une vague de violences avait éclaté à Lomé après l'annonce de la victoire contestée à la présidentielle de Faure Gnassingbé, quelques mois après la mort de son père, le général Gnassingbé Eyadéma, qui a régné sans partage sur le Togo pendant trente-huit ans (1967-2005). Les violences avaient fait 400 à 500 morts selon le bilan de l'ONU. D'après Amnesty International, des militaires avaient attaqué les domiciles de présumés opposants avant et après le scrutin, les frappant à coups de gourdin ou les tuant par balles. (...)

Dans ce petit pays de 6,5 millions d'habitants, ex-colonie allemande puis française, la majeure partie de la population vit encore sous le seuil de pauvreté.

www.lemonde.fr/afrique/article/2010/03/05/togo-l-opposant-jean-pierre-fabre-revendique-la-victoire-a-la-presidentielle_1315240_3212.html
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Lun 15 Mar - 9:59



Justice : Bolloré poursuit France Inter «pour l'exemple»

«Lorsque nous avons compris qu'une campagne de presse était lancée contre le groupe, Vincent a décidé d'y mettre un terme en attaquant.» Tapi au fond de la salle d'audience, le communicant Michel Calzaroni ne cache rien de la volonté de son client. En poursuivant en diffamation France Inter, Vincent Bolloré veut faire «un exemple».

En décembre, nous avions raconté la première audience de ce procès. Mercredi et jeudi, le tribunal a soupesé le reportage de Benoit Collombat (avec qui j'ai co-dirigé un livre sur le patronat) diffusé le 29 mars 2009, Cameroun : l'empire noir de Vincent Bolloré.

David Servenay
www.rue89.com/2010/03/13/justice-bollore-poursuit-france-inter-pour-lexemple-142670
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MessageSujet: Re: Françafrique, colonisation, néocolonisation   Aujourd'hui à 11:47

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